Coucou tout le monde !

I'm back ! La neige et le froid n'ont pas eu raison de moi et ne m'ont pas vaincu xD (failli cela dit...-_-')

Alors comme vous avez pu le constater, j'ai essayé de poster ce chapitre la semaine dernière, d'où le fait que vous ayez reçu une "fausse" alerte. Malheureusement, comme j'en ai fait part sur mon compte Twitter, il se trouve que j'ai eu d'énormes problèmes avec fanfiction pendant environ plus d'une semaine, et en vue de ce que j'ai constaté, je pense que mon compte a été piraté...

Mais heureusement tout a l'air d'être rentré dans l'ordre et je m'excuse mille fois des désagréments que j'ai pu vous causer qui étaient vraiment indépendants de ma volonté.

Je vous remercie tous pour vos review. Je crois que c'est la première fois que j'en ai eu autant depuis le premier chapitre ^^ Et également pour tous les MP inquiets que j'ai reçus de votre part, ça m'a vraiment touché =)

En tout cas vous vous êtes tous mis d'accord pour insulter Jacob, ce que je peux comprendre étant donné ses actions xD Quant à l'indic, le nom le plus revenu est celui de Felix, devant Sam, James, Jacob et même... Rosalie O_o En temps normal je ne contredis pas les hypothèses car j'adore quand vous vous trompez ^^ (je suis honnête^^) mais là, je suis obligée de préciser que Rosalie n'a strictement rien avoir avec toutes ces affaires. Elle a raconté son passé à Bella en détail, avec sincérité =)

Pour le reste, motus et bouche cousue ^^

Je rappelle à tout le monde que le concours Opposed Passion Contest se termine dans deux jours donc si vous voulez participer, c'est maintenant ou jamais (lien sur mon profil)


Merci à tous les anonymes :

lolilol : Merci pour ta review =)Et non, Edward et Bella ne se sont encore pas sautés dessus et c'est pas près d'arriver ^^Je suis contente que mon style d'écriture te plaise en tout cas ;)

BEA : Effectivement Jacob cherche vraiment les problèmes, mais il n'est pas suicidaire, bien au contraire ^^ Pour ce qui est de l'indic, je ne vais pas vraiment vous surprendre avec un personnage dont personne ne se doutait. Quelques fois les personnages les plus simples et les plus évidents sont les mieux placés ;) Quant au teaser, sache que j'en ai effectivement envoyé, mais pour le recevoir il faut un compte Fanfiction. Ou alors tu peux me donner ton adresse mail dans une review et je te l'enverrai (en pensant bien à faire des espaces ou des parenthèses). Voilà ^^

COCOTTE 56 : Merci beaucoup ! Je suis ravie que tu m'aies découverte, si mes fictions te plaisent =) Moi me lancer dans des polars? Pourquoi pas xD Pour ça il faudrait que j'ai du cran, ce que je n'ai malheureusement pas je crois =/ Mais merci quand même =)

Martine16 : Je suis honorée d'être la première personne à qui tu laisses une review ^^ Je te conseille d'en laisser aussi aux autres, car les auteurs adorent recevoir des commentaires, c'est un peu leur seul salaire xD Cela dit contente que mon histoire te plaise =D

Nadalexx : Si je confirme, tu m'as bien narguée et dégoutée avec ta Guadeloupe pendant que nous on se les gèle ici ! xD Quant à l'indic, tu es complètement à coté de la plaque ^^

clara : Alors pour te répondre, je suis bel et bien fan du roman Des souris et des Hommes de Steinbeck, j'ai même regardé le film xD Et je trouve cela dommage que tu n'aies pas vraiment compris le sens de ce livre =/ Mais cela dit, tout le monde n'a pas les mêmes avis et gouts en matière de littérature, ou d'autres choses. Et by the way, j'adore aussi Les Hauts de Hurlevent, la preuve avec ce chapitre ^^ Sinon contente que ma fiction te plaise =)

Sandwiich : Euh... pour le Dark Lemon tu repasseras xD Il n'y aura pas de hard dans cette fiction MAIS... Bien sûr qu'il y aura du lemon quand même ! Cela dit tu peux encore attendre car comme tu as pu le constater leur relation n'est pas des plus géniales ^^ Je suis vraiment ravie que tu aimes autant ma fiction, et non ta review ne sert pas à rien, j'ai bien rigolé en la lisant xD Merci encore =)

Merci aussi à : Steephaniie, Claire, Tara, PrincetonGirl818, mmev, natacha, diana, anykim et lili is ouch


Sans plus tarder, voilà le chapitre que vous attendez, entièrement du pov de Bella pour une fois XD

Bonne lecture !


Chapitre 5 : Oublier

oO "San Francisco" Oo – Global Deejays

Pov Bella

Trois semaines…

J'avais réussi à tenir trois semaines sans fléchir, sans le regarder dans les yeux une seule seconde, sans lui adresser la parole une fois, sans même tenir compte de sa présence dans cet appartement. Et il avait fallu que cet indien débarque pour que toutes mes résolutions me quittent et me laissent couler. En même temps, l'éviter m'avait demandé un effort surhumain, cela m'avait tellement été difficile qu'au final, ma volonté n'attendait que ça, voler aux éclats. Le savoir à côté m'a rendue malade tout ce temps. Tous ces moments où je m'ennuyais éperdument, relisant le peu de bouquins que j'avais pensés à emporter avec moi, que je connaissais désormais par cœur, jusqu'au bout des ongles. Les journées étaient plutôt pas mal, j'avais Rosalie qui me tenait compagnie, et sa présence m'apaisait. Avec elle je n'avais pas besoin de parler de moi si je n'y tenais pas, je pouvais rester secrète sur ma vie sans qu'elle ne s'en sente offusquée. Et je savais que si un jour je voulais me confier à elle, je le pourrais. J'aimais bien l'idée que Rosalie ne me connaisse pas, au moins avec elle je pouvais ressembler à n'importe qui, être n'importe qui… même si ma vie à Phoenix avait été une multitude de banalité et d'ennui. J'avais toujours été une fille ordinaire, me fondant dans le paysage, une fille que personne ne remarque. Mais les gens là bas me connaissaient quand même. Ils me désignaient même, d'une certaine façon. Seulement ça, ce n'était pas de ma faute, mais de la sienne. C'était lui que les gens visaient, lui que les gens pointaient du doigt. Et c'est de sa faute à lui si l'on m'a pointée également.

Mais tout ça c'était du passé, aujourd'hui je n'étais plus personne, pour qui que ce soit. Et je devais avouer que ça me plaisait bien, voilà pourquoi j'appréciais la présence de Rosalie. C'est le soir que j'appréhendais toujours avec autant d'anxiété. Lorsqu'il rentrait, peu après le départ de Rosalie, je m'empressais à chaque fois de me réfugier dans la chambre, et tentais pas tous les moyens de passer le temps, lisant indéfiniment les mêmes bouquins. Mon objectif était surtout de me tenir éveillée et de ne pas m'endormir. Je détestais dormir, dès que j'avais le malheur de fermer les yeux l'espace d'une seconde, une vague de cauchemars m'envahissaient et me faisaient souffrir à nouveau ce moment si douloureux. Je les voyais, me regardant avec haine et me dire que je les avais laissés tomber, que je les avais abandonnés, que je n'étais qu'une égoïste… et je me voyais moi, sanglotant et implorant leur pardon comme s'il représentait la clé pour une absolution totale. Mon absolution.

Seulement jamais je n'obtiendrai un jour leur pardon, et je ne pourrai donc jamais être en paix avec moi-même. Je devais probablement être damnée pour mon inaction, pour mes actes irréfléchis et immatures, voilà pourquoi j'étais condamnée à errer dans l'antre d'un tueur. Ou alors, explication plus rationnelle, je m'étais juste trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, et connaissant ma poisse légendaire, cela était tout à fait plausible. Plusieurs fois j'avais eu envie de fermer mon livre et de sortir de la chambre pour voir ce qu'il faisait, ou même pour lui parler. Parce que savoir que quelqu'un, aussi monstrueux soit-il, vit dans le même appartement, ça attise de la curiosité et de l'intérêt. C'était ça mon problème, j'étais bien trop curieuse. Même le soir du meurtre auquel j'avais assisté, ça avait été ma curiosité maladive qui avait valu ma perte. Je ne devrais pas être fascinée par ce personnage, mais je l'étais. Malgré moi, malgré le fait que mon seul souhait soit de ne jamais plus l'avoir en face de moi, c'était plus fort que moi et ma stupide volonté. J'étais fascinée par ce tueur sans scrupule. Et chaque jour, ma volonté faiblissait et mes résolutions s'amoindrissaient un peu plus, rendant presque impossible cette envie irrépressible de pousser la porte et de le confronter, de voir son visage fascinant et d'entendre cette voix fascinante. Je savais que je rendais les choses plus difficiles en refusant le moindre contact – quoi que ce n'était surement plus qu'une question de temps avant que je ne finisse par céder – et que le temps et les jours passeraient beaucoup plus rapidement si j'acceptais sa compagnie, puisqu'apparemment c'était la seule dont j'avais le droit, lorsque Rosalie n'était pas là. Mais il le fallait, afin que je ne me mette pas à le considérer comme un être humain. Car si je commençais à voir ses bons côtés et à l'apprécier, j'étais perdue.

Et bien sûr, ce Jacob répugnant en avait décidé autrement. Il avait décidé un beau jour qu'il fallait mettre fin à mes jours et était venu me foutre la peur de ma vie en m'agressant. J'étais tranquillement en train de relire pour la énième fois un de mes bouquins dans la chambre, quand j'avais entendu du tapage à l'extérieur de la chambre. J'avoue avoir été intriguée car je distinguais très mal les voix et ce qu'ils se disaient, mais de ce que j'avais déduit, Edward était en train de se disputer avec quelqu'un. Naturellement, un assassin ne peut pas avoir que des amis… sur le coup je n'y avais pas prêté beaucoup d'attention, car la raison de leur dispute ne m'intéressait pas le moins du monde. J'aurais pourtant dû…

Il y avait eu ce silence de mort et j'avais cru que l'inconnu était parti. Mais je l'avais vu débouler dans la chambre avec une rapidité qui m'était déconcertante. Il s'était empressé de venir à ma rencontre et de me malmener. Il m'avait soulevée du lit en m'empoignant par les cheveux, m'arrachant un cri de surprise et de douleur, tandis que le livre m'avait glissé des mains. Puis il m'avait étranglé avec force, me faisant hoqueter plusieurs fois. J'avais essayé de crier à plusieurs reprises et de me débattre, mais sans grand succès. Et puis je m'étais demandée où était Edward. Je pleurais, gémissais en espérant qu'il entende. Mais pourquoi ne venait-il pas ? J'avais prié pour qu'il vienne, et j'avais réalisé. J'avais compris qu'il ne viendrait pas, après l'attitude déplorable que j'avais eue avec lui. Et le pire dans tout ça, c'est que je ne lui en voulais même pas, je le comprenais. Je l'avais rejeté, dédaigné, méprisé… il devait surement me rendre la pareille en le laissant me tuer. Je ne lui en voulais pas, il avait tout à fait raison, je ne vois pas pourquoi il viendrait me secourir alors après avoir refusé sa compagnie. Je ne craignais pas la mort de toute façon, elle pouvait venir me chercher, je l'accueillais sans mal ni frayeur. Le plus étonnant, fût que lorsque j'avais senti mes membres lâcher, mes sens m'abandonner et que je m'étais vue partir, j'avais été sincèrement étonnée que ma dernière pensée fût pour lui, et que mon dernier regret aura été de ne pas avoir cherché à le connaitre ni à savoir pourquoi et comment il était devenu ainsi.

Mais il était venu.

Sur le coup je n'avais pas compris ce qui arrivait, je me souvins avoir entendu un bruit fracassant, comme une porte qu'on défonce, mais mes larmes ainsi que ma vue brouillée m'avaient empêchée de voir ce qui était en train de se dérouler sous mes yeux. Je me souvins être en train de suffoquer comme une asthmatique avant que soudainement, tout ne s'arrête. La pression sur mon cou, le tiraillement dans mes cheveux, tout m'avait lâchée brusquement, si bien que j'en étais tombée, mes jambes ne pouvant plus me tenir. Je me rappelle avoir été au bord de l'arrêt cardiaque, d'avoir toussé comme une dératée et d'avoir tenté de reprendre ma respiration comme si je venais de courir un marathon des plus éprouvants, une main sur mon cœur qui battait à tout rompre, prêt à sortir de ma poitrine, la respiration frénétique et incontrôlable. Et mes larmes ne s'étaient pas taries, elles amplifiaient même. Je n'arrivais pas à croire ce que j'avais sous mes yeux sanglotant. Edward était vraiment venu me sauver, malgré mon comportement des plus farouches et des plus inflexibles. Il était carrément en train de se battre pour moi, une fille insignifiante qui l'a ignoré et dénigré. Je distinguais difficilement ce qui se passait autour de moi, mais j'arrivais tout de même à le voir en train de cogner cet indien imposant. Moi qui avais qualifié Edward de monstre à maintes reprises, je me rendais compte maintenant que ce n'était rien comparé à ce Jacob Black. Rien que de penser son nom, mon corps en frémissait de tout son long. Ce que je ne comprenais pas, c'était pourquoi Edward ne le laissait pas me tuer et prenait ma défense. Il connaissait cet indien, il bossait avec lui, et pourtant il se le mettait à dos à cause de moi. Il se mettait lui-même dans une situation délicate en me sauvant la vie. Je regrettais à présent de l'avoir défini comme un ennemi qu'il faut à tout pris éviter. Mais au fond de moi, je savais très bien que tout mon mépris ne lui était pas entièrement destiné. Je lui mettais sur le dos, ce dont moi-même j'avais été victime, je le blâmais pour quelque chose qu'il n'avait pas fait, parce qu'il était la seule personne que je connaissais qui était capable de le faire. Et il était également la seule personne que j'avais, désormais.

Je regrettais de l'avoir désigné comme le coupable de mes propres malheurs.

J'ignorais si j'étais en train de pleurer à cause de la douleur, de la terreur que j'avais éprouvée, de soulagement ou simplement parce que je culpabilisais de mon comportement… probablement pour tout à la fois. Lorsque j'entendis la voix d'Edward s'élever et clamer que j'étais sous sa protection, une nouvelle vague de larmes m'avait assaillie. Il ne m'en voulait même pas pour mon comportement, il s'entêtait toujours à vouloir préserver et sauver ma vie misérable. Pourquoi ? Que gagnait-il à me protéger ? Il avait tout à perdre. Et puis pourquoi se comporter ainsi envers une personne qui l'a injurié et diffamé ? Les monstres n'agissaient pas de cette façon, seul… un être humain pouvait se comporter ainsi… quelqu'un qui avait du cœur. Est-ce qu'Edward avait un cœur ?

