Salut tout le monde !

Chose promise chose due, me voilà avec un nouveau chapitre avec la date exacte à laquelle j'avais dit que je posterai :D

Je vous remercie tous pour vos reviews qui me touchent toujours énormément, c'est vraiment énorme de voir à chaque fois autant d'engouement pour cette fiction. J'espère que ça va continuer ^^

J'ai aussi l'excellente nouvelle (enfin pour moi) d'annoncer que cette fiction à remporté la première place d'un concours de fanfiction Awards sur le forum Damn-Addict-Lemon dans la catégorie Best Darkward ! J'ignore encore comment ça se fait mais quoi qu'il en soit c'est uniquement grâce à vous qui avez voté pour élire ma fiction, donc merci infiniment d'avoir voté pour moi, c'est un très beau cadeau auquel je ne m'attendais vraiment pas !

J'ai les meilleurs lecteurs du monde ! *-*

Merci aux Anonymes

Martine16, odrey010, lily-rose, larsand, scorpionlove09, Esther (Je t'ai répondu en mail normalement ;)), Elle, karima, Eris59, lili, Yoyo, phelie, Ocane, vanessa, Bouh332, Lisa, Juny et Laura

Hlne : Merci beaucoup Hélène pour tout ce que tu as dit dans ta review :) Navrée que tu aies versé ta larme, et non je ne suis pas en association avec l'entreprise Kleenex lol mais je suis d'accord avec toi la musique "Cut" de Plumb est magnifique *-* Au sujet de qui a gagné leur concours de QI, vous le saurez peut être un jour ;) C'est normal que tu sois perplexe pour Rosalie, mais ne perds pas de vue l'idée qu'elle apprécie vraiment Bella et qu'elle s'inquiète pour elle. Au sujet du cadeau de noël, tu vas tout de suite voir si tu as eu raison ou non ^^

Samantha : Oui j'accorde beaucoup d'importance à mes lecteurs c'est pour cette raison que j'essaye de répondre un maximum à tout le monde même si c'est tardif car je n'ai pas forcément le temps. Je suis heureuse d'avoir une lectrice étrangère en tout cas ^^ J'aimerais bien savoir tu es d'où et tu parles quelle langue ? Merci beaucoup en tout cas :D

...

Alors beaucoup d'entre vous ont deviné ce qu'Edward avait prévu pour Bella à Noël, ça me fait plaisir de voir qu'on est un peu sur la même longueur d'onde :D Pour ce qui est d'Emmett, je suis soulagée que la majorité des lecteurs aient compris son attitude et apprécie ce changement de caractère venant de lui, étant donné que dans la plupart des histoires Emmett est vu comme le grand frère qui adore tout le monde et accepte tout de suite Bella avec joie ^^ Un qui en tout cas a fait l'unanimité (POUR UNE FOIS !) c'est bien Edward. Apparemment vous aimez son changement de comportement... C'est cool ! Il était temps qu'il change après tout lol. Mais ne criez pas victoire trop vite, rien n'est joué encore ;)

Je vous laisse avec ce long chapitre entièrement consacré à Edward et Bella.

Ne me tuez pas pour la fin ^^

ENJOY ;)


Chapitre 13 : Imprévisible

Pov Bella

oO "Life Is Beautiful" Oo – Vega 4

Je me trouvais actuellement allongée sur mon lit depuis de bonnes longues minutes, ne voulant pas sortir pour affronter qui que ce soit. Et pourtant je savais que je n'allais pas pouvoir rester là indéfiniment. Edward était blessé et il avait besoin qu'on s'occupe de lui. Je pouvais l'aider. Je voulais l'aider. Je voulais qu'il puisse compter sur moi, pour toutes les fois où lui s'est occupé de moi, m'a sauvé la vie et m'a réconforté. Je voulais qu'il sache que j'étais là pour lui et que je ne laisserais pas tomber. Après tout je l'aimais, même si ça il l'ignorait. Je n'ose même pas imaginer sa réaction s'il l'apprenait. Il me traiterait de folle, piquerait une crise de colère et bonjour les dégâts. Je ne connaissais pas suffisamment Edward pour savoir exactement comment il réagirait, mais j'avais passé pas mal de temps avec lui pour pouvoir prévoir les réactions qu'il aurait pour telle ou telle situation.

J'entendis un cognement à la porte et je sursautai. S'il s'agissait de Rosalie, je ne voulais pas la voir. Ni elle ni son mari. À vrai dire je ne voulais voir personne.

« Bella… »

Mon cœur émit un raté à l'entente de cette voix. Ce n'était pas Rosalie ni Emmett, c'était Edward. La seule personne à laquelle je n'aurais jamais pensée. Il avait murmuré mon prénom de la même manière que tout à l'heure, comme une supplique. Comment se faisait-il qu'il était derrière la porte ? Il était supposé être allongé et presque inconscient ! Il cogna à nouveau et je séchai mes larmes silencieuses en vitesse. S'il était vraiment debout derrière ma porte, alors il était hors de question que je ne le fasse souffrir plus longtemps. Je me levai, priant pour qu'il ne remarque pas mes larmes asséchée et me dirigeai vers la porte en vitesse.

Je l'ouvris et n'eus pas le temps de réaliser qu'il tomba sur moi. Je faillis partir en arrière mais me retins de justesse tout en essayant de le maintenir. Il était toujours aussi mal en point et ne tenait pas debout mais ses yeux étaient grand ouverts. Ses cheveux étaient complètement décoiffés et je notai qu'il avait ôté sa chemise et était uniquement vêtu d'un teeshirt noir qui dévoilait la moitié de ses avant-bras. Il me regardait avec une pointe de soulagement.

Je me mis à paniquer.

« Bon sang Edward mais qu'est-ce que tu fais ici ? » M'exclamai-je incrédule. « Tu devais pas rester allongé ? »

« Je voulais te voir. » Souffla-t-il d'une voix rauque. « Après que tu sois parti, j'ai dit à Emmett et Rosalie de s'en aller et… je suis venu te voir. »

Je le regardai époustouflée, tandis qu'il mettait tout son poids sur moi et que je peinais à nous faire tenir debout en mettant mes mains dans son dos. Vue la façon dont il parlait, il avait l'air d'avoir repris ses esprits et d'être beaucoup plus conscient que tout à l'heure.

« Tu as marché jusqu'ici ? » M'enquis-je à la fois touchée et inquiète.

« Je suis peut être tombé une ou deux fois. » Dit-il avec un léger rire rocailleux.

J'entrouvris la bouche et lui lançai un regard perplexe.

« T'es complètement fou. » Soupirai-je en tachant de réfréner la joie qui s'emparait de moi à l'idée qu'Edward avait fait tous ses efforts rien que pour moi.

Même si je ne le cautionnais pas car ce n'était pas du tout sain pour lui, ça ne m'empêchait pas d'en être profondément attendrie.

« Tu pleurais. » Murmura-t-il.

Je sentais l'inquiétude dans sa voix et je me traitai de tous les noms pour lui avoir causé du souci alors qu'il n'en avait pas du tout besoin.

« Je pleurais pas. » Contrai-je fébrilement.

« J'ai vu ton visage Bella. T'avais le même que celui que t'as toujours quand t'es à deux doigts de craquer. » Répondit-il d'une voix faible. « Et là t'étais en train de pleurer, je le vois. » Observa-t-il.

« Tu aurais dû rester sur le canapé. C'était une mauvaise idée de te lever. » Réprimandai-je en baissant les yeux.

« Ne me dis pas ce qui est bien ou pas bien. » Gémit-il.

« Mais tu… »

« Je veux être avec toi. » Me coupa-t-il d'une voix sérieuse en me regardant profondément dans le blanc des yeux.

Je clignai des yeux et me mordis la lèvre. Comment faire pour ne pas montrer à quel point ses paroles m'atteignaient ? C'était impossible de ne pas réagir. Rien que ma lèvre inférieure tremblait en voyant un tel regard, mon corps était sur le point de vaciller et à cette allure je n'allais pas réussir à nous maintenir tous les deux.

En temps normal j'aurais réagi à sa proximité, au fait qu'il soit sur moi en train en train de mettre tout son poids, mais je me préoccupais tellement de sa santé et de son état que je laissais toutes mes autres émotions de coté.

« Viens, tu vas pas rester debout. » Le priai-je en essayant de nous déplacer, un bras dans son dos et l'autre sur son ventre.

Inutile de dire qu'il était vraiment costaud et que je peinais à faire un seul pas. Il s'appuyait sur mes épaules et ça me faisait assez mal, bien que je refusais de le montrer car je ne voulais pas qu'il se sente mal et commence à s'excuser.

« J'ai entendu ce qu'Emmett t'a dit. » Apprit-il faiblement.

« Ce n'est rien, ne te préoccupe pas de ça. » Éludai-je.

Nous arrivâmes difficilement près du lit et je l'aidai à s'allonger avec lenteur. Il grinça des dents et son visage se contracta, je compris que son dos était endoloris et qu'il ne pouvait pas se courber sans avoir mal. J'eus envie de pleurer à nouveau devant ce spectacle.

« Je voulais prendre ta défense. » Soupira-t-il au moment où je posais sa tête sur l'oreiller alors qu'il allongeait les jambes. « Je le voulais mais je… j'arrivais pas… »

« Edward, tu n'as pas à le faire. » Déclarai-je en me levant. « Emmett a raison, je ne compte pas. J'ai oublié que je n'étais pas à ma place et que je n'avais pas mon mot à dire, je suis désolée. » Dis-je en voulant me détourner.

« Non tu te trompes. » Contredit-il en attrapant mon poignet pour m'empêcher de partir.

Il me regarda intensément et je me sentis défaillir face à un tel regard.

« Tu es… » Il laissa sa phrase en suspend avant de reprendre d'une voix plus claire. « Importante. »

Je voyais déjà ma petite voix intérieure faire la danse de la joie à l'intérieur de moi et un faible sourire s'installa sur mes lèvres tandis que mon cœur battait fortement et rapidement. Inutile de préciser à quel point cette déclaration – plutôt minime me direz-vous, mais ô combien exceptionnelle – me réchauffait le cœur.

« C'est vrai ? » Parvins-je à balbutier en essayant de contenir les émotions qui me submergeaient.

Un sourire naquit sur ses lèvres. Il ne répondit pas mais il n'avait pas besoin de le faire, j'avais demandé sans vraiment attendre de réponse. Edward n'était pas du genre à exprimer ses sentiments, alors il ne l'aurait jamais fait pour plaisanter sans le penser. C'était étrange comme chaque mot qui venait de lui me touchait comme s'il s'agissait d'une longue phrase magnifique qui valait de l'or.

Peut être que c'était ça justement, que la parole d'Edward valait de l'or. En tout cas pour moi oui.

« Tu as besoin de quelque chose ? » Demandai-je faiblement. Il secoua la tête.

« Non mais… tu pourrais m'apporter un jogging dans le placard juste là ? » Fit-il en faisant un signe de tête vers le placard de la chambre.

« Oui bien sûr. » Répondis-je en hochant la tête.

Il lâcha mon poignet et j'allai vers le placard en question, là où il y transposait toutes ses affaires. Je souris en me remémorant le jour où Rosalie avait vidé toutes ses fringues de là juste pour faire de la place pour mes propres affaires. Même si je n'en avais pas demandé tant, j'avais quand même été amusée de la regarder faire. D'autant plus que ce jour là, Edward avait piqué une crise presque mémorable. Rosalie ne s'était pas laissé faire et ils s'étaient disputés devant moi. Heureusement Edward n'en avait pas eu après moi ce jour là, seulement après Rosalie pour ne pas l'avoir consulté et parce qu'il ne s'y retrouvait plus. Au final ils avaient fini par trouver un terrain d'entente et Edward s'était retrouvé à acheter un second placard juste pour moi. Et bien évidemment, je n'avais pas du tout eu mon mot à dire sur la question.

Secouant la tête pour oublier ce souvenir, je farfouillai mal à l'aise, n'aimant pas vraiment fouiller dans ses affaires. Je sélectionnai un jogging gris et refermai le placard rapidement. Je revins vers lui et lui tendis avec réserves. Il le prit en marmonnant un faible « merci » et essaya de se redresser pour enlever son jean avant d'éprouver une nouvelle vague de douleur.

« Tu veux pas que je t'aide ? » Proposai-je en le voyant qui réprimait un gémissement plaintif.

« Non je vais bien. » Râla-t-il.

Je roulai des yeux.

