Crédit des personnages : JK Rowlings

Musique d'ambiance :
Coldplay – Paradise (en boucle quasiment)
Yoav feat. Emily Browning – Where is my mind


RAR bmw : Oui, Harry fait sa grande arrivée de façon inattendue, j'explique un peu dans ce chapitre. Il ne joue pas un grand rôle de toute façon. Merci pour ta review !


Je m'excuse d'avance : je n'y connais pas grand chose (voir rien) dans l'usage des drogues mais il me semble que certaines (héroïne ?) produisent un trip assez rapidement. Si non, c'est une drogue trafiquée alors on va dire que tout est possible ^^

Joyeuses Pâques !


Le doudou géant

Depuis sa sortie avec Harry, Blaise n'avait plus vu Draco. Les professeurs ne s'inquiétaient pas, ils devaient donc être au courant de quelque chose. Le jeudi matin, c'est quand tout le monde était installé que Draco choisit de faire son entrée, théâtrale, il fallait l'admettre. Snape était déjà en train d'écrire sur le grand tableau. Il stoppa son geste pour regarder son élève se diriger mécaniquement, un peu comme un automate cassé, vers sa place habituelle.

Il avait le teint plus blême qu'à l'accoutumée, le visage émacié et les yeux vitreux.

« Monsieur Malfoy, vous allez bien ?, demanda le professeur, un soupçon d'inquiétude dans la voix.

- Il a tapiné tard, ça fatigue », gloussa Harry à Blaise.

Snape le fustigea d'un regard noir.

« Draco ? », répéta le professeur.

Le jeune sorcier n'eut pas le temps de répondre. Un filet de sang à la narine gauche violait la pâleur de son visage. Ses jambes se dérobèrent, il s'effondra. Ses yeux étaient révulsés.

Blaise se leva, paniqué. Snape prit l'étudiant dans ses bras dont la main froide et inerte effleura Blaise

« Ecartez-vous, Zabini ! Vous en avez assez fait ! »

Les théories allaient bon train dans la classe de potions mais le silence revint quand Dean annonça le retour du professeur. Chacun reprit sa place et se tut. Le cours reprit normalement, comme si rien n'était arrivé.

Blaise ne cessait d'y penser, lui. Depuis quelques semaines, quand il avait découvert la véritable identité de Daniel, il ressentait un grand vide que ni la vengeance, ni Harry n'avaient comblé. Harry… C'est le Gryffondor qui était venu... le courtiser. Pourquoi à ce moment ? Aucune idée. Peut-être que maintenant qu'il était sorti avec un garçon, il dégageait quelque chose d'attirant pour les personnes… réceptives. N'importe quoi ! Il se fichait de la raison. Harry était bien foutu et sympa mais Blaise ne ressentait rien, trop plein de Draco. Puis l'idée lui était venue d'atteindre ce dernier à travers Harry. Bien sûr, il avait joué franc jeu avec Potter, pas question de se servir de lui ! L'autre garçon avait plutôt bien accueilli l'idée. S'il pouvait tripoter en prime Zabini, comment refuser ? Il avait alors rendu toutes les affaires à Draco. Draco Malfoy. Draco Malfoy qui était son bébé serpent. Mais non. Comment ça pouvait être possible ? Il devait rêver. Cauchemarder, plutôt. En un mois, il avait atteint le Paradis et en avait été chassé aussitôt. Il aimait Daniel et Draco semblait sincère. Pourrait-il l'aimer ? En attendant, il s'inquiétait. Il sortit de sa poche le mot que Draco avait glissé dans son violon. Quand Théodore lui avait rendu l'instrument, il avait ouvert pour vérifier que Draco ne l'ait pas abîmé. Heureusement il était en parfait état. Il avait alors vu le mot mais ne l'avait pas lu. Il l'avait froissé puis jeté… puis récupéré. Peut-être devait-il le lire…

« Mon Ange,

Ne referme pas ce papier, va jusqu'au bout s'il te plait…

Je ne sais pas par où commencer…

D'abord, je ne savais pas que c'était toi Sweet Candy… J'étais persuadé que je correspondais avec un moldu. Je n'aurais pas donné autant d'indices me trahissant si j'avais voulu te piéger !

