Crédit des personnages :JK Rowlings

Hogsmead : Pré-au-Lard
Snape : Rogue
Slytherin : Serpntard
Longbottom : Longdubas


Mécontents

L'idylle sans nuage ne dura pas.

Cette histoire (qu'ils étaient correspondants par e-mail à la base) était même parvenue aux oreilles des professeurs. D'abord, ils s'étaient fait punir pour avoir quitté l'école. Ensuite, sans entrer dans le domaine personnel, ils avaient été réprimandés pour usage de stupéfiants dans l'enceinte de l'école. Le renvoi avait même été envisagé mais Snape s'était battu férocement pour Draco et si ce dernier n'était pas renvoyé, Zabini non plus. Leur punition devait servir d'exemple toutefois : le week-end, ils effectuaient des travaux d'intérêt général à Hogsmead et ils s'étaient vus attribuer un correspondant moldu cette fois. Celui de Blaise était un garçon sympathique, aimant lire et jouer aux échecs. Draco avait hérité d'une pimbêche autant vaniteuse que lui qu'il adorait énerver. Ça ne les empêchait pas de s'envoyer des e-mails entre eux.

Les premières semaines, Blaise se glissait chaque soir dans la chambre de son petit ami pour des nuits tendres et passionnées. Le matin, il regagnait aux aurores sa chambre. Ayant souffert de sa vengeance Draco avait un peu perdu de sa superbe et voulait la regagner. Sortir explicitement avec celui qui l'avait roulé ne l'aiderait pas. Enfin, s'afficher avec un garçon n'était pas ce qu'il y avait de plus viril. Certaines filles trouvaient ça « mignon » mais Draco ne voulait pas être catalogué comme « mignon ».

« Ça te dit pas un petit bain pour se détendre ?, proposa Draco un soir en revenant de sa ronde. Je m'occupe de toi, je vais te chouchouter.

- Mmmm oui, avec graaaand plaisir !

- Ok laisse-moi prendre nos peignoirs, une graaande éponge et le bain moussant. »

Blaise suivit son petit ami un peu rassuré. Sur un coup de déprime, il avait envoyé un e-mail dans lequel il se plaignait plus ou moins de l'indifférence de Draco en présence des autres. Optimiste, Blaise comptait récupérer le mot de passe et effacer le message avant qu'il ne soit lu. Dans un accès de spontanéité, il retint Drao par la main et l'embrassa sur la joue :

« Ça c'était juste pour le plaisir et parce que t'es revenu plus tôt de ta ronde.

- Je vais revenir plus tôt les prochaines fois alors. »

Devant la salle de bains des Prefets, Draco prononça le mot de passe et la porte s'ouvrit. Blaise se déshabilla avec enthousiasme car cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas eu de soirées romantiques. Draco, lui, préparait le bain et se dévêtit à son tour.

« Je devrais venir plus souvent ici, c'est trop bon les bains, soupira Blaise en se glissant dans l'eau chaude et parfumée. Et toi tu vaux des milliers de bains à toi tout seul Draco, Je t'adore quand tu as des surprises comme ça !, s'exclama-t-il alors que son petit ami lui frottait le dos et les épaules avec une éponge. Tu sais, ça fait du bien de te sentir... de sentir ta chaleur. Oui, continue à me masser là. J'étudie trop j'en suis sûr !

- Je ne m'occupe pas bien de toi en ce moment.

- Dis pas ça...

- Et le pire c'est que je suis incapable de m'en rendre compte seul..., dit Draco en déposant un baiser sur la nuque.

- T'es... allé lire tes mails, récemment ?, demandant Blaise sachant que c'était inutile de tourner autour du pot.

- Oui... Blaise, ne me dis plus les choses comme ça. Je ne vais pas te mordre. Viens me voir quand ça ne va pas et secoue-moi ! Pas à travers un écran.

- Je devais pas te l'envoyer à la base et tu me connais, si je dois aller te voir à chaque fois que je vais pas bien, on serait siamois, c'est le problème avec les sentimentaux collants. Et... tu me dis de te le dire en face... je veux bien moi, mais peut-être que je dois prendre rendez-vous avant, alors. J'ai l'impression de ne pas t'avoir vu ces dix derniers jours... j'ai même l'impression de te voir moins que quand on correspondait c'est débile, non ? Je me demande même parfois si tu préfères pas 'bébé Ange' à moi, continua Blaise amer et triste. Au moins un moldu, tu pouvais le gérer facilement de loin quand on s'écrivait, tu étais toujours là pour moi... Maintenant, je te vois de loin, mais je ne peux même pas être à côté de toi pour ressentir ta présence. »

Le blond reprit l'éponge qu'il imbiba d'eau chaude et la pressa sur les épaules de son petit ami.