Je me sentis soudainement seule dans la pièce, et un froid incommensurable s'empara de moi, me faisant frissonner. Les genoux repliés sur moi, je me balançais d'avant en arrière, espérant faire disparaitre cette froideur insupportable. Mes sanglots étaient silencieux, et inconsciemment, j'espérais qu'Edward revienne. J'ignorais pourquoi mais à cet instant, j'avais besoin de lui. Je ne voulais pas qu'il me laisse seule maintenant, j'étais même prête à m'excuser pour l'avoir repoussé, mais pitié, qu'il ne me laisse pas toute seule. Je n'en pouvais plus d'être entourée de gens mauvais, dénué de toute âme et cœur. Il était la seule personne aux alentours, qui apparemment ressemblait à ce qui se rapprochait le plus d'un être humain. Jamais un jour, je n'aurais imaginé être tombée tellement bas que la seule présence que je désirais était celle d'un meurtrier. Je devais surement être pathétique. Je commençais à haleter, tellement j'avais froid, j'avais l'impression que mon corps se congelait petit à petit, que mon cœur n'était plus qu'un cœur glacé, j'avais besoin de chaleur. Je pleurais toujours sans bruit, reniflant et respirant de façon hachurée à cause de mon sentiment de froideur, comme si à tout moment je m'apprêtais à congeler sur place.

Puis j'entendis toquer à la porte, et je me raidis en craignant qui cela pouvait être. Ma tête se baissa et je regardais mes genoux, ne voulant pas connaître l'identité de la personne qui venait si ce n'était pas Edward. Intérieurement je priais pour que ce ne soit pas à nouveau quelqu'un qui veuille me tuer, quoi qu'en y réfléchissant bien, une personne souhaitant me tuer n'aurait certainement pas toqué à la porte… Heureusement, ce fût sa voix que j'entendis. Edward avait fini par revenir, je n'allais finalement pas mourir de froid comme je le présumais. Mon corps se tendit, accueillant les ondes de chaleur que sa présence m'envoyait. Je n'avais plus besoin de bouger ni de me balancer, puisque mon corps se réchauffait tout seul, progressivement. Je l'entendais me parler, mais n'écoutais ni ne comprenais un traitre mot de ce qu'il me disait, je voulais simplement qu'il reste là et qu'il continue à me parler. Je le sentis se rapprocher de moi, et instinctivement mon cœur se mit à battre plus rapidement. J'en fus plutôt étonnée puisque je ne le craignais pas. C'était d'ailleurs la toute première fois, depuis que j'avais rencontré Edward, que je n'avais pas peur de lui. Alors pourquoi est-ce que mon cœur battait toujours avec rapidité ? Je mis ça sur le compte du choc des derniers évènements, jusqu'à ce que je sente alors une pression sur mon épaule. Son contact accentua les battements frénétiques de mon pauvre cœur. C'était la première fois qu'il me touchait, depuis la fois où il m'avait menacée après mon premier réveil ici. Cela différait toutefois de la première fois, puisqu'il s'agissait d'un contact de tout ce qu'il y a de plus doux. Et pourtant mon cœur battait toujours avec force, comme s'il désirait s'extirper de ma poitrine, tellement les battements étaient puissants, au point d'en être douloureux. J'ignorais totalement la raison et la nature de cette tension qui m'habitait, pourquoi je réagissais de cette façon alors que je n'étais pas effrayée, ou du moins j'avais l'impression de ne pas l'être. Apparemment mon corps réagissait sans que je ne lui en donne le commandement. J'étais même certaine qu'il pouvait entendre mon cœur battre, à un point que j'en étais même honteuse. J'espérais qu'il mette ça sous le coup de la peur, car s'il me demandait pourquoi, je ne saurais quoi lui répondre, dans la mesure où je n'en savais rien du tout.

Je le sentis se rapprocher un peu plus, apportant encore plus de chaleur en moi. Je n'avais plus ce sentiment de froideur à l'intérieur, mais je savais qu'il reviendrait si Edward venait à s'éloigner. Il décroisa mes bras enroulés autour de mes jambes et je le laissai faire, appréciant cette proximité, à mon plus grand étonnement. Peut être que j'avais tellement été sujette à des infamies inhumaines récemment, que le moindre contact s'apparentant à celui d'un être humain m'était appréciable et satisfaisant. Je ne m'étais même pas rendue compte qu'il m'avait soulevée pour me reposer sur le lit. À la vérité je m'en fichais un peu d'être par terre ou sur un lit, tant qu'il restait avec moi. Je ne pouvais pas supporter plus, tout en étant seule. Il me fallait une présence et contre toute attente, c'était la sienne qu'il me fallait. Je n'osais pas le regarder, je n'osais même pas bouger d'un pouce cœur battait toujours la chamade de façon inexplicable, provoquant ainsi des tremblements. Il parla à nouveau mais là encore, j'étais un peu trop bouleversée pour comprendre un traitre mot. Ce fut lorsqu'il me lâcha que je finis par prendre conscience du moment présent et réagir. Je relevai la tête et décidai de le regarder, pour la première fois depuis des semaines.

Il allait partir, il allait me laissait seule. À cette pensée le froid revint prendre possession de mon corps et la panique s'insuffla en moi petit à petit. Non il ne pouvait pas s'en aller et m'abandonner. J'avais besoin de lui, mon sang se glaçait et ma respiration se hachurait, tandis qu'il se levait. Il fallait que je bouge, que je dise quelque chose, que je l'empêche de s'en aller car je ne pourrais pas le supporter. Je devais surement avoir perdu la tête pour avoir de telles pensées, comme si sa présence m'était indispensable. Surement l'effet du choc en vue de ce qui s'est passé avec l'indien, ou alors il s'agissait d'un accumulé depuis tout ce qui m'était arrivé à mon départ de Phoenix, ce qui avait détraqué mon cerveau et avait fait de moi une timbrée. Parce qu'il ne fallait pas oublier qu'il s'agissait d'Edward, le tueur qui me retenait captive, donc désirer sa présence aussi ardemment relevait de l'irrationalité la plus complète.

Alors prise de folie je l'avais empêché de partir et l'avais supplié de rester.

Jamais je n'avais eu autant de mal à ouvrir la bouche pour sortir un son. J'avais eu l'impression que ma voix m'avait quittée, tellement il m'avait été difficile de parler. Je voulais à tout pris qu'il reste, mais lui dire de vive voix après toutes les fois où je l'avais évité et renié, me paraissait ridiculement honteux de ma part. J'aurais pensé qu'il refuserait, après tout pourquoi voudrait-il perdre son temps avec une ado détraquée ? Parce que oui, avec toutes les pensées contradictoires qui accaparaient mon esprit depuis l'attaque de l'indien, on pouvait désormais me considérer comme gravement atteinte psychologiquement. Mais à ma plus grande surprise, il avait accepté de rester et de se rassoir à coté de moi. Il avait surement dû voir à quel point j'étais désespérée et ne désirais pas me retrouver seule, et avait alors eu pitié de moi. Je ne lui en voulais pas, j'étais pitoyable, je le consentais.

Il m'avait regardée sans rien dire, et j'avais consenti à faire pareil, me retrouvant pour la première fois depuis cette nuit meurtrière, véritablement plongée dans son regard vert émeraude, au point de ne pouvoir détacher mon regard. Le soir du meurtre de cet homme, j'avais trouvé le vert de ses yeux incroyablement sombre et… impitoyable, ce qui m'avait foutu la chair de poule. Mais là c'était autre chose. Un sentiment plus complexe. Le vert de ses yeux était beaucoup plus clair et profond, ce qui me permettait d'entrevoir l'âme dissimulée tout au fond. Il laissait apparaitre son coté humain, il me laissait le voir, alors que d'habitude il refusait de laisser filtrer la moindre émotion. J'aurais voulu détourner le regard, mais j'en étais incapable, ses yeux étaient bien trop hypnotiques pour me permettre de regarder ailleurs que dans ses pupilles. On aurait dit un océan émeraude brillant et scintillant, où l'on n'a qu'une seule envie, plonger la tête la première et l'explorer. Je commençais à comprendre alors la signification de ce proverbe : Les yeux sont les fenêtres de l'âme. Je comparais ses yeux à un océan intriguant, et c'était exactement ce qu'était Edward. Un vaste océan inconnu fourmillant de milliers de questions sans réponse et de mystères non élucidés qu'on désirait ardemment percer à jour.

À ce moment la seule question qui me venait à l'esprit, et sans doute la plus importante était : Qu'est-ce qui avait bien pu conduire une personne qui semblait des plus humaines, à choisir cette vie et à se transformer en monstre ?

Je comprenais de plus en plus la position de Rosalie et ce qu'elle avait à plusieurs reprises tenté de m'expliquer. Tout n'est ni tout blanc ni tout noir… peut être qu'Edward tuait un bon nombre de gens, mais avec tout ce auquel j'avais assisté et appris récemment, il existait bien pire que lui. Et puis pour un ravisseur, j'aurais pu tomber sur pire. Il aurait pu se montrer odieux, m'attacher dans un coin, m'interdire de parler ou de manger. Il aurait pu me tuer aussi… il n'avait rien fait de tout ça, ce qui était plutôt contradictoire avec son statut de meurtrier sans scrupules. En fait pour conclure, Edward était une source de contradictions.

À mesure qu'il me regardait, l'air légèrement étonné – ce que je pouvais aisément comprendre dans la mesure où j'avais toujours refusé tout contact visuel avec lui – je réalisais que j'avais besoin de plus. Ce faible contact ne me suffisait pas. Mon corps se sentait toujours froid, moins frigorifié que tout à l'heure, mais toujours pas suffisamment réchauffé. J'ignorais si c'était l'effet du choc que me causait un tel bouleversement, peut être avais-je seulement besoin d'une présence avec moi pour me rassurer que cet indien n'allait pas revenir, mais j'avaisréellement besoin d'un contact plus fort et plus concret.

Aussi je n'avais pas hésité à faire une chose folle et inconsciente que jamais je n'aurais cru faire un jour. Je m'étais réfugiée dans ses bras, passant mes bras dans son dos et collant ma tête près de là où résidait son cœur, si bien que je pouvais l'entendre batte à une allure régulière. J'avais senti son corps se raidir, surement sous le coup de l'ébahissement. Il devait sans doute se demander ce qui me prenait pour agir aussi impunément. Il ne réagissait pas, il restait immobile, telle une statue, tandis que je lâchais prise et me mettais à pleurer.

Je craquais pour tout ce qui m'était arrivé récemment, à Phoenix comme ici, à Chicago. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant laissée aller de cette façon. Mais j'étais incapable de pouvoir en supporter plus. Je n'avais que dix sept ans bon sang ! Je n'étais pas du genre à m'apitoyer sur mon sort, ni à me faire plaindre… mais j'estimais avoir le droit de pleurer un bon coup. À la fois mon malheur comme ma culpabilité qui me rongeait de l'intérieur. Je pleurais en demandant silencieusement pardon à mes parents, pour les avoir laissés tomber de façon aussi lâche. Et je pleurais parce que quoi que je fasse, ils ne me pardonneraient jamais. Je les avais perdus, et j'en étais malade. Et puis combien de fois avais-je failli me faire tuer en si peu de temps ?

Tout doucement, je sentis ses bras se refermer maladroitement sur moi. Il me tapotait le dos avec gaucherie, ce qui faillit me faire sourire. Je mettais ma main à couper qu'il n'avait pas l'habitude de faire ça. D'ailleurs je me posais la question. Depuis combien de temps n'avait-il pas serré une fille dans ses bras ? Cela dit sa maladresse ne me dérangeait pas tant que cela, au contraire elle m'amusait… un peu. Mon cœur effectuait plusieurs battements irréguliers, tandis que le froid s'en allait peu à peu. Sa présence m'apportait une chaleur que je ne m'expliquais pas, l'étreinte de ses bras me réchauffait et la pulsations de son propre cœur me calmait et me détendait. Je soupirai à plusieurs reprises, définitivement apaisée, j'étais même capable de m'endormir comme ça, maintenant. Je me serrais davantage, cessant peu à peu mes lamentations, tout en pensant à l'ironie de la situation.

Moi, Isabella Swan, enlaçait un assassin, et accessoirement mon kidnappeur. Folle n'était pas un adjectif assez puissant pour me caractériser, ça c'était une certitude.

Tant pis pour la rationalité et la raison, j'en avais marre de luter et de le voir comme mon ennemi. Après tout il m'avait sauvé la vie à plusieurs reprises, si je puis dire. Et puis s'il fallait faciliter la cohabitation, je pouvais bien essayer de faire un effort. Il en faisait lui, en tentant de se comporter le plus humainement possible. Et sans le vouloir, son attitude lunatique suscitait mon intérêt. Il se cachait derrière une façade dure et intransigeante, ce qui m'intriguait au plus au point. De plus, si j'arrivais à tisser un lien « amical » avec lui, peut-être pourrais-je négocier mon ticket pour la sortie. Donc non, essayer de lui parler et d'être sociale avec lui ne pouvait définitivement pas me faire de mal.

Je relevai alors la tête après avoir reniflé disgracieusement, pour le regarder. Je pus voir qu'apparemment, il était soucieux de mon état. Il est vrai qu'il devait penser que j'avais perdu l'esprit avec tout ce changement de comportement, cette attitude d'abord distante, puis insistante… Je me sentis rougir à le regarder dans les yeux comme ça, je n'étais pas habituée à l'affronter, à soutenir son regard qui m'intimidait horriblement, de par sa profondeur et son intensité. Je me mis inconsciemment à lui sourire, réalisant que c'était la première fois en trois semaines que je m'autorisais à baisser ma garde.

« Merci. » Murmurai-je sincèrement, les yeux encore embués par mes précédents sanglots.

Je lui étais reconnaissante pour plusieurs choses. De m'avoir sauvé la vie à plusieurs reprises, de ne pas m'avoir privé de trop de libertés, de faire son maximum pour me rendre la vie plus facile, malgré que je n'aie pas été très coopérative, et surtout, d'être resté avec moi et de ne pas m'avoir laissée seule, a ce moment même, quand j'avais eu terriblement besoin de sa présence.

