Tadaam !
Non vous ne rêvez pas, je suis de retour (pour vous jouer un mauvais tour ^^)
Pardon pour le retard légèrement... euh... énorme, dirons nous... Mais quand une touriste débarque chez vous à Paris bah on a plus le temps pour l'ordi xD
Je ne vais pas m'attarder longtemps, je vous remercie tous pour vos reviews (je dis bien tous car il y a aussi des hommes :O) malgré une légère baisse qui j'espère n'est que passagère ^^"
Merci aux anonymes:
diana, Martine16, lincece49, Claire, xHouna, lily-rose, Marion lunatique, PrincetonGirl818, COCOTTE 56, Emilie, lalou et Crazy-b0mb
...
Sur ce, bonne lecture, on se retrouve en bas =)
Chapitre 7 : Hésitation
« Moi c'est différent. Contrairement à Jasper, je ne mérite pas d'être sauvé. » Asséna-t-il d'une voix sèche et sans réplique.
Puis il claqua la porte avec fermeté, comme je l'avais prédit.
Pov Bella
oO "The Unwinding Cable Car" Oo – Anberlin
Je restai longuement allongée sur le lit à méditer. Je ne savais plus quoi vraiment penser ces derniers temps, ni où étaient le bien et le mal, toutes mes pensées étaient complètement embrouillées. De plus, mon mal de crâne après la cuite cuisante que j'avais prise avec Jasper n'aidait vraiment pas à mettre de l'ordre dans mes idées. Il allait falloir que je me ressaisisse, surtout si je voulais percer à jour ce qu'Edward renfermait à l'intérieur de lui. Qu'avait-t-il bien pu arriver il y a sept ans pour que l'un soit poussé à devenir un meurtrier et l'autre, un ivrogne aux tendances suicidaires ?
Cette question tournait inlassablement dans ma tête, j'avais vraiment l'impression de ne plus vivre que pour ça, pour savoir. Pourquoi ce besoin maladif de vouloir absolument connaitre le passé de celui qui me détenait prisonnière ici ? Je ne voyais franchement pas ce que j'avais à y gagner, de savoir ou non. En réalité, j'avais plutôt l'impression que c'était la complexité d'Edward qui me poussait à être curieuse quant à son passé, afin de rendre le personnage moins alambiqué à comprendre. Je me disais que si je perçais son secret, alors le mystère qu'il représentait s'amoindrirait. Et dans ce cas, adieu les migraines. Parce que oui, le comportement mystérieux d'Edward me donnait la migraine. (N/Marie : En même temps, il y a de quoi !) (N/Dazzling: Bah désolé mais moi il me donne autre chose que la migraine...si vous voyez ce que je veut dire...^^)
Et puis cette attitude à se dénigrer sans cesse… Je voulais bien croire qu'il ait une piètre opinion de lui-même, avec le « métier » qu'il fait, mais de là à s'auto flageller lui-même pour les choses dont il n'est en rien responsable… jamais je n'aurais pensé qu'une si peu considération de soi même pouvait exister.
Je décidai momentanément de mettre mes questions sans réponse de coté et allai me préparer. Je pris une douche rapide et enfilai les premiers vêtements qui me tombaient sous la main. De toute façon, peu importe à quoi je pouvais ressembler, je ne voyais pas du tout l'intérêt de faire un effort vestimentaire dans ma situation. Je sortis donc de la chambre, vêtue d'un pullover et d'un jean serré blanc. Je n'avais même pas besoin de me regarder dans un miroir pour savoir que j'étais totalement dépareillée. Mais qu'importe, puisque j'étais cloîtrée ici pour le restant de mes jours… Ou du moins pour une durée indéfinissable.
J'arrivai dans la cuisine, et le vis accoudé à la table, en train de boire son café avec… rapidité. (N/Marie : La vision d'Edward en train de boire un café de devrait pas être si sexy…)
Apparemment il était pressé. Il remarqua ma présence et tourna son regard vers moi, inflexible, avant de détourner la tête rapidement et de continuer à boire son café comme si je n'existais pas. Je me mordis violemment la lèvre, déconcertée par son attitude désinvolte.
« Euh Edward… » Commençai-je avec gêne en triturant mes doigts.
« Quoi ? » Demanda-t-il sans me regarder, presque embêté. Je baissai les yeux avec embarras, rougissant sans le vouloir.
« Je voulais juste te remercier pour avoir veillé sur moi hier… et cette nuit aussi. » Bredouillai-je d'une voix faible.
« Pas de quoi. » Répondit-il forcé, avant de replonger dans son mutisme et de prétendre que je n'étais pas là.
Je le regardai hallucinée et déçue par son comportement. J'avais cru qu'il m'aurait témoigné un petit peu plus d'attention, ce matin il avait été étonnamment ouvert à la discussion et gentil… et maintenant il était… froid ? Sérieusement, de quelle planète venait-il ? (N/Marie : La planète Edward Cullen, sur laquelle j'irai bien faire un p'tit tour d'ailleurs)(N/Dazzling: Je te suis ^^)
Parce qu'une personne aussi indécise, aussi instable, inconstante, incertaine, lunatique… ça n'existait pas. Je ne savais jamais sur quel pied danser avec lui. Un coup il était gentil, prévenant avec moi, comme s'il tenait vraiment à prendre soin de moi… et une autre fois il m'ignorait royalement. La seule chose qui a changé depuis peu, c'est que maintenant quand il m'ignorait, je m'en offusquais et je n'appréciais pas. J'en étais même blessée, sans savoir pourquoi je l'étais. C'était totalement idiot de ma part de réagir de cette manière. Après tout c'était tout à fait normal pour lui de m'ignorer, je n'étais en réfléchissant bien, rien d'autre qu'une plaie pour lui, un otage…
L'idée qu'Edward puisse me considérer comme son otage me lacéra. Après tous mes principes que j'avais laissés de coté pour lui, pour améliorer nos rapports, il ne me voyait comme rien d'autre qu'une misérable gamine prise au piège ? Comme sa prisonnière ? Sa détenue ? Non je ne pouvais tolérer qu'il me considère aussi piètrement, pas après toutes les fois où il avait pris soin de moi et où il m'avait témoigné un minimum d'estime.
« Tu as l'air en pleine réflexion. » M'interrompit-il de mon monologue intérieur.
Je clignai des yeux pour revenir au moment présent et constatai qu'il ne me regardait toujours pas. Il était de profil, son café dans une main, son regard droit devant lui. Bon, au moins il ne m'ignorait plus… plus totalement.
« Je réfléchis beaucoup ces temps ci. » Avouai-je, décontenancée par sa désinvolture. Il eut un sourire au coin des lèvres, toujours sans me regarder.
« A propos de moi j'imagine. » Déduit-il d'un ton étonnamment calme avant de porter la tasse à ses lèvres. J'entrouvris la bouche de surprise, mes joues prirent une légère teinte rosée. Comment avait-il pu savoir ? Étais-je aussi transparente que ça ?
« Qu'est-ce que tu en sais ? » Me braquai-je pour dissimuler mon embarras d'avoir été démasquée. Il haussa les épaules avec légèreté.
« C'est plutôt facile à deviner, dans la mesure où tu n'as pas grand-chose à penser étant données les circonstances. »
Je restai songeuse. Il avait raison dans un sens. Je n'avais pas grand-chose à me préoccuper depuis que j'étais ici. Je n'avais pas besoin de me soucier de ma vie, de mon futur, de gens qui m'entourent. Les seules personnes que je côtoyais étaient Rosalie et lui. Mais je ne lui laisserais pas le plaisir de lui donner raison.
« Contrairement à ce que tu crois, tu n'es pas le centre du monde. » Répliquai-je avec le peu de dignité qu'il me restait. (N/Marie : Genre Edward n'est pas le centre du monde…)
« Fort heureusement. » Soupira-t-il avec amertume.
Je fronçai les sourcils, intriguée par sa réaction.
« Tu fais partie des gens qui n'aiment pas attirer l'attention ? » Devinai-je intéressée. Il secoua la tête amusé.
« C'est toujours mieux pour un assassin de se fondre dans le décor et de ne pas attirer l'attention tu sais. » Fit-il avec évidence.
Je faillis rire si le sujet n'avait pas été aussi troublant. Il avait raison, ça coulait de source et j'étais idiote de ne pas y avoir songé moi-même.
« Tu étais comme ça aussi, avant d'être… ce que tu es aujourd'hui ? » Hésitai-je, ma voix trahissant mon incertitude.
Pour la première fois depuis que j'avais fait mon entrée dans la cuisine, il posa son regard vers moi, étonné par ma question.
« Qu'est-ce que tu entends par là ? »
Je baissai les yeux, intimidée, me demandant si j'avais bien fait de m'aventurer sur ce terrain épineux. Connaissant Edward, il était capable de s'enflammer à la moindre question trop abusive ou personnelle. Il était la définition même d'une bombe à retardement, ou à détection de mouvement. Il suffisait d'un rien pour qu'il explose, à croire qu'il était fait pour ça, qu'il n'attendait justement que ça, exploser. J'ignorais pourquoi il était comme ça, aussi impulsif et réactif, mais je savais par expérience qu'il ne valait mieux pas que je le fasse sortir de ses gonds.
« Et bien avant de tuer des gens… quand tu étais au lycée par exemple, tu m'as dit que tu y étais allé non ? » Bafouillai-je, apeurée de sa réaction. Contre toute attente il se mit à rire brièvement, me prenant au dépourvu.
« Évidemment que j'y suis allé. » Répondit-il naturellement. « J'étais même un élève remarquable. » (N/Marie : Ca m'étonne pas *-*)
Son humeur changea subitement, laissant place à de l'animosité, tandis qu'il semblait se rappeler de quelque chose. Ses traits se plissèrent, ses yeux perdaient de leur éclat et s'assombrissaient. Il arborait à présent une mine dégoutée, presque méprisante. J'eus l'envie soudaine de lui faire oublier ses pensées douloureuses et tourmentantes. Le voir aussi affligé par quelque chose dont j'ignorais tout était difficile à supporter.
« Moi aussi j'étais bonne élève. » Changeai-je abruptement de sujet. « Enfin je… je me débrouillais plutôt pas mal. » Bredouillai-je mal à l'aise.
Il me regarda curieusement, son visage se déridant progressivement, ce qui me soulageait. Puis il m'adressa un franc sourire, qui eut dont de me déstabiliser.
« Ça ne m'étonne pas. » Dit-il avant de reporter son attention sur son café. Il but le fond de sa tasse puis la reposa sur la table, le tout sous mon regard fasciné.
« Comment ça ? » Demandai-je surprise. Il me sonda du regard avec sérieux, tandis que ma respiration accélérait sans que je ne puisse la contrôler.
« Tu es une des personnes les plus intelligentes que j'aie rencontrées. Donc je ne suis pas étonné que tu sois bonne élève. » Apprit-il d'une voix posée.
J'ouvris la bouche, puis la refermai.
Edward n'avait jamais été du genre à faire des compliments. La plupart du temps où il me parlait, c'était pour me contredire et me donner tort. Jamais je n'avais encore eu le dernier mot une seule fois avec lui. Il se débrouillait toujours pour me clouer. Alors que lui prenait-il de me dire qu'il me trouvait intelligente ? Je pensais plutôt qu'il me trouvait idiote.
« Pourquoi tu dis ça ? On ne s'est pas énormément parlé. » Fis-je remarquer avec gêne, sans le regarder dans les yeux. (N/Dazzling: tu peut pas juste accepter le compliment NON?)
« Tu es la seule personne que je n'ai pas réussie à tuer depuis des années. » Rappela-t-il comme si c'était un détail important. « Je ne sais pas comment tu t'es débrouillée, mais tu as vraiment réussi un coup de maitre. Alors oui, je te trouve intelligente pour avoir trouvé le moyen de m'amadouer. »
Je soupirai mais ne répondis rien. Évidemment il avait fallu qu'il fasse allusion à la seule chose que je n'aurais pas voulue qu'il évoque. Encore une fois, il avait réussi en un rien de temps à me foutre en rogne.
« Je n'ai rien fait du tout, si tu veux tout savoir. » Répliquai-je acerbe. « Peut être que tu n'es tout simplement pas aussi impitoyable et doué pour tuer que tu ne le penses. » Provoquai-je expressément en le regardant avec un air de défi. Il me darda d'un regard ahuri, la bouche entrouverte de stupeur, avant que son visage ne prenne soudainement un masque plein de dureté et de froideur, ses yeux me lançant des éclairs.
« T'as raison, tu n'es peut être pas aussi intelligente que je ne le pensais, finalement. » Lâcha-t-il sèchement avant de se détourner avec violence. (N/Dazzling: Mouahahah je l'aime)
Je le suivis, littéralement amusée par son comportement. Je l'avais offensé et il avait pris la mouche. J'avais enfin fini par trouver une faille à Edward. Il ne supportait pas qu'on remette en cause ses talents de meurtriers. Si j'avais bel et bien raison, alors ça voulait tout simplement dire qu'il avait une fierté et un égo vraiment surdimensionné et complètement hors de propos.
Il mit sa veste et prit ses clés qui trônaient sur la table basse.
« Il faut que j'y aille. » Déclara-t-il irrité et revêche en me tournant le dos. « Rosalie va passer dans la journée. » Ajouta-t-il en allant vers la porte, le tout sous mon regard moqueur.
« Je rêve où est-ce que par hasard je t'aurais vexé ? » Hélai-je en me retenant de rire tandis qu'il ouvrait la porte avec force.
