Salut les troupes !

Qui dit rentrée, dit Popolove qui vient vous embêter ! xD

Et oui, c'est malheureusement la fin des vacances et surtout de l'été, mais bon, dites-vous qu'au moins, vous quittez un sexy Edward torse nu en maillot de bain sur la plage ou la piscine, pour un sexy Edward complètement mouillé dehors sous la pluie automnale ^_^

C'est pas si terrible finalement ;)


Sachez que non, je n'ai toujours pas réussi à prendre de l'avance sur cette fiction, je l'écris à l'instinct et je poste dès que j'ai un chapitre de terminé. Je vois que tout le monde s'interroge sur le passé de tout le monde, mais qui est cette fille évoquée par Edward et Jasper ? Que s'est-il passé pour qu'Edward en arrive là ? Que s'est-il passé à Phoenix pour que Bella s'enfuie subitement à Chicago ? Pourquoi est-elle portée disparue ? Beaucoup de personnes ont raison sur plusieurs choses, je ne vous dis pas qui et sur quoi, car j'aime entretenir le mystère... ^^

Une chose est sûre, tout le monde a cru que la petite brune avec Jasper, était Alice. Et ben non, en réalité il s'agissait d'une petite dédicace à samiaCullen, ma Sam chérie, la fille la plus fan de Jasper/Jackson qui existe au monde xD J'avais seulement envie de lui faire plaisir en réalisant son rêve, à savoir coucher avec Jasper xD Donc voilà, pour toi ma Sam, pour te remercier de toutes les fois où tu m'as fait rire sur MSN =D


Ok, trêve de plaisanteries, et place au sexy killer de Chicago ^^

Mais d'abord, les remerciements =)

Donc merci à tout le monde pour vos reviews qui ont ensoleillé mes vacances !

Merci aux anonymes :

PrincetonGirl818, titine, Aulandra17, jennifer, Sophiebelier, shona, marion, Steephaniiie, Angelik, GOLDFISH, lily-rose, Ana, carlie swan, Lady-E, Mimia et Perlee HopeDestiny

Je remercie mon adorable Laure, alias Prout'seuh pour m'avoir bombardée mdr!

Sans plus attendre, je vous laisse avec ce nouveau chapitre, avec en prime, un passé révélé !

ENJOY !


Chapitre 3 : Confidences

Pov Bella

oO "Gabriel" Oo – Najoua Belyzel

« Et voilà ! » S'exclama Rosalie ravie, après avoir fini de remplacer toutes mes fringues par les siennes et les avoir toutes rangées. « C'était plutôt long, j'ai dû jeter tous tes vêtements à la corbeille. » Soupira-t-elle d'un ton las.

Je fronçai les sourcils, n'appréciant pas particulièrement le fait qu'elle veuille jeter mes vêtements. Déjà que je n'étais pas vraiment portée sur la mode et la coquetterie, si elle voulait me rendre plus élégante et présentable, elle allait avoir du fil à retordre. Je n'étais pas du tout le genre de fille à jouer les poupées Barbie, ni à faire des défilés de mode. D'autant plus qu'apparemment, j'étais condamnée à errer dans cet appartement, sans avoir le droit de sortir pour une durée indéterminée. Et puis j'aimais bien mes vêtements amples et sans forme. Ils me permettaient de me fonde dans le décor, de me rendre invisible aux yeux du monde entier, de passer inaperçue…

« Sérieusement, tu ne vas tout de même pas jeter mes affaires ? » M'exclamai-je ahurie. « Et si moi je les aime ? » Elle me regarda avec des yeux paumés, comme si ce que je venais de dire était digne d'une demeurée. Puis elle haussa les épaules.

« Il est hors de question que je passe mon temps avec une fille mal fringuée. » Répondit-elle simplement. Je levai les yeux au ciel.

« Mais de toute façon, je ne sors même pas de l'appartement ! A quoi ça va me servir de bien m'habiller ? » Fis-je remarquer.

« À te sentir bien dans ta peau. » Souligna-t-elle.

« Bien moi je me sens bien dans des vêtements difformes et trop larges. » Rétorquai-je. « Je n'ai jamais aimé soigner mon apparence. » Rosalie se tourna vers moi intriguée.

« Tu es vraiment bizarre Bella. » Observa-t-elle. « Toutes les filles, aiment attirer l'attention, normalement. »

« Et bien pas moi. » Affirmai-je. « Je préfère être personne, plutôt que quelqu'un qui fait tourner les têtes. »

Elle me sourit avec cet air qui voulait dire qu'elle était intéressée par mon point de vue.

« Et pourquoi donc ? » S'enquit-elle, visiblement curieuse de connaitre les raisons de mes préférences.

Je baissai la tête avec gêne vers mes mains que je triturais sur mes genoux, assise par terre, le dos appuyé contre le lit.

« Parce qu'au moins, quand personne ne te remarque, tu peux faire ce que tu veux sans que qui que ce soit n'y prête le moindre intérêt. » Je déglutis difficilement, sachant que j'allais en dire plus que je ne le devrais. Puis je relevai la tête avant de continuer. « Il est extrêmement facile de s'éclipser, de s'enfuir de quelque part, lorsque personne ne m'accorde de l'attention, que personne ne fait attention à ma présence. »

Elle me regarda avec des yeux incertains, comme si elle regrettait d'avoir amené la discussion à ce sujet. Elle a dû sentir elle aussi que l'ambiance s'était drôlement alourdie, puisqu'elle n'osait plus parler. Je lui fis un sourire encourageant, lui montrant que tout allait bien. Elle détourna les yeux, puis changea abruptement de sujet.

« Alors tu viens d'où ? »

« Phoenix. » Répondis-je maladroitement.

« Phoenix… » Répéta-t-elle dubitative. « L'Arizona. Pas vraiment la porte d'à coté. » Fit-elle avec un léger sourire amusé.

« Non en effet. » Confirmai-je. « Mais ça fait du bien de changer d'air. Enfin, quand tu ne te fais pas enlever par un tueur pour avoir assisté à un meurtre répugnant. » Ironisai-je. Elle rit brièvement.

« J'imagine que cette partie du séjour n'était pas vraiment prévue au programme. » Déduit-elle à la fois amusée et désolée. Je me mis à rire légèrement.

« Ça c'est le moins que l'on puisse dire. » Marmonnai-je acerbe.

« Et tu t'attendais à quoi en venant ici, toute seule, sans aucune attache, ni personne pour t'aider ? » Analysa-t-elle. Je me braquai.

« J'en sais rien. » Éludai-je, presque sur la défensive.

Je mettais déjà tous mes efforts dans ma tentative désespérée d'oublier, de m'extraire de toute pensée me rattachant aux derniers évènements de ma vie, là bas, à Phoenix, alors la dernière chose que je désirais était qu'elle ramène le sujet d'elle-même, me forçant à me replonger dans les abominables souvenirs, les pires de ma vie. Si seulement on pouvait trouver un moyen de m'effacer ma mémoire, de gommer toute trace de souvenir, d'estomper la douleur que le trou béant creusait dans ma poitrine, je saisirais cette chance sans hésiter. Peu importe ce qu'il me faudrait faire, j'étais prête à l'endurer. Pour oublier. Tout oublier.

« Écoute euh… désolée si je t'ai parue indiscrète, je n'aurais pas dû t'emmener sur ce sujet… » S'excusa-t-elle sincèrement.

Elle paraissait vraiment mal à l'aise, ce qui me fit culpabiliser. Elle essayait simplement d'être gentille, amicale et intéressée par moi. Et je gâchais tout avec mes stupides états d'âme et ma stupide incapacité à ne pas me remettre de mon malheur et avancer.

« Non, pas du tout. » M'empressai-je de répondre, ne voulant pas perdre le semblant d'amitié qui semblait s'être formé entre nous. Elle était la seule personne qui me rattachait à l'humanité. Ma bouée de sauvetage en quelque sorte, pour ne pas sombrer. « C'est moi qui m'excuse, j'ai tendance à tout dramatiser et me renfermer sur moi… disons que je ne préfère pas évoquer la raison de ma venue ici, ni le pourquoi du comment. Je suis désolée. » Fis-je avec de profonds remords.

« Non, tu n'as pas à… »

Elle fut interrompue par la porte qui s'ouvrait à la volée, laissant apercevoir un homme grand, brun, la carrure imposante ressemblant à celle d'un ours.

« Qu'est-ce que vous faites ? »

Cette voix… Je la reconnus, en même temps que son visage et son apparence baraquée. Aussitôt mon cœur émit des pulsations irrégulières, la sérénité laissant place à la frayeur et la panique, me faisant presque manquer d'air tellement je suffoquais. Le deuxième homme de la nuit dernière, celui qui m'avait fait d'énormes et douloureux hématomes sur mes avants bras, et qui m'avait assommée violemment.

Des spasmes me parcoururent le corps tandis que je me rappelais progressivement la brutalité dont il avait cogné ce pauvre homme. Cet homme était un barbare. Rien d'autre. Je respirais de plus en plus bruyamment, me recroquevillant dans le coin de la pièce, les genoux repliés contre moi-même et me balançant d'avant en arrière. Je ne faisais plus attention à ce qui se déroulait autour de moi, j'étais complètement emportée par ma propre terreur, qui obscurcissait ma vision et me coupait de mes sens. Je ne me sentis même pas trembler, ni émettre des sons apeurés provenant de ma bouche. J'ignorais d'où me venait cette crise de panique. Je n'en avais pas fait tout à l'heure quand l'autre… Edward…était apparu devant moi, ni quand il s'était transformé en véritable furie lorsqu'il avait appris qu'on avait lancé un avis de recherche afin de me retrouver, ni même quand il m'avait plaquée durement contre ce mur, me menaçant de me démembrer et de m'écarteler les doigts si je ne lui obéissais pas.

Alors pourquoi réagissais-je de cette façon avec ce grizzli ? Après tout ce n'était pas lui qui avait sauvagement descendu un type devant mes yeux. Peut être était-ce dû au fait qu'il était beaucoup plus imposant et donc, par la même occasion, beaucoup plus effrayant. Pour moi il ressemblait beaucoup plus à un monstre qu'autre chose. Autant le premier n'a pas le physique d'un meurtrier, bien au contraire je l'aurais plutôt vu jouer dans des films hollywoodiens ou poser dans des magasines ultra célèbres, vue sa beauté fascinante, et ses yeux d'un vert profond, qui attisent plus la curiosité et l'envoutement, plutôt que d'inciter la peur et la menace qu'un tueur incite, généralement avec son regard dur et inhumain. C'était sans doute pour cette raison que je n'avais pas fait de crise d'angoisse lorsqu'il était apparu dans la pièce à mon réveil. Autant là en l'occurrence, celui-ci n'avait aucun trait susceptible de me fasciner. Il ressemblait à un de ces catcheurs brutaux et dont la force est considérable. Ce n'était pas un homme, plutôt un surhomme je dirais, les énormes marques rouges sur mon bras pouvaient en témoigner.

Je sentis des bras m'entourer, des mains me secouer, pour me ramener à la raison et au moment présent.

« Bella ? »

Une voix m'appelait. Féminine.

« Bella, tu m'entends ? »

Je reconnus celle de Rosalie, à travers ma frayeur. J'avais beau essayer de me calmer, je n'y arrivais pas. Je continuais de me balancer comme une enfant qui vient de faire un horrible cauchemar. Ce n'était d'ailleurs pas si éloigné de la vérité en y réfléchissant bien. À la différence que le cauchemar est réel, que c'est ma vie, qui est un cauchemar.

« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » Criait-elle à je ne sais qui. Probablement celui qui est la cause de ma réaction.

« Moi ? Mais rien du tout ! Je viens tout juste d'arriver. »

C'était une énorme voix tonitruante qui avait parlé. Je ne la reconnus pas, elle me paraissait bien trop lointaine. En même temps, je ne distinguais pas grand-chose, ma vision était complètement brouillée, de même pour mon ouïe.

« Ah oui alors comment tu expliques une telle réaction lorsqu'elle t'a vu ? » Répliqua-t-elle sarcastique.

« J'en sais rien ! Je suis juste venu voir ce qui vous prenait autant de temps dans la chambre parce que je poirote dans le salon depuis une heure. » Se justifiait cette même voix bourrasque.

Cette fois elle me parvint plus claire et précise et je la reconnus comme étant la voix de l'homme qui était la cause de mon état traumatisé. Un frisson me parcourut l'échine et un couinement s'échappa de ma bouche.

« Bella… calme-toi. » C'était la voix de Rosalie qui avait résonné dans l'air, tandis que ma vue s'éclaircissait peu à peu et que je me rendis compte que c'était elle qui me frottait les épaules et me secouait légèrement. « Chut… il ne te fera aucun mal, calme-toi. »

Je n'y arrivais pas, j'avais beau essayer de revenir à la raison, tout ce que je parvenais à faire était de gémir faiblement tout en continuant à me balancer.

« Qu'est-ce qui se passe ici ? » Tonna une voix différente des deux autres.

Étrangement, je n'eus aucun mal à reconnaitre cette voix. Elle provenait de mon ravisseur qui était parti plus tôt. Je n'eus, pour mon plus grand étonnement aucun mal à le distinguer dans l'entrebâillement de la porte, près de l'autre grizzli. Aussitôt ma panique repartit de plus belle.

« Bella, Bella calme-toi ! » Répéta Rosalie, me secouant plus fortement.

J'avais fermé les yeux avec une certaine pression et mis mes mains devant mes oreilles, comme pour ne plus avoir à entendre ni voir le moment présent.

« Bordel, quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il lui arrive ? Je vous laisse seuls dix minutes et vous trouvez le moyen de me la foutre dans cet état là ? » S'emportait le fameux Edward, me faisant trembler par le niveau d'élévation de sa voix.

Mes mains appuyaient plus fortement sur mes oreilles, ma bouche se pinçait et ma tête s'abaissait vers mes genoux, comme pour se cacher.

« Arrête de crier bon sang ! » S'écria Rosalie. « Tu vois pas que tu la terrorises encore plus qu'elle ne l'est déjà ? »

J'entendis un soupir puis un silence.

