Crédits des personnages : JK Rowlings

Note : pour la musique que Blaise met, il y en a une très précise : la version instrumentale (avec les paroles c'est carrément nul) de "Thé à la Menthe" par La Caution. Celles/ceux qui ont vu Eleven 12 se rappeleront peut-être le passage où Vincent Cassel fait son petit show (assez réussi) de capoeira pour éviter les rayons infra-rouges

Termes anglais :
Snape : Rogue
Slytherin : Serpentard
Ravenclaw : Serdaigles
Hufflepuff : Poufsouffle


Sur la table ?

L'épisode dans la salle de Potions avait rapproché Blaise et Draco. D'abord, ce dernier était venu rendre le pull. Ambre l'avait invité à rester et lui avait fait la conversation jusqu'au retour de son frère, qui lui avait cours. La petite fille était remarquablement intelligente et moins étourdie que son frère. Ca avait été délicieux de discuter avec elle, elle s'intéressait à beaucoup de choses dont les Potions justement. Habilement, elle fit comprendre à son hôte qu'il serait un bien meilleur professeur en cette matière que Snape, peut-être devrait-il s'occuper de son frère pour les leçons particulières. Le Slytherin n'y vit que du feu et pensa que l'idée venait de lui lorsqu'il en parla à son parrain quelques jours plus tard.

La petite fille ne s'arrêtait pas là. Souvent elle demandait à Draco de venir pique-niquer le dimanche dans le grand parc de l'école, surtout avec le beau temps qui revenait. Blaise y était évidemment et sitôt le repas terminé, la petite fille partait courir ou cueillir des fleurs en laissant les deux garçons ensemble. Une fois, elle avait même réussi à ce qu'ils se donnent la main. Chacun la tenait par une main puis elle était partie d'un coup, sous prétexte qu'elle avait vu un écureuil, les laissant perplexes. Leurs mains s'étaient frôlées et ils s'étaient même embrassés… mais après avaient fait comme s'il ne s'était rien passé.

C'est dans ce climat de complicité retrouvée graduellement que les semaines défilèrent lentement, surtout pour Blaise qui travaillait davantage que les autres. En plus, les examens se rapprochaient et si Draco savait que jamais une fois il n'attraperait le Vif d'Or, il était bien placé pour obtenir de meilleurs résultats que Harry aux examens. En même temps, le Gryffondor n'avait jamais été un rival pour les études, Granger, si. Lui aussi étudiait donc.

Peut-être deux semaines avant les ASPIC, Draco, qui guettait comme chaque matin l'arrivée des deux Zabini, tiqua quand il vit le frère avec une musikosphère. Ils se saluèrent comme chaque matin. Blaise posa l'appareil sur la table et après un verre de jus de citrouille, il se déchaussa puis se leva.

« Si tu tiens vraiment à moi, il est temps de le montrer », dit Blaise avant de monter sur la table.

Du bout du pied il enclencha la musique. Aussitôt, il fit glisser sa veste et dénoua sa cravate, qu'il jeta à Draco.

Autour de lui, les conversations commencèrent à s'arrêter.

Putain, qu'est-ce qu'il me fait là ?, pensa Draco. C'est quoi ce plan ? Il est complètement fou !

Blaise continuait à se déhancher sensuellement sur la table en évitant habilement les corbeilles de fruits, de toasts et divers jus de fruit.

« Draco, fais quelque chose, tu es Head Boy, s'égosilla Pansy qui daigna enfin lui reparler. Il a suffisamment ruiné notre réputation. »

Mais Malfoy ne bougeait pas, mi-interloqué, mi-furieux. Jamais il ne s'humilierait devant tout le monde.

Au refrain, Blaise déboutonna les deux premiers boutons du haut.

C'est quoi ce plan . Il veut vraiment que je vienne ? Putain, il est canon quand même. Mais il croit vraiment que je vais le rejoindre.?, s'affolait Draco.

Blaise continuait à danser sur la table en dépit des affaires dessus qui ne semblaient pas du tout le gêner. Tout le monde le fixaient et certains applaudirent meme quand il exécuta à la perfection une roue arrière.

Draco desserra sa cravate. Il commençait à avoir chaud. La souplesse et la danse de Blaise lui faisaient envie. Il avait envie de l'étreindre et de lui faire l'amour jusqu'à ce qu'ils n''en puissent plus.

Je... ne... peux... pas..., pensa Draco.

« Je ne peux pas rester là !, dit-il en ôtant lui aussi ses chaassures et sa veste. Je l'aime, merde ! », continua-t-il en grimpant sur la table.

Dos à Draco, Blaise dansait toujours en se caressant le torse et les cheveux, les yeux clos. Il frémit en sentant Draco l'enlacer et suivre ses mouvements.

« Tu me rends dingue, Zabini », entendit-il au creux de son oreille.

Il rit. Il avait gagné. Draco avait gagné contre lui-même.

« Le psychorigide a même défait sa cravate », lui susurra encore Draco.

Après s'être encore un peu frotté, Blaise se retourna, un sourire radieux :

« Tu es monté ! Tu es venu !

