Hey Everybody !
Me revoici après deux mois d'absence pour poster un nouveau chapitre de Murder in Chicago :)
Avant toute chose je tiens à exprimer à quel point je suis désolée d'avoir mis autant de temps à poster, j'ai honte et je me sens vraiment mal parce que je suis la première à râler lorsqu'un auteur que j'aime bien tarde à poster, alors savoir que je fais la même chose ben... Enfin encore une fois, toutes mes plus sincères excuses.
Je n'ai malheureusement pas eu le temps de répondre aux reviews, le seul moment où j'avais le temps de le faire, avec ma poisse légendaire c'était quand FF buguait -_-'
Je vous remercie infiniment pour chaque commentaire laissé, et sachez que je les lis tous avec joie et une profonde gratitude. J'ai remarqué qu'en ce moment les reviews baissaient pas mal et même si ça me rassure un peu de savoir que je ne suis pas la seule à qui ça arrive, ça me désole un peu et je trouve ça assez dommage =/
Pour les lecteurs de "Beautiful Revenge" la fiction que j'écrivais en partenariat avec "Mzlle-Moon", je ne ferai aucun commentaire ici car ce n'est pas du tout l'endroit, mais pour les curieux qui ont des questions je serai ravie de répondre par MP. Je souhaite d'ailleurs bonne chance à Mzlle Moon pour cette fiction et je suis sûre qu'elle fera de l'excellent travail.
Sur ce, je vous laisse avec ce chapitre, on se retrouve en bas.
ENJOY ;)
Chapitre 8 : Alice
Pov Edward
oO "Down" Oo – Jason Walker
« Edward ? » Relança une nouvelle fois Emmett dans la voiture.
Après le meurtre de Mike Newton, nous nous étions empressés de foutre le camp avant que qui que ce soit n'ait le temps de nous apercevoir, laissant le corps là où il était. De toute façon ce n'est pas comme si qui que ce soit allait partir à sa recherche. Sa femme était sensée être partie se recoucher et d'après ce qu'Aro nous avait dit, il n'avait aucun ami. Le temps que son épouse le trouve, nous serons bien loin. Je n'avais pas dit un mot depuis le début du trajet, et Emmett s'impatientait de plus en plus.
« Tu comptes rester silencieux encore longtemps ? » Râla-t-il en voyant que je n'étais pas du tout décidé à parler.
Je restai silencieux, accoudé contre la portière à regarder les paysages nocturnes défiler à travers la vitre d'un air morose. J'entendis Emmett ronchonner, signe qu'il était énervé.
« Je compte pas te lâcher tant que tu ne daigneras pas me répondre. » Prévint-il avec aigreur.
N'en pouvant plus, je me tournai vers lui et le toisai d'un regard noir et agacé.
« J'en sais rien Emmett. » Finis-je par dire au bout d'un moment. « Tu m'as demandé ce qui s'était passé, et je te réponds pour la centième fois. Je n'en sais fichtrement rien. C'est clair ? » Lâchai-je irrité.
Il soupira.
« Depuis quand ça ne t'était pas arrivé ? » S'enquit-il avec sérieux. Je haussai les épaules.
« Pas si longtemps que ça quand tu réfléchis. » Fis-je remarquer. « Rappelle-toi Bella. » Il leva les yeux au ciel.
« Si on oublie cet épisode là, ça remonte à quand la dernière fois où tu as hésité à liquider quelqu'un ? »
Je fronçai les sourcils, tentant de me remémorer le moment où j'avais été faible pour la dernière fois.
« Au moins six ans. » Répondis-je dubitatif.
« T'es en train de t'adoucir. » Déclara-t-il avec un petit sourire amusé.
Je blanchis, avant de le regarder avec fureur.
« C'est faux, je ne m'adoucis pas. » Niai-je énervé.
« T'as quand même hésité à le tuer ce gars là. » Rappela-t-il en haussant un sourcil.
« J'ai hésité. » Confirmai-je exaspéré. « Mais je l'ai tué quand même, donc on va pas en faire tout un plat. »
« T'as au moins hésité. » Fit-il en souriant de toutes ses dents, ce qui eut le don de me faire enrager.
« La ferme. » Marmonnai-je, fâché contre lui pour me mettre en colère et contre moi pour ne pas être capable de le contredire.
« Qu'est-ce que tu comptes faire ? » Demanda-t-il avec inquiétude. J'arquai un sourcil d'incompréhension.
« Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Y a rien à faire, j'ai hésité avant de le tuer, point à la ligne. Personne ne doit être au courant de ça et ça ne doit surtout pas s'ébruiter. »
« C'est sûr que si Aro l'apprend… »
« Arrête d'en faire toute une histoire, j'ai seulement hésité une fois. Ça arrive à tout le monde. » Me justifiai-je.
« Pas à toi. » Souligna-t-il. Je roulai des yeux, excédé.
« Peu importe. J'étais un peu énervé à cause de Bella et puis j'ai eu de l'empathie pour lui à cause de sa situation merdique avec sa pauvre femme malade, voilà. Mais ça ne se reproduira pas. » Promis-je avec certitude.
« Et si ça se reproduit ? » Argua-t-il.
« Ça ne se reproduira pas ! » M'emportai-je soudainement, lassé par toute cette situation.
« T'en es vraiment sûr de ça ? » Demanda-t-il d'une voix pleine de scepticisme. (N/Marie : Il est pas un peu chiant Emmett là ?)
Je réfléchis avant de répondre. Après tout, comment pouvais-je être certain que cela n'allait pas se réitérer ? Que je n'allais pas hésiter à nouveau ? Je ne pouvais pas être sûr de ce que j'affirmais, mais il le fallait. Il fallait que j'aie raison, car c'était la seule solution pour moi de m'en sortir.
« Si ça se reproduit, je suis un homme mort Emmett. » Avouai-je difficilement. « Aro ne tolèrera pas d'avoir un faible parmi ses hommes, à tous les coups il me fera tuer lorsqu'il verra que je ne lui sers plus à rien. » (N/Marie : Rho voyons, Edward sert toujours à quelque chose ^^)
« Peut-être pas… on ne sait jamais. » Contra-t-il la voix pleine d'hésitations.
Je le lorgnai du regard.
« Tu penses vraiment qu'il serait d'humeur tolérante ? » Soulevai-je avec ironie.
Il souffla en secouant la tête.
« Non c'est vrai que venant de lui, c'est peu probable. » Accorda-t-il songeur.
« Raison de plus pour qu'une chose pareille ne se reproduise pas. » Conclus-je sombrement. « Je suis un tueur impitoyable, et je me dois de le rester. » C'était ma seule chance de survivre… voulus-je ajouter.
Un silence s'instaura dans la voiture et plana jusqu'à l'arrivée en bas de mon immeuble. Je restai planté sur mon siège, n'ayant pas réellement envie de bouger et d'affronter un autre présent tout aussi instable. La dernière fois que j'avais parlé à Bella, j'étais parti énervé en la laissant pleurer, j'ignorais comment elle était à présent. Est-ce qu'elle avait décidé de faire vœu de silence et de ne plus jamais m'adresser la parole ? M'en voulait-elle ?
Oh et puis, qu'elle m'en veuille, après tout ce n'était pas mon problème. Au contraire, ce serait bien mieux pour elle si elle prenait ses distances et se mettait à me détester à nouveau. Pour son bien, mieux valait qu'elle me haïsse. Elle s'était beaucoup trop rapprochée de moi récemment, me percevant comme quelqu'un de gentil, bien sous tout rapport, et elle en avait oublié la réalité. Il était temps qu'elle s'en rappelle, donc cette dispute ne pouvait pas mieux tomber, au moins elle redescendrait sur terre. Cela dit, quelque part au fond de moi, j'espérais quand même qu'elle ne m'en voudrait pas au point de ne plus vouloir me parler. Même si j'avais du mal à l'admettre, j'appréciais Bella. Elle mettait un peu d'ambiance, de vie et de douceur dans mon univers macabre et sinistre. J'aimais bien lui parler, l'embarrasser et voir ces petites rougeurs sur ses joues, je trouvais ça adorable. Et puis elle avait un sourire authentique, qui donnait envie de sourire instantanément.
« Edward ? T'attends quoi, j'ai pas toute la journée ! »
La voix d'Emmett me sortit de mes songes et je secouai la tête pour revenir au moment présent, légèrement perturbé par ce que j'étais en train de penser à l'instant.
« Hum ouais. Désolé je réfléchissais. » M'excusai-je en détachant ma ceinture de sécurité.
« J'imagine que je ne peux pas dire à Rosalie ce qui s'est passé ce soir ? » Supposa-t-il.
« C'est hors de question, tu gardes ça pour toi s'il te plait. » Lui priai-je sans masquer ma crainte que qui que ce soit le découvre. Il soupira de lassitude.
« T'en fais pas, ça restera entre nous. » Rassura-t-il en regardant devant lui. « Mais j'espère que ça ne se reproduira pas. »
« Moi aussi. » Répondis-je avant de sortir et de claquer la portière.
Je sortis mes clés et actionnai le passe afin d'ouvrir la porte de l'immeuble, tandis que la Jeep d'Emmett redémarrait en trombe et disparaissait dans la nuit noire. Tout en prenant l'ascenseur, je réfléchissais longuement. J'avais l'impression que ma vie, qui au départ était si simple depuis quelques années, était véritablement devenue compliquée. Depuis l'arrivée de Bella, je ne contrôlais plus rien. (N/Daria: Tu crois ca toi ?)
À présent même mon irascibilité et ma capacité à tuer étaient en train de foutre le camp. Il fallait que je me ressaisisse, mais l'ennui c'est que je ne savais pas du tout comment. Déjà il était hors de question qu'elle n'apprenne ce qui s'était passé aujourd'hui, ça la conforterait dans son idée et son ambition de me considérer comme quelqu'un de bien. Et ça il fallait l'éviter à tout prix. Je devais absolument trouver un moyen de stopper ce qui était en train de m'adoucir et de me rendre faible. Je ne pouvais pas laisser ça – peu importe ce que cela pouvait être – s'épaissir et se développer pour au final faire de moi ce que je redoute le plus au monde, c'est-à-dire quelqu'un d'inoffensif. Je n'étais pas du genre indulgent, ni altruiste ni bienveillant, j'étais dangereux, un criminel, et il fallait que ça reste comme tel. À tout prix.
Les portes de l'ascenseur finirent par s'ouvrir au vingt-neuvième étage, mon étage, et je m'engouffrai dans le couloir menant à ma porte. L'avantage d'être aussi haut, c'est qu'il n'y avait aucun voisin, j'étais le seul habitant cet étage, tout comme Jasper qui habitait au trentième. J'ouvris la porte, me demandait si j'allais trouver Bella ou si elle s'était enfermée dans ma chambre comme elle avait l'habitude de le faire durant les trois premières semaines. Remarque, vue l'heure qu'il était j'étais sûr qu'elle devait être couchée.
J'ôtai ma veste puis m'engouffrai dans la cuisine, avant de m'arrêter net.
Bella était là, assise devant une assiette vide, le regard livide droit devant elle. Elle avait l'air froid et le visage inexpressif, ce qui m'inquiéta car ce n'était pas du tout son genre d'être sans émotion. C'était moi qui faisais ça normalement.
« Bella ? » Appelai-je concerné.
Elle tourna alors la tête vers moi, sa bouche s'entrouvrit légèrement, et je fus mal à l'aise en voyant son visage. Je pus apercevoir les traces asséchées que ses larmes avaient laissées. Elle avait vraiment pleuré par ma faute. Je m'en voulus automatiquement, réalisant que j'avais vraiment été immonde avec elle avant de m'en aller. Je m'étais comporté comme le pire des idiots. Elle ne bougea pas, ni ne pipa mot, se contentant de me regarder avec ce visage inexpressif et ces yeux qui montraient de la douleur que je ne comprenais pas.