Je sais ce que tu penses de moi. Moi « Draco Malfoy » pas le moi « bébé serpent. » « Ordure » est un faible mot. Oui je suis vénal, matérialiste, cartésien et même psychorigide ! Mais je suis aussi le bébé serpent que « tu » as apprivoisé. Tu m'as empli la tête de rêves, d'espoir et d'amour. Je suis ça aussi. Lors de notre premier week-end ensemble, tu as cité : "Je t'aime non seulement pour ce que tu es mais pour ce que je suis quand nous sommes ensemble. "

Mon Ange… Blaise… Je t'aime non seulement pour ce que tu es mais pour ce que je suis quand nous sommes ensemble.

Je te jure sur ce que j'ai de plus cher, après toi, que ça n'était pas un stratagème pour t'attirer dans mon lit.

Que vaut-une parole de serpent ? Quelques mornilles ? Et encore…

Des fois que tu n'ais pas jeté cette missive et que tu sois arrivé jusqu'ici, j'ai une faveur à te demander.

Tu m'as rendu mes affaires… Je t'en prie laisse-moi ton écharpe, c'est tout ce qu'il me reste du temps où je comptais pour toi… Et oui, moi aussi j'ai besoin d'un doudou. J'avais une peluche que maman m'avait offert. C'était un petit chat gris. Je devais le cacher quand Père était là. Un jour j'ai oublié de le ranger dans le coffre à jouets. Il l'a brûlé. S'attacher à quelqu'un, ou pire : quelque chose, est une faiblesse impardonnable pour lui. Je n'ai jamais rien eu d'autre la nuit, sinon mon chagrin et ma solitude malgré mes multiples partenaires. Tu m'as offert mon premier doudou avec l'écharpe puis toi aussi tu es devenu un doudou géant...

J'ai besoin de toi, des caresses de ton regard, de la douceur de ta voix.

Putain, je t'aime Blaise…

Je t'aime,

Draco. »

Blaise renifla : voilà le bébé Serpent qu'il aimait. Son problème apparaissait sans fin : Draco était-il vraiment Daniel ?

La journée fut très longue et pendant le dîner, Blaise prit sa décision : il irait voir Draco dans sa chambre car s'il avait été à l'infirmerie, il était retourné dans sa chambre en fin d'après-midi. Il picora son assiette sans réel appétit. Il était trop malheureux. Il devait discuter avec Draco. Seul. S'il n'avait pas changé son mot de passe, ça serait facile.

Les pires rumeurs avaient circulé : Draco était devenu Mange-mort, il avait essayé de se suicider, il s'était échappé de Saint Mungo's.

Blaise attendait dans la Salle Commune quand il vit Narcissa Malfoy. Elle venait vers lui. Il déglutit.

« Blaise, bonsoir, je suis contente de te voir le salua-t-elle.

- B… Bonsoir, bégaya le jeune sorcier. Est-ce que Draco va mieux ?

- Oui, Severus et madame Pomfresh s'en sont bien occupé. Au moins je suis au courant de…, mais elle ne poursuivit pas.

- Au courant de ? Il n'a rien ? Je veux dire… Il y a des rumeurs... et...

- Des rumeurs ? Ah... "les" rumeurs... Par Merlin, Draco n'est pas Mange-mort et n'a pas tenté de se suicider. J'ai très peu de temps, je dois rentrer chez moi mais je pourrais te parler un instant s'il te plait ? Draco me tuerait s'il savait que je te dis ça mais toi, comprends-moi. Je ne peux pas rester là à regarder mon fils dépérir. A Noël, il m'a tout raconté pour son amour moldu, son « Ange » comme il n'arrête pas de l'appeler. Je ne me réjouissais guère qu'il tombe amoureux d'un moldu, c'était ce qui pouvait lui arriver de pire avec le père qu'il a. Mais pouvais-je l'en dissuader ? Devais-je convaincre mon fils de laisser s'échapper une source possible de bonheur ? Non. Alors, dès le début je l'ai soutenu. Tu aurais du voir l'étincelle dans son regard quand il parlait de son Ange. Je craignais tant qu'il n'aime jamais personne, qu'il soit aussi cynique et indifférent que son père. Draco ne s'est jamais montré tendre avec quiconque, moi excepté. J'ai été un temps jalouse de cet Ange qui me volait le cœur de mon fils. Je n'étais plus la seule pour qui il vibrait. Pourtant bien vite je me suis réjouie. Draco n'avait jamais été aussi beau et je ne te parle pas de son physique. Je te parle de cette petite chose insaisissable, que peut-être son Ange ne soupçonne même pas. Tu sais, je ne suis pas naïve, je connais mon fils. Je sais ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas pour une simple et bonne raison qu'il me confie, ou confesse, presque tout. Des soirées orgiaques aux tortures de ses camarades. Je ne l'approuve pas, il le sait. Mais il reste mon fils, ma chair. Depuis un mois environ, sa vie a changé de cap. Quel miracle s'est accompli ? Qui a transformé mon fils ?»