« Fais pas l'enfant Edward, t'es incapable de bouger alors laisse-moi t'aider. »

Il me toisa sévèrement et je fis de même, ne voulant pas me laisser démonter. Il soupira et se rallongea énervé. J'esquissai un sourire et m'assis à coté de lui, avant de me rendre compte de ce que j'étais véritablement sur le point de faire. J'allais lui enlever son pantalon… les seules fois où cet évènement était arrivé, c'était dans mes rêves, et je le faisais pour une raison bien précise…

Merde…

Il allait falloir que je contienne mes émotions et que je réussisse à contrôler mes ardeurs. À tous les coups il allait se rendre compte de mon trouble si je ne faisais pas gaffe. Me raclant la gorge pour chasser toute pensée impure de ma tête, je me penchai vers lui et défis le bouton de son jean avec des doigts tremblants.

« Je pouvais très bien le faire tout seul. » Marmonna-t-il grognon.

« J'en doute pas, monsieur le macho. » Répliquai-je amusée tout en faisant glisser son jean le long de ses jambes.

« Je ne suis pas macho. »

« Si tu l'es, et en plus tu… » Je stoppai ma voix lorsque mes yeux se posèrent sur ses cuisses et s'écarquillèrent d'horreur. « Oh mon dieu… » Haletai-je.

Je cessai de respirer tandis que ma voix mourait dans ma gorge et que je me retenais de paniquer. L'intégralité de ses cuisses était entièrement garnie d'immenses bleus qui me donnaient la chaire de poule. Doux jésus, ils l'avaient vraiment salement amoché…

Mon regard affolé dût le rendre curieux car il releva légèrement la tête pour regarder là où mes yeux étaient posés. Son visage s'éclaira de compréhension et un bref rire s'échappa de ses lèvres.

« Ça doit être quand ces enfoirés de flics m'ont battu avec leur putain de batte de baseball. Ils y sont pas allés de main morte à ce que je vois. » Dit-il d'une voix doucement amère.

« Comment des flics ont-il pu se montrer aussi violents ? » M'enquis-je effarée. « Ils sont pas sensés se comporter comme ça ! »

« Parce que tu crois qu'ils respectent protocole ? Rares sont les agents du F.B.I qui s'en préoccupent vraiment. » Ricana-t-il sarcastique.

Je fronçai les sourcils.

« Alors quoi ? T'espères me faire avaler que ce sont eux les méchants maintenant ? » Rétorquai-je énervée.

« J'ai pas dit ça. » Protesta-t-il d'une voix douce. « Simplement que les flics ne sont pas tous respectables. »

« Mon père était flic. » Lâchai-je durement.

Il entrouvrit la bouche et son front se plissa. C'est vrai qu'en y réfléchissant je ne lui avais jamais parlé de lui, ni même à personne. Les seules personnes que j'avais évoquées étaient ma mère et mon beau père. Ayant besoin de m'éloigner pour reprendre mes esprits, je me levai.

« Je vais te chercher de la biafine, j'ai vu que t'en avais dans la salle de bain. » Annonçai-je sans attendre de réponse de sa part.

Edward sembla vouloir dire quelque chose mais se ravisa. Je profitai de son désarroi pour m'éclipser vers la salle de bain d'un pas pressé.

Une fois à l'intérieur je posai mes mains de part et d'autre du lavabo et pris une profonde inspiration. Je savais que ma réaction était déplacée et incompréhensible, mais j'avais toujours considéré mon père comme mon héros, il était celui que je citais toujours comme exemple. Alors je ne pouvais supporter l'idée qu'il ait pu faire des choses pas très correctes, ou que sa profession ne soit pas entièrement clean. Mais de ce que je venais de voir aujourd'hui, Edward avait raison. Ils y étaient allés fort avec lui et c'était assez abject. Était-ce juste un mécanisme de défense ou s'étaient-ils défoulés sur lui par simple envie ? Si tel était le cas, alors ces flics venaient officiellement de me mettre hors de moi. Je n'appréciais pas du tout voir Edward aussi amoché, et bien que je le trouvais toujours aussi beau, il souffrait et ça me faisait mal pour lui, bien qu'il tente de ne rien laisser paraitre à cause de son stupide égo de mâle.

Je m'emparai du tube de biafine qui était dans le placard de la salle de bain et retournai dans la chambre. Edward se pinçait le nez comme s'il était en pleine réflexion. Je me raclai la gorge pour témoigner ma présence et il tourna la tête vers moi tandis que je faisais le tour du lit pour revenir à coté de lui. En voyant que je m'asseyais et ouvrais le tube, ses yeux se rétrécirent.

« Tu n'es pas obligé de faire ça. »

Je levai les yeux au ciel et soupirai de lassitude.

« Et toi tu n'es pas obligé de jouer les gros durs. » Répliquai-je en étalant la pommade sur mes mains.

Je fis le nécessaire pour oublier qu'il était allongé sur le lit, vêtu d'un simple teeshirt et d'un boxer. Naturellement je ne parvins pas du tout à l'oublier. J'avais cette vision de rêve devant mes yeux alors que j'en rêve toutes les nuits. Comment pouvais-je ne serait-ce que penser à en faire abstraction ? C'était physiquement impossible. S'il savait que j'étais actuellement en pleine divagation de fantasmes en tout genre, je suis sûre qu'il voudrait s'enfuir le plus loin d'ici. J'étais une bien piètre soignante. Je voulais me fustiger pour toutes ces pensées qui me traversaient l'esprit, mais je ne le pouvais pas parce que dans mon fort intérieur, j'appréciais ces pensées là. Il s'agissait de désirs inavoués que j'étais incapable de réfréner.

Bon sang je ne devrais pas le désirer alors qu'il est blessé et recouvert de bleus sur les jambes.

Soufflant pour me recomposer un masque impassible, j'inspirai pour me lancer en tentant obstinément de faire taire mes envies peu glorieuses. Je posai mes mains à plat sur sa cuisse et ressentis une décharge électrique me parcourir, plus violente que tout ce que j'ai pu ressentir jusqu'à présent. Ce n'était pas comme les fois où je lui prenais la main ou qu'il me prenait dans ses bras. C'était un cran au-dessus de ça, une tension plus forte et plus difficile à contrôler. J'avais l'impression que mon corps irradiait à mesure que je massais sa cuisse pour étaler la biafine. J'essayais de ne pas lever les yeux vers lui et de garder la tête baissée afin qu'il ne remarque pas à quel point j'étais troublée. Je savais que je devais être rouge pivoine et que mon regard devait exprimer le désir que j'éprouve pour lui. C'était obligatoire, même mes mains devenaient de plus en plus chaudes.

C'était réellement un moment étrange car j'avais à la fois hâte qu'il se termine, étant donné que j'étais en train de vivre un pur enfer tant j'étais incapable de réfréner mes pulsions et en même temps, je ne voulais pas arrêter. Je voulais aller plus loin que ça, je désirais des choses que je n'aurais probablement jamais, à moins qu'Edward ressente la même chose que moi, ce dont je doute très fortement. Et pourtant ça ne m'empêchait pas de fantasmer sur des situations impossibles et d'éprouver une forte montée de chaleur à mesure que je prenais conscience que j'étais sur lui en train de lui masser les jambes.

Pense aux bleus Bella…

Les bleus, j'avais carrément oublié que c'était pour ça en tout premier lieu. Edward n'aurait jamais accepté une telle proximité si ce n'était pas pour des raisons de santé. Ça me rappelait le jour où je l'avais surpris dans la salle de bain simplement enroulé d'une serviette blanche alors qu'il sortait tout juste de la douche. Moment qui d'ailleurs, se répétait inlassablement dans mes songes et mon esprit… Ce jour là il avait pété les plombs et m'avait pratiquement crié dessus, alors je n'osais imaginer sa réaction s'il lisait mes pensées actuelles. Dieu merci il n'était pas télépathe, je ne pourrais plus jamais le regarder en face si c'était le cas.

« C'est étrange… » Murmura-t-il soudainement, me ramenant à la réalité.

Je levai la tête pour le regarder et vis qu'il avait les sourcils froncés, le visage contracté et la bouche pincée.

« Quoi donc ? » M'enquis-je, la voix tremblante à cause de mon excitation.

Il cligna des yeux et me regarda étonné, comme s'il ne s'attendait pas à ce que je lui réponde. Peut être se parlait-il à lui-même…

« Oh euh… rien oublie. » Me dit-il en secouant la tête de manière imperceptible.

Je soupirai de frustration, horripilée de ne pas savoir à quoi il pensait. Il était tellement énervant quand il faisait ça…

« D'accord. » Fis-je incertaine, montrant ma contrariété.

Je rebaissai les yeux pour m'activer à ma tache et sentis son regard sur moi me vriller, ce qui fit monter la tension en moi. Mes mains se firent tremblotantes et ma respiration devint plus forte et hachurée. Me savoir épiée me rendait me rendait fébrile et me faisait perdre mes moyens. J'avais l'impression que s'il continuait à me regarder avec autant d'insistance, je finirais par perdre le contrôle de moi et lui sauter dessus pour assouvir mes désirs.

Je n'avais jamais été aussi tendue de toute ma vie…

Je soufflai en espérant que cela m'aiderait à me reprendre mais en vain, j'étais désespérante. Ma respiration se coupa nette lorsqu'il s'empara de mes mains et qu'il me fit stopper mes mouvements.

« Tes mains tremblent. » Constata-t-il.

Les pulsations de mon cœur devinrent irrégulières et je me refusai tout contact visuel avec lui.

« J-j'ai fini de toute façon. » Bafouillai-je rapidement en retirant mes mains des siennes d'un ton sec et en me levant prestement comme si j'avais le feu aux fesses.

« T'es sûre que ça va ? » Fit-il dérouté.

« Tout va très bien. » Répondis-je un peu trop rapidement. « Je vais rapporter ça dans la salle de bain. » Annonçai-je en m'emparant du tube et en allant à la salle de bain d'un pas plus rapide qu'à l'ordinaire.

Je fis la même chose que précédemment, je m'appuyai contre le lavabo en posant mes coudes dessus et en baissant la tête. J'inspirai et expirai plusieurs fois, essayant tant bien que mal de faire baisser la tension qui m'habitait. Il fallait vraiment que je mette un maximum de distance entre nous. Je ne tiendrai pas le coup si ça continuait. Il avait dû se rendre compte de l'effet qu'il me faisait, ce n'était pas possible autrement. J'avais été tellement transparente et lisible… Il devait bien se foutre de moi à l'heure qu'il est. Pauvre gamine qui croit qu'elle a la moindre chance. C'était pathétique.

Reprenant une respiration convenable, je rangeai le tube dans le placard et m'inspectai dans le miroir. J'avais toujours quelques rougeurs qui me trahissaient mais pour le reste, je semblais partiellement normale. J'entendis un gémissement provenant de la chambre et fronçai les sourcils avant d'aller voir ce qui se passait.

Lorsque je vis qu'Edward avait voulu se mettre debout pour revêtir son jogging, je m'énervai.

« C'est pas vrai ! » M'écriai-je en accourant vers lui. « Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase : « Reste allongé » ? »

Le pire était qu'il avait vraiment réussi à mettre son jogging…

« Je sais me débrouiller. » Grogna-t-il.

« Edward, tu n'es pas en état alors cesse d'aggraver ton cas et laisse-moi faire. » Ordonnai-je en passant un bras dans son dos pour le maintenir.

« J'aime pas qu'on s'occupe de moi. » Marmonna-t-il acerbe en même temps que je l'aidais à se rallonger.

Je secouai la tête en souriant.

« Si je ne me trompe pas, c'est bien toi qui t'occupes de moi d'habitude et tu te fiches complètement de savoir que ça m'énerve. »

« Mais c'est différent. » Soupira-t-il avec un sourire au coin des lèvres. « Parce que moi ça me plait de m'occuper de toi, alors que là tu dois probablement te plaindre d'avoir à te coltiner un pauvre mec comme moi. »

Je réprimai mon agacement quant à la façon dont il se considérait et tentai de prendre son commentaire à légère.

« Tu serais surpris de voir ce que je pense vraiment. » Répliquai-je en me relevant, réfrénant tant bien que mal mes rougissements.

« Où est-ce que tu vas ? » S'enquit-il.

« Faire à manger. T'as faim ?

« Non. » Dit-il en secouant la tête. Je soupirai d'exaspération.

« Edward, il faut que tu manges quelque chose. » Réprimandai-je.

« Je n'ai pas faim Bella. » Répliqua-t-il.

« Très bien. » Soufflai-je irritée en allant faire le tour du lit.