« Qu'est-ce que tu fais debout ? » Demandai-je avec curiosité.
Elle ne se dérida pas, restant toujours impassible.
« J'arrivais pas à dormir. » Déclara-t-elle d'une voix neutre.
Son ton si détaché me déstabilisa. Même lorsqu'elle me craignait elle n'était pas aussi indifférente, on pouvait facilement déceler sa frayeur et son apeurement. Là en l'occurrence elle ressemblait à une statue de cire. Aucune émotion, aucun sentiment, rien qui pouvait m'indiquer ce qu'elle ressentait à cet instant même. Je devais avouer que je n'aimais pas vraiment la voir comme ça. Ça ne lui ressemblait pas du tout et ça m'inquiétait. Je m'étais attendu à tout genre de réactions, sauf celle-ci. Et à présent je culpabilisais de lui avoir fait du mal car ce n'était pas du tout mon attention. (N/Marie : Edward qui s'en veut… c'est chou *-*) (N/Daria: Edward, il sait pas non plus ce qu'il veut !)
Je décidai de m'approcher, craignant sa réaction.
« Est-ce que ça va ? » Tentai-je hésitant, n'attendant pas réellement de réponse de sa part.
Elle hocha la tête sans me regarder.
« J'ai fait à manger. » Éluda-t-elle en me prenant par surprise.
Je fronçai les sourcils en regardant ce qu'elle m'indiquait, une assiette recouverte qui trônait sur la plaque éteinte. Je n'arrivais pas à croire ce que j'avais sous les yeux. Je l'avais fait pleurer avant de partir, et elle, elle me faisait à manger… Dans quelle dimension étais-je tombé ? Avait-elle perdu l'esprit ? Est-ce que c'était sa façon à elle de me montrer qu'elle m'en voulait ? Parce que si c'est ça, je veux bien me disputer avec elle quand elle veut. Je reportai mon regard sur elle qui était toujours aussi froide.
« Tu m'as fait à manger ? » Demandai-je avec incrédulité, tellement ça me laissait sans voix.
Elle haussa les épaules avant de baisser la tête.
« Je me suis dit que t'aurais faim. » Murmura-t-elle d'une voix embarrassée.
À ce moment là elle laissa enfin tomber son masque d'insensibilité et d'indifférence et je pus enfin voir ce qu'elle ressentait. Elle se retenait de pleurer, je le voyais à ses yeux tristes et abattus. Son visage était blessé, et ça me fit mal de la voir comme ça. J'éprouvais l'envie de m'excuser et d'effacer la douleur sur ses traits.
« Écoute… » Tentai-je maladroitement. « Je suis désolé… pour tout à l'heure. » Elle remonta sa tête vers moi et me regarda avec étonnement tandis que je détournai les yeux avec gêne. « J'ai dit un ou deux trucs que je ne pensais pas et je ne voulais vraiment pas te blesser. C'était seulement pour que tu comprennes et que tu te fasses à l'idée que… je ne suis pas une âme charitable ni un enfant de cœur, et que je ne compte pas m'arrêter de tuer… »
« C'est bon Edward. » Me coupa-t-elle avec agacement. « J'ai bien compris, et je te promets de ne plus me faire d'illusions. » Répliqua-t-elle sèchement en regardant ailleurs.
Je soupirai, ayant du mal à accepter l'attitude si impartiale et indolente qu'elle avait à cet instant. Elle avait l'air inhumain, tellement… moi. J'avais l'impression qu'on avait inversé les rôles, ce qui me décontenançait. Toute cette situation devenait beaucoup trop grotesque, je commençais à en avoir marre. Je m'assis sur la chaise à coté d'elle, mis mes coudes sur la tables et ma tête dans les mains, n'arrivant plus à supporter toute cette bizarrerie et ces changements qui s'étaient produits récemment. D'abord Bella, mon incapacité à la tuer et ce sentiment protecteur envers elle qui étaient en train de m'attirer des problèmes, puis l'influence qu'elle peut avoir sur moi, il fallait vraiment que je trouve un moyen de m'en débarrasser. Et maintenant ça… ce qui était arrivé aujourd'hui lorsque j'avais dû liquider ce crétin de Newton.
J'étais en train de perdre le fil, je me laissais diriger par mes émotions et d'une certaine façon, par Bella. Durant des années j'avais tout fait pour conserver le contrôle que j'avais sur tout, sur ma vie, sur moi, sur les gens en général. Mais aujourd'hui je ne contrôlais plus tout aussi bien. Je ne contrôlais pas Bella, je ne contrôlais plus mes émotions comme je le faisais si bien, je me laissais facilement atteindre. Et le meurtre de Mike Newton en était la preuve. Lorsque je m'étais retrouvé face à lui, mon arme pointé en sa direction, prêt à abréger sa misérable vie, je m'étais laissé subjuguer et dominer par les sentiments que j'avais enfouis en moi il y a longtemps comme la pitié, la compassion, l'attendrissement, la clémence… tout ce qui ne me correspondait plus aujourd'hui. Et tout ça c'était de la faute de Bella, c'était elle la responsable de ce carnage, j'en mettrais ma main à couper. (N/Daria: Elle a bon dos la Bella...Pfff c'est bien un mec ça xD)
Je poussai un profond soupir, souhaitant par tous les moyens retrouver ma vie d'avant, celle où j'étais maître de moi et des autres, où je pouvais encore tout contrôler… Ma vie avant que Bella ne se mette sur mon chemin.
« Tu l'as tué ? » Entendis-je la voix de Bella interrompre le cours de mes pensées, ou plutôt de mes lamentations.
J'ôtai ma tête de mes mains et la regardai avec effarement.
« Hein ? »
Elle leva les yeux vers le plafond, excédée.
« La personne que tu devais abattre aujourd'hui. » Précisa-t-elle énervée. « Tu l'as bien tuée ? » (N/Marie : Pourquoi elle veut toujours avoir les détails morbides -_-')
Je crus déceler une pointe de sarcasme et d'antipathie dans sa voix, mais j'étais un peu trop remonté et tourmenté à ce moment là pour en tenir compte. Comme si elle avait entendu mes pensées et mes soucis, il avait fallu qu'elle mette sur le tapis le seul sujet que je n'avais surtout pas envie d'évoquer. Je me tendis et détournai les yeux avec dureté.
« Oui. » Répliquai-je froidement, en colère contre moi pour m'être montré aussi défaillant lorsqu'il avait fallu l'achever.
J'avais peut être répondu un peu trop sèchement pour ne pas paraitre suspect car elle continua dans sa lancée.
« Est-ce que tout va bien ? » Demanda-t-elle avec une dévotion que je ne compris pas.
Je ne pouvais croire qu'elle se permette encore de s'inquiéter pour moi après tout ce que je lui avais balancé à la figure.
« Pourquoi tu me demandes ça ? » Râlai-je fatigué. Elle entrouvrit la bouche, désarçonnée par mon ton froid et distant.
« Tu m'as l'air assez… préoccupé et perturbé. » Avoua-t-elle honnêtement, d'une voix faible.
Je secouai la tête, refusant de m'expliquer avec elle. J'avais besoin d'être seul et elle était en train de me faire sortir de mes gonds sans le vouloir.
« Ça va. » Vociférai-je irrité.
J'étais vraiment à cran, et si elle ne me laissait pas tranquille dans la minute qui suivait, je craignais de ne plus répondre de moi et de m'emporter. Et pour me provoquer plus encore, elle continua. »
« Tu es sûr ? Parce que tu n'as vraiment pas l'air de… »
« Et de quoi tu te mêles ? » Interrompis-je avec colère en la regardant avec des yeux noirs, tandis que son corps frissonnait, sans aucun doute de peur. « Bon sang, ça ne te regarde pas, alors fous-moi la paix ! » Hurlai-je en cognant mon poing sur la table, à bout de nerfs.
Elle resta stoïque, immobile, clignant des yeux une ou deux fois, me regardant avec des yeux meurtris par ce que je venais de lui dire. Elle tenta de dissimuler tous ses sentiments et ses émotions à travers un masque impassible et un visage de marbre, mais elle échoua lamentablement, elle n'avait pas autant de pratique que moi à ce niveau là.
Elle finit par baisser la tête, et se leva de sa chaise, les yeux rivés sur ses pieds, tandis que je commençais à regretter mon comportement.
« Désolée je… je te laisse tranquille. » Bafouilla-t-elle sans parvenir à contenir les trémolos dans sa voix.
J'entrouvris la bouche, choqué par la tournure qu'avait prise la situation, alors qu'elle se détournait. Une vague de culpabilité m'envahit et je me traitai mentalement d'imbécile pour tout ça. J'avais été un vrai con en m'énervant, tellement furieux contre moi-même et contre mes nombreux échecs du moment, que toute ma colère était retombée sur elle injustement. Je voulus me faire pardonner, paniquant sans comprendre pourquoi à l'idée qu'elle ne veuille plus jamais me parler.
Je me levai à mon tour, voulant la rattraper.
« Attends Bella… » Insistai-je en lui prenant le bras pour la retenir.
Elle se débattit violemment, comme si je l'avais brulée avant de se retourner vers moi brusquement.
« Non je… » Elle me regarda avec des yeux glacials. « Tu t'es parfaitement fait comprendre, je n'ai pas à me mêler de ta vie, ni de toi… alors je ne t'importunerai plus. » Lâcha-t-elle froidement avant de se partir et de me laisser là, halluciné.
Je la regardai quitter la pièce, me fustigeant pour mon attitude. J'avais voulu me faire pardonner et au lieu de ça, je n'avais fait qu'empirer les choses. J'étais tellement à cran et harassé par cette journée merdique que je m'énervais pour rien, si je voulais que la cohabitation avec Bella fonctionne correctement, il allait falloir que j'aille m'excuser. Cela dit, au fond de moi je savais que ce n'était pas réellement la cohabitation qui me préoccupait. C'était plutôt le fait que j'aimais bien Bella. J'aimais sa compagnie et ses réactions, plus que je ne l'aurais dû, et lui faire du mal n'était pas du tout dans mes intentions. Peut être que finalement, je tenais à ce qu'elle m'apprécie. Mais alors dans ce cas je n'aurais peut être pas dû m'énerver autant tout à l'heure, quand elle me l'avait avoué.
Je soupirai, avant d'aller me rassoir en enfouissant mon visage dans mes mains, fatigué. Fatigué parce que ma vie m'échappait. Moi qui étais tellement habitué au contrôle et à la normalité, voilà que je ne contrôlais plus rien et que mon quotidien n'était plus aussi calme que d'habitude. Si j'avais su que l'arrivée de Bella allait tout modifier, je l'aurais sûrement liquidée ce soir là. Un rire amer m'échappa face à mes dernières pensées. Même moi je ne croyais pas à ce que je disais. J'étais incapable de la toucher, il fallait se rendre à l'évidence. Peut être que la solution était que je m'éloigne. Si je l'évitais au mieux, je serais certainement capable d'arriver à la tuer, il fallait juste que j'arrête de la voir comme je la voyais maintenant, d'arrêter de me sentir protecteur envers elle. Je ne devais pas la protéger, je devais la tuer, c'était mon rôle. Ça avait toujours été mon rôle. J'étais son bourreau, Bella aurait dû mourir ce soir là dans cette ruelle près de l'aéroport. C'était ce pourquoi je vivais, j'étais un exécuteur. Pas un protecteur.
Et quant à ce Mike Newton, je n'aurais jamais dû éprouver la moindre pitié pour lui. C'était contraire à ma nature, à ce que je suis réellement. Je ne sais pas comment, mais j'allais tout faire pour redevenir celui que j'étais avant et ne plus me laisser submerger par des sentiments humains inutiles. Ça me rendait faible. Et je ne voulais pas être faible.