« On dort ensemble, on fait l'amour ensemble... ça d'accord... mais on ne parle presque plus. Soit tu es occupé, soit ...il y a des gens autour j'ai l'impression d'être... je sais pas... de trop. Des fois, je me dis qu'après l'école, ça s'arrangera... mais ça sera peut-être pire. Je sais que tu as fait beaucoup pour être avec moi, que tu as quitté ta fiancée, que… que ton père t'en a voulu et tout ça mais tu crois que tu te montrerais avec moi ? Non, ça sera pareil, pour d'autres raisons... mais je resterai une ombre... ton ombre.

- Ne dis pas ça. Je... tu n'es pas mon ombre. Maman, Severus, ils savent.

- Oui... mais tu vois... quand je suis comme ça, je sais que ... que ... j'ai l'impression de t'étouffer... et j'ai peur que tu me quittes à cause de ça. Je déteste être comme ça ! C'est promis, je vais faire des efforts. »

Draco, qui jusque là était derrière se leva et s'assit en face :

« Non, ne change pas. Continue à avoir tes états d'âmes c'est à moi de faire des efforts. Je suis égoïste, je fais selon mon bon vouloir, je vais changer, laisse-moi juste un peu de temps et... faire les choses progressivement. Je sais, ça fait des semaines que je te demande du temps et en échange, je t'en vole, je te promets de ne plus faire d'heures sup et le samedi après nos travaux obligatoires, je serai à toi.

- Est-ce qu'on pourrait trouver un peu de temps juste pour parler dans la journée… des fois ? Juste quelques minutes...

- Oui, bien sûr et même si ce n'est pas grand chose, dès demain... on peut prendre nos repas ensemble. »

D'accord, ça n'était pas reluisant pour Draco qui avait reconquis Crabbe et Goyle, les deux pensant qu'il était vraiment devenu Mangemort. Eviter Blaise en journée était une question d'orgueil comme si pardonner était une faiblesse qu'il ne voulait pas afficher au risque de paraître idiot. Le grand sourire de son petit ami lui fit comprendre que paraître idiot aux yeux des autres lui importait peu… enfin, moins, si cela pouvait rendre Blaise un peu plus heureux.

« Oui, ça serait génial ! De mon côté, je vais essayer de penser positif. C'est vrai, y'en a marre des dépressifs... Je suis désolé, tu sais... je t'aime... tellement, ça me fait mal des fois. A ta place, je m'aurais ligoté et balancé au fond du lac pour être tranquille.

- Pas quand ce que tu dis est légitime.

- Oui, peut-être... mais tu as des responsabilités, des devoirs, c'est important aussi.

- Tu dis "oui peut-être" et c'est toi-même qui me trouves des justifications, t'es incroyable ! Ne me trouve pas d'excuses, j'en ai pas. C'est peut-être ça qui fait que je ne trouve pas grand chose à dire à part... à m'excuser. Je t'aime et jamais tu ne seras mon ombre, je te veux à mes côtés, pas derrière moi.

- Tu sais... si tu ne sais pas quoi dire pour t'excuser, tu as toujours la solution de m'embrasser, minauda Blaise, coquin. En plus, ça me fera taire, ça m'évitera de dire des bêtises.

- J'aime quand tu dis des bêtises et j'aime quand tu me colles avec tes états d'âme. »

Et Draco l'embrassa tendrement.

« Jure-moi de me dire quand ça ne va pas la prochaine fois.

- D'accord, je te promets et je te le dirai pas par écrit.

- Allez, remets-toi contre moi que je continue à te laver. »

La discussion fut close pour la soirée, le reste ne fut que détente.

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Pourtant, le sujet revint rapidement, peut-être une semaine ou deux après. Les deux garçons étaient allongés sur le lit de Draco. Ce dernier promenait une plume sur le torse nu de son ami.

« Qu'est-ce qui ne va pas ?, demanda Draco conscient que quelque chose travaillait Blaise.

- Tout va bien, répondit ce dernier sur un ton qui voulait dire exactement le contraire.

- Non tout ne va pas bien, dis-moi ce qui te tracasse.

- Tu vas encore dire que je psychote et que je me tracasse pour rien.

- Dis-moi, ça te fera du bien. »

Blaise, qui était allongé dos à Draco se retourna et le regarda :

« Ne le prends pas mal... mais j'ai l'impression que tu m'évites de plus en plus en public. J'ai même cru que tu allais m'arracher les yeux l'autre jour parce que je t'ai souri dans le couloir...

- C'est un peu excessif...

