Here I am again !

Tout d'abord je vous souhaite encore une fois à tous une excellente année 2012 ! On est censés tous mourir à la fin de l'année alors profitez pendant qu'il est encore temps :D

Je sais que j'avais dit que je voulais vous poster un chapitre pour noël mais en fait il se trouve que je suis partie en vacances pendant deux semaines sans internet, de plus j'ai mis un point d'honneur à finir en priorité mon épilogue d'Excès de Vitesse, qui d'ailleurs est posté donc je vais pouvoir me concentrer pleinement sur cette fiction à partir de maintenant ^^

J'espère que vous avez passé de bonnes vacances et de bonnes fêtes, et que vous êtes fin prêts pour lire un nouveau chapitre de Murder in Chicago !

Merci encore pour toutes vos reviews et vos commentaires sur Twitter, je ne le dirai jamais assez mais vous êtes des lecteurs formidables *-*

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Merci aux anonymes

jennifer, lily-rose, max 2112, wendy, Martine16, amande, karima, melanie, izzie, scorpionlove09, Elsa, chris57, Samantha, Yoyo, Shuichigirl971, lola, Justine, Marie, , sophia, Lisa, Lna, Pauline, emilie, Anya et Stephaniiiee

Esther : Comme tu dis il ne fallait pas s'attendre à une fin heureuse, d'ailleurs à quand remonte la dernière fois que j'aie fait une fin de chapitre joyeuse pour cette fiction ? Je sais même pas si c'est déjà arrivé lol Bella prend de l'assurance, faut croire qu'Edward est pas le seul à avoir changé :p Je ne peux pas te dire si ma fiction se terminera bien ou mal, d'ailleurs tu es probablement la seule à vouloir qu'elle finisse de façon tragique, mais dans tous les cas je peux te promettre que ce ne sera certainement pas une fin du genre mariage blanc avec télétubbies et toute une ribambelle de bébés ^^ Je n'avais pas de sourire sadique au moment d'écrire la fin du chapitre précédent, mais pour ce qui est de celui-là je l'avais, et tu vas vite comprendre pourquoi :D

Hlne : Salut Hélène Holmes :D D'ailleurs je sais pas si t'as vu mais y a ton mari qui va sortir au cinéma dans pas longtemps... le vrai Sherlock ^^ Est-ce qu'un flic a tué Alice ? Peut être... peut être pas... Ce que je peux te dire c'est qu'en effet la phrase prononcée par Edward "Et Dieu sait à quel point je les hais" n'était pas anodine ;) Mais je n'en dévoilerai pas plus ! En revanche Edward ne finit pas par atterrir chez Aro à cause du fait qu'il en a marre d'être un mec bien. Il l'a fait car il était perdu, ne croyait plus en rien et qu'Aro l'a manipulé pour obtenir de lui ce qu'il voulait. Tu vas d'ailleurs découvrir dans ce chapitre la façon dont il a débuté dans le métier, qui est d'ailleurs une partie assez sombre de sa vie. Et puisque t'as l'impression de jouer au loto, je vais te répondre de ce pas : "félication vous avez le droit de rejouer, score=0" :D Si t'as aimé l'entrée en matière avec le "J'y arrive pas putain !", je crois que tu vas adorer cette entrée en matière là ;) Edward en mode trop sexy, lectrice comblée ? Bah euh... c'est gentil xD Et ouais Edward a encore cassé l'ambiance avec ses problèmes de conscience, et c'est pas encore fini tu vas voir lol Quoi qu'il en soit je suis extrêmement touchée que la critique culinaire Hlne ait élu "Murder in Chicago" comme son meilleur cru de l'année :D

Soso : Je tiens sincèrement à te remercier pour toutes tes reviews, que ce soient celles laissées sur ma fiction Excès de Vitesse ou sur celle-ci, on peut dire que tu m'as bien gâtée pour noël ! *-* Je suis très heureuse que mes fictions te plaisent autant :D

A ce que j'ai lu, tout le monde a râlé quant à l'attitude d'Edward après leur premier baiser mais la plupart s'en doutaient. Et vous n'êtes pas encore au bout de vos peines avec lui lol

Bonne lecture !

P.S : Don't kill me at the end ;)


Chapitre 16 : Aveux

Pov Bella

oO "Who Knew" Oo – P!nk

« Putain de merde ! »

Cinq minutes avaient passé et Edward était toujours en train de jurer à tout va, se fustigeant mentalement et ne prenant pas en considération une seule seconde le fait que je sois actuellement présente dans la pièce.

J'avais le regard baissé vers mes mains car je n'osais pas lui faire face, lui si imposant, lui si énervé, lui si dominant… Toutes mes pensées étaient dirigées vers le baiser qu'il m'avait donné avant qu'il ne se mette dans une colère noire. Il y a encore quelques minutes il était l'homme le plus doux du monde, et à présent c'est comme si cette douceur s'était effacée pour laisser place à une irrépressible fureur.

Je considérais un instant la question de savoir si Edward était bipolaire. Voilà qui expliquerait pas mal de choses.

Pourrais-je être capable d'aimer un bipolaire ?

La question ne posait même pas. J'étais déjà amoureuse de lui en sachant qu'il avait tué des gens, je pouvais bien accepter une maladie maniaco-dépressive…

« Je suis pas malade. » Grogna-t-il soudainement, coupant ainsi court à toutes mes suppositions.

Je relevai la tête, étonnée qu'il daigne me porter soudainement de l'intérêt.

« J'ai parlé tout haut ? » Balbutiai-je embarrassée.

Il ne me répondit pas et se contenta de m'ignorer, sa tête dissimulée entre ses bras, ses coudes appuyés contre la table à manger et ses mains enfouies dans sa chevelure auburn. Je le regardai – ou plutôt l'admirai – incapable de détourner les yeux. Ce type me subjuguait alors qu'il ne faisait absolument rien ! Il devait sûrement avoir un pouvoir vaudou ou je ne sais quoi pour paraitre aussi attractif.

« J'ai commis une erreur Bella. »

Sa voix m'était parvenue en murmure, si bas que pendant un instant j'eus peur de l'avoir imaginée. Mon regard se voila à ses paroles, et s'il avait relevé les yeux pour me jauger, il aurait vu que mon visage était à présent rempli de désillusions. Je comprenais où il voulait en venir. J'avais tellement été extatique et incapable de penser correctement après ce baiser que j'en avais omis de me demander ce que lui en avait pensé. Je croyais qu'il l'avait voulu autant que moi puisque c'était lui qui l'avait amorcé. Mais apparemment je devais m'être trompée. Peut être qu'il s'était rendu comte à la dernière minute qu'il avait fait une bêtise et qu'il ne voulait pas de moi. En tout cas pas de cette façon là. Quelle idiote j'ai été, comme s'il avait vraiment voulu m'embrasser…

La douleur dans mon estomac à ce constat n'avait pas l'air de s'atténuer. Plus je pensais au fait que mes sentiments pour lui étaient à sens unique, plus j'avais mal. Mais j'imagine que je le méritais après tout, pour avoir eu le culot de croire qu'une relation amoureuse était possible entre nous. Il ne me considérait peut être pas comme une remplaçante de sa sœur défunte, mais vue sa réaction depuis tout à l'heure, il ne me voyait pas comme une petite amie potentielle non plus. Remarquez, le mot « petit ami » à coté d'Edward me semblait bien fade et complètement à l'opposé de la réalité. Ça ne lui correspondait tout simplement pas. C'était un terme beaucoup trop simple, alors qu'Edward lui est un homme des plus complexes.

Réalisant mon erreur et voulant mettre un maximum de distance entre nous, je me levai, baissant à nouveau la tête afin de ne plus lui faire face visuellement.

« Je suis désolée. » M'excusai-je après coup. « Je… Je pensais que c'était ce que tu voulais aussi je-je… excuse-moi. »

« Quoi ? »

Me réprimandant mentalement pour avoir bafouillé de façon aussi pitoyable, je fis mine de me détourner, ignorant son interrogation et me forçant à ne surtout pas le regarder.

« Bella ! » Appela-t-il tandis que je me dirigeai vers la chambre.

Je ne voulais pas me retourner, ni l'affronter car j'estimais que c'était bien assez pour une seule soirée. L'avoir embrassé et m'être fait rejetée étaient déjà difficiles à encaisser.

Alors j'accélérai le pas, voulant en finir au plus vite.

Et cependant que j'atteignais la porte de la chambre, je sentis la pression de sa main sur mon poignet, qui déclenchait une multitude de picotements électriques le long de mon bras. Il tira sur mon poignet pour me retourner et je n'eus pas le temps de réaliser que je me retrouvai plaquée contre son torse de marbre dissimulé sous sa chemise bleue.

Ma respiration se coupa et je ressentis à nouveau la tension m'habiter, surtout en le voyant si près. Son visage était à quelques centimètres du mien, son souffle balayait mon visage, sa prise sur mon poignet se raffermissait et sa présence m'enivrait. Sans parler de la sensation de son torse contre ma poitrine qui m'empêchait d'analyser quoi que ce soit d'autre et d'avoir les idées claires.

J'entrouvris la bouche tandis qu'il m'assaillait d'un regard pénétrant, sombre et dangereusement mortel.

« Tu te fourvoies. »

Ses sourcils étaient froncés mais ses yeux ne me lâchaient pas, toujours aussi saisissants. J'entendis mon propre souffle devenir erratique alors que j'essayais tant bien que mal de m'imprégner des mots qu'il venait de prononcer et d'en comprendre le sens.

« Hein ? »

« Tu te fourvoies. » Répéta-t-il d'une manière plus dure, faisant ainsi accélérer mes battements de cœur.

Était-ce de la peur ou du désir ? Les deux sans aucun doute.

Mais ça avait toujours été comme ça avec Edward. Il m'hypnotisait autant qu'il me terrifiait.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Murmurai-je tout bas, la bouche toujours entrouverte et mon regard fixant ses lèvres si proches des miennes.

« Tu penses que je ne voulais pas ce qui est arrivé. »

Sa voix était sèche et un tantinet agressive, tout en restant dans les tons bas et doux, rendant ainsi le tout paradoxal.

« Tu t'es enfui, et tu n'as pas arrêté de râler. » Bredouillai-je la voix tremblante.

Ses yeux s'assombrirent plus encore et mon pouls battait fort, martelant mon artère carotide.

« Mais qu'est-ce que tu crois Bella ? » Il tira sur mon poignet, me rapprochant plus de lui, si c'était encore possible. « Que ce qui s'est passé sur ce canapé n'était pas désiré ? Que quand je te vois si près de moi, je n'ai pas… envie de te toucher ? »

Il marqua une pause et je bénissais le ciel qu'il me tienne le poignet au point que ça en était douloureux car sans ça je n'aurais pas pu tenir sur mes jambes pour rester debout. Son regard dériva sur ma bouche encore entrouverte. Il la dévisagea sans ménagement, causant encore un peu plus de remue-ménage dans mon corps qui ne m'appartenait apparemment plus.

Lorsqu'il reprit la parole, je crus que mes genoux allaient lâcher et que mon cœur allait s'arrêter.

« Tu n'as aucune idée de ce que je ressens vraiment, ni des efforts que j'ai dû fournir pour m'arrêter tout à l'heure. Tu ne sais pas du tout l'effet que tu me fais au quotidien, tu ignores à quel point cela devient de plus en plus difficile de te résister, et encore plus quand tu agis de façon aussi intrépide et impudente. Je crevais d'envie de t'embrasser… tout comme en cet instant je rêve de te débarrasser de tous tes vêtements et de te prendre avant même qu'on ait eu le temps d'atteindre la chambre. »

Oh mon dieu…

Je crois bien que pendant une minute, mon cœur s'est réellement arrêté de battre. C'était la première fois, depuis que je le connaissais, qu'Edward me parlait d'une façon pareille. Mes jambes tremblaient et j'étais presque en train d'haleter. À l'aide de seulement quelques phrases, il avait réussi à me mettre dans tous mes états. Aucun doute que j'allais rejouer cette scène encore et encore dans mes rêves les plus profonds.