« Pas du tout. » Nia-t-il en claquant la porte méchamment.
Cette fois je ne me retins pas, et éclatai de rire devant le ridicule de la situation. Je n'arrivais vraiment pas à croire que je l'avais froissé et offusqué aussi facilement… Se croyait-il vraiment aussi invincible et sans pitié ? Apparemment ça lui plaisait d'instaurer la peur et d'incarner une personne effrayante. Peut être que je devrais le voir comme mon ravisseur finalement, ou comme mon agresseur, au lieu de vouloir lui faire la causette comme si de rien n'était. Mais cela dit est-ce que je pouvais le voir de cette façon ? Méchant… cruel… sanguinaire… dangereux… Tous ces traits de caractère que j'avais omis et oubliés à force de le côtoyer… J'avais beau réfléchir à la question, à tenter de me raisonner, je n'y parvenais pas. Je n'arrivais pas à changer mes positions vis-à-vis de lui. J'aurais dû pourtant. Je sais que j'aurais dû… Mais non, peu importe à quel point je le devrais, je ne voyais définitivement pas Edward comme mon kidnappeur.
…
« Dis-moi Rosalie. » Commençai-je avec curiosité. « Qu'est-ce qui est arrivé à Edward et Jasper dans le passé ? » M'interrogeai-je innocemment.
J'étais assise en tailleur sur mon lit – ou plutôt sur celui d'Edward – et Rosalie était derrière moi en train de faire une natte avec mes cheveux. Allez savoir pourquoi, elle adore s'occuper de moi. Elle me prend pour sa poupée. Quelques fois ça me dérangeait car elle allait vraiment loin sans se contrôler. Mais là encore ça pouvait aller. Je tolérais, même si je me demandais à quoi ça servait qu'elle me pomponne en sachant que je n'allais pas sortir de cet appartement et que, par conséquent, je n'avais personne à qui plaire…
« Ça ce n'est pas à moi que tu dois le demander Bella. » Répondit-elle honnêtement. Je soupirai de déception.
« Tu m'as bien raconté le passé d'Emmett, alors pourquoi pas celui d'Edward ? » M'enquis-je désappointée.
« C'est différent parce que le passé d'Emmett est lié au mien. Celui de Jasper et Edward en revanche… je ne suis pas en droit de l'évoquer. » (N/Marie : *soupir de déception comme Bella*)
J'hochai la tête déçue. Je m'attendais à ce genre de réponses de la part de Rosalie, mais j'avais tout de même eut un semblant d'espoir de trouver des réponses à mes questions.
« J'aurais aimé savoir ce qui s'est passé pour qu'Edward devienne… ce qu'il est et Jasper… enfin tu vois. »
« Si tu tiens vraiment à tout savoir, tu n'as qu'à le lui demander. » Proposa-t-elle. Je me retins d'éclater de rire.
« Parce que tu crois qu'il me répondra ? » Demandai-je amusée. « Tel que je le connais, il va monter sur ses grands chevaux, me hurler dessus et s'en aller en claquant la porte furieusement. »
Elle partit dans un rire léger et contrôlé.
« Oui en effet c'est fort probable. » Confirma-t-elle et je devinais qu'elle devait avoir un sourire sur les lèvres.
Un silence s'instaura, tandis que je réfléchissais longuement. Plus le temps passait, et plus ma tête était complètement embrouillée. Je me perdais totalement dans des réflexions sans queue ni tête, tellement la complexité d'Edward était des plus énigmatiques et intéressantes. Je savais que je ne devrais pas autant me creuser les méninges et m'interroger sur lui et sur son passé. Mais je n'y pouvais rien, plus je le voyais, et plus je me posais des questions à son sujet. J'avais toujours envie d'en savoir plus, ce qui m'étonnait moi-même au plus haut point. (N/Dazzling: C'est elle qui donne la migraine XD)
« J'aimerais vraiment savoir ce qui est arrivé il y a sept ans pour que les deux soient autant marqués. Je suis sûre qu'Edward était une bonne personne avant que… enfin avant que ce je ne sais quoi lui tombe dessus. Qu'est-ce que t'en penses toi ? »
Rosalie resta silencieuses quelques secondes, ce qui m'inquiéta légèrement.
« J'en pense que tu ne devrais pas te prendre autant la tête comme ça. Il ne faut pas que tu oublies qui il est, ni ce qui fait que tu es ici. » Rappela-t-elle avec une voix pleine de gravité, ce qui me déconcerta. Je fronçai les sourcils d'incompréhension.
« Je n'oublie pas qui il est. » Réfutai-je.
« Menteuse. Tu es complètement obnubilée par lui sans t'en rendre compte. Regarde-toi, tu n'as que son nom à la bouche depuis tout à l'heure. » (N/Marie : En même temps c'est d'Edward dont on parle !)(N/Dazzling: * hoche la tête pour confirmer*)
J'ouvris la bouche pour protester, mais je réalisai soudainement que Rosalie avait raison. Depuis qu'elle était arrivée ici je n'avais que cesse de songer à lui et à son passé mystérieux. En réalité, ce n'était pas uniquement depuis qu'elle était arrivée, mais quelques jours déjà, où je ne faisais que me torturer l'esprit pour connaitre ce qu'Edward renfermait au fond de lui. J'ignorais pourquoi, mais j'étais persuadée que son bureau où il refusait de mettre les pieds avait la réponse à ma question. Peut être qu'en cherchant bien, je pourrais percer la clé du mystère Edward toute seule.
« Tu vois ? Tu le refais encore ! » Interrompit Rosalie. « Bella, il faut que tu fasses attention, tu es en train de franchir des limites qui te font perdre le sens des réalités. Ne commence pas à t'attacher à lui ou à le voir comme un homme bien sous tout rapport. »
Je me retournai vers elle outrée, et montai sur mes grands chevaux en élevant la voix, vexée.
« Je ne suis pas en train de… » Je soupirai, incapable de continuer. « Laisse-tomber. » Marmonnai-je remontée tandis qu'elle me regardait avec inquiétude et affection. Elle mit ses mains de part et d'autre de mon visage, et scella son regard dans le mien avec dévotion.
« Je sais que tu es une fille avec le cœur sur la main, qui voit du bon chez tout le monde et qui a tendance à oublier les mauvais cotés des gens. Mais s'il te plait, tâche de toujours te rappeler et d'avoir constamment à l'esprit, ce qu'Edward est en train de faire à cet instant, à la minute même où je te parle. »
Je baissai les yeux, comprenant où elle voulait en venir. Un frisson d'effroi et d'horreur me parcourut l'échine, alors que les images d'Edward en train d'abattre sauvagement un pauvre homme arrivèrent jusqu'à moi. Je savais qu'il était un meurtrier, je l'avais vu faire. Je l'avais vu tuer un homme sous mes yeux sans l'once d'une hésitation ni aucun regret. Je l'avais vu tuer de façon cruelle, tel un monstre ignoble… Alors pourquoi étais-je en train de l'oublier ? Pourquoi n'arrivais-je pas à le voir et à la visualiser comme cette personne qui m'avait tant effrayé la première fois ? Comme ce monstre qu'il était ?
Rosalie avait raison, j'étais en train d'oublier le sens de la réalité. Car plus je passais du temps avec Edward, et plus il me semblait normal et de plus en plus humain. Et c'était en soi quelque chose d'intolérable. Il allait falloir que je me restreigne et m'impose des limites si je ne voulais pas perdre pied. Mais très sincèrement, je doutais avoir encore le courage et la force nécessaire pour tenir ces résolutions. Peut être devrais-je essayer de l'éviter et de m'éloigner, afin d'être à nouveau capable de me rappeler de notre situation, de ma situation. Mais là encore, ça me semblait impossible, dans la mesure où son passé, sa personne toute entière m'intriguait plus que de raison.
Conclusion : J'étais véritablement en train de perdre la boule.
Le reste de l'après midi passa sans que le prénom Edward ne soit évoqué une seule fois. (N/Marie : C'est possible, ça ?)
Rosalie avait passé son temps à me coiffer les cheveux en natte et nous avions parlé de tout et de rien, comme deux amies insouciantes. Je devais avouer que les journées avec Rosalie me faisaient vraiment du bien. Elles me permettaient d'oublier ma dure réalité, de m'évader dans un faux semblant de moments simples et légers, comme si tout allait parfaitement bien, comme n'importe quelles personnes normales sans problèmes, sans douleurs, sans situations déplorables… J'avais peut être seulement dix sept ans, mais je ne pensais pas avoir vécu pleinement mon adolescence à un seul moment. Je ne me souvenais pas avoir passé de moments sympas entre amis, avoir fait de sorties au centre commercial, être allée à des pyjamas party ou encore à des fêtes branchées. Je n'avais jamais vécu tout ça, tous ces moments qui font que l'adolescence et les années lycée sont les meilleures années de votre vie. Pour moi, tout ça n'était que des foutaises. Tous ces gens qui disaient que l'adolescence était la meilleure période, les meilleurs moments de notre vie, ces gens là étaient soit victimes de l'Alzheimer, soit ils étaient payés des millions pas l'État pour dire une telle connerie.
Mais à présent, les moments que je passais avec Rosalie étaient pour moi ce qui se rapprochaient le plus de tout ce qu'on dit à propos de l'adolescence. J'avais enfin l'impression d'être un minimum normale. Une fille banale sans histoire ni vie trépidante. Non pas que je trouvais ma vie trépidante, loin de là. Mais elle était tout de même loin d'être normale. Je m'étais enfuie, j'avais été kidnappée après avoir été témoin d'un meurtre sanglant, sans parler de ce à quoi j'avais dû faire face à Phoenix… non, je ne pense pas que beaucoup de personnes peuvent se vanter d'avoir eu le même parcours que moi. Cela dit tant mieux pour eux, dans un sens. Car même moi si je le pouvais, j'échangerai ma vie contre celle de quelqu'un d'autre.
J'entendis la porte de l'appartement s'ouvrir, et Rosalie s'extirpa de mon lit.
« Edward est rentré. » Annonça-t-elle. « Je vais aller retrouver Emmett. »
J'hochai la tête, déçue. Mon moment normal et ordinaire s'envolait.
« Tu reviens demain ? » Demandai-je avec espoir.
Elle me regarda amusée.
« On est dimanche demain. » Me fit-elle remarquer.
J'entrouvris la bouche d'étonnement. Les jours se confondaient tellement que je ne savais plus quel jours nous étions ni quelle date. Je baissai alors les yeux embarrassée. C'était évident qu'elle voudrait passer cette journée avec son mari.
« J'avais oublié. » Murmurai-je gênée.
« Je reviendrai lundi. » Rassura-t-elle avec un sourire affectueux. Sourire que je lui rendis. « Tu sais moi aussi j'aime bien passer du temps avec toi. Ça me permet de moins m'ennuyer et puis… tu es quelqu'un de gentil, c'est difficile de ne pas t'apprécier. » Souligna-t-elle. Je me mordis la lèvre, touchée par ce compliment.
« Alors on se voit lundi. » Saluai-je avec jovialité, enjouée de savoir que j'allais la revoir assez tôt.
« Prends soin de toi Bella. » Fit-elle avec une voix pleine de tendresse et d'affection.
Étrangement, j'avais la nette impression que Rosalie se sentait maternelle avec moi. Je savais qu'elle avait vraiment ce désir constant d'avoir des enfants. Elle n'attendait que ça, mais avec ce que faisait Emmett, c'était difficile à concevoir. Il fallait d'abord qu'Emmett commence par abandonner ce monde, qu'il se range réellement et pour ça, il ne fallait pas qu'il soit pris au piège par ce mafieux. Je commençais à m'interroger. Y avait-il une chance pour qu'un jour Emmett et Edward puissent se défaire de cet univers répugnant ? Le voulaient-ils seulement ?
J'hésitais à sortir de la pièce. J'avais à la fois envie de le voir, comme je redoutais ce qui allait se passer. Ma curiosité eut le dessus sur mon appréhension et au bout de longues minutes à tergiverser à savoir si j'allais sortir de la chambre ou non, je me décidai enfin à me lever du lit et à quitter cette pièce afin de l'affronter. Ne sachant jamais de quelle humeur il était ni comment il allait réagir, j'avais légèrement la boule au ventre et craignais son comportement.
J'arrivai dans le salon et le vis qui refermait la porte. Il avait probablement dû parler avec Rosalie pendant que j'étais dans la chambre. Je ne pus m'empêcher de le dévisager. Son allure désinvolte, ses cheveux désordonnés, il était vêtu d'un jean foncé et d'une veste en cuir… je n'avais été le genre de filles à mater les garçons, mais en vues de mes joues sûrement cramoisies, de mon embarras notable et des pensées peu glorieuses qui me venaient à l'esprit, je n'avais aucun doute que c'était exactement ce que j'étais en train de faire actuellement. Je me fustigeai mentalement pour un tel comportement qui était complètement hors de propos. Même si je trouvais qu'Edward était extrêmement beau, surtout habillé de cette façon, je n'avais pas le droit de penser à lui de cette manière. C'était juste inconvenable. ( N/Marie : En même temps il porte une veste en cuir… *bave*)
« Ça va Bella ? »
La voix d'Edward m'extirpa de mes étranges pensées et me ramenèrent à la réalité. Il me regardait avec curiosité, tandis que secouais la tête pour revenir au moment présent. Il devait sûrement me prendre pour une illuminée et se demander pourquoi j'avais les yeux dans le vide. J'hochai la tête timidement.
« Euh oui. » Bafouillai-je.