- Je sais pas si c'est si excessif. Tu sais, je ne te demande pas de me rouler un patin dans le Grand Hall... même pas de me donner la main... je m'en fous de ça mais on peut à peine se parler en dehors de ces appartements, à peine se regarder.

- Mais je sais que tu me regardes quand même, rit Draco en ne mesurant pas l'étendue du problème ni de ses propos.

- Je te regarde parce que tu me manques, tu comprends, ça ?, rétorqua Blaise qui lui ne plaisantait pas. T'avoir tout le temps à quelques mètres de moi, et je n'ai même pas l'autorisation de te parler quand j'en ai envie. Tu vois pas que ça me tue à petit feu ? Je suis désolé d'être quelqu'un qui demande beaucoup d'affection ! J'y peux rien, je suis comme ça j'ai beau faire des efforts, j'ai beau me dire que tu es près de moi et que je devrais être heureux de ça. Je ne comprends pas, Draco...

- Je me répète mais... j'ai besoin de temps.

- Besoin de temps pour quoi ? Si c'est pour arriver à te détacher de l'opinion publique... alors ça ne sera jamais. Tu es trop attaché à ton image... et ça n'est pas un reproche mais une remarque on va attendre quoi ? La fin de l'école ? Un an ? Deux ans ? Dix ans ?

- On a déjà eu cette discussion, s'agaça un peu Draco.

- Je sais... mais beaucoup de choses se sont passées depuis qui nous ont rapprochés.

- Justement ! Pourquoi relancer le sujet ?

- Je n'ai pas relancé le sujet, c'est toi qui m'as demandé de te dire ce qui n'allait pas... alors je te l'ai dit, c'est tout. Tu sais très bien ce qui ne va pas, de toute façon.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Une annonce publique ?

- Non... je n'ai pas dit ça.

- Pour toi c'est facile. Tu as toujours assumé ce que tu étais. Moi je me suis résigné à être modelé alors comprends que je ne peux pas changer aussi vite que tu le voudrais.

- Ce que tu ne comprends pas, Draco, c'est que ce que je t'offre, ce n'est pas une entrave de plus... c'est la liberté et il ne tient qu'à toi de la saisir.

- Je n'ai jamais dit que c'était une entrave.

- Tu sais à quel point je t'aime, bébé, mais... je ne sais pas combien de temps je pourrais encore supporter cette situation et... on en souffre tous les deux.

- Et ... ?

- Et... »

Blaise s'arrêta un instant. Ce qu'il allait dire était à contrecœur mais il le devait :

« Et si on arrive pas à s'accorder là-dessus, je ne vois pas comment on pourra encore le faire pour le reste. On va se faire plus de mal que de bien.

- Va au but, s'il-te-plait, exigea un peu sèchement Draco qui entrevoyait le dénouement de cette discussion.

- Draco, si on ne règle pas ce problème rapidement, je ne sais pas si ça vaut la peine de continuer, toi et moi. Ne crois pas que je dise ça de gaité de cœur... mais tu sais que j'ai raison. »

Le cœur de Draco s'assombrit d'un coup. Il posa la plume sur sa table de chevet et se leva.

« J'ai... soif, déglutit-il. Tu veux quelque chose ?

- Non merci. »

Draco se releva et partit se servir dans la salle de bain. Quand il revint, Blaise était parti. C'était fini.

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Cette dernière conversation avait effectivement mis un terme à leur relation. Maintenant, Draco avait des raisons de ne pas le regarder et l'éviter, songeait-il amer et seul le soir.

A peine deux semaines après leur séparation, un peu avant les vacances d'avril, un drame arriva : la mère de Blaise, Ornella Zabini, périt dans un tragique accident. A ses funérailles Draco vint vers Blaise pour l'aider à traverser ce moment-là mais il se détourna.

Ambre, la petite sœur dont Draco avait entendu parler l'aperçut et vint vers lui.

« Bonjour Draco, je suis contente de te rencontrer même si les circonstances ne s'y prêtent pas. »

Le jeune sorcier l'observa. Il savait qu'elle n'avait pas le même père que Blaise pourtant, ils se ressemblaient. Les deux enfants avaient le regard marron foncé et doux. Il sourit faiblement et présenta ses condoléances, ne sachant pas trop quoi dire d'autre dans ces circonstances.

« Tu dois comprendre mon frère, ça n'a pas été facile de rompre pour lui, ajouta-t-elle. Ça serait bien que vous vous remettiez ensemble. Mais ce sont des affaires de grands dit mon frère. Il est bête parfois. En tout cas, merci pour la poupée à Noël, elle est très belle.

- Ambre, on y va ! »

C'était Blaise.

« A bientôt j'espère, » termina la petite fille en déposant une bise sur la joue du blond.