Je serrai les cuisses, ressentant l'effluve du désir qu'il avait fait naître en moi, et continuai à fixer ardemment ses lèvres si tentatrices. Ses yeux toujours obscurcis me regardaient toujours, mettant de la poigne à ce qu'il disait.

« C'est vrai que pour des raisons qui me sont propres, je ne voulais pas ce qui est arrivé. » Continua-t-il avec une intonation douce et en même temps pleine de tension. « Mais crois-moi Bella, ce n'est pas du tout parce que je ne le désirais pas. »

Ma lèvre inférieure se mit à trembler et à ce moment là je ne pus rien faire d'autre que dire avec une voix fébrile :

« Embrasse-moi. »

Ses yeux clignèrent plusieurs fois des paupières, comme pour le sortir de sa léthargie dans lequel il était plongé. Il sembla reprendre ses esprits et se rendre compte de ce qu'il venait de faire et surtout de dire. Et alors que j'aurais tant voulu qu'il exécute ma demande et m'embrasse comme je le désirais si puissamment, Edward au contraire me regarda avec des yeux affolés avant de me relâcher subitement comme si je l'avais brulé.

Il s'écarta et se recula en poussant un léger grognement rauque, presque inaudible. Je restai immobile, incapable de bouger et de réagir. Il se pinça le nez comme il savait si bien le faire à chaque fois qu'il était torturé et je posai délicatement une main à l'emplacement de mon cœur pour reprendre ma contenance et ma respiration.

Une minute s'écoula alors que mon souffle était fort et que lui se passait une main sur le visage avant de reposer son attention sur moi et de m'accorder un regard, cette fois déterminé.

« Ce qui s'est passé ce soir ne doit plus jamais se reproduire. »

Sa phrase sonnait comme une sentence irrévocable et cela m'alarma, si bien que l'appréhension commença à me gagner. Sans plus de détournement, il s'éloigna et s'en alla, disparaissant hors de mon champ de vision avant même que je ne puisse avoir le temps d'emmagasiner et de protester.

J'entendis le claquement d'une porte et compris qu'il s'était tiré de l'appartement, me laissant seule et en proie à une foule d'émotions que je n'arrivais pas à gérer. J'aurais pu le mépriser pour m'avoir abandonnée après m'avoir mis dans des états pas possibles, mais pour l'heure, tout ce que j'étais réellement capable de faire, c'était de calmer mes ardeurs et de reprendre peu à peu mes esprits.

Il me fallait un plan.

Ce soir j'avais réussi la promesse que je m'étais faite, à savoir prouver à Rosalie qu'elle avait tort. Je ne m'étais pas trompée, Edward avait bel et bien des sentiments pour moi et entre nous il régnait une tension dont elle n'avait pas la moindre idée.

J'avais gagné contre Rosalie.

Et cette fois ci, j'allais prouver à Edward que, contrairement à ce qu'il pense il n'est pas le plus fort, et qu'il a eu tort de me sous-estimer.


Pov Edward

oO "Rock You Like A Hurricane" Oo – Scorpions

« Emmett ? » Fis-je après avoir décroché mon téléphone.

« T'es où mec ? J'attends que tu viennes me chercher, t'as oublié qu'on avait rendez-vous avec le boss aujourd'hui ? » Réprimanda-t-il dans le combiné.

Je soufflai en me passant une main sur le visage. Inutile de préciser qu'Aro était bien le cadet de mes soucis en ce moment…

« Désolé, tu vas devoir y aller sans moi. » Répondis-je embarrassé.

« Je te demande pardon ? Tu viens pas ? »

J'arrivais à reconnaitre l'intonation sonore de sa voix qui montrait qu'il était incrédule et également pas du tout approbateur.

« Non j'ai un truc à faire. »

« Qu'est-ce que tu peux bien avoir de plus important que ton boulot ? ! »

« C'est compliqué Emmett, mais s'il te plait dis à Aro que j'ai des problèmes personnels à régler aujourd'hui. » Insistai-je.

« Edward… Qu'est-ce que tu fous au juste ? »

L'inquiétude dans sa voix était perceptible.

« Ne t'en fais pas pour moi c'est inutile. Je serai là demain tu as ma parole. » Promis-je.

« Ouais bah y a intérêt, tu sais qu'Aro déteste qu'on lui pose un lapin. » Rétorqua-t-il.

Posant mes coudes sur le plan de travail de la cuisine, je fermai les yeux et pris une inspiration pour ne pas me laisser submerger et rester concentré. J'avais trop souvent tendance à m'égarer ces temps ci et à me couper de la réalité en partant dans mes tourments. De plus j'étais tellement fatigué qu'il me suffirait de poser ma tête contre ce plan de travail pour m'endormir.

« Laisse-tomber Aro, je suis vraiment pas d'humeur aujourd'hui alors s'il te plait fais ce que je te dis, va au club sans moi, laisse-moi m'occuper de ce que j'ai à faire et… »

Ma voix s'arrêta subitement lorsque Bella fit son apparition dans la cuisine. Elle était vêtue d'une simple serviette qui couvrait sa poitrine jusqu'à ses cuisses, et ses cheveux étaient rattachés en un chignon évasif qui laissait dépasser plusieurs mèches. Mes yeux se rétrécirent face à cette vision devant moi tandis qu'elle s'approchait du comptoir sans m'accorder un seul regard, comme si je n'existais pas ou que ma présence l'indifférait.

« Edward t'es là ? » Appela Emmett dans le téléphone pendant que j'avais les yeux rivés sur Bella qui s'emparait d'un pain au chocolat, l'air de rien.

Ma bouche qui jusque là était restée ouverte se referma et je secouai la tête pour me reprendre alors qu'Emmett était en train de parler depuis tout ce temps et que je n'avais rien écouté.

« Euh Emmett… il faut que je te laisse. » Abrégeai-je sans quitter Bella du regard.

« Hein ? Mais attends tu… »

Je ne lui laissai même pas la possibilité de terminer sa phrase car je raccrochai sans attendre et me tournai vers elle qui mangeait silencieusement, comme si tout était parfaitement normal.

« Je peux savoir ce que tu fais ? »

Bella releva la tête vers moi et fronça les sourcils.

« Moi ? Je mange pourquoi ? » Répliqua-t-elle innocemment.

Elle mordait dans son pain au chocolat tout en se penchant sur la table et je dus me faire violence pour ne pas regarder plus bas que son visage. Ma tête devait probablement s'être décomposée et je ressemblais sûrement à un zombie à l'heure qu'il est. Depuis que j'avais fait l'erreur de l'embrasser il y a quelques jours, Bella s'était mis dans la tête de… et bien de me provoquer. Elle savait ce que je ressentais pour elle, je le lui avais bien fait comprendre, alors maintenant elle faisait tout pour que j'abandonne mes résolutions. La vérité était que j'en crevais d'envie, j'avais pas besoin d'elle pour me le rappeler, c'était déjà suffisamment difficile de garder mes distances avec elle quotidiennement sans qu'elle ne joue en plus les effrontées et me rende la vie impossible.

J'avais l'impression que c'était un jeu pour elle, que si j'abandonnais en la prenant ici et maintenant, c'était elle qui gagnait. Alors qu'en réalité c'était tout l'inverse. C'était pour elle que je faisais ça, parce qu'elle méritait beaucoup mieux et que je n'étais qu'une source d'ennuis. Mais ça elle n'avait pas l'air de le comprendre. La dernière fois avait été une erreur. Je l'avais embrassée parce que je n'avais pas pu m'en empêcher car notre proximité me rendait fou. Le fait qu'elle vive chez moi, qu'elle soit constamment présente et surtout qu'elle désire la même chose que moi, tout ça était impossible à gérer sans craquer une seule fois.

Lorsqu'elle m'avait avoué que Jasper et Rosalie lui avaient fait comprendre que je la considérais comme une sœur de remplacement, je m'étais énervé. Je n'ai jamais pu supporter que l'on raconte des conneries à mon sujet. Et oser parler d'Alice de cette façon là c'était pour moi l'un des pires blasphèmes. Alice était irremplaçable, Bella ne pourrait jamais prendre sa place, ni elle ni personne. Et ce que je ressentais pour elle n'avait rien avoir avec Alice, ça c'était une chose dont j'avais l'entière certitude. Alors quand elle m'avait supplié d'être honnête avec elle et de lui dire ce qu'il en était vraiment, j'avais cédé. Mon énervement plus ma frustration accumulée de tous les jours précédents avaient fait que je n'avais pas calculé et que je m'étais complètement laissé aller. Et sur le moment, je ne l'avais pas regretté une seule seconde.

Mais maintenant que j'y réfléchissais je le regrettais amèrement. Non seulement ça avait permis à Bella de comprendre qu'elle était loin de me laisser indifférent et qu'il n'en fallait pas beaucoup pour que je cède à mes pulsions, mais en plus ça avait amplifié le profond désir inavouable que j'avais pour elle. Car l'avoir embrassée une fois était loin de suffire à me satisfaire. Je voulais recommencer, encore et encore… Que dis-je ? Je voulais plus que ça, beaucoup plus que ça… Et encore plus lorsqu'elle était là devant moi, fraîchement sortie de la douche avec une serviette de bain comme unique vêtement. Mais je ne lui ferais pas ce plaisir. Elle avait beau mettre ma résistance à rude épreuve, dès lors où il s'agissait de son propre bien, ce que je voulais n'avait plus d'importance.

Soupirant, je ne me laissai pas démonter et tentai de faire abstraction d'elle et des minables pensées qui m'assaillaient.

« Va enfiler une tenue. » Ordonnai-je sévèrement.

« Et si j'ai envie de rester comme ça ? C'est mon droit à ce que je sache. »

« Pas devant moi ! »

« Pourquoi ? Ça te pose un problème ? »

Je pris sur moi pour ne pas répliquer et me pinçai le nez pour éclaircir mes idées. Bella savait exactement comment me malmener, le pire était qu'elle avait l'air d'y prendre plaisir. Relevant ma tête vers elle, je la regardai avec irritation, peinant à faire abstraction de… d'elle tout simplement.

« Bella il ne s'agit pas d'un jeu. » Dis-je sur un ton réprimandant. « Tu trouves peut être que c'est amusant mais ça ne l'est pas du tout. »

« Ne me dis pas ce que je pense Edward car tu n'en as aucune idée. » Répliqua-t-elle sèchement. « Je ne suis pas en train de jouer. Tu as ton point de vue et j'ai le mien, c'est tout. »

« Tu es une idiote. »

« Et toi un véritable borné à l'esprit étriqué. »

J'écarquillai les yeux avec incrédulité.

« Alors ça va être ça ? Tu vas me pousser à bout jusqu'à ce que je rende les armes ? »

Elle haussa les épaules avant d'arquer un sourcil.

« Tu cherches à m'imposer quelque chose que je ne souhaite pas, alors je fais pareil. » Répondit-elle simplement avant de prendre une nouvelle bouchée de son pain au chocolat.

Je détournai les yeux en essayant de garder la tête froide. Mon regard dériva sans autorisation vers son corps presque dénudé. Elle était si proche et en même temps si loin à la fois… dire qu'il suffisait simplement de défaire les pans de cette maudite serviette pour qu'elle se retrouve complètement…

Je déglutis et tentai de me recomposer un masque impassible sans succès, tout en me fustigeant pour avoir osé envisager un tel scénario. Je ne pouvais pas songer à des trucs pareils, ça n'allait pas du tout ! Il fallait que je me reprenne. Bella devait sûrement avoir remarqué mon trouble car elle avait un léger sourire amusé sur les lèvres. Ne pouvant plus tenir dans cette pièce plus longtemps en sachant que j'étais en passe de céder à mes pulsions, je pris une profonde inspiration avant de me diriger vers la sortie d'un pas pressé.