Avec de profondes réserves, j'ôtai lentement mes paumes de main de mes oreilles, espérant que le silence continuerait. Mais ce fut un horrible bourdonnement qui résonna, me faisant mal aux oreilles. Ce bourdonnement était probablement dû à la pression que j'avais exercée avec mes mains, puisqu'au fur et à mesure, il diminua, laissant place à nouveau à un silence apaisant. Ma respiration se fit moins bruyante, les pulsations de mon cœur se calmèrent pour devenir plus régulières et plus posées, mon souffle se fit moins erratique, j'avais retrouvé peu à peu mon calme. Je me décidai à ouvrir les yeux, clignant des paupières plusieurs fois le temps de m'habituer à la luminosité. Ma vue laissa place à Rosalie, matérialisée devant moi qui me regardait avec inquiétude. Derrière elle, se trouvait Edward qui avait les sourcils froncés. Je m'empressai de détourner le regard, trop peureuse pour affronter ses pupilles d'un vert étonnamment sombre. À coté de lui, se trouvait le type baraqué qui m'effrayait au plus au point, en train de se gratter l'arrière de la tête.

« Bella, tu vas bien ? » S'enquit la blonde avec un profond intérêt.

Sa façon de se préoccuper de moi ressemblait plus à celle d'une mère qu'autre chose. Je ne pouvais pas dire que ça me faisait plaisir, mais ça ne me faisait pas de mal non plus. J'hochai la tête, n'arrivant pas à formuler quoi que ce soit.

« Qu'est-ce qu'il lui a pris ? » Redemanda Edward une nouvelle fois.

Je me demandais s'il s'inquiétait vraiment de mon état psychologique et de santé, où si c'était pour lui qu'il s'inquiétait. C'est vrai après tout, c'était déjà suffisamment difficile pour lui de retenir une pauvre fille captive chez lui, alors si en plus cette fille était névrosée et atteinte psychologiquement, ça lui causerait un plus gros problème dans les pattes. C'était surement ça. Il était juste égoïste. Une personne telle que lui se devait d'être égoïste et de ne pas se préoccuper des autres. Moi-même, je ne devrais même pas avoir à me préoccuper de ce qu'il pense.

« Elle a fait une crise de panique lorsqu'Emmett est entré. » Expliqua Rosalie. « Je vous conseille de vous en aller. »

Edward jeta un coup d'œil à celui que je supposais être le mari de Rosalie, puisqu'elle m'avait dit qu'il s'appelait Emmett. Ce dernier avait un regard hésitant en ma direction, comme s'il n'avait pas l'habitude de susciter une telle réaction. Pourtant, étant un tueur il devrait avoir l'habitude d'être craint de la sorte. Pourquoi était-il étonné alors ?

« Viens Emmett, on y va. En plus Aro voulait nous voir. »

Il avait dit ça sur un ton sans réplique, qui voulait clairement dire qu'il ne lui laissait pas le choix. Dans le fond je le remerciais, car je ne supportais vraiment pas la présence de cet ours immonde. Je savais que je n'allais pas tarder à sombrer à nouveau et perdre mes moyens. Le dit Emmett hocha la tête, et après avoir accordé un dernier regard à Rosalie, avant de me fixer avec un air désolé, Edward le tira vers la porte et la referma, me laissant enfin seule avec Rosalie.

Celle-ci soupira avant de me regarder avec un air de profond désarroi et de sollicitude. Elle se faisait vraiment du souci pour moi, je pouvais le deviner aisément, ce que je trouvais plutôt étonnant dans la mesure où nous venions tout juste de nous rencontrer et de faire connaissance. Elle me caressa la joue avec appréhension, craignant sans doute le fait que je la repousse violemment, alors que ce n'en était pas du tout mon attention.

« Viens, assieds-toi sur le lit. » Dit-elle en me prenant par les épaules délicatement pour me relever.

Elle me fit asseoir doucement, avant de m'allonger, posant ma tête sur les oreillers, comme on s'occupe d'un enfant de huit ans. Elle s'assura que j'étais bien installée avant de prendre place à côté de moi, en s'allongeant à son tour. Elle me fixait d'un air sérieux et grave, comme si elle s'apprêtait à parler de quelque chose d'important.

« Il faut que tu arrêtes d'avoir peur, Bella. » Lâcha-t-elle avec un air de compassion.

« Et comment veux-tu que je n'aie pas peur d'eux ? » Rétorquai-je tristement. « Tu as vu qui ils sont et ce qu'ils font ? » Accusai-je.

Elle roula des yeux, apparemment exaspérée par mon attitude.

« Ce que je t'ai dit tout à l'heure n'a-t-il donc servi à rien ? » Émit-elle d'un ton las. Je baissai les yeux. « Je t'ai dit qu'ils n'étaient pas des monstres. C'est ce qu'ils font qui l'est. »

« Désolée mais je ne suis pas d'accord avec toi. » Contredis-je, l'énervement montant soudainement à l'intérieur de moi, et s'emparant de moi. « Les gens sont responsables des actes qu'ils commettent, ils sont représentatifs de leurs actions. Si ce qu'ils font est monstrueux, alors ils sont tout simplement des monstres. » Crachai-je avec venin.

Rosalie soupira, puis ferma les yeux silencieusement. Elle cherchait une raison pour me contredire. Personnellement, je n'en voyais aucune. J'étais certaine que mon point de vue était le bon. J'attendis donc qu'elle daigne me contrer et trouver quelque chose pour défendre son avis. Pour les défendre. Surtout lui, l'homme de sa vie. Elle rouvrit les yeux, et me sonda d'un regard impénétrable, et en même temps, plein de profondeur.

« Pas forcément. » Murmura-t-elle avec ce que je décernais comme étant de la douleur dans sa voix. Elle avait la bouche pincée, comme si elle était sur le point de remettre sur le tapis, une chose qu'elle avait enfouie vigoureusement pendant longtemps. « Si les actes qu'ils commettent ne sont pas de leur plein gré, qu'ils y sont contraints et forcés, alors ils n'en sont peut être pas si représentatifs que ça, tu ne crois pas ? » Observa-t-elle en haussant un sourcil inquisiteur. (N/Yoro: Oula, ça sent le dossier, tu nous en dis plus Rose?)

Je fronçai les sourcils, réfléchissant à ce qu'elle venait de me soumettre.

« Euh… oui peut être mais… »

« Tu ne t'es jamais demandée ce qui poussait quelqu'un à exécuter les ordres de quelqu'un, sans le vouloir, ni être d'accord ? » Me coupa-t-elle avec détermination.

« Qui te dit qu'ils ne sont pas d'accord avec ça ? » Fis-je remarquer suspicieuse.

« Ils le sont. Je le sais, je les connais. » Répondit-elle sûre de ce qu'elle avançait.

« Dans ce cas pourquoi est-ce qu'ils le font ? » M'emportai-je, haussant la voix plus que nécessaire dans cette pièce où nous n'étions que deux, allongées sur un lit. « S'ils n'aiment pas obéir aux ordres de ce type dont j'ai oublié le nom, pourquoi n'arrêtent-ils pas ? Et pourquoi l'ont-ils fait en tout premier lieu ? »

Rosalie me regarda avec des yeux recelant d'un sentiment de triomphe.

« C'est justement la question que tu aurais dû te poser depuis le début, au lieu de tout de suite te braquer. » Fit-elle, un sourire satisfait au coin des lèvres. « Mais après tout je comprends, tu as dix sept ans, tu es jeune, tu crois encore à la limite du bien et du mal, sans penser qu'il peut y avoir un juste milieu. Ta réaction est tout à fait légitime. »

Je fronçai les sourcils, vexée de la façon dont elle me jugeait sans me connaitre.

« Qu'est-ce qui te fait penser que je n'ai encore rien vécu et que je ne connais strictement rien à la vie ? » M'offusquai-je avec désobligeance, tentant de réfréner ma douleur intérieure et ma peine en la dissimulant derrière mon énervement. Elle secoua la tête.

« Je n'ai pas dit que tu n'avais rien vécu, Bella. » Objecta-t-elle. « J'ai dit que tu n'étais encore qu'une enfant, qui penses que sur Terre, il y a les bons et les méchants d'un coté. Tu refuses de voir les choses telles qu'elles le sont, que dans un monde, rien n'est ni tout blanc, ni tout noir. » Je levai les yeux au ciel, mais ne relevai pas. « Mais de ce fait, oui j'estime que tu ne connais pas encore grand-chose à la vie. » Conclut-elle simplement, sans aucune trace de dénigrement ni de critique dans ses propos, ce qui eut le don de m'exaspérer et m'énerver encore plus.

« Mais enfin là on parle de meurtriers Rosalie ! » M'écriai-je ahurie. « Tu peux me dire ce qu'il peut y avoir de bon en eux ? » Elle lâcha un soupir, avant de se relever rapidement.

« C'est pas vrai ! » Râla-t-elle. « A chaque fois que tu commences à admettre mon point de vue, il faut que tu changes d'avis deux minutes après. Mais réfléchis Bella ! » S'énerva-t-elle. « Le fait qu'il ne t'ait pas tuée hier, et que par conséquent, il t'ait sauvée la vie, ça ne te suffit pas ? » Mes yeux s'écarquillèrent et je la regardai la bouche ouverte, avant de me relever en position assise à mon tour.

« Oh, alors il faut que je le remercie, c'est ça ? » Répliquai-je avec sarcasmes. « Il assassine des gens, il me séquestre ici, il me menace, mais le fait qu'il me garde en vie, ça change tout et prouve qu'il fait preuve d'une bonté extraordinaire, c'est ça ? » Elle émit un rire bref, avant de reprendre son sérieux.

« J'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi buté que toi. » Avoua-t-elle avec un rictus sur les lèvres. « Mais malheureusement, tu viens de tomber sur pire que toi, à savoir moi. » Sourit-elle. « Et si je dois te raconter des choses dont tu ne devrais pas être au courant pour me faire entendre raison, alors je le ferai. »

J'entrouvris la bouche de surprise, étonnée par ses dernières paroles. On ne se connaissait même pas. Elle n'avait pas à me confier quoi que ce soit.

« Rosalie, tu ne me dois absolument rien, tu n'as pas à me raconter quelque chose que tu ne veux pas, juste pour me faire admettre ton point de vue. »

« Je ne le fais pas pour toi, ni pour moi Bella. Je le fais pour mon mari. » Déclara-t-elle avec résolution.

Je restai silencieuse, touchée qu'elle veuille se confier à moi alors que nous venions à peine de nous rencontrer. Je n'avais pas l'impression d'être le genre de personnes à inspirer confiance aux autres. Mais peut être était-ce parce que je n'avais jamais été proche de quelqu'un, hormis ma mère, pour avoir affaire à ce genre de confidences. Peut être que j'étais ce genre de personnes, sans le savoir. J'étais aussi touchée par tout ce qu'elle faisait, uniquement pour l'homme qu'elle aime. Depuis tout à l'heure elle le défendait, et maintenant elle s'apprêtait à me faire des aveux et des révélations, seulement pour lui, pour que je le voie d'un autre œil. Elle devait vraiment l'aimer plus que n'importe qui, pour faire tout ça, par amour pour lui. Fermer les yeux sur ses actions criminelles, le défendre envers et contre tout, agir pour son bien…

Soit elle était une fille extrêmement noble et droite, soit elle était inconsciente et aveuglée par l'amour qu'elle lui portait. Je ne la connaissais pas encore très bien, mais je pense qu'elle était surement les deux à la fois. Elle prit une profonde inspiration, avant de se lancer.

« Ne dis à personne que je t'ai raconté ça, d'habitude je n'en parle à personne, et je ne pense pas qu'Emmett approuverait que je dévoile la partie de sa vie dont il est le moins fier. » Fit-elle avec amertume. J'hochai la tête avec aplomb.

« Je me vois mal aller lui faire la causette, de toute façon. » Plaisantai-je maladroitement. Elle rit brièvement.

« Oui c'est sûr. » Avoua-t-elle amusée. « Enfin bref, tu as dû entendre la dispute que j'ai eue avec Edward tout à l'heure, avant que tu n'arrives, n'est-ce pas ? » Je tentai de me rappeler vaguement des voix énervées que j'avais entendues, quand j'étais dans la salle de bain.

« Un peu. » Émis-je faiblement. « Il me semble que ça avait un rapport avec ton mari, mais je suis arrivée seulement quand vous parliez de moi. » Rosalie sourit et hocha la tête.

« En vérité j'étais en colère parce qu'Edward l'avait fait boire hier soir. » M'apprit-elle.

« De l'alcool ? » M'enquis-je un peu perdue.

« Non, de l'eau béta ! » S'exclama-t-elle amusée.

« Excuse-moi, c'est vrai que ma question était stupide. » Murmurai-je désolée. Elle roula des yeux. « Mais en quoi est-ce que c'était mal qu'il le fasse ? » Demandai-je déroutée. Elle détourna les yeux avec embarras.

« Emmett a longtemps fait partie des alcooliques anonymes. » Déclara-t-elle, avec une pointe d'amertume.

J'ouvris la bouche, puis la refermai.

« Tu veux dire qu'il a été alcoolique ? » M'étonnai-je.

Elle hocha la tête et je me sentis mal. Mal car je l'obligeais à repenser à ça, à quelque chose qui lui faisait beaucoup de mal. J'étais une vraie hypocrite en réalité. Car je la contraignais à me parler de ce qui la heurtait et la blessait, alors que moi, je refusais d'évoquer ce qui me bouffait de l'intérieur, la partie sombre de ma vie qui faisait que j'avais quitté ma ville natale.

« Je suis désolée. » Murmurai-je désolée. Elle sourit.

« Tu n'as pas à l'être, je ne le connaissais pas encore, lorsqu'il était vraiment dépendant de l'alcool. » Me rassura-t-elle. « Au contraire, je l'ai connu lorsqu'il essayait d'arrêter justement. »

« Pourquoi est-il devenu dépendant de l'alcool ? » M'enquis-je intéressée.

« A cause de ce qu'il vivait chez lui, à la maison. Vois-tu, depuis qu'il est tout petit, son père battait sa mère devant lui. » Débuta-t-elle d'une voix faible. « Son père était un buveur invétéré, il trompait sa mère ouvertement, et il n'hésitait pas à carrément ramener ses conquêtes à la maison, chez lui, quand Emmett et sa mère étaient là. » Je restai choquée devant une telle information. (N/Yoro: Sympa le père…)

« C'est horrible, de la part d'un père. » Fis-je atterrée. Elle haussa les épaules dédaigneusement.