Pris d'une faim soudaine, je relevai la tête, mon regard se posant sur l'assiette que Bella m'avait préparé. Je secouai la tête d'amertume devant une telle ironie. C'était elle qui m'en voulait, et qui avait toutes les raisons pour d'ailleurs. Et c'était à moi de m'excuser et de me faire pardonner pour mon comportement. Et c'était elle qui me préparait à manger parce qu'elle avait supposé que j'aurais faim…
Décidément, le monde ne tournait pas rond. Cette fille était bien trop gentille pour son propre bien. Elle était même trop bien pour ce monde de crétins. Elle était douce, aimante, amusante malgré elle, cette simple pensée me décrocha un sourire. Je me retenais souvent de rire devant sa gaucherie exemplaire, et sa façon d'appréhender chaque fois qu'elle m'adresse la parole, comme si j'allais la déglinguer pour une parole de trop, ou une question déplacée. J'admets qu'elle posait énormément de questions, beaucoup trop et que ça m'agaçait au plus haut point, étant donné que j'avais horreur de parler de moi. Et puis je ne vois pas pourquoi je devrais parler de moi dans la mesure où elle, ne me parle pas d'elle. Après tout, moi aussi j'étais intrigué par ce qui l'avait poussée à quitter Phoenix, et pourtant je me retenais de ne pas lui demander directement, sachant très bien qu'elle refuserait d'en parler. J'avais déjà posé la question en employant la manière forte, et ça n'avait rien donné, elle s'était carrément rebellée la petite !
Elle était vraiment unique en son genre. Et elle était surtout intelligente, elle ne se plaignait jamais, ne tentait pas une seule fois de s'échapper, ou d'hurler pour qu'on l'entende, elle était extrêmement simple et facile à vivre. Et elle était prévenante. Vraiment prévenante, ce qui me faisait me sentir encore plus coupable pour mon comportement envers elle. (N/Daria: Mon dieu! mais quel éloge!)
Je mangeais donc dans le silence le plus complet, rapidement, désirant aller me coucher au plus vite en espérant que demain serait un jour meilleur. Je tentais de ne pas réfléchir durant tout le repas que j'empiffrais à la vitesse de l'éclair, sachant que me torturer l'esprit plus encore ne me servirait pas à grand-chose, à part m'énerver et me prendre la tête.
Je ne réussis pas à m'endormir cette nuit là.
Le visage de Mike Newton avant de mourir était sans cesse dans mon esprit. En temps normal, je n'avais pas le moindre scrupule ni remord après avoir commis un meurtre de sang froid, j'avais appris à refermer mon esprit pour ce genre de choses, avec le temps, j'étais vite devenu insensible et sans état d'âme. Mais là sans que je ne puisse comprendre, il me hantait. Je ne sais pas si je pouvais appeler ça des remords, ou des regrets. Je ne regrettai pas de l'avoir tué, après tout c'était mon job, c'était ce qu'il fallait, j'avais fait ce que je devais faire, point. Mais alors pourquoi avais-je son image dans mon esprit, constamment, m'empêchant de dormir ? Dès que je daignais fermer l'œil, c'était lui que je voyais, au moment où j'avais hésité à le tuer, avec son visage larmoyant, ses yeux effrayés et suppliants, ses cris de douleur après que je lui ai tiré une balle dans le genou… Je me revoyais hésiter, penser à sa femme Jessica, à la raison pour laquelle il avait pris de l'argent à Aro et devait être tué, je me revoyais même penser à Bella à ce moment là…
Plus ce moment se rejouait dans ma tête pour me tourmenter, plus j'étais perdu et moins j'y voyais clair. Pourquoi ne l'avais-je pas tué aussi froidement que tous les autres ? Et qu'est-ce qui m'avait pris de penser à Bella à ce moment là ? Et si cette situation se répétait à nouveau ? Je devrais sûrement aller en parler à Jasper, il pourrait peut être m'aider à comprendre ce qui m'arrive. Mais lui en parler, c'était prendre le risque de le faire à nouveau espérer quelque chose qu'il ne pouvait pas attendre de moi. Il était comme Bella, si ce n'est pire. Il ne pensait qu'à me rendre bon. Je savais que c'était pour ça qu'il ne s'était pas encore flingué. Il voulait à tout prix me rendre humain avant de clamser, chose qui allait le tenir en vie un bon bout de temps puisque ce n'était pas prêt d'arriver. Et maintenant Bella s'y mettait aussi, même Emmett se permettait des réflexions douteuses. Je savais qu'ils avaient tort d'espérer pouvoir me changer ou quoi que ce soit d'autre, voilà pourquoi ce qui était arrivé aujourd'hui ne devait sûrement pas se répéter, au risque de leur donner de faux espoirs.
Je soupirai en mettant mes bras sur mes yeux, énervé de ne pas réussir à trouver le sommeil, j'allais prendre la direction de me lever pour aller fumer une cigarette dehors, quand j'entendis un faible bruit me parvenant de la chambre. J'ouvris les yeux et fronçai les sourcils. J'aurais pu penser avoir rêvé mais lorsque je réentendis ce même son étouffé je compris que ce n'était pas le cas. Est-ce que Bella était réveillée ? Si tel était le cas, j'aimerais bien savoir pourquoi et connaitre la raison de son insomnie. (N/Marie : Quelle commère :O)
Je pris une inspiration et consentis finalement à me lever pour aller voir d'où venait le problème. Je me dirigeai vers la chambre, tandis que les sons me parvenaient de plus en plus audibles, comme de faibles gémissements. Je décidai d'ouvrir la porte doucement, avec hésitation, ne voulant pas paraitre imposant ni dérangeant. Je fus étonné de constater qu'elle était toujours endormie, les yeux clos avec force. Un pli s'était formé sur son front, et elle serrait la couette dans ses mains avec plus de vigueur que nécessaire. Je compris qu'elle était en train de faire un cauchemar. Et en vue de ses gémissements étouffés, il n'était pas du tout plaisant. Elle ouvrit la bouche et gémit à nouveau. Ce qui m'inquiétait était qu'elle gémissait de peur, je connaissais la signification de ce son, c'était lorsqu'on fuyait quelqu'un, qu'on était terrifié.
Ce que je ne comprenais pas c'est pourquoi Bella éprouvait cette peur. Elle n'avait pas à être effrayée puisqu'elle était en sécurité ici. Et elle n'avait pas peur de moi, puisqu'elle m'appréciait. Selon ses dires en tout cas. Alors que fuyait-elle, ou plutôt qui fuyait-elle ? Était-ce quelqu'un qui lui voulait du mal à Phoenix ? Était-ce pour ça qu'elle avait fugué et qu'elle était venue ici ? (N/Daria: Un vrai Sherlock ^^)
Tant de questions sans réponse, le pire était qu'elle en savait plus à mon sujet que je n'en savais sur elle, peut être devrais-je tenter de lui poser plus de questions, afin de rectifier le tir. Mais d'un autre coté, je ne voulais pas qu'elle pense que je puisse m'attacher à elle, parce que même si c'était le cas – ce que je refusais d'admettre – elle n'avait pas à le savoir.
Elle poussa un gémissement plus intensif, plus douloureux, resserrant encore plus les pans de la couette qu'elle resserrait dans ses poings violemment fermés. Je ne pus supporter de la voir comme ça, souffrant le martyr dans son sommeil. C'était une vision que je n'arrivais pas à tolérer, je la trouvais bien trop jeune et innocente pour être sujette à de tels tourments. Elle ne méritait pas de subir ce genre de tortures. Tout ça était bon pour les gens mauvais, les personnes comme moi. Bella méritait d'avoir un sommeil paisible, un sommeil que personne n'avait le droit de perturber. Je ne savais pas qui était cette personne qui la torturait ainsi, à supposer qu'elle existe vraiment, mais qui que ce soit, je la détestais déjà pour oser lui faire subir une telle terreur.
Je secouai la tête pour chasser ces pensées des plus déconcertantes, puis m'approchai du lit pour la réveiller. Je m'assis près d'elle, qui bougeai inconsciemment, comme si elle se débattait contre quelque chose d'invisible. Je posai mes mains sur ses épaules pour la maintenir en place, ce qui eut le dont de la faire gémir plus fortement. Je la secouai gentiment, ne voulant pas lui faire mal, mais assez fort pour pouvoir la réveiller. Elle ne semblait pas vouloir ouvrir les yeux et marmonnait des paroles incohérentes, ce qui m'inquiéta.
« Bella… » Tentai-je en la secouant une nouvelle fois. « Bella réveille-toi. » Fis-je d'une voix forte.
J'accentuai ma pression sur ses épaules, si bien qu'après quelques secondes elle poussa un cri avant de se relever en sursaut, d'une traite, me prenant au dépourvu. Elle avait la respiration bruyante et rapide, je pouvais même entendre son cœur battre tellement il tambourinait dans sa poitrine. Des larmes perlaient au coin de ses yeux, et lorsqu'elle me vie et prit conscience de ma présence, elle se recula avec vivacité, comme si c'était de moi donc elle avait peur, comme si elle craignait que je lui fasse du mal. Je la regardai avec inquiétude, tandis qu'elle repliait ses jambes contre elle, enfouissant sa tête dans ses genoux. Je pouvais apercevoir de petites larmes coulant le long de ses joues et je me sentis mal pour elle. J'ignorais ce qui la rongeait, mais ça me faisait de la peine de la voir comme ça alors que je ne pouvais strictement rien y faire. J'étais impuissant devant une telle détresse, et malgré le fait que j'avais envie de la rassurer et d'effacer cette frayeur que je voyais dans ses traits et dans ses yeux, j'en étais tout bonnement incapable dans la mesure où je n'avais aucune idée de l'origine et l'étendue de ce qui la rongeait.
C'est à cet instant là que je compris qu'en dépit de tous les efforts que j'avais fait afin de ne rien éprouver pour cette fille et ne pas m'attacher à elle, j'avais échoué lamentablement. (N/Marie : Oooh *-* Il est trop adorable)(N/Daria: Trop chou *_*)
J'avais beau avoir nié et m'être comporté comme le plus détaché possible, je tenais à cette fille. Je ne voulais pas la voir aussi meurtrie et mal en point. Parce que mine de rien, elle avait fini par donner un peu de joie et de vitalité à mon quotidien terne et sinistre. Alors la voir aussi désemparée et malheureuse, ça me lacérait le cœur. Elle ne méritait surement pas une telle détresse.
« Tu veux en parler ? » Proposai-je, la voix hésitante, me demandant intérieurement la raison d'un tel cauchemar.
Elle secoua la tête négativement, sans oser me regarder. Je soupirai, ne voulant pas lâcher l'affaire.
« Bella tu es vraiment dans un sale état… » Lui fis-je remarquer avec inquiétude.
Elle leva légèrement la tête et me fit les gros yeux, apparemment vexée. Je me retins de rire face à sa tentative d'intimidation complètement ratée. Comment espérait-elle réussir à m'intimider alors qu'elle pleurait ? Elle n'y arrivait déjà pas en temps normal…
Je posai une main sur son genou, ce qui la fit tressaillir et me regarder avec étonnement.
« Tu n'es pas obligée d'affronter ça toute seule. » Dis-je avec sérieux. (N/Daria: Trop sexy Edward en mode psy! :p )
Je vis sa lèvre inférieure trembler imperceptiblement avant qu'elle ne détourne les yeux.
« De quoi est-ce que tu parles ? » Bredouilla-t-elle d'une voix faible.
« De tes démons. Ce qui te ronge constamment. » Répondis-je honnêtement. Elle entrouvrit la bouche d'incrédulité.