Je pris soin de ne pas la regarder quand je passai près d'elle et sortis de l'appartement en trombe avec précipitation. Une fois que j'eus claqué la porte fortement, je pouvais presque entendre son doux rire résonner dans mes oreilles.

« Il faut que je te parle. » Dis-je à Jasper après que celui-ci ait accepté de me recevoir.

Il leva un doigt pour m'intimer de patienter tandis qu'il finissait le fond de la bouteille de bourbon qu'il avait dans sa main. En temps normal j'aurais pu m'en formaliser et lui gueuler dessus pour le forcer à arrêter de boire, mais là j'étais bien trop fatiguée pour oser argumenter avec lui et partir dans un dialogue de sourds.

Finalement il se décida enfin à poser sa bouteille – quand celle-ci fut totalement vidée – et à m'accorder son attention.

« Quel est le problème ? » Demanda-t-il soudainement.

« A ton avis ? » Marmonnai-je blasé. « Qu'est-ce qui peut bien me causer des soucis depuis des mois ? »

« Bella. » Sourit-il avec un semblant d'amusement.

« T'as l'air de trouver ça drôle. »

« Une petite ado te mène par le bout du nez, oui j'ai le droit de trouver ça drôle. »

« Va te faire foutre. »

« C'est toi qui es venu chez moi je te signale. » Rappela-t-il. « Alors ou tu te fais à mon humour et tu me dis ce pourquoi t'es là, ou tu dégages. »

Je soupirai de lassitude et me retins de lever les yeux au ciel. Après tout j'étais venu ici pour me confier à lui, et malgré tout ce qui avait bien pu se passer au cours de ces sept dernières années, il restait et resterait toujours mon meilleur ami.

« Je l'ai embrassée. »

Il y eut un profond silence durant lequel on pouvait presque percevoir le son des mouches en train de voler. Jasper me regardait comme s'il s'attendait à ce que je lui dise qu'il s'agissait d'une blague et que c'était le moment de rigoler. Pour ma part je n'osais bouger le petit doigt, attendant qu'il daigne réagir. Lorsqu'il comprit enfin que je n'avais pas dit ça pour plaisanter, je le vis écarquiller les yeux et se décomposer lentement.

« Tu veux bien répéter ? » Fit-il d'une voix soufflée.

Je fronçai les sourcils, désarçonné par un tel ébahissement, comme si ce que je venais de lui dire était un truc tout droit sorti d'une autre dimension. Je ne me rappelle pas que le jour où je lui avais annoncé avoir tué quelqu'un pour Aro pour la toute première fois, ça lui avait fait le même effet.

« J'ai embrassé Bella. » Répétai-je une nouvelle fois avec hésitation. « Il y a tout juste quelques jours. »

« Mais putain pourquoi t'as fait ça ? » S'écria-t-il en se levant de son fauteuil. « Qu'est-ce qui t'a pris bordel ? »

« Oui bon ça va je suis pas venu ici pour que tu me fasses une leçon de moral. »

« Et tu t'attendais à quoi ? A ce que je te dise que tout est cool et que je te donne ma bénédiction ? »

« Je sais que j'ai fait une erreur Jasper, inutile de me le crier dans les oreilles. Je suis crevé j'ai pas besoin d'entendre tes sermons à deux balles. »

« Bah t'avais qu'à pas venir m'emmerder ! » Rétorqua-t-il. « Putain mais t'as une idée de ce que cette pauvre petite doit penser maintenant ? T'avais pas le droit de lui donner de faux espoirs comme ça ! »

Je le regardai éberlué, ne comprenant rien à ce qu'il disait.

« Mais de quoi tu parles ? Je ne lui ai pas donnée de faux espoirs, elle sait très bien ce que j'éprouve pour elle. »

« Tu lui as dit que tu ne ressentais rien ? »

« Non justement ! » M'emportai-je.

« Comment ça justement ? » S'exclama-t-il effaré.

Il me sonda du regard durant une bonne minute alors que je ne comprenais strictement rien du tout à son comportement. Il finit par froncer les sourcils et me regarder avec un air d'incrédulité sur le visage.

« Attends une minute… » Une lueur de compréhension passa dans ses yeux. « Tu veux dire que… que t'as des sentiments pour elle ? »

Il avait articulé chaque mot comme pour leur donner plus d'impact. Je l'observai avec étonnement et curiosité. D'habitude Jasper ne se souciait pas de poser les questions, il se contentait simplement de deviner les réponses lui-même. Alors le fait que pour une fois il semblait réellement étonné et perplexe, c'était une attitude des plus étranges.

J'haussai les épaules et soulevai un sourcil implicitement.

« Pourquoi est-ce que je l'aurais embrassé si ça avait pas été le cas ? »

Il me regarda avec des yeux de merlans frits comme si ce que je venais de lui balancer était pire que si je lui avais annoncé que je venais de gagner vingt millions de dollars à la loterie. J'attendis silencieusement qu'il se remette de ses émotions, légèrement content d'avoir réussi pour une fois à le prendre au dépourvu, lui qui en temps normal sait toujours tout mieux que tout le monde. Ça me soulageait de savoir que je pouvais encore surprendre Jasper.

« Oh c'est pas vrai… » Murmura-t-il en se tapant le front d'une façon désespérée. « Quel con, mais quel con… »

J'aurais pu croire qu'il parlait de moi, c'est ce qui me paraissait le plus logique… mais il avait cet air de culpabilité sur le visage qui montrait que c'était à lui-même qu'il s'en voulait. Ce que je n'arrivais pas à comprendre, c'était pourquoi. Qu'est-ce que Jasper pouvait bien avoir à se reprocher ?

« Euh Jasper, t'es sûr que ça va ? »

« J'ai fait une énorme boulette. » Avoua-t-il avec un semblant de panique dans la voix.

« Qu'est-ce que tu racontes ? » Demandai-je désarçonné.

« Je croyais que tu la considérais uniquement comme une deuxième sœur alors j'ai dit à Bella que tu la verrais jamais de la façon qu'elle voudrait et que… »

« Putain Jasper tu fais chier ! » Incendiai-je. « Non mais de quel droit tu oses te mêler de ça ? »

« Mais je savais pas que t'étais tombé amoureux d'elle ! »

« Je suis pas amoureux d'elle ! » Répliquai-je orgueilleux. « C'est juste que… »

Je soupirai d'exaspération et me pinçai l'arête du nez pour contenir ma colère. Je ne voulais pas avouer que j'étais ce que Jasper disait que j'étais, même si au fond de moi je savais que c'était la pure vérité – après tout j'étais même allé jusqu'à dire à Emmett que je l'aimais – cela rendrait le tout encore plus réel.

Jasper m'observait avec l'ébahissement le plus total. À cet instant une comète aurait pu s'écraser en plein centre ville, ça ne l'aurait même pas ébranlé, en tout cas pas autant que ce que je venais de lui dire.

Un sourire prit place sur ses lèvres contre toute attente, ce qui me déconcerta.

« Je peux savoir pourquoi tu souris comme ça ? » Rétorquai-je énervé.

« J'arrive pas à le croire… toi amoureux, alors ça ! »

Le voir aussi amusé par la situation eut le don de m'agacer.

« Je ne suis pas… » Tentai-je vainement en me rendant compte que je n'y croyais pas moi-même. « Laisse tomber. »

« Edward c'est génial ! Il faut que tu fonces ! » S'exclama-t-il en me prenant au dépourvu.

Je clignai des yeux plusieurs fois, mes yeux étant sur le point de sortir de leurs orbites en entendant ça.

« Attends quoi ? J'ai bien entendu ? Tu veux qu'elle et moi on se mette ensemble ? »

Il plissa le front.

« Bah oui, Bella est une fille et bien et toi t'as été seul depuis tellement longtemps, je trouve que c'est une super idée. » Répondit-il honnêtement.

Je restai une minute figé et incapable de réagir. La réaction de Jasper me prenait totalement au dépourvu. J'étais venu ici dans l'optique qu'il me fustigerait pour être tombé aussi bas et qu'il me confirmerait que me rapprocher de Bella était une mauvaise idée. Mais là il faisait tout le contraire, il me disait de foncer…

La panique commença à s'insuffler en moi tandis que cette éventualité prenait peu à peu place dans mon esprit et me terrifiait.

« Non… »

Je reculai.

« Non… non non non non non… c'est hors de question ! » Répétai-je avec effroi.

Jasper me regarda tristement.

« Edward… »

« N'y pense même pas ! »

« Et pourquoi pas ? » Insista-t-il.

« Mais parce que ! Je peux pas être avec elle c'est tout. » Rétorquai-je. « Je suis pas fait pour elle Jasper. Cette fille elle… elle mérite mieux qu'un sale type comme moi. »

Même si ça me faisait un mal de chien de l'admettre, c'était malheureusement la stricte vérité.

« Faut voir les choses en face. » Continuai-je avec fatalité. « C'est pas moi qu'il lui faut. Ce serait plus… un gars comme toi tiens ! »

Il me lorgna du regard.

« Tu veux dire un ivrogne dépressif ? » Fit-il sur un ton sarcastique.

Je le fusillai du regard.

« Tu sais très bien ce que je veux dire ! »

« Je comprends ton point de vue, tu penses qu'elle serait mieux avec quelqu'un qui n'a rien à se reprocher, et dans un sens tu as raison. » Admit-il. « Mais tu oublies de prendre en compte une chose très importante, c'est que Bella est libre de faire ses propres choix. »

« Bella est jeune et naïve Jasper, elle n'a aucune idée de ce qui est bien pour elle et de ce qui ne l'est pas. »

« Tu dis n'importe quoi juste pour prouver que tu as raison, c'est complètement puéril. »

« Ça s'appelle du réalisme ! »

« Ne prends pas ce ton condescendant avec moi Edward, parce que de nous deux, tout le monde sait que c'est toi le crétin. »

Je me retins de lever les yeux au ciel face à cette remarque des plus absurdes.

« Le crétin t'emmerde, sale trou du cul. »

Il émit un rictus amusé et secoua la tête presque imperceptiblement. Puis son visage redevint tout d'un coup sérieux et ses yeux me scrutèrent avec ce même air qu'il arborait toujours lorsqu'il voulait me disputer.

« Tu as tort de la sous-estimer. » Reprit-il avec insistance. « Elle est loin d'être naïve. T'auras beau chercher des excuses pour nier l'évidence, Bella sait très bien qui tu es vraiment. Et le plus important c'est qu'elle t'accepte pour ce que tu es. Tu devrais en être heureux au lieu de ruminer dans ton coin et de jouer les martyrs ! »

« Je joue pas les martyrs ! » M'offusquai-je.

« Mon cul ! Tu serais pas venu me voir sinon. »

« Si je suis venu te voir imbécile, c'était pour que tu me confirmes que je doive me tenir éloigné de Bella, pas pour que tu me dictes l'inverse bordel ! »

« Et tu t'attendais à quoi ? A ce que je te dise que t'as raison ? Que t'es pas assez bien pour elle ? Que t'es rien d'autre qu'un sale minable qui n'aura pas accès aux portes du paradis et qui mérite de pourrir au fond d'un trou et de croupir tout seul pour le restant de ses jours ? Tu me crois vraiment capable de te balancer un truc pareil ? » Lâcha-t-il presque… blessé.

« C'est ce que tu devrais penser en tout cas. » Répliquai-je avec amertume.