« Si seulement il y avait que ça… » Soupira-t-elle. « Il ne s'occupait jamais de son fils, et c'est Emmett qui devait s'occuper de sa mère lorsqu'il la trouvait inconsciente, pleine de sang. Il ne pouvait pas l'emmener à l'hôpital parce que le père refusait que sa femme ne sorte de la maison. Un jour, il a fini par carrément refuser à Emmett la permission de sortir, si bien qu'il ne faisait plus qu'aller à l'école. Et lors de ses seize ans, Emmett ne supportant plus les cris, les violences conjugales, l'état pitoyable dans lequel il trouvait sa mère, il a commencé à s'interposer entre eux deux pour se prendre les coups. Il en avait marre de voir sa mère souffrir et se détériorer sans pouvoir rien faire. Ça a duré un moment, à chaque fois que le mari s'en prenait à sa femme, Emmett arrivait pour se faire battre à sa place. » Elle prit une bouffée d'air, reprit son souffle, et continua.

« Mais un jour, alors qu'il était absent, parti à l'école, son père s'est déchainé sur sa mère sans s'arrêter. Et quand Emmett est rentré à la maison, il a surpris son père en train d'asséner un énième coup. La tête de sa mère a cogné contre la pointe du meuble de la cuisine et elle s'est ouvert le crâne. Elle a fait une hémorragie cérébrale et est morte sur le coup car il aura refusé de l'emmener à l'hôpital. Emmett a essayé maintes fois de le raisonner ou de se ruer sur le téléphone, mais son père l'a enfermé dans la cave, le temps que sa mère se vide de son sang complètement. Il a ensuite jeté le corps dans la cave et Emmett est resté à coté du cadavre de sa mère toute la nuit, pleurant sans jamais s'arrêter. » (N/Yoro: C'est horrible *pleure*)

Je ne pipais mot de tout ce qu'elle venait de me dire. C'était tout bonnement monstrueux. Comment un tel homme pouvait faire subir ça à son propre enfant, et pire, à sa propre femme ? Pas étonnant que le fils ait mal tourné. Je fus prise d'une profonde compassion envers ce tueur qui m'avait effrayée tout à l'heure, ce qui m'étonna, puisque je ne devrais pas être compatissante et triste pour un meurtrier. Mais finalement, je reconnaissais que Rosalie avait eu raison tout à l'heure.

« Tu as raison. » Murmurai-je, les larmes coulant silencieusement, à cause de ce qu'elle venait de me raconter. « Tout n'est ni tout blanc, ni tout noir. Il a vraiment vécu moments traumatisants, qui l'ont fait devenir comme ça. » Rosalie secoua la tête de négation.

« Ce n'est pas à cause de ça qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui. » Contredit-elle. « Mais merci de reconnaitre que j'avais raison. » Sourit-elle avec une tristesse dans les yeux.

Ça devait vraiment lui faire du mal de parler de ça.

« Écoute, tu n'as pas à continuer, on peux s'arrêter là. » Confiai-je en lui caressant le bras maladroitement, ne sachant pas vraiment comment faire pour la réconforter.

« J'ai dit que j'allais t'expliquer pourquoi il était devenu un assassin, et là je t'ai juste raconté ce qui l'avait poussé à boire. » Objecta-t-elle, imperturbable. « Laisse-moi finir, s'il te plait. » Pria-t-elle, l'air suppliant. J'hochai la tête et demeurai silencieuse, l'écoutant attentivement. Elle prit son courage à deux mains et entreprit de continuer.

« Après ça, son père l'a formellement interdit de sortir de la maison, il l'a retenu séquestré, afin qu'il ne puisse pas s'échapper pour aller trouver la police. Emmett a dû exécuter ses moindres demandes, et c'est sur lui que son père a fini par se défouler puisque sa mère pourrissait dans la cave, morte. Il passait tout son temps dans sa chambre, voulant être oublié. Un jour, alors que son père était ivre mort sur le canapé, il tenta de s'échapper, en vain. Toutes les portes et fenêtres étaient condamnées. Il tomba sur une bouteille qui n'était pas encore vide, et c'est là que sa dépendance a commencé. Il a bu la bouteille, espérant que ça l'aiderait à oublier. Et ça marcha, donc il continua. Chaque fois que son père se ramenait avec des tas de bouteilles d'alcool à la maison, il trouvait le moyen d'en piquer et de boire en cachette. Il buvait pour oublier. Sa mère morte, son père monstrueux, les coups qu'il subissait quotidiennement, et sa vie merdique. »

« Puis la roue a fini par tourner. Son paternel a fini par faire un coma éthylique sur son canapé et Emmett en a profité pour cogner à la porte comme un dératé. Il a fouillé les poches de son salaud de père et a fini par trouver son portable. Il a réussi à composer le 911 et la police est arrivée. Il leur a montré le cadavre pourri de sa mère dans la cave, recouvert d'une bâche. Il n'a pas eu besoin de beaucoup leur parler, toutes les traces d'hématomes et de bleus qu'il avait sur lui étaient hyper visibles. Il a été confié à une assistante sociale, sauf qu'il venait tout juste d'avoir ses dix huit ans et qu'il était impossible pour lui d'aller dans une famille. Il a dû se débrouiller par lui-même, en trouvant le premier boulot qu'il a trouvé. Le problème était que sa dépendance à l'alcool n'avait toujours pas diminué, au contraire elle amplifiait. Il ne s'agissait pas d'un cas courant, où c'est un ado qui passe son temps à boire pour s'amuser. Non là c'était encore pire. Ça a duré des années, à partir de ses dix sept ans, jusqu'à ses vingt et un ans. C'est sa voisine qui l'a retrouvé ivre mort dans son petit appartement miteux et qui a appelé les secours. »

« Peu de temps après ça, il a dû aller consulter un psy et a décidé d'arrêter complètement. Il est allé chez les alcooliques anonymes et c'est là qu'il m'a rencontrée. » Finit-elle en murmurant la dernière phrase, comme si elle espérait que je ne l'entende pas.

J'ouvris la bouche d'incrédulité, tandis que l'information parvenait à ma tête, et que la vérité s'imposait peu à peu à moi.

« Rosalie… » Fis-je choquée et en même temps, désolée. « Tu veux dire que… »

« Oui Bella. » Coupa-t-elle en confirmant mon hypothèse. « Oui, j'ai moi aussi été dépendante à l'alcool. »

Je ne sus que répondre à ça. Jamais je ne me serais attendue à une telle révélation venant d'elle. Cette magnifique femme, qui avait tout pour elle, avait un jour sombré. Comment ?

« Je… je ne sais pas quoi dire. » Bafouillai-je, prise au dépourvu et attristée. « Je suis désolée. » Elle me regarda avec curiosité.

« Pourquoi es-tu désolée avant même que je ne t'aie expliqué la raison de ma dépendance ? » Remarqua-t-elle égayée.

« Ben… » J'entortillais mes doigts avec embarras, tout en les regardant pour ne pas avoir à la regarder elle. « Tu as surement dû vivre quelque chose de dur toi aussi, pour te réfugier dans l'alcool comme l'a fait Emmett. » Répondis-je avec peine. Elle fixa un point au loin derrière moi, avant de me répondre.

« La même chose que lui. » Lâcha-t-elle sans émotion.

Mes yeux s'élargirent, au point de devenir ronds comme des soucoupes. Mon visage devint horrifié et elle s'empressa de me rassurer.

« Non non, rassure-toi je n'ai pas vécu exactement la même chose. » Dit-elle rapidement. « Mais disons que ça se rejoint. »

« Comment ça ? » Demandai-je avec inquiétude.

« Et bien… avant de rencontrer Emmett, j'étais déjà mariée à quelqu'un d'autre. Un certain Royce King. » M'apprit-elle en crachant son nom.

Je gardai la tête baissée, la compréhension se fit peu à peu dans mon cerveau.

« Je crois comprendre… » Soufflai-je pour moi-même.

« Ce n'était pas autant que la mère d'Emmett. Je veux dire, il me laissait sortir, et lorsqu'il me trompait, ce n'était pas à la maison. Il ne me frappait pas autant, seulement quand il était énervé. Il buvait aussi, pas mal même. Mais personne n'était au courant de ce qu'il me faisait. »

« Mais c'est quand même intolérable ! » M'exclamai-je, outrée qu'elle le défende malgré tout. « Pourquoi n'en as-tu parlé à personne ? »

« Pour tout mon entourage, Royce était un époux parfait, et je n'osais pas leur dire la vérité. J'avais également peur de lui et en même temps… je l'aimais. Ou plutôt, j'aimais l'idée de ce que je me faisais de l'amour. » Précisa-t-elle. « Alors je fermais les yeux. Et pour oublier ma vie minable, je me suis mise à boire. »

« Exactement pour les mêmes raisons qu'Emmett. » Conclus-je, profondément sonnée par tout ce qu'elle me disait.

« Tu sais Bella, la plupart des alcooliques boivent pour les mêmes raisons. Parce qu'ils veulent oublier quelque chose. Bien sûr, ce n'est pas une généralité pour tout le monde et beaucoup ne le font pas pour ça. Mais c'est quand même souvent le cas. On boit pour oublier. Quelque chose en particulier, ou tout simplement notre vie qui ne vaut pas le coup. »

J'hochai la tête, ne sachant pas trop quoi dire là-dessus. Je devrais peut être faire pareil moi aussi, si ça permet d'oublier… Mais je doute que ce soit une solution.

« Et donc vous avez fini par vous rencontrer aux alcooliques anonymes. » Revins-je au sujet précédent.

« Un beau jour, j'ai décidé d'arrêter. J'ignore comment, mais je ne me supportais plus. Même si sur le moment, l'alcool nous fait oublier, ça ne disparait jamais complètement et au final, tu n'oublies rien du tout. Au contraire, ta vie te rappelle à l'ordre encore plus durement. Donc j'ai voulu me faire aider. En plus, les séances que je passais chez les alcooliques anonymes me permettaient d'être moins à la maison. Même si ça m'aidait beaucoup, je n'arrivais pas à décrocher. Je finissais toujours par rechuter. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai toujours eu énormément de mal. »

« Et puis Emmett est arrivé à son tour. On a beaucoup parlé lui et moi. On a vite sympathisé et rapidement, j'ai fini par tomber amoureuse de lui. On a entretenu une relation pendant plusieurs mois. Il a mis du temps avant de me parler de lui. Et lorsqu'il m'a raconté toute son enfance, je lui ai parlé de moi. Ça l'a rendu fou. Il comparait ce que je vivais avec ce qu'avait vécu sa mère. Plusieurs fois il a tenté de me convaincre de m'enfuir ou de porter plainte, mais je refusais, j'avais trop peur. Mais il m'a promis de veiller sur moi, et j'ai décidé de prendre la fuite pour partir avec lui. Il était convenu que je porterais plainte une fois que je serai loin de lui. Mais la jour où j'ai voulu partir, Royce est rentré plus tôt à la maison. Emmett était là, à m'aider à faire mes affaires. Royce n'a pas voulu me laisser m'en aller et une dispute a éclaté entre les deux. Emmett s'en est pris violemment à lui, comme s'il souhaitait se défouler pour sa mère et pour moi à la fois. Ils se sont battus et Royce a fini par sortir un pistolet. Emmett a réussi à s'en emparer et lui a tiré dessus, sans se rendre compte qu'il l'avait fait. »

Elle prit une grande inspiration, ayant du mal à parler, ce que je comprenais tout à fait. Moi-même j'étais horrifiée par tout ce que j'entendais depuis tout à l'heure. Ils avaient tous les deux connu l'Enfer. Soudainement, ma petite vie minable et ce que j'avais vécu à Phoenix, me parurent bien maigres et futiles comparés à ce que eux, ils avaient vécu. Je n'osais pas demander ce qu'il s'était passé ensuite, car je trouvais qu'elle m'en avait déjà bien assez dit. Je n'aurais pas dû être au courant de tout ça. Nous n'étions même pas encore amies.

« Je ne lui en ai jamais voulu pour avoir tué Royce. Il cherchait tout simplement à se défendre, et à me défendre par la même occasion. Après l'avoir tué, il était complètement désemparé. Il m'a emmenée chez lui, dans son petit loft miteux mais la culpabilité lui rongeait les ongles à longueur de temps. Il avait même peur d'aller en prison, car le meurtre de Royce King passa à la télévision. J'essayais de le raisonner, mais moi-même, j'avais peur. Je ne voulais pas qu'il se fasse arrêter, et pourtant, je savais que ça allait finir par arriver. La police penserait que c'était moi, puisque je m'étais enfuie, et finirait par remonter jusqu'à lui. De plus, nos moyens étaient véritablement restreints. Je ne travaillais pas, car je refusais de sortir de chez lui pour me faire repérer et ainsi, lui causer des problèmes. Il croulait sous les dettes, tout en étant inconsolable d'avoir abattu un type. »

« Mais enfin ce n'était qu'un accident ! » Protestai-je. « Et puis cet homme était un salaud. En plus, Emmett avait vécu tellement de choses avant ça, c'est normal ! » Rosalie me regarda avec un sourire surpris.

« Mais dis-moi Bella, c'est que tu en serais carrément venue à défendre un meurtrier à ce que je vois. » Fit-elle remarquée avec amusement.

Je détournai la tête, étonnée. À parler de tout ça, j'en avais carrément oublié qu'il était avant tout un assassin. Rosalie déteignait sur moi… Je soupirai en haussant des épaules avec désinvolture.

« Peu importe. » Éludai-je. « Et puis c'était bien ce que tu voulais, non ? »

« Tout à fait. » Affirma-t-elle.

Un silence pesant se créa dans la chambre. Je n'osais parler, et elle réfléchissait. Contre toute attente elle poursuivit.

« Nous étions désespérés lorsqu'il est venu le trouver. » Annonça-t-elle en un soupir.

Je fronçai les sourcils d'incompréhension.

« Qui ça ? » M'enquis-je. Elle secoua la tête avec amertume.

« Aro Volturi. » Cracha-t-elle avec du venin dans la voix.

Mon sang se glaça soudainement dans mes veines, à mesure que je me rappelais de ce nom que j'avais entendu à plusieurs reprises de la bouche d'Edward. C'était lui qui les embauchaient pour assassiner des gens.