Edward me regarda faire tandis que je prenais la place libre et m'allongeais à coté de lui en croisant les bras sur ma poitrine et en faisant mine de bouder.

« Je croyais que t'allais cuisiner ? » Rappela-t-il en fronçant les sourcils.

« Tu manges pas, alors je mange pas non plus. » Lâchai-je sèchement en fixant le plafond.

« Tu vas pas zapper un repas à cause de moi quand même ! » S'exclama-t-il incrédule.

« Je vais me gêner tiens ! »

« Bella va manger, je suis pas d'accord avec ça ! » Protesta-t-il.

« J'irai cuisiner quand tu accepteras de manger quelque chose. » Déclarai-je fermement.

« Ta réaction est complètement puérile. » Ragea-t-il.

« C'est toi qui est puéril à refuser de manger sous prétexte que t'aimes pas te faire entretenir. » Rétorquai-je en tournant la tête vers lui.

J'avais du mal à rester de marbre devant une situation aussi ridicule. Nous étions tous les deux ridicules mais pas prêts à lâcher l'affaire pour autant. Et je tiendrai parole. Sur mon honneur, il me suppliera pour que je lui fasse à manger.

« Alors tu vas simplement rester là et attendre que je cède ? » Maugréa-t-il.

« Exactement. »

« Et si je refuse de manger ? »

« Alors je mangerai pas non plus. » Assurai-je.

Il soupira et me lança un regard noir, supposé me faire peur, ce qui ne gagna qu'à me faire sourire. Je savais qu'Edward n'apprécierait pas que je me néglige de mon plein gré, c'est pourquoi il n'allait pas mettre longtemps à céder. Il tenait à ma santé, chose que je n'avais jamais réussie à comprendre…

Un silence s'instaura et je ne cherchais pas à le combler. J'appréciais le fait qu'il soit près de moi au point que si je me décalais d'un tout petit cran, nos épaules se toucheraient. Mais rien que cette situation faisait grimper ma tension en flèche. Je me sentais soudainement plus anxieuse, et mon cœur battait un peu trop rapidement pour que cela soit normal.

« Parle-moi de ton père. » Dit-il après de longues minutes.

Je clignai des yeux pour me concentrer et vis qu'il arborait un visage sans émotion. De profil on pouvait voir ses éraflures sur sa joue, une coupure sur l'arcade sourcilière et une autre sur la lèvre. Je n'aurais jamais dû trouver ça sexy, et pourtant… bien que je le préfère en bon état sans aucune blessure sur son si beau visage, force m'était de reconnaitre que j'étais véritablement séduite par son coté meurtri qui n'entachait rien à sa beauté, bien au contraire.

« Pourquoi tu me parles de ça maintenant ? » Demandai-je en chassant les pensées obscènes qui affluaient mon cerveau.

« Parce que tu ne l'avais jamais évoqué avant aujourd'hui. Et maintenant ça m'intéresse. »

Je fronçai les sourcils.

« Tu as fait des recherches sur moi il me semble, alors tu sais déjà tout ce qu'il y a à savoir. » Me braquai-je.

« Pas tout non. » Contra-t-il en me regardant dans les yeux. « Je veux connaitre l'histoire à travers toi. »

Je soutins son regard et m'humidifiai les lèvres, légèrement troublée par son regard aussi intense. D'un coté je ne voulais pas évoquer mon père, mais de l'autre, Edward me regardait d'une façon qui me donnait envie de lui déballer toute ma vie, bien qu'il en connaissait la presque totalité.

Brisant notre connexion visuelle, je tournai la tête pour regarder à nouveau le plafond, jouant avec mes doigts.

« D'aussi loin que je m'en souvienne, mes parents ont toujours été séparés. » Murmurai-je d'une voix monocorde. « Mon père a été le premier à se recaser avec une femme du nom de Sue. Il avait laissé notre maison à Phoenix à ma mère et s'était pris un appartement à Columbus dans le Nebraska, et c'est là qu'il a rencontré Sue. J'avais pour habitude de lui rendre visite chaque été. Il était le shérif de la ville, c'était un peu mon héros, j'aimais dire que mon père était le gentil qui arrête tous les méchants. » Fis-je avec un rire amer.

« C'est pour ça que t'es aussi à cheval sur la justice et la loi. T'es une vraie fille de flic. » Conclut-il avec un sourire en biais.

« Sans doute. » Souris-je à mon tour.

Il resta silencieux et attendit que je poursuive.

« J'avais huit ans quand il est mort. Il y a eu une fusillade dans un centre commercial et il s'est pris une balle perdue en voulant venir en aide à une jeune femme. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de cette époque là, mais je me rappelle que nous avons fait toute la route jusqu'à Columbus et l'enterrement à été mémorable. Toute la ville était là pour y assister et il a eu droit à un bel hommage. Mais j'avoue que j'ai détesté de voir des personnes que je ne connaissais pas m'embrasser ou me caresser la tête. »

« Je comprends. Est-ce que le type a été arrêté ? »

« Ouais… heureusement d'ailleurs car il a quand même eu toute la police du Nebraska sur le dos. » Ris-je légèrement, sans dissimuler mon amertume.

« Il devait être beaucoup apprécié. »

« Il l'était. Tout le monde adorait Charlie, il était gentil et prenait son boulot très à cœur. Avant qu'il ne décède, je voulais devenir comme lui. Je me demande ce qu'il penserait s'il me voyait aujourd'hui. » Soupirai-je tristement.

Je pensais à tout ce que Charlie m'avait inculqué avant de mourir, et je devinai qu'il devait se retourner dans sa tombe à l'heure qu'il est, s'il savait toutes les pensées que j'avais éprouvées envers Edward et à quel point j'étais tombée amoureuse. Il devait sûrement avoir honte de moi, honte d'avoir une fille qui aime un meurtrier.

« Tu ne penses pas qu'il serait fier de toi ? » Fit-il étonné.

« Après tout ce que j'ai fait ces derniers mois, je ne pense pas. J'ai quand même abandonné Phil et Renée. »

« Tu ne les as pas abandonnés Bella, tu as fait ce qu'il y avait de mieux à faire. » Contredit-il. « Quelque part, je t'admire beaucoup. »

Je fronçai les sourcils et tournai la tête vers lui.

« Comment ça ? »

Il soupira lourdement.

« Parce que t'as réussi là où j'ai échoué. » Confia-t-il. « T'as vécu un moment monstrueux, mais malgré tout t'as quand même réussi à te relever et à penser au futur. J'ai rarement vu une personne avec autant de force et de volonté. T'aurais pu sombrer comme je l'ai fait mais non, tu as continué. »

« Et regarde où ça m'a mené. Tout droit dans l'antre d'un tueur à gages. » Répondis-je sur un ton léger.

Il fut pris d'un léger rire.

« C'est vrai que c'est pas l'idéal, mais je trouve que tu le gères plutôt bien. » Complimenta-t-il.

« Merci Edward. » Gratifiai-je sincèrement. « Pour tout ce que t'as dit et fait pour moi. »

Il sourit d'une façon que je trouvais attendrissante.

« C'est moi qui devrais te remercier, tu t'es toujours montrée drôlement tolérante avec moi, un peu trop même parfois. »

« Au lieu de me remercier, accepte de manger quelque chose. » Soudoyai-je.

« Hors de question, j'ai ma fierté. »

« Y a une chose plus importante que ta fierté, c'est ta santé banane ! »

Il plissa le front, mécontent.

« Décidément il est loin le temps où t'avais peur de moi. » Remarqua-t-il.

Je levai les yeux au ciel mais ne répondis pas. Je me mis à penser à Renée et Phil, ces deux parents qui m'avaient élevée durant toute ma vie et qui étaient morts à cause d'un inconnu, dont je ne connaitrais probablement jamais l'identité. C'était peut être ça dans le fond le pire. Ne pas savoir pourquoi, ni par qui. La raison pour laquelle ils ont été punis de cette façon, aussi barbare et sanglante. Je sentis les larmes qui commencèrent à monter et j'inspirai doucement pour me contenir.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » Demanda-t-il en voyant mon changement d'humeur.

« Rien. » Bredouillai-je en secouant la tête impunément.

« Si dis-moi. » Insista-t-il d'une voix soucieuse.

« Tu vas trouver ça idiot. »

« Je suis certain que non. »

Regardant dans sa réaction, je vis qu'il semblait vraiment inquiet et cela me toucha. Personne ne s'était jamais autant soucié de moi comme ça. Edward était le premier qui s'intéressait de près ou de loin à tout ce que je pouvais dire et à qui j'avais réellement envie de me confier. J'ignorais comment il se débrouillait pour faire ça, j'imagine que c'est quelque chose qui lui est propre. Peut être que si je n'étais pas autant attachée à lui je ne serais pas aussi réceptive.

« C'est juste que… dans mes rêves, quand je faisais mes cauchemars constamment, je ne voyais jamais son visage. Je n'ai jamais su qui avait assassiné mes parents et c'est quelque chose qui est en train de me bouffer tu comprends ? Même si je fais le nécessaire pour ne pas y penser, j'ai toujours ce truc qui trotte dans mon esprit et j'ai l'impression que je ne serais jamais en paix tant que je n'aurais pas de réponse. »

Il resta silencieux quelques secondes, l'air de réfléchir ardemment.

« Tu veux que j'essaye de faire des recherches ? » Proposa-t-il finalement.

« Tu ferais ça pour moi ? » Murmurai-je touchée, un maigre espoir me submergeant.

« Évidemment. » Dit-il en me regardant intensément. « Si ça peut t'aider à tourner la page et aller de l'avant, je vais voir ce que je peux faire. »

Je ne pus empêcher un sourire prendre place sur mes lèvres tant j'étais heureuse qu'il accepte. J'avais l'intention de lui demander un jour, car je savais que cette histoire allait finir par me hanter et je savais qu'Edward pouvait très facilement découvrir la vérité. Mais je n'aurais pas pensé qu'il puisse me dire oui tout de suite. Pire, qu'il puisse se proposer. Cet homme était définitivement bourré de qualités mais il ne s'en rendait même pas compte. Il préférait se terrer dans l'optique qu'il était un monstre sans cœur avec aucune rédemption possible.

Je m'approchai de lui et voulus me mettre dans ses bras avec lenteur. J'appréhendais sa réaction mais à mon plus grand soulagement il se laissa faire. Je posai ma tête sur son torse et enroulai un bras autour de lui avant de soupirer. Il resta penaud un moment, immobile et refusant de bouger le petit doigt, puis il consentit à refermer ses bras sur moi, non sans hésitations.

« Je ne te fais pas mal ? » M'inquiétai-je subitement en me souvenant de son état.

« Non. » Rassura-t-il.

« Tu me le dirais si c'était le cas ? »

« Non. »

Je souris et essayai de ne pas rire. Apparemment la fierté et l'orgueil étaient un très gros trait de caractère chez lui.

Sa main me caressait les cheveux d'une façon automatique et je me demandais s'il s'en rendait compte où s'il le faisait sans en avoir conscience. Quoi qu'il en soit je n'allais pas m'en plaindre.

« C'est à ton tour. » Annonçai-je au bout d'un moment.

« Mon tour de quoi ? »

« De me parler de tes parents. » Clarifiai-je. « Tu sais absolument tout ce qu'il y a à savoir sur moi, alors que moi je ne sais pas grand-chose de toi au final. Est-ce que tu es toujours en contact avec tes parents ou est-ce que tu ne les vois plus ? »

« C'est compliqué. » Marmonna-t-il froidement.

Je relevai la tête et vis qu'il arborait un visage fermé. Je tentai de le dérider.

« J'aime ce qui est compliqué. » Répondis-je en souriant faiblement.

Il soupira et finit par se détendre, sans toutefois me regarder dans les yeux

« Je n'ai plus eu un seul contact avec mes parents depuis la mort de ma sœur. » Apprit-il simplement.

J'entrouvris la bouche d'étonnement.

« Pourquoi donc ? »

« Parce qu'ils m'ont abandonné. »

Un silence de mort régna dans la pièce tandis que j'essayais d'analyser ce qu'il venait de me dire. Abandonné ? Les parents d'Edward l'avaient laissé tomber ? Comment diable avaient-ils pu faire une chose pareille ?

« Je… je ne comprends pas. » Balbutiai-je affligée.

Il haussa les épaules, le regard au loin.