Au retour des vacances, Draco et Hermione reçurent une convocation assez surprenante : Blaise Zabini souhaitait quitter l'école et devait en référer aux deux préfets ainsi que les professeurs principaux de chaque maison et évidemment à Dumbledore.

Les sept personnes étaient déjà installées dans le bureau de Dumbledore lorsque le concerné arriva

« Bien... vous savez tous pourquoi vous êtes là ?, commença Dumbledore. M. Malfoy, vous pouvez demander à votre camarade de rentrer ? »

Draco se leva et sous le regard scrutateur de Snape ouvrit la porte derrière laquelle Blaise attendait.

« Vous pouvez entrer, Monsieur Zabini. »

Sans un regard à son ancien petit ami, Blaise entra et salua l'assemblée.

« Asseyez-vous, M Zabini, l'inivta Dumbledore.

- Monsieur Zabini, vous auriez pu vous vêtir correctement avant de vous présenter devant le Professeur Dumbledore, grogna Snape.

J'avais bien dit qu'il n'apporterait que des ennuis. Il n'y a qu'à voir la façon déplorable dont il fait ses nœuds de cravate. En sept ans il n'aura même pas appris ça !, songea-t-il.

- Allons, allons... Au lieu de s'arrêter à ce genre de détails pittoresques, parlons plutôt de votre étrange de demande, M Zabini, continua Dumbledore. Votre directeur de Maison m'a rapporté que vous semblez vouloir nous quitter, M Zabini. Est-ce exact?

- Oui, professeur, c'est exact.

- Pouvez-nous nous en donner les rasions, M. Zabini ? », demanda le professeur Mc Gonagall.

Blaise prit une profonde inspiration :

« Mesdames, Messieurs, vous savez que je ne suis pas un élève très brillant. Je dois beaucoup travailler pour réussir et j'ai maintenant une enfant à charge, ce qui me parait incompatible avec la grande période de révisions qui s'annonce alors sachant que je vais rater mes examens, je ne vois pas l'intérêt de rester ici, à vous faire perdre votre temps et à laisser ma sœur dans un environnement étranger. »

Draco lança un regard désespéré à son parrain : Blaise ne pouvait pas partir. Le professeur, lui jubilait intérieurement. Les notes de Draco avaient sensiblement baissé et il s'était laissé distraire par cet élément perturbateur. L'élément en question parti, Draco reviendrait au top.

« Professeur Snape, qu'en pensez-vous ? », l'interrogea le proviseur.

Que c'est un fainéant et que je peux l'aider personnellement à faire ses valises, songea-t-il. Pourtant, il tint un autre discours, dû aux pressions de Narcissa. Ah, Narcissa…

« Monsieur Zabini… peut recevoir de l'aide de ses camarades. Pour lui-même… et pour sa sœur.

- Sans vouloir vous contrarier, Professeur, je ne suis pas persuadé que mes camarades, comme vous dites, soient les mieux placés pour s'occuper de ma petite sœur.

- Monsieur Zabini, il n'y a pas que les Slytherins dans cette école puisque vous semblez rejeter votre Maison.

- Nonn... non ! Je n'ai pas dit ça !

- Que disiez-vs alors M. Zabini ?, rétorqua Snape.

- Juste que c'est à moi de m'occuper d'elle... et je n'ai pas envie qu'on me retire sa garde c'est la seule famille qui me reste alors je veux pouvoir lui consacrer toute mon énergie.

- Vous savez elle n'est pas seule à l'école et elle ne risque rien. Douteriez-vous de la sécurité des lieux ? Ne pensez-vous pas que votre sœur et vous êtes en sécurité ici ?

- Si, professeur, bien sûr mais... elle serait mieux chez nous dans un environnement familier.

- Si je peux me permettre, interrompit Draco, l'environnement familier de Miss Zabini est son frère et ce quelque soit l'endroit. Et il serait dommage de ruiner six ans 1/2 d'efforts. Je crois que ma collègue Miss Granger ne me contredira pas.

- Sûrement pas, l'approuva Hermione. Les diplômes sont importants pour construire son avenir. Si vous n'avez pas vos NEWTs, M Zabini, comment comptez-vous avoir un travail décent ? Comment comptez-vous montrer l'exemple à votre sœur ? Comment la motiverez-vous pour aller à l'école si vous même n'avez pas fini vos études ?

- D'autre part, poursuivit Draco, il suffira de s'organiser. Nous pouvons sommer les majors de chaque matière d'apporter un soutien à Monsieur Zabini.

- Ah oui ? Et c'est toi qui me donneras des cours de Potions, peut-être ?, rétorqua Blaise sèchement.