Il me regarda avec une lueur étrange dans les yeux, toujours aussi surpris par ma soudaine docilité. Je ne me départais pas de mon sourire, amusée par son air éberlué. Il finit enfin par se reprendre et secoua légèrement la tête, comme pour se concentrer, avant de m'adresser un léger sourire.

« Pas de quoi. » Répondit-il, un peu hésitant. (N/Dazzling: ça me fait marrer, Edward le tueur mal à l'aise)

Il s'écarta, ne supportant apparemment plus notre proximité. Cela me soulagea car je commençais à être mal à l'aise. Cela dit, j'étais un peu décontenancée car en le voyant, on aurait vraiment dit que me prendre dans ses bras lui avait demandé un effort surhumain. Et ça je ne savais pas vraiment comment l'interpréter. Un silence embarrassant se créa, où aucun de nous ne savait quoi dire. Ce silence m'incommodait, je voyais son regard sonder la pièce dubitativement, sans jamais se poser sur moi, comme s'il n'osait pas me regarder. Apparemment il ne semblait pas du tout enclin à parler le premier. Je réprimai un soupir et me décidai à combler le silence qui devenait vraiment pesant.

« Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne me porte pas dans son cœur. » Lançai-je avec gêne. Il posa alors son regard sur moi, étonné que j'aie osé prendre la parole. Il fronça les sourcils.

« Jacob n'est pas méchant. » Pointa-t-il avec un air maussade. « Il est juste… impulsif. Et idiot. » Rajouta-t-il avec mépris. « Idiot n'est même pas un adjectif assez puissant pour le qualifier, je pense. » (N/Yoro: Je suis bien d'accord avec toi…) (N/Dazzling: je confirme)

« Tu n'as pas l'air de l'apprécier. » Devinai-je, en voyant le dégout avec lequel il s'était exprimé. Il me regarda avec curiosité.

« Parce que tu le trouves appréciable ? » Argua-t-il en haussant un sourcil.

« Bien sûr que non ! » M'emportai-je soudainement, horrifiée. « Il a essayé de me tuer, et puis il est assez terrifiant… dans son genre. » Fis-je, tandis que mon corps fut parcouru d'un frisson. Il resta silencieux, avant de finir par baisser les yeux, apparemment… coupable.

« Je tiens à m'excuser. » Murmura-t-il. « Je t'avais dit qu'il n'oserait pas venir ici et que tu étais en sécurité, mais apparemment je me trompais… »

Je le regardai étonnée. Je ne comprenais pas pourquoi il s'excusait pour ça. Ce n'est pas lui qui avait voulu me brutaliser, et puis au final il était intervenu alors je ne voyais pas en quoi il avait à se sentir coupable. J'haussai les épaules.

« Tu ne peux pas prévoir l'avenir. » Répondis-je avec gêne. « Alors… c'est pas très grave. »

Il me sonda du regard, silencieusement, ce qui me dérouta et me mit mal à l'aise.

« Pour répondre à ta question, même avant que tu ne débarques, je ne l'appréciais pas du tout. » Reprit-il. Je clignai des yeux, légèrement curieuse.

« Pourquoi ? » M'enquis-je. « Je pensais qu'entre assassins vous vous entendiez tous comme des cousins. » Marmonnai-je avec acidité.

Il entrouvrit la bouche, surpris par mon changement de ton. Ses yeux s'obscurcirent, le si beau vert que j'appréciais laissait place au fameux vert sombre et imposant qui me faisait frémir au plus haut point. Sa bouche se pinça et ses traits se durcirent. Puis il se leva subitement, et me lança un regard peu amène. Je venais apparemment de l'énerver…

« Mais qu'est-ce que tu crois ? » S'exclama-t-il en haussant la voix, me faisant sursauter. « Que parce qu'on a le même patron et qu'on est tous les deux des monstres on va aller boire un verre ensemble ? Tu ne sais rien de ce monde là Bella, alors ne parle pas de choses dont tu ignores tout ! »

Je m'étais recroquevillée sur le lit durant son agression, mes membres tremblaient comme des feuilles, tellement il était effrayant à cet instant. J'ignorais ce que j'avais dit de mal et en quoi je l'avais offensé, mais une chose est sûre, c'est qu'il n'avait plus rien avoir avec l'être humain que j'avais eu devant moi il y a quelques minutes. Comment pouvait-il s'emporter de cette façon en si peu de temps ? Avec une seule parole ? Je n'avais pourtant rien dit, tout ce que j'avais fait avait été de poser une simple question. D'accord, j'avais été légèrement sarcastique, mais tout de même ! Je ne pense pas avoir été blessante… Une autre chose me chiffonnait. Il s'était qualifié de monstre tout seul, sans pour autant que ça ne lui fasse quoi que ce soit… C'était comme si… comme s'il s'était résolu à être quelqu'un de monstrueux, et que ça ne le dérangeait pas, qu'il s'en fichait… Comment pouvait-on réagir dans cet état d'esprit ? Se souciait-il aussi peu de son âme et de son sort, que pour lui être un homme bien n'était pas important et que ressembler à un monstre lui plaisait ? Aimait-il ce coté inhumain de sa personne ?

Sans le réaliser mon cœur effectuait des battements étonnamment forts et rapides, et je luttais pour réfréner quelques larmes qui montaient.

« J… Excuse-moi. » Bredouillai-je, complètement désarmée et apeurée, la tête posée sur mes genoux repliés.

Son regard se fit insistant, avant que sa fureur ne finisse par diminuer progressivement. Je l'entendis soupirer lourdement, probablement pour se calmer, tandis que ses traits se déridaient progressivement. Je n'osais pas relever la tête, j'étais encore bien trop effrayée par son attitude soudaine et inexplicable. Il y eut un nouveau silence, pendant qu'il se détendait. Je m'octroyai un regard en sa direction et pus constater que son regard assombri s'était éclairci pour redevenir l'émeraude intense que j'appréciais. Il restait cela dit, un peu trop sombre pour que j'en sois rassurée. Il soupira une nouvelle fois, s'apprêtant à partir. Je clignai des yeux et relevai alors la tête, effarée. Il allait partir comme ça ? Sans un mot de plus ?

Il m'accorda un dernier regard presque… désolé ? Puis se détourna vers la porte. Je le suivis du regard, incrédule, avant que son pied ne bute tout à coup dans quelque chose.
Il étouffa un juron et se baissa pour voir sur quoi il avait marché, le tout sous mon regard presque amusé. Je vis ses yeux s'agrandir de stupeur, tandis qu'il ramassait un livre. Mon livre…

« Les hauts de Hurlevent ? » S'étonna-t-il en tournant son regard vers moi, intrigué. J'hochai la tête, embarrassée.

« Tu connais ? » Demandai-je surprise.

Un sourire naquit sur ses lèvres, tandis qu'il regardait la couverture du live que j'avais oublié.

« Tu plaisantes ? Ce bouquin était ma bible, quand j'étais au lycée. » M'apprit-il avec une pointe de nostalgie.

J'écarquillai les yeux, abasourdie. Je ne savais pas que les tueurs aimaient lire…

« T'en fais une tête. » S'exclama-t-il. « Tu pensais quoi ? Que je n'étais pas allé à l'école et que je n'avais aucune culture ? » Fit-il avec un visage amusé.

Je rougis violemment et baissai la tête, me fustigeant mentalement pour être aussi transparente.

« Désolée, je ne voulais pas t'offenser. » M'excusai-je sans toutefois le regarder. Je l'entendis émettre un rire bref.

« Je ne t'en veux pas mais… Il va falloir que tu te mettes dans la tête que ce n'est pas parce que je fais ce boulot si peu orthodoxe, que je suis si différent de toi. J'ai eu une enfance normale, une scolarité normale et contrairement à ce que tu crois, j'ai également un cerveau. » Sourit-il.

Mes rougeurs amplifièrent, et je détournai les yeux en me mordant la lèvre inférieure.

« Je n'ai jamais pensé que… enfin je ne sais pratiquement rien sur toi donc… » Bafouillai-je maladroitement, préférant ne pas continuer ma phrase chaotique.

Je vis son regard changer, passer de l'amusement à une douleur qu'il essayait de dissimuler. Son regard s'était à nouveau assombri, mais cette fois ci ce n'était pas de colère effrayante. Ce vert sombre était torturé et emprunt à une peine considérable. Comme si j'avais rêvé ce moment, son visage se ferma à la vitesse de l'éclair pour arborer un masque impassible et dénué d'émotion. Avais-je vraiment rêvé ?

« Ben maintenant tu sais que j'adore ce bouquin. » Éluda-t-il en me montrant mon livre qu'il avait dans les mains.

Je réprimai mon envie folle de le questionner sur sa vie, sachant que cela l'énerverait plus qu'autre chose, et consentis à mettre ma curiosité de coté.

« J'étais en train de le lire tout à l'heure quand… » Il hocha la tête, comprenant ce que je voulais dire.

« J'ignorais que tu avais apporté des livres avec toi. » Songea-t-il.

« Oh pas beaucoup, à vrai dire je n'y ai pas trop songé quand je suis partie… » Mon cœur se serra à cette pensée. Ce moment si douloureux de ma vie que je ne parvenais pas à oublier, que je revoyais en cauchemar, endormie comme éveillée… « Je n'en ai pris que deux ou trois. » Conclus-je en réfrénant comme je pouvais mon envie irrépressible de pleurer mes erreurs, comme je savais si bien le faire ces temps ci.

Edward me regarda circonspect, m'examinant avec attention, comme s'il attendait que je dévoile quelque chose. Mais il était hors de question que je lui dise quoi que ce soit. C'était mon drame, ma honte, je vivais seule avec. Il insista du regard quelques secondes, alors qu'un silence prenait place dans la pièce. Lorsqu'il comprit que je n'avais pas la moindre attention d'ajouter quoi que ce soit, il soupira résigné.

« En tout cas tu as du goût. » Revint-il au sujet précédent. Mes joues rosirent soudainement.

« Merci. J'aime aussi beaucoup ce livre, malgré le fait que le personnage principal soit affreux. » Il fronça les sourcils, pas vraiment du même avis.

« Au contraire, Heathcliff est le seul personnage qui suscite de l'intérêt. » Contredit-il. « C'est même le personnage de littérature auquel je m'apparente le plus, je trouve. » Songea-t-il.

Mes yeux s'écarquillèrent et j'ouvris la bouche de stupeur.

« Mais enfin il est monstrueux ! » Protestai-je choquée. Il eut un sourire au coin des lèvres.

« Il n'est pas monstrueux, il est seulement une victime qui décide de ne plus l'être et de faire souffrir ceux qui d'après lui le méritaient. Il est ce qu'on appelle un être humain. »

Je secouai la tête, incapable de croire ce que j'entendais. Heathcliff était le personnage littéraire que j'avais toujours méprisé, il était hors de question que je n'accepte son point de vue.

« Et en quoi as-tu l'impression de lui ressembler ? » Lâchai-je irritée.

« A cause de la vengeance. » Répondit-il sombrement.

J'entrouvris la bouche, légèrement surprise par son ton dur et ferme, ses traits froncés et ses yeux presque… noirs. Si l'on devait décrire la définition du mot lunatique dans un dico, il suffirait de marquer le prénom Edward, car plus lunatique que lui, tu meurs. Combien de fois avait-il changé son humeur en l'espace de dix minutes ? Un coup gentil et prévenant, un coup colérique, puis gentil à nouveau, pour ensuite paraitre torturé, et enfin devenir mauvais et noir. Mais qui était-il au juste ? Docteur Jekill et Mr Hyde ? Parce que sincèrement, il était impossible de savoir sur quel pied danser avec lui. Je voulais bien faire des efforts et nouer un dialogue, mais dans ce cas il fallait qu'il arrête de changer de facette toutes les trente secondes. Je savais qu'il pouvait se montrer normal, il l'avait déjà prouvé à maintes reprises. En réalité il n'était lunatique que lorsqu'il se renfermait sur lui-même. C'en était tellement déroutant que j'en avais vraiment mal à la tête, à force de ne plus pouvoir le suivre.

« La vengeance ? » M'enquis-je maladroitement, essayant vainement de le faire sortir de ses pensées pleines de noirceur. Il secoua la tête et cligna des yeux, semblant se rappeler soudainement de ma présence. Son visage en revanche ne se dérida pas et resta dur.

« Oui. » Confirma-t-il sans émotion. « Heathcliff est le seul personnage qui arrive à nous faire voir la vengeance comme une action appréciable et non réprimandable. Il nous la montre comme étant une bonne chose, et pas comme une mauvaise action. »

Je le regardai choquée et abasourdie.

« Parce que pour toi, la vengeance est une bonne chose ? » M'enquis-je outrée.

Il eut un rictus dédaigneux au coin des lèvres, l'esprit accaparé par quelque chose, semblable à un souvenir.

« Oh que oui, totalement. » Soupira-t-il avec conviction, ses yeux rivés sur la couverture du livre. (N/Dazzling: je dois être aussi taré que lui, je suis d'accord avec)

Mes sourcils se froncèrent et je restai songeuse, réfléchissant et tentant de décortiquer son attitude qui me donnait je devais l'avouer, la chair de poule. À cet instant il m'inquiétait. Ses pensées m'effrayaient. Soit il avait un esprit détraqué, soit il était juste torturé par quelque chose… Probablement les deux. Il devait être torturé par un évènement passé, ce qui l'avait rendu complètement fou et détraqué. Ça expliquerait tous ses changements d'humeur à la minute. Je décidai de poser la question qui me brulait les lèvres, au risque d'avoir une nouvelle crise de fureur de sa part.

« Est-ce que tu t'es déjà vengé ? »

Ma voix s'était faite timide et hésitante, craignant d'avoir dépassé les bornes. Cependant je n'avais pas pu m'empêcher de réfréner ma curiosité et de le regarder avec un réel intérêt. Contre toute attente, il n'eut pas la réaction auquel je m'attendais. Il n'entra pas dans une colère noire, il ne me jeta pas de regard noir et intransigeant. Il se contenta simplement de relever la tête de la couverture et de me regarder avec effarement, la bouche entrouverte. Je vis son visage se crisper, comme s'il tentait de réprimer une émotion qui s'apprêtait à ressurgir et qu'il ne tolérait pas. Puis il se recomposa une impassibilité, le tout sous mon regard ébahi et légèrement pantois.

