Amis de fanfiction, bonjour !
Vous pouvez sortir le champagne, c'est l'heure d'un nouveau chapitre de "Murder in Chicago" !
Je ne sais pas comment vous remercier pour toutes vos magnifiques reviews, j'avais encore jamais eu autant de reviews pour un seul chapitre, même le premier chapitre en a eu moins ! Merci mille fois ça me touche énormément !
Il faut dire aussi que je vous avais laissés avec une fin... pas très gentille on va dire ^^"
J'aurais vraiment voulu poster plus rapidement malheureusement j'ai eu tous mes partiels ce mois ci donc je n'ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit d'autre que de réviser, j'espère que vous m'en excuserez.
D'ailleurs à ce propos j'ai reçu quelques commentaires qui se plaignent de ne pas avoir la suite et d'attendre trop longtemps et sans vouloir être méchante, je tiens à signaler que j'aie une vie en dehors de fanfiction et que je fais déjà tout mon possible en prenant sur le peu de temps libre que j'aie donc merci de le comprendre, d'autant plus que vous aurez remarqué que mes chapitres sont loin d'être courts...
Je remercie tout particulièrement ces deux charmantes filles : Mel77270 et Vidia27 pour m'avoir donné leur avis !
Enfin bref !
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Merci aux anonymes :
scorpionlove09 ; boo ; Agathe ; Martine16 ; lily-rose ; izzie ; Vro ; Phelie ; canada02 ; S ; fleurnyle ; melanie ; la fille ; amande ; Marie ; Laura ; karima ; Esther ; Lisa ; stephaniiie ; Julia ; Lola ; chris27 ; lola ; Klara ; PrincetonGirl818 ; chery bomb ; marie18 ; Elsa ; Soso ; Samantha ; Cline ; Marie ; luna ; Ophely Smith ; Lolita ; ocenanny ; audrey ; pluto1204 ; Ma Pauline et Liz
wendy : Oui lorsqu'Edward a dit cette phrase, je crois que j'ai perdu pas mal de monde lol Tu n'es pas la seule à penser que la mort d'Alice a un lien avec Aro mais je vais quand même rectifier le tir, non elle n'a absolument rien avoir ;) Comme je l'ai expliqué, Aro n'est apparu qu'après sa mort dans la vie d'Edward. Lorsque Bella et Edward passeront à l'acte la première fois, je ne pense pas que ce sera explosif xD Mais sûrement les fois d'après ;) Ne t'inquiète pas je ne t'en veux pas de penser à leur relation d'un point de vue physique, si tu veux tout savoir leur première fois risque d'arriver bien plus vite que tu ne le penses ^^
Hlne : Ne t'en fais pas Mme Holmes, moi aussi j'ai une vie je comprends que tu n'aies pas le temps ;) "Le guide des sentiments" serait pas mal comme cadeau à offrir pour Edward. Le problème c'est que je ne suis pas certaine qu'il l'appréciera... :( Bella la conquérante, j'aime ce nom ! T'as l'esprit médiéval à ce que je vois ! Tu veux dire que tu t'es vraiment achetée un calepin ? Arrête, je te crois pas :o Non Edward et Jasper ne sont pas faits pour rester fâchés... Mais malheureusement ils vont l'être pendant un petit bout de temps. Edward est assez rancunier dans son genre. Qui va sauver Bella ? Réponse dans ce chapitre, alors je te laisse lire ;)
Je tiens à préciser à tous les anonymes qui souhaitent recevoir des teasers, qu'il faut que vous me laissiez votre adresse mail dans votre review en pensant à mettre des espaces ou des parenthèses car ce site ne tolère pas les liens ;)
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J'ai vu que vous aviez des tas de suppositions, certaines se sont rappelés des caméras donnant sur l'entrée de l'appartement d'Edward que Jasper possédait... cependant je doute que Jasper puisse prévenir son ami s'il lui est arrivé quelque chose, enfin je ne dis rien, vous verrez bien, d'ailleurs je vous réserve une petite (grosse) surprise à la fin ^^
Enjoy !
Chapitre 17 : Combat
Pov Edward
oO "I Just Wanna Live" Oo – Good Charlotte
« Qu'est-ce qui t'arrive vieux ? »
La voix d'Emmett raisonnant dans l'habitacle confiné de la voiture me coupa de mes réflexions et me ramena au moment présent.