- Je t'aime Blaise Zabini. Je t'aime Blaise Zabini, répéta Draco plus fort que tout le monde entende.

- Je t'aime aussi, tu sais. »

Ils continuèrent à danser l'un contre l'autre puis Malfoy proposa de montrer ce qu'était un vrai baiser.

Ils s'embrassèrent passionnément sous les sifflements des élèves.

Dumbledore leva les sourcils, se disant que parfois certains matins sortent de l'ordinaire et c'est plutôt... cool.

McGonagall en fit tomber ses lunettes.

Crabbe ne comprit pas et mangea ses céréales.

Les Slytherins ne dirent rien non plus, encore sous le choc.

Les Ravenclaw étaient bouches-bée.

Harry était mort de rire : il n'y avait pas pensé à celle-là... et avec un peu de bol, Malfoy serait –enfin- renvoyé après ça.

Creevey les prit en photos.

Ginny les envia. Hermione aussi : pourquoi Ron ne lui avait jamais fait une déclaration comme ça ?

Snape bouillonnait.

« Nous sommes le couple le plus sexy de Hogwarts », déclara Draco.

Ils s'embrassèrent à nouveau.

« Chéri, refais ta cravate, on va être en retard en cours, dit Draco en resserrant la sienne N'oublie pas que je dois… montrer l'exemple. »

Blaise éclata de rire et redescendit de la table, aidé par son prince. Il se rechaussa et se rhabilla.

Un gros brouhaha agitait encore la Grande Salle, les élèves réalisèrent vraiment ce qu'il s'était passé.

« Les septièmes années, tonna Draco à ceux de sa table, magnez-vous, vous allez être en retard. Ce qu'ils peuvent être... psychorigides ! dit-ils amusé en haussant les épaules. Je vais t'aider mon ange et puis... non, tu es tellement craquant avec ta cravate mal nouée, conclut Draco devant les efforts de Blaise pour faire un noeud correct. Et c'est comme ça que je t'aime.

- Draco... merci...

- Non... merci à toi, je vis. Je vis !

- Aller c'est pas tout ça mais j'ai oublié mes affaires de cours, moi je vais être encore en retard... à tout de suite mon bébé. »

Draco regardait son amour s'éloigner et quand il se retourna, il se retrouva nez à nez avec Snape.

« Ah ces jeunes, plaisanta Draco.

- M. Malfoy ! Qu'est-ce que signifie ces... demonstrations ?

_ Oh... la danse ? C'est si... monotone le matin. »

Si Draco était d'humeur badine, le professeur ne l'était pas. Il s'agissait quand même de son filleul, Head Boy, prince des Slytherins. Quel exemple donnait-il ?

« Parrain, ne fais pas cette tête.

- M. Malfoy, je ne vous permets pas ces familiarités en public. Vous serez aimable de me suivre dans mon bureau.

- Encore ? Mais... j'ai cours ! »

Snape l'attrapa par le col et le traîna jusqu'à son bureau.

« Hé doucement ! »

Arrivés devant le bureau, le professeur le relâchant on le poussant devant.

« Draco ! Je suis... Je suis très déçu par ton attitude... si désinvolte !

- Je veux… juste vivre.

- Tu n'as donc aucun respect pour la Maison que tu es censé représenter ?, hurla Snape.

- Si, justement. Je veux leur montrer que nous aussi on peut être "désinvoltes". Tu connais l'image des Serpents ? Un balai dans le cul et cruels ! Là nous sommes devenus… glamour grâce à nous deux. »

L'argument ne sembla pas convaincre le professeur dont le regard était toujours noir.

« Draco, ça n'est sûrement pas dans cet esprit... "glamour" que tu as été élevé. Tu as déshonoré ta Maison et ta famille.

- Tu sais comment j'ai été élevé à mépriser les autres, à me croire supérieur qu'eux, à les écraser, à les haïr. Voilà comment j'ai été élevé. Tu sais très bien que cette histoire d'"honneur" c'est de la merde. Je suis sûr que maman sera fier de moi. »

La colère s'évanouit du regard noir. Draco avait fait mouche.

« Pour la première je suis "moi". Pas ce que mon père voudrait que je sois, mon père est un psychorigide violent et intolérant. Le "moi" que maman aimerait.

- Ta mère... est une sentimentale…

- Oui c'est une sentimentale. Elle sera contente de savoir que je ne suis pas devenu comme Père.

- Draco, je ne peux pas approuver tes actes. Toutefois... sache que je suis... fier de toi.

- Merci !, dit Draco en lui sautant au cou mais le relâchant aussitôt, de peur de l'agacer davantage.

- J'aimerais qu'à l'avenir tu évites ce genre de... débordements, dit Snape en s'époussettant. Et ne répète à personne ce que je t'ai dit.

- Même à maman ?

- A ta mère, si tu veux je connais sa discrétion, grommella Snape. Ça va me valoir des remarques, ça...

- Oh mais tu aimes bien les remarques de maman. »

Snape rosit légèrement mais il se ressaisit en un éclair.