« Tu penses que je suis une fille tourmentée ? » Demanda-t-elle en faisant mine d'être outrée à travers ses larmes. J'haussai un sourcil suggestif.
« C'est pas le cas ? » Fis-je de façon rhétorique.
Elle resta silencieuse, me regardant le visage indéchiffrable. Elle renifla bruyamment avant de baisser les yeux vers ses genoux.
« Alors toi t'as le droit de te mêler de ma vie mais moi je n'ai pas le droit de m'intéresser à la tienne ? » Finit-elle par répliquer d'une voix ironique, dénuée de sentiment.
J'étais assez désarmé face au ton qu'elle avait employé et qui n'était pas habituel chez elle. Cela dit elle avait touché un point sensible. Je m'étais mal comporté avec elle et elle avait toutes les raisons de m'en vouloir.
« Je suis désolé. » M'excusai-je sincèrement, sachant qu'elle ne me pardonnerait pas aussi facilement.
Elle arqua un sourcil sceptique.
« Je trouve que tu es souvent désolé ces derniers temps. » Observa-t-elle avec sarcasmes. Ses larmes avaient cessé de couler. Je détournai la tête avec embarras.
« Bah… J'admets que je foire pas mal. L'erreur est humaine comme on dit. » Citai-je ironiquement.
« Je croyais que tu n'étais pas humain ? » Argua-t-elle dubitative.
Je souris malgré moi face à sa répartie. Si son but était de me déstabiliser, elle y parvenait aisément.
« Ouais mais chez moi c'est carrément une deuxième nature. » Déclarai-je pour détendre l'atmosphère.
Elle eut un semblant de sourire sur le visage, tellement minuscule que je crus avoir rêvé. Je pris une inspiration et continuai sur ma lancée.
« Je suis pas doué pour les excuses. » Avouai-je mal à l'aise. « Mais j'étais énervé tout à l'heure, j'avais passé une mauvaise journée et… euh… je te demande pardon. » Baragouinai-je piteusement en jetant un coup d'œil en sa direction. Elle me regardait intriguée, sans toutefois laisser passer une quelconque émotion sur son visage. « Ça va probablement t'étonner mais… dans le fond, je t'aime bien aussi. » Appris-je avec un sourire désolé. Elle cligna des yeux plusieurs fois. « Je voulais pas te blesser mais… au final je l'ai fait quand même. Parce que c'est ce que je fais tout le temps. » Dis-je en fronçant les sourcils. « Je fais du mal aux gens constamment. Ça aussi c'est une deuxième nature. » Finis-je avec amertume.
Un silence se créa, ce qui me perturba. J'aurais aimé savoir à quoi elle pensait en cet instant, alors qu'elle me regardait songeuse. Bella était tout sauf prévisible, ses réactions avaient à chaque fois le don de me prendre au dépourvu. J'avais prétendu bien la connaitre, mais en réalité je n'arrivais pas du tout à la cerner, et c'était ce qui me troublait justement. Car d'habitude les gens sont toujours faciles à cerner et à analyser. Mais elle, depuis la première fois où je l'ai vue, elle n'a cessé de m'étonner avec des réactions ou des paroles impromptues. Elle n'était vraiment pas ordinaire et ça, je l'avais deviné au premier coup d'œil. C'était d'ailleurs pour ça que je n'avais pas pu me résoudre à appuyer sur la détente. Elle m'avait complètement déstabilisé avec des réactions surprenantes et sa façon de me tenir tête.
Au bout de longues secondes, voire minutes interminables, son visage se dérida enfin et ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire. Ce qui m'étonna en revanche, fut lorsqu'elle s'empara de ma main qui était toujours placée sur son genou. Je la regardai incrédule, la bouche entrouverte et sourcils froncés. Jamais je n'aurais imaginé qu'elle puisse me prendre la main. D'ailleurs personne ne me prenait jamais la main, et puis je ne comprenais pas pourquoi elle le faisait. Mais bon, ce n'était pas la peine d'essayer de la comprendre, elle était un véritable mystère. Et puis le fait qu'elle me prenne la main était bon signe. Enfin je crois.
« Je te pardonne. » Confirma-t-elle en faisant écho à mes pensées. « C'était certes pas les meilleures excuses qu'on m'ait jamais faites, mais c'était pas si mal. » Conclut-elle en élargissant à peine son sourire.
Je la regardai amusé.
« Bah… merci. » Marmonnai-je. « Je ferai mieux la prochaine fois. » Promis-je.
Elle fronça les sourcils.
« Parce qu'il y aura une prochaine fois ? » S'enquit-elle incertaine.
« Avec moi c'est même certain. » Fis-je honnêtement. Elle me regarda silencieusement, avant de soupirer.
« Dans ce cas je te dirai si tes prochaines excuses sont meilleures. » Répondit-elle amusée, me faisant sourire.
Nous restâmes silencieux quelques minutes, assez pour que cela puisse m'embarrasser et me donner envie de m'en aller. Elle tenait toujours ma main dans la sienne, j'ignorais comment l'enlever sans la froisser. Non pas que ce contact me dérange, mais je n'y étais pas du tout habitué, et c'était bien trop nouveau pour moi, cela fait un sacré bout de temps que je n'ai pas eu ce genre de rapprochement avec quelqu'un. Les seules femmes que je fréquentais en général, étaient seulement bonnes à me divertir et empêcher ma libido de se ramollir. Mais avec Bella c'était différent, c'était une relation que je ne pouvais définir, mais qui ressemblait étrangement à ce que j'avais connu dans le passé… il y a bien longtemps. Et pourtant, il y avait quand même quelque chose de différent, c'est pourquoi je n'arrivais pas à mettre un nom dessus.
Je la vis baisser les yeux, comme si elle pensait à quelque chose de déplaisant, ce qui me ramena au moment présent et à la raison pour laquelle je l'avais réveillée. Prenant une inspiration afin de me donner un peu de courage à lui poser la question qui tue, je finis enfin par me lancer avec appréhension.
« Bella, que s'est-il passé à Phoenix ? » Demandai-je d'une vois légèrement concernée.
Elle lâcha subitement ma main comme si je l'avais brulée et leva la tête et ses yeux s'écarquillèrent, avant de me regarder avec affolement. Je la sentis respirer avec difficulté, l'air d'être en plein état de panique. Elle se mit à secouer la tête rapidement, me suppliant du regard.
« Non… » Implora-t-elle, comme si sa vie en dépendait.
Je restai inerte, déconcerté par son attitude. Pourquoi ne voulait-elle pas m'en parler ? Était-ce trop douloureux pour elle ? Ou est-ce que comme moi, elle avait honte de son passé et préférait l'oublier ?
« Non… » Répéta-t-elle une nouvelle fois en secouant impunément la tête, quelques larmes apparaissant au coin de ses yeux.
Elle respirait bruyamment, elle donnait l'impression de suffoquer et je me sentis mal d'être le responsable de son état, moi et ma curiosité.
« Euh, d'accord. » Tentai-je maladroitement, d'une voix désolée.
Je mis mes mains sur ses épaules pour tenter de la calmer, ce qui n'eut visiblement aucun effet, puisqu'elle continuait à trembler, le regard alarmé.
« C'est bon Bella, je ne te le demanderai plus. » Rassurai-je comme je le pouvais, inquiet pour elle. « Calme-toi. »
Elle ne m'écoutait pas, continuant à s'agiter avec des yeux déboussolés. Son affolement grandissait sans que je ne puisse l'expliquer, et bien que j'aurais donné cher pour pouvoir connaitre les raisons qui l'ont poussé à quitter sa maison et venir à Chicago, je devais me résoudre à laisser tomber pour le moment, car Bella n'était pas du tout encline ni prête à en parler. Ne sachant plus quoi faire pour la calmer, je décidai de la prendre dans mes bras. J'ignorais comment m'y prendre dans ce genre de situations, mais bon ça ne devait pas être bien compliqué.
Je passai mes bras dans son dos et la ramenai contre moi en espérant que cela suffise à l'apaiser.
Je la sentis se tendre soudainement, avant de se figer complètement, refusant de bouger quoi que ce soit. J'entendais son cœur battre à vitesse démesurée de là où j'étais positionné, ainsi que sa respiration accélérer. Les secondes défilaient et j'espérais qu'elle finisse par se tranquilliser. Au bout d'un moment d'immobilité, elle finit par passer ses bras autour de moi et à cesser de sangloter. J'entendis les pulsations de son cœur ralentir doucement et son souffle devenir plus bas et moins audible. Je soupirai de soulagement, tandis qu'elle se calmait progressivement. Même si ce n'était pas la première fois que je me retrouvais dans cette position avec elle, j'éprouvais toujours autant d'incommodité et j'étais toujours aussi mal à l'aise. J'aurais préféré l'apaiser d'une autre façon, mais malheureusement ça avait l'air d'être le seul moyen qui marche réellement, ce que j'avais d'ailleurs bien du mal à comprendre. Je ne voyais pas en quoi elle avait besoin de ma présence pour l'adoucir, après tout ce n'était pas comme si j'étais le meilleur pour ce genre de situations. Je ne réconfortais jamais personne, alors l'idée que Bella puisse avoir besoin de moi pour ça me dépassait complètement.
Et pourtant elle était petit à petit en train de s'apaiser totalement, tout en me serrant comme si elle avait peur que je m'éloigne, ce qui n'était, à bien y réfléchir, pas très loin de la vérité, vu à quel point je commençais à en avoir marre et n'attendais qu'une chose, qu'elle me lâche. (N/Marie : Et beeen… super sympa -_-' xD)
« Est-ce que ça va ? » Finis-je par demander avec crainte.
Elle hocha la tête doucement, sans pour autant s'éloigner, ce qui me fit soupirer de déception.
« Merci Edward. » Murmura-t-elle contre mon torse d'une petite voix hésitante.
Je me sentis aussitôt coupable pour mes précédentes pensées, quand elle me remerciait d'être là pour la réconforter. Peut être devrais-je faire quelques efforts, car je n'imaginais pas ce que ça devait lui couter d'accepter d'être dans les bras d'un type qui avait tenté de la tuer.
« On ferait mieux de dormir. » Éludai-je piteusement, voulant mettre un terme à toute cette situation bizarre et biscornue.
Elle se recula subitement, s'éloignant de moi comme je le demandais silencieusement depuis tout à l'heure, sans toutefois oser me regarder.
« Oui hum… Bonne nuit. » Bafouilla-t-elle la tête baissée, apparemment embarrassée.
Je fus légèrement surpris par son ton incertain et son attitude fuyante. Si quelqu'un devait être gêné ici, c'est moi. Je fronçai les sourcils, décidant de ne pas plus m'attarder sur le sujet, voulant m'extirper de ce moment pénible. Je me levai du lit, ne sachant pas trop quoi lui dire. J'optai finalement pour un simple « Bonne nuit » marmonné, puis quittai la pièce avec rapidité, heureux d'en finir avec cette soirée interminable.
Il y avait quelque chose qui m'inquiétait à propos de Bella. Ce n'était pas la première fois qu'elle cauchemardait de cette manière. Et cela me déroutait, parce j'ignorais ce qui la perturbait et en même temps, j'aurais voulu qu'elle ne le soit pas du tout. Il fallait vraiment trouver un moyen pour qu'elle arrête d'avoir des nuits tourmentées, car à présent que j'avais réalisé que je tenais à elle, je me sentais concerné par ses problèmes. Et bien que cela ne me plaise guère, je n'avais d'autre choix que de tout faire pour l'aider à surmonter les démons qu'elle enfouissait au fond d'elle, à cause de la honte et de sa culpabilité.
Pov Bella
oO "Set The fire To The Third Bar" Oo – Snow Patrol (N/A: Chanson dédiée à ma vilaine chérie qui me l'a recommandée ^^)
« C'est bizarre… » Murmura Rosalie avec méditation. « Edward te laisse vraiment aller dans cette pièce ? » Demanda-t-elle en désignant de la main le bureau dans lequel nous nous trouvions.