« De quoi tu parles ? » Demandai-je pris au dépourvu, ne voyant pas où il voulait en venir.
Il haussa les épaules tout en regardant la route, une main sur le volant.
« Bah je sais pas, t'arrêtes pas de sourire et c'est pas normal, d'habitude passes ton temps à tirer la tronche. »
Je fronçai les sourcils.
« Je souris pas. » Niai-je courroucé.
« Tu te fiches de moi ? Tu fais que ça depuis tout à l'heure ! Il s'est passé quelque chose en particulier dont je suis pas au courant ? »
Mon visage se décomposa et je blêmis.
« Non. » Marmonnai-je. « Absolument rien. »
Hors de question qu'Emmett n'apprenne ce qui s'est passé entre moi et Bella récemment. Je lui avais dit il y a à peine quelques jours que je mettrais tout en œuvre pour garder mes distances avec elle, pour qui est-ce que je passerais si j'annonçais maintenant qu'au final je lui avais cédé de façon ridicule ?
Non Emmett n'avait décidément pas besoin de savoir quoi que ce soit. Et puis je ne saurais pas du tout quoi lui dire. C'est vrai après tout, même moi j'ignorais où Bella et moi en étions. Je sais qu'on s'est embrassés la nuit dernière, et aussi que j'ai dormi avec elle… Mais tout ça c'était pas la première fois que ça arrivait. Rien ne me disait que ce qui s'est passé entre nous signifiait quoi que ce soit… Je pouvais très bien prendre mes distances avec elle à nouveau. Oui j'en étais parfaitement capable.
T'avais pas l'air d'être dans cette optique pourtant ce matin…
Je soupirai de lassitude, sachant que ma conscience avait raison – comme d'habitude – et que je me faisais des illusions. En réalité quoi que je décide ou que je veuille, j'étais tout bonnement incapable de me tenir loin d'elle. Hier je m'étais laissé complètement allé et j'avais laissé toutes mes résolutions au placard. Et j'en avais éprouvé un profond soulagement. Je ne m'étais pas senti aussi bien de cette façon depuis un sacré long moment. Laisser tomber toutes mes barrières et me laisser vivre sans me poser de question m'avait fait un bien fou, je crois qu'il n'y avait vraiment que Bella pour être capable de me faire ressentir ça. Quant à ce matin, j'avais simplement voulu prolonger cet instant de plénitude que j'avais ressenti. Et quand je me remémore le sourire qu'elle avait arboré, je ne pouvais regretter quoi que ce soit.
Je ne savais pas ce qui allait se passer maintenant, tout ce que je savais c'est que toute la journée j'ai eu envie de la retrouver et que là je n'avais qu'une hâte, c'était de l'embrasser à nouveau, peu importe les conséquences que cela pourrait engendrer.
« Tu vois tu le refais encore ! »
Je clignai des yeux et me tournai vers Emmett qui me lorgnait du coin de l'œil, me concentrant à nouveau sur l'instant présent.
« Quoi ? »
« Ce sourire de débile ! » S'exclama-t-il incrédule.
Je me redressai sur mon siège et me raclai la gorge avec embarras.
« C'est faux je souris pas. » Répétai-je une nouvelle fois.
« Bien sûr que si tu souris ! Me prends pas pour un con je le vois ! »
« Et qu'est-ce qui te prend aujourd'hui de jouer les observateurs ? » Éludai-je avec irritation.
« Pas besoin d'être observateur pour remarquer ta tête d'imbécile. »
« Retraite-moi encore une seule fois d'imbécile et je te fais mordre la poussière ! » Incendiai-je.
« Et toi dis-moi ce que t'as ! Je te jure Edward ça me stresse de te voir enjoué, tu m'as pas habitué à ça. »
« Moi enjoué ? Non mais tu délires ou quoi ? Inutile de parler si c'est pour dire des conneries ! »
« Mais je dis pas des conneries ! Bon sang tu ferais mieux de te regarder dans un miroir, parce que t'as la même tête que moi juste après que Rosalie et moi on ait… »
Il s'arrêta de parler subitement tout en me dévisageant avec une profonde incrédulité, comme s'il venait de comprendre quelque chose.