- Si Monsieur Zabini a un problème avec moi... et bien Miss Granger qui me suit pourra certainement s'en charger à ma place. Concernant l'herbologie, vous n'avez pas de problème avec Monsieur Longbottom ? Pour le DADA, Monsieur Potter est un de vos amis, n'est-ce pas ? Il n'y verra pas d'inconvénient j'en suis sûr.

- Hé bien, M Zabini... il semblerait qu'il y ait une mobilisation générale, conclut Dumbledore. Je crois que tout le monde est d'accord... Votre demande est donc rejetée, faute d'argumentation valable. Contrairement à ce que vous dites, vous êtes un bon élément dans cette école... et on ne laisse pas partir nos étudiants sur un simple coup de tête. Professeur Snape, M Malfoy, je vous laisse régler les détails avec M Zabini concernant son aménagement de travail.

- Euhmm... il serait plus judicieux de laisser le professeur s'en occuper seul. Monsieur Zabini ne semble pas apprécier mes services, alors pour que tout lui soit favorable, autant m'effacer. »

Petit con ! C'est ton ex, tu te démerdes, songea Snape, furieux, en le foudroyant du regard.

« Si vous me permettez une remarque personnelle, monsieur Malfoy, je ne suis pas sûr que vous effacer de la vie de monsieur Zabini soit la chose la plus favorable. Peu importe, n'écoutez pas le divagations d'un viel homme. Je compte néanmoins sur votre professionnalisme. Vous êtes préfet en chef et vous devez vous occupez de ce genre de chose.

- Bien sûr, professeur Dumbledore.

- Bien... Je crois que cette affaire est close. Une dernière chose à dire, M Zabini ?

- Non, Professeur..., répondit Blaise. il était à la fois dégoûté de ne pas quitter l'école mais aussi honteux d'y avoir pensé.

- Alors, retournez tous à vos affaires. »

Tous quittèrent la pièce, Snape appelant ses deux ouailles :

- Monsieur Malfoy, pas si vite ! Attendez-moi, j'aimerais discuter avec vous un instant et vous, monsieur Zabini… Nous nous reverrons donc. Je vous remettrai en personne votre emploi du temps. J'aurai même l'immense privilège de m'occuper de vous en potions.

- Merci, professeur, dit Blaise d'une voix éteinte. Mais je vais vous faire perdre votre précieux temps. Peut-être un étudiant serait... plus approprié ?

- Excepté Monsieur Malfoy, le major en potions, verriez-vous quelqu'un de mieux placé que moi ?

- Non, personne, bien sûr.

- Le problème est donc résolu alors. Malfoy, suivez-moi. »

Blaise regarda les deux autres partir et soupira. Peut-être n'aurait-il pas dû revenir à Hogwarts et les mettre devant le fait accompli. En même temps Hermione avait raison : il devait montrer le bon exemple.

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On attribua à Blaise et sa sœur des petits appartements privés constitués de deux chambres et d'une salle de bains. De ce fait, il croisait beaucoup moins ses compères Slytherin et jouissait d'une certaine tranquillité. La petite Ambre était souvent à la bibliothèque, sous le regard vigilant d'un professeur. Sinon, elle aimait être dans la serre et assistait à certaines leçons sans y participer.

Blaise travaillait deux fois plus, du moins en avait-il l'impression. Revoir Harry seul l'énervait mais jamais Potter n'avait manqué de respect même s'il ne perdait pas une occasion de le draguer. Le pire était la Potion. Il y passait des heures, recommençant sans cesse, sous la houlette de Snape.

Ce soir encore, il pénétra dans la salle, la mort dans l'âme, et s'installa derrière un pupitre. Le programme des réjouissances : un questionnaire sur les divers ingrédients. « Quels sont les multiples usages du dictame » par exemple ou « décrire le processus de concoction du polynectar », ça il le savait... Et il y avait plus de trente questions dans ce genre.

Comme chaque soir, le professeur s'installa derrière son bureau et s'assit, déroulant un parchemin qu'il commença à griffonner. Lui au moins était inspiré se dit Blaise.

Une petite explosion provenant de la pièce d'à côté les tirèrent de leur activité. Snape s'y précipita.

« Mais qu'est-ce que vous faites là ? C'est pas le jour de potions ?, dit une voix que Blaise reconnut.

- Non Draco, qu'est-ce que toi tu fais là ?, aboya Snape.

- Oh rien, rien. J'essayais un truc qui ne fonctionne pas visiblement », rit le préfet.

Blaise ne put s'empêcher de rire en voyant son ancien petit ami sortir du laboratoire. Il était recouvert d'une espèce de gélatine verte. Oh, ça n'était pas méchant mais ça le détendait. D'abord parce que chaque cours particulier avec Snape était un enfer qui lui collait une nausée épouvantable et là, devant l'incongruité de la situation, elle s'évapora. Ensuite, voir monsieur Psychorigide et Toujours-tiré-à-quatre-épingles sale était assez insolite.