« Viens avec moi, je vais te montrer quelque chose. » Déclara-t-il abruptement, me prenant de cours.

Il me fit signe de le suivre hors de la pièce et je lui lançai un regard médusé.

« Qu'est-ce que tu vas me montrer ? » Demandai-je, pas très rassurée. Il leva les yeux au ciel, un léger sourire au coin de la bouche.

« Viens et tu verras. Je ne vais pas te manger tu sais. » Ironisa-t-il.

Je lui lançai un regard peu amène et pas très rassuré, avant de consentir à me lever du lit. Je m'approchai de lui d'un pas hésitant, comme si je craignais qu'il ne me fasse quoi que ce soit, ce qui l'amusa. Une fois à sa hauteur, il ne se départit pas de son sourire et me tendit mon livre. Je le pris et il se détourna, sortant de la chambre en m'incitant à le suivre. Je restai d'abord immobile, me demandant si je devais vraiment le suivre ou s'il ne s'agissait pas d'une embuscade. Peut être qu'il n'avait pas apprécié que j'ose lui poser une telle question et qu'il était dans l'intention de me punir… D'un autre côté je ne pouvais m'empêcher d'être curieuse et de me dire que si ce qu'il voulait me montrer avait un rapport avec la question que je lui ai posée, je devais en avoir le cœur net.

Je me décidai donc à le suivre, tandis qu'il marchait dans le couloir de l'appartement.

« Est-ce une façon pour toi de détourner le sujet, ou est-ce que tu comptes répondre à ma question ? » M'enquis-je en suivant ses pas, jusqu'à ce qu'il s'arrête devant la porte du fond du couloir. Porte à laquelle je n'avais jusqu'ici, que peu prêté attention. En même temps, les rares fois où je m'étais montrée curieuse et avais tenté de l'ouvrir, elle était verrouillée.

« Je ne répondrai pas à ta question Bella. » Répondit-il avec un semblant d'amusement dans la voix. Je le vis sortir une clé et le regardai intriguée.

« Donc c'est une façon de détourner le sujet. » Conclus-je avec déception. Il laissa échapper un rire.

« Tu apprendras… » Commença-t-il en tournant la clé dans la serrure. « Que je suis le maître pour ce qui est d'éluder. Et je suis persuadé que tu vas vite oublier tes questions lorsque tu entreras là dedans. » Fit-il en appuyant sur la poignée de la porte.

« J'ai toujours cru qu'il s'agissait d'un placard. » Fis-je avec crainte.

« Pourquoi est-ce que je garderais cette pièce fermée à clé s'il s'agissait d'un placard ? » Argua-t-il en haussant un sourcil. J'haussai les épaules.

« C'est peut-être un placard rempli de cadavres. » Répliquai-je innocemment. Il sourit.

« Dans ce cas l'odeur qui en émanerait serait infecte. » Renchérit-il en ouvrant la porte et en me faisant signe de la tête de m'approcher. Je m'approchai alors de lui et sondai la pièce du regard, avant d'y pénétrer.

Il s'agissait d'un bureau moderne et bien ordonné. Sur le coup je ne compris pas vraiment pourquoi il m'emmenait là, mais lorsque mon regard dériva sur le coté de la pièce, j'en restai scotchée. Les murs étaient entièrement longés par de grandes étagères remplies de livres. J'avais l'impression de me retrouver dans une bibliothèque, mon paradis personnel. La pièce était ronde, les étagères formaient donc un arc de cercle. Au loin j'apercevais même un pouf. Je dus avoir un visage émerveillé puisque je l'entendis émettre un léger rire, m'interrompant dans ma contemplation. (N/Yoro: J'avoue, t'aurais pas pu trouver mieux pour détourner son attention lol)

« J'en déduis que ça te plait. »

Je me tournai vers lui, et me mordis la lèvre.

« Cette pièce est incroyable… » Murmurai-je impressionnée. « Et en plus il n'y a pas de cadavre. » Fis-je remarquer en masquant mon sourire. Il secoua la tête amusé mais ne releva pas.

« Je me suis dit que si tu aimes les livres, ben cet endroit peut servir à quelqu'un. » Je fronçai les sourcils.

« Tu n'y vas jamais ? » M'étonnai-je. Ce type possédait une bibliothèque incroyable et il n'en profitait pas ?

« A vrai dire je n'ai pas vraiment le temps et… » Il soupira, comme en proie à des pensées lointaines. « Et puis j'ai un peu perdu le goût de lire au fil des années. » Avoua-t-il difficilement.

Je le regardai incertaine. Quelques fois j'en oubliais qu'il était un meurtrier. Il y a quelques semaines, c'est lui-même qui m'avait dit qu'il n'avait aucun problème de scrupule, ni de conscience… mais en vue de ses réactions, je commençais à me demander si c'était vraiment le cas, car il semblait plutôt rongé par quelque chose. Quelque chose qu'il s'entêtait à vouloir oublier, et qu'il tentait par tous les moyens de ne pas faire ressortir. Je n'étais pas du genre curieuse, mais là cet homme m'intriguait et je ne pouvais m'empêcher d'avoir envie de déceler et de découvrir ce qu'il renfermait au fond de lui.

« Pourquoi gardes-tu cette pièce fermée à clé ? » Demandai-je intéressée.

Je crus que ce changement de sujet allait le dérider et le faire oublier ses souvenirs qui semblaient apparemment lui être douloureux, mais je me trompais. J'eus l'impression que cela empira, à mesure que son regard se voilait. Puis en un éclair, il secoua la tête et son visage prit l'apparence d'une statue impassible et presque… sèche.

« Parce que justement je n'y vais pas très souvent. » Répondit-il avec froideur, d'un ton qui montrait clairement que le sujet était clos.

Son changement de ton me déconcerta et me fit froid dans le dos. Apparemment il s'agit d'un sujet qui fâche. Peut être qu'un jour j'aurais l'occasion de lui poser la question et de savoir pourquoi il avait un problème avec cette pièce, puisque d'après son comportement, il en avait un. Autrement pourquoi réagir aussi violemment ? Et qu'est-ce qu'il voulait dire par, pas très souvent ? Qu'il entrait dans cette pièce une fois par semaine ? Une fois par mois ? Décidément, plus je parlais avec lui, et plus Edward représentait une énigme indéchiffrable. (N/Dazzling: elle a pas mal au crâne avec toutes ces questions.. * roule des yeux*)

« Je vois et… et tu veux bien que je vienne ici ? » Bafouillai-je piteusement. Il hocha la tête et se passa une main dans les cheveux, mal à l'aise.

« Je me dis que tu t'ennuieras peut être moins, comme ça. » Répondit-il embarrassé.

« Tu es sûr que ça ne te dérange pas ? » Insistai-je. « Parce que si tu n'aimes pas laisser ce bureau ouvert, c'est pas grave… »

« C'est bon Bella. » Me coupa-t-il d'un geste de la main. « Je peux bien faire des concessions. »

Je restai silencieuse, la bouche à moitié ouverte tandis qu'il fixait des yeux un point dans l'horizon. Vu son regard lointain, on aurait dit qu'il était à des milliers d'années lumières du moment présent. J'avais le sentiment que cette « concession » dont il parlait ne représentait pas rien pour lui, que le fait qu'il accepte de me laisser entrer dans cette pièce était un énorme sacrifice qui allait à l'encontre de tout ce qu'il avait bâti comme murs et carapaces autour de lui. Pourquoi se dévouait-il ainsi pour moi ?

« Merci. » Murmurai-je touchée. « C'est vraiment gentil. » Il sembla se détendre et détourna les yeux, un air gêné prit place sur son visage.

« Euh ouais… de rien. » Marmonna-t-il confus. « Écoute il faut que je m'absente quelques minutes. » Annonça-t-il tout à coup. « Est-ce que tu peux rester ici sans faire de bêtise ? »

Je lui jetai un regard courroucé, presque vexé.

« C'est bien ce que je fais depuis trois semaines, il me semble. » Rétorquai-je, piquée au vif.

Edward réprima un rire, avant de secouer la tête.

« Pas la peine de t'énerver, je voulais juste m'en assurer. » Fit-il remarquer avec un sourire moqueur.

« Et bah sois rassuré, je ne te causerai pas de problème. » Répliquai-je sèchement.

J'appréciais moyennement qu'on se moque de moi, je n'étais peut être pas une fille pleine d'assurance, je manquais de confiance en moi, mais j'avais tout de même ma fierté et mon intégrité. Et j'étais facilement irritable quand on se fichait de moi. Seulement ma réplique n'eut pas l'effet escompté, au contraire ça l'amusa encore plus, en vue de son visage amusé.

« Bon et bien puisque Mademoiselle Swan n'a pas l'air commode, je vais de ce pas la laisser seule. » Ironisa-t-il, en mettant des guillemets à mon appellation.

Sur ce il se détourna avec rapidité, tandis que mon regard énervé vrillait dans son dos. Il fût bientôt hors de ma vue, me laissant seule dans ce bureau magnifique.

« Et pas de bêtise ! » Héla-t-il une dernière fois, sans aucun doute pour me provoquer, avant que soudainement je n'entende une porte se refermer.

S'il avait voulu m'énerver, bah il avait réussi. Crétin…

Réalisant où je me trouvais, j'oubliai momentanément mon orgueil et me retrouvai une nouvelle fois en train d'admirer cette somptueuse bibliothèque. Lentement, je me mis à parcourir les rangées de livres ornant les étagères. J'étais vraiment impressionnée, tout était classé et rangé selon le genre et par ordre alphabétique, comme dans les vraies bibliothèques. Je n'arrivais pas à croire qu'un assassin pouvait avoir une telle pièce chez lui. Et le pire c'est qu'il ne s'en servait même pas ! J'aurais vraiment aimé connaitre la raison de sa hantise pour ce lieu si magique. D'après ce que j'avais compris, il adorait lire lorsqu'il était au lycée… mais pourquoi détestait-il ça aujourd'hui ? Qu'est-ce qui l'avait poussé à changer autant ? De ce que j'en avais vu, il semblait en plus être intelligent et porter un réel avis sur les bouquins qu'il lisait. Dommage que je ne sois pas du tout de la même opinion que lui pour ce qui était des Hauts de Hurlevent, mais je devais avouer que tergiverser sur ce sujet n'était pas si déplaisant. Si on omettait le fait que je n'étais pas d'accord avec son point de vue, force m'était de reconnaitre qu'il était tout de même intéressant.

Tandis que je longeais les livres avec lenteur et émerveillement, je me mis à rêvasser à la dernière fois où j'avais passé mon temps dans une bibliothèque. Ça remontait à l'avant dernier matin à Phoenix. Un léger sourire mélancolique naquit sur mes lèvres, alors que je me remémorais mes bons moments dans ma ville natale. Je passais tout mon temps à la bibliothèque municipale, elle était immense, spacieuse et au moins là bas, j'étais tranquille, bien entourée, dans ma bulle impénétrable… La bibliothèque avait toujours été le seul endroit sur Terre où je m'étais sentie chez moi. Même lorsque j'étais à la maison, en compagnie de ma mère et de mon beau père, j'avais toujours senti comme un malaise à l'intérieur. Et aujourd'hui ce malaise s'était creusé en un vrai trou béant, beaucoup plus douloureux et insupportable. Je regrettais tellement mes actions… si seulement je pouvais tout effacer et retourner en arrière, je ne les aurais jamais abandonnés pour prendre la fuite jusqu'à Chicago, un endroit où je ne connaissais personne, et je serais restée avec eux jusqu'au bout, je ne les aurais pas lâchés. Je n'étais qu'une lâche au fond, une erreur de la nature.

Mes larmes se mirent à couler toutes seules, silencieusement, tandis que je feuilletais du regard la rangée Shakespeare. Y avait pas à dire, il s'y connaissait en littérature. Toutes mes œuvres littéraires étaient là, m'arrachant un sourire parmi ma mélancolie. Sourire qui s'effaça bien vite lorsque je remarquai qu'un livre manquait à cette bibliothèque. Je fronçai les sourcils et ouvris la bouche d'incrédulité.

Je rêve.

Edward possédait tout un tas de livres, et il n'était même pas fichu d'avoir Roméo & Juliette ? Je retire ce que j'ai dit, il n'y connait strictement rien en littérature. Comment pouvait-on passer à coté d'un tel chef d'œuvre de la tragédie ? Le pire était que tous les romans de William Shakespeare étaient là, bien rangés. Mais comme par hasard, mon livre préféré, il n'y était pas. Décidément, ce type avait vraiment tout pour m'énerver. Je soupirai de déception et m'emparai d'Hamlet, à défaut d'autre chose. J'allais lui en toucher deux mots lorsqu'il reviendrait. Je m'installai sur le pouf que je trouvais ultra confortable et commençai à lire, sans toutefois arriver à rentrer dans l'histoire. Trop de questions accaparaient mon cerveau, trop de tourments également…

Et puis pourquoi avait-il dû partir d'ailleurs ? Il n'avait pas l'air d'avoir quelque chose de prévu avant l'arrivée de ce Jacob, ni après d'ailleurs. Qu'est-ce qui lui avait pris de partir comme ça si soudainement ? Essayait-il d'éviter quelque chose ? Essayait-il… d'éviter cette pièce ? Cela me semblait tout de même gros. Il ne peut pas être révulsé par un endroit, c'est quand même… incroyable, et dénué de sens. Peut-être était-ce tout simplement moi qu'il évitait ? Il en avait eu marre de me voir poser des questions personnelles auquel il ne voulait pas répondre, alors en bon lâche il s'était éclipsé pour ne plus avoir à se justifier. Je me fustigeai mentalement pour mes pensées surprenantes. J'étais véritablement en train de me prendre la tête pour un tueur qu'hier encore, je méprisais. Qu'est-ce qui tournait pas rond chez moi ? Pourquoi est-ce que je m'intéressais autant à lui ? En même temps il était tellement énigmatique que c'était carrément impossible de ne pas se poser de questions. Mais je ne devrais pas lui accorder autant d'intérêt. Je ne devrais pas… (N/Dazzling: le mystère fait son charme ma belle)

Un bruit sonore me fit sursauter et me ramena au moment présent. J'entendis le bruit d'une porte, puis d'un verrouillage à clé, et compris qu'il était revenu. Depuis combien de temps étais-je en train de réfléchir ? Je n'avais même pas fait attention tellement j'étais partie dans mes songes. Ceci dit depuis que j'étais ici, j'avais pas mal perdu la notion du temps et de la réalité.