« Pourquoi est-il venu vous voir ? » Demandai-je.

« Pour lui proposer du travail. » Déclara-t-elle dégoutée. « Il lui a dit qu'il savait ce qu'il avait fait à King, que ce n'était pas de sa faute, et que il pouvait l'aider à l'innocenter auprès de la police. Emmett fut au départ soupçonneux, mais Aro a lui a certifié qu'il pouvait innocenter lui et moi d'un claquement de doigts, et que nous n'aurions jamais aucun problème. Emmett a accepté, sans même savoir ce qu'il voulait en échange. Il aurait dû. »

Elle marqua une pause, tandis que je devinais facilement la suite.

« Le lendemain, la police a annoncé qu'elle avait trouvé le coupable du meurtre de Royce. Emmett fut tellement heureux de cette nouvelle là, qu'il ne se demanda même pas comment Aro avait fait. Tout ce qui importait à présent était de le remercier. Aro est revenu le soir même, il l'a rassuré en lui disant que le type que la police avait envoyé en taule était déjà un tueur qui n'attendait qu'à être arrêté et que ce n'était pas un innocent. Il lui a ensuite dit qu'il avait du travail pour lui, capable de lui donner plus d'argent qu'il n'en gagnera jamais. Lorsqu'Emmett a appris ce que c'était, il a catégoriquement refusé, refusant d'être un meurtrier. Aro a cru bon de lui rappeler qu'il en était déjà un, et il l'a fait chanter, lui disant qu'il était très bien capable de lui reprendre ce qu'il lui avait donné, à savoir l'innocence. Emmett n'a pas eu d'autre choix que de se plier. Et depuis près de trois ans, il fait ce travail, se résignant à exécuter tout ce qu'Aro lui disait de faire, à cause d'un chantage. C'est Edward qui l'a formé dès le début. Il était déjà dans le métier depuis quelques années et ils sont rapidement devenus des amis, lorsqu'Emmett s'est rendu compte qu'il était comme lui et qu'il ne faisait pas ça par plaisir. Je ne suis pas sensée être au courant de tout ça, si Aro l'apprend, il me fera surement tuer. Mais Emmett n'a jamais pu me cacher quoi que ce soit, et je n'ai jamais pu le quitter pour ce qu'il fait. C'est indépendant de sa volonté, et je l'aime trop pour lui en tenir rigueur. La preuve, j'ai même accepté de l'épouser en sachant ce qu'il était devenu. »

Je restai une minute silencieuse et songeuse. Ainsi donc, Emmett était innocent en fin de compte. Dans un certain sens, il avait juste été piégé. C'est sûr que je ne le regarderai plus de la même façon… J'en étais même désolée pour lui. Je trouvais cela affreux, alors qu'il voulait juste s'en sortir.

« Comment a-t-il entendu parler de vous ? » Fis-je avec frayeur.

« Je l'ignore. » Dit-elle avec franchise. « C'est pareil pour Edward. Ils ignorent tous comment Volturi les connait. Aro vient juste les trouver un jour, trouve un moyen de les faire chanter, et les force à travailler pour lui. »

« Rosalie je… je suis sincèrement désolée. » J'avais les larmes aux yeux de tout ce qu'elle me disait, ce qu'elle remarqua.

« Tu pleures ? » Remarqua-t-elle choquée. Je lui fis un maigre sourire.

« N'y fais pas attention, j'ai toujours été trop émotive. » Dis-je en reniflant disgracieusement et en essuyant mes larmes du revers de ma main.

« Tu vois ? Finalement j'ai réussi à te faire changer d'avis. » Sourit-elle.

« Je… je ne voyais pas du tout les choses comme ça. » Murmurai-je tristement. « Je pensais qu'il faisait ça parce que ça lui plaisait et qu'il… n'avait pas de cœur. » Terminai-je avec culpabilité. Elle hocha la tête compréhensive.

« Ça se comprend Bella. Comme je te l'ai dit, tu es jeune, tu places tous les meurtriers dans le même sac, les considérant comme des monstres. Beaucoup le sont, je te l'accord. Mais certains ne le sont pas, ils font ce qu'ils font pour s'en sortir. »

« Pourquoi m'avoir raconté tout ça ? » M'enquis-je abasourdie. « Je… nous venons à peine de nous rencontrer, tu ne me connais même pas et… je trouve ça étrange. » Elle me regarda avec un sourire au coin des lèvres.

« Je pense que si tu dois passer quelque temps ici, il y a des choses dont tu devrais être au courant, pour t'aider à le supporter. Et puis si je ne l'avais pas fait, tu n'aurais jamais admis que tu te trompes et que j'ai raison. » Fit-elle fièrement.

« Merci. » La gratifiai-je sincèrement. « Merci de me faire confiance. »

« Pas de quoi. Et peut être qu'avec le temps, tu seras à même de me faire confiance à ton tour. »

Je baissai la tête, honteuse en sachant que je n'étais pas prête de parler de moi à qui que ce soit. Rosalie dût le comprendre car elle revint au sujet principal.

« En tout cas je suis contente que tu ne les voies plus comme des monstres sans cœur. »

Je relevai la tête, m'apprêtant à lui poser la question qui me brulait les lèvres.

« Et Edward ? Qu'est-ce qui lui est arrivé pour en arriver là ? »

« J'ai faim. » Changea-t-elle abruptement de sujet. « T'as pas envie de manger après tout ça ? » S'exclama-t-elle en se relevant du lit.

J'ignorais si elle avait fait exprès d'éluder ma question, ou si elle ne s'en était pas rendue compte, mais j'estimais qu'elle m'en avait bien assez dit pour une seule journée. Je ne voulais pas pousser ma chance, plus en avant.

« Un peu si. » Répondis-je, un peu forcée.

« Viens, on va se faire cuire un truc. » Déclara-t-elle en m'incitant à la suivre.

Je me levai à mon tour et partis dans la même direction qu'elle, oubliant momentanément ma curiosité maladive.

...

Pov Edward

« Qu'est-ce que c'était que ça ? » Demanda Emmett dérouté, tandis que nous roulions dans sa Jeep, en direction du QG. J'haussai les épaules.

« Tu as bien vu comme moi, Bella était complètement effrayée dès qu'elle t'a vu. Tu la terrorises. » Lui appris-je.

« Mais enfin pourquoi ? Qu'est-ce que j'aie fait de mal ? » S'étonna-t-il vexé.

« C'est peut être ta carrure. » Supposai-je. « Ou alors c'est surement parce que la veille, tu l'as tout de même bien brutalisée en lui broyant les bras et en l'assommant. »

« C'est toi qui m'as demandé de l'assommer. » Rappela-t-il bougon.

« Gare-toi, on y est. » Éludai-je.

Il s'exécuta et nous sortîmes de la voiture avec nonchalance, oubliant momentanément l'existence de Bella, ainsi que son attitude fuyante. Nous nous dirigeâmes vers l'entrée du club appartenant à notre patron. Marcus le videur nous salua d'un hochement de tête et nous laissa passer sans problème. Nous y pénétrâmes et découvrîmes sans surprise, qu'il était déjà bien animé alors qu'il était assez tôt. Des stripteaseuses étaient déjà en train de se déhancher autour des barres et quelques clients étaient déjà là, en train de bander de façon répugnante. Nous contournâmes la piste et allâmes en direction du bar.

« Salut Laurent. » Dis-je en direction du serveur qui était en train d'essuyer des verres.

« Masen, McCarthy. » Salua-t-il. « La forme ? »

« Comme d'habitude. » Répondis-je. « Aro est là ? »

« Il vous attend. Black est avec lui. » Informa-t-il. Je réprimai un soupir de déception et le remerciai d'un hochement de tête avant de me diriger en direction de la porte réservée au personnel, Emmett à ma suite.

Aro a toujours tenu à ce que les rendez-vous se fassent à l'arrière de son club, afin de ne pas éveiller les soupçons dans des endroits insolites. Au moins ici, il pouvait tout contrôler, n'importe quel mouvement de n'importe qui. Même son personnel était surveillé comme pas permis. Aro Volturi était quelqu'un d'extrêmement prudent, c'est pour cette raison que la police et le F.B.I n'ont encore jamais réussi à le coincer. Il est dans les fichiers de tous les commissariats, de nombreuses tentatives d'infiltrations et de coups ont déjà été tentées par les forces de l'ordre afin de le prendre en flagrant délit. Mais aucun n'aura été concluant. Aro Volturi était le mafieux le plus craint et respecté de tout l'État de l'Illinois.

Nous nous engouffrâmes dans la pièce et fûmes bombardés de fumée, comme toujours. Aro était assis sur son fauteuil spacieux, un cigare à la main, le visage dissimulé par la fumée, où seule sa silhouette avec son chapeau italien était visible. Nous reconnûmes plusieurs personnes dans la pièce, notamment Felix, son neveu et potentiel successeur, James qui rentrait apparemment de mission, ainsi que Jacob, son nouveau protégé et également celui qui m'horripile. Dès que la fumée se dégagea de son visage et qu'il nous vit, un sourire se fit sur ses lèvres.

« Ah ! Mon duo préféré ! » S'exclama-t-il chaleureusement. « Je vous attendais justement. »

Emmett et moi nous regardâmes avec un sourire amusé. Nous savions tous les deux parfaitement qu'il n'était pas sincèrement content de nous revoir. Il nous attendait simplement pour nous confier un nouveau travail.

« Pour hier… » Annonçai-je en feignant l'indifférence. « Tout s'est passé comme prévu. » Mentis-je avec un masque impassible sur le visage.

« Oui, c'est ce que Jacob m'a dit. Et maintenant que Yorkie est mort, c'est son héritage qui me revient ! » Fit-il triomphant, un sourire de satisfaction sur la bouche.

Je jetai un coup d'œil à Black qui se trouvait debout à côté d'Aro et qui me fixait à la fois avec crainte, et avec menace. Je lui assénai un regard noir pour lui intimer de ne pas la ramener et de dire quoi que ce soit. Je n'avais pas du tout confiance en lui et je devais avouer que j'avais plutôt appréhendé ce moment, priant pour qu'il n'ait rien balancé à Aro. Heureusement pour nous qu'il ne l'a pas fait d'ailleurs. Aro reprit la parole, sans remarquer notre échange de regard silencieux.

« Mais assez parlé du passé. Ce qui compte, c'est le présent. Et j'ai justement quelque chose pour vous, les gars. »

« On t'écoute. » Répondit Emmett qui n'avait jusque là, pas pris la parole une seule fois.

« Felix, James, laissez-nous. » Ordonna le patron.

Ces deux là hochèrent la tête et partirent sans un mot, nous laissant tous les quatre en privé. Aussitôt seuls, Aro reprit la parole avec sérieux.

« J'ai une transaction qui est sensée avoir lieu au Port au coucher du soleil, avec un certain Lorenzati. » Déclara-t-il de sa voix basse, comme s'il craignait que qui que ce soit de suspect ne l'entende, alors que nous étions seuls dans la pièce et que c'était lui qui contrôlait toutes les caméras du club.

« Quelle substance ? » S'enquit Emmett.

« Cocaïne. » Répondit Aro. « Voilà le plan. Le contenu est intégré dans les tubes de lait en poudre, au fond du sac de sport à côté de moi. Vous vous ramenez avec le sac, et eux se ramènent avec une mallette de cent milles dollars en liquide. Vous faites la transaction et vous me revenez ici pour me ramener le pognon. Si vous voyez la moindre action ou le moindre mouvement suspect, n'hésitez pas à tirer. Vous emmenez le petit avec vous et veillez à ce qu'il ne fasse pas d'entrave. Tout est ok ? »

« Où est-ce qu'il faut se rendre une fois arrivé au port ? » M'informai-je.

« Juste en dessous du pont. Ils seront plusieurs donc vous les repérerez facilement. »

« Très bien. On y va tout de suite. » Annonçai-je.

Emmett vint récupérer le sac de sport qui trônait dans un coin de la pièce et Jacob s'avança vers nous, s'arrangeant pour se trouver à une distance assez éloignée de moi. Je fis signe à Emmett d'y aller et il acquiesça.

« Pas si vite ! » Héla le boss dans notre dos. « Jacob, attends-les dehors, j'ai deux trois trucs à leur dire. » Jacob hocha la tête avidement.

« Bien patron. » Dit-il avant de s'éclipser, nous laissant avec Aro.

« Qu'y a-t-il ? » M'enquis-je en dissimulant mon appréhension.

Je commençais à avoir peur de ce qui allait suivre. Peut être Aro était-il au courant de l'existence de Bella ? Et si Jacob avait cafté ? Dans ce cas Emmett et moi pouvions faire nos adieux, nous ne sortirions pas de cette pièce avant d'avoir été transformés en cadavres. Je regardai Emmett du coin de l'œil et pus constater qu'il était dans le même état d'esprit, c'est-à-dire anxieux à l'idée qu'Aro ne découvre la vérité.

« Je voulais vous parler d'un truc important. » Dit-il en se levant, pour aller reprendre un nouveau cigare sur une table.

« À quel sujet ? » Demanda Emmett, toujours pas rassuré. Aro alluma son cigare en nous tournant le dos, puis se retourna pour nous regarder, tout en faisant des ronds avec la fumée qui sortait de sa bouche.

« J'ai l'impression qu'il y a un indic parmi mes troupes. » Déclara-t-il impassible, tandis qu'on le regardait effarés.

« T'es en train de dire qu'une taupe serait infiltrée ici dans le but de te faire tomber ? » M'inquiétai-je à l'idée de me retrouver en prison, un de ces jours.

« J'en suis sûr. » Confirma-t-il avec des yeux extrêmement sérieux.

Emmett et moi nous regardâmes, légèrement apeurés et d'un commun accord, je posai la question qui nous brûlait les lèvres.

« Mais qui ? »

Aro se mit à rire de façon brève et dénuée d'amusement.

« Si je le savais, il ne ferait plus partie de ce monde. » Fit-il remarquer, presque vexé. « C'est justement que j'aimerais découvrir. Si je vous en parle, c'est parce que je sais que vous êtes tous les deux écartés de tout soupçons et vous êtes les seules en qui j'ai réellement confiance, si on omet mon cher neveu. Et je compte sur vous pour ouvrir l'œil et me rapporter ce que vous trouverez de soupçonneux. »

« On vous le promets, Patron. » Assura Emmett avec aplomb. Je devinais qu'il était rassuré de voir que cela ne nous concernait pas.