« Comme je te l'ai dit, c'est compliqué. » Éluda-t-il. « Après l'enterrement d'Alice ils ont déménagé dans un petit patelin de l'État de Washington. Une ville prénommée Forks. »

« Et ils ont refusé de t'emmener avec eux ? » Devinai-je attristée.

« Ouais… »

Je restai choquée et bouleversée d'entendre une chose pareille. Je n'arrivais vraiment pas à comprendre leur attitude, abandonner son propre enfant… Edward a dit que c'était compliqué, mais pour moi aucune complication n'excuse un tel acte de la part d'un parent.

« Je suis désolée Edward, sincèrement. » Murmurai-je.

Il eut un rire cynique.

« Laisse tomber Bella, ils ont eu raison de le faire. Peut être qu'ils avaient compris que leur fils était destiné à devenir un misérable criminel. »

« Arrête de dire des choses comme ça ! » Fustigeai-je en sentant la colère s'emparer de moi. « Comment fais-tu pour te considérer de la sorte à chaque fois ? C'est épuisant et insupportable ! »

« Pourtant c'est la vérité. » Revendiqua-t-il convaincu.

Je me retins de réagir. S'il n'était pas blessé et dans un état critique, je crois que j'aurais vraiment pu lui en coller une pour avoir le don de me mettre en colère à ce point. C'est vrai qu'Edward n'était pas un type propre sur lui, qu'il méritait d'aller en prison et de payer pour les crimes qu'il avait commis. Mais il avait quand même réussi l'exploit de me faire développer des sentiments pour lui, et ça ce n'était pas rien. Ça prouvait qu'il avait du bon en lui, et qu'il pouvait se montrer être quelqu'un de très bien. Si seulement il avait pu prendre conscience de ça dès le départ…

« J'aime pas quand tu dis des choses comme ça. » Marmonnai-je en reposant la tête sur son torse.

Ses caresses sur mes cheveux reprirent et je fermai les yeux.

« C'est parce que tu refuses de voir la réalité. » Dit-il doucement.

Je pris sur moi pour ne pas répliquer car je savais que quoi que je dise, ça ne servirait à rien. Mais l'entendre parler ainsi de lui me donnait envie de le frapper ou de crier pour me calmer. Ça m'accablait de voir un tel dégout de lui-même. C'est comme s'il se destinait lui-même à être un monstre et qu'il faisait ce boulot car c'était plus facile pour lui de se faire détester et de se sentir vraiment immonde.

« Si tes parents t'avaient emmené avec eux, est-ce que tu crois que tu… »

« Je ne serais jamais revenu à Chicago et je n'aurais jamais fait la connaissance d'Aro Volturi. » M'interrompit-il pour répondre, ayant deviné ma question.

« Donc tu ne serais pas devenu… ce que tu es aujourd'hui. » Déduis-je.

« Et tu ne m'aurais jamais rencontré. »

J'entrouvris la bouche, réalisant qu'il avait effectivement raison. Maintenant que je le connaissais en personne, je n'étais plus tout à fait sûre de savoir si j'aurais préféré cette autre alternative. Et puis il oubliait quelque chose dans l'équation.

« Dans ce cas je serais morte à l'heure qu'il est. » Affirmai-je d'un ton neutre.

« Quoi ? » Balbutia-t-il.

« La seule raison qui fait que je suis encore vivante à l'heure qu'il est c'est parce que tu étais là dans cette ruelle pour l'empêcher. » Lui rappelai-je. « Mais si tu n'avais pas été là, alors ça aurait été quelqu'un d'autre à ta place, avec Emmett et Jacob. Et je n'aurais pas survécu cette fois parce qu'il n'y aurait eu personne pour me protéger comme tu l'as fait. »

Il ne répondit pas tout de suite, et je compris qu'il devait être en train de réfléchir à ce que je venais de dire.

« C'est vrai tu as raison. Ce jour là t'étais sensée mourir. »

« Sauf que tu m'as sauvée. » Renchéris-je en relevant la tête. « Enfin, tu m'as surtout assommée et kidnappée après m'avoir collé un pistolet sur la tête, mais bon, c'est pas comme si t'étais réputé pour être quelqu'un de conventionnel après tout. » Ironisai-je.

« Et je t'ai aussi souhaité un joyeux anniversaire, n'oublie pas de le mentionner. » Blagua-t-il.

Je me mordis la lèvre pour ne pas rire et essayais de garder mon sérieux.

« Je te dois la vie Edward. » Avouai-je les yeux pleins de reconnaissance.

Il me fit un sourire en coin qui affola les battements de mon cœur.

« Ce sera la seule chose de ma vie dont j'aurais été fier. »

Je déglutis et ma bouche s'ouvrit avant de se refermer. Pendant un instant je fus déstabilisée par cette simple phrase qui avait le don de me mettre dans tous mes émois.

« Tu devrais être blessé plus souvent. » Songeai-je en faisant allusion au fait que c'était la première fois qu'il me faisait ce genre de déclarations.

Son corps fut secoué par un petit rire qui lui fit mal puisque son visage se contracta. Même rire lui provoquait des douleurs… comment pouvait-il être aussi mal en point ? J'aurais voulu lui demander ce qu'il s'était passé à Springfield aujourd'hui mais pour être honnête, je n'étais pas encore prête à connaitre tous les détails. Voir Edward souffrir le martyr était déjà suffisant pour que je sois dégoutée et que j'ai envie d'éclater en sanglots.

Je me rallongeai une nouvelle fois, un sourire se formant sur mes lèvres à mesure que je prenais conscience qu'il s'en était sorti alors qu'il aurait pu y laisser la vie.

« Je suis contente que tu n'aies rien. » Murmurai-je avant de me rendre compte de l'énormité de ce que je venais de dire. « Enfin… je voulais pas dire ça dans le sens où tu vas bien, juste que… ça aurait pu être pire, tu aurais pu… » Bégayai-je comme une idiote.

« J'ai compris Bella. » Apaisa-t-il d'une voix tranquille. « D'ailleurs euh… ça me tue de le dire, mais t'as gagné. J'ai faim. » Déclara-t-il abruptement.

J'écarquillai les yeux et levai les yeux, élargissant mon sourire de triomphe.

« Je te l'avais dit que je gagnerais. »


oO "Set Fire To The Rain" Oo – Adele

Le soir après que je l'ai forcé à manger, Edward s'était endormi rapidement. Ce qui m'avait rendu aux anges fut qu'il n'avait pas protesté lorsque je m'étais mise dans ses bras et qu'il avait même refermé ses bras autour de moi. Je m'étais donc endormie avec le sourire aux lèvres. En revanche lorsque je m'étais réveillée le lendemain matin, j'avais eu la mauvaise surprise de me trouver seule dans le lit, comme la dernière fois. Il ne me fallut pas longtemps avant d'entendre un juron provenant de la salle de bain et de deviner qu'Edward avait une fois de plus essayé de se débrouiller tout seul.

Son attitude me faisait plutôt rire dans la mesure où je savais qu'à sa place j'aurais été pareille. J'avais toujours détesté qu'on s'occupe de moi et me sentir inutile et dépendante des autres. Voir que nous avions pleins de points communs me ravissait un peu trop. Cela dit je n'avais pas abandonné et je l'avais forcé autant que j'ai pu à rester allongé. J'avais vite compris qu'il avait horreur de rester au lit toute la journée et ne rien faire. Il était du genre actif, à toujours faire quelque chose de ses journées. Si moi j'appréciais sa compagnie la journée, lui je voyais bien qu'il aurait voulu être ailleurs et pouvoir faire ce qu'il voulait. Ça me faisait un peu mal, même si je le comprenais.

Rosalie et Emmett étaient repassés plusieurs fois. Ce dernier tâchait royalement de m'ignorer et je faisais la même chose car je ne me sentais jamais à ma place lorsqu'il était dans les parages. Jasper était venu aussi une fois, il s'était ramené avec une bouteille de whisky et même si j'étais plutôt réticente, je n'avais rien dit quand j'avais vu le sourire illuminé d'Edward. Je n'avais pas reparlé à Jasper depuis le jour où j'avais prononcé le prénom d'Alice en sa présence, et même si je désirais ardemment m'excuser, je savais que ce n'était pas le bon moment dans la mesure où lui sortait tout juste de l'hôpital depuis seulement quelques jours et qu'il essayait de prendre sur lui pour ne pas rechuter. Ressasser les mauvais souvenirs n'était donc certainement pas le bon moment et ça ne l'aiderait sûrement pas à rester sobre. Du moins, sobre quand il ne daignait pas se ramener avec une bouteille pour inciter Edward à boire avec lui…

Les jours avaient passé rapidement et Edward était de nouveau sur pieds, il n'avait plus aucun bleu et allait parfaitement bien, tant et si bien que je ne le voyais presque jamais. Il passait son temps constamment dehors ou chez Jasper. Mes adieux à Rosalie furent déchirants le jour où elle et Emmett s'en allèrent en séjour à la montagne. Je n'avais pas l'habitude d'être séparée d'elle plus de quelques jours, alors deux semaines ça allait faire beaucoup. Mais je ne lui avais pas montré que j'étais triste qu'elle s'en aille car elle était aux anges et je ne voulais pas gâcher sa joie. Edward n'avait rien dit mais m'avait quand même lancé deux ou trois regards désolés.

Aujourd'hui, nous étions le 24 décembre et il avait dû s'absenter pour je ne sais quoi. Je ne me posais pas plus de questions car je savais qu'il n'aurait pas de travail à faire puisqu'Emmett était en vacances, d'autant plus que je n'étais pas sûre qu'Aro Volturi ne veuille confier à Edward un nouveau contrat alors qu'il n'était remis sur pieds que depuis quelques jours. D'ailleurs ce dernier était de nouveau l'Edward que je connaissais. Plus aucune déclaration touchante, ni d'attentions inhabituelles. Il était redevenu le type qui n'exprime jamais rien et qui met toujours une certaine distance entre nous. Il ne me faisait plus le moindre compliment, sa nouvelle vocation était finalement de m'agacer et de contredire tout ce que je disais.

Bien que j'avais adoré l'Edward vulnérable qui n'hésite pas à s'ouvrir à moi, je devais avouer que j'étais heureuse de retrouver l'Edward provocateur, sûr de lui et qui a toujours le dernier mot. Une chose qui demeurait cependant, c'était son aptitude à me prendre dans ses bras plus facilement et sans hésiter. J'avais cru qu'il redeviendrait embarrassé et gêné à chaque effusions mais non, il semblait avoir beaucoup moins de difficultés et je n'allais pas du tout m'en plaindre. Mes sentiments pour lui ne s'étaient toujours pas taris, au contraire ils ne cessaient de s'amplifier, tant et si bien que c'était moi-même qui mettais un peu de distance parfois, de peur de perdre le contrôle et de faire une chose que je pourrais regretter. Je m'étais faite une raison, Edward ne me verrait jamais comme ça. Et même si ça me faisait un mal de chien, il fallait que je garde cette optique en tête et que je ne laisse pas mes émotions me submerger.

J'étais sagement en train de regarder la télé lorsque j'entendis la porte s'ouvrir et qu'Edward fit son apparition dans le salon. Il portait un long manteau noir, des gants de motards en cuir ainsi qu'une écharpe et un bonnet noirs également. Et là je ne pus m'empêcher de le trouver vraiment mignon. Un sourire prit automatiquement place sur mon visage à mesure que je le détaillais sans réfléchir, oubliant qu'il pouvait me voir.

« T'as pas oublié quel jour on est au moins. » S'exclama-t-il en guise de bonjour. C'est à ce moment là que je remarquai qu'il avec un énorme sac avec lui. J'haussai un sourcil.

« Je croyais que tu te fichais de cette fête stupide ? »

Il fit un sourire adorable.

« C'est le cas, mais je suis pas tout seul dans cet appartement. »

« Et tu veux faire quoi ? Installer un sapin de Noël et le décorer ? C'est pas un peu tard pour ça ? » Répliquai-je sarcastique.

« Parce que tu crois que moi vivant, j'accepterai un putain d'arbre ici ? Non seulement c'est moche et ça sert à rien à part encombrer, mais en plus bonjour le nettoyage après ! » Plastronna-t-il.

Je roulai des yeux et réprimai un rire.

« Alors pourquoi est-ce que tu me parles de ça ? Je sais qu'on est le 24 décembre, que c'est le réveillon de Noël et qu'on est sensés avoir pleins de cadeaux, mais honnêtement de toi à moi, c'est un jour comme les autres. » Répondis-je blasée en reportant mon attention sur la télévision.

Il soupira de lassitude et se posta devant la télé de sorte à ce que je sois obligée de lever les yeux vers lui.