« Putain mais tu comprends rien ! » S'énerva-t-il. « Écoute-moi bien parce que je le répèterai pas une nouvelle fois. D'accord t'as commis des crimes, tu mérites amplement ta place en prison et je pense pas que les anges t'accueilleront avec grand plaisir quand tu seras mort. Mais hormis tout ça, tu restes mon meilleur ami. Et t'es pas seulement mon meilleur ami Edward, t'es aussi la seule personne qu'il me reste ! T'es tout ce que j'ai, sans toi j'ai plus personne, alors t'auras beau faire tout ce que tu veux, je pourrai jamais te souhaiter autre chose que d'avoir une belle vie et d'être heureux. »

Il avait dit ça avec tellement d'impact pour chaque mot et tellement de détermination que si j'avais été une gonzesse, j'en aurais probablement chialé. Je regardais Jasper tristement, ne sachant quoi répondre à ça. Au fond ce n'était pas comme si c'était quelque chose de nouveau et que je l'apprenais, j'avais toujours su ce qu'il pensait, et durant un très long moment j'ai pensé la même chose de mon coté car Jasper et moi avons été seuls tous les deux pendant des années. Jusqu'à ce que Bella arrive et qu'elle prenne une place prédominante dans ma propre existence, et que Jasper ne soit plus la seule personne à laquelle je pense et m'inquiète.

Après avoir marqué une pause et pris une profonde inspiration, Jasper continua sur sa lancée.

« Ça fait sept ans que tu te laisse aller jour après jour et que tu erres sans but en attendant ton heure fatidique. Il serait peut être temps que tu te reprennes ta vie en main Edward. »

J'écarquillai les yeux, sentant la colère s'insinuer en moi progressivement.

« Je rêve… C'est toi qui me dis ça ? » Me révoltai-je. « Non mais tu te fous de moi ! »

« Je sais que je suis pas le mieux placé pour te dire une chose pareille, mais à la différence de toi, moi j'ai pas une fille folle amoureuse de moi qui m'attend à la maison. »

Je fronçai les sourcils.

« Bella s'en remettra, elle a toute la vie devant elle pour m'oublier. »

Il secoua la tête comme si ce que je disais était la chose la plus incohérente et la plus idiote qu'il n'ait jamais entendue. Et dans son esprit tordu, c'était probablement le cas.

« Tu te trompes. J'ai bien regardé Bella, et il ne s'agit pas du tout d'une petite lubie d'adolescente. Je me souviens quand on faisait nos thérapies, chaque fois qu'elle venait elle me parlait sans cesse de toi, elle voulait tout savoir à propos de toi, et si au départ je prenais ça pour de la curiosité mal placée, je me suis vite rendu compte que c'était loin d'être le cas. Et le soir du réveillon du jour de l'an, tu lui as carrément balancée un verre à la figure et elle au lieu de détaler le plus loin possible, elle a quasiment pas bougé ! Elle voulait rester, elle était tellement inquiète pour toi que si je l'avais pas traînée hors de l'appart moi-même, elle y serait encore ! Tu sais à qui elle me fait penser ? À moi. À moi quand on était au lycée. Bella te regarde de la même manière que moi je regardais… »

Il plissa le front d'un air torturé.

« Contrairement à ce que tu crois elle sait exactement ce que tu vaux et ce que t'as fait. Elle ne te met pas sur un piédestal, elle est consciente que tu n'es pas du tout un prince charmant et elle ne se fait aucune illusion te concernant. Elle est juste amoureuse de toi. Est-ce que c'est si dur à imaginer pour toi qu'en dépit de tout ça elle puisse quand même avoir des sentiments pour toi ? »

Je ne répondis pas et détournai la tête, en proie à une hésitation. C'était ça que je détestais avec Jasper, il arrivait toujours à me mettre le doute dans la tête, même quand j'étais absolument persuadé d'avoir raison et de prendre la bonne décision. Il me faisait douter de mes choix et de mes intentions et ça c'était des plus contraignants. Je ne savais pas quoi dire pour Bella. Même si j'avais compris tout seul ce qu'elle ressentait, l'entendre de la bouche de Jasper, et de voir que j'étais surtout bien loin de la réalité, c'était quelque peu bouleversant je dois dire. J'étais à présent partagé entre mes sentiments et ma raison, et ça c'était une chose que je n'avais jusqu'ici encore jamais expérimentée.

« Je… » Je tentai de parler mais ma voix se brouillait et mourait dans ma gorge. « Merde, tu fais vraiment chier ! »

Il eut un léger rire, probablement que de me voir avec l'esprit aussi torturé devait l'amuser.

« Je sais que c'est pas facile d'être dans ta situation. » Releva-t-il. « Mais tu as enfin la chance d'avancer et de recommencer une nouvelle vie loin de toute cette infamie, ne refuse pas sous prétexte que tu ne penses pas être à la hauteur ni la mériter. Il faut que t'arrêtes de te poser toutes ces questions et que tu te bouges un peu le derrière. »

« Je ne sais pas Jasper. Elle… elle est en danger avec moi. » Marmonnai-je défait. « J'ai pas été capable de bien m'occuper de ma sœur alors je vois franchement pas comment je pourrais m'occuper d'une petite amie ou… peu importe le nom. »

« Tu te trompes, Bella est différente. Ça ne finira pas de la même façon qu'au lycée. »

« Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? » Accusai-je.

Il me regarda sérieusement, le visage à la fois dur et torturé.

« Parce que contrairement à Bella, Alice ne voulait pas être sauvée. »

Je me figeai, choqué par ce que je venais d'entendre. Mon sang cessa de circuler au point que je commençais à devenir blanc, les muscles de ma main se contractèrent et mon visage se durcit avec une profonde hostilité.

Ce n'était pas le fait que Jasper avait osé prononcer le prénom Alice pour la première fois en sept ans qui me sidérait au point que j'en perdais mes mots.

Non.

C'était le fait qu'il ait osé affirmer que ma sœur jumelle, Alice… ne s'était pas battue.

« Comment… comment tu peux me dire ça ? ! » M'écriai-je austère.

Jasper parut se rendre compte de son erreur car aussitôt il arbora une mine paniquée.

« Euh, non je… je voulais pas dire ça comme ça… »

Il me regarda déboussolé tandis que je le dévisageais avec haine et répulsion. Il tenta un pas vers moi, les yeux suppliants.

« Edward, tu sais très bien que… »

« Non. » Le coupai-je en reculant prestement. « Je préfère que tu ne m'approches pas. »

« Mais écoute-moi au moins ! »

« T'as pas le droit de dire une chose pareille ! »

« Pourtant tu sais que c'est la vérité ! » Lâcha-t-il alors que je me retenais de le frapper violemment. « C'est vrai Edward, elle était parfaitement au courant de ce qu'elle risquait ce jour là, et elle a quand même pris le risque de sortir ! »

« Donc tu insinues qu'elle voulait se faire tuer ? C'est ça que t'es en train de dire ? »

Le ton n'avait jamais été aussi élevé entre lui et moi.

« Bien sûr que non, tu me c … »

« Je veux pas t'écouter ! J'en ai assez entendu pour savoir que plus jamais je viendrai te voir pour te donner mon avis parce que tout ce dont t'es capable c'est de me balancer à la figure un tas de conneries et de conseils totalement merdiques ! Tu sais quoi ? Reste dans ton putain de trou, bois autant qu'il te faut, noie-toi dans ton putain d'alcool de merde, j'en ai plus rien à foutre ! »

Il me regarda à la fois triste et désespéré, alors que je lui exprimais un visage plein de dégout et que je me retenais de lui cracher à la figure. Jamais je n'aurais cru que Jasper soit capable de me faire un affront pareil, après tout ce que nous avions traversé ensemble.

Je l'avais cru mon meilleur ami depuis toutes ces années, je m'étais littéralement trompé.

Il venait de me planter le couteau dans le dos le plus minable auquel j'ai jamais eu droit. Et cette fois ça n'allait pas s'arranger à l'aide de belles paroles. Ne supportant plus de rester ici une minute de plus, je me détournai vivement et sortis de son appartement, le laissant seul en sachant très bien que dans quelques minutes il serait trop bourré pour se rappeler son prénom.

L'ascenseur apparut et je m'engouffrai à l'intérieur, les pensées plein la tête. Mon cerveau commençait à me chauffer et j'en ressentis une migraine affreuse. Cela faisait des jours que je n'arrivais pas à dormir à cause des voix qui se manifestaient dans mon esprit, me hurlant quel monstre j'étais. Et parmi toutes ces voix, celle qui se distinguait le plus à l'heure actuelle, était celle de ma propre sœur. Les mots de Jasper résonnèrent dans ma mémoire.

Contrairement à Bella, Alice ne voulait pas être sauvée.

Il mentait forcément, je ne pouvais concevoir l'idée qu'il puisse avoir raison et qu'Alice n'ait pas voulu se battre. Elle avait toujours été une battante, la joie de vivre avec une volonté de fer. C'était comme ça que je me souvenais d'elle, et c'était comme ça que je voulais continuer à me souvenir d'elle jusqu'à la fin de mes jours.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et je pus m'extraire de cette cabine qui m'étouffait. Il fallait que je rentre chez moi, que je m'isole et que mon esprit cesse de me torturer autant.

Je pénétrai à l'intérieur de mon appartement et pris soin de verrouiller derrière moi. Je ne cherchais pas à savoir où se trouvait Bella mais lorsque je la vis dans mon champ de vision, habillée d'un teeshirt noir à manches longues et d'un jean, je ne pus m'empêcher d'émettre un soupir de soulagement en la voyant dans une tenue couverte. Apparemment j'avais dû rester longtemps chez Jasper pour qu'elle soit déjà habillée et que ses cheveux soient complètement secs et joliment ondulés.

Elle me regarda en fronçant les sourcils.

« Qu'est-ce que tu fais là ? T'es pas censé aller à… ton travail ? »

« Pas aujourd'hui. » Répondis-je froidement en essayant de couper court à toute conversation.

Je ne voulais pas avoir affaire à elle maintenant, ma tête me brulait et me donnait envie de l'enfouir le plus profondément possible sous un oreiller. J'étais incapable de tenir une conversation maintenant et si Bella se mettait à me parler, elle risquait de le regretter par la suite.

« Est-ce que ça va ? T'es tout pâle et t'as pas l'air bien. » S'enquit-elle en affichant une mine soucieuse, ce qui ne servit qu'à me rendre encore plus mal que je l'étais.

Je passai devant elle sans prendre la peine de lui répondre et pris la direction de la salle de bain, espérant pouvoir mettre un maximum de distance entre elle et moi et me couper du monde extérieur pendant un moment.

Bella étant Bella, c'est-à-dire incroyablement têtue et bornée, elle me suivit et insista.

« Edward tu peux me parler. »

Elle posa une main sur mon bras et se posta devant moi pour me bloquer le passage, tout en me regardant tristement.

« Je sais qu'entre toi et moi c'est plutôt bizarre en ce moment, mais je suis là pour toi. »

Je soutins son regard puis émis un mouvement brusque du bras pour me dégager de son emprise. Elle parut blessée mais tentait de ne pas le montrer.

« Si tu tiens tellement à m'aider, alors reste loin de moi et laisse-moi tranquille. » Déclarai-je d'une voix hostile. « J'ai besoin d'être seul. »

J'avais conscience de me montrer dur avec elle alors qu'elle n'avait rien fait. Elle n'était pas responsable de mon état ni de mes problèmes de conscience dernièrement, mais c'était sur elle que je me défoulais. Rien qu'avec ce simple constat, mes pensées concernant le fait que je n'étais pas celui qu'il lui fallait se renforçaient.

Elle fut décontenancée et réellement affectée par ce rejet dont j'avais fait preuve à son égard, mais elle ne répliqua rien et se poussa pour me laisser passer en baissant la tête chagrinée.