La sorcière marqua une pause puis reprit :

« Blaise, je sais à quel point Draco t'as manqué de respect par le passé mais si tu croises l'Ange de mon fils, dis-lui juste qu'il n'a jamais triché avec lui. Qu'il s'est mis à nu pour construire quelque chose de sincère même si le polyjuice n'était pas une bonne idée. »

Zabini ne sut pas trop ce qu'il fallait dire. Si Draco pouvait mentir, sa mère ne le ferait pas. Les doutes semblaient levés.

« Je dois rentrer. Je dois discuter avec mon époux et… et ça sera moins plaisant qu'avec toi. A bientôt j'espère.

- A bientôt… »

Blaise la regarda partir puis fonça vers la chambre de Draco. A cette heure-là les autres Slytherins étaient encore en train de dîner. Evidemment, Draco ne répondit pas. Blaise prit l'initiative de rentrer car visiblement on ne lui répondit pas et le mot de passe n'avait pas changé.

Draco était assis sur le lit, une seringue vide à la main. Torse nu, Blaise vit des traces d'hématomes un peu partout sur son corps. A Londres, un mois auparavant, avant qu'il se rende compte de la supercherie, Draco, polyjuicé, ne lui avait-il pas dit que le fameux DM avait un père dur ? Dur au point de se faire battre fallait-il croire en voyant le corps abimé du sorcier.

« Qu'est-ce tu fous ? Tu t'es perdu ? », cracha Draco en défaisant ceinture qui sanglait son bras pour que la drogue se répande plus vite dans son corps.

Sans attendre de répondre il s'allongea.

« Mon ange, sourit Draco, tu es venu me chercher ? Je suis mort ?

- Et merde, il est parti, regretta Blaise.

« Tu vas pas m'emmener en enfer ? On va pas en enfer ? Hein ? On va pas en enfer ?

- Non, non. Jamais je t'emmènerai en enfer, mon bébé ! Je t'aime trop pour ça, dit Blaise en l'enlaçant.

- Je... je suis mort ?

- Non, tu n'es pas mort. S'il te plait, reviens avec moi, suppliat le sorcier.

- On va au paradis alors ?

- Non, bébé, on va pas au Paradis non plus. Tu dois redescendre, avec moi, ici, dans ta chambre, expliqua Blaise le plus calmement qu'il put en prenant le visage de l'autre garçon entre ses mains.

- Ah ? On va en enfer alors ? Ou au Paradis avec les autres Anges. Il y a des anges derrière toi, tu les vois ? Leurs ailes sont si belles. Leurs plumes doivent être douces. Les miennes sont… lourdes et noires. Comme… comme engluées dans le pétrole. Je vais me noyer ! Je vais mourir !

- Draco, regarde-moi, s'affola un peu Blaise. Re… Regarde tes ailes. Elles sont belles les tiennes aussi. Toutes… toutes blanches et… et soyeuses. Regarde comme elles sont brillantes. On dirait de la nacre pure. Touche comme elles sont douces. »

Blaise faisait semblant de caresser les ailes imaginaires du drogué.

« Alors, tu les vois ? », demanda-t-il.

Draco se retourna et admira des ailes qui pour lui étaient réelles.

« Je suis un ange moi aussi alors ?

- Oui, tu es mon ange à moi. On est deux anges au Paradis.

- Hé tu vas casser mes ailes !, se plaignit Draco alors que Blaise le rallongeait et grimpait sur lui.