Apparemment il avait l'air de bonne humeur. C'était bon signe… Il me regarda suspicieux, avant d'abandonner et de désigner du regard les sacs qu'il avait dans la main. Je n'avais même pas réalisé qu'il avait des sacs.
« J'ai ramené chinois. » Annonça-t-il en les posant sur la table.
Il retira sa veste et la posa sur le dos d'une chaise, le tout sous mon regard fasciné. Je ne sais pas pourquoi j'étais trop intimidée pour parler, mais j'ai remarqué que ça me faisait souvent ça ces derniers jours. Il se tourna vers moi et me jaugea de haut en bas, le visage indéchiffrable.
« Tu t'es fait une natte ? » Constata-t-il étonné.
Je baissai la tête en rougissant.
« C'est Rosalie qui m'a coiffée. » Murmurai-je mal à l'aise. « Elle me prend pour sa poupée humaine. » Plaisantai-je pour cacher mon embarras.
Il y eut un silence tandis que je sentais son regard sur moi, ce qui me déstabilisait totalement. Puis au bout d'un long moment, j'entendis sa voix à nouveau résonner dans la pièce.
« C'est très joli. » Fit-il d'une voix légère.
Je relevai la tête, abasourdie et pantoise. Est-ce qu'il venait de dire que j'étais jolie ? Aucun doute, ce moment était vraiment étrange et des plus bizarres. Je n'avais déjà pas l'habitude de me faire complimenter en général, alors par un tueur à gages, c'était d'autant plus surprenant et particulier. Je ne sus quoi répondre à ça, c'était vraiment nouveau. Surtout un compliment venant de lui, ça me faisait vraiment bizarre, les battements de mon cœur avaient accéléré leur allure et je sentais mes muscles de plus en plus fragiles. J'ignorais pourquoi une telle sensation, comment une simple parole avait-elle pu avoir cet effet sur moi. Et au bout du compte, je n'avais peut être pas réellement envie de le savoir.
« M-merci. » Parvins-je à formuler d'une voix faible. Il finit par détourner les yeux, apparemment gêné lui aussi.
Il se dirigea dans la cuisine et je soupirai. Une chose était sûre, j'allais en profiter ce soir pour lui poser quelques questions. Avec un peu de chance, il me répondrait… Je m'installai sur le canapé et allumai la télévision, cherchant un bon programme à me mettre sous la dent. Il revint quelques minutes après.
« Au fait… » Commença-t-il en s'asseyant à coté de moi et en me tendant une barquette de riz. « Je suis allé voir Jasper pour lui parler. » J'haussai un sourcil en sa direction.
« Tu es allé le voir pour lui parler ou pour lui passer un savon ? » Soulevai-je avec une voix pleine de sous entendus. Un sourire naquit au coin de ses lèvres.
« Tu marques un point. » Répondit-il amusé. « Enfin bref, toujours est-il que tu l'intéresses et qu'il aimerait continuer des séances avec toi. »
Je manquai de m'étouffer.
« Je te demande pardon ? » M'étranglai-je.
« Bien sûr, il m'a promis de ne plus jamais te faire boire et au moindre problème, on arrête tout. » Énuméra-t-il d'une voix calme.
Je réfléchis quelques secondes, pas vraiment certaine que ce soit une bonne idée. Mais après tout, Jasper était un excellent moyen de parvenir à dénicher des informations sur le passé d'Edward, alors ce n'était peut être pas un si mauvais plan. Au contraire, ça pouvait même me servir.
« C'est d'accord. » Acceptai-je d'une voix un peu trop calme pour ne pas éveiller les soupçons. Il tourna sa tête vers moi étonné.
« T'es d'accord ? » Répéta-t-il surpris. « La dernière fois tu m'as fait une crise parce que tu refusais de consulter un psy et là ça ne te pose aucun problème ? » Rappela-t-il circonspect. J'haussai les épaules pour feindre l'indifférence.
« J'aime bien Jasper, et puis ce n'est pas comme si j'avais quelque chose de plus intéressant à faire de toute façon. » Expliquai-je avec un sourire forcé.
Il me regarda avec suspicion et scepticisme, ne croyant pas du tout les raisons que je venais de lui énumérer.
« Je sais pas pourquoi mais je suis sûr que t'as une idée en tête. » Marmonna-t-il pour lui-même, avant de prendre un morceau de poulet au curry avec ses baguettes et de l'avaler.
Je souris légèrement, avant de reporter mon attention sur mon riz et de commencer à manger.
La soirée passa plus vite que je ne l'aurais cru. C'était assez marrant de faire la conversation avec lui, dans la mesure où il n'était jamais d'accord avec moi. Pour rien du tout en fait… A chaque fois qu'un sujet était lancé, il fallait qu'il me contredise. Et le pire était qu'il trouvait toujours des arguments percutants pour me rabattre le clapet. Je n'arrivais jamais à avoir raison, il se débrouillait toujours pour obtenir le dernier mot. À croire que son but était de me contredire à chaque fois que j'ouvrais la bouche. Un silence avait pris place depuis quelques minutes, tandis que ma curiosité s'éveillait petit à petit. J'éprouvais le besoin de lui poser des questions. Des questions personnelles qu'en temps normal, il refusait sans doute de répondre. Mais la soirée s'était bien déroulée et il n'avait pas une seule fois fait preuve d'énervement ou de colère. Peut être serait-il enclin à parler et à se confier à moi, vu qu'il était plutôt détendu et ouvert à la conversation… si ce n'était pas maintenant, je ne vois pas quand il pourrait l'être. Il fallait que j'essaie de toute façon. Je pris une profonde inspiration et me tournai vers lui qui regardait la télévision.
« Edward ? » Appelai-je d'une petite voix, appréhendant sa réaction une fois que je lui aurais posé la question.
Je vis ses yeux regarder dans ma direction, sans toutefois qu'il ne bouge la tête.
« Oui ? » Fit-il d'une voix presque ensommeillée. Je triturais mes mains avec gêne, me demandant si finalement c'était une bonne idée d'aller sur ce terrain là.
« Est-ce que tu te rappelles de la première personne que tu as assassinée ? » Demandai-je en priant le Seigneur pour qu'il ne se braque pas ni ne se mette en colère. (N/Marie : Si tu continues en tout cas la dernière ce sera toi xD)
Il fronça les sourcils. Il ne s'attendait visiblement pas à une telle question.
« Tu veux dire la première personne que j'ai tuée pour Aro ? » Précisa-t-il, avant que ses traits ne se durcissent soudainement. J'entrouvris la bouche d'étonnement.
« Tu as déjà tué des personnes sans que ce mafieux te l'ait demandé ? » M'écriai-je incrédule.
Son visage à ce moment là changea, il devint plus dur que jamais, toute trace d'émotion s'était envolée. Ses yeux s'étaient tellement assombris qu'ils me donnaient la chaire de poule. Il n'avait plus l'air d'un humain à ce moment là, il avait l'air de… de quelqu'un sans pitié, sans sentiment, sans émotion… Je vis même ses poings ses resserrer sur la télécommande, si bien que j'eus peur qu'il aille jusqu'à la broyer. J'avais l'impression d'avoir réveillé ses instincts meurtriers, si bien que je regrettai d'avoir abordé ce sujet. Il cligna des yeux avec force, avant de les rouvrir subitement et d'arborer un masque impassible.
« Non. » Finit-il par répondre avec froideur.
Pourtant, à en juger l'éclat de ses pupilles, on aurait vraiment dit qu'il cachait quelque chose auquel il refusait de faire face, qu'il ne me disait pas la vérité car il y avait autre chose, une autre vérité que d'après moi, je n'étais pas autorisée à entendre.
« Alors euh… pourquoi est-ce que tu m'as posé la question ? » Hésitai-je maladroitement. Son visage ne s'était toujours pas déridé et il était vraiment effrayant à cet instant.
« Pour rien. » Éluda-t-il. « Oui je m'en souviens. » Répondit-il à ma question initiale. Sa voix était tendue et hostile, ce qui ne me rassurait pas du tout. Cependant je décidai de continuer, il m'avait déjà terrorisée à maintes reprises, ce n'est pas comme si je n'étais pas habituée.
« Comment c'était ? » M'enquis-je avec appréhension.
Il cligna des yeux plusieurs fois, semblant revenir à la réalité et se tourna vers moi avec un regard dur, mais toutefois radouci.
« Très sincèrement Bella, je ne pense pas que tu veuilles vraiment le savoir. » Fit-il remarquer. Mes poils se hérissèrent et je frissonnai.
« Pourquoi ? Est-ce que c'était une femme ? » M'horrifiai-je. Il secoua la tête, un air sombre sur le visage.
« Non, mais tu en serais quand même malade si tu le savais. » Murmura-t-il sinistre. Je le regardai médusée, à la fois inquiète et curieuse.
« Mais… ça ne t'a rien fait ? Tu n'as pas hésité la première fois ? » M'exclamai-je atterrée. J'espérais qu'il me dise que si, il en avait été bouleversé et incapable. Car ça me prouverait une fois de plus qu'il peut être aussi humain que n'importe qui. Il eut un air grave et déploré sur le visage, avant de répondre.
« Bien sûr que si, c'était même horrible. Je crois que… » Il sembla réfléchir. « Que ça fait partie d'un des pires moments de ma vie. »
Cette fois je fus véritablement intriguée. Il avait l'air de se remémorer ce moment en tentant de ne pas laisser paraitre la moindre information quant à ce qu'il ressentait. Et pourtant, le fait de tout faire pour ne pas montrer ses émotions, démontrait justement le fait que ce souvenir le perturbait. Situation plutôt ironique en y repensant, car c'est en voulant ne rien laisser paraitre qu'Edward montrait son désarroi.
« Quel âge tu avais ? » Demandai-je sans dissimuler ma curiosité.
Il tourna sa tête vers moi et me regarda avec hésitation, avant de finalement consentir à répondre, non sans difficulté.
« Dix neuf ans. »
J'ouvris la bouche d'incrédulité, n'arrivant pas à croire ce que j'entendais.
« Dix neuf ans ? » Murmurai-je épouvantée. « Tu as commencé à… à tuer à seulement dix neuf ans ? »
Ma voix partait dans les aigus tellement j'étais effarée par ce que j'entendais. Lui au contraire ça ne semblait pas lui faire quoi que ce soit. C'était comme s'il trouvait ça normal, ce qui m'inquiétait sincèrement. Il soupira de lassitude.
« J'ai rencontré Aro quand j'avais dix huit ans. » Apprit-il avec une voix fataliste. « C'était à une période de ma vie où j'étais seul, perdu et où je n'avais plus aucun repère. Il en a profité pour me prendre sous son aile et m'a appris à avoir une autre vision des choses. »
« Quelle vision ? » Demandai-je véritablement captivée. Pour une fois qu'il parlait de son passé, mieux valait en profiter le plus possible.
« Sa vision à lui. » Précisa-t-il avec une pointe d'amertume. « Il m'a appris à ne plus voir le meurtre comme un acte barbare et monstrueux. Il m'a montré que tuer n'était pas forcément une mauvaise chose, et qu'il ne fallait pas voir les armes comme des objets dangereux qui ôtent la vie. »
« Il t'a manipulé en gros. » Conclus-je dégoutée. Il me regarda la bouche entrouverte, étonné.
« Non ! » S'empressa-t-il de contredire. « Il m'a juste montré une autre façon de voir les choses et de considérer la vie. »
« Il t'a manipulé ! » Répétai-je avec plus de conviction. « Il a profité que tu étais jeune, perdu et sans défense, et il t'a manipulé, afin de t'avoir sous sa coupe. »
Il secoua la tête, refusant d'entendre ce que je disais.
« Laisse-tomber, tu ne comprends pas. » Marmonna-t-il énervé. Je soupirai pour contenir mon impatience.
« C'est toi qui ne comprends pas. » Contrai-je sûre de ce que j'affirmais. « C'est clair comme de l'eau de roche, tu n'es rien d'autre qu'un pantin pour lui, tu t'es fait manipuler, admets-le. » Clamai-je avec certitude. Il me jeta un regard glacial, tout en soufflant pour contenir son énervement.
« Peu importe ! » Ragea-t-il. « J'ai répondu à ta question, fin de l'histoire. »
Je levai les yeux au ciel silencieusement, légèrement amusée par sa réaction. Vue son attitude, j'avais dû l'offusquer. Il pouvait être tellement irritable par moment… que c'en était plutôt divertissant. Je voyais bien qu'il était agacé et que son humeur de chien était revenue. Mais j'avais une autre question qui me turlupinait, et puis quitte à prendre le risque de l'énerver une fois, autant doubler la mise.
« Dis Edward… » Commençai-je avec crainte. Il soupira de lassitude.
« Quoi encore ? » Marmonna-t-il contrarié. Je me retins de rire et tentai de garder mon sérieux.
« Qu'est-ce que ça te fait de tuer ? » Demandai-je avec intérêt.
Il se tourna vers moi l'air effaré.
« Pourquoi tu me demandes ça tout à coup ? » Fit-il sur la défensive. J'haussai les épaules, ne sachant pas moi-même pourquoi j'avais posé la question, en tout premier lieu. (N/Dazzling: parce que tu veut être une de ses victimes?)
« J'en sais rien… je m'intéresse à toi c'est tout. » Tentai-je lamentablement. Il fronça les sourcils, apparemment pas satisfait d'entendre ça.
« Tu ne devrais pas t'intéresser à ce genre de choses, Bella. » Prévint-il avec une pointe de menace dans la voix, ainsi que d'appréhension.