J'entendis des pas se rapprocher, puis le vis dans l'encadrement de la porte, hésitant à entrer, tandis que je me levais.

« T'as été sage à ce que je vois. » Sourit-il. Mon énervement remonta alors et je lui accordai un regard médusé, ignorant sa remarque.

« Roméo & Juliette. » Accusai-je alors avec remontrance. « Tu as des étagères remplies de livres à ras-bord, et tu ne possèdes même pas la plus grande tragédie littéraire ? » M'enquis-je horrifiée et incrédule.

Il cligna des yeux plusieurs fois, avant de me regarder comme si j'étais une extraterrestre, ou que je venais de dire un truc incroyable.

« Je te demande pardon ? » S'exclama-t-il abasourdi. « La plus grande tragédie ? » Fit-il étonné.

« Bien sûr que oui. » Répliquai-je incertaine, surprise de sa réaction.

Sans crier gare, il éclata de rire, comme s'il s'était agi d'une bonne blague, le tout sous mon regard courroucé. Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas la raison de son hilarité.

« Je peux savoir ce qui te fait rire ? » M'impatientai-je avec aigreur.

Il secoua la tête et se reprit, sans toutefois se départir de son sourire.

« Excuse-moi mais… comment tu peux considérer Roméo & Juliette comme une grande tragédie ? » Demanda-t-il de façon rhétorique. « Ce bouquin est un navet. » (N/Dazzling: Plus romantique qu'Edward tu meurs...on dirait moi xD)

J'écarquillai les yeux, ouvris la bouche plusieurs fois, sans qu'aucun son ne sorte. Ma colère était sur le point de monter progressivement. Navet ? Avais-je vraiment bien entendu ? Il était hors de question qu'il ne se mette à insulter cette pièce si importante à mes yeux. Je vis rouge et le foudroyai du regard.

« Comment oses-tu dire une chose pareille ? » M'écriai-je atterrée, ma voix déraillant dans les aigus. « Cette histoire d'amour est la plus belle qui puisse exister ! » Protestai-je.

« Moi je dirais surtout la plus pathétique. » Rit-il, visiblement amusé par ma réaction. Je secouai la tête, n'arrivant pas à croire ce que j'entendais.

« Pathétique ? » Répétai-je effarée. « Tu trouves cette histoire pathétique ? »

Avais-je dit que je le trouvais intelligent ? Parce que si c'est le cas autant pour moi, j'avais tort à tous les niveaux. Il soupira et leva les yeux au ciel.

« Ce n'est pas l'histoire en elle-même qui est pathétique, mais les personnages. » Se justifia-t-il. « Le personnage de Roméo en est la définition même. »

« Il n'est pas pathétique du tout. » Défendis-je. « Il est juste… romantique et… »

« Et ridicule. » Compléta-t-il avec sarcasmes. « Durant tout le premier acte il prône son amour pour cette Rosaline, comme quoi elle est son âme sœur et tout le toutim, qu'il ne pourra jamais l'oublier et puis dix secondes après, il en fait de même avec Juliette dès qu'il l'a voit. Tu ne trouves pas ça légèrement poussé ? »

« Si tu avais lu attentivement, tu aurais vu que son amour pour Rosaline n'était pas véritable mais relevait seulement du domaine physique. » Contrai-je énervée. Il émit un bref rire, comme si ce que je disais était idiot.

« Pourtant il me semble qu'il tombe amoureux de Juliette dès le premier regard, sans même lui adresser la parole. Donc est-ce que là aussi, ce ne serait pas une question de physique ? » Souleva-t-il en arquant un sourcil.

J'ouvris la bouche, puis la refermai. Aucun doute qu'il venait de soulever un point intéressant. Il dût comprendre qu'il venait de me poser une colle, puisqu'un rictus apparut au coin de ses lèvres, tandis que je bouillonnais intérieurement. Il était sérieusement en train de m'énerver, à toujours contredire mes opinions. Je commençais à réaliser qu'en matière de littérature, lui et moi ne serions jamais d'accord. Mais il était hors de question que je consente à lui donner raison. Je m'emportai.

« C'est complètement n'importe quoi ! Et le coup de foudre, t'en as jamais entendu parler ? » Répliquai-je acide. Il roula des yeux, pas convaincu du tout.

« Je vais te dire ce que je pense. » Asséna-t-il durement. « Roméo est pitoyable, ridicule, et tombe amoureux d'une femme juste pour son physique, ce qui signifie clairement qu'il ne pense qu'avec sa queue. Et Juliette n'est qu'une pauvre vierge naïve qui ne connait rien à la vie et se laisse berner et attendrir par de belles paroles bien prononcées. » (N/Dazzling: Point de vue intéressant et digne d'un des plus grand tue l'amour xD)

Je restai figée, incrédule et atterrée par son analyse aussi… aussi irritante, navrante, lamentable et j'en passe. Il avait dégradé Shakespeare avec tellement de force que j'avais envie de pleurer, ou alors de lui prendre son pistolet pour lui planter une balle entre les deux yeux. La façon déplorable et odieuse dont il avait analysé les portraits des deux personnages les plus mythiques de la littérature britannique était juste un tissu de calomnies dégoutantes. J'en avais presque la nausée.

« T'es vraiment… » Je le fusillai du regard, cherchant un adjectif pouvant le qualifier. « Horripilant. » Conclus-je en détournant les yeux avec énervement. Il haussa un sourcil interrogateur.

« Horripilant ? » Répéta-t-il amusé. « C'est tout ce que t'as trouvé ? Honnêtement j'ai connu des insultes tellement pires, que ça c'est presque un compliment. » Se vanta-t-il. Je lui fis les gros yeux.

« Tu ne devrais vraiment pas en être fier. » Râlai-je. Il secoua la tête, se retenant apparemment de rire.

« Franchement tu sais ce que je crois ? Qu'en réalité, la seule chose qui t'horripile est que quelqu'un ne soie pas d'accord avec toi. Tu détestes qu'on te contredise, je me trompe ? » Je le regardai outrée.

« Pas du tout. » Réfutai-je dignement, tandis qu'il n'avait pas l'air d'en démordre. (N/Yoro: Mais bien sûr Bella, on te croit…)

« Oh que si. » Soupira-t-il en roulant des yeux. « Laisse-moi te dire une bonne chose. » Commença-t-il d'une voix beaucoup plus sérieuse. « L'amour au premier regard n'existe pas Bella. On ne tombe pas amoureux simplement en voyant la personne, Roméo était juste attiré sexuellement par Juliette, ça s'arrête là. C'est juste un idiot au cœur d'artichaut qui a l'impression de voir la femme de sa vie à chaque coin de rue. »

Je baissai le regard, légèrement blessée je devais l'admettre. Il se permettait de critiquer tout ce en quoi je croyais depuis toutes ces années. J'ai toujours été une rêveuse, je devais le reconnaitre. J'aimais m'évader dans des romans à l'eau de rose, des histoires d'amour épiques et impossible, ça me permettait de me faire oublier ma vie monotone, ennuyeuse et loin d'être trépidante. J'aimais croire en ce type d'amour que les livres racontent et me dire que peut être qu'un jour je pourrais le trouver, cet amour fort et indestructible… Et lui, lui il venait me dire que tout ce auquel je croyais et rêvais depuis toujours, n'était que des foutaises ? Du vent ? Il n'avait pas le droit de m'anéantir de cette façon là. Car oui, réduire à néants toutes mes rêveries était comme m'anéantir moi. Les rêves étaient tout ce que j'avais dans la vie…

« Tu… tu ne crois pas au coup de foudre ? » Balbutiai-je avec peine. Il arqua un sourcil étonné.

« Bien sûr que non. » Confirma-t-il comme si ça coulait de source, m'enfonçant encore un peu plus. « Un coup de foudre, c'est seulement une manière plus poétique de décrire une rencontre entre deux personnes qui ont envie de se sauter dessus. Mais tu ne peux pas aimer une personne sans lui avoir parlé, sans connaitre ses centres d'intérêt, ses défauts et ses qualités, voilà pourquoi d'après moi, Roméo & Juliette est une histoire d'amour pathétique, et non tragique. »

Je soupirai de désillusion et le regardai affligée. Il ne devait sans doute pas mesurer combien tout ce qu'il disait me touchait, tellement ce sujet était important pour moi. Et pourtant il n'hésitait pas à le piétiner. Il détruisait mes rêveries, sans doute les choses qui me tiennent le plus à cœur. Pour un peu, j'en pleurerais presque. Je ravalai ma salive et ma peine, puis avec le peu de dignité qu'il me restait, tentai de lui poser une question des plus personnelles.

« As-tu déjà été amoureux ? » Demandai-je avec difficulté, encore attristée par sa façon de voir les choses. Il fronça les sourcils, surpris d'une telle question.

« Et toi tu l'as déjà été ? » Éluda-t-il en haussant un sourcil de façon suggestive, comme s'il connaissait déjà la réponse à cette question. J'entrouvris la bouche, à cours de mot. Il aurait quand même pu me répondre au lieu de me poser une colle.

« Je n'ai que dix sept ans, je te rappelle. » Lui fis-je remarquer d'un ton irrité. Il eut un rire désabusé.

« Justement, tu n'as que dix sept ans. » Répéta-t-il dédaigneusement. « Tu n'as donc aucune idée de quoi tu parles. Tu te fies simplement à des bouquins écrits pour faire rêver les personnes comme toi. La vraie vie est tout autre. C'est loin d'être un roman à l'eau de rose, Bella. Pas de conte de fées, ni sorcières, ni prince charmant. Il va falloir que tu t'y fasses et que tu comprennes que la réalité est loin d'être une partie de plaisir. » Trancha-t-il d'une voix ferme et assurée. (N/Dazzling: des sorcières y'en a...mais on appelle ça des S****** c'est plus moderne * ok se cache*)

Je détournai les yeux, offensée comme jamais je ne l'avais été auparavant. Je crois qu'il n'avait véritablement aucune idée de ce que ses mots signifiaient vraiment pour moi. Il ne se montrait peut être pas agressif ni odieux, mais à cet instant j'avais l'impression d'avoir affaire au monstre que je connaissais. Me briser mes songeries, mes illusions et mes espoirs étaient bien pire pour moi que l'attaque de l'indien de tout à l'heure. Tellement pire… Je n'avais désormais plus qu'une envie, me morfondre seule, et oublier tout ce qu'il venait de dire.

« Je te remercie beaucoup pour toutes ces belles paroles qui me donnent vraiment l'impression que je ne suis pas une misérable. » Déclarai-je avec amertume, la voix dénuée d'émotion.

Je décidai de m'en aller d'ici, ne supportant plus cette conversation déplaisante et ce moment humiliant. Il cligna des yeux et me regarda confus, ne comprenant sans doute pas mon changement d'humeur. Je passai devant lui d'un pas résigné et plaquai sèchement le livre que je tenais dans les mains sur son torse pour lui rendre, sans le regarder dans les yeux une seule fois, de peur de ce que je pouvais y trouver, avant de le contourner pour sortir de la pièce à la hâte.

« Je peux savoir où tu vas comme ça ? » Entendis-je dans mon dos tandis que je me marchais dans le couloir d'un pas pressé.

« Dans ma chambre ! » Claquai-je fermement. J'entendis un rire derrière moi et compris qu'il me suivait.

« Techniquement, je te signale que c'est ma chambre et non la tienne. » Informa-t-il sur un ton amusé.

Je me figeai, ahurie qu'il ait le culot de me provoquer maintenant, en voyant l'état désemparé dans lequel j'étais. Je sentais mon visage devenir rouge à cause de la colère qui était sur le point d'exploser. Lentement, très lentement, je me retournai pour lui lancer le regard le plus glacial et le plus mauvais donc j'étais capable, tandis qu'il avait un sourire au coin de la bouche que j'aurais voulu lui faire ravaler, tellement il était énervant.

« Non mais je rêve ! » M'écriai-je avec fureur. « Non mais… mais t'es vraiment… »

« Horripilant, tu l'as déjà dit. » Me coupa-t-il narquoisement.

Je le foudroyai du regard, vexée et blessée dans mon amour propre. La façon qu'il avait de me rabaisser et de me ridiculiser en me faisant taire aussi simplement… au final c'était moi qui avais des envies de meurtre.

« Oh non tu n'es pas horripilant à ce stade, tu es pire ! » Incendiai-je déplorée. Il se retint de rire, tandis que moi je me retenais de ne pas m'énerver et l'insulter de tous les noms. « Sur ce si tu veux bien m'excuser, je vais dormir, puisque c'est la seule chose que tu m'as donné envie de faire. » Répliquai-je agacée en me détournant.

Je commençai à me diriger vers la chambre, lorsque je sentis une pression sur son bras.

« Attends Bella. » Pria-t-il en me retournant, avec une voix des plus sérieuses. Je le lorgnai.

« Quoi ? Tu m'as pas déjà assez énervée alors t'as envie de continuer ? »

Il leva les yeux au ciel, tandis que son visage avait perdu toute trace d'amusement pour laisser place à un masque indéchiffrable.

« Tout à l'heure quand je me suis absenté… je suis allé chez Jasper, un ami à moi qui habite au-dessus. » Je lui lançai un regard curieux.

« Et qu'est-ce que ça a à voir avec moi ? » M'enquis-je suspicieuse. Il prit une inspiration, comme pour se donner du courage.

« Ben il… il est psychologue et… et comme il est libre demain je me suis arrangé pour que tu lui parles. » Répondit-il d'une voix hésitante, fuyant mon regard. Je fronçai les sourcils, paumée.

« Mais pourquoi est-ce que tu voudrais que j… »

Je m'arrêtai, comprenant alors ce qu'il était en train de me dire. Ma bouche resta entrouverte, capable de gober les mouches à ce stade d'inertie. Mes yeux s'arrondirent de stupeur, d'incrédulité et d'horreur, et ma respiration se coupa l'espace d'un instant, sous le coup du choc. Apparemment c'était clair, Edward n'avait toujours pas fini de m'énerver…

« Attends une minute… » Soufflai-je en secouant la tête impunément, tandis que l'appréhension me gagnait petit à petit, mon cœur battant soudainement à une vitesse démesurée, tellement je craignais ce que j'étais sur le point d'entendre. « Tu… veux que je parle à un psy ? » Fis-je atterrée et désorientée.