- Non, elles sont rétractables, ne t'inquiète pas. Et oui, sinon comment tu dormirais, bébé ?

- Ca dort les anges ?

- Oui, après l'amour, ça dort toujours... pour se ressourcer

- Ah ouiii..., approuva Draco, béat. On va faire l'amour et dormir après nous aussi ?

- On vient de faire l'amour, mon bébé. Tu as déjà oublié comme c'était merveilleux ?, murmura Blaise aussi tendrement que possible.

- Naaaaaaaan ! J'aurai pas oublié ! Tu es si beau ! »

Blaise regarda le corps battu puis l'embrassa comme pour le guérir.

« On va dormir. Je ne suis pas trop lourd ?

- Naaaaaaaaaaaaaaan.

- Boooon, c'est bien mon amour. Maintenant, on va jouer à dormir. Raconte-moi ton rêve.

- Il y a un graaaaaaaaaaaaaaaaand champ de fleurs. Il fait un graaaaaaaaaaaand soleil et y a des anges partout, partout, partout mais y en a un il est tout seul il a pas d'amis et il pleut au-dessus de sa tête. C'est marrant hein ? Y a qu'un petit nuage et c'est sur lui que ça pleut ! Enfin non ! C'est pas marrant hein ? C'est triste pour lui parce qu'il est tout mouillé et que les autres anges ne veulent pas se mouiller. Il est triste. Il regarde les autres s'amuser et puis lui il a rien pour s'amuser. Tu sais à quoi ils jouent les anges ? Au ballon !

- Au ballon ?

- Ils sont de toutes les couleurs les ballons. Bleu. Vert. Rouge. Violet. Mon préféré c'est le doré parce qu'il brille au soleil ! Et j'aime bien ce qui brille. Tes yeux ils brillent aussi je les aime bien tu sais !

- Merci, c'est gentil.

Zabini esquissa un faible sourire. L'hallucination déformait la réalité. Ils brillaient de larmes.

« Hé il va pleuvoir sur moi aussi ! Tu vas pas pleurer hein ?, se plaignit Draco.

- Non, non, s'empressa de le rassurer Blaise. C'est parce que le soleil et ton sourire m'éblouissent.

- Oui ce soleil ! Je vais te dire un secret, chuchota Malfoy. Je préfère la nuit. La lune elle fait moins mal aux yeux mais c'est pas pratique pour jouer au ballon. Mais la nuit y a des papillons brillants tout argentés ! Ils sont si jolis. Une fois j'en ai attrapé un mais je l'ai relâché, il m'a dit que je risquais de lui casser une aile et je voulais pas moi ! Tu sais, il parait que si on suit les papillons et ben ils nous mènent à Merlin et qu'on a droit à un vœu ! Et… et... j'ai essayé de les suivre mais je suis tombé. Mais je ne me suis pas fait mal. On a des ailes pour ça nous les anges.

- Et si tu arrivais à les suivre, tu ferais quoi comme vœu?

- Rhoooooo je sais pas ! Devenir un papillon ? Ou nager dans une piscine de chocolat chaud ! Nan je me brûlerais !

- Nan, ça serait du chocolat magique qui ne brûle pas.

- Du chocolat froid alors ? Mais c'est pas bon quand c'est froid. Tu sais, ma maman elle fait les meilleurs chocolats du moooonde. C'est elle qui les prépare. Elle a un ingrédient magique. C'est l'amour ! Ma maman elle m'aimera toujours elle m'a dit et moi aussi je l'aimerai toujours ! Et toi ? Tu m'aimeras toujours ? Parce que moi je t'aimerai toujours !

- Oui, bien sûr que je t'aimerais toujours. »

Et ça n'était pas un mensonge. En cet instant, tous ses doutes s'étaient dissipés.

« Tu me mouilles !, gémit Draco. J'ai pas pris de parapluie pour ici ! Comment on fait s'il pleut ? Hein ? On va avoir les plumes mouillées ! On va tomber !

- Non, on passa travers, ne t'inquiète pas on pourra danser dessous. »

Draco ferma les yeux puis articula avec peine qu'il ne voulait plus parler, qu'il avait sommeil. Où était son écharpe rouge ?