« J'ai seulement envie de comprendre ce qui te pousse à faire ça, j'essaye juste de te connaitre. » Me justifiai-je avec sérieux, tachant d'ignorer mes joues qui rougissaient à cet aveu. Il me regarda avec suspicieux, ne semblant pas du tout convaincu par mes arguments. Pire, il n'avait pas l'air d'apprécier que je lui avoue ce que je pensais.
Il y eut un long silence, tandis que je n'osais pas le regarder et qu'il semblait ne pas vouloir répondre à cette ultime question. Au bout d'un long moment où je triturais mes mains, de peur d'avoir dépassé les limites à ne pas franchir, il parla d'une voix calme et posée.
« Du pouvoir. » Déclara-t-il la voix neutre. Je relevai la tête, plissant le front. Il avait le regard lointain, comme s'il était à la fois ici et ailleurs. « Ça te donne du pouvoir, l'impression que tu peux tout contrôler. L'adrénaline qui monte en toi à ce moment là, c'est au-delà de tout ce que tu peux imaginer. Quand tu tues une personne, tu as l'impression d'être au-dessus de tout le monde, parce que c'est toi qui décides d'arracher la vie aux gens. Tu as le sentiment d'être le maître de la vie et de la mort. C'est comme si tu étais… Le maître du monde. » Acheva-t-il simplement.
Je restai la bouche grande ouverte de stupeur face à sa déclaration des plus… inquiétantes. Trouvait-il vraiment que le meurtre était quelque chose de génial ? Comment pouvait-on penser ne serait-ce qu'une seconde que cela nous donnait du pouvoir et une bonne dose d'adrénaline ? C'était complètement insensé, surréel qu'il puisse penser tout ce qu'il vient de dire alors que c'est tout simplement un acte monstrueux et répugnant. Je comprenais à présent à quoi il faisait allusion lorsqu'il avait parlé de la vision d'Aro. Ce Volturi lui avait complètement retourné le cerveau et l'avait transformé en robot destructeur. Il s'était servi du fait qu'il était jeune et vulnérable, et il lui avait monté la tête afin qu'il pense comme lui. Edward n'était pas un monstre. C'est Aro Volturi qui a fait de lui ce qu'il est aujourd'hui, qui l'a fait devenir une personne qu'il n'est pas. Il a fait d'Edward son double. Son robot obéissant. Peut être qu'il n'était pas encore trop tard pour le faire redevenir une bonne personne. Je suis sûre qu'il l'a été dans une ancienne vie. Il était quelqu'un de bien, et au fond je sais qu'il l'est toujours. Il l'a seulement oublié.
« J'ai vu que c'était toi qui dirigeait et qu'Emmett et Jacob t'obéissaient le jour où je vous ai surpris et où tu m'as kidnappée. Est-ce que tu es au-dessus d'eux ? » M'enquis-je pas rassurée. Il eut un rictus sur les lèvres, qui se dissipa aussitôt qu'il était venu.
« On peut dire ça. » Confirma-t-il impassible. « Quand il est venu me trouver, il s'est comporté avec moi comme un mentor. Il m'a aidé à remonter la pente et m'a considéré comme son fils. Il m'a même offert un pistolet pour mon anniversaire. Je sais pas si tu te rappelles mais c'était le neuf millimètres que j'ai pointé sur toi lorsque je voulais te tuer. » (N/Marie : mdr j'adore comment il dit ça, genre c'est tout à fait normal xD)(N/Dazzling: Genre c'est flatteur ^^)
Je me mis à blanchir et mon cœur rata un battement à cette pensée. Était-il sérieux ? Croyait-il vraiment que je ne me souvenais pas de l'un des pires moments de ma vie ? Comme si j'étais capable d'oublier cet instant effroyable où j'avais failli trépasser.
« J'en ai un vague souvenir. » Répliquai-je avec amertume.
Il ne sembla pas remarquer mon changement de ton et continua comme s'il n'y avait pas eu d'interruption.
« Il disait que j'étais spécial… » Marmonna-t-il avec une pointe de déception et de morosité. « Au début j'étais en quelque sorte le nouveau que personne respectait, un peu comme Jacob. Tout le monde est passé par là. Et puis au fil du temps je suis devenu son bras droit, pendant que tous les autres périssaient. Il se débrouille toujours pour changer les membres de son élite en qui il n'a pas vraiment confiance. Quand j'ai commencé, Aro n'était pas tout seul, il était entouré de ses deux frères, Caius et Marcus Volturi. Marcus a fini par rendre l'âme de façon tragique et Caius a pris sa retraite. Aro est donc seul à diriger tout le réseau, jusqu'à ce que Felix, le fils de Marcus prenne la relève. »
J'hochai la tête, incapable de dire quoi que ce soit avec toutes ces informations. J'étais d'ailleurs à peu près certaine que de telles confidences lui vaudraient surement de se faire tuer, si on apprenait qu'il me les avait dites.
« Donc maintenant Aro Volturi a confiance en toi, plus qu'en les autres. » Conclus-je incertaine.
« C'est pour cette raison qu'il ne doit jamais, au grand jamais, apprendre ton existence, ni savoir que je t'ai raconté tout ça. Beaucoup ont péri pour moins que ça. » Répondit-il, comme écho à mes pensées précédentes.
Je souris en secouant la tête.
« Rassure-toi, ce n'est pas comme si je pouvais en parler à qui que ce soit de toute façon. » Ironisai-je pour détendre l'atmosphère qui s'était drôlement alourdie. Il sourit à son tour, pour la première fois depuis un sacré moment. Un silence prit à nouveau place tandis qu'il avait l'air en pleine réflexion.
« Tu ferais mieux d'aller te coucher. » Annonça-t-il subitement en se relevant.
Il s'empara des restes du chinois et se dirigea dans la cuisine, sans un seul regard en ma direction. Je n'arrivais pas à cerner son comportement distant et son manque d'émotion. Nous avions parlé de pas mal de choses importantes ce soir, il s'était confié à moi d'une façon que je n'aurais jamais crue possible encore ce matin même. Mais j'avais l'impression qu'il ne s'en rendait pas compte, ou que ça ne lui faisait rien de savoir que lui et moi avions franchi une certaine étape. Ou alors il en avait conscience, mais il ne voulait pas montrer ce qu'il éprouvait. Il était encore et toujours enfermé dans cette carapace qui semblait indestructible.
Je me levai du canapé et le suivis, alors qu'il jetait le tout à la poubelle.
« Merci d'avoir répondu à mes questions. » Gratifiai-je sincèrement, tandis qu'il me tournait le dos. Il s'immobilisa quelques secondes, prouvant qu'il m'avait entendu. Il ne se retourna pas et ne bougea pas, me laissant dans le doute. J'aurais donné n'importe quoi à ce moment là pour voir son visage car j'étais certaine que c'était justement ce qu'il cherchait à cacher et la raison pour laquelle il me tournait le dos.
« Bonne nuit Bella. » Déclara-t-il finalement, toujours aussi impénétrable et mystérieux.
Ce n'était pas une requête, loin de là. Il ne me laissait pas le choix d'aller dormir ou non, et ce que je n'arrivais pas à comprendre justement, c'était pourquoi. Pourquoi il tenait absolument à ce que je m'en aille. Est-ce que ma présence le dérangeait-il à tel point qu'il ne le supportait plus ? Ou est-ce parce qu'il regrettait de m'avoir raconté tout ça ?
Je soupirai, sachant qu'il refuserait de se retourner et que je ne saurais jamais la raison de son comportement.
« Bonne nuit. » Répondis-je en retour d'une voix faible, avant de consentir à m'en aller.
oO "You and Me" Oo – Lifehouse
Cette nuit là j'eus beaucoup de mal à trouver le sommeil, trop accaparée par toutes les révélations d'Edward et surtout, par son attitude toujours aussi imprévisible.
Je n'arrivais vraiment pas à le comprendre, et une part de moi me disait que je n'y arriverais probablement jamais. Il était beaucoup trop énigmatique pour être percé à jour. Mais nous avions fait un grand pas en avant-hier soir, j'en étais persuadée. En tout cas moi j'avais avancé. J'en savais beaucoup plus sur lui que je n'avais espéré et plus j'en savais, plus j'avais l'impression que ce n'était pas assez. Il m'en fallait plus. J'avais besoin de plus.
Ce qui m'avait torturé l'esprit une bonne partie de la nuit, fut également tout ce qu'il m'avait dit à propos de ce qu'il ressentait au moment de tuer. Je n'arrivais toujours pas à croire qu'il soit capable d'éprouver du bonheur à tuer. Ce sentiment de puissance et de contrôle… on aurait vraiment dit un détraqué. Peut être qu'Edward avait sa place dans un hôpital psychiatrique… Non il n'était pas fou, il était seulement conditionné pour penser comme ça. Tout ce dont il avait besoin était que quelqu'un lui ouvre les yeux. (N/Dazzling: Bella! La bonne samaritaine ^^)
Mais qui était capable de faire ça ? Emmett avait sans doute le même état d'esprit et problème que lui, Jasper n'était pas vraiment apte à s'occuper de quelqu'un d'autre alors qu'il n'arrivait pas à prendre soin de lui-même. Il ne restait plus que Rosalie, mais d'après ce que j'avais compris leurs rapports n'étaient pas au beau fixe. Quant à moi… je crois bien que j'étais la dernière personne au monde à avoir la quelconque influence sur lui. Il fallait se rendre à l'évidence, Edward était perdu. (N/Dazzling: ou pas...)
Je m'étais levée tard ce matin, ayant un inconditionnel besoin de réfléchir. J'avais pris mon temps pour me laver et quand j'étais arrivée dans la cuisine, Edward n'était pas là. J'ignorais où il pouvait bien être un dimanche matin mais je décidai de ne pas me poser de question. Après tout, mieux valait ne pas savoir je pense. Je me fis cuire une omelette, vue l'heure il était certainement trop tard pour le petit déjeuner. Et tout en mangeant je réfléchissais. Je me demandais comment il avait pu en arriver là, ce qui avait fait qu'il s'était laissé embobiner par ce Volturi. Il fallait vraiment que j'aille fouiller dans son bureau, cette bibliothèque qu'il méprisait tant pour ne pas y avoir mis les pieds depuis le déménagement. Jasper a dit que cette pièce contenait toutes ses affaires datant du lycée. Est-ce que cela voulait dire qu'Edward haïssait cette période ? Qu'il était incapable d'y faire face ?
D'après ce que j'ai compris, c'est lorsqu'il avait dix huit ans que tout s'est déclenché. Il était donc en dernière année de lycée à ce moment là. Tout ce que j'avais à faire était de découvrir ce qui s'était passé à ce moment là, ce qui avait fait que le lycée le révulsait, ce qui l'avait poussé à suivre ce mafieux dans sa démence. Il avait dit qu'il était seul. Est-ce que ses parents étaient morts ? Et s'ils étaient toujours vivants, alors où sont-ils à présent ? Peut être devrais-je poser la question à Jasper, mais je n'étais pas certaine qu'il accepte de me répondre. Après tout il était lié lui aussi à cette période. Et il n'était pas devenu dépressif et suicidaire pour rien. Ce qui était arrivé à Edward était aussi lié à Jasper. Mais comment réussir à savoir ? J'étais persuadée que Rosalie savait. C'était évident, à chaque fois que j'évoquais le sujet elle se refermait comme une huitre et elle éludait. Je n'obtiendrai rien d'elle, ni de Jasper, et encore moins d'Edward. Il allait falloir que je me débrouille par moi-même.
J'entendis le bruit d'une clé insérée dans une serrure et quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit. J'eus l'irrésistible envie de lui demander où il était passé, mais me retins, de peur de l'énerver à jouer les curieuses. Je voyais bien que mon coté indiscrète et fouineuse l'agaçait au plus au point. Il aurait préféré que je ne pose aucune question et que je ne m'interroge pas sur lui. Mais manque de pot, il était mal tombé. Parce que non, je n'avais aucunement l'intention de le laisser tranquille et d'arrêter mes questions. J'entendis des pas et rapidement Edward fit son entrée dans la cuisine où j'étais en train de manger mon omelette. Il se positionna en face de moi, posant ses coudes sur la table, ce qui me fit lever le regard vers lui. Il avait un sourire au coin des lèvres, qui eut dont de me faire avaler de travers.
« Toi t'as passé une mauvaise nuit. » Devina-t-il tandis que je toussais légèrement. « Je parie que c'est à cause de tout ce que je t'ai dit hier. »
Je le regardai éberluée, avant de boire un verre d'eau pour estomper la douleur dans ma gorge.
« Comment tu le sais ? » Fis-je étonnée. Il soupira.
« Je savais que ça te donnerait matière à réfléchir. » Répondit-il sincèrement. « Ce n'est pas le genre de choses qu'on entend habituellement. Et puis tu sais, je commence à bien te connaitre. »
« Oh vraiment ? » Répliquai-je intéressée « Alors décris-moi. » Défiai-je du regard.
Il me regarda longuement, comme s'il tentait de pénétrer mon âme. Son regard insistant me mettait horriblement mal à l'aise, si bien que j'eus du mal à ne pas baisser les yeux, tellement j'étais intimidée.
« Tout d'abord, tu es la pire chieuse que je connaisse. » Lâcha-t-il sans se départir de son sourire tandis que mon visage se décomposait. (N/Marie : J'adore Edward *-*)
Je lui lançai un regard noir qui le fit rire.
« Ne me regarde pas comme ça, tu sais très bien que c'est vrai. » Certifia-t-il, sûr de lui.