« Bien. » Fit Aro satisfait, ayant eu exactement ce qu'il attendait de nous.

« Pourquoi ce ne serait pas Jacob Black ? » Proposai-je dédaigneusement. « Après tout il est nouveau… et puis je n'ai jamais réussi à le sentir. »

« Non, il ne s'agit pas de Jacob, j'en suis certain. » Réfuta Aro. « Maintenant filez, et n'oubliez pas de me rendre des comptes. » Congédia-t-il. Nous hochâmes la tête et partîmes sans un mot.

Jacob nous attendait, à l'extérieur du club, apparemment anxieux. Dès qu'il nous vit, il vint à notre rencontre avec appréhension.

« Alors ? » Demanda-t-il avec crainte. Je fronçai les sourcils.

« Alors quoi ? » Répliquai-je, agacé rien qu'avec sa présence à coté de moi.

« Bah qu'est-ce qu'il vous a dit ? » Questionna-t-il avec curiosité. J'émis un rire bref, dénué d'amusement, puis le fixai avec un regard glacial.

« Tu crois vraiment qu'on va te mettre au parfum ? » Lâchai-je froidement. « Tu te crois où ? Dans un salon de thé ou à l'épicerie du coin ? On n'est pas là pour jouer les commères et papoter. On bosse ensemble, rien de plus. » Il pâlit, avant de se recomposer un masque dénué d'émotion.

« Mais est-ce que ça concernait la fille ? Parce que si c'est ça, je suis en droit de savoir. » S'inquiéta-t-il.

« Tu n'as aucun droit, aucun ! » M'énervai-je. « Et puis réfléchis, bon sang ! Tu crois vraiment qu'Emmett et moi aurons parlé de la fille à Aro ? Tu penses vraiment qu'on serait encore là pour en parler si c'était le cas ? T'es vraiment idiot ma parole ! Le seul moyen pour qu'Aro l'apprenne est que tu nous balances. » Il soupira et leva les yeux au ciel.

« Je ne vois pas pourquoi je t'aurais balancé. Je tiens à ma peau. » Fit-il avec désinvolture. Je m'approchai de lui et le dardai d'un regard menaçant, lui intimant de ne pas me planter de coup dans le dos en lâchant la bombe à notre boss.

« Et tu as intérêt à continuer à garder ta langue dans ta poche, sinon c'est de moi que tu auras les chocottes, et non du boss. » » Prévins-je avec une haine non dissimulée à son encontre.

Il déglutit bruyamment, avant de me darder d'un regard glacial, presque menaçant.

« N'oublie pas que c'est moi qui tiens ta vie entre mes mains, Masen. Je parle, tu meurs. Alors je te conseille d'arrêter de me faire des menaces si tu veux pas finir comme toutes ces personnes que t'as déjà zigouillées. » Susurra-t-il entre ses dents, espérant sans doute me faire peur.

Je le regardai quelques secondes silencieusement, avant de lui empoigner le col et de le plaquer contre le mur le plus proche, sans délicatesse. Il gémit à cause du choc tandis que je sortais rapidement mon arme de la poche intérieure de ma veste et la collais sur sa jugulaire sans ménagement.

« Et si je te foutais une balle en plein dans la cervelle, qu'est-ce que t'en dis ? » Proposai-je avec un sourire montrant clairement que je trouvais cette idée plus qu'alléchante et que je ne m'en priverai pas. Il me lança un regard noir, sans toutefois masquer la légère appréhension que je pouvais lire dans ses prunelles sombres.

« Bah alors tue-moi. » Provoqua-t-il d'une voix venimeuse. « Mais qu'est-ce que tu diras au boss ? » Fit-il remarquer. « Quelle excuse tu lui serviras pour m'avoir liquidé ? T'auras jamais le cran de le faire. » Je fis cogner sa tête contre le mur avec violence, La colère s'emparant progressivement de moi.

« Ne me tente pas, Black ! » M'emportai-je soudainement. « Je n'ai pas peur d'Aro, à la différence de toi. Et je n'hésiterai pas à te descendre si j'en ai envie, peu importe ce que le boss pourra dire ou non. » Crachai-je acide.

Je vis son regard changer du tout au tout et passer de la provocation, à de l'appréhension. Il perdait son assurance, laissant place à de la crainte et de la frayeur. Il cligna des paupières avant de prendre une bolée d'air, comme pour se donner le courage de parler.

« C'est bon j'ai compris. » Chuchota-t-il, la voix presque enrouée. « Je ne parlerai pas de la fille, je te le promets. Lâche-moi maintenant. » Pria-t-il avec des yeux limite suppliants.

Je le sondai du regard, tentant de déceler avec précision la moindre parcelle de mensonge dans ses pupilles effrayées. À mon plus grand bonheur, je n'en trouvai point. Il avait décidé d'être sincère et loyal. Je décidai alors de le relâcher à contre cœur, car malgré tout, nous n'étions certainement pas là pour régler nos comptes.

« Très bien. » Clôturai-je le débat en relâchant les pans de son blouson brusquement et en m'écartant de lui soudainement.

Il s'essuya légèrement, remettant son blouson correctement, sans doute pour sauver le peu de dignité qu'il lui restait. J'entendis Emmett soupirer de soulagement derrière nous.

« Est-ce qu'on peut y aller maintenant ? Je vous rappelle qu'on a une livraison à faire et j'en ai marre de vos conneries. » Râla-t-il excédé. Je tournai la tête vers lui pour hocher la tête.

« Je conduis. » Annonçai-je sur un ton sans réplique. Emmett me regarda outré.

« Mais c'est ma Jeep ! » Se plaignit-il. J'haussai les épaules d'indifférence.

« C'est moi le chef ici. Alors si j'ai envie de conduire, bah je conduis. » Emmett leva les yeux au ciel, avant de grogner de déception et de rendre les armes.

Nous nous dirigeâmes vers la Jeep garée non loin, et j'obligeai Jacob à s'asseoir à l'arrière à coté du sac plein de la marchandise. Je démarrai en direction du port, mettant la radio pour éviter de devoir avoir une conversation avec Black. Emmett ne disait rien, se contentant d'émettre des sourires amusés. Le trajet jusqu'au port fut rapide, contrairement à Jacob je n'avais pas besoin d'une carte pour trouver mon chemin. Nous prîmes la sortie qui nous conduisit sous le pont, où deux berlines noires étaient garées. Au loin, des bateaux étaient amarrés. Je me garai un peu plus en retrait, préférant avoir une certaine distance entre eux et nous. Je coupai le contact, avant de soupirer.

« Bien alors je pars devant, Emmett tu couvres Jacob et toi Black, tu restes derrière nous et tu amènes le sac. C'est clair ? »

Emmett hocha la tête, à l'instar de Jacob sur la banquette.

« Et s'ils nous roulent ? » S'enquit ce dernier.

« C'est pas pour rien qu'on a des flingues. » Rétorquai-je simplement. « A la moindre entourloupe, on les rate pas. » Crus-je bon de signaler, avant d'ouvrir ma portière et de m'extirper de la Jeep.

J'entendis Emmett claquer sa portière et Jacob la sienne, muni du sac de sport. Je verrouillai la voiture avant de lancer les clés à mon ami qui les rattrapa à la volée. Je partis devant, sachant que les deux autres me suivaient.

Ils étaient cinq.

Vêtus de lunettes noires et d'un costume deux pièces. Ces gars là avaient le profil même de mafiosos propres sur eux, en apparence. Aucun doute que ce Lorenzati qui les avait envoyés devait être un grand mafieux italien, au même titre qu'Aro. Sauf que sa réputation était beaucoup plus à faire que celle d'Aro dans le métier. Trois étaient adossés à l'une des berlines, en retrait. Les deux autres étaient debout devant moi, les bras croisés durement, nous attendant de pied ferme. Une fois arrivé sous le pont, je pris soin de rester à une distance assez éloignée, conservant un certain périmètre de sécurité. J'avais un mauvais pressentiment. Je sentis Emmett dans mon dos qui couvrait les arrières du petit. J'avais beau ne pas aimer Jacob, j'avais pour mission de le ramener en vie, alors je mettrai tout en œuvre pour protéger ce gamin. Il était donc hors de question que je le laisse sans sécurité, surtout face à des types pareils, qui ne feraient qu'une bouchée de lui.

L'un des deux hommes de devant jeta un coup d'œil à son complice avant de me toiser impassiblement.

« Vous venez de la part d'Aro Volturi ? » Se renseigna-t-il. J'inclinai légèrement la tête en guise de réponse.

« Où sont les cent milles dollars ? » Demandai-je sans une once de sympathie.

Le gars tourna la tête vers les trois hommes derrière lui, adossés à la voiture. Il claqua des doigts et les trois se relevèrent en se dirigeant vers le coffre. Quelques secondes plus tard, ils revinrent avec une mallette. Celui du milieu la tenait, les deux autres l'escortaient. Je commençais à trouver ça louche qu'il y ait autant d'hommes pour cette transaction. D'accord, cent mille dollars de coke, ce n'était pas rien. C'était même beaucoup. Mais tout de même, autant d'hommes, c'est justement ce qui attire l'attention. Soit ce Lorenzati est trop idiot pour ne pas se soucier d'attirer l'attention des flics, soit il y a anguille sous roche.

Le gars du milieu apporta la mallette aux deux hommes devant nous et le premier la pris avant de me regarder.

« La marchandise. » Réclama-t-il. Je secouai la tête.

« L'argent d'abord, ensuite on négocie. » Réfutai-je. Il me fusilla du regard intensément et je fis de même, durant quelques secondes interminables.
Lorsqu'il se rendit compte que je n'avais pas l'intention d'en démordre et que je ne me laissais pas démonter, il capitula. Il tendit la mallette à l'homme qui était à coté de lui et après lui avoir fait un signe de tête, ce dernier se dirigea vers moi d'un pas méfiant. Une fois à une distance assez proche, il me tendit la mallette d'un bras dans un geste symbolique et je la pris sans le lâcher du regard, malgré la présence de ses lunettes noires.

« Emmett… » Appelai-je en tendant la mallette derrière moi. Celui-ci s'empressa de la prendre et de la poser à plat au sol, afin de l'ouvrir pour la vérifier.

Pour ma part, j'avais le regard rivé vers le type devant moi. Quelque chose n'allait pas. Mon instinct ne me trompait jamais. Et là en l'occurrence, il me disait que nous étions en train de faire une connerie en marchandant avec ces types. Lorsqu'Emmett ouvrit la mallette, nous eûmes la bonne surprise de voir qu'elle était remplie de plusieurs liasses de billets.

« Cent milles dollars tout rond. » Annonça celui qui depuis le début, dirigeait les opérations de l'autre coté.

Je restai songeur. L'argent était bien là. Alors qu'est-ce qui clochait ? Si ce n'est pas une arnaque, qu'est-ce que c'est ? J'inspectai leurs tenues que je trouvais peu adéquates, bien trop conventionnelles et tape à l'œil. Non, décidément, ce Lorenzati ne connaissait rien au monde du trafic. Il faisait son style dans le cliché, comme avec ce qu'on voit dans les films, alors que la réalité était tout autre. On aurait dit… un pauvre type qui veut jouer les mafieux en utilisant ce qu'il a vu à la télévision et dans les bouquins. Je continuais à les observer avec méfiance, tandis qu'Emmett me regardait, attendant mes directives. Tout en gardant un œil sur l'homme face à moi qui semblait impatient, j'hochai la tête pour lui dire que c'était bon.

« Jacob ! » Appelai-je.

Celui-ci s'avança avec le sac, d'une démarche un peu mal assurée. Il vint à ma hauteur, me regardant avec interrogation, se demandant surement s'il devait tendre le sac ou non. En temps normal, j'aurais donné mon autorisation depuis longtemps et la transaction aurait déjà été terminée. Mais là je ne le sentais pas. Quelque chose me titillait, ma voix intérieure me soufflait que ce n'était pas normal. Ces hommes de main étaient beaucoup trop parfaits et sûrs d'eux, pour que cela n'attire pas mes soupçons. Ils étaient beaucoup trop irréprochables et impeccables pour être vrais.

Je fis un signe de la tête à Jacob pour lui intimer de faire la transaction, malgré mes doutes persistants. Jacob me regarda avec hésitation et incertitude tandis que j'observais les hommes en retrait. Si le premier ne m'indiquait rien de soupçonneux, peut-être que les autres seraient moins consciencieux. Black s'avança vers le type et avec lenteur, lui tendit le sac, tandis que le type qui se trouvait à coté attirait mon attention. Lorsque je réalisai qu'il était en train de sortir un pistolet de sa poche, je compris que mon instinct ne m'avait pas trahi et que j'avais eu raison de me méfier.

« Jacob non ! » M'alarmai-je alors que le type s'apprêtait à s'emparer du sac.

Aussitôt Jacob recula, lâchant le sac, étonné, tandis que je dégainais mon flingue en même temps que l'autre gars. Je lui tirai dessus avant même qu'il n'ait eu le temps de se servir du sien. Il s'effondra au sol, tandis que les trois autres accouraient vers lui paniqués. L'homme devant Jacob et moi se retourna, choqué et horrifié, vers le mort en ôtant ses lunettes de son visage, tandis que je pointais mon arme sur lui, avant qu'il ne puisse réagir. Il reporta son attention vers moi avec surprise et appréhension.

« Tu bouges et t'es un homme mort. » Menaçai-je entre mes dents.

Les trois autres hommes, accroupis autour de leur coéquipier qui se vidait de son sang avaient tous la tête tournée vers moi avec crainte.

« On se calme. » Tenta l'homme debout face à moi. « Tuer un de nos hommes ne faisait pas partie de notre accord. »

« Les règles ne s'appliquent plus lorsque l'un d'entre vous s'amuse à sortir une arme. » Susurrai-je haineusement, mon revolver toujours pointé sur lui, entre les deux yeux. « Emmett… » Ordonnai-je en penchant la tête brièvement.

Ce dernier s'exécuta et alla vers les trois hommes qui étaient au sol et ne pipaient mot. Il brandit deux pistolets de l'intérieur de sa veste et les pointa sur eux sans ménagement, paré à tirer dès que je lui en donnerai l'ordre. Jacob s'était vite reculé avec la mallette, véritablement apeuré par le déroulement des évènements.