J'eus pendant une fraction de seconde un moment de doute et de recul, voulant m'excuser auprès d'elle pour être aussi distant et injuste envers elle, mais je me repris rapidement et continuai mon chemin jusqu'à atteindre la salle de bain. Une fois à l'intérieur, je verrouillai la porte puis m'avança près du lavabo, prenant une grande bouffée d'air comme si je n'avais pas respiré depuis un bail. Je sentis ma conscience me hanter de façon plus forte que précédemment et assaillir mon cerveau, comme elle avait l'habitude de le faire ces derniers jours. J'avais l'impression que tout prenait feu à l'intérieur de moi que mon crane s'embrasait et me brulait de l'intérieur.

Je mis mes mains de part et d'autre de ma tête, espérant atténuer ce feu imaginaire qui semblait si réel et qui ne cessait de me torturer l'esprit.

En vain.

Pov Bella

Oo "Lost In Paradise" Oo – Evanescence

Allongée sur le lit dans la chambre d'Edward, je contemplai silencieusement la porte menant à la salle de bain, les yeux rivés dessus sans jamais en décoller. Depuis combien de temps Edward était-il enfermé là dedans ? Je n'avais entendu ni le bruit de la douche, ni celui du robinet… d'ailleurs à bien y réfléchir, je n'avais pas entendu le moindre son provenant de la salle de bain. Et pourtant il se trouve toujours à l'intérieur, j'arrivais presque à sentir sa présence. J'avais essayé d'entrer par la porte du couloir, mais il avait apparemment enclenché le verrou. Pourquoi tenait-il tant à rester seul ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire tout seul dans cette pièce ? Je n'arrêtais pas de me poser toutes ces questions depuis tout à l'heure sans y trouver la moindre réponse cohérente.

Je savais que j'avais le choix de pouvoir pénétrer à l'intérieur et voir par moi-même ce qu'il était en train de faire. Il avait peut être verrouillé la porte du couloir, mais il avait oublié que celle qui donnait sur cette chambre n'avait pas de verrou. Il me suffisait simplement de me lever, d'aller l'ouvrir et d'être fixée. Le problème était que je n'avais pas du tout envie de le déranger. J'avais peur d'ouvrir et de le trouver en train de faire quelque chose qu'il ne voulait pas que je voie et qui aurait le don de l'énerver. Déjà qu'il était suffisamment en colère après moi pour passer mon temps à lui rendre la vie dure ces derniers jours… Tout ça parce que je voulais le voir craquer et abandonner ses résolutions.

Depuis que je savais que je ne le laissais pas indifférente et que je lui faisais de l'effet, j'avais essayé de le pousser à bout de sorte à ce qu'il franchisse les limites qu'il s'était donné. Je dois reconnaitre que si au début j'avais été des plus embarrassées et effrayées parce que j'ignorais totalement ce dans quoi je me lançais, j'avais trouvé ça des plus divertissants. Voir son petit air renfrogné et l'état dans lequel il se mettait, ça m'avait donné du courage et la motivation nécessaire pour continuer. Je n'avais encore jamais été une fille entreprenante ni affirmée. J'ignorais même jusqu'à lors que je possédais un quelconque pouvoir de séduction. Mais j'aurais vraiment été aveugle si je n'avais pas remarqué qu'Edward n'était pas insensible. J'avais vu les regards qu'il me lançait, l'expression torturée sur son visage qui montrait clairement qu'il se battait contre quelque chose. Mais contre quoi se battait-il au juste ? Sa raison ?

Je soupirais en me disant qu'au moins lui il en avait une de raison. C'est vrai quoi, dans quel monde je vis pour espérer que lui et moi puissions entretenir une relation qui dépasse le stade que celle qu'on a à l'heure actuelle ? Une relation que je n'avais encore jamais eue avec qui que ce soit et dont je n'avais strictement aucune idée de comment ça marchait. Dans un sens, il avait entièrement raison, lui et moi n'étions pas du tout faits pour être ensemble, et je n'aurais en tout premier lieu jamais dû tomber amoureuse. Mais le fait est que… bah voilà, malgré tout c'était comme ça et pas autrement. Je l'aimais et je voulais être avec lui, peu importe qu'il soit plus âgé, qu'il ne soit pas fait pour moi, qu'il soit un criminel, qu'il ait deux personnalités, qu'il soit renfermé sur lui-même et qu'il ne sache pas du tout comment s'y prendre avec l'être humain. Certes Edward était toutes ces choses, combinées à bien d'autres encore qui étaient des raisons supplémentaires pour que je veuille me tenir à l'écart de lui et de son monde.

Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore… Aujourd'hui j'étais plus que jamais consciente d'à quel point ce proverbe était juste.

Moi qui avais toujours eu l'attitude d'agir avec ma tête et ce que me dictait mon cerveau, toute cette situation était quelque chose de totalement nouveau pour moi. Je me rendais compte aujourd'hui à quel point j'avais évolué depuis que j'étais arrivée à Chicago. Avec la mort de Phil et Renée j'avais été obligée de grandir trop tôt, de prendre des décisions importantes et déterminantes pour mon futur et aussi d'en mesurer les conséquences. J'avais dû faire face à la vie et devenir indépendante toute seule sans qu'on ne m'en donne le choix. Mais c'est en vivant avec Edward que j'étais vraiment devenue adulte. Il m'avait confrontée à des situations que jamais un enfant n'aurait pu endurer, m'avait fait subir des tas de choses difficiles, que ce soit lorsqu'il est agressif, violent ou quand il se comporte de façon tellement étrange qu'on ne sait plus du tout donner de la tête. J'avais appris à m'affirmer, à ne plus être la petite Isabella sur qui on marche sur les pieds sans qu'elle ne dise rien. De la petite adolescente réservée et bercée d'illusions, il avait fait de moi une femme forte et réaliste. Jasper avait beau dire qu'Edward avait changé depuis qu'il me connaissait, mais il n'était pas le seul. Moi aussi j'avais changé. Je me rappelle d'ailleurs mes premiers jours ici, lorsque je n'osais même pas le regarder dans les yeux et que j'agissais sans réfléchir, quand j'émettais des jugements bien arrêtés, que j'étais étroite d'esprit et que je croyais encore qu'il y avait le bien d'un coté et le mal de l'autre. Aujourd'hui je n'étais plus du tout la même personne.

J'avais peut être été forcée de grandir trop vite, mais c'est grâce à lui si j'y suis vraiment parvenue.

Après quelques minutes à tergiverser, je me décidais enfin à me lever du lit et à aller le rejoindre dans la salle de bain. J'avais revêtu un pyjama après que la nuit fusse tombée. Edward était resté enfermé dans cette salle de bain presque toute la journée, il était temps que ça s'arrête.

Je me fiche de ce qu'il est en train de faire et des raisons qui le poussent à rester loin de moi, il avait des sentiments pour moi, il me désirait et il avait envie d'être proche de moi, il me l'avait très bien fait comprendre et je n'avais plus aucun doute à présent. J'allais le faire craquer, lui faire abandonner toutes ses volontés et lui faire accepter ses sentiments, qu'il le veuille ou non.

J'ouvris délicatement la porte de la salle de bain, avec pour optique de mettre mes intentions à exécution.

« Edward ? » Appelai-je doucement en voyant que la lumière était éteinte et que je ne voyais pas grand-chose.

J'entendis des sons étouffés qui ressemblaient un peu à des gémissements, près du lavabo. Je tournai ma tête vers cet endroit, et c'est alors que ma respiration se coupa et que mon cœur se serra.

Il était là, assis par terre contre le mur, à moitié caché par le lavabo à coté de lui. Il avait les genoux repliés sur lui et le visage dans ses mains. Cette vue me fit mal et toutes mes précédentes pensées s'envolèrent pour laisser place à une profonde inquiétude.

« Edward… » Répétai-je d'une voix faible en me précipitant vers lui.

Je m'accroupis devant lui et posai mes mains sur ses genoux, mais il ne releva pas la tête.

« Ils ne veulent pas me laisser tranquilles. » Marmonna-t-il dans sa barbe d'une voix faible.

« De qui tu parles ? » Demandai-je doucement.

« Les voix. »

Je le regardai étonnée.

« Quelles voix ? »

Il ne répondit pas tout de suite et j'attendis. Je pouvais entrapercevoir les traits tirés et torturés de son visage même s'il s'évertuait à le cacher. Le voir dans cet état n'était pas une chose des plus plaisantes. Lorsqu'il ouvrit la bouche pour répondre à ma question, ce fut d'une voix basse et presque inaudible, comme s'il s'agissait d'une chose inavouée.

« Toutes les personnes à qui j'ai fait du mal. »

J'écarquillai les yeux.

« Tu veux dire que tu les entends ? »

Il hocha doucement la tête.

« Elles sont dans ma tête. Je croyais les avoir oubliées. »

Je ne savais pas quoi répondre à ça, il s'agissait de circonstances plutôt inhabituelles. Edward n'était en temps normal jamais préoccupé ni tourmenté par les actions qu'il avait commises. Il y a plusieurs mois il m'avait affirmé que cela faisait bien longtemps que sa conscience avait déserté son esprit. Soit il s'était trompé, soit elle était revenue.

Ses mains caressèrent ses cheveux et je le regardai faire silencieusement, attendant qu'il parle à nouveau, ce qui ne tarda pas.

« J'ai versé tellement de sang Bella… Tu ne serais pas là à tenter de me réconforter si tu savais ce que j'ai fait. »

J'haussai les épaules.

« Raconte-moi. »

« Si je le fais tu t'enfuiras. »

« C'est pas ce que tu voulais ? Que j'aie peur de toi et que je cherche à te fuir ? »

Un léger sourire traversa ses lèvres, mais il était plus cynique qu'autre chose. Je pris l'une de ses mains qui était sur le haut de sa tête et m'en emparai, cherchant un contact avec lui, aussi infime soit-il. Il se laissa faire sans toutefois me regarder.

« Vas-y. » Encourageai-je.

Il soupira longuement, l'air d'être en plein conflit avec lui même, puis consentit finalement à parler.

« Tu te souviens qu'un jour tu m'avais demandé si je me rappelais de la première personne qu'Aro m'a demandé de liquider ? »

J'hochai la tête.

« Tu m'as dit que c'était l'un des pires jours de ta vie. »

« C'est le cas. »

« Et quand je t'ai demandé si c'était parce qu'il s'agissait d'une femme, tu m'as en quelque sorte répondue que c'était pire que ça. »

Il soupira une nouvelle fois. Sa tête était toujours baissée mais je pus tout de même déceler un sentiment de honte sur son visage.

« J'ai tué un gosse ce jour là. » Lâcha-t-il finalement.

J'entrouvris la bouche d'étonnement et relâchai sa main subitement. Le choc devait probablement être lisible partout sur mon visage tant je ne m'étais pas attendue à une révélation pareille. Edward avait raison. J'avais cru être suffisamment avertie et le connaitre assez pour me faire une idée des crimes qu'il avait commis par le passé, mais j'avais eu tort. Parce que rien de tout ce que j'avais déjà vécu avec lui ne m'avait préparée à ça.

Ne voulant pas me laisser démonter alors qu'il ne m'avait encore rien expliquée, je me recomposai un visage normal et déglutis.

« Il s'appelait Seth. » Précisa-t-il avec défection. « Il devait avoir onze ou douze ans, pas plus. C'était encore qu'un gamin. »

Il secoua la tête d'amertume.

« Je voulais pas le tuer, ce sont eux qui m'ont forcé à le faire… »

On aurait dit qu'il en souffrait et c'était plutôt douloureux à voir.

« Comment t'ont-ils forcé ? » Demandai-je doucement, cherchant un quelconque moyen de l'apaiser.

« Ça s'est passé dans un hangar à West Ridge. Le gamin était ligoté à une chaise, ses deux parents venaient de se faire descendre sous ses yeux et moi… moi j'avais assisté à toute la scène sans rien pouvoir faire. Deux des hommes d'Aro me maintenaient par derrière depuis mon arrivée et m'empêchaient de bouger. J'avais cherché à me débattre mais je pouvais pas… »

Sa respiration devint plus forte et il s'arrêta de parler. C'était apparemment difficile pour lui d'en parler et j'arrivais à imaginer sa détresse. À l'époque il était encore jeune et innocent, je n'osais même pas lui demander la façon dont il s'était retrouvé dans cette situation.