« A vrai dire, tu es la seule personne à me l'avoir jamais fait remarquer. » Rétorquai-je vexée. Son sourire s'élargit.
« Les gens ne sont pas du tout honnêtes avec toi si tu veux mon avis. » Provoqua-t-il en haussant un sourcil. « Mais peu importe. » Continua-t-il tandis que mes yeux lui lançaient des éclairs foudroyants. « Je sais aussi que tu es extrêmement curieuse, beaucoup trop pour ton propre bien d'ailleurs. »
« Je ne serais peut être pas aussi curieuse si tu ne faisais pas tout pour que je le sois. » Interrompis-je d'une voix implacable. Il ne releva pas et continua.
« Tu es plutôt observatrice, ce qui n'est pas forcément une bonne chose pour les gens qui ont des choses à cacher. »
« Tu veux dire pour les gens comme toi. » Coupai-je en arquant un sourcil.
Il ouvrit la bouche puis la referma.
« Très juste. » Avoua-t-il avec agacement, tandis que je réprimais un rire.
« Continue. » Encourageai-je, captivée par son point de vue. Il sourit avant de poursuivre.
« Tu es aussi quelqu'un de bon et d'aimant, ça se voit au premier coup d'œil. Le genre de personnes à voir le bon coté en chaque personne, ce qui te donne un coté légèrement rêveuse. Tu veux toujours bien faire et tu n'es pas du genre à chercher les problèmes. En revanche, tu à un don incroyable pour les attirer. Un aimant à problèmes, voilà ce que tu es. » Conclut-il avec un sourire satisfait.
Je me mordis la lèvre violemment, fascinée par sa façon de me représenter.
« Pas mal… » Murmurai-je pour moi-même. « A part peut être pour l'aimant à problèmes, t'étais pas obligé de le mentionner. » Il se mit à rire.
« Eh, j'ai pas dit que j'allais faire un portrait élogieux. » Fit-il remarquer avec amusement. « Et puis j'ai pas fini. » Souligna-t-il.
Je restai silencieuse quelques secondes, attendant qu'il développe. Il arbora un visage des plus sérieux, ce qui me décontenança et me fit appréhender la suite.
« Je sais que ta curiosité est un moyen pour toi de te protéger. » Je fronçai les sourcils d'incompréhension. « T'intéresser à la vie et au passé des autres te permet de ne pas penser à ta propre vie, ni à ton propre passé. C'est ta façon à toi de ne pas souffrir en permanence. En t'interrogeant autant sur ma vie, tu en viens à oublier les raisons qui t'ont fait venir ici à Chicago, et c'est pile ce dont tu as besoin. » (N/Dazzling: Jasper sort de ce corps!)
J'écarquillai les yeux, la bouche entrouverte sous le coup de l'étonnement. Jamais je n'aurais pensé qu'il puisse m'avoir analysé de cette manière. C'est vrai que penser aux autres me permettaient de ne pas penser à moi, ni à ce qui provoquait le trou béant dans ma poitrine. Il avait soulevé un point plutôt intéressant. Je détournai les yeux avec embarras.
« C'est peut être légèrement vrai. » Répondis-je avec confusion.
« Tu ne pourras pas faire ça indéfiniment Bella. Tôt ou tard le passé te rattrape toujours et l'éviter de cette façon n'arrangera rien. » Apprit-il avec gravité. Je me braquai, n'appréciant pas du tout la direction qu'avait pris la conversation.
« C'est toi qui me dis ça ? » Répliquai-je sarcastique. « Je te signale que t'es pas mieux. Tu t'es forgé une carapace afin de justement, éviter de penser à ton passé. Et tu te fais passer pour quelqu'un de mauvais afin d'éloigner les gens autour de toi. Tu penses qu'en éloignant tout le monde de toi, ça te permettra de ne pas souffrir. Et t'es en train de me faire morale ? » Lâchai-je acide. (N/Dazzling: Comment être remis à sa place par Bella Swan, c'est ti pas beaux ca ^^)
Il ouvrit la bouche plusieurs fois, pour à chaque fois la refermer. Apparemment il ne savait pas quoi dire. Je voyais qu'il tentait de riposter et de me contredire, mais il n'y arrivait pas. Il savait que j'avais raison. Voilà pourquoi il refusait de me regarder.
« Touché… » Accorda-t-il d'une voix faible, le visage incrédule.
Je clignai plusieurs fois des yeux, pour être sûre d'avoir bien entendu. Est-ce que je venais vraiment d'avoir le dernier mot ? Ma parole il allait neiger…
« Attends… je rêve où je t'ai cloué le bec là ? » Dis-je incrédule.
Il réprima un rire.
« On dirait bien. » Répondit-il, lui aussi étonné.
« Tu es sûr ? T'as pas une dernière réplique en stock ? » M'assurai-je afin de ne pas me faire de faux espoirs. Il leva les yeux au ciel.
« Non vraiment, tu me laisses sans voix. » Confirma-t-il, le visage choqué et amusé à la fois.
J'entrouvris la bouche d'étonnement, une bouffée d'oxygène et de bonheur s'empara de moi.
« Oh mon Dieu ! » M'écriai-je ahurie et heureuse comme jamais. « J'ai réussi ! Je t'ai enfin rabattu ton foutu clapet ! Pour la première fois j'ai réussi à te faire taire ! »
Il me regarda éberlué et surpris de ma réaction.
« J'ignorais que c'était un exploit. »
Je le lorgnai du regard.
« Tu ne sais pas du tout ce que ça représente pour moi. » Appris-je d'un ton enjoué. « Depuis qu'on se connait c'est toujours toi qui as le dernier mot, à chaque fois je passe pour une idiote qui ne sait plus quoi dire, et je me sens rabaissée au plus bas. Alors de savoir que pour une fois, j'ai réussi à te faire taire, tu n'imagines pas à quel point c'est jouissif. » Fis-je d'une voix émerveillée.
Il fronça les sourcils, l'air d'être déstabilisé.
« Tu veux dire que c'est toujours comme ça ? » Demanda-t-il étonné. J'hochai la tête.
« Toujours. Tu ne me laisses jamais avoir raison, c'est toujours toi qui as le dernier mot. » Confirmai-je d'un ton las.
Il me regarda avec incrédulité, comme s'il n'était pas du tout au courant.
« Je l'ignorais. » Dit-il désolé. « Je dois vraiment être invivable dans ce cas. » Observa-t-il avec une pointe de sarcasme.
« Tu n'as pas idée. Je ne sais même pas comment je fais supporter ça constamment. » Exagérai-je expressément. Il sourit en secouant la tête.
« Je m'incline, tu es une vraie battante. » Ironisa-t-il avec un visage amusé. Je me retins de rire.
« Tout à fait d'accord, on devrait me remettre un prix pour ça. » Plaisantai-je.
Il ne se départit pas de son sourire et un silence se créa dans la pièce. J'avais l'impression qu'une légère tension régnait, ce qui n'était pas des plus confortables. J'ignorais pourquoi mais je ne pouvais pas m'empêcher de le regarder. Le voir sourire comme ça, c'était quelque chose dont je n'avais pas du tout l'habitude, et je devais reconnaitre que j'aimais cet aspect là. (N/Marie : C'est le sourire made in Edward Cullen en même temps *-*) Si je l'avais déjà trouvé beau d'habitude, ce n'était rien comparé à lorsqu'il souriait de cette façon. Je sentis mes joues s'enflammer aussitôt que je me rendis compte de mes pensées déplacées et pour le moins déconcertantes. J'aurais voulu détourner le regard pour ne plus à me sentir aussi troublée, mais je n'y arrivais pas. Malgré tous les efforts et l'envie que j'avais de regarder ailleurs, j'en étais tout simplement incapable. C'était la première fois que ce genre de choses m'arrivait, et je ne savais pas du tout ce que cela voulait dire.
Je le vis froncer les sourcils subitement, le visage légèrement dérouté.
« Euh je… j'ai un truc pour toi. » Déclara-t-il abruptement, en se passant une main dans les cheveux. (N/Dazzling: Serait il géné? )
Je le regardai avec curiosité tandis qu'il se détournait vers le salon. J'attendis quelques secondes, et il revint avec un livre dans les mains. Il me le tendit et je le pris avec hésitations, avant d'ouvrir la bouche d'étonnement. C'était une vieille édition de Roméo & Juliette. Je relevai les yeux vers lui, affectée et troublée, incapable de prononcer le moindre mot.
« Je l'ai pris ce matin dans une librairie. Tu peux t'estimer heureuse parce qu'en temps normal, jamais je ne tolère ce bouquin chez moi. » Souligna-t-il avec dérision.
Je laissai échapper un rire, n'arrivant pas à croire qu'il avait fait ça pour moi. Décidément il était vraiment plein de surprises…
« Je… je ne sais pas quoi dire. » Murmurai-je touchée par son geste. Il détourna les yeux avec embarras.
« Ouais bon, on va pas en faire toute une histoire. » Marmonna-t-il farouche, afin de cacher sa gêne. Je ne me départis pas de mon sourire. Je lui étais vraiment reconnaissante d'avoir fait ça pour moi.
« Merci Edward. » Fis-je sincèrement, alors qu'il levait les yeux.
« De rien. » Répondit-il sans me regarder.
Je me mordis la lèvre inférieure, cherchant un moyen de changer de sujet vu à quel point la situation était assez embarrassante pour lui comme pour moi.
« Hum dis… » Commençai-je hésitante. « Tu trouves vraiment que je suis une chieuse ? » Demandai-je d'une petite voix.
Contre toute attente il éclata de rire.
« Oh que oui t'en es une, et une belle ! » S'exclama-t-il avec amusement.
Je blanchis et m'apprêtai à répliquer quelque chose de cinglant, lorsque la sonnerie de son téléphone portable résonna et m'interrompit dans ma lancée.
« Excuse-moi. » Fit-il désolé, tandis que je tentais de dissimuler ma déception.
Il s'empara de son cellulaire et décrocha rapidement, en me tournant le dos.
« Allô ? »
J'aurais bien voulu que ce moment continue, car étrangement je me sentais bien en sa compagnie. C'était même plus que ça. Beaucoup plus.
« Quoi, tout de suite ? » Râla-t-il étonné.
Je fronçai les sourcils. Est-ce que cela voulait dire qu'il devait y aller maintenant ? Pourquoi ?
« D'accord, je descends. » Finit-il par déclarer au bout d'un long moment.
Je commençais à redouter la raison du pourquoi il devait y aller. Avec la façon dont les choses avaient évolué entre lui et moi, j'en avais oublié le monde extérieur et la réalité. Cette dure réalité si cruelle, infernale et sans pitié, qui me rappelait en pleine figure que cet homme qui m'avait fasciné, qui s'était montré si gentil et attentionné envers moi, n'était rien d'autre qu'un meurtrier.
Il raccrocha puis rangea son portable dans sa poche, avant de se détourner.
« Je dois y aller, j'ai un travail à faire. » Déclara-t-il en s'emparant de sa veste, me prenant au dépourvu.
La panique s'insuffla en moi petit à petit. Ma respiration se saccada à une vitesse irrégulière et démesurée. Il avait parlé de travail… ça signifiait qu'il allait commettre un meurtre. Tuer quelqu'un…
Je ne pouvais concevoir qu'après tout ce que j'avais déjà entraperçu de lui, il puisse être capable faire une chose aussi ignoble. Sans trop comprendre ce qui m'arrivait, je le suivis qui se dirigeait vers la porte, puis m'élançai.
« Pourquoi est-ce que tu fais ça ? » Accusai-je atterrée.
Il s'arrêta et se retourna vers moi étonné.
« Je te demande pardon ? » S'enquit-il. Je détournai les yeux, légèrement mal à l'aise.
« Je veux dire que… tu n'es pas obligé de faire ça. » Tentai-je embarrassée.
Il fronça les sourcils et regarda autour de lui, le visage rempli d'incompréhension, avant de reporter son regard sur moi.
« Mais qu'est-ce qui te prend ? » Demanda-t-il d'une voix tendue.
J'entrouvris la bouche, déstabilisée.
« R-rien du tout. » Balbutiai-je. « Seulement je ne comprends pas pourquoi tu fais ça, alors qu'il est clair que tu n'es pas du tout quelqu'un de mauvais et que… »
« Bella, » M'interrompit-il avec un regard menaçant. « Ne va pas par là, tu ne sais pas de quoi tu parles. »
« Au contraire, je crois que je sais exactement de quoi je parle. » Répliquai-je avec un air de défi. « Et ce que tu t'apprêtes à faire là, maintenant, ce n'est pas toi. » Fis-je avec conviction.
Il se passa une main dans les cheveux nerveusement.
« Ok, je ne sais pas du tout ce qui t'arrive ni quelle mouche t'a piquée, mais là j'ai vraiment pas le temps pour ça. » Répondit-il rapidement avec agitation, avant de se retourner pour partir. Je le suivis à la hâte avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir la porte.
« Tu fais un travail qui ne te correspond pas Edward ! » M'exclamai-je avec véhémence.
Je vis son corps se raidir et réprimer un frisson. Puis sans que je ne réalise, il donna un coup dans la porte avec colère, me faisant sursauter de frayeur. Il se tourna vers moi, le visage énervé.
« Pourquoi tu t'en mêles, tout à coup ? » Tempéra-t-il d'une voix forte. « Ça ne te regarde absolument pas ! »
Je le regardai complètement apeurée. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi il avait une telle réaction et aussi vite. Apparemment je m'étais aventurée sur un terrain épineux qu'il n'appréciait pas particulièrement. Il avait l'air tellement effrayant à ce moment là, qu'il y a encore quelques jours j'aurais détalé comme un guépard. Mais je ne pouvais pas reculer. Plus maintenant.