« Et si je te dis que j'ai prévu un truc spécial pour toi ? » Argua-t-il sans se départir de son sourire.

Je le regardai effarée.

« Tu veux dire que tu m'as achetée un cadeau ? » Fis-je incrédule.

« T'es malade ? J'ai une tronche à offrir des cadeaux ? » Rétorqua-t-il choqué.

« Tu m'en as déjà fait un, je te signale. » Rappelai-je.

« C'était qu'un bouquin minable de cinq dollars, arrête d'en faire tout un fromage. » Se défendit-il.

« T'avais dit dix dollars la dernière fois. »

« La ferme Bella ! » S'impatienta-t-il.

« D'accord, d'accord ! Dis-moi ce que t'as prévu de spécial alors. » Soupirai-je d'un ton las.

Il resta immobile quelques secondes, avant de me lancer le sac que je rattrapais de justesse.

« Tiens. »

Je fronçai les sourcils et regardai à l'intérieur. J'écarquillai les yeux en ressortant un manteau blanc avec des boutons noirs du sac. Étonnée, je levai les yeux vers lui.

« Tu m'as acheté un manteau ? » Demandai-je incertaine, en voyant qu'il était à ma taille et qu'il avait l'air de porter chaud.

« Je me suis dit que t'allais en avoir besoin. »

« Besoin ? » Répétai-je, ne voyant pas où il voulait en venir.

« A ton avis ? Tu n'as pas une toute petite idée ? » Lâcha-t-il en me regardant avec évidence.

Je fronçai les sourcils, cherchant à quoi ce manteau pourrait bien me servir. Je ne voyais franchement pas l'utilité de porter un vêtement pareil si j'étais interdite de sortir de cet appartement. À moins que…

Un éclair de compréhension passa dans mon cerveau et j'ouvris la bouche d'incrédulité en le regardant avec les yeux exorbités.

« Edward… » Murmurai-je sur la défensive, ne voulant pas me faire de faux espoirs. « Est-ce que t'es en train de dire que… »

« Qu'il faut que t'ailles t'habiller parce que je t'emmène faire un tour dehors. » Déclara-t-il sans masquer son sourire.

Je dus rester plantée là comme une idiote pendant au moins deux bonnes minutes tant j'étais sous le coup du choc.

Sortir…

Cette pensée ne m'avait plus traversée l'esprit depuis tellement longtemps. J'avais l'impression que je ne me rappelais même plus à quoi ressemblait l'extérieur, ni ce que cela faisait de sentir le vent sur mon visage, la pluie dans mes cheveux, ou encore le soleil sur ma peau. Tout ça me paraissait bien trop irréel pour pouvoir être vrai. Je devais être en train de rêver, c'était obligé.

« Bella ? Tu vas bien ? » Appela Edward en voyant que je ne répondais pas.

Ma bouche était toujours ouverte mais je n'arrivais pas à émettre le moindre son.

« T-tu es sérieux ? » Bégayai-je quelques secondes après. Il fronça les sourcils.

« Je reconnais que j'ai pas le meilleur humour de la planète, mais ça aurait été vraiment malvenu de ma part de plaisanter sur un truc pareil. »

« Alors je vais sortir ? » Balbutiai-je, n'arrivant pas à retenir la bouffée de joie et de bonheur qui s'emparait de moi. « Je vais aller dehors ? »

Il sourit.

« Si je te le dis. »

« Oh mon dieu ! »

Je lâchai le manteau sans faire gaffe et me précipitai sur lui pour lui sauter au cou.

« Merci ! Merci merci merci merci ! » M'exclamai-je extatique tandis qu'il me retenait en mettant ses bras sur ma taille. « Je crois que tu ne pouvais pas me faire plus plaisir ! »

« Je savais que ça te ferait plaisir, je commence un peu à te connaitre en fin de compte. » Répondit-il.

Ma joie ne cessait d'accroître à mesure que je me rendais compte que j'étais sur le point de sortir pour la première fois depuis trois mois et demi. Je m'écartai de lui, sans me départir de mon sourire.

« Accorde-moi cinq minutes. » Priai-je avant de courir dans la chambre pour me changer.

J'enfilai un jean ainsi qu'un pull. Je mis des bottines noires et m'emparai d'une écharpe, avant de revenir dans le salon. Edward m'attendait, toujours vêtu de ses gants et de son bonnet, avec le manteau en main que j'avais lâché en cours de route.

Quand il me vit il me fit un sourire amusé tandis que je saisissais le manteau qu'il me tendait.

« Je me trompe où tu es pressée ? »

« Tu n'as pas idée ! » M'écriai-je enthousiaste.

Une fois que j'eus attaché les boutons noirs du manteau, Edward s'approcha de moi et me regarda sérieusement.

« Écoute, je sais que c'est le réveillon de Noël, que tu rêves de ça depuis longtemps et que toi et moi on a depuis longtemps dépassé le stade où je suis ton ravisseur et où tu es à mes ordres. Seulement voilà, j'impose quand même certaines règles. » Avertit-il.

« Oui je me doute. » Répondis-je distraitement, trop impatiente pour écouter le moindre de ses avertissements.

« Je suis sérieux Bella, tout d'abord interdiction de t'éloigner de moi, ensuite je t'interdis d'aborder qui que ce soit sans mon autorisation, n'essaie pas d'attirer l'attention sur nous ni d'aller quelque part sans me le demander, et… »

« C'est bon Edward, j'ai compris je serais sage comme une image, j'agirais comme si tout était parfaitement normal, est-ce que pour l'amour du ciel on pourrait y aller maintenant ? » Suppliai-je.

Il réprima un rire devant mon attitude aussi impatiente, puis soupira et rendit les armes.

« Très bien on y va. » Dit-il tendant la main.

Je la saisis avec joie, et fus plutôt déçue qu'il porte des gants car je n'étais pas en contact direct avec sa peau.

Il nous dirigea vers la porte qu'il déverrouilla avec sa main valide et nous fit sortir de l'appartement. Il appela l'ascenseur après avoir refermé derrière lui et j'attendis en trépignant. Edward me regardait avec amusement tandis que nous entrâmes dans l'ascenseur et que j'étais incapable de tenir en place. J'étais presque en train de sautiller sur place tellement j'avais hâte, on aurait dit un gosse qui attend son cadeau le jour de Noël, ce qui était presque le cas quand on y réfléchissait. Ce que je n'arrivais pas à croire, c'était qu'Edward avait accepté un tel sacrifice pour moi. Il n'aimait pas l'idée que j'aille dehors car il avait peur constamment, mais pour moi il faisait un effort. Et je ne pouvais en être que plus touchée.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et je tirai Edward à l'extérieur avec engouement.

« Doucement Bella, l'extérieur ne va pas s'envoler. » Fustigea-t-il en tirant ma main vers l'arrière pour me faire ralentir.

« Désolée mais ça fait plus de trois mois Edward, je ne peux pas m'en empêcher. » M'excusai-je.

« Je sais bien mais tu m'as promis de rester tranquille. » Rappela-t-il en nous dirigeant vers la porte d'entrée de l'immeuble.

Je remarquai alors qu'il s'agissait d'une résidence privée hyper sécurisée. Il y avait un code digital à chaque porte et pour entrer un pass magnétique était nécessaire. Je me rendis compte que ma main était en train de trembler, Edward le vit aussi puisqu'il effectua une pression sur ma main pour me calmer. Il me tint la porte tandis que mon cœur accélérait au fil des secondes et après trois mois et demi, je me retrouvai pour la première fois dehors.

Ma vue se troubla et je cessai pendant un moment de respirer. Je sentis le vent claquer sur mon visage et fouetter mes cheveux dans l'air. Le sol était recouvert de neige et je me bénis pour avoir pensé à mettre des bottes. Il y avait des buildings partout et aucune voiture ne circulait, sans doute à cause du sol impraticable. Je fermai les yeux et inspirai, un sourire se formant sur mon visage en réalisant que je me trouvais à l'extérieur, dans Chicago.

C'était comme un bout de liberté retrouvé.

Lorsque je rouvris les yeux, je tournai la tête et vis qu'Edward me regardait avec curiosité. Il ne devait pas avoir l'habitude de voir quelqu'un s'extasier devant… rien.

« Tu sais que t'es vraiment une fille étrange ? » Lança-t-il, un sourcil haussé.

« Y a pas de mal à être différente. » Émis-je sans me départir du sourire qui barrait mes lèvres.

« J'ai jamais dit le contraire. » Dit-il amusé.

« Alors où est-ce que tu comptes m'emmener ? » M'enquis-je en regardant autour de moi, ne sachant pas du tout m'orienter.

« Ça te dit qu'on aille manger un hot dog ? » Proposa-t-il.

Mon regard s'illumina et j'hochai la tête pour toute réponse.

Il m'entraina dans une rue et je le suivis avec entrain. Il me laissa à ma contemplation, comprenant sans doute que j'avais besoin de me reconnecter avec la réalité. J'appréciais qu'il ne cherche pas à me parler et qu'il se contente de marcher en silence. Personnellement je n'étais pas prête à engager la conversation tout de suite, j'étais bien trop occupée à admirer tout ce qui m'entourait. C'est dans ces moments là qu'on prend choses des petites choses qui avaient pour habitude de nous passer sous le nez. On ne se rend jamais compte de ce qu'on a autour de nous, ni de la chance qu'on a…

Jusqu'à ce qu'on en soit privé.

« C'est encore loin ? » M'enquis-je après plusieurs minutes de marche intensives dans la neige.

« Non y a un stand en bas de la rue. » Apprit-il. « Ça aurait été plus vite en voiture mais comme tu vois c'est pas vraiment possible de conduire. » Ironisa-t-il.

« J'étais au courant que les hivers ici étaient éprouvants, mais j'ignorais que c'était à ce point. J'avais encore jamais vu la neige. »

« T'es sérieuse ? Jamais ? » Fit-il étonné.

« Non, mais ça ne me dérange pas, j'ai toujours préféré la chaleur. Je déteste la pluie et le froid. »

« Tu ne pourrais pas vivre ici alors. » Remarqua-t-il. « Pourquoi avoir choisi cette destination ? »

« C'était au hasard, j'avais besoin de m'éloigner le plus loin possible et Chicago est à l'opposé de Phoenix, de plus c'était le moins cher et le plus rapide. » Répondis-je.

« Quand je dis que t'attires la malchance… »

« Oh tu sais, c'est pas si terrible. » Assurai-je sans me rendre compte de ce que je disais.

Il se tendit et je compris qu'il n'avait pas aimé mon commentaire lorsque sa main resserra la mienne en me faisant presque mal.

« Je veux dire, vivre avec toi, ça aurait pu être pire. » Tentai-je de me rattraper.

Il ne se dérida pas mais laissa tomber. Je savais qu'il n'aimait pas lorsque je me laissais aller à lui exprimer ce que je pense réellement. Il ne voulait pas que je l'apprécie ni que je l'affectionne. Il aurait voulu que je le craigne et que je lui dise que je déteste cette situation. Il voulait que je sois une fille normale, hors je ne l'étais malheureusement pas. Et s'il savait que j'étais tombée amoureuse de lui, il serait capable de perdre le contrôle de lui-même et de piquer une crise mémorable.

Nous arrivâmes devant un stand de hot dog ouvert et Edward en commanda deux, me jetant plusieurs coups d'œil pour être sûr que je ne m'éloignais pas. Je me retenais de lever les yeux au ciel parce que pour moi il était clair que je n'avais pas du tout l'intention de m'éloigner. De un, je savais que je n'avais pas la moindre chance, surtout maladroite comme j'étais et vu le temps, je me rétamerais sur le verglas en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Et deuxièmement, une part de moi voulait rester avec lui, ce qui m'effrayait de plus en plus.

Il paya et me tendit mon hot dog et nous nous remîmes en marche. Nous vagabondions sans destination précise, ce qui me fit me demander s'il connaissait vraiment cette ville. Mais après tout ça ne me dérangeait pas tant que ça, je profitais simplement de marcher dans les rues et de savourer le fait d'être à l'air libre.

« Dis Edward. » Commençai-je en dégustant mon hot dog. « T'as déjà eu une petite amie ? »

J'essayais de paraitre détachée en posant cette question mais je ne pouvais réfréner les quelques rougeurs qui vinrent réchauffer mes joues. Il fronça les sourcils, pris au dépourvu.

« Pourquoi tu me demandes ça ? »

« Comme ça, pour savoir. »

Il soupira et réfléchit quelques secondes avant de consentir à répondre.