« Quelqu'un peut m'expliquer ce que c'est que ce foutoir ? » S'exclama ce dernier en se tournant vers moi avec perplexité.

« Ce qu'il y a, c'est qu'on s'est fait rouler. » Répondis-je acerbe.

« C'est complètement absurde ! » S'écria le type que je menaçais de descendre. « On vous a passés le fric, pourquoi on vous aurais dupés ? »

« Dans ce cas pourquoi avoir tenté de brandir un flingue ? » Rétorquai-je remonté.

« Vous vous méprenez, vous avez dû mal comprendre… »

« Ne me prends pas pour un con, je suis à deux doigts de t'envoyer au pays des rêves. » Crachai-je, piqué à vif. « À genoux, les mains sur la tête. » Ordonnai-je. Il ne fit aucun mouvement pour m'obéir, ce qui me fit perdre patience. « Grouille-toi ! » M'écriai-je sans réplique. Il sursauta de frayeur, puis se mit à genoux devant moi, les mains à l'arrière de sa tête. « Emmett, fouille-les. » Clamai-je fermement.

Celui-ci effectua ce que je lui avais demandé et commença à fouiller l'un des trois assis par terre, le deuxième flingue pointé sur les deux autres. Après l'avoir sauvagement dépouillé, il en sortit une plaque démontrant clairement que le mec appartenait au F.B.I. Je fermai les yeux puis soupirai, énervé.

« Des flics ? » M'exclamai-je ahuri. « On s'est fait avoir par des flics ? »

« Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » Murmura Jacob atterré. Dans le genre tétanisé, on ne pouvait pas faire pire…

« J'arrive pas à croire que ces connards soient du F.B.I. » Fit Emmett abasourdi.

« Écoutez. » Annonça le type devant moi. « Abaissez vos armes, on peut négocier… »

« Toi tu la fermes ! » Hurlai-je en lui assénant un coup de cross de revolver sur la tête avec virulence. Il émit un gémissement de protestation, avant de s'écrouler au sol, inconscient.

« Espèce de fumier ! » Jura l'un des trois autres en faisant un geste pour sortir son arme.

Aussitôt, je pointai mon neuf millimètres sur lui et tirai par deux fois, visant bien le cœur. J'entendis les cris affolés venant des deux autres types encore éveillés et susceptibles de nous nuire.

Finalement Aro avait raison, il ne s'était pas trompé lorsqu'il a dit qu'un indic était surement infiltré parmi ses hommes. Seul l'un d'entre nous pouvait avoir renseigné les flics de cette façon. En temps normal, jamais la police n'arrivait à approcher Aro d'aussi près, il les repérait à des kilomètres à la ronde. Lorsque quelqu'un ne jouait pas franc jeu avec lui, il le flairait tout de suite. Les différents trafics qu'il faisait, tous étaient avec des personnes qu'il estimait digne de confiance pour ne pas qu'il s'agisse d'un coup fourré, comme ça l'était maintenant. Le nom Lorenzati n'avait été qu'une couverture, montée de toute pièce par le F.B.I qui a tenté de le coincer aujourd'hui. Et si ce sale con n'avait pas fait l'erreur de sortir son pistolet avant la transaction, nous aurions été piégés. Emmett, Jacob et moi aurions été conduits tout droit en prison, et interrogés pendant des heures, afin de balancer tout ce que nous savions. Évidemment, Jacob aurait tout déballé de ce dont il était au courant, trop flippé pour se taire. Emmett et moi n'aurions rien dit et on aurait écopé pour plusieurs années. Voire plusieurs décennies s'ils découvraient le nombre de meurtres commis. Heureusement que leur piège avait échoué…

« Qui vous a renseigné ? » Demandai-je sèchement aux deux types assis, à coté des deux cadavres. Ils refusèrent de répondre.

« Mon pote vous a posé une question ! » Tonna la voix d'Emmett, resserrant sa prise sur les deux pistolets qu'il avait dans chacune des mains, les bras tendus vers les otages.

« Va te faire foutre. » Cracha l'un des deux avec véhémence.

Emmett me jeta un coup d'œil et j'hochai la tête silencieusement. Il sourit avant de reporter son attention à celui qui avait parlé, puis lui tira dessus sans hésiter. Le type tomba, su sang apparaissait sur sa chemise, près du cœur, à l'endroit même où la balle l'avait traversé. Le dernier survivant hormis le chef que j'avais assommé, serra des dents, des larmes se formant au coin de ses yeux. Je pouvais le comprendre, si les trois types que nous avions butés étaient des amis à lui. Il était assis sur la mare de sang que formaient les trois cadavres, qui se vidaient progressivement, et devenaient blancs, de plus en plus, tels des vampires de cinéma.

Un sourire se forma sur le coin de mes lèvres.

Délectation.

« Comme tu as pu le remarquer, » Enchaina Emmett à l'attention du pauvre flic sans défense, « nous ne sommes pas très patients, ni cléments, et nous ne sommes certainement pas pingres, lorsqu'il s'agit de gaspiller des balles et de tuer qui on veut. Alors si tu ne tiens pas à subir le même sort que tes petits compagnons d'enfoirés de poulets, je te conseille fortement de parler. »

Le pauvre gars pitoyable renifla disgracieusement, les larmes encore coulantes. Ce qui se jouait devant moi était juste un spectacle ridicule. Je soupirai en me pinçant l'arête du nez, les yeux fermés. Il ne nous dirait rien. Il savait que de toute manière, nous ne l'épargnerons pas. Lorsque je rouvris les yeux, je me baissai pour prendre le type évanoui par l'arrière du col et collai mon arme en plein milieu de sa tête endormie avec virulence.

« Tu parles, ou ton copain va rejoindre tes autres camarades au pays de Candy. » Annonçai-je sur un ton provocateur et légèrement agressif, dû au fait que j'étais à cours de patience.

Le type trembla, ses yeux horrifiés ne quittaient pas l'homme inerte que je tenais et menaçais de tuer. Je voyais bien qu'il avait peur pour son ami, et il avait raison d'avoir peur. Cependant il ne parla pas. Il resta silencieux, refusant de balancer le nom de l'indic qui nous avait piégés aujourd'hui. Je commençais à en avoir marre, j'étais à bout de nerfs et Emmett n'était pas sans reste non plus. Lui aussi n'avait qu'une envie, en finir et rentrer chez lui rapidement.

« Parle ! » M'écriai-je agacé.

Il sursauta légèrement, les larmes affluant de plus en plus sur ses joues. Pour un flic, il n'était franchement pas un mec endurci.

« Il ne nous dira rien. » Conclut Jacob, témoignant pour la première fois de sa présence.

En temps normal, je lui aurais gueulé dessus pour avoir osé ramener sa fraise dans une affaire de grands, mais là en l'occurrence, il avait entièrement raison. Ça ne servait à rien qu'on parlemente.

« Tu as raison Jacob. » Accordai-je.

Je rapprochai alors la tête du type que je tenais contre le canon du pistolet, avant de le pousser avec force et de le balancer par terre, poitrine au sol. Puis sans attendre, je lui tirai dans le dos. Une fois, deux fois, trois fois. Le flic ne bougeait plus, le sang se répandait, il n'y avait plus qu'à en finir avec le dernier des cinq, qui avait refusé de parler et qui se cachait les yeux depuis le moment où j'avais tiré sur son copain.

« Tu vas mourir en ayant la mort de ton copain sur la conscience. » Annonçai-je avec un sourire faussement désolé. « Et lorsque tu le retrouveras au paradis, d'ici trente secondes, tu pourras lui dire pourquoi il est mort. Tu pourras lui avouer, qu'il s'est fait tuer à cause de toi, parce que tu n'auras pas eu le courage de nous dire ce que nous voulions savoir. Tu devras le regarder en face, et lui dire que tu as sacrifié sa vie, en échange de celle d'un autre. »

Une nouvelle vague de sanglot afflua sur ses joues, je pouvais l'entendre chialer comme un gosse. J'étais monstrueux de lui dire de telles choses, juste avant qu'il ne meure. Je voyais bien qu'il se sentait déjà affreusement coupable avant que je n'en rajoute une couche. Mais ça me plaisait. Ça me plaisait de torturer les gens, même après leur mort. À cause de ce que je lui avais dit, il ne reposerait jamais en paix, et très franchement, je m'en foutais. Au contraire c'en était même amusant.

Après un hochement de tête en direction d'Emmett, celui-ci se tourna vers le condamné avec un sourire sadique sur le visage.

« Bye bye le poulet. »

Une détonation plus tard, et le type était mort. Une marre de sang gigantesque s'était formée, près d'Emmett, là où les quatre cadavres gisaient inertes, se vidant de leur sang à vue de nez. Ils étaient tous d'un blanc blafard, qui signifiait la fin de leur vie, et représentait la couleur de la mort. J'attendis quelques minutes, le temps de vérifier qu'aucun d'eux n'était encore vivant, avant de donner l'ordre de déguerpir.

« Allez, on remballe. » Ordonnai-je en soupirant.

Emmett se dépêcha de me rejoindre, s'emparant du sac de sport contenant la drogue, tandis que Jacob nous avait déjà emboité le pas, la mallette pleine d'argent à la main, ne souhaitant qu'une chose, se tirer d'ici le plus vite possible. Un sentiment d'inachevé s'empara de moi. J'avais l'impression que ce n'était pas encore terminé, qu'il manquait quelque chose. Pris d'un sentiment de doute, je me retournai une dernière fois vers les cinq morts pour vérifier. Lorsque je vis que celui qui était éloigné des quatre autres, le chef des opérations que j'étais sensé avoir tué, allongé sur le ventre, la tête relevée en direction de Jacob, un pistolet pointé vers ce dernier dans sa main tremblante, je compris que mon instinct avait une fois de plus, eu raison. Aussitôt je vis rouge et courus vers Jacob qui ne se rendait compte de rien.

« Jacob baisse-toi ! » Hurlai-je paniqué.

Celui-ci se retourna, étonné, tandis que je lui fonçais dessus. Sans hésiter, je me jetai sur lui pour le mettre à terre, tandis qu'un coup de feu retentit dans notre direction. La balle alla percuter l'une des berlines face à nous. Sans faire attention au fait que j'avais mis tout mon poids sur lui, je sortis mon neuf millimètres et visai la tête du gars avant qu'il n'ait la chance de tirer à nouveau. La balle l'atteignit entre les yeux et il retomba en arrière, cette fois allongé sur le dos. Je soufflai de soulagement tandis que j'entendais la respiration saccadée de Black qui était allongé sous moi, complètement affolé. Je levai les yeux au ciel avant de me relever subitement, tandis qu'il restait là, encore incrédule.

« Je croyais qu'il était mort ! » Fit remarquer Emmett affublé. Je soupirai.

« Je le croyais aussi. » Répondis-je simplement.

Jacob finit par se relever, encore sous le choc.

« J'arrive pas à croire que j'ai failli mourir… » Murmura-t-il pour lui-même.

Je soupirai d'exaspération. Il commençait déjà à m'énerver.

« Te bile pas, t'es pas mort donc inutile d'en parler. » Raillai-je en me dirigeant vers la Jeep, tandis qu'Emmett ramassait la mallette de cent mille dollars que Jacob avait oubliée en se relevant.

« Tout de même, tu m'as sauvé la vie, Masen. » Rappela Jacob en me suivant, tel un petit chien. « Je t'en suis vraiment reconnaissant. » Je me retins de ne pas grogner et me tournai vers lui avec dureté.

« Tu veux me remercier ? » Fis-je acerbe. « Ferme-là et arrête de me calculer. »

Je me détournai sans lui laisser le temps de répondre. Je commençai déjà à regretter de l'avoir sauvé. Je me demande si je n'aurais pas préféré qu'il soit mort finalement…

Une fois devant la Jeep, Emmett me fila les clés et je m'engouffrai dans le véhicule, coté conducteur. Jacob derrière, Emmett à coté de moi, exactement comme à l'aller. Aucun de nous ne parlait durant le trajet, Jacob était surement trop sonné pour faire la causette, quant à Emmett et moi, nous attendions juste de nous retrouver seuls avant de faire un constat. Nous déposâmes Black devant le club, où il était chargé de remettre l'argent à Aro, puis nous partîmes vers chez moi, le cœur lourd. Il était hors de question que l'on affronte Aro maintenant, il fallait d'abord avoir les idées claires et mettre les choses au point.

Une fois seuls, Emmett prit la parole.

« Finalement il avait raison. » Émit-il d'une voix songeuse. « Il y a bien un indic. »

« Aro a toujours raison. » Marmonnai-je avec acidité, sans détacher mon regard de la route.

« Qu'est-ce qu'on va faire ? » S'enquit-il anxieux.

« J'en sais rien, il faut qu'on trouve qui c'est, et qu'on lui règle son compte. »

« Tu penses toujours qu'il peut s'agir de Jacob ? » Demanda-t-il intéressé. Je secouai la tête.

« Non, Black n'a pas l'étoffe d'un infiltré. T'as vu comment il a flippé comme un malade lorsque le con lui a tiré dessus ? » M'exclamai-je sidéré, presque amusé.

« Ouais, pas bête. » Rigola Emmett.

« Et puis réfléchis, si Black avait été un flic, l'autre n'aurait jamais tenté de lui tirer dessus. » Fis-je remarquer.

Emmett resta silencieux, approuvant mon raisonnement.

« Tel qu'on connais Jacob, il dira rien à Aro. » Finit-il par rompre le silence.

« Non, il n'y connait rien à ces histoires d'indic. On va devoir le confronter demain. » Confirmai-je. « Là j'ai autre chose à penser. »

« Tu serais pas en train de parler de la petite flippée qui vit chez toi, si ? » Fit-il avec un sourire hilare. Je soupirai avant d'arrêter la voiture, en bas de chez moi.

« Entre autres. » Marmonnai-je, plus pour moi-même. « Reste là, je dirai à Rosalie de descendre. » Dis-je en détachant ma ceinture et en ouvrant la portière.

« Je vais pouvoir reprendre le volant de ma voiture. » Sourit-il tandis que je roulais des yeux.

« On se voit demain. » Saluai-je avant de claquer la portière, et de m'engouffrer à l'intérieur de mon immeuble.