J'ignorais ce qui faisait le plus mal désormais, le fait qu'il me dénigre et se permette de critiquer mes rêves illusionnés, ou le fait qu'il me prenne pour une cinglée…

« Écoute Bella… » Tenta-t-il ennuyé. « Il ne faut pas être un génie pour comprendre que tu as des problèmes, et je pense que Jasper peut t'aider… »

« Oh alors maintenant pour toi, je suis une folle ? C'est ça que t'es en train de me dire ? » M'emportai-je horrifiée. Il entrouvrit la bouche légèrement.

« Non, pas du tout ! » Contra-t-il vainement. « Je n'ai jamais pensé que tu étais folle ! Un peu trop naïve sur les bords, et aussi pas mal agaçante je dois le reconnaitre, mais pas folle. » Je secouai la tête imperceptiblement, mes yeux lui lançant des éclairs foudroyants. (N/Dazzling: Edward et l'art de savoir parler aux femmes^^)

« T'es au courant que tu t'enfonces là ? » Répliquai-je sévèrement. Un semblant de sourire le traversa, avant que son visage ne redevienne sérieux.

« Peu importe, il faut que tu le voies, tu en as besoin. » Décréta-t-il, me prenant de cours. Je me braquai.

« Pourquoi ? » M'enquis-je d'une voix déboussolée. « Pourquoi est-ce que tu penses que je devrais consulter ? »

« Tu viens de vivre un traumatisme ! » Se défendit-il vainement. « Ne dis pas le contraire, à ton âge, une agression pareille doit forcément te faire quelque chose. » Je fronçai les sourcils.

« Tu veux parler de l'attaque de Jacob ? » Devinai-je. « Parce que si c'est ça, rassure-toi je vais très bien. » Certifiai-je. « Je l'ai même oubliée. » Il se pinça l'arête du nez.

« C'est impossible enfin ! » Protesta-t-il. « Tu ne peux pas te conduire de façon tout à fait normale après ça et faire comme s'il ne s'était rien passé. Est-ce qu'il faut que je te rappelle l'état dans lequel je t'ai trouvée ? Tu étais complètement repliée par terre, tu tremblais à vue d'œil et tu n'as pas arrêté de pleurer ! »

« Mais c'est du passé maintenant, je t'assure que j'ai oublié, ça m'est totalement sorti de la tête. » Assurai-je confiante. Il secoua la tête, refusant de me croire.

« Tu ne peux pas, tu es trop jeune pour avoir affaire à ce genre de situation. » Réfuta-t-il.

« Tu veux bien arrêter avec mon âge ? » M'énervai-je piquée au vif. « Je suis assez grande pour savoir ce que je suis capable de supporter ou non ! Et sache que pour ta gouverne, l'agression de ton indien ne m'a pas du tout bouleversé, j'ai déjà vécu bien pire. »

« Justement Bella ! » Affirma-t-il, énervé lui aussi. « C'est justement parce que tu as connu pire que j'estime que tu dois parler à quelqu'un qui pourra t'aider. »

J'ouvris la bouche d'effarement. Là il allait trop loin.

« Qu'est-ce que tu connais de ma vie, hein ? » Répliquai-je cinglante, tentant de dissimuler la douleur qui s'emparait de mon cœur, à mesure que ma plaie intérieure était en train de s'ouvrir, du fait de mettre mes démons sur le tapis. Il baissa les yeux avec dépit.

« Rien du tout. Je ne sais strictement rien de ta vie, mais je ne suis pas aveugle, ni idiot. Je sais remarquer lorsqu'une personne a des problèmes avec sa conscience, quand elle est tourmentée comme toi et qu'elle refuse de s'ouvrir, préférant s'enfermer dans son mutisme, pour ainsi se détruire. » Se justifia-t-il, certain de ce qu'il affirmait.

« Et comment tu peux savoir si j'ai des problèmes de conscience ? » Lâchai-je implacable. « Si je suis tourmentée comme tu dis, ou si je suis silencieusement en train de me détériorer ? »

« Parce que ! » Tonna-t-il d'une voix assourdissante et d'une fureur incontrôlable.

Je le vis détourner les yeux et refuser d'affronter mon regard et je compris que j'étais allée trop loin et que je l'avais poussé à bout.

« Parce que j'ai déjà vécu cette situation, et que cette fois je préfère prendre mes précautions, ça te va ? » Répliqua-t-il fâché et contrarié, les yeux fuyants.

Je le regardai silencieusement, tandis qu'il essayait par tous les moyens de réfréner la douleur qui le submergeait soudainement. Edward avait vraiment érigé un mur d'impassibilité qu'il veillait à rendre le plus infranchissable possible. Il ne dévoilait rien, ou très peu. Et lorsqu'il laissait filtrer une émotion quelconque, il s'empressait de la balayer et de reprendre ce masque froid et impénétrable. La cohabitation n'allait pas être facile.

« Je vais bien Edward. » Répétai-je une nouvelle fois calmement, avec plus de tact et d'assurance. « Je ne suis pas cinglée, ni tourmentée, et je vis très bien avec ma conscience. »

« Je n'ai pas dit que tu étais cinglée. » Démentit-il. « Tu sais si j'avais pensé ça, je t'aurais fait interner dans un hôpital psychiatrique. Là je te demande simplement de parler à un psychologue. Et encore Jasper est loin d'être un psy traditionnel, tu peux me croire. Ça arrive à tout le monde d'aller voir un psy… ce n'est pas une honte. Tu n'as pas l'esprit apaisé, et tu n'es pas bien mentalement. »

« Venant de la part du mec qui assassine des innocents à longueur de journée. » Rétorquai-je cinglante, sans cacher le sarcasme de ma voix. Il roula des yeux mais ne commenta pas.

« S'il te plait. » Insista-t-il, les yeux suppliants, tout en pressant mon bras. « Tu veux bien faire ça pour moi ? »

J'entrouvris la bouche, ma respiration s'accéléra inexplicablement. À ce moment je fus incapable de détourner les yeux et de regarder ailleurs que son visage suppliant. Je voyais bien ce qu'il était en train de faire. Il essayait de m'intimider. Et le pire était que ça marchait. J'étais complètement stoïque et inapte à réagir. Je sentais mes joues prendre une teinte rosée à mesure que les secondes défilaient et que je le dévisageais sans pouvoir m'en empêcher. Il était sur le point de gagner, j'ignorais comment il avait pour s'y prendre, mais il avait réussi à me faire plier. Je m'apprêtai à ouvrir la bouche pour accepter, mais il me devança, voyant que j'étais sans réaction.

« Et puis… considère ça comme un service que tu me rends, pour t'avoir sauvée la vie. » Dit-il avec un sourire contrit, tandis que je manquais de m'étouffer.

Dire qu'il y a cinq secondes, j'étais éblouie et sur le point de craquer et d'accéder à sa requête, il avait fallu qu'il gâche tout en se comportant comme un sale con. Mes rougeurs disparurent alors plus vite que l'éclair et mon visage se mit à blanchir à vue d'œil. Je me décomposai, n'arrivant pas à croire ce que je venais d'entendre. Ma respiration se fortifia, tellement mon énervement contenu s'apprêtait à sortir et à tout terrasser. Je me débattis violemment pour libérer mon bras qu'il tenait mais n'y parvins pas, il était bien trop fort pour moi. Puis je lui accordai un regard incendiaire avant de ne plus contenir la haine et la colère que j'éprouvais.

« Jamais, tu m'entends ? ! » Criai-je férocement, sous son regard abasourdi. « Jamais je n'accepterai de voir un foutu psy parce que tu l'auras décidé ! »

Je tentai de me détourner mais sa prise sur mon bras m'en empêcha, me forçant à lui faire face et l'affronter. Vu son air insistant, il n'avait pas du tout l'intention d'en démordre.

« Je t'en prie Bella, je sais qu'au fond de toi tu es consciente que tu es un peu perturbée et que tu devrais parler à quelqu'un. Et je sais que tu ne me parleras pas à moi parce que tu ne me fais pas confiance alors le mieux, c'est que tu en parles à un professionnel, qui saura t'aider au mieux. » Défendit-t-il avec conviction.

Je secouai à nouveau la tête, refusant d'entendre un mot de plus de sa part. Sans le vouloir il était en train de me faire souffrir en me rappelant mes tourments, mes problèmes que je désire tant oublier. Il faisait ramener ma peine à la surface et ça je ne pouvais le tolérer. Je souffrais déjà constamment, en permanence tellement ma culpabilité me rongeait de l'intérieur. Il n'avait pas le droit de me faire souffrir davantage. C'était carrément un supplice.

« Pourquoi tu ne me laisses pas tranquille ? » Suppliai-je, sur le point de craquer et de laisser mes larmes se déverser.

« Parce que ça te ferait trop plaisir. » Rétorqua-t-il, sans doute pour détendre l'atmosphère, à en juger par son sourire en biais.

Je soupirai, lassée par cette dispute sans queue ni tête.

« J'ai pas envie de parler à un psy ! » Protestai-je piteusement.

« Mais Jasper n'est pas vraiment un psy, tu vas vite t'en rendre compte. » Assura-t-il en élargissant légèrement son sourire, sous mon regard courroucé et suspicieux.

Je détournai les yeux, énervée d'être aussi faible et de capituler aussi vite, en sachant que j'allais le regretter.

« Si j'accepte de lui parler… »

« Je te laisse tranquille et je ne te demanderai rien d'autre, c'est promis. » M'interrompit-il, ayant prémédité ma demande. Je levai les yeux au ciel, exaspérée. « Alors c'est d'accord ? » Demanda-t-il avec espoir.

Je pris une profonde inspiration et fermai les yeux l'espace d'un instant.

« J'imagine que j'ai pas trop le choix de toute façon. » Un rictus prit place sur ses lèvres.

« Non en effet. » Sourit-il triomphant.


« Jasper ! Grouille-toi d'ouvrir cette porte, on se les gèle ici ! » Hurla Edward en cognant à la porte, tandis que j'étais effarée par un tel comportement.

« Non mais comment tu lui parles ? T'es pas bien ? » Sermonnai-je affublée. Il se tourna vers moi penaud.

« T'en fais pas, il a l'habitude avec moi. » Assura-t-il en haussant les épaules. « Magne-toi ! » Réitéra-t-il une nouvelle fois avec hargne. Je fronçai les sourcils, consternée.

« Et puis d'abord qui c'est ce Jasper ? » Demandai-je soupçonneuse.

« Mon meilleur ami. » Répondit-il rapidement. « Jasper ! » Tonna-t-il en donnant un violent coup à la porte, sous mon regard incrédule.

« Je croyais que c'était Emmett ton meilleur ami ? » Fis-je remarquer perdue. Il se tourna vers moi, légèrement énervé.

« C'est différent, Jasper je le connais depuis l'école primaire. » Répliqua-t-il fulminant avant de brutaliser la porte une nouvelle fois. « Bon sang tu te dépêches oui ? ! » Asséna-t-il sèchement. « Mais qu'est-ce qu'il fout, c'est pas vrai… » Marmonna-t-il tout bas.

« Pourquoi es-tu aussi impatient ? » M'enquis-je incertaine. « Laisse-lui le temps de venir ouvrir la porte, ne sois pas aussi énervé… » Il soupira d'exaspération.

« Parce que ce trou du cul n'a pas besoin d'ouvrir la porte, il est muni d'un verrouillage automatique, ce qui fait qu'il a juste besoin d'appuyer sur une fichue télécommande. » Râla-t-il. « Et si je suis énervé, c'est parce que je sais que s'il n'ouvre pas la porte dans la seconde qui suit, c'est qu'il ne m'entend pas, et s'il ne m'entend pas, c'est qu'il n'est pas dans son état normal. Voilà pourquoi je hurle plus fort. ALORS OUVRE CETTE FOUTUE PORTE ! » Cria-t-il d'une voix cinglante. Je le regardai apeurée.

« Qu'est-ce que tu veux dire par pas dans son état normal ? » M'inquiétai-je. Il ferma les yeux et inspira un grand bol d'air pour se calmer.

« Tu vois que je suis énervé, et tu t'obstines à faire ta curieuse ? » Lâcha-t-il acide. Je baissai timidement les yeux. « Quand je te dis que Jasper n'est pas un psy comme les autres, crois-moi c'est la vérité. Et je n'ai pas besoin de répondre à ta question car tu vas vite te rendre compte de quoi je parle. BORDEL JASPER ! » Hurla-t-il une nouvelle fois avec ténacité. « JE TE JURE QUE SI TU NOUS OUVRES PAS TOUT DE SUITE JE TE CONFISQUE LES CLÉS DE TON MINI-BAR ! »

Aussitôt après ce tapage, j'entendis un clic et Edward soupirer de soulagement à côté de moi.

« Putain c'est pas trop tôt ! » Ragea-t-il. « J'aurais dû me douter que y avait que ça qui marcherait. »

« Attends Edward… » L'appelai-je tandis qu'il ouvrait la porte. Il se tourna vers moi impatient.

« Quoi encore ? » Râla-t-il. Je roulai des yeux.

« Est-ce que ce Jasper sait ce que tu fais comme boulot ? » Il fronça les sourcils.

« Bien sûr qu'il le sait. » Affirma-t-il avec évidence. « Et puis qu'est-ce que ça peut te faire de toute façon ? » Fit-il dédaigneusement. Je haussai les épaules avec désinvolture.

« Rien du tout, c'était pour savoir. » Répliquai-je. « Mais ça ne lui fait rien ? Ça ne le dérange pas du tout ? » Demandai-je surprise. Il entrouvrit la bouche d'incrédulité.

« Mais c'est pas vrai ! » S'exaspéra-t-il en se passant une main dans ses cheveux cuivrés. « Tu poses toujours autant de questions ? Ma parole, t'es pire qu'une chieuse ! » Soupira-t-il excédé.

J'ouvris la bouche d'étonnement, avant de laisser place à de la colère irrépressible. Ma respiration s'amplifia et je le regardai avec une fureur inhabituelle, les yeux noirs de fureur.

« Va te faire voir. » Rétorquai-je vexée en le poussant pour entrer.

J'entendis un soupir derrière moi et je devinai qu'il levait les yeux, ce qui m'agaça davantage. Je pénétrai dans une pièce sombre, ressemblant à une sorte de salle d'attente. Il y avait des canapés en cuir tout autour, un table basse au centre avec toutes sortes de magasines féminins, quelques plantes dans les coins qui apparemment n'avaient pas été arrosées depuis un certain temps, ainsi que deux ou trois tableaux plutôt… morbides. Je fronçai les sourcils, étonnée par cette salle d'attente qui était si terne et triste avec ses murs gris et ses meubles noirs, qu'elle donnait envie de se pendre. En général les psychologues étaient là justement pour nous ôter ce genre de pensées de la tête. Ici en revanche j'avais l'impression qu'on faisait tout pour nous rendre suicidaire.