« Bien sûr que si ça me regarde, j'habite avec toi je te signale. » Contrai-je la voix légèrement tremblante.
« Je ne vois pas le rapport. » Trancha-t-il avec sévérité. Je soupirai pour contenir l'énervement qui me montait.
« Parce que je ne supporte pas de savoir ce que tu fais, c'est tout. » Répondis-je honnêtement.
Il rit de façon cynique et sarcastique, tout en secouant la tête.
« Ça fait des semaines que t'es là, tu n'y a jamais vu le moindre problème. » Souleva-t-il en haussant un sourcil.
« Parce qu'avant je ne te connaissais pas ! » Ripostai-je vainement. « Mais à présent c'est différent, j'ai vu que tu pouvais être quelqu'un de gentil, attentionné, qui se préoccupe des autres… »
« Et d'où tu vois ça ? » Répliqua-t-il acerbe. « Parce que je te laisse la vie sauve, que je m'occupe de toi, que je te cède ma chambre et que je te laisse faire à peu près ce que tu veux dans cet appartement, tu penses que ça fait de moi un type gentil ? Mais réveille-toi un peu ! Redescends de ta planète parce que ce n'est même plus de la naïveté à ce niveau là, mais de la démence. » (N/Dazzling: Bien dit mon Edward *_*)
Je le regardai la bouche entrouverte. J'essayais de ne pas montrer que ce qu'il m'avait dit me vexait, mais c'était assez difficile dans la mesure où je n'avais pas vraiment de contrôle sur mes émotions à cet instant.
« Alors c'est comme ça ? » M'exclamai-je en colère, à la fois contre lui et contre moi-même pour oser espérer être capable de le retenir. « Tu t'en vas ôter la vie d'un innocent ? Arracher la vie d'une personne qui a une famille, des amis, peut être même une femme et des enfants ? »
« Ça te pose un problème ? » Confirma-t-il d'un ton agressif. « Parce que même si c'est le cas, ça ne change absolument rien. »
« Oui ça me pose problème ! » M'obstinai-je. « Tu fais quelque chose de tout simplement monstrueux, et le pire c'est que ça n'a pas l'air de t'affecter ni de te choquer, ne serait-ce qu'un peu. Tu vaux beaucoup mieux que ça. » Il souffla en se passant une main sur le front.
« Bon sang mais arrête de parler comme si tu me connaissais ! » Lâcha-t-il d'une voix tonitruante. « Tu ne sais absolument rien de moi Bella, tu vis dans un petit monde étriqué où tout est beau, gentil et tout mignon, mais la réalité n'est pas du tout comme ça. »
Je restai silencieuse quelques secondes, le temps de réfréner les larmes qui s'apprêtaient à monter. Je n'arrivais pas à croire qu'il ose me dire un truc pareil, j'avais envie de hurler pour l'avoir entendu prononcer de telles insanités. Je tentai de faire abstraction à la douleur qui me serrait le cœur et me donnait envie de me réfugier loin de lui et de sa faible considération pour moi.
« Toi non plus tu ne sais rien du tout à propos de moi. » Rétorquai-je faiblement, en proie aux souvenirs qui affluaient mon cerveau et me donnaient envie d'exploser. « Parce que si c'était le cas, tu saurais que tout ce que tu viens de dire est faux. Et puis même si c'était vrai, c'est quand même mieux que toi qui vis dans un monde de barbarie effarante, qui ne crois plus en rien et n'espère plus rien. » Me défendis-je. « Parce que pour toi quand le mal est fait, il n'y a plus aucun moyen de se racheter, ni aucune rédemption possible. »
Il fronça les sourcils.
« Pourquoi est-ce que tu me parles de rédemption ? La rédemption n'existe pas Bella. Pas dans mon cas. » Décréta-t-il sûr de lui.
« Et pourquoi pas ? » Contrai-je vainement.
« Parce que je n'en ai pas envie ! » Cingla-t-il d'un ton sans réplique. « Je suis très bien comme je suis et j'ai pas envie de changer ! Ça te va ? »
Je secouai la tête, incapable de croire ce que j'entendais. Était-il vraiment en train de dire qu'il appréciait ce qu'il faisait ? Qu'il aimait tuer des gens ? C'était impossible, il ne pouvait pas aimer faire ça, pas lui. Il avait un cœur, je le savais, et il était hors de question que je puisse croire que son boulot lui plaisait.
« Tu mens, tu ne peux pas aimer faire ça. » Réfutai-je dégoutée. « Tu ne peux pas ne pas éprouver de remords, ni avoir leur mort sur la conscience. Tu ne peux pas… » Répétai-je, comme pour me rassurer moi-même de la véracité de mes propos.
Il me scruta silencieusement, le visage impassible. Un mince sourire s'étira sur ses lèvres, un sourire bon à faire frémir. (N/Marie : Et là j'me dis que c'est vraiment pas normal que j'aime ce sourire =O) Il s'approcha de moi lentement, me regarda avec une telle dureté que mon cœur s'arrêta de battre et que ma bouche s'entrouvrit. Puis il murmura d'une voix glaciale et dénuée d'émotion, tandis que mon souffle se coupait.(N/Dazzling: Je suis pas normale mais je trouve ca trop sexe...)
« Cela fait six ans, que j'assassine tout un tas de gens. J'ai tué tellement de personnes, de tellement de manières, que si je le racontais tu n'arriverais pas à le supporter. Je n'ai aucun remord, aucun état d'âme, aucun scrupule à le faire. À aucun moment, lorsque j'ai réduit la victime à l'état d'agonie, et qu'elle me supplie de l'épargner ou de l'achever selon le degré de torture infligée, je ne suis pris de pitié pour elle. Je regarde la personne, je brandis une arme sur elle, et je la tue. Pas une seule fois je n'hésite, pas une seule fois je ne cligne des yeux. Je la regarde même mourir, parfois lentement, parfois tellement vite que tu n'as même pas le temps d'ouvrir la bouche… et je m'en délecte. » Susurra-t-il avec acidité, sans me quitter des yeux de toute sa tirade. « Alors non, je n'ai aucun problème de conscience. Je suis quelqu'un d'impitoyable, fin de l'histoire. » Lâcha-t-il pour finir, le visage dénué de toute trace d'humanité. (N/Dazzling: Mon dieu! Popo tu m'a perdue la...)
Même ses yeux étaient sombres et meurtriers. La bile me monta et quelques larmes se répandirent sur mes joues, sans que je ne puisse les contrôler. Je secouai impunément la tête, comme pour oublier tout ce qu'il venait de me dire… comme si je refusais de l'entendre et que ce puisse être la vérité.
« Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça ? » Bredouillai-je, la voix sanglotante. Je ne pouvais croire qu'il pense réellement ce qu'il venait de dire, mais il l'avait dit avec une telle sincérité et haine, qu'il était vraiment difficile d'en douter.
« Pour que tu saches qui je suis. » Fit-il la voix dure. « J'aime tuer Bella. Et rien de tout ce que tu dis ou penses, ne pourra changer ça. »
« Je ne te crois pas ! » M'emportai-je scandalisée. « J'ai vu ce que tu étais, et tu n'es pas du tout celui que tu essaies de faire croire. »
Il se pinça l'arête du nez et soupira pour contenir son énervement. Il ferma les yeux quelques secondes, avant de les rouvrir et de me jeter un regard glacial.
« Finalement je préférais quand me détestais et que tu avais trop peur de moi pour accepter de me parler. » Dit-il au bout d'un moment. « Au moins là, tu avais la tête sur les épaules et tu n'avais pas perdu le sens des réalités. »
Je le regardai blessée. J'ignore pourquoi mais ce qu'il venait de dire m'avait fait énormément de mal. Il essayait de me faire penser que c'était moi qui avais un problème, et que c'était lui qui avait raison. Peut être qu'effectivement j'avais un problème, mais j'étais sûre de moi. Je savais que je ne me trompais pas et j'étais certaine que dans le fond, il le savait aussi, sinon il n'aurait pas réagi de manière aussi impulsive. Edward était peut être hyper lunatique, mais il ne s'emportait pas comme ça sans raison. Il y avait toujours une raison aux choses, et là en l'occurrence, c'était parce qu'il refusait de me donner raison, en sachant que c'était le cas. Il voulait donner une image négative de lui, il voulait que tout le monde pense du mal de lui car c'était ce que lui-même pensait. Mais je refusais un seul instant de croire à une réalité où Edward, cet homme qui m'avait sauvé la vie à plusieurs reprises et qui s'occupait de moi, n'était qu'un tueur de sang froid et sans âme.
Je baissai la tête, trop craintive et incapable d'affronter son regard.
« C'est trop tard. » Murmurai-je la voix à peine audible, les larmes toujours coulantes.
« Quoi ? »
Je relevai la tête pour voir qu'il arborait un visage perdu et dérouté.
« J'ai dit que c'était trop tard. » Répétai-je avec certitude. « C'est trop tard pour revenir en arrière et faire en sorte que j'ai à nouveau peur de toi et que je te déteste. » Il écarquilla les yeux d'étonnement. Je pris une profonde inspiration, afin de ne pas me laisser démonter et d'aller jusqu'au bout. « Je n'ai plus peur de toi. Depuis que je t'ai rencontré, je vois les choses d'une autre façon. J'ai appris qu'il n'y avait pas le bien et le mal d'un coté, que le monde était beaucoup plus complexe que ça. C'est… c'est peut être débile… » Bafouillai-je en secouant la tête, n'arrivant pas à croire ce que j'étais sur le point de dire. « Mais tu as réussi à me faire apprécier le personnage d'Heathcliff, et aussi à me faire voir les mauvais cotés de Roméo & Juliette. Et crois-moi quand on me connait, c'est vraiment quelque chose d'incroyable. » Si je n'étais pas en train de pleurer, je pense que j'aurais sans doute les joues cramoisies à l'heure qu'il est. « Et c'est pareil dans la vraie vie. » Continuai-je en détournant les yeux afin de ne pas le regarder, je n'en avais pas du tout le courage. « Tu m'as appris que tous les meurtriers n'étaient pas forcément des monstres, et que toi par exemple, tu n'en étais pas un. Tu as changé ma vision de voir les choses Edward, c'est même pire que ça, tu l'as totalement changée ! Alors oui, il est trop tard à présent pour espérer me faire te détester. »
J'inspirai fortement, afin de ne pas perdre la face et d'avoir le courage de finir.
« Parce que je t'apprécie. » Achevai-je, la voix chevrotante, mais toutefois convaincue de ce que je disais.
C'était la première fois de ma vie que je faisais ce genre de déclarations, et j'étais réellement mal à l'aise d'avoir ouvert mon cœur sans réfléchir. J'espérais avoir pris la bonne décision en me livrant à lui, mais quelque part j'en doutais. J'avais peur de la façon dont il pouvait réagir, car il était évident qu'Edward était tout sauf prévisible. Mais je ne pouvais plus me rétracter désormais, j'avais joué cartes sur table, et il ne restait plus qu'à savoir si j'avais su le toucher suffisamment pour qu'il accepte d'abaisser sa carapace de dureté. En voyant qu'il restait silencieux et n'avait vraiment pas l'intention de dire quoi que ce soit, je ne tins plus et me décidai à le regarder afin de déceler les émotions de son visage.
J'avais espéré y voir quelque chose, que mon discours l'avait au moins un tout petit peu ébranlé, mais non. Tout ce que je vis fus de l'impassibilité et un visage sans émotion, comme inerte et indifférent à tout ce que je venais de dire. Les secondes défilèrent et il ne bougeait toujours pas. Il ne réagissait pas, me laissant complètement pantoise et affligée. J'étais certaine d'avoir aperçu une lueur au fond de ses yeux qui montrait qu'il était troublé ou touché, mais elle était tellement infime et minuscule que je me demandais si ce n'était pas le fruit de mon imagination.
Au bout de plusieurs minutes de profond silence, il secoua finalement la tête en soupirant d'exaspération et d'incrédulité. Il se passa une main dans les cheveux, comme pour se remettre les idées en place.
« Je me tire d'ici, t'es carrément folle. » S'exclama-t-il dédaigneux, d'un ton presque insultant.
Je clignai des yeux pour être sûre d'avoir bien entendu, tandis qu'il se détournait. Si j'avais été blessée tout à l'heure, ce n'était vraiment rien comparé à maintenant. Sa voix trahissait le peu de considération qu'il me portait, si bien que j'avais l'impression d'avoir été trainée plus bas que terre. Mes sanglots redoublèrent, tandis que je réalisais peu à peu à quel point j'avais pu avoir tout faux sur toute la ligne. J'ignore ce qui faisait le plus mal, de lui avoir ouvert mon cœur afin qu'il le piétine, ou de ne même pas être capable de le haïr pour ça.
Il se détourna vivement, puis ouvrit la porte à la volée, d'un geste assez brusque. Je ne pus me retenir de courir vers lui avec panique, m'enfonçant toujours encore plus dans mon humiliation.
« Edward ! » Appelai-je désespérée.
Il me regarda l'espace d'une seconde, le regard froid et impénétrable, puis claqua la porte avec une telle force que les murs en tremblèrent.