« Souvent j'aurais aimé que se soit toi mon père enfin, c'est toi que j'aime comme un père d'ailleurs. »

Le visage du professeur s'adoucit et il parvint à esquisser un vague sourire.

« Draco... je.. si j'avais eu ... un fils, j'aurais… j'aurais aimé qu'il soit comme toi.

- Y compris la danse sur la table ?

- Peut-être pas à ce point... mais c'était plutôt... inattendu, comme beaucoup de choses que tu fais en ce moment.

- Eh oui et l'année n'est pas terminée !

- N'y pense même pas ! À ce propos, même si votre petit numéro a amusé le professeur Dumbledore, je vais vous retirer 20 points à M. Zabini et toi pour comportement anarchique.

- La prochaine fois, on le fera torse nu, on pourra peut-être monter à 50.

- Draco !

- Je rigole, je rigole.

- Retourne en cours maintenant, lui dit Snape en ouvrant la porte de son bureau. Et ne recommence jamais ! »

Blaise attendait.

« Mon ange, t'es pas en cours ?

-Si mais... Professeur ? Euh... »

Zabini ne savait plus quoi dire. Snape le terrorisait avec son regard fou. S'il avait pu tuer du regard, il aurait un nombre incalculable de meurtres à son actif.

« C'est bon, mon Ange on a que 20 points en moins. 20 points ! Avec nos corps de rêve ça n'est pas cher payé !

- M. Malfoy ! N'abusez pas de ma... bienveillance et retournez en cours. Tous les deux vous avez fait assez de vagues aujourd'hui §

- Pardon... professeur Snape. Tu viens ?, demanda Draco en entrelaçant ses doigts dans ceux de son petit ami.

- Euh, merci, professeur, sourit timidement Blaise.

- Tu peux l'appeler « parrain » maintenant. A 3, on part en courant 1...2... 3. »

Draco l'entraîna dans les couloirs en courant et ils entendirent un « On ne court pas dans les couloirs ! » bien fort mais ils étaient déjà loin.

« Bande de gamins attardés, marmonna Snape avant de retourner dans ce bureau. Il avait vu le petit Creevey prendre des photos, il devait mettre la main dessus.

Blaise le ralentit :

« Cours pas comme ça, bébé, haleta-t-il.

- Il nous aurait tué

- Bon, on va peut-être y aller, non ?

- Je ne sais pas… On a déjà raté vingt minutes…

- Draco ! Il y a les examens dans quinze jours !, lui reprocha gentiment Blaise.

- Bébé, tu m'as chauffé là, ronronna Draco en jouant avec la cravate de son petit ami.

- Draco, je crois que... Arrête ça… »

Mais le seul effet que cela produisit fut qu'effectivement, Draco cessa de jouer avec la cravate de Blaise pour l'embrasser dans le cou en se frottant contre lui.

« On pourrait faire un cours... pratique.., proposa Draco, visiblement excité.

- On devrait y aller, le professeur Snape a déjàaahhh... »

Draco caressait son entrejambe et c'était difficile de rester de marbre.

« Dracoo... On devrait pas..., tenta-t-il pourtant.

- Tu as raison, dit Draco en suçant le lobe de l'oreille. On devrait pas… aller en cours. Je n'ai pas fini mon petit-déjeuner, moi… J'ai très faim. »

Blaise attira son visage vers le sien et l'embrassa passionnément.

« Draco... j'ai tellement envie de toi... Tu m'as manqué ! Allons-y ! »

Draco le prit par la cravate et se dirigea vers sa chambre.

« Attends, on va pas en cours ? T'es sérieux ?, demanda Blaise mi-amusé, mi-étonné.

- Pas toi ?

- Si, répondit l'autre sorcier, dans un souffle. Tu sais quoi? Snape va nous pulvériser, si on fait ça... pour de bon, cette fois ! Et ça va jaser à mort ! »

Cela ne l'empêcha pas de le suivre dans sa chambre.

- Parce que tu te soucies de l'opinion des autres ? gloussa Draco. Ne prends pas mes travers, chéri !"

- Je peux prendre autre chose, à la place ?, interrogea Blaise un brin allumeur.

- Ça dépend quoi. Tu peux me prendre…

- Je me demande par quoi je vais commencer...

- Prends-moi en entier.

- Oh, on va bien avoir besoin de la matinée, alors. »

Dans la salle commune du Donjon, ils furent hués et traités de noms pas très flatteurs.

Ils passèrent l'air de rien et Draco claironna que oui, ils allaient "baiser comme des bêtes".

A l'intérieur de sa chambre, Draco se colla dos à la porte :

« Monsieur Zabini, murmura-t-il en se déshabillant, éducation sexuelle aujourd'hui. Des travaux pratiques vous attendent.

- Tu vas m'apprendre à te faire hurler de plaisir ?

- Ma foi, pourquoi pas ? »

Draco s'allongea sur le lit et s'offrit.

Malgré tous les mensonges et les masques entre eux, cette fois, il pouvait s'abandonner, tout avait été dit.

« Bébé, il est temps de passer à table ! »


Epilogue (éclair) : Une nouvelle histoire ?