« Parle-moi encore !, s'affola Blaise en cherchant l'écharpe qui était à portée de main. Bébé ? Mon bébé ? Parle-moi !, ordonna-t-il en le secouant. Et s'il sombrait dans l'inconscience et faisait une overdose ?

- Chuuuut, murmura Draco dans un souffle. Tu vas réveiller le méchant dragon.

- Il n'y a pas de méchant dragon, ici. Il est où ? Je ne le vois pas ? Draco, il est où ton dragon ?

- Au fond de nous. Au fond de nous, il dort.

- Et si je te donnais un talisman contre les dragons? Tu te réveillerais?

- Trop tard. Les fleurs sont fanées. Je suis fatigué aussi. Le dragon me fane. Je veux dormir, baragouina Draco.

- Sens les fleurs, mon bébé. Tu vois qu'elles ne sont pas fanées. Draco ! Réveille-toi, bébé ! Tu dois pas dormir ! On va trouver quelque chose de mieux à faire. Regarde-moi, Draco. Dis-moi ce que tu veux faire. Regarde-moi ! Montre-moi tes jolis yeux ! Allez un effort, mon bébé. Je veux revoir ces lacs de douceur qui me charment tant.

- Naaaan je veux dormir j'ai sommeil.

- Si tu dors… je m'en vais. »

De longues secondes s'écoulèrent.

« At… tends, dit Draco en ouvrant enfin les yeux. Atteeeeeeends…, répéta-t-il en essayant de suivre son ange du regard.

- Qu'est-ce que tu veux faire ? Tu veux dormir et je pars ou… on parle et je reste ?, insista Blaise.

- Parler. Parle toi…

- Je suis comme l'ange seul il pleut sur moi et je ne veux pas te mouiller

- Oooooh, dit Draco comme si cette explication était logique. C'est pas grave si je me mouille tu es gentil tu dois pas rester seul sous la pluie !

- Je le mériterais pourtant j'ai été méchant, avoua Blaise dans un demi-sanglot.

- Je vais te dire un secret : si tu es ici c'est que tu es gentil !

- Je sais pas... Je sais pas…, pleura davantage Zabini n se jetant dans les bras de son bien-aimé.

- Oh il pleut sur nous deux ! Viens, mon aile elle te protègera ! Elle est magique !

- Je voulais... je voulais t'apporter le soleil et je t'ai fait du mal parce que j'ai été... si... stupide.

- Hi, hi moi aussi je suis stupide mais je pleure pas !

- Je sais. Moi je suis celui qui pleure toi. Tu es plus fort.

- Je suis plus fort grâce à toi. Tiens, c'est ma plus jolie plume, dit Malfoy en faisant comme s'il en arrachait une.

- Merci mon petit gâteau au miel, c'est mon porte-bonheur à présent, dit Blaise en feignant d'en accepter une.

- Dis... Les anges garçons peuvent s'embrasser sur la bouche ?

- Oui, bien entendu.

- Tu… Tu m'embrasses alors ? »

Techniquement, ils s'étaient déjà embrassés mais pas sous leur véritable enveloppe. Blaise aurait voulu que ça se passe autrement. Draco ne s'en souviendrait certainement pas. Il n'avait pas de bol pour ses premiers baisers.

Ca parut un peu étrange pour Blaise. depuis plusieurs semaines il repassait les informations dans sa tête et à présent, c'était contre Draco Malfoy qu'il allait s'allonger. Ils s'embrassèrent. D'abord chastement puis plus longuement et profondément. Il retrouvait la chaleur de Daniel. De bébé Serpent. De Draco.

« On va faire l'amour ?, demanda Draco.

- Non pas ce soir, mon bébé tu es fatigué...

- Je peux dormir alors ?

- Non, non, je veux que tu t'occupes de moi un peu, tu ne dois pas dormir. Tu veux pas me toucher plutôt ?, demanda Blaise en glissant la main de Draco sous sa chemise.

- Je peux ? Vas-y allonge-toi alors ! Mais n'abîme pas tes ailes !

- Je les ai rangées tout à l'heure. »

Zabini roula à côté de Draco sur le dos. Ce dernier se mit difficilement à quatre pattes au-dessus de lui.

« C'est mes ailes, j'ai pas l'habitude, s'excusa le Head Boy en déboutonnant maladroitement la chemise.