« Oui j'en ai eu une. »

« Oh… »

Je ne trouvai rien d'autre à dire. J'aurais espéré qu'il me dirait que non puisque c'était ce que Rosalie m'avait dit et dans le fond, j'avais été heureuse de l'apprendre. Je n'étais pas jalouse, enfin pas vraiment… c'est juste que ça m'attristait de savoir que quelqu'un a déjà eu la chance d'avoir ce que je n'aurai jamais.

« Mais ça remonte à loin maintenant. Aujourd'hui les relations c'est pas mon truc. » Enchaina-t-il.

« Tu étais amoureux d'elle ? » Demandai-je en tachant de ne pas montrer que ce qu'il venait de dire me peinait. Ça me confortait dans l'idée qu'il ne m'avait jamais une seule fois imaginée comme ça.

« Sur le moment je l'étais. M'enfin j'étais comme toi, seulement un ado de 17-18 ans. Qu'est-ce qu'on peut bien savoir de l'amour à ton âge ? »

Je le regardai outrée et vexée.

« Tu penses je suis trop jeune pour aimer quelqu'un ? » Lâchai-je durement.

« T'as déjà été amoureuse ? » Pointa-t-il en arquant un sourcil, connaissant très bien la réponse à cette question dans la mesure où il me l'avait déjà posée une fois.

Ma lèvre inférieure trembla et je dus prendre sur moi pour ne pas trahir mes émotions.

« Non. » Bafouillai-je.

Jusqu'à aujourd'hui… Aurais-je voulu rajouter.

« Alors c'est bien ce que je dis. » Déclara-t-il fièrement.

« Permets-moi de ne pas être d'accord avec toi. » Défendis-je. « Y a pas d'âge pour aimer quelqu'un. »

Il se mit à rire, ce qui augmenta mon énervement tandis que je terminais mon hot dog.

« Pourquoi je suis pas étonné que tu me sortes un discours pareil ? »

« Qu'est-ce qui s'est passé avec cette fille ? » Éludai-je en revenant au sujet principal.

Il haussa les épaules.

« Elle m'a larguée. » Répondit-il simplement.

J'écarquillai les yeux d'incrédulité et d'incompréhension. Je trouvais ça totalement impossible, comment une fille pouvait-elle prendre la décision de quitter un type pareil ? Il était encore innocent à cet âge là, il avait tout pour lui, tout pour être parfait… si j'avais eu la chance d'être avec quelqu'un comme lui, jamais je ne l'aurais laissé tomber. Si seulement…

« Pourquoi ? » M'écriai-je effarée.

« Elle allait rentrer à la fac, elle ne voulait pas avoir pour bagage une loque en guise de petit ami, qui ne répond pas au téléphone et qui lui parle comme un chien. »

« Pour quelles raisons est-ce que tu agissais comme ça ? » Fis-je intriguée. Il détourna les yeux.

« Après la mort d'Alice je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Je vivais chez Jasper car mes parents étaient partis et je n'avais plus personne. Tanya a essayé de m'aider mais je ne voulais pas d'elle, d'ailleurs en vérité je ne voulais voir personne. Elle a fini par en avoir marre. Elle avançait tu comprends, elle allait au lycée, moi j'avais arrêté d'y aller. Elle allait bientôt aller à l'université et elle voulait vivre sa vie et s'amuser, c'était mieux comme ça. »

« Tu as l'air de trouver ça normal. » Observai-je avec réticences.

Personnellement, je trouvais que cette attitude de la part de cette Tanya était abjecte et égoïste. On n'abandonnait pas une personne à qui on tient au moment le plus critique de sa vie.

« Parce que ça l'est. N'importe qui à sa place aurait fait pareil. » Songea-t-il.

Je le regardai choquée.

« Non c'est faux ! Elle aurait dû être là pour toi, pas t'abandonner sous prétexte qu'elle voulait vivre sa vie ! » Me révoltai-je.

« Elle a essayé je te l'ai dit… »

« Pas suffisamment. » Le coupai-je d'un ton sec.

Il soupira de lassitude et secoua la tête, un léger sourire sur les lèvres.

« J'aime bien quand t'es énervée. Je te trouve amusante. » Constata-t-il en me lançant un coup d'œil équivoque.

Je rougis et restai silencieuse à cette remarque, ne m'y attendant pas. Je tournai la tête pour le détailler pendant que nous marchions dans les rues enneigées et verglacées. Il tenait toujours ma main dans la sienne et je me retenais de sourire en y pensant. Je me sentais bien comme ça, j'avais l'impression d'être chez moi. Et pourtant je savais que pour lui ce geste ne signifiait rien. Il le faisait uniquement pour être sûr que je ne prenne pas la fuite. Il s'assurait que je sois sous contrôle, comme un chien tenu en laisse. Cette idée ne m'enchantait pas du tout, c'est pourquoi je la réprimais.

À mesure que je le regardais, je pris conscience d'une chose primordiale. Edward était constamment abandonné. Sa sœur jumelle était morte, ses parents l'avaient laissé à Chicago et étaient partis sans lui, sa petite amie l'a quitté au même moment, son meilleur ami préférait ses bouteilles d'alcool à lui… Tout le monde l'avait laissé tomber en même temps. Il était seul, et ça me donnait envie de crier contre le monde entier. Surtout quand je vois ce qu'il est devenu à cause de ça.

Pourquoi n'y avait-il eu personne pour l'aider ? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que toute sa famille et ses amis l'abandonnent ?

« Jasper était amoureux d'Alice pas vrai ? » Devinai-je en essayant de en pas songer au fait que ce qu'on lui avait fait me dégoutait.

« Comment tu sais ça ? » S'enquit Edward impressionné.

« Une intuition. » Murmurai-je la voix terne.

Un silence se créa et je me demandais s'il comptait répondre. Dans tous les cas je n'en avais pas plus envie que ça, tout ce que je voulais c'était oublier ce qu'Edward venait de me dire pour ne plus avoir envie de pleurer. Chose que bien sûr, je n'arrivais pas du tout à extraire de ma mémoire.

« Il était fou d'elle. » Confirma-t-elle. « Depuis toujours. Je croyais qu'après sa mort ça lui passerait mais j'avais tort. Ça n'a fait qu'empirer. »

« C'était l'amour de sa vie ? » Fis-je peinée.

« Je crois. J'ai connu Jasper quand je devais avoir sept ou huit ans. Et il a toujours aimé Alice. Ça fait presque vingt ans maintenant et il n'a jamais cessé de l'aimer. Il n'a jamais regardé aucune autre femme ni pensé à qui que ce soit d'autre. » Apprit-il amèrement.

« Et elle ? Est-ce qu'elle l'aimait aussi ? » M'enquis-je captivée.

Ses yeux se voilèrent et ses lèvres se pincèrent. Je compris en voyant ses traits tirés que je m'aventurais sur un terrain dangereux et qu'il ne voulait pas répondre à cette question.

« Laisse-tomber, je n'ai pas besoin de savoir. » M'empressai-je de dire pour effacer l'expression de son visage.

« Merci Bella. » Gratifia-t-il soulagé.

Je souris en baissant la tête.

« Non merci à toi. » Murmurai-je. « Pour tout ce que t'as fait pour moi aujourd'hui. »

« Je t'ai simplement emmenée dehors. » Répliqua-t-il amusé.

« Pas seulement. Tu m'as aussi payé un hot dog. » Rappelai-je en élargissant mon sourire.

« C'était soit ça, soit je t'intoxiquais avec ma cuisine. » Évoqua-t-il en me regardant avec des yeux éloquents.

« Tu oublies que c'est moi qui cuisines depuis que je suis là parce que si je te laissais faire, ce serait chinois ou pizza tous les jours. »

« Comme si ça te plaisait pas. Tu crois que je te voie pas quand tu te rues sur ta quatre-fromages ? »

« T'avais qu'à pas m'habituer aux pizzas ! » Rétorquai-je.

« Parfait, dans ce cas j'en commanderai plus alors. » Promit-il en me faisant un clin d'œil.

Mon visage se décomposa et je blêmis. La vérité était qu'il avait entièrement raison, j'étais devenue une accro des pizzas, un peu trop pour pouvoir décrocher maintenant.

« Tu ne tiendras pas une semaine. » Provoquai-je soudainement. Il me regarda outré.

« Tu crois ça ? C'est mal me connaitre ! »

« On parie ? » Lançai-je en me mordant la lèvre inférieure.

Il sourit, tout en me toisant avec défi.

« C'est d'accord. Si je gagne, tu me laves mon linge pendant une semaine. » Annonça-t-il.

Ma mâchoire faillit se décrocher et mes yeux s'élargirent d'horreur.

« C'est hors de question, je ne suis pas ta bonniche ! » Protestai-je incrédule.

« On a fait un pari Bella, t'as pas le choix. » Lâcha-t-il fièrement.

« Très bien, dans ce cas si c'est moi qui gagne tu devras me laisser le choix de tous les films qu'on regarde à la télé. » Renchéris-je.

Il est vrai que depuis que je lui avais la réflexion qu'il me laissait toujours le choix pour le programme télé, Edward avait repris le dessus et était bien décidé à m'imposer ses programmes et ses films. Ce qui se traduisait généralement par moi qui boudait pendant toute la soirée, bien que je ne sois pas très crédible parce qu'il finissait toujours par dire quelque chose qui me ferait rire. Ce qui était marrant à voir était qu'Edward critiquait ses propres choix. En vérité il critiquait tout, c'était à croire qu'il n'aimait vraiment rien. Je ne lui avais encore jamais demandé quel était son film préféré d'ailleurs…

« Quoi ? Mais tu choisis toujours des films merdiques ! » S'indigna-t-il.

« Un pari est un pari. » Répondis-je en me retenant de sourire. « Alors deal ? » Fis-je en tendant la main vers lui.

Il me regarda sceptique quelques secondes, avant de rendre les armes et de serrer ma main.

« Deal. »

Je souris en sachant qu'il allait perdre. Si moi j'étais une accro aux pizzas, ce n'était rien comparé à Edward qui ne jurait que par ça. À croire que c'était la seule nourriture qu'il connaissait. Il ne tiendrait pas quatre jours avant d'appeler pour commander. Et à ce moment là j'aurais alors tout gagné, à savoir ma quatre-fromages, et mon pari.

Son regard se durcit subitement et il émit un grincement dangereux. Je le regardai surprise.

« Qu'y a-t-il ? » Demandai-je, déroutée par son changement d'humeur.

Il secoua la tête et tenta de se reposer un masque impassible.

« Rien… c'est juste que j'ai l'impression que quelqu'un nous observe. » Lâcha-t-il rembruni.

Je commençai à m'affoler.

« Tu es sérieux ? » Fis-je d'une voix faible en regardant autour de moi.

Il n'y avait que quelques passants qui marchaient sans se soucier de nous. Mes les rues n'étaient pas bondées, probablement devaient-ils tous être chez eux, en train de célébrer le réveillon en famille…

« Oui et c'est en train de m'énerver. » Ragea-t-il. « J'ai horreur de me sentir épié. »

« Ce n'est peut être qu'une impression. » Rassurai-je, pas très convaincue.

« Je ne pense pas. » Cracha-t-il.

Je le regardai légèrement apeurée et anxieuse, jusqu'à ce qu'un vent glacial fasse irruption et me fit frissonner.

« T'as froid ? » S'enquit-il soudainement en oubliant ses précédentes inquiétudes.

« Ça va. » Assurai-je en secouant la tête. « J'ai juste les cheveux décoiffés et je n'ai pas l'habitude d'une telle température. »

« Attends. » Dit-il en se postant devant moi sous mon regard intrigué.

Il retira son bonnet noir et me le mit sur la tête sans délicatesse. Je clignai des paupières plusieurs fois tandis j'étais sur le point de défaillir de l'avoir aussi près de moi. Il se mit à rire faiblement en voyant que ce bonnet était trop grand pour moi et qu'il me tombait sur les yeux.

« Ce truc te va pas du tout ! » Nota-t-il en essayant de l'ajuster, alors que j'avais les yeux rivés sur ses cheveux hyper décoiffés à cause du bonnet.

« Pas étonnant que t'aies la grosse tête. » Lançai-je avec un sourire.

« Tu me cherches Bella ? » S'exclama-t-il amusé.

« Pas du tout. » Répondis-je innocemment en m'humidifiant les lèvres.