« Tu es sûr qu'on est au bon endroit ? » Paniquai-je soudainement en me tournant vers lui qui était apparemment tracassé par quelque chose. Il n'osa pas me regarder, chose plutôt étonnante chez lui.

« Certain. Mais je crois que ce n'était finalement pas une bonne idée que je t'amène ici aujourd'hui puisqu'à ce que je vois, il n'a pas pu se retenir. »

« Se retenir de quoi ? » M'enquis-je paumée.

Il n'eut pas le temps de me répondre car une porte blanche coulissante s'ouvrit et fit apparaitre un grand homme blond des plus… étonnants. La chemise trop longue, complètement froissée et débraillée, les cheveux mi-longs, gras et mal coupés, la barbe pas rasée depuis un bout de temps, les manches non retroussées qui pendaient, cachant carrément ses doigts, un jean trop long ainsi que des… savates ?

Ce qui me déconcerta le plus, ne fut pas qu'il porte des savates au pied sur son lieu de travail, mais surtout son regard. Terne, vide, sans vie ni expression… son regard était complètement livide. Son visage plus blanc que la normal, il semblait ne pas avoir dormi depuis des jours. Il avait une mauvaise mine, si bien que je me demandais si c'était vraiment lui le psy qu'Edward voulait que je voie. Je remarquai qu'il tenait une bouteille de je ne sais quoi dans l'une de ses mains.

« Qu'est-ce que tu me veux Edward ? » Lâcha-t-il d'une voix étonnamment rauque, dénuée d'engouement et de jovialité.

« T'aurais pu faire un effort. » Répondit Edward avec remontrance.

« Ouais j'aurais pu. » Rétorqua-t-il avec dédain, tandis qu'Edward se pinçait l'arête du nez en soupirant.

Je me tournai vers ce dernier qui semblait véritablement contrarié et qui lançait des éclairs à son ami.

« Edward c'est… c'est qui ? » Demandai-je, pas du tout rassurée. Sans quitter le blond du regard, il me répondit avec morosité.

« Ça tu vois ? C'est Jasper, le type qui me sert accessoirement de meilleur ami. »

Je lui lançai un regard peu amène.

« C'est lui le psy ? » M'enquis-je incrédule. Il hocha la tête avec déploration.

« Normalement. » Maugréa-t-il.

Le dit Jasper qui regardait Edward avec des yeux blasés ne semblait pas avoir remarqué ma présence, jusqu'à ce que son regard se tourne vers moi, et qu'il écarquilla les yeux comme s'il venait de voir un extraterrestre. Il entrouvrit la bouche, comme abattu par quelque chose, ce qui me dérouta.

« C'est elle ? » Cracha-t-il avec acidité. Je réprimai un frisson de frayeur tandis que je vis Edward rouler des yeux du coin de l'œil.

« Oui c'est elle. » Répondit-il énervé. « Jasper, je te présente Bella. »

Jasper me dévisagea avec un rictus dédaigneux et plein d'amertume avant de porter la bouteille à ses lèvres.

« Enchanté. » Marmonna-t-il d'une voix cynique avant de boire plusieurs gorgées de… de vodka ?

Je me tournai vers Edward effarée.

« C'était ça que tu sous entendais qu'il n'était pas dans son état normal ? » M'exclamai-je ahurie. Il tourna sa tête vers moi et me congratula d'un regard désolé.

« J'aurais dû te prévenir plus tôt. En réalité Jasper est un psychologue dépressif qui boit comme un trou et qui ne se lave que deux à trois fois par semaines. » Annonça-t-il d'une voix défaitiste et désespérée. (N/Yoro: Sympa le psy, je suis sûre que ses patients sortent encore plus dépressifs de son bureau que quand ils sont entrés…)

Je restai inerte et choquée face à un tel… énergumène. Comment osait-il m'emmener consulter chez un type pareil ? Et puis dans quel monde de dingues étais-je tombée ? C'était quoi cette nouvelle dimension où les tueurs étaient gentils et où les psychologues étaient dépressifs ?

« Je comprends pourquoi tu as dit qu'il n'était pas un psy traditionnel… » Murmurai-je avec ironie.

« Je suis désolé Bella. » S'excusa-il, tandis que le Jasper était toujours en train de vider sa bouteille. « Il n'était pas sensé boire aujourd'hui. J'aurais dû me douter qu'il le ferait quand même. » Je lui fis un sourire contrit.

« Non ça fait rien, tu ne pouvais pas savoir… »

Il secoua la tête avec un sourire déploré.

« Excuse-moi cinq minutes, je dois m'entretenir avec lui. » Fit-il en se dirigeant vers lui. Aussitôt à sa hauteur il lui arracha la bouteille des mains avec force, tandis que le blond gémissait de protestation.

« Eh ! » Grogna-t-il.

« T'as assez bu pour aujourd'hui. » Déclara Edward en lui prenant un objet qui se trouvait dans sa seconde main et que je n'avais pas remarqué à cause de sa manche trop longue.

Je compris qu'il s'agissait de la télécommande lorsque j'entendis la porte d'entrée se verrouiller derrière moi.

« Viens. » Lui pria-t-il d'une voix étonnamment douce en le prenant par l'épaule et en le conduisant dans la salle d'où il était arrivé.

Il referma la double porte blanche sur leur passage, me laissant seule dans cette sale déprimante.

« Je ne comptais pas m'enfuir ! » Le hélai-je d'une voix forte, sarcastique. « Quoi que… » Murmurai-je pour moi-même.

Je patientai silencieusement, sondant la pièce du regard et tapant du pied, tandis que les secondes défilaient. L'horloge collée au mur me faisait savoir lorsqu'une seconde s'écoulait, grâce au bruit de l'aiguille, ce qui me dérangeait. Je commençais à m'impatienter, lorsque mes yeux se posèrent sur la porte où ils étaient partis. Je me demandais ce qu'ils pouvaient bien se dire… Serait-ce mal si j'écoutais à la porte ? Après tout qu'est-ce que je risquais ? Si ça se trouve leur discussion se portait sur moi. Et dans ce cas mieux valait que je sache ce qu'ils disaient à mon sujet. Je m'approchai doucement de la double porte, et collai mon oreille discrètement, tandis que j'entendais la voix lointaine d'Edward s'élever.

« Tu m'avais promis que tu serais sobre, je te signale. »

« Désolé mais j'avais besoin de me préparer avant de voir cette gamine. » Entendis-je la voix de Jasper murmurer.

« Merde Jazz, tu fais chier. »

« Rho ça va. » Râla ce dernier. « Je te signale que j'aurais pas bu si t'avais pas décidé de la ramener. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Accusa Edward d'une voix dure.

« Regarde-là Edward. » Répondit Jasper tandis que je fronçais les sourcils d'incompréhension. « Ose me dire qu'elle ne lui ressemble pas. »

« Je vois pas de quoi tu parles. » Répliqua-t-il sèchement.

« Bon sang mais tu le fais exprès ? » S'énerva Jasper. « C'est son portrait craché ! »

J'entrouvris la bouche d'étonnement. Mais de quoi étaient-ils en train de parler ?

« Tu dis n'importe quoi ! » Protesta Edward. « Elle n'a aucune ressemblance avec elle, à part la taille ou encore la couleur de cheveux et des yeux… »

« Je ne te parle pas de particularité physique espèce d'idiot. » Contra Jasper remonté. « Je te parle du caractère, de l'âge, de tous ces petits détails qui font qu'elle lui ressemble. »

« Qu'est-ce que tu sais de son caractère ? Tu ne lui as même pas encore parlée ! » Fit Edward d'une voix sévère.

« Pas besoin de lui parler pour voir qu'elle est timide, réservée et gentille. Je parie même qu'elle est un tantinet rêveuse et qu'elle doit t'agacer. » Déduit-il, sous mon regard ébahi.

Il y eut un silence incommodant, avant qu'Edward ne réponde.

« Comment tu as pu savoir tout ça en un seul clin d'œil ? Et en étant bourré en plus ? » Fit-il étonné.

Je réprimai un grondement. Je ne suis pas agaçante, c'est lui qui est énervant à ne jamais répondre à mes questions. S'il était un tant soit peu honnête avec moi au lieu d'être aussi changeant et lunatique, je ne serais pas aussi insistante et il aurait la paix.

« Tu oublies que c'est ma seconde nature. » Répondit Jasper. « Et puis j'ai l'habitude de faire mon boulot en ayant bu. »

J'entendis un râlement.

« Peu importe Jasper, je t'assure que tu fais erreur. Je ne la vois pas à travers Bella car elles n'ont strictement rien à voir en commun. Tu vois seulement ce que tu veux voir, point barre. »

« Tu me les brises Edward. » S'énerva Jasper. « C'est moi le psy ici, pas toi alors arrête de la ramener. »

« Ben excuse-moi de l'oublier la plupart du temps, quand je te vois dans cet état si lamentable. » Ironisa Edward.

« Si mon état te plait pas, je te signale que la porte est ton amie et se trouve juste derrière. » Conclut le blond acerbe. J'entendis un soupir las, provenant surement d'Edward.

« Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Demanda celui-ci au bout d'un silence. « Il est hors de question que je te la laisse dans l'état où tu es. »

« C'est bon Edward, laisse-là moi je saurai bien me comporter. »

« Non mais t'es pas bien ? Tu crois vraiment que je vais accepter de te la confier ? Je t'avais demandé d'être sobre, t'as pas foutu d'en être capable. »

« Et qu'est-ce que tu vas en faire ? T'es pas sensé aller bosser ? T'as pas une personne à aller zigouiller pour ton cher italien de mes couilles ? » Répliqua-t-il sarcastique.

« Si je suis en retard d'ailleurs. » Répondit Edward en faisant apparemment abstraction de sa condescendance. « Est-ce que tu es sûr de toi ? Tu peux me promettre que tout se passera bien ? » J'entendis un rire provenant du blond.

« Bien sûr ! » S'exclama-t-il avec un léger rire pompette. « Fais-moi confiance, il lui arrivera rien à ta gosse. »

« Ouais bah y a plutôt intérêt. » Menaça-t-il. « Je reviens la chercher dans pas longtemps dès que j'ai fini, et j'espère que t'auras au moins la décence de pas boire devant elle, comme tu le fais avec tes peu de patients. »

« Je serai sage comme une image. » Ironisa Jasper.

J'entendis des pas et m'empressai de me reculer assez loin pour qu'on ne me soupçonne pas d'espionnage. Lorsque les portes s'ouvrirent et que je vis Edward s'avancer vers moi d'un pas pressé, je fis comme si de rien n'était et tentai de faire abstraction de tout ce que j'avais entendu.

« Tu vas rester avec lui jusqu'à ce que je revienne. » Annonça-t-il impassible, tandis que je le regardai avec étonnement. Je me mordis la lèvre embarrassée.

« Euh je… je ne suis pas certaine que ce soit une très bonne idée… » Murmurai-je mal à l'aise.

« Bella, je sais qu'il n'en a pas l'air mais Jasper est un super psy. » Assura-t-il avec des yeux confiants.

« Mais il porte des savates ! » Protestai-je doucement avec des yeux alarmés. Edward secoua la tête avec un léger sourire au coin des lèvres. (N/Yoro: C'est ça qui l'a choquée le plus? Elle est spéciale cette fille…)

« Oublie qu'il ne porte pas de chaussures et tout ira bien. » Promit-il en se détournant vers la sortie.

« Mais… » Paniquai-je.

« Y a pas de mais, tu restes ici jusqu'à mon retour, point à la ligne. » Décréta-t-il sans se retourner. « Ça t'apprendra à écouter aux portes. » Fit-il d'une voix amusé avant de sortir de l'appartement en refermant la porte derrière lui, sous mon ébahissement le plus total.

Comment avait-il su ?

Un clic me fit sursauter et je me retournai vers Jasper qui venait de verrouiller la porte, et me regardait avec un sourire mystérieux et pas rassurant. Il me fit un petit signe de la tête.

« Suis-moi Bella. » Incita-t-il avant de se détourner vers la pièce derrière la double porte.

Je restai immobile un instant, hésitant à le suivre. Pour une raison qui m'était inconnue, ce type ne m'inspirait pas du tout confiance. M'enfin il n'était pas un meurtrier lui au moins. Donc ça ne pourrait pas être pire qu'Edward pas vrai ?

Je pris une profonde inspiration pour me donner du courage et le suivis dans ce que je déduisis être son cabinet, en vue du sofa dans le fond de la pièce, du fauteuil juste en face, et du bureau derrière. Jasper avait pris place sur le fauteuil et d'un pas mal assuré et craintif, je vins m'asseoir sur le sofa, sans toutefois oser le regarder. Un silence embarrassant prit place et le seul son qui se faisait entendre était l'aiguille de l'horloge qui tournait. Je triturais mes mains nerveusement, les yeux rivés dessus, tandis que je sentais son regard posé sur moi.

« Tu peux parler tu sais. » Déclara-t-il d'une voix terne au bout d'un très long moment.

Je relevai la tête vers lui et pus voir qu'il avait une nouvelle bouteille pleine dans les mains. Avait-il vraiment descendu toute une bouteille de vodka ? Était-il vraiment sur le point d'en entamer une nouvelle ?

« Je sais pas quoi dire. » Répondis-je gênée. « C'est Edward qui a insisté pour que je vienne. » Marmonnai-je. Il eut un rictus sur les lèvres.

« Il aime bien faire chier son monde celui là. » Répondit-il ronchon. Je souris inconsciemment.

« Là-dessus je ne vais pas vous contredire… »

« En tout cas il a raison. » Fit-il tout à coup. « T'as un sérieux besoin de consulter. »

Je le regardai abasourdie.

« Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? » Répliquai-je vexée. Il haussa les épaules, désinvolte.

« T'as l'air d'être tellement torturée, que ça me donne la migraine rien que de te regarder. » Rétorqua-t-il simplement. J'ouvris la bouche d'incrédulité.

« Je ne suis pas torturée ! » Protestai-je vainement.

« Bella, des gens comme toi j'en ai vu des tas passer ici, crois-moi je sais reconnaitre quand quelqu'un a le sentiment que sa vie est pourrie. » Je lui lançai un regard noir.

« Ma vie n'est pas pourrie. » Défendis-je, sans trop y croire.