Mes sanglots redoublèrent, et j'avançai vers la porte fermée, me sentant plus ridicule que je ne l'avais encore jamais été. Je posai une main à plat sur la porte, avant de finalement poser mon front dessus, me fustigeant mentalement des pires insultes qui existent. J'étais la pire des idiotes. J'avais réellement cru que ce que je dirais aurait un quelconque impact sur lui, mais c'était pire que de la naïveté. Comment avais-je pu croire un tant soit peu qu'Edward pouvait m'apprécier ou avoir la moindre considération pour moi, une gamine inoffensive et ignorante ? J'avais été tellement sincère avec lui que ça s'était transformé en véritable puérilité. Mes larmes coulaient abondamment, ne me laissant pas le temps de souffler et de respirer, tandis que je réalisais à quel point j'avais été naïve. Croire que mon avis était pris en compte, que j'étais capable de le faire changer d'avis, c'était tellement idiot et inconscient de ma part. Il avait raison, il était un tueur sans état d'âme, un meurtrier sanguinaire… (N/Dazzling: MOUAHAHA la vérité ca fait mal)
Un assassin que malgré tout, je continuais malgré moi à apprécier…
Pov Edward
oO "The Show Must Go On" Oo – Queen
« Je te trouve bien silencieux depuis tout à l'heure. » Fit remarquer Emmett tout en conduisant.
Je grognai dans ma barbe, pas vraiment enclin à parler de moi maintenant.
« C'est peut être parce que j'ai pas envie de parler. » Marmonnai-je bougon. Il tourna sa tête vers moi avec un air curieux.
« Qu'est-ce qui se passe ? » S'enquit-il. « Y a quelque chose qui te perturbe ? »
Je soupirai, irrité et contrarié. Depuis que j'avais laissé Bella j'étais effectivement d'une humeur massacrante, en vue de tout ce qui avait été dit. Cette fille était encore plus dérangée que je ne le croyais, et le pire c'est qu'elle n'en avait même pas conscience. Éprouver de la sympathie pour moi… c'était vraiment la dernière chose qu'il lui fallait. Je secouai la tête, chassant les pensées qui me ramenaient toujours à elle, et qui ne me quittaient pas depuis que j'étais parti.
« Rien, laisse-tomber. »
« Allez explique. » Implora-t-il avec un sourire amusé. « Autrement j'emploie la technique à Jasper et je te fais boire pour te délier la langue. » Plaisanta-t-il.
Je levai les yeux au ciel avec exaspération.
« Disons que c'est… c'est Bella. » Hésitai-je avec inquiétude. Il fronça les sourcils d'incompréhension.
« Bah quoi Bella ? »
Je me passai une main sur le visage, cherchant la manière dont je pouvais formuler ça.
« Et bien… » Tentai-je d'une voix incertaine. « Je crois qu'elle… qu'elle a le syndrome de Stockholm. » Finis-je par lâcher.
Il écarquilla les yeux soudainement et freina avec force, faisant stopper la voiture violemment.
« Eh mais t'es malade ? ! » M'écriai-je effaré par son attitude.
Il se tourna vers moi et me regarda la bouche ouverte d'incrédulité et d'étonnement.
« Attends mais t'as vu ce que tu viens de me dire ? Tu t'attendais à ce que je réagisse de façon normale ? »
Je lui jetai un regard incendiaire.
« Redémarre cette putain de voiture, espèce d'imbécile ! » Ordonnai-je énervé.
« Ça va… » Soupira-t-il en appuyant sur l'accélérateur. « Voilà, c'est bon. »
La voiture repartit et un silence se créa, tandis qu'il réfléchissait et que je regardais le paysage défiler.
« Alors t'es vraiment sérieux quand tu dis ça ? » Demanda-t-il au bout d'un moment. « Bella a vraiment… »
« Ouais. » Maugréai-je, n'arrivant toujours pas à le croire moi même.
Il ouvrit la bouche, puis la referma, à cours de mot. Il ne s'était sûrement pas attendu à ça, en vue de sa réaction. Il avait l'air tellement scié et choqué de ce que je lui apprenais, que si je lui avais dit qu'une troisième guerre mondiale avait éclaté, ça n'aurait eu aucun effet. Il sembla dubitatif, comme si quelque chose le chiffonnait.
« D'accord… euh… mais quand tu parles de syndrome de Stockholm, tu veux dire quoi au juste ? » Questionna-t-il la voix pleine d'incertitude. Je fronçai les sourcils en sa direction, ne comprenant pas du tout où il voulait en venir.
« Je veux dire qu'elle a de l'affection pour moi. » Clarifiai-je excédé et à cours de patience. « C'est bon là, tu saisis ? »
Il s'empressa d'hocher la tête.
« Oh, oui bien sûr. » Affirma-t-il, avec une pointe de soulagement dans la voix, ce qui me décontenança.
« Pourquoi, tu pensais à quoi toi ? » Demandai-je avec suspicion.
« Euh rien, je demandais pour être sûr, c'est tout. » Répondit-il avec gêne, si bien que je ne le crus pas une seule seconde. Je décidai toutefois de laisser couler, n'ayant pas la tête à analyser l'esprit particulier et biscornu d'Emmett.
« Je suis dans la merde. » Constatai-je sans joie. Il réprima un rire.
« Ça c'est pas nouveau. » Observa-t-il. Je ne relevai pas. « Tu comptes faire quoi ? »
J'haussai les épaules.
« J'en sais rien, c'était pas du tout prévu. » Avouai-je dépité.
« En même temps, la fille en elle-même n'était pas prévue au programme. » Fit-il remarquer innocemment.
« Ça va Emmett. » Râlai-je. « Je crois que j'ai compris. »
« Désolé. » S'excusa-t-il. Je soupirai.
« Il faut que je trouve un moyen de me débarrasser d'elle. » Déclarai-je d'un ton amer.
« Alors là compte pas sur moi mon gars. » S'empressa-t-il de signaler. « Si je la prends chez moi, elle va accaparer ma femme et je tiens à ma vie privée. » Je levai les yeux au ciel.
« Je ne comptais pas te demander de la prendre. Je suis pas idiot, et puis c'est mon problème alors c'est à moi de le gérer. »
Il soupira de soulagement, comme si je lui enlevais une épine du pied.
« Pourquoi tu la refiles pas à Jasper ? » Proposa-t-il l'air de rien.
Je manquai de m'étouffer.
« Non mais t'es pas bien ? » M'exclamai-je horrifié. « Tu as vu l'état dans lequel je l'ai retrouvée après une journée passée avec lui, tu imagines si je la lui laissais à plein temps ? »
Contre toute attente il éclata de rire.
« J'avoue que ce n'est pas une très bonne idée. » Rigola-t-il. « Mais tu sais ce que je pense de tout ça. Tu aurais dû te débarrasser d'elle dès le début en la liquidant comme tu sais si bien le faire. »
« Si c'est pour me faire la morale, c'est pas la peine d'ouvrir la bouche Emmett. » Avertis-je avec un regard noir en sa direction.
« Ben oui mais regarde dans quel merdier tu t'es fourré. » Nota-t-il. « Tu es totalement dépassé et tu ne sais pas quoi faire. »
« Je te remercie de me le rappeler. » Ironisai-je.
Il plissa le front, réfléchissant à quelque chose.
« Mais en quoi est-ce que c'est si grave au fait ? Elle t'apprécie et alors ? C'est ce que tu voulais non ? » Rappela-t-il le visage plein d'incompréhension. Je détournai les yeux vers la vitre.
« Tout ce que je voulais, c'était qu'elle arrête de me craindre pour faciliter la cohabitation, pas qu'elle se mette à m'apprécier. » Précisai-je désemparé. « Et si c'est un problème, dans la mesure où elle ne va plus me voir comme son ravisseur mais comme… » Je laissai ma phrase en suspend, ne trouvant pas le mot adéquat.
« Comme un ami ? » Supposa-t-il.
Je réfléchis quelques secondes, n'étant pas vraiment sûr qu'il s'agisse du bon mot pour définir ce que ressentait Bella.
« Un truc dans ce genre là. » Éludai-je.
« Et donc, c'est si mal que Bella te voie comme son ami ? » S'enquit-il en haussant un sourcil suggestif.
Je me pinçai l'arête du nez en soupirant de lassitude. Toute cette situation m'épuisait plus que je ne le laissais voir.
« Oui c'est mal Emmett. » Confirmai-je acerbe. « Parce que si elle se met à m'apprécier, elle va commencer à se soucier de moi et de mes actions. C'est même déjà le cas ! Elle m'a carrément fait une scène tout à l'heure. »
« Comment ça ? » Fit-il étonné.
« Elle ne supportait pas l'idée que j'aille tuer quelqu'un, alors elle a tenté de m'en empêcher. Elle a commencé à me sortir des trucs comme quoi elle m'appréciait, que je valais mieux que ça… ça m'a vraiment foutu en pétard. » Un mince sourire s'étira sur ses lèvres.
« Elle n'a peut être pas tort. » Souleva-t-il. Je clignai des yeux plusieurs fois, pour être sûr d'avoir bien entendu.
« Tu peux répéter ? »
« J'ai dit qu'elle n'avait pas tort. » Dit-il exaspéré. « Tu es quelqu'un de bien Edward. Ce sont tes actions qui sont mauvaises. »
« Ce que tu dis est complètement dénué de sens et incohérent. » Répliquai-je durement. « C'est ici, tu peux te garer. » Déclarai-je pour clore le sujet.(N/Dazzling: Plus tétu...tu meurs!)
« Ne change pas de… »
« On n'est pas là pour discuter Emmett. » Interrompis-je assermenté. « Alors tu te gares, on fait ce qu'on a à faire et on rentre chez nous, point à la ligne. » Décrétai-je. Il maugréa dans sa barbe.
« On en reparlera, tu peux compter là-dessus. » Prévint-il, tandis que je soufflais pour ne pas répliquer.
Je râlai intérieurement, priant mentalement pour que ce sujet ne soit plus jamais évoqué. Il finit par se garer devant une maison piteuse d'Humboldt Park. Un quartier miteux pour un meurtre miteux. Nous avions passé une bonne partie de l'après midi au club à discuter avec Aro, si bien que la nuit était déjà tombée. Je songeai alors à la personne que nous nous apprêtions à liquider, trouvant sa situation vraiment pathétique.
Aro nous avait envoyés abattre un certain Mike Newton. Ce pauvre gars qui n'a pas les moyens de se prendre une assurance, a emprunté de l'argent à Aro dans l'unique but de payer les frais médicaux pour sa femme Jessica, qui souffre d'une leucémie chronique. Lui devant un paquet de fric, il s'est retrouvé obligé de faire toutes sortes de petits boulots pour Aro comme du proxénétisme ou encore de la vente de marchandises, uniquement pouvoir rembourser ses dettes. Mais il s'est avéré que ce Newton a eu la mauvaise idée de vouloir garder un peu de sou en douce, afin de continuer à entretenir sa femme, ce qu'Aro n'a bien évidemment pas toléré. Il a toujours eu horreur que qui que ce soit lui pique ce qui est à lui, surtout en ce qui concerne le pognon. Voilà pourquoi ils nous envoient aujourd'hui lui régler son compte et remettre les pendules à l'heure.
L'avantage de l'affaire, c'est que Black est en congé depuis quelques jours. Depuis la fois où il a déboulé dans mon appartement pour être plus précis. Il devait sûrement avoir trop la trouille pour se montrer maintenant, mais c'était plutôt étonnant qu'Aro accepte de lui donner congé. En général il fallait vraiment avoir une excellente raison pour espérer être congédié. Une fois la voiture arrêtée, je soupirai avant de défaire ma ceinture, puis m'empressai de sortir en claquant la portière, plus fort que nécessaire. Je commençai à me diriger vers la maison, Emmett à ma suite.
« Attends Edward. » M'appela-t-il. « Il vaut peut être mieux que ce soit moi qui m'en occupe de celui là, tu n'as pas l'air dans ton état normal. » Conseilla-t-il. Je me tournai vers lui en lui lançant un regard glacial.
« Je te remercie mais je suis parfaitement capable de descendre ce mec moi-même. » Rétorquai-je irrité. Il se gratta l'arrière de la tête avec embarrassé. Je ne comprenais pas pourquoi il se souciait de moi. Je ne lui avais jamais donné de raisons de douter de moi… si ?
« Tu es sûr ? » S'inquiéta-t-il. « Parce que t'as l'air vraiment perturbé à cause de Bella et… »
« C'est bon Emmett. » Coupai-je agacé. « J'ai complètement oublié Bella et je peux parfaitement bien faire mon boulot. » Assurai-je déterminé. « Maintenant frappe à la porte, qu'on en finisse. » Ordonnai-je, impatient d'en terminer.
Il me jaugea du regard avec scepticisme et appréhension, puis s'exécuta en cognant à la porte avec virulence. Il y eut un moment de silence, tandis que je me composai un masque impassible et intransigeant, avant que la porte ne finisse par s'ouvrir sur un petit blondinet. Il avait vraiment une sale mine, on voyait bien qu'il n'avait pas dormi depuis des jours. Son visage était plus rond que sur la photo qu'Aro nous avait montrée, et lorsqu'il nous vit, ses yeux se rétrécirent et il arbora un visage paniqué.
« Vous… vous êtes… » Balbutia-t-il décontenancé et apeuré. Je souris vicieusement.
« Tu t'attendais à notre visite à ce que je vois. » Répondis-je hypocritement.
« Mike ? Qui c'est chéri ? » Entendis-je une voix féminine au loin.
Une femme aux cheveux châtains apparut derrière le Mike, les traits fatigués et le corps amaigri. Le dit Mike se retourna vers elle avec un affolement mal dissimulé, tandis qu'elle essayait d'apercevoir nos visages.