Il fronça légèrement les sourcils avant de faire une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Il s'empara d'une mèche de mes cheveux et la fit rentrer dans le bonnet. Je perdis instantanément mon sourire et mon cœur eut un raté. Il avait cet air concentré sur le visage qui me fascinait et il ne m'en suffit pas plus pour que je parte dans mes divagations. Si seulement il pouvait m'embrasser à ce moment là, ce réveillon aurait alors été parfait…

Malheureusement il fallait toujours quelque chose ou quelqu'un pour me rappeler que j'étais loin de vivre un conte de fée et que tout ça n'était que poudre aux yeux.

« Une rose pour les amoureux ? » Héla un marchand de roses qui se trouvait près de nous.

Je n'eus pas le temps d'analyser quoi que ce soit que je vis le regard d'Edward changer et passer de la douceur à de la fureur. Il s'écarta de moi brusquement et se tourna vers le pauvre homme qui tenait un bouquet de rose dans les mains.

« Tu m'as bien regardé ? » Tempéra-t-il d'une voix furibonde. « J'ai l'air d'être un mec amoureux avec sa copine ? Non alors dégage ! » Incendia-t-il tandis que le pauvre type ne comprenait plus rien et restait sans voix, tout comme moi.

« Allez barre toi ! Fous le camp avant que je te vire à coups de pieds au cul ! » Hurla-t-il.

Le marchant de roses hocha la tête faiblement, le visage complètement apeuré et les yeux affolés. Il déglutit avant de prendre ses jambes à son cou et de disparaitre aussi vite qu'il n'est venu. Edward se retourna alors vers moi qui n'avais toujours pas bougé et me fit un regard d'excuse.

« Désolé pour ça, ces mecs là ont vraiment rien d'autre à foutre que de faire chier les gens. »

Je le regardai la bouche entrouverte. En vérité ce n'était pas ce pauvre innocent qui m'avait déstabilisée au point que j'en perdais mes mots. C'était lui. Lui qui avait parlé d'une façon tellement catégorique et cassante que tous mes maigres espoirs restants s'étaient tous effondrés. Comment avais-je pu faire l'erreur d'espérer encore quelque chose ? De penser à l'idée d'un moindre baiser entre nous quand tout ce que je voyais dans son regard n'était que dégout et répulsion ?

J'étais incapable de nier ce que je ressentais plus longtemps : Edward m'avait blessée.

Même si je passais mon temps à chercher un quelconque moyen d'oublier mes sentiments et que j'essayais tant bien que mal de me faire une raison, je ne pouvais faire comme si la façon dont il venait de se comportait ne m'atteignait pas. Si j'avais encore le moindre doute quant à ce qu'il pouvait éprouver pour moi, à présent tout était clair. Je le révulsais. L'idée qu'on puisse penser qu'il soit amoureux de moi le répugnait tellement qu'il sortait de ses gonds et menaçait de tuer tous ceux qui ont osé proférer une telle éventualité.

Je pouvais accepter qu'Edward ne me voie pas comme moi je le voyais, qu'il ne m'aimait pas et qu'il ne me considérait que comme une pauvre fille qu'il retenait captive, mais je ne pouvais supporter autant d'aversion, autant de… tout ça. Sa réaction, les traits de son visage, sa voix dure et ses yeux noirs de fureur… C'était quelque chose que j'avais du mal à digérer et dont je ne pouvais faire comme si tout allait bien. Je n'arrivais pas à le comprendre. Étais-je si immonde et repoussante que ça pour qu'il réagisse avec autant d'ardeur ? Était-il vraiment impatient de se débarrasser de moi ? Rien que cette pensée eut l'effet d'un coup de poignard. C'était comme si tous les efforts que j'avais effectués à l'accepter, à tenter de le voir autrement que comme un sale meurtrier, à lui accorder ma confiance et à l'aimer, comme si tout ça n'avait servi à rien.

Qu'est-ce que je pouvais être stupide… m'éprendre de mon ravisseur, non mais franchement ! Qu'avais-je espéré ? Rosalie m'avait mise en garde avant son départ et je n'avais pas réussi à l'écouter. J'aurais vraiment dû. Même Emmett avait eu raison, je ne représentais rien. Et Edward avait beau me dire que j'étais importante, ce n'était pas le cas.

Prenant une profonde inspiration pour tenter de contenir les larmes qui menaçaient de jaillir, je détournai les yeux et essayai de ne pas me laisser démonter.

« C'est pas grave. » Bredouillai-je sans le regarder, d'une petite voix.

« Qu'est-ce qui se passe Bella ? » S'enquit-il. « Y a un truc qui va pas ? »

« Tout va très bien. » Répondis-je froidement, n'arrivant pas à rester gentille avec lui après avoir été aussi blessée dans mon amour propre.

« Arrête de mentir, je vois bien que c'est pas le cas, dis moi ce qu'il y a. » Pria-t-il en se rapprochant de moi, le regard inquiet.

Je secouai la tête et le toisai méchamment.

« Je t'ai dit que ça allait alors laisse-moi tranquille. » Rétorquai-je cinglante. « Et reprends ça aussi, j'en veux pas. » Dis-je en ôtant le bonnet que j'avais sur la tête et en lui tendant d'un air glacial.

« Bella… » Insista-t-il le visage à la fois soucieux et peiné.

Il voulut dire quelque chose mais son téléphone sonna à ce moment là et il baissa les yeux en cherchant dans la poche de son manteau.

« Excuse-moi deux minutes. » Fit-il en me lançant un regard désolé avant de décrocher tout en reprenant tristement le bonnet que je lui tendais.

« Allô ? Felix ? Qu'est-ce tu veux ? »

Je vis son visage se tendre et je compris que ça devait être en rapport avec son sale boulot. Ne pouvant en supporter plus, je me retournai et regardai les alentours, luttant pour ne pas craquer devant lui.

Il se mit à parler en s'éloignant légèrement, ne voulant probablement pas que j'écoute la conversation. Je repérai des boutiques fermées et décidai d'aller y jeter un coup d'œil, n'ayant rien d'autre à faire, surtout que je n'étais pas en état de rester près de lui encore une minute de plus. Ça faisait un moment que je n'avais pas fait de lèche-vitrine, et là c'était assez amusant de voir que tout était décoré pour créer une ambiance de Noël. Je jetai un coup d'œil vers Edward qui était de dos en train de s'agiter au téléphone pour une raison que j'ignore et que je ne veux pas savoir.

J'admirais les vitrines de Noël avec engouement, souriant légèrement. J'essayais de trouver un moyen d'oublier mes tourmentes à cause d'Edward et ça marchait presque. Il n'y avait pas beaucoup de monde dans la rue, ni aucune voiture qui circulait, mais les peu de gens que j'observais étaient heureux. Certains étaient en couple en train de se sourire et de s'embrasser en se tenant la main, c'était touchant à voir et en même temps déprimant. D'autres étaient avec leurs enfants ou leurs amis, j'étais toujours aussi étonnée de voir à quel point Noël avait pour don d'apaiser les mœurs et de rendre heureux n'importe qui le temps d'une nuit. C'est comme si tout le monde oubliait ses problèmes et qu'il n'y avait que le bonheur et le partage qui comptait. L'esprit de Noël était vraiment féerique…

« Je peux savoir ce que tu fous ? » Interrompit sèchement la voix d'Edward qui s'étaient rapproché et qui me toisait sévèrement.

Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas sa soudaine hostilité.

« Moi ? Rien du tout pourquoi est-ce que… »

« Tu me prends pour un idiot ? Tu crois que j'ai pas remarqué que tu profitais que je sois au téléphone pour t'éclipser ? A quoi tu joues bon sang ! » Incendia-t-il.

« Mais qu'est-ce que tu racontes ? J'étais simplement allée voir les vitrines pour te laisser tranquille ! » Protestai-je outrée.

« Tu m'avais promis de ne pas t'éloigner Bella ! » Ragea-t-il. « Je t'ai fait confiance et c'est comme ça que tu me remercies ? »

J'écarquillai les yeux, comprenant soudainement le fond de sa pensée.

« Attends tu as cru que… que je voulais m'enfuir ? » Murmurai-je incrédule.

« Parce que tu veux me faire avaler que tu n'y as pas pensé peut être ? » Rétorqua-t-il sarcastique.

« Mais non ! » M'exclamai-je indignée. « Non, je te le jure ! J'y ai même pas pensé une seule seconde ! »

« Ne me mens pas Bella ! » Cracha-t-il. « Tu crois que je ne te voie pas tous les jours ? Tu fais que ça y penser ! »

« C'est complètement faux ! » Me défendis-je. « Edward je t'assure que j'étais seulement allée regarder des vitrines en t'attendant.

« Je ne te crois pas ! Et puis tu sais quoi ? Tout ça n'a plus aucune importance maintenant. On rentre. » Déclara-t-il d'un ton glacial en s'emparant de ma main fermement.

Je me mis à paniquer, réalisant que j'étais sur le point de dire adieu au monde extérieur pour retourner dans cet appartement qui m'étouffait.

« Non attends je… Edward je t'en prie ! » Suppliai-je à bout de nerfs.

« J'ai dit qu'on rentrais. » Réfuta-t-il sans m'accorder un regard.

« Mais je te jure que je ne voulais pas m'enfuir ! » Plaidai-je. « Bon sang tu crois que je serais restée sur place si j'avais voulu prendre mes jambes à mon cou ? »

« Bordel mais tu vas te taire ? ! » Hurla-t-il. « J'ai plus envie de t'entendre alors ferme-là et marche ! »

J'entrouvris la bouche, décontenancée face à autant de haine de sa part. Ça faisait un bout de temps que je ne l'avais pas vu dans un tel état de colère excessive. Il n'était plus sorti de ses gonds ni devenu agressif depuis des semaines. Depuis le jour où j'ai vraiment tenté de m'enfuir en fait. Mais là il semblait être redevenu lui-même, celui qui s'emportait et devenait violent sans faire attention aux conséquences. Il me tenait la main tellement fort que c'en était douloureux, et il me forçait à avancer si vite que je faillis trébucher plusieurs fois.

Comment avais-je pu oublier qu'Edward était aussi lunatique ?

Il avait été un ange toute la soirée, et après avoir brisé tous mes espoirs, il se comportait comme un vrai salaud. Je me demandais s'il ne souffrait pas de troubles de la personnalité multiples parce qu'à ce niveau là, c'était quand même assez dingue. Qu'il puisse s'emporter aussi facilement et oublier tout ce que nous avions réussi à construire ces derniers jours. C'était comme s'il ne me connaissait pas et qu'il me prenait pour une inconnue en qui il n'avait pas du tout confiance. C'est ce qui me fit m'interroger. Est-ce qu'Edward avait eu au moins une seule fois confiance en moi depuis qu'il me connaissait ? Ou est-ce qu'il avait seulement prétendu pendant tout ce temps ?

Je me sentais humiliée d'être considérée de la sorte, comme si je n'étais rien à ses yeux et que ma parole ne signifiait rien pour lui. Et dire que j'étais tombée amoureuse de ce type, comment avais-je pu ? Étais-je un tantinet lucide pour me rendre compte que c'était une erreur monumentale ?

Il me tirait à travers Chicago et j'avais beau le supplier de me lâcher car il me faisait mal, il n'y avait rien à faire. Je savais que ma main allait être rouge et que j'aurais une marque au poignet une fois que nous serions de retour à la maison. Et pourtant ce n'était pas ça qui me faisait mal au point que j'avais envie de pleurer. C'était le fait que je continuais à l'aimer malgré le peu de considération qu'il avait à mon égard et malgré cette humiliation flagrante. J'étais irrécupérable, et je détestais ça. J'aurais tellement voulu pouvoir le détester et le maudire…

Une fois arrivés devant l'immeuble, je ne retins pas les quelques larmes qui perlèrent sur mes joues en prenant conscience du fait que c'était la dernière fois que je voyais l'extérieur et que j'étais bonne à rester enfermée pour le restant de mes jours. Edward me tira sans ménagement à l'intérieur et je ne cherchai pas à lutter. À quoi bon ?

Nous arrivâmes bien vite à l'appartement et je sentis une nausée me parcourir tandis que j'entrais dans le salon écrasant et asphyxiant. J'avais l'impression que j'allais suffoquer en restant ici et pourtant, je savais qu'il n'y avait pas d'autre issue. Edward referma la porte derrière lui et soupira lourdement sans pour autant me faire face. Je décidai de ne pas m'attarder plus longtemps fatiguée par toute cette histoire.

« Je vais me coucher. » Annonçai-je froidement en me détournant sans attendre de réponse.