« Oh mon dieu… » Murmura-t-il choqué. « Il s'est passé un truc avec Bella ? C'est pour ça que t'as une tête de con ? »
J'ouvris la bouche, puis la refermai. Merde, est-ce que je venais réellement de me faire cramer par Emmett ? Par Emmett ? !
« Pas du tout. » Mentis-je avec agacement tandis que nous arrivions en face de mon immeuble.
« T'es bien sûr de ça ? » Renchérit-il en haussant un sourcil suggestif.
Je secouai la tête, me retenant de grogner. Je reportai mon attention sur le paysage devant moi et quelque chose interpella mon regard. Mon front se plissa et je redevins sérieux subitement.
« T'as vu la Chevrolet là bas ? » Lui demandai-je avec étonnement, sans quitter cette dernière des yeux.
« Edward, je te parle de Bella et toi tu me parles de camionnette ? »
« Je suis sérieux Emmett, regarde ! »
« Et bah quoi ? Qu'est-ce qu'elle a de si particulier cette bagnole ? Elle est mal garée c'est ça ? » S'impatienta-t-il en suivant du regard la direction que je lui montrais avec mes yeux.
« Elle te dit pas quelque chose ? »
Il haussa les épaules, puis une lueur de compréhension traversa son visage et il eut une soudaine illumination.
« Attends une minute… Ce serait pas la voiture de Jacob Black ? »
Mes craintes se confirmèrent et je sentis soudainement la colère monter en moi.
« Il est ici. » Susurrai-je entre mes dents sans dissimuler ma haine.
« Y a un truc que je comprends pas, qu'est-ce que Jacob Black pourrait bien foutre dans ton immeuble ? » S'enquit Emmett paumé.
Je secouai la tête, ne sachant pas du tout quoi lui répondre, avant de me rappeler de la dernière fois qu'il était venu ici. La colère que je ressentais laissa alors place à de l'appréhension et de la crainte que je ne parvins pas à camoufler.
Mes yeux se rétrécirent et je me tournai vers Emmett avec effroi.
« Merde, Bella ! » M'écriai-je paniqué.
Je défis rapidement la ceinture qui me retenait prisonnier et sortis du véhicule en trombe, ne pouvant rester une seconde de plus ici. Bon dieu si ce salopard avait osé poser ses mains sur elle et lui faire quoi que ce soit, je jure que je ne répondrais plus de rien. Ce sale chien allait le regretter. Il allait même le payer très très cher.
M'avançant vers l'immeuble, je sentis la grosse main ferme d'Emmett se poser sur mon avant bras.
« Attends Edward, c'est peut être juste une erreur, si ça se trouve tu paniques pour rien. » Tenta-t-il d'une voix étonnamment raisonnable.
Je me tournai vers lui sans pouvoir contenir mon énervement.
« Tu l'as dit toi-même, cette voiture est celle de Black ! Et s'il est ici c'est forcément pour s'en prendre à Bella. »
« Mais il existe pas qu'une seule Chevrolet sur Terre ! Elle peut très bien appartenir à quelqu'un d'autre. »
« Alors comment expliques-tu le fait que je ne l'aie jamais vue ici ? Et que la peinture ainsi que le modèle soient identiques ! »
« C'est probablement un concours de circonstances. » Proposa-t-il.
Je secouai la tête, refusant de lui accorder le bénéfice du doute.
« Je ne crois pas aux coïncidences. » Susurrai-je haineusement.
« Et comment est-ce qu'il aurait pu entrer hein ? » Fit-il remarquer. « Il a pas de clé ni quoi que ce soit ! »
« J'en sais foutrement rien ! » Rétorquai-je agacé. « Mais je ne vais pas perdre une minute de plus à essayer de le savoir. »
« Écoute mec, t'es à cran je peux le comprendre, mais réfléchis au lieu de foncer tête baissée comme ça. »
« Il a déjà essayé de la tuer Emmett ! Je sais que si l'occasion se présentait il le ferait sans hésiter, et je ne peux pas rester calme en sachant qu'il est peut être là haut à lui faire Dieu sait quoi… »
Je me pinçai le nez tout en fermant les yeux, essayant d'extraire les images violentes qui m'assaillaient de mon esprit. Ces images qui me montraient ce que Jacob était susceptible de lui faire, ainsi que l'état dans lequel elle pouvait se trouver. L'idée que Bella puisse être blessée ou pire, c'était impossible à envisager, rien que d'y songer déclenchait en moi une haine irrépressible envers ce connard de Jacob Black.