« Quand est venu le tour du garçon, les hommes d'Aro m'ont relevé et il m'a tendu un flingue. Il m'a dit que c'était à moi de le faire. »

Je le regardai avec effroi.

« Et tu l'as fait ? »

« Tu tiens vraiment à le savoir ? »

Je réfléchis durant un court instant à sa question, puis d'un geste déterminé je m'emparai à nouveau de sa main que j'avais lâchée et le regardai avec certitude.

« Oui. Oui je veux savoir. »

Il releva la tête et m'observa pour la première fois depuis que j'étais entré dans la pièce. Je pus distinguer ses yeux qui étaient légèrement rouges. Son regard était impassible mais tourmenté à la fois. Je soutins son regard sans faiblir. Je voulais absolument qu'il comprenne que j'étais là et qu'il pouvait s'appuyer sur moi. Il fallait que je lui prouve que j'étais capable d'endurer son passé, que je lui montre que j'étais parfaitement consciente de ce dans quoi je m'engageais.

« Non. » Avoua-t-il au bout d'un moment. « J'ai refusé, je pouvais pas… c'était qu'un putain de gosse et je n'avais encore jamais tiré sur qui que ce soit, je… j'étais perdu à ce moment là, je croyais aux bonnes paroles d'Aro parce qu'il était le seul à se préoccuper de moi. Mais j'ignorais ce qu'il était réellement, et je te jure que jamais je me serais pointé là bas si j'avais su ce qui allait se produire. »

« Je te crois Edward. » Assurai-je en voyant qu'il était soudainement pris dans un état de panique.

Je caressai le dos de sa main avec mon pouce et il parvint à se calmer un tout petit peu.

« J'ai vu les parents de ce gamin crever… et je pouvais strictement rien faire, t'as aucune idée de ce que ça fait d'assister au meurtre sanglant de deux personnes sans être capable de faire quoi que ce soit, peu importe à quel point tu peux le vouloir. Le petit n'arrêtait pas de pleurer, et quand je le regardais, aussi seul et impuissant, j'avais l'impression de me revoir à travers lui. »

« Alors si tu as refusé… qu'est-ce qui s'est passé ? » Balbutiai-je avec appréhension.

Il fut pris d'un rire sombre et cynique.

« Comme si j'avais eu le choix. » Rétorqua-t-il en continuant de rire d'une voix rauque. « Aussitôt après ça Aro a envoyé son frère Caius venir près de moi. Cet enfoiré a pointé son flingue sur ma tête et Aro m'a lancé cet ultimatum. Le gosse ou moi. »

Ma mâchoire manqua de se décrocher.

« Oh mon dieu… »

Je n'arrivais pas à croire qu'un monstre pareil puisse infliger ça à quelqu'un. Edward n'avait que dix neuf ans à ce moment là, et pour vivre il a dû tuer un enfant de douze ans… Comment de telles choses peuvent exister ?

C'était affreux d'infliger ça à quelqu'un, Aro Volturi était décidément la personne que je détestais le plus au monde, avec le meurtrier anonyme de mes parents. Je n'osais pas imaginer à quel point Edward avait dû avoir souffert à ce moment là.

« J'arrivais pas à croire ce qui m'arrivait. » Continua-t-il d'une voix terne, le visage plus torturé que jamais. « Un moment je suis chez moi, je reçois un coup de fil d'Aro quelques jours après mes dix neuf ans pour une offre de travail, et l'instant d'après je suis dans un hangar autour de deux cadavres, d'un gamin attaché à une chaise qui pleure silencieusement, et on me menace de me tuer si je descends pas le gamin en question. »

Il secoua une nouvelle fois la tête, avec un rire mauvais.

« La vie peut se montrer bien cruelle et impitoyable quelques fois. »

Je fronçai les sourcils face à cette phrase qui était quelque peu inquiétante. Je n'aimais pas quand Edward parlait comme ça, il avait de la rancœur à revendre, et ce n'était pas forcément une bonne chose. Car la rancœur nous pousse souvent à faire de mauvaises choses. Et je ne doute pas qu'Edward ait déjà agi par rancœur envers quelqu'un. Après tout il m'avait avouée faire partie de ceux qui prônaient la vengeance. C'était d'ailleurs l'une des choses que nous n'avions pas du tout en commun et qui faisaient de nous des êtres diamétralement opposés.

« Alors tu l'as tué ? »

Il reporta son attention sur moi et m'observa avec aigreur.

« Non. »

« Je ne comprends pas… »

« Je pouvais pas le tuer ! » S'énerva-t-il soudainement. « Il était là, assis sur cette chaise à pleurer et à me supplier des yeux alors que j'avais une arme pointée sur lui ! J'étais incapable de faire ce qu'on me demandait… »

Je fus indécise face à une telle réponse, et en même temps… soulagée. Parce qu'Edward avait tenu bon, parce que ce jour là il avait préféré sauver la vie de ce garçon plutôt que la sienne, exactement comme le jour où il avait refusé de me tuer et qu'il m'avait protégée contre Emmett et Jacob.

Contrairement à ce qu'il croyait, Edward n'était pas égoïste. Il était l'exact opposé.

« Mais je croyais que si tu ne le faisais pas on te tirerait dessus ? » Rappelai-je perdue.

« Pour ça non plus j'ai pas eu le choix. Aro ne m'avait pas fait venir dans ce hangar pour que je me fasse buter à la place du gosse, il attendait de moi que j'exécute sa demande et que je lui fasse allégeance. Et ce que tu dois savoir à propos d'Aro Volturi, c'est qu'il obtient toujours ce qu'il veut. » Déclara-t-il sombrement, le visage impassible et le regard légèrement effrayant.

Je frissonnai devant le ton aussi froid et austère qu'Edward avait utilisé pour parler de son patron.

« Que s'est-il passé alors ? »

Il détourna les yeux avec un dégout visible.

« L'un des hommes de main d'Aro est venu me maintenir. Caius s'est approché de moi et à posé sa main sur la mienne qui tenais le flingue. Il a poussé mon doigt à appuyer sur la détente et le coup est parti. » Répondit-il simplement.

Mes lèvres tremblaient et ma tête se baissa vers sa main entrelacée à la mienne. Un silence plana dans la pièce et je ne cherchais pas à le briser. Je ne savais pas ce que j'aurais pu dire de toute façon, ce qu'Edward venait de me raconter dépassait de loin tout ce que j'aurais pu imaginer. Car je m'étais fait un tas de scénarios sur la façon dont il avait commis son premier meurtre. Il m'avait clairement dit que ce jour faisait partie de l'un des pires moments de sa vie, alors j'avais deviné qu'il s'agissait de quelque chose de vraiment très moche pour qu'il ne veuille même pas m'en parler ni l'évoquer. Mais jamais, non jamais, je n'aurais pu imaginer un truc pareil. C'était tellement ignoble…

« Après ça Aro m'a souhaité la bienvenue dans le vrai Chicago. » Dit-il après un moment, la voix exprimant une profonde culpabilité. « Je me rappelle avoir chialé comme une gonzesse à ce moment là. Et Aro n'a pas aimé ça, il m'a dit qu'il ne voulait plus jamais me voir faire ça car pleurer était une preuve de faiblesse et que je n'avais pas le droit d'être faible. »

Il secoua la tête et se passa une main sur le visage, tandis que je n'osai émettre le moindre mouvement et que j'avais quelques larmes qui perlaient au coin des yeux.

« J'ai plus jamais pleuré après ce jour là. »

Il baissa à nouveau la tête et le silence s'instaura à nouveau entre nous alors que son visage prenait une allure des plus sombres et des plus tourmentées, ce qui me donnait mal au cœur. J'essayais de me consoler en me disant qu'il était obligé d'en passer par là pour redevenir ce qu'il était avant tout ça, c'est-à-dire quelqu'un d'humain. Il était en train de se faire ronger par les remords, sa conscience revenait à la charge pour lui rappeler toutes les horreurs qu'il avait commises. Il retrouve enfin son âme…

Son âme qu'il avait tant clamée ne plus avoir et que j'avais tant essayée d'entrapercevoir parmi toute cette tonne de dureté, d'insensibilité, de brutalité et d'inhumanité. En laissant tous les souvenirs de ses innombrables atrocités et des vies qu'il a ôtées revenir à la surface et s'emparer de lui pour le hanter, il disait adieu à Edward Masen le tueur impitoyable et sans cœur, et redevenait celui dont j'avais fini par tomber amoureuse.

Edward Cullen.

Le garçon brisé qui avait perdu son chemin et s'était retrouvé à faire tous les mauvais choix et à emprunter les mauvaises directions, se perdant encore plus en retour. Un jeune adolescent de dix huit ans que tout le monde a abandonné et qui a recherché du réconfort ailleurs, ne se doutant pas à qui il avait affaire. Ce même garçon qui allait devoir vivre avec le poids de tous ses crimes sur la conscience pour le restant de ses jours.

Celui que j'aimais au point que même cet aveu qu'il venait de me faire ne me donnait pas envie de m'éloigner de lui. Oui je trouvais que le meurtre de ce pauvre Seth était répugnant, mais pas pour les mêmes raisons que lui. Ça me révulsait parce qu'on avait abusé d'Edward cette nuit là, parce que c'est comme ça qu'on l'a transformé en monstre et arraché à son humanité. Le pire était de constater qu'avec tous les meurtres qu'il a commis, celui pour lequel il s'en voulait vraiment était celui dont il n'était pas réellement responsable.

Et malgré le fait que j'aurais probablement dû être dégoutée après qu'il m'ait raconté la façon dont il a été forcé de tuer ce pauvre garçon innocent, je réalisais que tout ce que je voulais en fin de compte, c'était me rapprocher. Je voulais l'aider. Edward avait besoin d'être aidé et je voulais être cette personne là, celle qui l'aiderait à redevenir entièrement celui qu'il était avant de rencontrer cet ignoble mafieux et de sombrer dans cette spirale infernale. Je voulais l'aider à remonter à la surface de l'eau dans laquelle on l'a plongé de force, le sortir de l'engrenage où il a été entraîné, et par-dessus tout, l'aider à aimer quelqu'un à nouveau.

C'est mue de cette réalisation que j'avançai une main vers son visage toujours baissé et posai une main sur sa joue délicatement, l'intimant silencieusement à me regarder. Je le vis froncer les sourcils avant de relever la tête avec étonnement.

« Tu ne fuis pas ? » Balbutia-t-il d'une voix légèrement déformée.

J'esquissai un sourire confiant en secouant imperceptiblement la tête.

« Non. » Répondis-je doucement. « Je reste. »

« Pourquoi ? » S'enquit-il dérouté.

J'haussai les épaules et m'humidifiai les lèves. Parce que je t'aime…

« Tu sais déjà pourquoi. »

Il fronça à nouveau les sourcils et secoua la tête, refusant d'accepter cette éventualité.

« Je ne veux pas que tu le dises. »

« Alors je ne te le dirai pas. » Dis-je en prenant son visage en coupe dans mes mains pour le forcer à me regarder.

Nos yeux s'accrochèrent et lentement, j'approchai mon visage.

« Mais laisse-moi te le montrer. » Murmurai-je en me rapprochant toujours plus de lui, sans jamais le quitter des yeux un seul instant.

Il me regarda faire sans bouger, l'air à la fois désarçonné et vulnérable. Lorsque je ne fus plus qu'à une toute petite distance de ses lèvres, il parut décontenancé.

« Bella qu'est-ce que tu fais ? » Demanda-t-il avec appréhension et incrédulité.