J'allai dans la chambre et me déshabillai sans entrain. Je faisais mon maximum pour ne pas penser tandis que je me mettais en pyjama et faisais un tour par la salle de bain avant de revenir dans la chambre pour dormir.

Après quelques minutes à faire du tri dans mes affaires, j'entendis frapper à la porte. Je soupirai d'exaspération et d'énervement en voyant qu'il était en train de jouer avec mes nerfs. À tous les coups il venait pour s'excuser et c'était ça qui me mettait en colère. Pourquoi se rendait-il toujours compte trop tard qu'il commettait une erreur ?

Prenant une inspiration pour me donner du courage, j'allais lui ouvrir en tâchant de rester sèche.

« Qu'est-ce que tu veux ? » Lâchai-je tandis qu'il était devant moi, appuyé contre le chambranle de la porte et les bras croisés sur son torse.

« J'aimerais qu'on discute. » Déclara-t-il la bouche pincée. Ses yeux étaient voilés et il avait un air torturé sur le visage. Je ne pus le supporter.

« Franchement j'arrive pas à te suivre. » Dis-je abruptement. « Un coup tu es gentil et adorable avec moi, et l'instant d'après tu te comportes comme un vrai salaud. Je suis quoi pour toi Edward ? Tu crois que tu peux jouer au yoyo avec moi comme ça sans que je ne te dise rien ? » Récriai-je en tentant de ne pas pleurer.

« C'est pas ça… Bella je te l'ai dit, tu es importante. » Insista-t-il.

J'eus un rire sans joie.

« Oh vraiment ? » Fis-je avec sarcasmes. « Dans ce cas pourquoi a-t-il fallu que tu agisses comme ça avec moi ? On passait pourtant une bonne soirée non ? Ça avait bien commencé, alors pourquoi est-ce que t'as tout gâché ? »

« Je reconnais que ma réaction était excessive, mais il faut que tu comprennes que… »

« Rassure-toi, j'ai très bien compris. » Le coupai-je cinglante. « Tu me considères toujours comme une pauvre fille qui n'a qu'une envie c'est de se barrer d'ici par tous les moyens possibles, et bien si c'est ce que tu attends de moi je peux le faire, je peux jouer ce rôle. » Marmonnai-je glaciale. « Dorénavant on agira comme des étrangers toi et moi, puisque c'est ça que tu veux ! »

« Ce n'est pas ce que je veux ! » S'exclama-t-il avec véhémence. « Merde ! » Jura-t-il en se pinçant l'arête du nez, en proie à des tourments.

J'attendis silencieusement en croisant les bras sur ma poitrine, tout en le regardant impassiblement.

« Bella écoute je… » Il prit une inspiration avant de reporter son attention sur moi avec sérieux. « Je ne donne pas ma confiance aux gens facilement, je suis comme ça et c'est quelque chose que je ne peux pas changer. Je sais que ça ne m'excuse pas mais c'est comme ça, j'ai du mal à te faire confiance même si tu m'as prouvé à plusieurs reprises que je pouvais. Je suis désolé Bella, tu n'y es pour rien c'est juste moi qui aie un problème. »

Je le regardai tristement. Je pouvais comprendre qu'il soit comme ça, après que tout le monde l'ait abandonné durant toute sa vie je trouvais même que c'était normal. Seulement je ne pouvais m'empêcher d'en être blessée et de le prendre quand même pour moi, dans la mesure où je n'avais jamais rien fait qui ne suscite autant de méfiance et de paranoïa. D'accord, j'avais essayé de m'enfuir une fois, mais c'était il y a un moment, la situation avait changé depuis. En plus ce jour là il m'avait quand même frappé, c'était normal que j'ai réagi comme ça, je le referais si je le pouvais. Mais aujourd'hui tout était si différent, mes sentiments pour lui, la relation que nous avions… je n'arrivais pas à croire qu'il ne prenne pas tout ça en compte. J'avais toujours été là pour lui ces dernières semaines, ça aurait dû compter pour lui. Pour moi ça comptait en tout cas.

« C'est dommage. » Murmurai-je difficilement sans rompre le contact de nos yeux. « Parce que moi ma confiance, je te l'avais accordée. »

Je refermai la porte sans attendre, ne voulant pas l'affronter une minute de plus. Cette soirée avait été beaucoup trop éprouvante, j'avais besoin de dormir. Je m'allongeai sur le lit et rabattis la couette sur moi avant d'éteindre la lumière.

Cette nuit là, malgré tous mes efforts acharnés, je rêvais quand même d'Edward Masen.


oO "Beautiful Lie" Oo – 30 Seconds To Mars

Le lendemain, j'avais essayé tout ce que je pouvais pour l'ignorer mais je n'avais pas grandement réussi. Lorsque j'ai vu son visage fermé et torturé pour une raison inconnue, je m'étais retrouvée à m'inquiéter. J'avais d'abord pensé que c'était en rapport avec ce qui s'était passé la veille et qu'il s'en voulait, mais lorsqu'il avait quitté la cuisine subitement pour aller s'enfermer dans son bureau, j'avais compris que son humeur n'avait rien avoir avec moi. J'étais donc restée là, choquée par son attitude.

Edward n'allait jamais dans son bureau…

Il n'y avait mis les pieds qu'une seule fois en sept ans, c'était le jour où il me l'avait montré pour que je puisse piocher dans les livres de sa bibliothèque. Mais jamais il n'y allait, tout ce que cette pièce contenait était en rapport avec sa jeunesse et indirectement, avec Alice. Alors pourquoi s'était-il enfermé à l'intérieur ?

Je n'eus pas le loisir de lui poser la question puisque quand il en ressortit à la fin de la journée, il s'en alla de l'appartement sans un mot.

Et ce même cirque se répéta le jour suivant. Et le jour d'après. Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'arrive le jour du 31 décembre.

J'avais essayé plusieurs fois de lui parler pour comprendre, mais rien à faire, il se refermait comme une huitre. Plus les jours passaient et plus je le voyais anxieux et stressé, comme s'il attendait quelque chose qu'il ne voulait pas. C'était tellement paradoxal… Il ne mangeait que très peu et les seules conversations que nous échangions étaient d'une banalité effarante. J'avais l'impression d'être revenue au temps où il m'avait surpris dans son bureau et où il m'avait ignoré pendant des jours en faisant comme si je n'existais pas. Excepté que cette fois, il me lançait des petits regards de temps en temps quand il croyait que je ne le voyais pas et qu'il avait l'air de se sentir coupable d'agir comme il le faisait. C'était comme s'il agissait comme ça car il y était obligé, et non parce qu'il le voulait. Je ne comprenais décidément plus rien.

Pourquoi se renfermait-il sur lui-même comme ça ?

Plus j'observais son visage, et plus je remarquais qu'il souffrait pour une raison que lui seul connaissait. Le pire était de voir que ça empirait chaque jour. On aurait dit que plus les jours passaient et plus sa douleur amplifiait. Le voir souffrir en silence me désolait et m'attristait. Je savais que je ne devrais pas me montrer aussi empathique après le coup qu'il m'avait fait à Noël. Je devrais même être en colère après lui et l'ignorer. J'essayais vraiment pourtant. Mais rien à faire, à chaque fois qu'il sortait de son bureau avec son visage blanc et son expression suppliciée et abattue, toutes mes résolutions s'effondraient et partaient en miettes pour ne laisser place qu'à de l'inquiétude et de la tristesse de le voir comme ça. Et pourtant il ne disait rien. Il se contentait de me regarder désolé et de s'en aller. Je ne sais pas où il allait trainer quand il n'était pas cloitré dans son bureau, mais je n'osais pas lui demander. Et pourtant, Dieu sait que j'aurais tant aimé savoir ce qu'il trafiquait dans sa bibliothèque et dehors. Que pouvait-il bien faire ?

Cette question resterait probablement sans réponse jusqu'à ce qu'il daigne changer ou me parler. Je savais que ce n'était pas en rapport avec moi, car je pouvais quand même lire de l'affection dans ses yeux quand il posait son regard sur moi. Et même les peu de fois où il me parlait, il essayait de paraitre détaché mais n'y parvenait pas, il me parlait avec une voix douce, quelques fois même il s'excusait sans dire pourquoi. Je compris qu'il était désolé pour agir comme ça et pour m'éviter sans m'expliquer la raison. Mais ce n'est pas pour autant que j'étais rassurée. Une chose positive à tout ça, c'est que j'avais fini par gagner mon pari. Edward avait réussi à tenir quatre jours avant de ne plus en pouvoir et d'appeler pour commander des pizzas. Ce jour là il était resté avec moi et il avait paru l'air presque normal. J'en avais été plus qu'heureuse mais malheureusement, le lendemain il était redevenu distant, torturé et mystérieux.

Je commençais à en avoir sérieusement marre de ses changements constants. Edward était toujours imprévisible. Pendant un moment il agissait comme s'il était attaché à moi, me faisait des compliments ou des déclarations inhabituelles qui avaient le don de me chambouler, un autre moment il pétait des câbles et m'avouait qu'il n'avait pas confiance en moi, et enfin pour finir il jouait le mec secret et torturé qui préférait rester seul.

Comment ne pas perdre la boule avec ça ?

D'autant plus que mes rêves persistaient. Ils étaient de plus en plus violents et avaient l'air beaucoup plus réel. Chaque nuit je rêvais d'Edward de façon hautement scandaleuse et c'était toujours plus vivace et impressionnant, tant et si bien que je me réveillais en larmes à chaque fois car je réalisais que tout n'avait été qu'un rêve.

Me voilà donc à la veille du nouvel an, en train de me morfondre sur le canapé tout en m'ennuyant ferme devant la télé. Ils passaient des émissions bidon avec des chansons de variété stupides. Et pour couronner le tout, j'étais seule. Par chance je n'entendais pas la musique dans les appartements voisins ou dans les rues car les murs de cet appartement étaient insonorisés. Mais plus le temps passait et plus j'avais envie de pleurer tellement je m'ennuyais et détestais ma situation. Je me demandais ce qu'Edward pouvait faire, j'ignorais où il se trouvait et ça me rendait malade. Peut être faisait-il la fête je ne sais où… quoi que cette éventualité me paraissait impossible vu son comportement cette dernière semaine.

Il devait être minuit passé lorsque j'entendis la clé de la porte tourner dans la serrure et que j'entendis quelqu'un rentrer.

« Edward ? » Appelai-je en me levant du canapé rapidement, tandis qu'à la télévision tout le monde se souhaitait la bonne année sur une musique entrainante avec des confettis qui tombaient du plateau de télévision.

Je me figeai lorsque je me rendis compte que ce n'était pas Edward qui était devant moi.

C'était Jasper.

Et celui-ci n'avait pas du tout le visage enclin à faire la fête et fêter le nouvel an. Ses traits étaient tirés et ses yeux étaient éteints. Il se racla la gorge.

« Bonsoir Bella. » Salua-t-il sans joie.

J'ouvris la bouche sous le coup de la surprise et je le regardai perdue.

« Jasper… Salut. » Bredouillai-je décontenancée.

Je ne lui avais pas reparlé depuis qu'il m'avait agressé, alors je ne comprenais pas pourquoi il voulait me voir. Il se passa une main dans les cheveux avec embarras.

« Je sais que tu ne t'attendais pas à me voir et vue comment s'est déroulée notre dernière rencontre, je comprends tout à fait que tu ne veuilles pas te retrouver seule avec moi mais… j'ai besoin de ton aide. » Avoua-t-il avec des yeux suppliants.

Je fronçai les sourcils d'étonnement.

« Qu'y a-t-il ? » Paniquai-je devant son air grave.

Il me regarda agité et tourmenté.

« C'est Edward… »


Han la vilaine !

Ouais je sais je suis méchante xD Mais bon faut pas m'en vouloir, j'aime tellement quand y a des fins comme ça :(

Je signale en passant qu'avec le début des cours à la fac et tout le reste je n'ai quasiment plus de temps pour moi alors désolée si le prochain chapitre tard à arriver, je vais tout faire pour le poster dans trois semaines en tout cas ;)

N'oubliez pas de laisser une review avant de partir, histoire de me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre et en échange je vous enverra un teaser ;)

D'ailleurs n'hésitez pas à émettre vos hypothèses et faire vos pronostics quant au soudain changement de comportement d'Edward, ainsi qu'à ce qui a bien pu lui arriver ^^

Je vous embrasse tous fort en espérant que ce chapitre vous ait plu et je vous dis à la prochaine !

Take Care of Yourself !

Votre Dévouée Popolove