« Personne ma chérie, remonte te coucher pendant que je parle avec des amis. » Tenta-t-il d'une voix mal assurée en l'éloignant, de sorte à ce qu'elle ne nous voie pas. Elle le regarda inquiète.
« Tu es sûr que ça va ? » S'enquit-elle.
« Tout va bien. » Assura-t-il maladroitement. « Maintenant monte te coucher, le médecin a dit tu devais rester allongée car ce n'était pas prudent pour toi de te lever. » Répéta-t-il une nouvelle fois, apparemment vraiment soucieux de l'état de sa femme.
Cette dernière bougonna et rendit les armes en se détournant.
« Ce médecin est nul… » Marmonnait-elle avant de disparaitre de notre vue.
Aussitôt le blond revint vers nous et ferma la porte derrière lui, avant de s'éloigner en faisant le tour de la maison, à l'abri des regards. Emmett et moi le suivîmes d'un pas lent, sachant très bien que quoi qu'il arrive, il ne ressortirait pas vivant de cet entretien.
« Je savais que vous viendriez. Je vous attendais. » Annonça Newton avec dépit en nous tournant le dos, tandis qu'un silence avait pris place dans la nuit.
« Monsieur Volturi apprécie moyennement que l'on prenne ce qui lui appartient. » Appris-je d'une voix dure, sans émotion visible. Il finit par se tourner vers nous avec un visage désolé.
« Je ne regrette pas d'avoir fait ça. Et si c'était à refaire, je recommencerai sans hésiter. » Déclara-t-il avec conviction.
« Pourquoi ? » S'exclama Emmett outré et paumé. Le blond baissa la tête avec une profonde amertume et une douleur inexplicable sur le visage.
« Il y a eu des complications. » Répondit-il honnêtement d'une voix faible et peinée. « Elle allait mourir. » Fit-il affecté en relevant la tête. « Il lui fallait un nouveau traitement et je n'avais pas les moyens. Si je n'avais pas volé cet argent, ma femme serait morte à l'heure qu'il est ! » S'écria-t-il déboussolé et désemparé. Ses yeux étaient luisants, presque larmoyants. Il devait vraiment tenir à sa femme pour être dans un tel état, et pour avoir choisi de se sacrifier lui-même et de s'envoyer à la potence afin de la sauver.
Emmett et moi nous regardâmes, avant d'hocher la tête d'un commun accord.
« Tu sais ce qui va se passer maintenant. » Dis-je en reportant mon attention sur Newton.
Je vis la frayeur et l'effroi déformer ses traits, tandis que son corps tremblait légèrement. Oui, aucun doute il savait qu'il allait mourir.
« Vous allez me tuer. » Devina-t-il défaitiste.
« Ça n'a pas l'air de t'atteindre. » Remarqua Emmett, légèrement déçu de voir que notre victime s'attendait à son sort et ne semblait pas la réfuter.
Moi aussi je devais avouer, que j'étais plutôt déçu de la tournure que prenaient les choses. Tout est tellement plus amusant lorsque la victime se met à nous supplier et à tenter de se racheter… (N/Marie : Ouais c'est vrai, quand c'est comme ça, on doit bien se marrer -_-')
Lorsqu'elle se rend dès le départ, il n'y a plus aucun intérêt ni de plaisir à la tuer.
« Je me suis condamné moi-même en prenant la décision de sauver ma Jessie. Je savais que ce n'était plus qu'une question de temps avant que vous veniez frapper à ma porte. Je me suis préparé à ça, et je mourrai en paix. » Avoua-t-il franchement.
Je soupirai de déception, avant de me tourner vers Emmett.
« Va le tenir, ça sert à rien qu'on perde notre temps. » Il hocha la tête en souriant.
« T'as raison, autant en finir avec celui là. » Approuva-t-il en s'approchant de Mike Newton qui nous regardait avec épouvante et qui respirait bruyamment.
S'il était prêt à mourir, au moins il ne pouvait pas nier qu'il avait peur. Parce qu'il avait vraiment l'air terrifié. Une fois à sa hauteur, Emmett eut tout de même l'initiative de lui coller son poing dans le nez avec virulence, le faisant carrément tomber au sol en poussant un gémissement douloureux. Le pauvre Mike releva légèrement la tête, les larmes au coin des yeux, le sang se répandant de ses narines. Je soupirai devant un spectacle aussi navrant.
« Je t'ai demandé de le tenir, pas de lui casser le nez. » Rappelai-je à l'ordre Emmett qui jubilait.
« Tu sais bien que je ne respecte jamais ce qu'on me dit. » Dit-il en haussant les épaules de façon désinvolte.
Je secouai la tête en réprimant un sourire amusé, n'étant pas du tout étonné. Il lui asséna un coup dans l'estomac, le faisant se courber et geindre avec force. Le visage de Newton était complètement défiguré à cause de la douleur qu'il éprouvait. Tous ses traits étaient tirés et tordus, sa bouche ouverte laissant passer ses faibles gémissements. Je lançai un regard noir à Emmett pour lui intimer d'arrêter de le malmener, ce à quoi il répondit en levant les yeux au ciel et en grognant, contrarié. Il consentit enfin à m'obéir en se baissant et en lui prenant les bras de derrière lui pour l'immobiliser. Newton se retrouva à genoux, les bras maintenus derrière lui de façon assez brusque. Si Emmett avait été doté d'une force surnaturelle, aucun doute que les pauvres bras de Mike Newton se seraient retrouvés écartelés.
Je sortis mon pistolet de la poche inférieure de ma veste, puis le pointai droit sur le visage du blond. Il me regarda avec des yeux larmoyants, tandis que je lui lançai un regard des plus cruels et implacables.
« T'as une dernière volonté avant de mourir ? » Lançai-je avec dureté. Il renifla, les les larmes coulant abondamment sur son visage.
« Laissez ma femme Jessica tranquille. C'est tout ce que je vous demande. » Je réprimai un rire face à cette demande.
« Je vois vraiment pas pourquoi on voudrait s'occuper du cas d'une cancéreuse. » Lâchai-je avec dédain, ce qui eut le dont de l'énerver profondément. Il me darda d'un regard haineux, à travers ses larmes.
« Va te faire foutre salopard ! » Cria-t-il cinglant.
J'éclatai d'un rire méprisant.
« Ah tu le prends comme ça ? » Fis-je faussement outré.
J'abaissai mon arme vers le bas, visant un de ses genoux, puis tirai sans ménagement. La balle traversa sa cuisse et il se mit à hurler avant qu'Emmett ne lui couvre la bouche à l'aide d'une de ses mains pour l'empêcher d'ameuter tout le quartier. Une tache rouge commença à apparaitre au travers de son pantalon, s'amplifiant à mesure que le sang coulait.
« Ça c'est pour m'avoir traité de salopard. » Susurrai-je entre mes dents avec suffisance et déconsidération. J'attendis quelques minutes avant de reposer mon arme sur lui, le temps que la souffrance due à la balle en pleine cuisse fasse son effet et qu'il endure le martyre. Étais-je sadique ? Sans aucun doute. (N/Dazzling: J'aime vraiment ca :p)
Et je n'en éprouvais pas la moindre honte, au contraire j'aimais cette partie là de ma personnalité.
Visant à nouveau son visage, je le regardais silencieusement, qui pleurait, la bouche toujours recouverte par la main d'Emmett, son pantalon à présent imbibé de sang. Je m'apprêtai à mettre fin à ses jours, resserrant ma prise sur le revolver. Je fronçai toutefois les sourcils face à l'expression de ses yeux. Derrière toute cette douleur et toute cette peine, je pouvais déceler un profond sentiment de supplication. Au fond de lui, même s'il attendait cette punition de mort, il ne la voulait pas. Il était humain et c'était normal pour un être humain de ne pas vouloir mourir. Enfin pour la plupart…
À cet instant l'image de Bella me revint en mémoire. Je me rappelai son visage, avant que je ne quitte l'appartement précipitamment et en colère. Elle avait à peu près le même visage que ce Mike Newton. Désemparée, sanglotante, et les yeux suppliants, je devais avouer que maintenant que j'y repensais, je m'en voulais de l'avoir blessée de cette façon. Après tout elle s'était montrée vraiment honnête envers moi pour une fois. Je n'osais même pas imaginer à quel point cela avait dû être difficile pour elle de se confier à moi de cette façon et d'avouer tout ça. Surtout quand on connait notre situation à tous les deux. Elle avait vraiment fait preuve d'un courage exemplaire, uniquement pour m'empêcher d'aller commettre un meurtre. Je n'arrivais pas à croire qu'elle tienne tant à me voir arrêter mes agissements. Croyait-elle sincèrement en moi pour espérer que je puisse changer un jour ? Soit c'était de la profonde naïveté, soit une véritable confiance aveugle. Connaissant Bella, je dirais sans doute les deux mélangés. C'est là que je réalisais à quel point Bella était dotée d'un cœur énorme. Elle représentait la gentillesse incarnée, elle était capable de voir du bon en chacun de nous, même les pires criminels, tel que moi. Je regrettais amèrement la façon dont j'étais parti, dont je l'avais blessée. J'avais voulu agir au mieux, lui prouvant par tous les moyens qu'elle se trompait royalement et qu'il fallait qu'elle oublie, mais les larmes qu'elle avait versées, c'était à cause de moi. Et à présent je m'en voulais pour ça. Car elle ne le méritait pas. Pas du tout même. J'étais quasi certain qu'elle m'en voulait et ne voudrait même plus m'adresser la parole après ça, et elle aurait véritablement raison. Autrefois, je connaissais quelqu'un qui était comme elle, qui avait le cœur gros sur la main, qui voyait toujours le bon coté des gens, qui voyait le monde à sa façon… exactement comme Bella. (N/Dazzling: il a toujours des révélations quand il faut pas! mais tire m****!)
Je décidai de vite chasser ces pensées et ces souvenirs de mon cerveau avant qu'ils n'aient le temps de me déstabiliser et de m'atteindre psychologiquement. J'étais sur le point d'assassiner quelqu'un. Mieux valait fermer mon esprit à tout mauvais souvenir douloureux. Je reportai alors ma concentration sur Newton qui attendait d'être exterminé. Il avait toujours l'air aussi implorant, tout en sachant qu'il allait mourir. C'était même assez contradictoire. Je plaçai mon doigt sur la gâchette, m'apprêtant à appuyer afin de faire partir la balle. Mais au moment où j'allais appuyer, ce ne fut pas le visage de Newton que je vis devant moi, mais bel et bien celui de Bella. Je vis son visage, le jour où j'ai failli la tuer et où j'avais échoué. Puis je vis son visage actuel, celui qu'elle arborerait lorsqu'elle apprendrait ce que j'ai fait aujourd'hui. Un visage plein de haine, plein de dégout et de déception. Tout à coup l'acte que je m'apprêtais à exécuter ne me semblait plus vraiment si amusant, mais bel et bien dégoutant. J'allais priver une femme malade, voire mourante, de l'homme qu'elle aime. Celui qui l'avait sauvée, qui avait juste volé de l'argent pour la soigner. Méritait-il vraiment une telle sanction ? Méritait-il la mort pour avoir voulu sauver son épouse ?
« Edward ! Bon sang qu'est-ce que tu attends ? » Rugit la voix d'Emmett au loin, me ramenant à la réalité.
Je m'empressai de secouer la tête, effaré par mon soudain comportement.
« Euh, oui désolé. » Me repris-je abasourdi.
Puis sans attendre ni réfléchir, je fis ce que l'on attendait de moi. Je tirai sur Mike Newton, une balle dans la tête, tellement vite qu'il n'eut pas le temps de le sentir. Il s'effondra, mort sur le coup. Je regardai la marre de sang qui était peu à peu en train de se former autour de lui, choqué par mon geste. Les secondes défilèrent, tandis que le sang se répandait progressivement sur le sol et que le cadavre de Mike Newton blanchissait de plus en plus, tandis qu'il avait les yeux grands ouverts.
« Bordel… qu'est-ce que c'était que ça ? » S'exclama Emmett incrédule au bout d'un moment.
Je remontai mon regard vers lui et le regardai horrifié, ne trouvant aucune réponse à cette question.
« Je l'ignore… » Murmurai-je sans cacher mon affolement.
Je me passai une main au visage, atterré devant un tel comportement, tandis que la vérité s'imposait à moi.
J'avais hésité. (N/Dazzling: Et pas qu'un peu mon ptit...mais après c'était GENIALE)
Pour la première fois en six ans, j'avais hésité à tuer un homme, si on omettait l'épisode Bella. J'avais hésité… alors que je n'hésitais jamais. J'étais dans la merde. Quelque chose était en train d'arriver. Quelque chose qui je le redoutais, était en train de me changer. Et si je ne trouvais pas rapidement un moyen de stopper ça, alors je craignais d'être définitivement perdu.
Et voilà !
Merci à ma Vilaine Queeny et à ma Sister Adorée pour avoir commenté ce chapitre, ainsi qu'à cette dernière pour l'avoir corrigé =D
Je sais que la fin est pas tip top entre Edward et Bella (voire pas du tout) mais bon, ça finira s'arranger... ou pas ^^
Au prochain chapitre, vous découvrirez ENFIN qui est la mystérieuse fille dont parlent Edward et Jasper si souvent... Et vous apprendrez une chose importante sur Edward =)
Pour celles et ceux qui veulent un teaser, je vous encourage vivement à cliquer sur la petite bulle en bas et laisser une review, en espérant que ce chapitre vous a plu ^^
Sur ce je vous souhaite un bon weekend et à la prochaine !
Votre dévouée Popolove