« Ne me repousse pas Edward. » Suppliai-je faiblement. « Je ne le supporterais pas une nouvelle fois alors s'il te plait… ne me repousse pas. »

J'essayais de ne pas paraitre trop désespérée mais c'était inutile. Parce qu'il fallait l'avouer, j'étais vraiment désespérée. En même temps il fallait me comprendre, je rêvais de lui depuis des semaines, qu'il m'embrasse et m'aime en retour, et au moment où il le fait enfin, il me repousse quelques instants après et érige des barrières entre nous pour me fuir. Je commençais à en avoir marre de cette attitude. Il a des soucis de conscience avec le fait d'avoir des sentiments à mon égard ? Et bah tant pis pour lui, c'était pas mon problème.

Il me regarda la bouche entrouverte et l'air en plein conflit avec lui-même. Je soutenais son regard avec des yeux implorants tandis qu'il était toujours aussi torturé et incertain. Ne pouvant attendre qu'il se décide de lui-même à me donner le feu vert, j'avançais à nouveau mon visage vers le sien et l'embrassai doucement.

Il ne répondit pas et resta inerte, tandis que je sentais ses yeux ouverts me regarder. J'avais le cœur qui battait la chamade et les mains qui tremblaient sur ses joues car je ne me sentais pas du tout à l'aise, n'ayant encore jamais pris les devants de cette façon là. Mais ressentir la saveur exquise et savoureuse de ses lèvres sur les miennes me remplissait de chaleur et me donnait des palpitations. Bon dieu je n'avais gouté à ses lèvres qu'il y a quelques jours à peine et j'éprouvais déjà un manque considérable. On aurait dit une drogue, c'est totalement dingue de ressentir pareille émotion…

Malheureusement au lieu de répondre à mes attentes, Edward repoussa mon visage et me regarda avec un visage indéchiffrable. Je commençais à appréhender ce moment, car la dernière fois qu'il avait agi ainsi il avait décidé de m'éviter et de faire comme s'il ne s'était rien passé. Sauf que cette fois s'il me refaisait le même coup, je jure que je ne répondrai plus de rien et que je ne le laisserai pas s'en tirer aussi facilement. Le regard toujours impossible à comprendre et à discerner, il me scrutait avec une certaine lueur dans les yeux qui me déstabilisait, tout en me caressant la joue d'une main.

J'allais ouvrir la bouche pour lui demander pourquoi il m'avait encore une fois repoussée, quand je vis son visage changer et arborer une expression décidée.

Sa main qui était sur ma joue vint se nicher derrière ma nuque, caressant mes cheveux entre ses doigts. Je ne bougeai pas d'un pouce et l'observai, la respiration légèrement saccadée et le souffle coupé. Ses prunelles scintillantes ne me lâchaient pas du regard et étaient à la fois pleines de détermination et d'impatience. Puis sans que je m'y attende il tira ma tête vers lui et écrasa sa bouche sur la mienne avec empressement.

Je laissai échapper un gémissement face à ce geste des plus inhabituels et cessai automatiquement de respirer. Sa main posée sur l'arrière de ma tête me maintenait en place et m'empêchait de bouger. Je répondais à son baiser avec avidité, me sentant pour la première fois pleinement désirée. C'était différent du premier baiser que nous avions échangé il y a quelques jours. Si l'autre était doux et craintif, celui-ci était pressant et plus passionnel. Il me tira vers lui et je tombai dans ses bras en poussant un soupir d'aise, tandis que sa deuxième main était dans le creux de mon dos et me caressait à travers mon haut de pyjama. Je ressentis comme des décharges électriques à son contact, une chaleur se créant dans le bas de mon ventre et irradiant mon corps qui était déjà plus tendu qu'à l'ordinaire.

Je passai mon bras autour de son cou et ouvris la bouche, désirant plus, toujours plus… Sa langue effleura la mienne et je gémis de façon inaudible contre sa bouche, à mesure qu'il prenait possession de ma langue, exactement comme il avait pris possession de moi. Mon cerveau se comprima et et toute raison et rationalité disparurent. Je me laissais entièrement mener car c'était la première fois que j'expérimentais une telle situation et une telle sensation. Je sentais que mon corps ne cessait de s'embraser minute par minute, comme si j'étais en feu. Ce qui au final, était vrai en quelque sorte, parce qu'il me mettait dans un état que j'avais du mal à gérer et auquel je n'étais pas habituée.

Je n'avais plus conscience des circonstances dans lesquelles nous nous trouvions, de l'endroit où nous étions assis, de ce qui s'était passé, ce qui avait été dit et ce que nous avions traversé, la seule chose que j'étais capable d'analyser était lui qui avait transformé le baiser que j'avais débuté en un baiser fougueux et enflammé. Sa main qui serrait ma nuque fermement, son autre main qui caressait mon dos et déclenchait des frissons le long de ma colonne vertébrale, son souffle qui m'asphyxiait, sa bouche qui me faisait perdre toute notion de la réalité et me contrôlait, sa langue qui encerclait la mienne, la chaleur de son corps qui rendait le mien encore plus ardent… Toutes ces choses combinées me donnaient le vertige et me rendaient plus avide.

Et alors que j'étais trop absorbée et appliquée dans cette étreinte, je me rendis à peine compte que j'étais tout à coup soulevée de terre et qu'il me portait dans ses bras. Sa main qui auparavant était dans mon dos était cette fois nichée sous mes jambes pour me tenir. J'allais mettre fin au baiser pour le regarder et comprendre ce qui se passait mais il m'en empêcha en prenant possession de mes lèvres avec plus de force et de pression qu'à l'ordinaire, ce qui ne me donna pas d'autre choix que d'abdiquer et me laisser faire. Je sentis qu'on se déplaçait mais n'en avais cure, ce qui se passait autour de nous m'était complètement étranger. Mon dos heurta quelque chose de moelleux et je compris qu'il me déposait sur le lit lorsque ma tête toucha l'oreiller, rompant ainsi notre connexion.

Il commença à s'écarter et se relever mais je l'en empêchais en le tirant vers moi par le col pour ne pas le laisser s'échapper. Je ne voulais pas qu'il s'en aille, je ne voulais pas me retrouver toute seule et je le lui fis comprendre en le suppliant des yeux. Il ne mit pas longtemps à abandonner et s'allongea sur moi, couvrant mon corps du sien sans mettre de poids. Ses yeux me sondaient avec une lueur brillante dans ses prunelles incandescentes tandis que son souffle me balayait le visage. Il soupira et m'embrassa à nouveau, cette fois avec moins de pression. Je fourrageai dans ses cheveux et me laissai totalement aller. Sa main caressa ma silhouette, faisant l'aller jusqu'à ma taille, ce qui fit me fit émettre un son étouffé. J'ignore durant combien de temps nous sommes restés là, à nous embrasser, l'un contre l'autre, mais tout ce que je savais c'est que ça ne me semblait pas assez.

Pourtant il finit par se reculer et c'est à ce moment là que je réalisais que j'étais sur le point de manquer d'air. J'avais dû oublier de reprendre ma respiration car mon souffle était réellement erratique et mon cœur battait à une vitesse effrénée. Edward reprit sa respiration lui aussi, avant de poser son front contre le mien et d'inspirer lourdement. Je le regardais – ou plutôt l'admirai – tandis qu'il avait les yeux fermés et que sa proximité me déstabilisait. Après un moment silencieux pendant lequel je me suis contentée de retrouver un semblant de respiration convenable, il rouvrit les yeux et me scruta intensément. Il déposa un léger baiser sur mes lèvres puis s'éloigna de moi et retomba sur le lit à coté de moi, me laissant pantoise et toute retournée par les récents évènements.

Aucune parole ne fut échangée.

Je tournai la tête vers lui qui regardait pensivement le plafond et décidai de me rapprocher de lui, ne voulant surtout pas le laisser partir ni lui permettre de changer d'avis et de retrouver sa raison stupide qui le pousserait à s'en aller. Je passai un bras autour de sa taille et allongeai ma tête sur son torse, me serrant contre lui pour ne laisser aucun espace entre nous.

Je fermai les yeux et sentis le rabattement de la couette sur nous, puis sa main sur ma joue, et pour finir un baiser sur le haut de ma tête. Je soupirai de bien être à cause du simple fait d'être dans ses bras, un léger sourire naquit sur mes lèvres et je me laissais complètement aller dans le sommeil, profitant pleinement de ses bras qui m'encerclaient et me laissaient entrevoir un lendemain rempli d'espoir.


oO "Lucky Now" Oo – Ryan Adams

Lorsque je me réveillai le lendemain matin, j'eus la désagréable surprise de me trouver seule. C'est dingue, à chaque fois qu'Edward dormait avec moi – ce qui n'était arrivé que deux ou trois fois, la plupart lors de sa convalescence – il trouvait toujours le moyen de s'éclipser et de ne pas être là à mon réveil. J'ignorais pourquoi il agissait ainsi, peut être n'arrivait-il pas à assumer quelque chose ou qu'il n'aime pas dormir avec quelqu'un. En tout cas il n'a pas l'air de supporter de rester dans un lit trop longtemps, et j'avais une mauvaise impression comme quoi le problème venait de moi. Était-ce ma présence qui le dérangeait ?

Me retenant de soupirer, j'ouvris lentement les yeux, ne pouvant masquer ma déception en découvrant la place vide à coté de moi dans le lit. J'avais deviné même en ayant les yeux fermés qu'il n'était pas là, mais le voir de mes propres yeux était plus difficile. J'espérais sincèrement qu'il n'ait pas décidé de revenir sur ses actions de la veille et qu'il n'allait pas agir comme si ce qui s'était passé ne représentait rien et n'avait pas existé. Je ne pensais pas être assez forte pour endurer une nouvelle fois de l'indifférence comme si c'était moi qui avais rêvé tout ça. Hors je n'avais absolument rien rêvé du tout, ce qui s'était passé entre nous était bien réel. C'est ce qui me donna le courage nécessaire pour me lever. Je n'allais pas rester là sans rien faire à attendre qu'il daigne faire preuve de considération à mon égard. J'allais sortir de cette chambre et le voir, parce que contrairement à lui, moi j'assumais entièrement.

C'est avec cette décision en tête que je m'étirai et m'extirpai du lit rapidement. Je ne pris pas la peine de passer par la salle de bain et sortis de la chambre avec pour pyjama un short et un débardeur. Je devais avouer que ce n'était pas la tenue la plus adéquate quand on habite à Chicago car il faisait plutôt froid, mais c'était ce qui convenait à Phoenix. Je n'ai pas du tout fait attention aux différences de températures lors de mon départ. Aujourd'hui je le regrettais presque.

J'arrivai dans la cuisine et le vis en train de pianoter sur son téléphone, l'air concentré. Je le détaillais silencieusement, il avait revêtu un jean et un teeshirt noir qui couvrait uniquement ses épaules et dévoilait donc la totalité de ses avant-bras. Ses cheveux étaient toujours aussi indomptés et vu de près comme ça, il me paraissait aussi séduisant qu'imposant. Je me raclai la gorge pour témoigner ma présence et il se tendit. Il releva alors sa tête vers moi pour me regarder. Son visage était indéchiffrable et je commençais alors à appréhender ce qui allait se passer.

Faites qu'il ne revienne pas en arrière…

« Salut. » Marmonna-t-il d'une voix embarrassée qui me prit au dépourvu.

Je clignai des yeux étonnée. Edward n'était jamais embarrassé d'habitude. Je vis un semblant de crainte dans ses yeux et restai sans voix. Se pouvait-il qu'il soit gêné ? Rien que cette éventualité me paraissait invraisemblable tant ça ne lui ressemblait pas. Je devais forcément me faire des idées.

« Salut. » Répondis-je incertaine, et quelque peu amusée.

Il ne répondit pas et détourna la tête, comme si… comme s'il avait peur de me faire face. De quoi pouvait-il bien avoir peur ? De nous deux c'était lui le plus effrayant, n'est-ce pas ?