« Et tu viens souvent comme ça essayais des... trucs, dit Snape.

- Ben ouais enfin... non. Non, pas trop. Mais là c'est pour maman", répondit Draco en battant des cils.

Zabini rit intérieurement : il n'y avait pas à dire, l savait comment prendre Snape par les sentiments. Puis… il grimaça. Malfoy était effectivement un bon acteur et un bon manipulateur.

« Et c'est quoi, cher Draco ? Tu ne me prendrais pas pour un idiot ?, susurra mielleusement Snape.

- Nooooooon. Je n'oserais pas un coup aussi... bas. Oh, nous avons de la compagnie. Bonsoir Blaise ! »

Blaise replongea le nez dans son essai.

« Qu'est-ce Draco ?

« Et bien c'est simple. Chaque année, à cette saison des méchants insectes migrateurs arrivent dans notre verte contrée et grignotent les jolies fleurs de maman. Tu sais, celles qu'elle chérie taaaaaaaaant alors chaque année, je lui prépare de quoi repousser les méchants insectes. Cette année, je voulais innover. Je voulais que ça ait une odeur agréable parce qu'en général c'est assez nauséabond mais visiblement l'essence de jasmin et le sang de troll... mauvais ménage, expliqua Draco en s'essuyant avec sa manche le front pour que la substance ne coule pas dans ses yeux.

- Ben là, c'est plutôt raté... sauf si tu comptes les engluer dans un truc vert poisseux, ne put s'empêcher de dire Blaise, en retenant un fou rire. Qu'était-ce le plus drôle ? Le bobard éhonté ou la gélatine verdâtre ?

- Notre compère Zabini a mis le doigt sur quelque chose d'intéressant, poursuivit Draco. une chose est sûre : aucun insecte ne me croquera si je garde encore ce produit infect sur moi. »

Blaise rebaissa les yeux : même débitant un mensonge de façon aussi naturelle, il avait l'air craquant.

« Draco Malfoy... Ton mensonge ne me fait même pas rire.

- Parce qu'il t'arrive de rire ? »

Draco est en forme, se dit Blaise dont l'insolence l'amusait.

« Il me faudra moins d'une minute pour savoir ce que c'est, dit Snape en prélevant un échantillon qu'il mit dans une éprouvette.

- Severus, nooon, c'est gênant, se plaignit Draco, interrompu par un « splosh » : un tas de produit vert venait de tomber par terre.

- Draco, dis tout-de-suite ce que tu fais. »

Blaise se mordait la lèvre pour ne pas rire à un autre « splosh » mais il arrêta. Il savait la façon artificielle avec laquelle Draco réglait ses problèmes.

« Je suis insomniaque, avoua Draco. J'ai vraiment besoin de dormir. C'est une potion de Sommeil, tu peux analyser, c'est pas un problème. J'ai rajouté un tout petit peu d'opiacé mais légèrement pas de quoi fouetter un dragon.

- Je vais chercher de quoi t'essuyer, tu ne mérites pas un sort de propreté. Après tu nettoieras en silence le laboratoire et la salle. A la main, bien sûr. Je vais bien sûr analyser la potion. »

Snape quitta la pièce.

Splosh, splosh. Draco venait de se passer la main dans les cheveux pour en retirer toute la substance. Splosh, splosh. Il essorait sa chemise.

Blaise avait gardé autant que possible le nez dans son parchemin mais la curiosité le poussait à regarder. Draco avait les cheveux plaqués et la chemise blanche légèrement teintée en vert. Il se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire.

« Excuse-moi, je me moque pas, c'est nerveux, s'excusa-t-il, démasqué.

- Heureusement que c'est lui quii te donne des cours de potions parce que rater une potion de Sommeil, ça n'est pas glorieux.

- Hmmm, oui... c'est sûr.

- T'as besoin de gel pour les cheveux ? C'est super efficace ! Je devrais breveter !, dit Draco en tendant un peu de gélatine.

« Euh... le vert, ça va pas avec mon teint, désolé. Pardon..., s'excusa encore Blaise en éclatant de rire. Désolé... mais franchement, tu t'es pas raté.

- Et oui, pro même dans... dans le ratage. Ça… ça se passe bien pour toi… malgré… malgré enfin… ta mère ?

- Mouais, ça n'était que ma génitrice après tout. Pour les cours, je m'en sors mieux que ce que je pensais en Potions... ça doit être grâce au professeur Snape et aux autres.. »

Draco retourna dans le laboratoire et se passa la tête sur le robinet. Il s'essuya rapidement les cheveux avec sa chemise et revint.