« C'est même lui qui me l'a proposé. » Confirmai-je en souriant légèrement. « Sérieusement, c'est si incroyable que ça ? » Elle se mit à rire.
« Tu n'imagines même pas. » Répondit-elle amusée. « C'est d'ailleurs la première fois que j'entre ici de toute ma vie. Emmett m'a dit qu'Edward la condamnait sous clé car elle renfermait tout ce qui faisait partie de son passé. »
« Tout ce qu'il souhaite oublier… » Conclus-je la voix songeuse.
Je pouvais aisément comprendre pourquoi il n'arrivait plus à mettre les pieds dans cette pièce. Elle était remplie de souvenirs, à la fois matériels et mémoriels. Tous ses livres devaient lui appartenir de l'époque où il était adolescent, car je ne le voyais vraiment pas avec un bouquin au moment présent. Cela dit Edward était tellement mystérieux que n'importe quoi était susceptible de m'étonner désormais. Rien que son attitude de la nuit dernière avait été des plus étranges. Il était rentré vraiment tourmenté, l'air harassé. J'avais essayé de ne pas lui porter attention, vue la façon dont il était parti en claquant la porte en me laissant blessée, mais je n'avais pas réussi à tenir. Ce n'était même pas de la curiosité maladive à ce niveau là. Ça allait carrément au-delà de la fascination. Je m'étais fait du souci pour lui, ça se voyait dans son visage que sa journée ne s'était pas passée comme prévue, c'est pourquoi je me suis décidée à lui demander s'il avait finalement tué la personne qu'il devait tuer. Inutile de préciser que je fus déçue d'apprendre que ce soit le cas. En même temps je ne voyais pas comment cela aurait-il pu se passer autrement. Il tuait n'importe qui, n'importe quand. Alors une personne de plus ou de moins…
Et pourtant j'avais espéré. Comme une abrutie j'avais espéré qu'il me réponde par la négative et qu'il m'apprenne qu'il n'avait pas pu appuyer sur cette détente. Je voulais vraiment le rendre humain de nouveau, parce que je sentais que c'était ce qu'il était, et qu'au fond de lui il le savait. Mais pour le moment il était bien trop aveugle et obstiné pour s'en rendre compte, pour réaliser qu'il fait les mauvais choix, qu'il emprunte la mauvaise route et qu'il suit la mauvaise direction.
« Emmett était étrange lorsqu'il est rentré hier soir. » Annonça Rosalie, me coupant de mes réflexions. « Edward ne t'aurait rien dit par un pur hasard ? »
Je fronçai les sourcils en sa direction, étonnée par ses dires.
« Non il n'a rien dit du tout. À vrai dire il était aussi bizarre, on aurait dit qu'il était tracassé par quelque chose. » Répondis-je honnêtement.
Elle médita silencieusement.
« Il a dû se passer quelque chose d'inhabituel. » Finit-elle par dire avec inquiétude. « J'espère qu'ils n'ont pas fait de bêtise… »
J'eus un rire dédaigneux.
« Qu'est-ce qui pourrait être pire que d'assassiner quelqu'un de toute façon ? » Répliquai-je d'un ton ironique.
Elle leva les yeux au ciel en soupirant.
« Tu n'arrives vraiment pas à t'y faire, pas vrai ? » Devina-t-elle exaspérée. J'haussai les épaules et détournai les yeux.
« Je suis désolée mais tout ça… c'est un truc qui me dépasse Rosalie. » Avouai-je dépitée. « J'apprécie Edward, c'est vrai mais… mais il y a toujours cette partie là qui me dérange. Ce sombre coté de l'histoire que j'aimerais oublier mais qui revient toujours pour me rappeler que toute cette situation n'est pas normale, que rien n'est normal, et qu'il n'est pas normal, même si j'aimerais qu'il le soit. »
Elle me regarda circonspecte, voir soucieuse.
« Bella, tu ne peux pas le changer, je sais que c'est difficile à admettre pour toi car j'ai bien compris que tu étais une fervente défenseuse de la justice et de l'altruisme, mais il faut vraiment que tu finisses par accepter ce monde là, au moins jusqu'à ce que tu sois libre. »
« Et quand est-ce que je serai libre, tu peux me le dire ? » M'emportai-je malgré moi.
Je savais qu'elle ne méritait pas que je m'énerve de cette façon, qu'elle était de mon coté et que c'était moi qui prenait tout mal, mais je n'y pouvais rien, parler de ma potentielle liberté et du moment où je pourrais enfin vivre ma vie me mettait dans tous mes états, parce que j'ignorais si j'aurais la possibilité de voir ce jour arriver. Pour l'instant j'étais dans une impasse, coincée entre ces quatre murs sans aucun moyen de sortie, alors la dernière chose que je voulais était d'y penser, car cela me ferait espérer pour quelque chose qui n'était pas certain d'arriver.
« Désolée, je n'en ai aucune idée. » Fit-elle attristée. « Tout ce que je voulais dire, c'était que tu devrais t'habituer à ça. »
« Mais je n'en ai pas envie Rosalie. » Contredis-je désolée. « Je n'ai pas été élevée pour penser comme ça, ni pour accepter ça, peut être que toi ça ne te fait rien de savoir que chaque jour, ton mari assassine une personne, qu'il rend malheureux une famille, une femme, des enfants… »
« Ça ne me fait pas rien. » Coupa-t-elle sérieusement. « Seulement j'ai appris à vivre avec, à faire abstraction de ses activités pendant la journée. »
« Et bien moi je ne peux pas. » Répondis-je sincèrement. « Je te l'ai dit, j'aime bien Edward, mais ça, ce coté là c'est… quelque chose que je ne peux pas… tolérer. » Murmurai-je tristement.
« Je sais, et je te comprends. » Fit-elle mitigée. « Mais tu ne peux rien y faire Bella. Personne n'y peut rien. Moi-même, je ne peux supplier Emmett d'arrêter tout ça. Ils y sont entrainés de force, ils ne peuvent pas arrêter à moins de souhaiter mourir. Et puis ce n'est pas comme si Edward avait envie d'arrêter de toute façon. Même Emmett, j'ai l'impression qu'il a fini par y prendre gout, malgré qu'il me fasse croire le contraire. » Marmonna-t-elle dubitative.
Je soupirai, incapable d'admettre la vérité qui se trouvait en face de moi.
« Je ne vais pas abandonner Rosalie. » Prévins-je avec conviction. « Ça fait déjà plus d'un mois que je suis dans cet appartement, et je ne sais pas combien de temps je vais encore devoir vivre ici, mais je continuerai à m'opposer à son coté meurtrier. Je ferai tout pour qu'il change. »
…
Rosalie repartit plus tard dans la journée, lorsqu'Edward revint, comme d'habitude. C'était une certaine routine qui s'était installée, cela dit quelque chose clochait. Il semblait toujours aussi contrarié et perturbé par quelque chose, ce qui fait qu'il n'était pas vraiment loquace. J'avais essayé de le distraire en lui parlant de tout et n'importe quoi, et ça avait fini par marcher… du moins à moitié, car il y avait ce pli entre les yeux qui ne voulait pas disparaitre. C'était tout de même étonnant, la vitesse à laquelle nos relations avaient évolué. Dire qu'il y a encore quelques temps je l'évitais et je refusais le moindre contact physique ou verbal avec lui, aujourd'hui c'était au contraire ce que je recherchais. (N/Marie : En même temps, on cherche toujours un contact avec Edward)
Si on omettait son métier peu orthodoxe, Edward était sans doute la personne avec qui j'appréciais le plus discuter. Peut être parce que nous n'étions jamais d'accord sur quoi que ce soit, c'était sûrement ça qui me plaisait. Mais il avait aussi le don de m'énerver en une seconde top chrono, à l'aide d'une unique phrase. Car même s'il était la personne avec qui j'adorais parler, il était aussi celle qui m'horripilait le plus, de par son manque de tact et sa désinvolture. Il y avait aussi ses talents culinaires désastreux, qui me faisaient plus rire qu'autre chose, je compris alors que si je ne me mettais pas à cuisiner tout le temps, j'allais vite commencer à devenir abonnée aux pizzas et au traiteur chinois. En somme, la vie avec lui était plutôt pas mal, j'arrivais à bien m'y faire.
Mais il y avait tout de même un point négatif : La nuit.
J'avais beau tenter de tout faire pour oublier, me changer les idées ou divertir mon esprit, les souvenirs revenaient sans cesse me hanter dès l'instant où je fermais les yeux. Toutes les nuits, c'était la même rengaine. Je faisais les mêmes cauchemars, me réveillais en sursaut, depuis un mois je n'avais pas connu une seule nuit de tranquillité. Lorsqu'Edward était venu me réveiller la nuit dernière et m'avait réconfortée, j'avais eu peur qu'il ait entendu quoi que ce soit à propos de ma vie à Phoenix. Je ne voulais pas qu'il soit au courant de ça, ni que quiconque soit au courant. C'était ma honte, je devais vivre avec ça et l'assumer toute seule. Lorsqu'il m'avait demandée ce qui était arrivé à Phoenix, je n'avais pas pu lui répondre, j'avais même paniqué en me remémorant tous ces souvenirs douloureux, ils étaient tous revenus à la surface au même moment, m'aspergeant de honte et de culpabilité.
Je savais qu'un jour où l'autre je devrais parler. Soit à Jasper, soit à quelqu'un d'autre, mais pour l'heure je ne m'en sentais pas capable. De plus d'après Edward, Jasper était dans une période sombre ces jours ci, il avait même annulé ses peu de rendez-vous donc je n'étais pas autorisée à le voir. Edward ne voulait pas que je le voie quand il n'est pas sobre, il avait peur qu'il ne m'entraine comme la dernière fois, ce qui au fond était plutôt compréhensible.
C'était l'après midi, et n'ayant pas vraiment la permission de sortir, me voilà plantée devant la télévision, en train de regarder Public Ennemies, affalée sur le canapé.
Je trouvais ce film plutôt ironique quand je repense à ma situation. Comme si je n'avais pas assez avec un vrai tueur à gages dans ma vie, il fallait en plus que je doive en supporter un à la télévision. Bon il n'était pas vraiment tueur, plutôt braqueur de banques. Mais il n'hésitait pas à descendre n'importe qui alors où est la différence ? Ceci dit, j'avais déjà vu Edward à l'œuvre et je trouvais que Johnny Depp faisait pâle figure comparé à lui. (N/Marie : Hum… je confirme !)
Même si Johnny jouait très bien la comédie, Edward était quand même bien plus dur et effrayant lorsqu'il pointait son arme sur vous. La peur que j'avais éprouvée à ce moment là était indescriptible.
L'histoire était plutôt pas mal, les acteurs bien choisis… sauf l'actrice qui laissait franchement à désirer. Et puis comment peut-elle accepter de suivre un homme qu'elle vient à peine de rencontrer et qui lui avoue être l'ennemi public le plus recherché ? C'était juste insensé ! Soit elle manquait complètement de personnalité, soit elle était folle et vraiment embobinée. Je sais que ce film se passe à une époque révolue, mais pour moi le personnage féminin de ce film encourage la soumission des femmes et leur incapacité à penser par elles mêmes. Je n'étais pas du genre féministe, mais nous avions tout de même des droits, les mêmes que ceux du sexe opposé, et ce rôle féminin était assez dégradant pour la femme. Encore serait-elle vraiment amoureuse… mais là elle ne pouvait pas l'être, elle ne connaissait absolument rien de lui. Non pour moi, l'histoire d'amour était des plus affligeantes. Heureusement que les scènes d'actions étaient sympas et divertissantes.