« Bébé ?, dit Blaise. Je… je t'aime. Je n'ai jamais cessé de t'aimer. J'étais… j'étais triste.

- C'est normal t'es un ange et les anges aiment tout le monde.

- Je suis ton ange, rectifia Zabini. Je suis ton ange rien qu'à toi et je t'aime plus que les autres. Plus que moi-même aussi. Plus que la terre entière. Plus que la vie.

- C'est parce que je suis beau ? Rhoooo c'est parce mes ailes elles sont beeeeelles mais tu sais les tiennes aussi sont belles y a de la poudre d'étoiles dessus.

- C'est parce que tu es mon bachert.

- Tu... tu es mon bachert aussi. »

Ils s'embrassèrent longuement. Draco reprenait-il conscience ou répétait-il ce que Blaise disait ?

« Draco ? Draco... tu... tu es revenu ?

- Je.. je suis fatigué. »

Les paupières de Draco papillonnèrent et il se laissa tomber mollement.

« Mon ange… je… Je vois je vois tous ces anges. Je… je vais le rejoindre…

- Non bébé, je suis là ! Pars pas avec eux ! Reste avec moi…

- Naaaan, ils m'appellent. Leur voix est si douuuuuuuuuce… Je… Ils briiiiillent… Les étoiles… Je…

- Draco… Draco ne regarde pas les étoiles… S'il te plait, regarde moi !

- Ils… Les étoiles sont pour moi… Je… »

Sa voix s'éteignit et ses yeux se révulsèrent. Il était inconscient.

-Non ! Bébé, réveille-toi ! Réveille-toi ! Merde ! Bébé, ouvre les yeux ! Aller, Malfoy, ouvre-moi ses putains d'yeux ! Draco me fais pas ce coup là ! »

Affolé, Blaise poussa DRco sur le dos et prit le poignet inerte :

« Merde, je sens plus son pouls ! Putain ! »

Blaise souffla pour se calmer.

Putain…. Blaise, respire et concentre-toi…. Respire….. respire ?

Il plaça ses mains sur le cœur de Draco et commença un massage cardiaque assez désespéré accompagné d'un bouche à bouche. Il se félicita d'avoir suivi des cours de réanimation quelque mois auparavant. Ça n'était pas un expert, il casserait peut-être une côte mais si ça pouvait réanimer Draco, il fallait essayer.

Après les minutes les plus longues de la vie de Blaise, Draco respira à nouveau et reprit plus ou moins connaissance.

«Merlin, Draco ! » , rit de soulagement Blaise en le serrant contre lui.

Il se sentit faiblement repoussé. En voulant se lever, Draco tomba du lit. Il se releva difficilement et encore moins facilement il courut jusqu'à la salle de bains pour vomir.

Blaise s'accroupit à ses côtés et lui demanda si tout allait bien. Il lui frotta le dos pour le rassurer.

Draco se releva péniblement et se rafraîchit. Il tourna lentement la tête vers l'autre garçon :

« Qu'est-ce que… qu'est-ce qu'on faisait ? Et surtout : qu'est-ce que tu fais là ?

- Rassure-toi, je n'ai pas attenté à ta ... pudeur, répondit Blaise en se rembraillant.

- Zabini, qu'est-ce que tu fous ici ? Potter te suffit pas ? Ou peut-être vous… vous faites un truc tordu.

- Draco... tu devrais t'allonger, tu sais parce que t'as pas l'air bien hein? Pas pour autre chose.

- C'est qu'un mal de tête ça va pas me tuer. »

Il retourna dans la chambre et se laissa tomber lourdement sur le lit, tremblant. Il prit conscience de son corps marqué et chercha un tee-shirt à se mettre pour cacher ses blessures. La tête lui tournait et enfiler un vêtement devenait difficile. Il se sentait assez mal.

- Ca va ?, demanda Blaise en gardant ses distances pour ne pas l'énerver davantage.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Mes… mièvreries t'écœurent alors mes bobos doivent te faire jouir. Pars s'il te plait, murmura Draco sans le regarder.

- Je peux pas te laisser comme ça.

- Ne t'inquiète si je crève, vous serez au courant.

- Arrête avec ça !