« Et... et toi, ça va ?, se força à demander Blaise. A part ton truc vert, là, tu as bonne mine... tu dois... t'éclater, non ?

- Je ... je sais pas pourquoi je te dis ça mais je… Je ne vois personne. Je ne sors plus non plus. A part ça je m'éclate.

- Je sais pas pourquoi je te dis ça, moi non plus, je ne vois personne. Harry est un peu lourd mais ça va.

- Tu fais ce que tu veux et... avec qui tu veux tu ne me dois rien. »

En dépit du ton un peu sec de Draco, Blaise ne pouvait s'empêcher de penser qu'au contraire, il lui devait tout.

« Euh... je t'ai menti. En fait, ça ne se passe pas très bien avec Snape... Il est très bon, mais... je ne crois pas qu'il m'aime beaucoup... Je crois même que je dois être n°2 sur sa liste noire juste derrière Potter.

- Vous vous êtes trouvés Potter et toi. Enfin, ça ne sont pas mes affaires. »

Par Merlin ! Pourquoi Draco remettait Harry sur le tapis alors qu'il crevait d'envie de lui demander de remplacer Snape pour les cours de Potions.

« Et comment va la princesse ?, demanda Draco, conscient de sa jalousie mal placée.

- Maman lui manque et … toi aussi. Mais ça va., elle a l'air de se plaire ici, répondit Blaise tout en songeant que Draco lui manquait horriblement à lui aussi.

- Dis-lui de... de venir me voir si elle veut, ça me fera plaisir enfin si tu es d'accord.

- Je lui dirais... elle sera... ravie. »

Ils se regardèrent un instant sans rien dire quand Draco se plaignit du froid de la pièce.

« Prends mon pull, tu es trempé !, lui proposa Blaise à qui il restait la chemise et sa veste.

- Je vais l'abimer, je suis crade.

- Tu vas mourir de froid. En plus d'être trempé, cette pièce est un congélateur ! »

Les deux garçons mourraient d'envie de dire plus mais Snape revint.

« Et ben heureusement que Blaise était là j'allais mourir de froid sinon.

- Draco, à qui crois-tu t'adresser ? A ton elfe de maison ? Va te changer et nettoie. Monsieur Zabini, vous avez terminé votre exercice ?

- Euh... presque, sursauta Blaise.

- Je l'ai empêché de travailler je demandais des nouvelles de sa sœur, dit Draco.

- Non, mais ça va, j'ai quasiment fini.

- Monsieur Malfoy, ma patience atteint ses limites. N'abusez pas de votre statut. Mettez-vous au travail. »

Les deux garçons retournèrent à leur occupation.

« C'est un torchon, monsieur Zabini. Une rature toutes les trois lignes ! Recommencez », entendit Draco du laboratoire.

Blaise soupira.

Il veut ma mort ! J'en suis sûr, il veut me tuer d'épuisement, songea-t-il en déroulant un troisème parchemin. Il se venge du fait que je sois pas parti.

Cette fois l'élève s'appliqua.

Ca sera faux mais propre au moins, pensa-t-il amèrement.

« Et au lieu de recopier bêtement l'autre parchemin, réfléchissez cette fois, gronda le professeur.

- A quoi ça sert de réfléchir sur un truc qu'on a pas compris ?, marmonna Zabini.

- Que faites-vous en cours à part rêvasser ?

- J'essaie de suivre, monsieur...

- Ca n'est pas suffisant il faut croire. Au travail ! »

Quarante-cinq minutes plus tard, Draco sortit du laboratoire et s'attela à la pièce principale. Comme Snape ne regardait pas, il glissa l'éprouvette avec sa potion de Sommeil ratée dans la poche de son pantalon.

« Je t'ai vu Draco, tonna le professeur sans même lever les yeux de son parchemin. Repose cette éprouvette. Tu t'es suffisamment drogué ces derniers temps il me semble. Pense donc à ta pauvre mère qui te chérie tant », conclut-il en imitant le ton doucereux de Draco une heure plus tôt.

Blaise, qui avait l'air désespéré sur sa copie, leva le nez.

Merde !, jura intérieurement Draco. Il a des yeux dans le dos ?

Il posa l'éprouvette où il l'avait prise en soupirant. Il déplia le parchemin froissé et le parcourut.

« Ca n'est pas très gentil, professeur Snape. Puisqu'on parle de ma mère, elle serait déçue que tu tortures Blaise. »

Inconscient du regard que lui jetait Blaise, regard voulant dire « S'il te plait, stop ! N'en rajoute pas ! », Draco poursuivit :

« Pourquoi le fais-tu recommencer alors qu'il a... juste ?