Je fronçai les sourcils devant de telles pensées qui pour moi, correspondaient plus au genre de pensées qu'Edward pouvait avoir. Je devais surement passer trop de temps avec lui car je commençais légèrement à penser comme lui.
J'entendis la porte s'ouvrir et vis ce dernier faire son entrée. Il fit un hochement de tête en guise de bonjour avant de se diriger dans la cuisine, sans doute pour prendre une canette de bière. Je commençais un peu à connaitre ses habitudes et la bière était sa meilleure amie d'après ce j'ai pu constater. Je savais aussi qu'il fumait, mais jamais à l'intérieur de cet appartement. À croire qu'il était une sorte de maniaque.
Edward le tueur maniaque… Je souris à cette pensée. (N/Marie : En même temps y a de quoi sourire *bave*)(N/Daria: Pour reprendre la remarque de Marie...En même temps y a de quoi baver * souris*)
« Qu'est-ce que tu regardes ? » Interrompit-il le court de mes pensées.
Je clignai des yeux pour me reconcentrer tandis qu'il s'asseyait à coté de moi sur le canapé, en décapsulant la bière qu'il tenait à la main. Qu'est-ce que je disais…
Il jeta un coup d'œil à la télévision avant de soupirer.
« Te fatigue pas va. Le gars crève à la fin. » Lâcha-t-il désinvolte.
J'écarquillai les yeux subitement, avant de me tourner vers lui horrifiée.
« Non mais t'es malade ? ! » M'écriai-je atterrée. « Pourquoi tu me dis ça ? »
Il haussa les épaules.
« Bah parce que c'est vrai. » Répondit-il simplement.
J'ouvris la bouche, n'arrivant pas à croire ce que j'entendais. Est-ce que j'avais dit que je le trouvais horripilant ? Parce que c'était bien pire que ça en réalité.
Je lui lançai un regard noir.
« Et bien peut être que je n'avais pas envie de le savoir. » Répliquai-je sèchement.
« Tu l'aurais su tôt ou tard, lorsque la fin du film serait arrivée. » Fit-il désarçonné.
Mon visage se décomposait, tandis que je tentais d'assimiler ce qu'il venait de me dire. Je secouai la tête d'incrédulité.
« Mais t'es… t'es vraiment idiot ma parole… » Murmurai-je désespérée. Il me regarda en fronçant les sourcils.
« Je rêve où tu viens de me traiter d'idiot ? » S'exclama-t-il irrité.
« Parfaitement ! » Confirmai-je énervée. « Bon sang mais… à quoi ça sert que je regarde le film si je connais la fin maintenant ? » Il soupira en roulant des yeux.
« Ce film est nul de toute façon, tu loupes rien. » Répondit-il comme si c'était une raison valable.
« J'ai jamais dit qu'il était bien. » Contrai-je remontée.
Il cligna des yeux, étonné.
« Bah pourquoi tu le regardes alors ? » Je détournai les yeux avec embarras.
« J'ai rien d'autre à faire. Et puis les scènes d'action sont pas mal. » Me justifiai-je. Je vis du coin de l'œil qu'il se retenait de rire.
« Tu parles ! Tout est pourri dedans, les fusillades sont mal faites, et la façon dont il s'évade de prison est bien trop grosse pour que ce soit crédible. »
« Eh ! Je te signale que j'en suis pas encore là, je savais même pas qu'il allait en prison, alors merci ! » Ripostai-je vexée en regardant l'écran de télévision qui montrait une scène à l'hippodrome.
« Tu sais déjà qu'il va mourir, alors pourquoi tu le prends si mal ? » Provoqua-t-il d'un ton amusé.
« Ça non plus j'étais pas sensée le savoir avant que tu viennes tout gâcher. » Rétorquai-je agacée.
Il éclata de rire, ce qui augmenta mon degré d'énervement.
« Rassure-toi, je ne reste pas longtemps de toute façon. » Dit-il avant de boire une gorgée de sa bière.
« Pourquoi ? T'as une nouvelle personne à liquider ? » Marmonnai-je acide.
Il secoua la tête avec amusement.
« Non, c'est juste Emmett qui veut qu'on aille quelque part. » Apprit-il avec un sourire au coin des lèvres.
« Oh. » Répondis-je simplement, cachant mal mon soulagement.
Un silence s'instaura, seulement perturbé par les cris de la femme que la police sortait de la baignoire à la télévision. Je reportai mon attention sur le film, sans véritablement y parvenir en voyant Edward à coté de moi qui sirotait tranquillement sa bière, l'air de rien. Ce que je trouvais des plus étranges ces derniers temps, c'était de voir à quel point je pouvais être fascinée par les petites choses banales qu'il faisait, comme si ça ne lui correspondait pas ou qu'il les faisait différemment des gens ordinaires, alors que ce n'était pas du tout le cas. Sans réaliser, le film en était déjà au moment où il s'évadait de prison et force m'était de constater qu'Edward avait raison, c'était complètement irréaliste. Comprenant que je ne suivais plus vraiment ce film, et que je n'en avais plus l'intention étant donné que je connaissais déjà la fin, je m'inclinai.
« Ok, j'admets que tu as raison. » Consentis-je à reconnaitre. « Ce film craint. »
Il éclata de rire.
« J'ai toujours raison. » Se vanta-t-il tandis que je roulais des yeux avec exaspération. « Ce film est un navet, en plus y a pas une seule jolie fille pour rattraper le coup. Même l'histoire d'amour est bidon. Sérieusement, quelle femme saine d'esprit accepterait de suivre un mec qu'elle ne connait pas, tout en sachant que c'est un criminel ? Faut vraiment être timbré. » Fit-il en secouant la tête déploré.
Un sourire s'étira sur mon visage, à mesure que je réalisais que j'avais visé juste. Il pensait exactement ce que je savais qu'il penserait, et le plus étrange, c'est que j'étais entièrement d'accord avec lui.
« Pourquoi est-ce que tu souris comme ça ? » Demanda-t-il en me regardant curieusement.
J'entrouvris la bouche, sentant quelques rougeurs se formant au creux de mes joues en me sachant épiée. Je secouai la tête pour reprendre mes esprits et répondre à sa question, mon sourire ne s'étant toujours pas évaporé.
« Rien en fait… c'est juste que je me disais exactement la même chose que toi avant que tu n'arrives. » Je vis son sourire en coin s'élargir.
« C'est bien, tu fais des progrès en matière de gouts et de critiques. » Lança-t-il avec arrogance avant de porter la canette de bière à ses lèvres, me faisant légèrement rire face à son manque d'humilité.
« Je vois que la modestie ne t'étouffe pas. » Fis-je remarquer avec amusement. (N/Daria: Pour toi Popo : Queeny est passé par la? xD)(N/A : Point du tout… qu'est-ce qui te fait dire ça ? ^^)
« J'ai toujours le dernier mot Bella, faudra t-y faire. » Conclut-il en me faisant grâce d'un clin d'œil.
Je levai les yeux au ciel, avant de détourner la tête vers la télé.
« Pas toujours… » Murmurai-je pour moi-même, pas assez fort pour qu'il puisse entendre.
Il termina sa canette de bière et la posa sur la table sans discrétion, avant de sortir son téléphone et de pianoter dessus. Probablement en train d'envoyer un message…
Me revint en mémoire la discussion que j'avais eue avec Rosalie la veille, quant au fait que lui et Emmett étaient bizarres depuis deux jours. Que s'était-il passé le jour où nous nous étions disputés ? Est-ce qu'il avait fait quelque chose de mal ? Je décidai de profiter de sa bonne humeur pour tenter ma chance. Sait-on jamais…
« Edward, qu'est-ce qui s'est passé la dernière fois quand t'es rentré préoccupé ? » Demandai-je avec appréhension. (N/Marie : Tu rêves pas un peu trop, toi ?)
Il tourna sa tête vers moi subitement, la bouche légèrement ouverte sous le coup du choc de l'improbabilité de ma question.
« Euh… »
Il fut interrompu par son téléphone qui vibra dans sa main. Il jeta un coup d'œil dessus, avant d'arborer une mine presque soulagée.
« Désolé je dois y aller. » Déclara-t-il en se levant subitement, me prenant au dépourvu.
Je fronçai les sourcils, déroutée par cette attitude fuyante. Il était hors de question que je ne le laisse s'en tirer comme ça. Je me levai à mon tour, et décidai de le suivre tandis qu'il enfilait sa veste.
« Pourquoi tu refuses de me dire ? » M'enquis-je désappointée.
Il se tourna vers moi, légèrement impatient.
« Et toi pourquoi tu me parles de ça maintenant ? » Argua-t-il en haussant un sourcil accusateur.
« Parce que j'ai envie de savoir, voilà tout. » Répondis-je en haussant les épaules simplement. « Je suis curieuse de nature au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. » Provoquai-je.
« Ça t'avais pas besoin de le préciser. » Lâcha-t-il énervé.
« Rho allez s'il te plait ! » Plaidai-je avec espoir. « Tu peux me le dire si t'as fait quelque chose de mal, je ne le répèterai à personne, je ne vois pas à qui je le pourrais de toute manière. »
Il se pinça l'arête du nez en soupirant avant de reporter son regard sur moi sans sourciller.
« Désolé mais non, ça ne te regarde pas. » Refusa-t-il.
« Edward… » Suppliai-je vainement. « Dis-le-moi… Même Rosalie se fait du souci, elle m'a dit qu'elle trouvait Emmett bizarre. »
« Et alors ? » Fit-il sceptique.
« S'il te plait… » Murmurai-je en l'implorant du regard.
Il me regarda avec hésitation, avant de soupirer une nouvelle fois en détournant la tête.
« J'ai hésité. Ça te va ? » Finit-il par avouer avec énervement.
Je clignai des yeux, ne comprenant pas du tout ce qu'il disait.
« Quoi ? » Redemandai-je perdue. Il roula des yeux avec impatience.
« J'ai hésité. » Répéta-t-il une nouvelle fois, comme si ça avait plus de sens. « J'avais mon arme droit pointée sur lui, prêt à lui tirer dessus et je sais pas pourquoi j'ai… j'ai hésité. » Termina-t-il avec une faible voix, comme si lui-même n'arrivait pas à y croire.
J'ouvris la bouche incrédule, surprise par une telle révélation de sa part. Il avait hésité… Est-ce que cela voulait finalement dire qu'Edward était doté de compassion à l'égard de l'être humain ? Était-il en fin de compte capable d'éprouver de la pitié, contrairement à toutes les fois où il m'avait certifié le contraire ? Un brin d'espoir s'insuffla en moi, me disant que tout n'était peut être pas perdu et que j'avais raison de croire en sa rédemption. Je me surpris à sourire malgré moi.
« C'est vrai ? » Murmurai-je sans cacher mon contentement d'une telle nouvelle. Il regarda ailleurs, refusant de m'affronter.
« Ouais… » Marmonna-t-il contrarié. « Et arrête de sourire, c'est pas du tout une bonne chose. » Ordonna-t-il.
« Mais bien sûr que si. » Contrai-je joyeuse. « Tu as hésité. »
« Justement, j'ai hésité à le tuer, mais au final je l'ai tué quand même donc ça ne change rien. » Râla-t-il avant de se détourner vers la porte.
« Ce n'est que le début tu sais ? » Le hélai-je avant qu'il n'ouvre la porte. Il se figea de dos et se tourna vers moi effaré.
« Comment ça ? » Fit-il avec un regard qui se voulait menaçant. Mon sourire s'élargit.
« Ça va se reproduire, je suis sûre que toi-même tu t'en doutes au fond de toi. » Déclarai-je sûre de moi. « Ça commence par une toute petite hésitation, ensuite tu vas commencer par éprouver des remords, avoir des états d'âme, et puis tu n'arriveras même plus à regarder la personne droit dans les yeux avant de la tuer, jusqu'à ce que pour finir, tu ne sois même plus capable d'appuyer sur cette détente. » Achevai-je avec un sourire triomphant.