- Pars. C'est toi qui me fais mal.

- J'ai jamais rien fait avec Potter, à part...

- Je ne veux pas savoir ta vie. »

Le head Boy s'allongea. Il allait vraiment mal. Il ne pouvait pas s'empêcher de grelotter.

« Tu… tu devrais boire au moins un verre, les overdoses déshydratent beaucoup l'organisme et ça diminuera ta nausée, dit gentiment Blaise en proposant le verre qu'il était allé chercher.

- J'ai pas besoin de toi et pourquoi tu parles d'overdose ? »

Mais il ne lui laissa pas le temps de répondre. Il l'exhorta à nouveau de quitter la chambre. Recroquevillé sur lui-même, incapable de se contrôler, il sanglotait.

« Je… je suis fier, tu es un bon serpent finalement. Tu as niqué tout le monde depuis 6 ans 1/2 toi, l'étudiant frêle et asocial, solitaire et pseudo intello tu nous as tous eus ici. Bravo ! Tu as ta place parmi nous.

- J'étais venu m'expliquer, mais visiblement, toute discussion est impossible.

- Expliquer quoi ?, renifla Draco.

- Je te comprends j'ai souvent été à la place de la victime et je ... je suis désolé de t'avoir fait prendre cette place. C'était... excessif et irréfléchi.

- « J'espère qu'un jour il t'arrivera une belle grosse crasse pour te ramener sur terre », cita Draco. J'aurais dû y attacher plus d'importance. Un avertissement merci, je suis sur terre là. Même en dessous.

- Arrête tes jeremiades ! Si j'avais pas été là ce soir, tu n'y serais plus sur terre ! »,

Grelottant, Draco se glissa sous la couverture.

Fatigué – Blaise le veillait depuis presque quatre heures – s'assit lourdement sur le lit. Il était épuisé lui aussi.

« Quand je suis arrivé tout à l'heure, commença-t-il, tu... tu te faisais un fix.

- Oui et alors ? Ça n'est pas la première fois.

- Ça a mal tourné. T'as fait une putain d'overdose, tu comprends ? J'ai cru que tu allais mourir. J'ai cru que tu allais mourir !

- Trop de... pavot... pavot blanc. Je... j'en mettrai moins la... la prochaine fois.

- Quelle prochaine fois ?, s'emporta Blaise, furieux.

- Je... je peux pas. C'est... c'est trop dur ! C'est trop dur sans... sans toi. Je… je ne veux plus penser à tout ça. A avant. »

Toute la colère de Blaise était retombée. Il grimpa sur le lit et enlaça l'autre garçon.

« Quoi ? Tu me reprends pour mieux me jeter dans deux jours ? Ça fait partie du plan ça aussi ?

- Non ! Non ! Il n'y a jamais eu de plan ni de jeu. Il n'y avait que la vengeance. Une vengeance absurde puisque tu n'étais pas en tort. J'ai cru que tu t'étais foutu de moi avec... avec bébé Serpent. Que tu jouais la comédie. Que ça n'était qu'une énième manigance pour me metre dans ton lit, comme tu l'avais dit, à mon anniversaire. J'ai attaqué avant de souffrir et... c'était plutôt raté en fait.

- Tu es l'être le plus merveilleux au monde, jamais je t'aurais fait souffrir.

- Merveilleux ? Comment tu peux dire ça après ce que je t'ai fait ? Je suis un monstre ! Un monstre pas un ange. Je te mériterais jamais ! Je te mérite plus ! Je t'ai jamais mérité !

- Tu m'as sauvé ! Tu m'as sauvé deux fois.

- J'ai failli te tuer !

- J'étais déjà mort d'amour...

- Comment tu peux... être comme ça ? Si gentil, après ... après tout ça, demanda Blaise la voix entrecoupée de sanglots.

- C'est ta force mon Ange... ton... pouvoir… celui d'aimer de manière inconditionnelle et sans limite.

- Pourtant j'ai failli. Je t'ai haï. Comment j'ai pu faire ça ?

- Tu.. tu es revenu. Et au bon moment. Mon Ange ne pleure plus. »

Zabini se serra le plus fort possible comme s'il s'agissait de leur dernière étreinte.

« Tu vois... tu veilles sur moi, reprit Draco.