J'ouvris la porte de chez moi et entendis des voix enjouées. J'allai au salon et écarquillai les yeux face à ce que j'avais sous les yeux. Rosalie et Bella, toutes les deux assises sur le canapé en train de rire de bon cœur. Cette vision eut le don de m'étonner et de me déconcerter. Mais j'étais tout de même satisfait de les voir d'aussi bonne humeur. C'était la première fois que je voyais Bella sourire et je devais dire que ça contrastait fortement avec son visage fermé habituel. J'aimais mieux la voir comme ça, ça me donnait même envie de sourire à mon tour. Et puis si elle et Rosalie pouvaient bien s'entendre, alors ça aiderait peut être Bella à s'adapter plus facilement à sa nouvelle situation. La pauvre n'avait déjà pas choisi de tomber dans le monde dans lequel elle était désormais. Mon monde. Alors si elle avait une alliée, voire une amie à ses côtés, elle se sentirait surement beaucoup mieux.

Je me raclai la gorge, afin de faire part de ma présence. Aussitôt les deux filles tournèrent la tête vers moi et je pus voir le visage de Bella se refermer aussi sec, comme un automatisme. Je m'en voulus d'être la raison à son brusque changement d'humeur et peut être même, qu'au fond de moi j'en fus blessé. Mais je tentais de ne pas le montrer car je savais que c'était tout à fait normal qu'elle réagisse de cette façon envers moi et qu'elle soit malheureuse et apeurée à chaque fois qu'elle me voyait dans son champ de vision. J'aurais aimé que ce ne soit pas le cas, mais s'il y a bien une chose que j'ai apprise au fil des années, c'est que la vie ne nous fait jamais de cadeau et ne nous donne pas ce que l'on voudrait. Et tandis que Bella avait le regard baissé vers ses genoux et les yeux voilés, Rosalie elle ne remarqua rien et se leva comme si de rien n'était, pour ensuite se tourner vers moi.

« Je vais rentrer. » Annonça-t-elle. « J'imagine qu'Emmett est en bas ? »

« Il t'attends. » Confirmai-je. « Il n'avait pas envie de monter, afin de ne pas lui faire peur. » Dis-je avec un regard en direction de Bella qui était toujours assise et était occupée à triturer ses mains et à se cacher à travers son rideau de cheveux bruns ondulés.

Rosalie hocha la tête et se dirigea vers la porte tandis que je la raccompagnais.

« Ménage-là. » Murmura-t-elle, une fois sur le pas de la porte. « C'est une fille adorable et je commence à m'attacher à elle, alors tu as intérêt à prendre soin d'elle. » Menaça-t-elle. Un léger sourire apparut sur mes lèvres.

« Je vais faire de mon mieux. » Promis-je, plus pour moi que pour elle. Elle me sourit avec satisfaction.

« Bonne soirée Edward. » Salua-t-elle avant de se détourner.

Je refermai la porte puis me dirigeai à nouveau vers le salon. J'eus la mauvaise surprise de voir que Bella avait disparu. Elle avait apparemment profité du fait que j'étais parti quelques secondes pour s'éclipser. Je me pinçai l'arête du nez, comprenant qu'elle me fuyait. Si tout à l'heure, j'avais cru avoir été blessé par son attitude à mon égard, ce n'était rien comparé à ce que je ressentais maintenant. J'ignorais pourquoi je réagissais comme ça, alors qu'elle avait parfaitement raison de se comporter de façon aussi fuyante avec moi. Peut être que cela venait du fait que je faisais tout pour la protéger et qu'au final, c'était de moi dont elle avait le plus peur.

J'entendis alors le bruit de la douche et m'extirpai de ma réflexion. Il fallait que j'essaie d'établir un contact avec elle. Après tout elle ne pourrait pas me fuir indéfiniment. Et puis la cohabitation serait nettement plus simple, si nous trouvions une sorte de bonne entente. Je partis en direction de la cuisine afin de préparer à manger. Vue l'heure que le micro-onde affichait, elle devait surement être affamée. Moi je l'étais en tout cas. Je décidai de faire cuire des pâtes, n'ayant jamais su cuisiner correctement. J'espérais qu'elle ne m'en tiendrait pas rigueur car de toute façon, elle n'avait pas le choix. Elle devrait supporter ma mauvaise cuisine, tant qu'elle resterait ici, c'est-à-dire, je ne sais pas encore combien de temps. Les pâtes furent, comme à mon habitude complètement ratées. Du moins je le devinais en voyant la tête qu'elles avaient. Mais bon à force de toujours rater ce que je cuisinais, j'avais fini par m'habituer à la malbouffe. Reste plus qu'à savoir comment Bella allait réagir. Et puis quand on y pense, elle sait que je suis un meurtrier donc elle n'osera pas m'offenser. Elle aurait trop peur. Et puis pourquoi est-ce que je me prends la tête pour ci peu d'ailleurs ? C'est moi le chef ici, donc elle mangera ce que je lui donnerai sans rechigner, un point c'est tout. Je n'avais pas à m'occuper de savoir ce qu'elle aime ou pas. Ça avait toujours été en fonction de moi, je ne vois pas pourquoi ça changerait aujourd'hui.

Je sentis une présence derrière moi et me retournai pour apercevoir Isabella, qui se dandinait d'un pied sur l'autre, terriblement mal à l'aise. Soit elle avait décidé d'arrêter de me fuir et de ne plus me craindre, soit elle avait dû être alertée par l'odeur de la nourriture pour oser venir dans la même pièce que moi. Je supposais que la deuxième supposition était la bonne, étant la plus plausible des deux par rapport à son caractère. Elle portait un short avec un débardeur, qui faisait sans doute office de pyjama. Ses cheveux étaient légèrement mouillés et elle avait, comme d'habitude lorsque j'étais près d'elle, le regard baissé vers ses pieds. Je soupirai et reportai mon attention sur ma cuisson que j'aurais apparemment dû arrêter depuis longtemps, à en juger par l'état pitoyable des spaghettis.

« Tu as faim ? » Demandai-je en éteignant la plaque chauffante.

Aucune réponse. Je fronçai les sourcils et me tournai à nouveau vers elle avec un air interrogatif.

« Bella ? » Appelai-je. Elle n'osa pas relever le regard vers moi et se contenta d'hocher la tête pour répondre à ma question.

Je pris sur moi pour ne pas m'énerver car je savais que ce ne serait pas du tout une solution. Elle était déjà suffisamment paniquée alors je n'allais pas en rajouter une couche. Mais je devais avouer que je n'étais pas d'un naturel très patient alors j'ignorais si j'allais réussir à tenir et supporter son mutisme très longtemps.

« Écoute Bella, on va être amené à se côtoyer le temps que je trouve une solution à ce… problème. » Hésitai-je pour le dernier mot. « Alors si tu pouvais essayer de faire un petit effort de communication, ça serait surement plus facile, tu ne crois pas ? »

Pour la première fois, elle eut le courage d'enfin lever les yeux vers moi et de me regarder. Je voyais toujours l'apeurement dans ses prunelles mais le fait qu'elle acceptait de m'affronter était déjà un bon début. J'attendis qu'elle me réponde mais au lieu de ça, elle hocha simplement la tête. Je soupirai. Autant ce matin elle avait accepté de parler et de me répondre sans problème, autant depuis que je l'avais menacée, elle s'était complètement refermée dans une bulle silencieuse.

« Tu as le droit de parler, tu sais ? » Tentai-je excédé par son silence qui me pesait sérieusement.

Elle abaissa la tête vers ses pieds une nouvelle fois et je crus que nous étions de repartis à la case zéro. Mais à mon plus grand étonnement, sa voix raisonna dans la pièce, en un faible murmure difficile à percevoir.

« Pardon. »

Je la fixai incrédule. La seule fois où cette fille acceptait de parler, c'était pour s'excuser ? Décidément, j'étais encore loin de parvenir à un petit bout d'entente avec elle.

« Pourquoi tu t'excuses ? » M'étonnai-je, un peu perdu par son comportement.

« Je… en fait, j'ignore ce que j'aie le droit de faire, ou de ne pas faire. » Murmura-t-elle sans assurance, réellement craintive. « Et j'ai peur de dire quelque chose qu'il ne faut pas… »

Son regard était toujours obnubilé par ses pieds et je la vis entortiller ses mains en signe d'anxiété. C'était de loin la plus longue phrase qu'elle avait formulée devant moi depuis ce matin. Je la regardai indécis. J'aurais dû m'en douter, qu'elle aurait peur de quelconques représailles. Elle ne devait pas avoir envie de faire quoi que ce soit qui puisse m'énerver. La constatation se fit d'elle-même dans mon esprit : Elle avait beaucoup trop peur de moi, Et cela voulait donc dire que la situation était encore pire que ce que je ne pensais. J'allais vraiment devoir faire preuve de beaucoup de patience avec elle.

« Et bien, je te l'ai dit ce matin. » Répondis-je en essayant de paraitre serein. « Tu as le droit de faire ce que tu veux, tant que tu ne fais rien de mal, ni de nuisant. » Je marquai une pause pour la jauger du regard et vis un minuscule sourire apparaitre sur ses lèvres bien dessinées. « Et tu as aussi le droit de t'exprimer et dire ce que tu veux. » Terminai-je avec assurance, espérant lui avoir inspiré suffisamment confiance pour au moins, parvenir à lui dénouer la langue. Elle releva la tête avec un air incertain.

« Merci. » Dit-elle avec toutefois quelques réserves.

« Pas de quoi. » Répondis-je en haussant les épaules et en me tournant pour égoutter les spaghettis qui avaient vraiment l'air pâteux. Affreusement pâteux.

« Est-ce que… » Elle sembla hésiter et je la laissai trouver ses mots et son courage pour m'aborder. « Combien de temps est-ce que je vais rester ici ? » Osa-t-elle demander. Comme par hasard, il avait fallu qu'elle me pose la colle du moment. Si seulement je le savais…

« Pour être honnête, j'en sais strictement rien. » Répondis-je sincèrement. « Pour le moment, je ne vois aucune solution à cette situation. Mais dès que j'y vois plus clair, tu seras la première à le savoir. » Promis-je en sachant très bien que ce ne serait pas demain la veille que l'ampoule au-dessus de ma tête s'allumerait et me donnerait la solution.

Elle resta silencieuse quelques instants avant de parler à nouveau.

« Je ne comptais pas aller voir la police. » Déclara-t-elle faiblement. « Et je te jure que je ne compte toujours pas aller les voir. » Dit-elle sans cacher l'espoir qui la submergeait, à l'idée que je puisse lui rendre sa liberté.

Je fus étonné de l'entendre me tutoyer. Progressivement, on avançait. Peut être avait-elle enfin réalisé que je ne lui voulais aucun mal. Je soupirai en repensant à ce qu'elle venait de dire et secouai la tête négativement.

« Ça ne concerne pas que moi. Il y a aussi l'un de mes meilleurs amis à compter dans l'équation, et je ne peux pas prendre le risque de lui attirer des problèmes, à cause d'une erreur que j'ai commise. »

« Tu appelles le fait d'avoir épargné ma vie, une erreur ? » Demanda-t-elle.

Je pouvais deviner de l'amertume dans sa voix. Je réfléchis quelques secondes, avant de me tourner vers elle et de la fixer avec impassibilité pour lui répondre.

« Dans le monde où je vis, oui c'est une erreur. » Répondis-je honnêtement. Elle baissa la tête et je crus déceler de la culpabilité dans ses yeux, ce qui me décontenança. Je ne voyais pas de quoi elle pouvait bien se sentir coupable. « Mais ça ne veut pas dire que je le regrette. » Avouai-je en lui tournant le dos une nouvelle fois et d'égoutter ce qui faisait office de spaghettis. Je sentis son regard me vriller dans le dos et je tentai de l'ignorer.

« Donc tu me retiens captive, non pas pour sauver ta peau, mais celle d'Emmett ? » Revint-elle au sujet précédent. Je pouvais deviner la suspicion qui devait sans doute orner les traits de son visage.

« Ça va sans doute t'étonner, mais oui, c'est le cas. Et c'est aussi ta vie que j'essaie de préserver. » Déclarai-je avec sérieux.

« La mienne ? » Fit-elle surprise. « En quoi me séquestrer ici me sauve la vie ? » S'enquit-elle déroutée.

« Parce que dehors, un tas de personnes voudront ta peau. » Je la sentis frémir derrière moi.

« Je… je ne comprends pas. Pourquoi ? » Fit-elle paniquée.

Je me décidai à lui faire face et pus voir la crainte dans l'éclat de ses prunelles. Cette crainte était différente de celle qu'elle arborait tout à l'heure puisque cette fois, ce n'était pas de moi dont elle avait peur. Je me demandai un instant si c'était vraiment nécessaire de la faire paniquer comme ça, après tout, si elle souhaitait savoir, alors soit.

« Ce qu'il faut que te mettes dans la tête, c'est qu'il existe une personne qui ne souhaite qu'une seule chose, ta mort. Tu le connais puisqu'il s'agit de l'indien qui était avec nous lors de ton enlèvement. » Elle blêmit soudainement, en proie aux souvenirs qui lui revenaient. « Pour lui, tu représentes une menace qu'il faut à tout prix éliminer et si je te garde ici, c'est aussi parce tu es en sécurité et parce que je sais qu'il n'osera pas venir ici pour te faire du mal. Et puis même s'il osait, je ne le laisserais pas faire. Mais si un jour tu venais à te retrouver à l'extérieur de cet appartement, il n'aurait qu'une hâte, te tuer pour se préserver lui, car tu es susceptible d'aller le dénoncer à la police et ainsi, le faire coffrer pour plusieurs années. De plus, en sachant que je ne peux plus rien faire, il n'hésitera pas à aller tout raconter à notre patron au sujet de ce qui s'est vraiment passé hier, et si Aro apprend ton existence, non seulement Emmett et moi sommes des hommes morts, mais il enverra en plus toute une équipe de ses hommes de main à ta recherche pour te liquider. Donc en dépit de ton malheur, tu peux te considérer chanceuse d'être ici. Au moins tu ne risques rien. »

J'espérais que mon discours lui ferait se rendre compte qu'elle pouvait arrêter de me craindre, mais tout ce que je voyais était de l'appréhension et de la frayeur, sans doute à cause de ce que je venais de lui dire à propos de sa condamnation à mort assurée, une fois qu'elle serait dehors. Puis son regard changea et je pus voir de l'interrogation orner ses pupilles.