Je savais que je risquais gros en le provoquant ouvertement de cette façon. Mais je voulais lui installer le doute dans son esprit afin qu'il se mette à douter de lui-même et de ses capacités. Cette histoire le turlupinait déjà assez pour qu'il soit un peu perturbé et qu'il ne soit plus sûr de lui. Un sourire satisfait prit alors place sur mon visage, à mesure que j'imaginais un Edward pas sûr de lui, ce qui contrastait énormément avec l'image qu'il donnait de lui depuis le début que je le connaissais.
Il ne broncha pas de tout mon discours, se contentant de me regarder impassiblement, l'air de ne pas y croire du tout. Son regard se fit plus dur avant que finalement, il ne me tourne le dos à nouveau et n'ouvre la porte.
« Un conseil. » Fit-il d'une voix sèche. « Arrête de rêver. »
Puis il referma la porte sur son passage.
Le sourire sur mes lèvres refusa de disparaitre après ça. En réalité j'étais bien trop heureuse de ce qu'il venait de me dire. C'était sans doute le coté optimiste de ma personnalité qui voulait que j'accorde autant d'importance à cette information.
Me rendant compte que j'étais désormais seule et que je n'avais plus la moindre envie de regarder la fin de ce maudit film, j'entrepris d'aller jeter un coup d'œil dans sa bibliothèque. J'entrai dans le bureau, contemplant la pièce du regard. Il y avait vraiment de tout dans cette pièce. Des étagères avec tout un tas de livres, des fauteuils, il y avait même une chaine hifi qui datait de pas mal d'années. Le bureau en bois était aussi assez vieux, ça devait surement provenir de l'époque où il était adolescent mais j'ignore pourquoi, je n'arrivais pas à m'imaginer Edward adolescent, travaillant dessus, allant au lycée, étudiant en écoutant de la musique dans sa chambre. C'était un concept que mon cerveau n'arrivait pas à intégrer. En même temps, je ne le connaissais pas plus que ça, seulement ce qu'il voulait bien dévoiler.
Ne m'attardant pas plus sur le sujet, je pris un livre au hasard et m'installai sur un des fauteuils. À peine avais-je commencé à lire que je me retrouvais déconcentrée. Rosalie et Jasper m'avaient dit que tout ce que contenait cette pièce datait de quant il était au lycée, mais si c'est à cette époque là que sa vie a changé, dans ce cas les éléments qui ont provoqué sa déchéance devraient s'y trouver n'est-ce pas ? Il devait surement y avoir des trucs qui pouvaient me mettre sur la voie, au moins sur une piste pour savoir ce qui avait bien pu se passer il y a environ sept ans. Si Edward n'avait rien jeté et avait tout transposé ici, alors son bureau devait surement regorger de souvenirs.
Intriguée, je pris finalement la décision de faire quelque chose que jamais auparavant, je n'aurais cru oser faire. Fouiller dans les affaires de quelqu'un. Fouiller dans le passé d'Edward… (N/Daria: Décidément elle est vraiment tarée xD)
Refermant mon livre, je me levai pour partir à la recherche d'un quelconque indice, quoi que ce soit qui puisse avoir un rapport avec son passé. Si je voulais en savoir plus sur lui, quoi de mieux que cette fameuse pièce qu'il méprise au point de ne pas vouloir mettre les pieds ? J'étais certaine qu'il avait beaucoup de choses à cacher ici qu'il refusait d'affronter. Je posai le livre sur le fauteuil et me sondai la pièce du regard. Je ne pense pas que c'était dans sa bibliothèque je devais chercher, je ne vois pas ce que je pourrais y trouver d'intéressant dans des livres. Je me dirigeai donc près du bureau en bois massif, parcourant le dessus avec attention. Il n'était pas désordonné, loin de là. Je fis le tour afin de me trouver devant les tiroirs. Mes mains étaient moites à mesure que je réalisais que j'étais sur le point de violer son espace privé. Je commençai à me demander si je devrais vraiment le faire où si je ne devrais pas plutôt m'arrêter et attendre qu'il ne se décide lui-même à s'ouvrir à moi. Mais quand je fis le calcul dans ma tête, je me rendis compte que je n'étais pas du tout certaine qu'il finisse par me parler de lui un jour. Si je décidais d'attendre, avais-je au moins une chance de connaitre la vérité ?
C'est cette incertitude qui me décida à continuer. J'ignorais si Edward accepterait un jour de me parler de lui et de son passé, alors si je voulais être sûre d'obtenir quelque chose, il fallait que je me débrouille par moi-même, quitte à me faire enguirlander. Prenant une profonde inspiration pour m'insuffler du courage, j'ouvris le premier compartiment. Je m'attendais à ce que ça se passe comme dans les films, à devoir chercher durant des heures avant de finalement trouver quoi que ce soit d'intéressant, mais à peine venais-je d'ouvrir le tiroir que mon attention se porta sur le premier carnet qui trônait sur le dessus. Je ne mis pas longtemps avant de me rendre compte qu'il s'agissait d'un dossier scolaire avec plusieurs bulletins de notes. Jasper m'avait dit que cette pièce regorgeait de toutes ses affaires datant du lycée. J'étais tout de même étonnée de voir qu'il avait même gardé ses bulletins. Prise d'une curiosité sans faille, j'ouvris le dossier et jetai un œil dessus, avant d'écarquiller les yeux d'incrédulité.
Edward ne m'avait pas menti, ni exagéré lorsqu'il avait dit qu'il était un élève exemplaire. Ses notes étaient remarquables, on aurait vraiment dit qu'il était surdoué. Je n'arrivais pas à le croire, qu'il puisse avoir autant de capacités et qu'il soit tombé aussi bas. Qu'avait-il bien pu arriver pour qu'il change aussi radicalement ? Il aurait pu faire tellement mieux, être quelqu'un de bien meilleur, avoir un avenir prodigieux… Mais non, il avait fallu qu'il jette par la fenêtre tout ce qui faisait de lui une personne incroyable, que j'adorais entrevoir derrière cette façade de gros dur. Je trouvais ça tellement triste… triste et déplorable. D'en arriver à devenir ce qu'il est aujourd'hui, de renoncer à toutes les opportunités qui s'offraient à lui. J'étais sûre qu'avec un dossier comme le sien, il aurait pu facilement être admis à Harvard, ou dans n'importe quelle autre université de l'Ivy League.
C'était difficile à accepter, mais il était même plus brillant que moi. Ses notes en littérature étaient excellentes, je comprenais à présent d'où lui venaient toutes ces notions et ces analyses qu'il me sortait. Il les avait toujours eues. Elles étaient en lui, il avait toujours été doué. Il l'avait peut être oublié aujourd'hui, mais ça ne changeait pas le fait qu'il était prodige. Si seulement il avait pu prendre conscience de ça avant de se laisser entrainer par ce mafieux sans scrupules. Il aurait évité tout ça, ce monde effroyable dans lequel il était, il aurait réussi sa vie.
Je soupirai d'amertume quand subitement, quelques feuilles tombèrent du dossier par inadvertance, ainsi qu'un cd qui s'écrasa au sol. Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas ce qu'un cd foutait à l'intérieur d'un dossier scolaire. Posant le dossier sur le bureau, je me baissai au sol pour ramasser les feuilles qui jonchaient au sol, avant que ma curiosité ne prenne le dessus à nouveau et que je ne me fige, étonnée.
Il s'agissait de partitions de musique. J'avais pratiqué le piano quand j'étais gamine, mais n'ayant jamais été douée pour quoi que ce soit qui demande une certaine agilité, j'avais vite abandonné cette idée. Je les rassemblai toutes une à une, ne voulant surtout pas laisser une preuve que j'avais fouillé. Si Edward le découvrait, il me tuerait sans hésiter. Une fois toutes récupérées, je tentai de les remettre dans l'ordre, ne voulant pas prendre le risque de les ranger n'importe comment, au cas où Edward les aurait mises dans l'ordre. Lorsque je tombai sur la première page de la partition, j'ouvris la bouche de surprise en découvrant le titre du morceau, ainsi que le nom du compositeur.
« Alice »
Composé par Edward Cullen.
(N/Marie : Fallait que je réagisse là ! CULLEN ! *-*)
Je fronçai les sourcils. Ça ne pouvait pas s'agir d'Edward, son nom à lui c'était Masen. Un mot en bas de la page attira mon attention et me désarçonna. C'était la même écriture que le titre en haut, aussi gracieuse et soignée.
« A la personne que j'aime le plus au monde, la plus merveilleuse que je connaisse,
Tu es et resteras à jamais ma muse et ma source d'inspiration.
Edward »
J'étais complètement sciée par cette déclaration si brève mais si belle en même temps. Est-ce que c'était vraiment Edward qui avait écrit ça ? Dans ce cas cela voulait dire qu'il avait également composé ce morceau. En plus d'avoir fait de la musique il savait composer ? Je restai sans voix. Ça ne pouvait pas être l'Edward que je connaissais. Dans ce cas pourquoi les noms de famille sont-ils différents ? Mais d'un autre coté comment se faisait-il qu'il avait ça dans ses affaires ? Une chose aussi personnelle ne pouvait que lui appartenir. De plus les prénoms étaient les mêmes. J'étais totalement perdue, autant qu'intriguée.
Il n'y avait qu'un seul moyen pour moi de vraiment savoir s'il s'agissait du même Edward. Il fallait que je le lui demande, ou que je demande à Jasper. Mais j'étais absolument sûre que ni l'un ni l'autre ne me voudrait me répondre. Tout ce que je pouvais faire à cet instant, était d'écouter ce morceau. Et j'étais prête à parier qu'il s'agissait du cd qui était tombé. Sinon que ferait un cd parmi une partition de musique ? Sans me poser plus de question, je m'emparai du cd, le prenant précautionneusement de sorte à ne pas le rayer. Il était blanc, ce qui prouvait bien qu'il était gravé. Je me dirigeai vers la chaine hifi collée contre le mur de gauche entre deux étagères et l'allumai. J'insérai le cd à l'intérieur, et c'est avec la boule au ventre et pleine d'appréhension, que j'appuyai sur Play.
C'était une mélodie au piano, le début ressemblait à une berceuse. À la fois douce et tendre, je me retrouvai subjuguée par cette mélodie magnifique pour les oreilles. Je m'assis par terre, un sourire fasciné se formant automatiquement sur mes lèvres. La musique changea et s'amplifia, pour se transformer en une mélodie plus guillerette et joyeuse. Si c'était cette Alice qui avait été la source d'inspiration pour ce morceau, alors elle devait surement être une fille à la joie de vivre, ça se ressentait de plus en plus à mesure que le rythme devenait plus rapide et plus dansant. Tout était plus entrainant et donnait envie de sourire. C'était vraiment une très belle musique, et ce qui me coupait le souffle encore plus, c'est qu'il n'y avait pas une seule fausse note, pas un seul accord qui n'allait pas. Tout s'emboitait parfaitement. Je n'arrivais pas à assimiler l'idée que la personne qui jouait au piano était l'Edward froid, implacable et fataliste auquel j'avais le droit constamment. On aurait dit une autre personne, une personne complètement différente, une personne que parfois, j'arrivais à percevoir derrière toute cette carapace érigée et indestructible.
Le morceau s'acheva avec un décrescendo de deux notes qui se répétaient à vive allure, d'une douceur incroyable.
C'était tellement magnifique que j'eus besoin de le réécouter une seconde fois.
Et une troisième.