« Je dis pas le contraire, c'est toi qui penses ça. »

Je fronçai les sourcils.

« Bah dis donc, vous êtes encore pire qu'Edward, niveau tact et habileté. » Conclus-je atterrée. Il prit une gorgée de sa vodka.

« Peut être mais c'est comme ça que je fais parler les gens. » Apprit-il. « Enfin quand y a des clients… »

Je secouai la tête, ahurie.

« Sans vouloir vous offenser, vous avez pas vraiment l'apparence d'un psychologue… » Fis-je remarquer. Il eut un rire bref, dénué d'amusement.

« Pourquoi ? Parce que je picole pendant mes consultations, que je m'envoie en l'air sur le bureau derrière et que je vis au même endroit ? »

Je le regardai estomaquée et déconfite. D'où est-ce qu'il sortait cet idiot ?

« Vous vivez ici ? » M'enquis-je étonnée. Il hocha la tête avant d'avoir un hoquet.

« Tu vois la porte là ? » Fit-il en désignant une porte près du bureau. « Ben mon appartement est juste derrière. » Je me mordis la lèvre violemment, réfrénant ma soudaine envie de déguerpir.

« Je vois… » Marmonnai-je pour moi-même.

Un nouveau silence envahit la pièce, lui buvant une nouvelle gorgée et moi le regardant dégoutée, avant que je ne décide de le rompre.

« Edward m'a dit que vous connaissiez depuis l'école ? » Demandai-je en tentant de dissimuler ma réelle curiosité. Il cligna des yeux étonné avant de secouer la tête.

« Tu veux me parler d'Edward pour éviter d'avoir à parler de toi ? » Devina-t-il avec un semblant d'amusement dans la voix. Je détournai les yeux, embarrassée.

« Touchée… » Avouai-je dépitée.

« Et en même temps tu es curieuse. » Conclut-il.

Je le regardai impressionnée.

« Ben en même temps il a des réactions vraiment bizarres. » Me défendis-je. « Rien que la façon dont il a réagi avec cette bibliothèque, je trouve ça tellement… »

« Attends, quoi ? » M'interrompit-il, soudainement intrigué. « De quelle bibliothèque tu parles ? » Je fronçai les sourcils.

« Ben celle qui se trouve dans son bureau qu'il ferme à clé. » Répondis-je incertaine.

Il me regarda avec des yeux ronds comme des soucoupes, ce qui me déconcerta.

« Il t'a parlée de cette pièce ? » S'étonna-t-il comme si c'était une chose surprenante.

« Ben oui, il me l'a montrée hier. » Confirmai-je hésitante. « Pourquoi est-ce que c'est… »

« Il t'a montrée cette pièce ? ! » Me coupa-t-il une nouvelle fois, incrédule. Je commençais à être complètement perdue face à une telle réaction de sa part.

« Euh… oui. » Fis-je hasardeuse. « Il m'a dit que je pouvais y aller si je voulais, étant donné que lui n'y allait pas très souvent. »

Je le vis me regarder avec des yeux tellement gros qu'ils donnaient l'impression de sortir de leurs orbites tellement il semblait effaré par une telle nouvelle. Puis il secoua la tête, ahuri.

« Alors ça… » S'exclama-t-il abasourdi, tandis que je ne comprenais plus rien du tout.

« Pourquoi est-ce que ça vous semble si étonnant ? » Demandai-je déboussolée. Il me toisa suspicieusement.

« Qu'est-ce que Edward t'a dit au juste à propos de cette bibliothèque ? » Demanda-t-il.

« Rien du tout. Seulement qu'il n'y allait pas souvent… mais bizarrement il n'avait pas l'air très à l'aise à l'intérieur. Il s'est énervé pour un rien et je l'ai trouvé étrange… »

« Tu m'étonnes… » Rit-il dédaigneusement. « C'était la première fois qu'il y mettait les pieds. »

Ma mâchoire manqua de se décrocher.

« Pardon ? » M'exclamai-je incrédule.

« Bella. » Annonça Jasper avec sérieux. « Edward ne va jamais dans ce bureau, il n'y est pas retourné une fois depuis le déménagement il y a cinq ans, et les seules et uniques fois où il ouvre la porte est quand il m'y envoie pour passer un coup de chiffon là bas pour enlever la poussière. »

Je restai inerte et horrifiée par ce que j'entendais. J'avais bien vu qu'Edward avait un problème avec cet endroit. La façon dont il réagissait, dont il s'emportait… j'avais tout de suite compris qu'il n'aimait pas ce bureau. Mais de là à ne jamais y avoir pénétré depuis son emménagement… je trouvais ça plutôt étonnant et suspect.

« Mais alors comment ça se fait qu'il m'y a emmené hier et qu'il y est carrément entré ? » M'écriai-je stupéfaite.

« Ça c'est bien ce que j'aimerais savoir justement. » Répliqua-t-il acerbe.

« Et pourquoi est-ce qu'il a toujours refusé d'y pénétrer ? » Demandai-je. « D'où lui vient sa hantise pour cette pièce ? »

« Tous les livres et objets qui se trouvent à l'intérieur lui viennent de l'époque du lycée. » Déclara-t-il morose en buvant sa bouteille.

« Et alors ? » M'emportai-je, curieuse comme jamais je ne l'avais encore été de toute ma vie.

« Alors rien du tout, c'est pas tes oignons. » Fustigea-t-il en me lançant un regard qui signifiait que la discussion était terminée.

« Mais… mais j'aimerais comprendre. » Insistai-je.

« Y a rien à comprendre ! » Asséna-t-il d'une voix dure. « Mêle-toi de ce qui te regarde et viens-pas m'embêter. »

Je grognai de mécontentement. Apparemment Jasper n'avait pas l'instant de divulguer quoi que ce soit de plus sur ce sujet. Dommage parce qu'à présent, c'était la seule chose qui me préoccupait. Si je comprends bien, ce bureau faisant office de bibliothèque est une pièce qu'il répugne parce que tout lui vient du temps où il était au lycée. Donc j'avais raison, il avait bel et bien un problème avec son passé. Pourquoi détestait-il autant cette période de sa vie, qu'il ne voulait même pas avoir affaire à une seule chose qui pouvait lui rappeler cette époque ? Et dans ce cas pourquoi conservait-il malgré ça tous ces trucs, s'il en était révulsé ?

« Pourquoi vous buvez ? » Finis-je par demander après mon moment de réflexion. Il cessa de boire et abaissa sa bouteille, le regard lointain et rempli d'amertume.

« Pour oublier. » Soupira-t-il maussade.

Je fronçai les sourcils, face à une telle souffrance qui émanait de lui. Il avait l'air complètement abattu et lassé. On aurait dit que vivre et parler lui était douloureux à un tel point que la douleur était irrépressible.

« Oublier quoi ? » M'enquis-je attristée de le voir aussi… vide. Il haussa les épaules, le regard toujours voilé.

« Ma vie. Je bois pour oublier à quel point ma vie est minable et la douleur qu'elle me cause. » Rétorqua-t-il écœuré. Par sa vie ou par lui-même, je n'en avais aucune idée.

Je le sondai avec inquiétude et en même temps, curiosité.

« Et est-ce que ça marche ? »

Il sourit légèrement.

« Ouais, ça marche. Ça marche pendant quelques heures. T'as l'impression que tous tes tourments se sont envolés comme par magie, tu ne souffres plus et tu oublies tout ce qui te rend malheureux. Mais quand tu te réveilles le lendemain matin, la réalité te frappe de plein fouet, encore plus violente que d'habitude pour rappeler à ton bon souvenir que la douleur ne s'efface pas et qu'elle reste toujours présente en toi, quoi que tu puisses faire. Alors tu rebois pour oublier une nouvelle fois, en espérant que cette fois ci le réveil ne soit pas aussi douloureux et insupportable. Mais à chaque fois c'est le cas. »

Je le regardai tristement, avec presque l'envie de pleurer devant un tel dégout de la vie. D'un côté je le plaignais, car il avait l'air de souffrir le martyr, et de l'autre je l'enviais. Je l'enviais car au moins lui, pouvait oublier, rien que l'espace de quelques heures. (N/Yoro: Euh, c'est qui le psy au juste? Bella ou Jasper?)

« Moi aussi j'aimerais bien oublier. » Murmurai-je tristement. « Rien que le temps de quelques heures, ou de quelques minutes, j'aimerais pouvoir oublier à quel point j'ai mal et à quel point ma vie craint. »

Il écarquilla les yeux face à ma révélation et un mince sourire énigmatique étira ses lèvres.

« Bah je connais une solution radicale pour ça. » Déclara-t-il avec aplomb.

Je levai la tête vers lui avec étonnement tandis qu'il se levait du fauteuil et se dirigeait vers son bureau, avant de le contourner. Il farfouilla dans une espèce de coffre que je ne pouvais point voir de là où j'étais assise, puis son visage s'illumina soudainement. Je le vis sortir deux verres, ainsi qu'une bouteille de whisky. Il prit les verres dans une main et la bouteille dans l'autre, puis revint vers moi et se rassit dans son fauteuil en posant le tout sur la table basse, sous mon regard courroucé. (N/Yoro: Elle est pas un peu jeune pour ça?)

« La meilleure façon d'oublier… » Commença-t-il en remplissant un premier verre. « C'est de se souler avec quelque chose de fort. »

Je le regardai hésitante et pas très confiante.

« Euh Jasper… je n'ai encore jamais touché à ça… » Il étouffa un rire.

« Je sais. Tu croyais que j'avais pas remarqué, c'est marqué en gros sur ta tronche que t'es une véritable vierge prude. » Rétorqua-t-il dédaigneux.

J'entrouvris la bouche légèrement, hébétée par un tel franc-parler. Je ne savais pas trop comment prendre cette remarque. D'accord, il avait entièrement raison… mais je trouvais ça quand même hyper vexant… Je tentai de mettre mon orgueil de coté et pris le verre qu'il me tendait avec anxiété. Je le fis tourner devant mes yeux dans ma paume de main, le contemplant dubitative.

« Et avec ça je vais pouvoir oublier ? » Questionnai-je suspicieuse. Il hocha vivement la tête.

« Tu vas même rire aussi. » Assura-t-il. (N/Yoro: Je retire ce que j'ai dit, les patients sortent pas dépressifs, ils sortent alcooliques de son bureau lol)

Je soupirai, pas très sûre de ce que j'allais faire. C'était la première fois que j'allais boire de l'alcool de ma vie, et le pire était que je n'y allais pas en douceur, puisque c'était du whisky. Bourbon d'après la bouteille. Moi Isabella Swan, la petite fille sage et modèle, un peu réservée, passant inaperçue et sainte nitouche, j'allais toucher le fond et me rabattre sur de l'alcool. Si mes parents me voyaient…

Mais tes parents ne sont pas là justement…

Une douleur se forma au creux de mon estomac et mon désir de la faire partir au plus vite remporta contre ma pudeur et ma sagesse. Je pris une profonde inspiration et portai le verre à mes lèvres sèches. J'ouvris la bouche et laissai le liquide chaud me traverser.

Puis je recrachai le tout.

Je me mis à toussoter, la respiration me manquant, tandis que ma gorge était irritée au possible, comme si j'avais ingurgité une tonne de piments. Ma langue souffrait le martyr et j'avais l'impression d'avoir perdu mes cordes vocales.

« Bon sang mais c'est vachement fort ! » M'étranglai-je en toussant comme une dépravée.

Jasper éclata de rire tandis que je m'étouffais d'une toux atroce.

« Ah ça… » Sourit-il. « C'est sûr que c'est pas pour les fillettes. »

Ma toux diminua progressivement, s'atténua tandis que je lui lançais un regard noir. Puis prise d'une résolution décidée, j'inspirai un grand bol d'air avant de porter le verre à ma bouche une nouvelle fois, et d'ingurgiter tout le contenu sans m'arrêter. Cul sec, comme on dit.

Une fois le tout avalé, je fus encore une fois victime d'un toussotement atroce, sous son regard ahuri. Mais j'avais un objectif, je voulais oublier. Et d'après lui c'était le seul moyen qui soit efficace. Alors je me retins de ne pas pleurer à cause de ma gorge enflammée et lui tendit le verre avec assurance, le regardant en haussant un sourcil, les yeux embués.

« Encore. » Chuchotai-je, la voix coupée.

Il me dévisagea comme si j'étais un extraterrestre. Apparemment il ne s'attendait pas à ce que j'en redemande après une telle réaction. Puis son regard changea et s'enthousiasma.

« A la bonne heure ! » S'exclama-t-il en me prenant le verre pour me resservir.

Il me le tendit et s'en servit un à son tour, tandis qu'un vague sourire étirait mes lèvres. Il leva mon verre vers moi et me sourit chaleureusement.

« Trinquons ! » Fit-il ravi. « A notre vie merdique et sans intérêt ! »

Je ris brièvement, d'un rire rauque et irrité, puis levai mon verre dans sa direction et hochai la tête.

« A notre vie merdique et sans intérêt. » Murmurai-je cynique.

Nous bûmes en même temps, avant de se regarder avec des yeux hagards et amusés. Je secouai la tête, atterrée de ce que j'étais vraiment en train de faire. Une chose est sûre, j'adorais braver les interdits. L'adrénaline était vraiment puissante et fantastique. Je bus une nouvelle gorgée de ce whisky douloureux avant de partir dans un rire déplacé, tandis qu'un détail me frappait de plein fouet.

Edward allait vraiment hurler…

(N/Yoro: Ça je te le fais pas dire…)(N/Dazzling: J'en doute pas xD Merci beaucoup pour ce magnifique chapitre)


Et voilà !

* Pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu, je vous conseille vivement Les Hauts de Hurlevent que j'ai dévoré =)

J'espère vivement que ce chapitre vous a plu

J'attends vos avis concernant la méthode utilisée par Jasper en tant que psy, et vous laisse deviner l'état dans lequel Edward va les trouver et quelle sera sa réaction ;)

Je remercie ma béta Yoro pour m'avoir relue et à Fallone (ma vilaine^^) pour avoir commenté le chapitre ^_^

Et grande nouvelle ! J'ai enfin réussi à prendre de l'avance pour cette fiction donc je peux désormais envoyer des teasers ^^

Alors comme avec mes autres fics : une review = Teaser

Merci de me laisser un commentaire pour me dire vos avis =)

Sur ce je vous souhaites de bonnes vacances et de joyeuses fêtes ^_^

Votre dévouée Popolove

PS : J-8 Babou !