« Pourquoi tenir autant à me protéger ? » Finit-elle par demander après un court silence. « Est-ce que c'est pour te donner bonne conscience ? » Argua-t-elle suspicieuse.

J'eus un rire bref et retournai à mes pattes en secouant la tête.

« Même pas. À vrai dire, je n'en ai aucune idée, et je ne suis pas sûr d'avoir vraiment envie de le savoir. » Répondis-je avec méditation.

« N'as-tu donc aucun problème de conscience à cause de ce que tu fais ? » S'enquit-elle avec antipathie et scepticisme. Je fixai un point droit devant moi.

« Ça fait bien longtemps que ma conscience a déserté mon esprit. » Répondis-je amer. « J'ai eu de nombreux états d'âme et de regrets, mais c'était il y a longtemps. » Avouai-je difficilement en remettant les pates dans la casserole pour m'occuper. « Aujourd'hui, je suis immunisé contre la moindre culpabilité envers les crimes que je commets. » Conclus-je sombrement.

J'ignorais la dernière fois où j'avais eu à penser à tout ça. En temps normal, j'évite toujours de me poser trop de questions pour ne pas avoir à resonger au passé et à toutes mes véritables erreurs qui elles, restaient constamment gravées dans le marbre de ma mémoire. Je refusais même d'y penser une demi-seconde, sachant que je ne pourrais pas le supporter car c'était quelque chose dont je n'arriverai jamais à me remettre. Rien que le fait d'y songer là, maintenant, provoquait un déchirement dans le creux de ma poitrine. Bella dût probablement remarquer mon changement d'humeur puisqu'elle arrêta de me questionner.

« Merci d'avoir répondu à mes questions. » Dit-elle d'une voix timide. Je ne relevai pas.

« Va t'asseoir. » Lui ordonnai-je calmement, pendant que je lui servais des pattes dans une assiette.

Lorsque je me tournai, je pus constater qu'elle m'avait obéi et qu'elle était assise à la table à manger, se triturant les mains, le regard sur ses genoux. Je me demandais sérieusement si ses parents lui avaient appris un jour à lever les yeux car jusqu'à maintenant, tout ce qu'elle avait été capable de faire avait été de garder une tête baissée constamment, en la relevant que très rarement. Je commençais même à m'inquiéter, car elle devait surement avoir extrêmement mal à la nuque en agissant ainsi. (N/Yoro: Comme c'est chou, Edward qui s'intéresse aux crampes que pourrait avoir Bella…)

« Tiens. » Lui dis-je en lui servant l'assiette en face d'elle, ainsi que des couverts.

Elle écarquilla les yeux et regarda le plat comme s'il s'agissait d'un extraterrestre. Je devais avouer que les pates n'avaient pas une fière allure… Elle prit une bouchée avec sa fourchette et porta le tout à sa bouche avec appréhension. Lorsqu'elle avala, elle ferma les yeux fortement, comme si ça avait été une véritable torture. (N/Yoro: Courage Bella, tu peux y arriver XD)

« Quoi ? » M'exclamai-je avec inquiétude.

Elle tourna sa tête vers moi avant de reporter son regard vers son assiette avec un air dégouté.

« Rien du tout. C'est délicieux. » Mentit-elle. Je levai les yeux au ciel, presque amusé par son mensonge éhonté.

« Bella, tu peux dire la vérité, je ne vais pas te tuer parce que tu auras osé critiquer mes talents culinaires. » Assurai-je.

Je la vis se mordre la lèvre inférieure, avant de me regarder embarrassée.

« C'est promis ? » Fit-elle d'une voix faible. Je souris légèrement avant d'hocher la tête.

« Si je te le dis. »

Elle jeta un coup d'œil à son assiette avec une moue réprobatrice sur les lèvres.

« C'est infect. » Annonça-t-elle, d'une voix totalement dénuée de plaisanterie. Je fronçai les sourcils, plutôt vexé.

« T'y vas un peu fort là. Ça peut pas être aussi horrible que ça, pas vrai ? » Répliquai-je piqué au vif.

Je décidai d'en avoir le cœur net et lui piquai sa fourchette pour goûter à ce qu'elle avait dans son assiette. J'eus soudainement une envie de tout recracher tellement c'était écœurant. Décidément, j'étais encore plus nul que je croyais. J'aurais dû faire comme d'habitude et commander des pizzas.

« D'accord t'as raison, c'est vraiment immangeable. » Consentis-je difficilement.

Sans crier gare, elle se mit à rire, me prenant carrément au dépourvu.

Je clignai des yeux plusieurs fois pour être sûr d'avoir bien entendu, tellement je trouvais ce son improbable, comme si c'était un exploit. Elle qui quelques minutes auparavant refusait de se retrouver dans la même pièce que moi, là voilà qui riait. Bon d'accord, c'était un tout petit rire, contrôlé et bref. Mais un rire tout de même. Je me sentis content de moi pour avoir enfin réussi à établir un véritable contact avec elle. J'aurais même pensé que ce serait plus difficile, mais finalement elle s'est montrée plus ouverte que ce que j'avais espéré. Je trouvais ça même étrange. J'avais un pressentiment que ça n'allais pas être aussi facile que ça. C'est à ce moment que je la trouvai réellement jolie. Beaucoup plus que quand elle a sa tête baissée avec la peur se reflétant dans le fond de ses yeux. Elle devait surement avoir eu de nombreux prétendants dans son lycée. J'aurais sans aucun doute été l'un d'eux, si j'avais eu son âge.

« Au lieu de te moquer de moi, je te défie de faire mieux. » Répliquai-je pour oublier mes précédentes pensées.

Je n'avais pas la moindre envie d'évoquer mon passé de quand j'avais son âge. Il représentait trop de mauvais souvenirs. Beaucoup trop. Et également une incommensurable souffrance due aux évènements qui auront détruit ma vie. Je vis son regard s'allumer soudainement, comme si je venais de lui annoncer une bonne nouvelle.

« Tu es sérieux ? Je peux utiliser ta cuisine ? » S'emballa-t-elle soudainement, une lueur brillant dans les yeux. J'haussai les épaules avec désinvolture.

« Je te l'avais dit, que tu pouvais utiliser toutes les pièces de cet appartement. » Rappelai-je détaché.

Je la vis sourire avant de se lever et de se ruer à la cuisine, sous mon étonnement le plus complet. Je la suivis, ne comprenant pas pourquoi elle agissait comme si je venais de lui faire un super cadeau.

« Tu sais cuisiner à ton âge ? » M'enquis-je étonné. Elle se retourna vers moi vexée.

« Pourquoi ça te semble si improbable que ça ? » Demanda-t-elle avec un semblant d'énervement. Apparemment elle n'aimait pas qu'on la critique sur son âge. C'était bon à savoir…

« Bah, je savais même pas faire la vaisselle lorsque j'avais dix sept ans. » Répondis-je simplement. « Alors faire la cuisine… » Son air énervé laissa place à de l'amusement. (N/Yoro: Ben pour la cuisine, tu t'es pas amélioré depuis tes 17 ans mdr)

« Mes parents ont toujours été nuls en cuisine. Peut être pas autant que toi… mais assez nuls pour que je commence à préparer les repas dès l'âge de mes sept ans. » Déclara-t-elle avec une voix lointaine, s'apparentant à de la nostalgie.

Je levai les yeux au ciel et ignorai sa remarque faite sur ma cuisine.

« Ils doivent beaucoup galérer maintenant que tu n'es plus là. » Fis-je remarquer en dissimulant mon intérêt de savoir ce qu'elle cachait et renfermait à l'intérieur d'elle.

Son regard se voila soudainement et elle baissa la tête avant de me tourner le dos.

« Où sont les ustensiles ? » Éluda-t-elle en tentant de dissimuler la peine qui submergeait sa voix. Je fronçai les sourcils, déçu.

J'aurais bien aimé en savoir un peu plus sur ce qui la rongeait intérieurement, mais elle ne semblait pas encline à se dévoiler, tout comme moi. C'était tout à fait justifié, j'étais surement la dernière personne sur Terre à qui elle devait avoir envie de se confier. Je ne pouvais pas lui en tenir rigueur. J'avais juste à espérer qu'avec le temps, elle finisse par le faire. Ou alors que Jasper puisse arriver à obtenir quelque chose venant d'elle, avec ses talents de psychologue.

« Attends, je vais te montrer. » Répondis-je en me dirigeant vers les tiroirs.

Elle me suivit sans rechigner en gardant tout de même une distance raisonnable entre elle et moi. J'ouvris un premier tiroir et lui sortis ce dont elle pourrait avoir besoin. Puis j'en ouvris un deuxième et en sortis un couteau de cuisine avant de me tourner vers elle.

« Voilà, je pense que tu pe… Bella ? » M'enquis-je en voyant son air affolé sur le visage.

Elle reculait de quelques pas et me regardait avec horreur. Je pouvais même entendre son cœur battre à vitesse démesurée, tellement il était bruyant. Sa respiration était hachurée et ses yeux grands ouverts d'effroi. Je ne comprenais rien. Que lui arrivait-il tout à coup ?

Je vis son regard faire la navette plusieurs fois entre moi et ce que j'avais dans les mains et je compris. Le fait de me voir avec un énorme couteau de cuisine dans les mains la tétanisait. Décidément, ce n'était pas aujourd'hui que sa peur envers moi allait s'estomper. Je soupirai et tentai de lui faire un regard qui se voulait rassurant.

« Je sortais simplement ce couteau pour te le passer. » Tentai-je vainement. « Si j'avais voulu te tuer, tu sais très bien que je l'aurais fait depuis longtemps. »

Elle ne sembla pas vouloir se dérider. Je soufflai pour contenir mon impatience.

« Regarde. » Dis-je en reposant le couteau sur le meuble. « Tu vois ? Je ne te veux aucun mal. » Déclarai-je sincèrement.

Toujours aucune réaction de sa part. Le fait d'avoir posé ce maudit couteau n'avait rien changé, elle était toujours aussi terrorisée.

« Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que t'arrêtes d'avoir peur de moi, Bella ? » Demandai-je avec sérieux.

Ce n'était pas si énorme que ça, ce que je lui demandais. Je ne réclamais pas qu'elle ait confiance en moi, ça je savais que c'était véritablement impossible. Mais de cesser de me craindre. Était-ce trop pour elle ? D'accord, j'étais un tueur à gages, mais il me semblait lui avoir prouvé qu'elle n'avait pas à avoir peur de moi. Et puis elle ne semblait pas avoir peur à l'instant, au contraire. Il avait fallu que je gâche tout, comme d'habitude. J'ai toujours été une source d'ennui pour toutes les personnes que j'aie côtoyées. Pas étonnant que j'aie fini comme ça et que je sois sans famille.

Bella me regarda d'un air morose, le regard haineux et une profonde aversion sur le visage.

« Tu as assassiné un pauvre homme sous mes yeux, tu me retiens prisonnière ici, tu m'as menacé, hurlé dessus, tu as ordonné qu'on m'assomme et pour finir, tu m'as collé un pistolet sur la tempe. » Énuméra-t-elle avec ressentiment et répulsion. « Peu importe ce que tu peux faire, j'aurai toujours peur de toi. » Lâcha-t-elle froidement, ne cachant pas l'hostilité de sa voix sèche et dénuée d'émotion.

Je la regardai abasourdi tandis qu'elle rabaissait la tête et se détournait pour s'en aller de la cuisine. Quelques secondes plus tard, j'entendis la porte de la chambre se refermer, presque en claquant. J'avais le regard rivé sur l'endroit où elle était partie, déstabilisé et ébranlé par ce qu'elle venait de dire. Pour une fille qui venait de clamer haut et fort que je lui faisais peur, je l'avais trouvé bien courageuse pour avoir osé faire une déclaration aussi tranchante. Je savais que c'était bien trop beau pour qu'elle puisse se dérider et s'ouvrir. La conversation avait pourtant été plutôt facile, mais elle n'avait pas pu s'empêcher de remettre ses barrières en place à la première occasion. Je soufflai et abattis mon poing violemment sur le meuble, en proie aux tourments et à la déception.

C'était pas gagné… (N/Yoro: Tu l'as dit bouffi…)


Vous croyiez quoi ? Que ce serait si facile et que Bella lui accorderait sa confiance en un rien de temps ? Et bah nan ! xD

Pour tous ceux qui se sont faits de fausses joies en pensant que ce serait le passé de Bella ou d'Edward qui serait dévoilée, navrée mais me connaissant, vous auriez dû savoir que je n'allais pas vous livrer mes cartes les plus précieuses au bout du 3ème chapitre seulement ^^

J'espère néanmoins que le passé d'Emmett et Rosalie ne vous aura pas trop déçu ;)

Je tiens à remercier ma Yoro pour sa correction et ses commentaires =)

Et enfin je fais une spéciale dédicace à l'amour de ma vie. Non non, ce n'est pas un garçon xD Mais une charmante auteur répondant au prénom de Lou, ou encore au pseudo de Mzlle-Moon =)

Je remercie donc ma Passion d'amour pour m'avoir prêté son nom "Lorenzati" xD et pour m'avoir fait passer l'un des plus beaux été en sa compagnie, c'était vraiment merveilleux, ces vacances passées avec toi, j'ai hâte de te retrouver à nouveau =D

Si vous ne la connaissez pas, allez lire sa magnifique fiction "Mourir par Amour"

Je rappelle à tout le monde que Mzlle-Moon et moi même écrivons une fiction en commun : "Beautiful Revenge" dont le premier chapitre est posté (Lien sur mon profil) et que nous organisons un concours d'OS : Le "Opposed Passion Contest", qui ouvrira à partir du 1er Octobre, afin de vous laisser le temps d'y réfléchir et d'écrire, si ça vous intéresse ^^ (lien aussi sur mon profil =))

N'hésitez pas à me suivre sur Twitter, (Pseudo : Poppolove) si vous voulez connaitre l'étendu de mes fictions ou même, discuter avec moi (sachez que j'ai la langue facile xD) ;)

Avant de partir, n'oubliez pas de cliquer sur la bulle juste en dessous, car une review laissé = une auteure heureuse ! Voyez la bulle, comme elle vous fait de l'œil la coquine xD

ROBISOUS

Votre dévouée Popolove =D