Je n'avais plus conscience du temps qui passait ni de l'heure qu'il était, tellement j'étais transportée par cette belle mélodie. Je ne comptais plus le nombre de fois où je l'avais écoutée, mais une chose est sûre, c'est que je ne m'en lassais pas. J'aurais pu rester indéfiniment dans cette bulle, dans cet univers parallèle.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? »
La voix énervée et sèche d'Edward interrompit ce moment et je clignai des yeux plusieurs fois, avant de paniquer. (N/Marie : Hmm… ça craint !)
Il apparaissait dans l'encadrement de la porte, debout et rigide comme une statue, le visage dur sans cacher son étonnement. Je le regardai apeurée avant d'arrêter la chaine hifi dans un geste bref et tremblotant. En ne prenant pas conscience du temps et de l'heure, j'en avais oublié de faire attention à ne pas me faire prendre en flagrant délit par Edward. Son regard faisait la navette plusieurs fois entre moi et les partitions sur le sol, il devenait blanc, livide, puis de plus en plus marmoréen. J'entrouvris la bouche, me sentant honteuse et anxieuse de ce qui allait suivre.
En voyant son visage qui ne semblait toujours pas se dérider mais au contraire qui durcissait de plus en plus à chaque seconde, ses poings se resserrer fortement et ses yeux s'obscurcir puissamment, je compris que je venais de commettre ma plus grosse erreur.
« Edward… » Murmurai-je apeurée en me relevant avec mal, faillant trébucher à plusieurs reprises tellement je le craignais.
Ses yeux étaient pires que de l'encre de chine, tout son corps était tendu et ses muscles contractés, il aurait pu me tuer d'un seul regard s'il avait pu. Il entra dans la pièce, s'avança vers le bureau, son regard rivé sur le dossier posé sur le bureau, ainsi que sur le compartiment grand ouvert. Puis il se tourna vers moi avec consternation et inflexibilité, me lançant des éclairs avec ses yeux. Tout ce que je lisais sur son visage était de la déception et du dégout. Je reculai de quelques pas, apeurée comme jamais.
« Je… je vais t'expliquer. » Balbutiai-je effrayée.
« Va-t-en. » Ordonna-t-il d'une voix faible, comme un murmure, avec une dureté incroyable.
J'entrouvris la bouche, commençant à perdre tous mes moyens face à lui.
« Edward je… je suis désolée je ne voulais pas fouiller mais… »
« Va-t-en Bella. » Répéta-t-il fermement en me lançant un regard de tueur, m'avertissant de ne pas tenter de négocier.
Je baissai la tête vers le sol, me sentant horriblement honteuse et anxieuse de ce qui allait suivre. Je regardai les feuilles par terre et je me demandai si je ne devais pas tenter de ranger avant de partir, mais en voyant l'impatience sur les traits du visage d'Edward, je compris qu'il fallait que j'arrête de perdre du temps et que je déguerpisse rapidement. Cependant je tenais absolument à m'excuser, je ne voulais pas qu'il m'en veuille, même si je savais que c'était déjà le cas. Je le regardai désolée, lui montrant à quel point je me sentais coupable.
« Je suis désolée… » M'excusai-je une nouvelle fois.
« FOUS LE CAMP ! » S'emporta-t-il en me toisant méchamment, tandis que je sursautais face à une telle colère émanant de lui.
Il n'avait plus rien de l'Edward dont j'avais fait la connaissance depuis quelques jours. Non, à cet instant il ressemblait trait pour trait à celui que j'avais connu les deux premiers jours. Voir à quel point j'avais déclenché une telle rage de sa part me fit prendre conscience de l'étendue de l'erreur que j'avais commise en fouillant dans son bureau. Je n'avais pas réfléchi, j'avais vraiment agi avec une véritable imprudence, et en le voyant là devant moi, le regard plein de cruauté et de fureur, je m'en mordais les doigts. Comprenant que si je restais une minute de plus provoquerait une colère encore plus grande, je compris qu'il fallait vraiment que je m'en aille au plus vite.
Je détalai à toute vitesse hors de la pièce, manquant de trébucher plusieurs fois sous l'effet de la peur et de la terreur qui avaient pris possession de moi. Je traversai le couloir pour atteindre la chambre en courant, sans réfléchir à ce qui allait advenir de moi.
Je sentis une prise sur mon avant bras et sans que je ne comprenne quoi que ce soit à ce qui était en train de se passer, je me retrouvai plaquée contre un mur avec violence.
Je gémis sous le coup de la douleur, quelques larmes s'échappant de mes yeux, tandis qu'Edward se trouvait devant moi, le regard abominable et effrayant, m'empêchant de bouger en me maintenant. Je le regardai terrorisée tandis qu'il rapprochait son visage avec lenteur, l'air mauvais et impitoyable. Il ne ressemblait aucunement à un être humain à ce moment là, on aurait plutôt dit un prédateur. Un prédateur prêt à bondir sur sa proie pour la déchiqueter et la réduire en miettes. J'avais même cessé de respirer, trop terrifiée pour articuler ou bouger.
« Je ne sais vraiment pas ce qui me retient de t'égorger. » Marmonna-t-il entre ses dents avec férocité.
Il prit mon menton entre son pouce et son index, n'hésitant pas à me faire mal, ce qui me valut quelques couinements dus à la douleur. Il tourna ma tête sur le coté sans ménagement, collant ma joue contre le mur, tandis que mes larmes se répandaient silencieusement sur mes joues et que mes yeux se fermaient.
« Tu n'aurais jamais dû faire ça Bella. Jamais. » Susurra-t-il méchamment, ses doigts se resserrant sur mon menton. Il rapprocha son visage de mon oreille, avec un regard sadique à faire frémir. « Parce que maintenant j'ai vraiment envie de te tuer... » Souffla-t-il, me faisant cligner des yeux. « Lentement, tellement lentement pour que tu puisses apprécier pleinement la douleur… »
Sa voix était douce, et pourtant si cruelle, c'était le pire contraste que l'on pouvait imaginer. De faibles plaintes ressemblant à des gémissements sortirent de ma bouche, j'avais vraiment l'impression qu'on me compressait jusqu'à me broyer. Je grinçai des dents pour retenir mes cris, ne voulant pas lui donner une raison de continuer sa douce torture. Il remit ma tête droite, me forçant à le regarder. Je pus voir à travers mes yeux larmoyants à quel point il était enragé, et prêt à m'exterminer à l'aide de ses yeux terrifiants. J'en eus le souffle coupé, me demandant s'il allait vraiment mettre ses menaces à exécution et me tuer. À cette idée, mon cœur accéléra et je réalisais que je ne voulais pas mourir. Pas maintenant. Et ce qui m'étonna encore plus, c'est que la raison pour laquelle je voulais vivre était que je voulais savoir ce qu'Edward cachait et renfermait au fond de lui. Je ne voulais pas mourir avant d'avoir percé à jour le mystère qu'il représentait. Cette constatation me fit prendre conscience d'à quel point j'étais timbrée et surtout, à quel point il avait pris une place importante dans ma vie en seulement quelques semaines.
Je le regardai avec des yeux implorants tandis qu'il ne bronchait toujours pas et qu'il me toisait sévèrement, dur et impassible… tel un monstre tout droit sorti des enfers. Au bout d'un long moment interminable, il finit enfin par cligner des yeux l'espace d'une seconde, avant de soupirer et de cogner l'arrière de ma tête contre le mur violemment. Je gémis douloureusement, puis il relâcha sa prise et s'écarta rapidement, me laissant incrédule et incapable de bouger. Mon cœur n'en finissait pas de battre à vive allure, si bien que j'avais peur de faire un arrêt cardiaque subitement. Lorsqu'enfin je réalisai qu'il m'avait relâchée et que j'étais libre, je ne pris pas la peine de réfléchir et détalai à toute vitesse vers la chambre, comme une proie fuyant son bourreau.
Je refermai la porte derrière moi avec force, la verrouillant de mes mains tremblantes. Puis je me précipitai sur le lit, me reculant jusqu'au mur, les jambes repliées sur moi, n'osant plus bouger d'un pouce. Je laissai mes pleurs faire surface et mes larmes vagabonder librement sur mon visage, enfouissant ma tête dans mes genoux.
J'avais fait une terrible erreur aujourd'hui. J'avais réveillé le monstre qui sommeillait en lui, et il n'avait pas vraiment l'air d'être prêt à s'en aller. (N /Daria: Et quel monstre !)
Mais une telle réaction de sa part m'avait permis de confirmer ma théorie de tout à l'heure. L'Edward Masen que je connaissais était bel et bien l'Edward Cullen qui avait composé ce morceau pour une certaine Alice. Je ne savais rien de cette fille, à part qu'il l'aimait profondément en vue du mot qu'il lui avait laissé et de la mélodie qu'il avait composé pour elle. Et même si je ne savais strictement rien d'elle hormis son prénom, j'avais l'intime conviction qu'elle jouait un rôle majeur et déterminant dans le passé d'Edward. Elle était la clé qui me permettrait de tout comprendre, la pièce la plus importante du puzzle. Il fallait que je découvre qui elle était, et ce qui était arrivé il y a sept ans.
Alice…
Ce prénom résonnait dans ma tête comme une alarme sonore, me disant que c'était par là qu'il fallait commencer. Était-ce la personne qu'Edward et Jasper avaient évoquée dans le bureau de ce dernier le jour de ma première consultation ?
Je tenais absolument à le découvrir, car je savais que ça pourrait me permettre d'aider Edward. Et je voulais l'aider. Je voulais détruire ce monstre en lui qui avait refait surface tout à l'heure et qui m'avait effrayée au point que j'avais eu peur pour ma vie. C'était ma faute s'il s'était emporté de cette façon. Je m'étais introduite dans son intimité, j'avais fouillé sa vie passée sans lui demander son accord, je l'avais trahi en quelques sortes.
Et en voyant la haine qui avait parcouru son visage lorsqu'il m'avait regardée, je ne pouvais m'empêcher de regretter amèrement mon action et de m'en mordre les doigts, réalisant que j'avais peut être détruit toute la relation que nous avions réussi à établir entre nous et à construire. Sans le vouloir, j'avais probablement perdu l'une des meilleures choses qui me soient arrivées depuis longtemps. Mes sanglots redoublèrent de plus en plus, alors que l'ampleur de la situation apparaissait dans mon esprit de façon plus claire et plus précise. Mon cœur se comprima à cette pensée et en réalisant l'étendue de cette dure vérité.
J'avais tout gâché.
Un grand merci à Yoro pour avoir corrigé ce chapitre et à ma Sister et ma Daria pour l'avoir commenté =D
Et voilà, comme beaucoup d'entre vous l'avaient déjà deviné, la fameuse fille du passé de Jasper et Edward est bel et bien Alice ^^ Maintenant, le tout est de savoir qui elle était vraiment et ce qu'il s'est réellement passé, et ça vous ne le découvrirez pas tout de suite... Mais je suis ouverte à toutes vos suppositions, j'adore les lire même donc n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez ;)
J'espère que vous ne serez pas trop déçu de ce chapitre que personnellement, je trouve complètement raté.
Je ne peux malheureusement pas vous envoyer de teaser car le prochain chapitre n'est pas encore écrit, à vrai dire l'envie me manque un peu ces derniers temps, même si l'inspiration est toujours là. Et je refuse de me forcer à vous pondre un chapitre bâclé pour que vous l'ayez plus rapidement, je tiens un peu trop à cette fiction pour ça. Mais sachez que je ne compte pas arrêter tant que je ne l'aurais pas terminé, peu importe le temps que ça me prendra.
N'oubliez pas de laisser votre avis en partant, la petite bulle et moi même n'attendons que ça ^-^
Je souhaite encore une fois un très joyeux anniversaire à l'homme de ma vie, Mister RPattz, et je vous fais de gros bisous ;)
SEE YOU !
Votre dévouée Popolove