« Euh, j'ai fait des toasts pour quand tu te réveillerais. » Apprit-il en se passant une main dans les cheveux. « Je croyais que je serais parti avant. »

Je le regardai abasourdie face à une telle attitude. Lui qui était toujours si sûr de lui et affreusement intimidant, le voilà qui était embarrassé et hésitant. Je ne pus m'empêcher de trouver ça mignon et d'être attendrie.

« Tu comptes rentrer tard ? » Demandai-je en me dirigeant vers le comptoir, là où se trouvait une assiette de toasts.

J'essayais d'ignorer les sensations que sa présence et sa proximité m'insufflaient mais c'était peine perdue, il me déstabilisait toujours autant.

« Je ne pense pas, mais on n'est jamais sûr de rien. »

J'observais les toasts qui avaient une apparence… pas très rassurante étant donné qu'ils étaient tous entièrement noirs comme de la braise.

« Euh… Edward ? » Appelai-je dubitative. « Tout à l'heure quand tu as dit que tu avais fait des toasts, tu voulais pas plutôt dire que tu les as complètement cramés ? » Rectifiai-je en tournant la tête pour le regarder en haussant un sourcil.

Un sourire apparut au coin de ses lèvres et il rit brièvement.

« Ouais désolé. Je crois que je ne m'améliorerai jamais. »

Je me mordis la lèvre pour m'empêcher de rire.

« T'es désespérant. »

« Je sais. »

Il jeta un coup d'œil à sa montre et fronça les sourcils.

« Il faut que j'y aille. » Annonça-t-il en se dirigeant vers le salon.

Je le suivis avec hésitations. Il avait apparemment l'intention de partir sans explication ni quoi que ce soit à propos de ce que nous étions. Est-ce qu'au moins le fait que nous nous soyons embrassés hier et que nous ayons dormi ensemble changeait quelque chose ? Ou est-ce qu'au contraire il comptait faire comme si tout était parfaitement normal ?

Je l'observai en train d'enfiler sa veste avec prestance et ressentis comme un pincement au cœur en me rendant compte que malgré le fait qu'il ait été gêné tout à l'heure dans la cuisine, il avait réellement l'intention de m'ignorer et de s'en aller sans rien me dire du tout. J'avais envie de le secouer et de lui balancer à la figure tout ce que je contenais en moi, mais je me retenais car je savais qu'il le prendrait mal.

Je soupirai de désespoir tandis qu'il se dirigeait vers la porte. Il se tourna vers moi au moment d'ouvrir la porte et je me rendis compte qu'il était toujours embarrassé.

« Alors à ce soir. » Dit-il en me regardant mal à l'aise et hésitant.

J'hochai la tête, légèrement déroutée et troublée alors qu'il refermait la porte, me laissant seule avec des questions plein la tête.

Je restais un moment à observer la porte comme si j'espérais secrètement qu'elle se rouvrirait, qu'Edward referait son apparition et qu'il trouverait un moyen de me rassurer que tout ce qui s'était passé hier soir n'était pas insignifiant ni sans conséquences. Mais tout ceci était stupide pas vrai ? Il n'y avait pas de raison pour qu'il revienne sur ses pas et agisse de cette façon. Apparemment pour lui rien n'avait changé, j'étais toujours la petite Bella qu'il avait kidnappée et qu'il s'évertuait à repousser. C'était d'une ironie…

Je me passai une main sur le visage et commençai à me détourner, réalisant qu'il allait falloir que je me prépare un nouveau petit déjeuner étant donné qu'Edward l'avait complètement raté. Même si son geste était adorable, il était hors de question que je mange un truc qui a le gout carbonisé.

Et alors que je m'apprêtais à me diriger vers la cuisine, j'entendis la porte se déverrouiller soudainement et me retournai pour voir Edward qui refaisait surface dans l'appartement, sous mon regard le plus incrédule.

« Edward ? » Fis-je déroutée.

Son visage semblait déterminé, en parfait contraste avec son attitude précédente.

« En fait j'ai oublié un truc. »

Il s'avança vers moi d'un pas décidé et je n'eus pas le temps de le voir arriver vers moi qu'il empoigna mon visage subitement et que sa bouche s'écrasait sur la mienne avec violence.

Je gémis tant j'étais prise au dépourvu et lorsque l'information se fraya un chemin jusque dans mon cerveau, un sourire se forma sur mes lèvres à mesure que je prenais conscience qu'il était revenu et que non, il n'avait pas oublié. Je crois que j'étais la fille la plus heureuse de la ville à l'heure qu'il est !

Et je devais reconnaitre que j'adorais cette façon qu'il avait de m'embrasser, à la fois brusque et sauvage. C'était comme s'il cherchait à me posséder, ce qui était un peu inutile dans la mesure où je lui appartenais déjà, bien qu'il ignore encore jusqu'à quel point. Mais cette attitude ne m'étonnait pas de lui, je suppose que ça allait avec sa personnalité, et puis comme je l'ai dit, c'était loin d'être pour me déplaire.

Il finit par s'éloigner au bout d'un moment, à mon plus grand regret, et me regarda dans les yeux avec un sourire au coin des lèvres alors que j'étais éblouie, la bouche entrouverte.

« Tu devrais oublier plus de trucs. » Balbutiai-je décontenancée, la voix encore frêle.

« Et dire que j'ai failli partir sans faire ça… » Soupira-t-il amusé.

« C'est vrai que ça aurait été un véritable sacrilège. »

Son sourire s'élargit et il plongea à nouveau vers mes lèvres.

Je passai mes bras autour de son cou tandis que ses lèvres se faisaient moins agressives et plus douces au fil des secondes. Je ne pus me retenir d'esquisser un sourire contre sa bouche et j'inspirai son odeur à pleins poumons, je me sentais profondément soulagée comme si c'était ce que j'attendais depuis des années. Mes yeux se fermèrent touts seules et j'oubliai momentanément le monde extérieur pendant un long moment. Un très très long moment.

Il rompit malheureusement notre connexion et se recula légèrement, me laissant pantoise et presque à bout de souffle.

« Cette fois je dois vraiment y aller. »

« Euh… d-d'accord. » Bafouillai-je encore abasourdie et troublée par les derniers évènements.

Il m'accorda un dernier sourire avant de m'embrasser rapidement. Puis il se détourna et se dirigea vers la porte. Je le regardai partir en me mordant la lèvre inférieure. Lorsqu'enfin il disparut et que j'entendis la porte se verrouiller, je ne retins plus l'immense sourire qui barrait mes lèvres, tandis que j'étais à deux doigts de sauter de joie dans tout l'appartement.

Cette journée avait décidément bien commencé.

Je passai le reste de la matinée et l'après midi à tenter de faire abstraction de toutes mes divagations qui me ramenaient encore et toujours à la même chose. Ou plutôt devrais-je dire à la même personne. Après son départ j'étais restée un moment allongée sur le lit à rêvasser et à rejouer inlassablement les mêmes scènes encore et encore dans mon esprit. Je reconnaissais que j'avais une attitude d'adolescente, mais après tout c'est ce que j'étais. Peut importe que je cherche ou non à le nier, que j'aie vécu des trucs durs, et que je sois un peu plus mûre mentalement que la plupart des personnes de mon âge à cause des situations auxquelles j'ai dû faire face. J'étais toujours une jeune adolescente de dix sept ans en train de vivre sa toute première expérience amoureuse. Et outre le fait qu'il soit un tueur à gages de huit ans mon ainé et que nous ne soyons pas du tout compatibles, cette situation me rendait quand même extatique et me donnait l'impression de flotter sur un nuage.

Après avoir pris la décision de faire enfin quelque chose de ma journée, j'avais essayé de lire. Mais rien à faire je n'arrivais pas à me concentrer assez pour saisir la moindre phrase alors j'avais rapidement abandonnée. Je m'étais donc rabattue sur la télévision qui était mon dernier espoir de passer le temps de façon convenable. Et là encore j'étais incapable de suivre ce qui se déroulait sur l'écran plasma. Heureusement qu'Edward avait une pile de dvd. La plupart était des films d'action et de science fiction, aucune comédie, aucune histoire d'amour, aucun film dramatique, ni tragique à faire pleurer… Il était mon exact opposé.

J'avais donc opté pour un film bourré d'explosions, de courses en bagnole, de cascades où l'ont voit clairement les doublures, ainsi que des tas d'effets spéciaux. Je parvenais tant bien que mal à suivre l'histoire ô combien originale du film, mais ce n'était pas des plus glorieux étant donné que mon esprit était ailleurs.

En fin d'après midi, j'eus la surprise d'entendre le bruit d'une porte qui se déverrouillait et compris qu'Edward était rentré. Un sourire prit place sur mes lèvres tandis que je me levais, trépignant intérieurement.

« Tu rentres tôt pour une f… »

Ma voix mourut dans ma gorge et je ne pus finir ma phrase lorsque je me rendis compte que ce n'était pas Edward devant moi. La bulle de bonheur dans lequel j'étais jusque là plongée s'évapora bien vite et aussitôt mon sourire s'envola et la stupeur ainsi que l'appréhension prirent place sur mon visage qui se décomposait petit à petit.

J'eus un instinct de recul quand je reconnus la personne qui était devant moi. Je ne l'avais vu que deux fois et pourtant je l'aurais reconnu entre mille. Lui et sa grande taille, sa corpulence imposante et remplie de muscles, sa peau légèrement bronzée, ses cheveux bruns et courts, ses yeux noirs et vicieux, et enfin son air perfide.

L'indien prénommé Jacob.

Celui qui souhaitait me voir morte et qui avait auparavant tenté de me tuer.

« Bonjour Bella. » Salua-t-il d'une voix mauvaise.

Je reculai de quelques pas, le visage blêmissant de plus en plus.

« Oh non… » Murmurai-je pour moi-même, effrayée à l'idée de ce qui allait se passer.

Je ne cherchai pas à comprendre comment diable il avait fait pour avoir les clés et pour entrer, j'espérais juste que rien n'était arrivé à Edward. J'aurais dû me préoccuper de ce dernier, me demander s'il allait bien, mais pour l'heure tout ce que j'étais capable d'analyser était que Jacob était parvenu à entrer ici et qu'Edward n'était pas là pour me venir en aide. Et vu le sourire diabolique et méprisant qu'il arborait, je sus tout de suite qu'il ne venait pas pour bavarder.

Il ne restait plus qu'à compter le temps qu'il me restait…


MOUHAHA !

Ce que j'aime être méchante, si seulement je pouvais voir vos têtes ^^

Bon plus sérieusement, les choses ont pas mal bougé entre Edward et Bella non ? D'accord, y a l'apparition de Jacob qui menace de tout saccager mais... Ouais bon ok ça craint quand même xD

D'ailleurs pour ce qui est du passage dans la salle de bain où Edward lui raconte l'un des passages les plus sombres de sa vie, sachez que j'adapterai cette scène (c'est à dire le meurtre du gamin) en flash back plus tard dans la fiction, lorsque tout son passé avec Alice sera dévoilé car je compte bien vous montrer la façon dont Edward s'est fait enrôler par Aro Volturi et l'état d'esprit dans lequel il se trouvait ;)

Alors que va-t-il se passer ? Edward va-t-il arriver à temps ou Jacob lui a-t-il fait quelque chose ? Bella va-t-elle mourir ? Comment Jacob est-il parvenu à entrer ?

Je peux d'ors et déjà vous dire que le prochain chapitre sera plutôt haut en couleur et qu'il donnera lieu à quelque chose que vous attendez depuis fort fort longtemps... :D

Je n'en dis pas d'avantage, et si vous voulez un teaser n'oubliez pas de laisser une review ^^

Je vous embrasse fort et vous dis au prochain chapitre !

Votre Dévouée Popolove