- Remettez-vous en cause mes méthodes d'enseignement, monsieur Malfoy ?

- Noooon, jamais je n'oserais. Mais... il pourrait rentrer s'occuper de sa sœur maintenant qu'il a réussi ces exercices-ci à moins que vous vouliez lui faire haïr les potions ?

- J'ai juste ?, demanda Blaise en posant sa plume. J'ai juste depuis le début ?

- Maman aime tant sa sœur, elle sera vraiment déçue quand elle saura. »

Snape l'empoigna par le bras et le poussa presque dans le laboratoire :

« Primo, cesse ton insolence. Pourquoi as-tu besoin de faire le… mariole devant ton… ancien petit ami ? Ici, je suis ton professeur, pas ton ami. Deusio… deusio n'en parle pas à ta mère.

- Je repars avec l'éprouvette alors, essaya de marchander Draco.

- Ne recommence pas. la prochaine fois, je serai sévère.

- Je savais qu'on pourrait s'entendre, sourit Draco en récupérant l'éprouvette.

- Dehors, Zabini ! », éructa Snape.

Sans hésiter ce dernier fourra ses affaires dans son sac et sortit en marmonnant tout de même un « bonsoir professeur ». Ce vieux corbeau était capable de le coller pour l'avoir oublié.

« Va crever en enfer, connard, lâcha-t-il assez loin de la salle pour ne pas être entendu.

Epuisé, énervé il n'avait qu'une hâte : rentrer se coucher. Au détour d'un couloir, il percuta Draco.

« Je sais pas ce qu'il a avec moi ! Finalement, je dois être numéro 1 sur sa liste noire. Il doit m'en vouloir pour... »

Pour toi, songea-t-il mais il ne le dit pas.

« Non il est désagréable avec tout le monde même avec moi mais je le cherche.

- D'accord, mais il veut ma mort, c'est pas possible autrement, c'est du harcèlement ! Toi tu fais les pires trucs et c'est à peine s'il hausse la voix. Je dis pas que c'est ta faute mais... mais… »

Sa voix mourut.

« Hé, ça va, lui demanda Draco.

- Non ça ne va pas ! Je peux pas croire qu'il m'a fait refaire trois fois ce putain de truc pour rien. Pour rien !

- Ca fait partie de notre training, nous les serpents la patience, essaya de relativiser Draco.

- Tout le monde sait que je suis pas un vrai serpent. Un serpent, ça crise pas ! Un serpent ça ne pleure pas ! Et toi, pourquoi tu es comme ça avec moi ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Qu'est ce qu'on s'est fait ?

- Comment "moi" je suis avec toi ?, répéta Draco qui n'avait pas compris que Blaise ne l'agressait pas. Cette rupture, elle vient de nous deux, ok ? Toi avec ton ultimatum infantile et moi... avec mon choix tout aussi infantile alors assume ta part de responsabilité.

- Je l'ai bien eue ma part de responsabilité ! Mais si ça peut alléger ta conscience, je vais assumer ça aussi, il n'y a pas de problème comme ça, tu peux récupérer ta vie d'avant sans aucuns remords.

- Attends ! J'y suis pour rien dans ce qu'il t'arrive ! Grandis un peu. Ouvre les yeux ! La vie n'est pas un roman qui finit bien ou si, ça peut bien finir mais c'est toi, et toi seul l'artisan alors arrête de pleurnicher et assume !

- Ca te va bien de faire le moralisateur... monsieur le chouchou du prof.

- Moi j'assume et tu ne sais rien de ma vie alors vis encore dans ton monde d'illusions et d'a priori.

- Si tu assumes si bien... c'est quoi, dans la fiole que tu caches dans ta poche ? Une autre drogue pour oublier tes malheurs ?

- De quoi dormir. Je suis éreinté et ne dors pas depuis plusieurs nuits je devais faire quelque chose.

- Vraiment ?, demanda Blaise, un peu adouci.

- Oui, répondit Draco e baissant le regard. J'en mélange avec une boisson le soir et je dors comme un ange après.

- Ca peut paraitre idiot de la part d'un enfant… mais ne fait pas de bêtises.

- Je sais que j'ai la belle vie par rapport à toi mais je veux juste un sommeil sans rêve", dit Draco d'une voie éteinte.

Un sommeil sans rêve… ça serait comme une vie sans toi, songea Blaise.

« Rentre, Ambre doit t'attendre

- Repose-toi bien, conclut Blaise.

- Oui, je devrais y arriver grâce à ça, dit-il en agitant l'éprouvette. Bonne soirée. »

Ils se séparèrent ainsi, chacun partant de son côté alors qu'ils avaient encore tant de choses à se dire.


Chapitre suivant et dernier : Sur la table ?