- Je peux redevenir ton Ange gardien ?

- Qu'à une condition : ne me quitte jamais plus, les Anges gardiens ne partent pas… même avec Saint Potter. Surtout avec Potter.

- Aucun risque. C'est toi qui m'as fait revenir... qui m'as fait comprendre... j'ai... j'ai trouvé ton mot et je l'ai lu bien sûr. En fait... tu m'as parlé de cette écharpe.. mon écharpe… et... je voulais te demander... Enfin, j'étais venu te demander...

- De te la rendre ?

- Non. Quel doudou tu préfères, elle ou moi ?

- Je préfère ce qu'il y a de plus doux. Le... le doudou géant...

- Le doudou géant ? »

Voir Draco aussi tendre faisait un peu peur mais Blaise n'aurait pas de mal à s'y habituer.

« Voui... le doudou géant... parce qu'il est trop doux et trop câlin et puis c'est mimi "doudou géant" comme expression.

- Oui, j'adore ! Tu sais, je regrette tellement ce que j'ai fait...

- On a tous droit à une deuxième chance. Voilà que je fais le moralisateur maintenant et que j'emploie des mots comme « mimi » !

- Merci mon bébé mais... promets-moi une seule chose, Draco. Promets-moi que dorénavant, je serais ton unique drogue dure...

- Promis mon Ange tu seras ma drogue douce et ma drogue dure.

- Je ne veux plus te perdre pour un paradis artificiel, dit Blaise en fixant intensément son petit ami, le regard grave. Le paradis, je te l'offre sur un plateau. »

Ils s'embrassèrent pour la première fois consciente et sous leur réelle identité. Draco aventura sa main sous la chemise de Blaise. Il était tellement chaud.

« Par Merlin, tu es gelé, s'exclama Blaise.

- C'est pas grave, tu es mon gros et chaud doudou géant

- Oui... et le doudou te préconise quelques heures de sommeil tu dois être épuisé.

- Pas tant que ça, mentit Draco qui voulait un peu profiter de la situation.

- Si tu veux bien, je vais rester avec toi... pour te tenir chaud et voir si tu vas bien.

- Je crois que je vais être malade toutes les nuits alors comme ça tu resteras.

- Je resterai même si tu n'es pas malade. Je suis ton doudou, c'est mon rôle de dormir avec toi. Je voudrais juste un peu ranger avant, au réveil tu seras content. »

Il sauta hors du lit et nettoya la salle de bain un peu en désordre.

« Ne deviens pas comme moi, l'avertit Draco. Deux psychorigides ça peut être violent… surtout s'ils n'ont pas la même logique. »

Blaise tressaillit et revint dans la chambre.

« Draco… C'est délicat… mais j'ai vu… je t'ai vu torse nu et… et ne me dis pas que tu es tombé de balai. »

Draco perdit son sourire. Il n'aimait pas parler de ça. Il n'en avait jamais parlé, pas même à sa mère, trop honteux de ne pas être à la hauteur des espérances de son père. Mais il y avait eu trop de mensonges entre eux.

« Ca arrive parfois… quand… quand Père est mécontent. Dans ce cas présent… que je baise des mecs il s'en fout mais… des Moldus, ça craint… surtout si j'en suis amoureux.

- C'est encore de ma faute !

- Non, c'est moi qui suis tombé amoureux de… de Ben… de toi. N'en parlons plus. Maman l'a découvert et je peux prédire que ça va cesser.

- Tu ne l'avais pas dit à ta mère ?

- On peut parler d'autre chose ? On… on en reparlera plus tard si tu veux mais pas maintenant. S'il te plait. Viens plutôt contre moi me réconforter. Et oui, j'en profite un peu. »

Blaise vint se lover contre lui.

« Dis, je ne suis pas encore en train de tripper ?

- Non, pas cette fois, conclut Blaise en déposant un petit baiser. Chuuuuut, ne pense plus... dors maintenant.

- Je dois te dire quelque chose avant. Je t'aime mon Ange.

- Je t'aime aussi. A présent, dors. »

Draco ne se fit pas prier. Il sombra rapidement dans le sommeil alors que l'autre sorcier veilla sur lui à l'affut du moindre mouvement de paupières et battements de cœur.


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