Relevant les yeux vers Emmett, je le dardai d'un regard à la fois sérieux et dur.
« Appelle Rosalie et dis-lui de venir. » Ordonnai-je froidement.
Il fronça les sourcils.
« Et je peux savoir pourquoi tu veux qu'elle vienne ? »
« Parce que Bella aura besoin de quelqu'un, et elle ne voudra probablement pas me parler une fois que j'aurais tué ce salopard devant elle. » Lâchai-je méchamment avant de me détourner sans attendre de réponse.
« Quoi mais… Attends Edward ! »
« Fais ce que je te dis Emmett. » Dis-je en m'engouffrant à l'intérieur de l'immeuble.
Je ne pris pas la peine d'appeler l'ascenseur, n'étant pas du tout patient et incapable de rester en place en sachant que Jacob se trouvait sûrement chez moi. Montant les escaliers quatre à quatre, je m'imaginais mille et un scénarios dans ma tête quant à ce qui pouvait se produire. Bordel et s'il était là depuis longtemps ? Et si j'arrivais trop tard ?
Si ça se trouve Emmett avait raison, je me faisais des films… Après tout c'est pas parce que Jacob a une Chevrolet du même modèle, et de la même couleur…
Dans tous les cas je ne pouvais pas prendre le moindre risque, si je me trompais et que Bella allait parfaitement bien, alors tant mieux, mais je m'étais juré de la protéger, c'était d'ailleurs devenu le principal but de ma misérable existence. Même si cela signifiait que j'allais perdre tous les bons points que j'avais gagnés jusqu'à maintenant. Parce qu'il était clair qu'elle ne serait pas aussi souriante que ce matin lorsqu'elle m'aura vu assassiner cet enfoiré. Je pouvais vivre avec l'idée qu'elle me détestait, si ça voulait dire qu'elle était protégée et sauve. Quoi que maintenant… j'ignore si je serais vraiment capable de supporter son aversion envers moi, peut être que ce ne serait pas aussi facile vu à quel point je m'étais attaché à elle.
Je suppose que si Bella devait un jour se mettre à me haïr, je m'efforcerais de l'accepter.
Mais l'heure n'était pas aux suppositions, plutôt aux agissements. Le simple rappel que Bella pouvait se trouver toute seule face à Jacob Black me fit l'effet d'une piqure de guêpe et j'accélérai le pas, gravissant les marches de plus en plus rapidement de sorte à arriver plus vite. J'espérais de tout cœur qu'il ne lui était rien arrivé, j'aurais même voulu qu'Emmett ait raison tiens ! Tout ce que je voulais était qu'elle aille bien et que Black ne l'ait pas touchée. Je savais que je ne le supporterais pas s'il lui était arrivé quelque chose, Bella représentait bien plus qu'une simple jeune fille pour qui j'ai eu de l'affection, elle était… En fait j'en sais rien, elle était juste elle, et ça me suffisait pour que je n'aie pas envie me justifier.
J'arrivais enfin à mon étage et tous mes doutes se confirmèrent lorsque la première chose que je vis fût la porte de mon appartement laissée ouverte.
Seules deux personnes étaient susceptibles d'ouvrir cette porte. Moi – et je jure que je n'avais absolument rien avoir avec ça – et Jasper. Il n'y avait aucune raison pour que ce dernier décide de me rendre visite étant donné qu'on ne se parlait plus et il n'aurait certainement pas laissé la porte ouverte s'il était venu ici. Ce qui ne laissait plus qu'une supposition, quelqu'un avait réussi à entrer. Et ce ne pouvait être que Jacob Black.
Ce putain de connard d'enfoiré de merde de Jacob Black.
Je ne savais pas du tout par quel moyen il avait réussi à rentrer chez moi, et à vrai dire je ne cherchais pas à le savoir, tout ce que j'étais capable d'analyser à l'instant même était qu'il était seul avec Bella, et que j'ignorais depuis combien de temps. Ma main se posa automatiquement sur le pistolet accroché à ma ceinture et mes doigts agrippèrent son manche silencieusement. Je ressentais une envie de meurtre, une sombre et profonde envie de meurtre qui ne m'avait pas effleuré autant l'esprit depuis longtemps. À dire vrai, ce désir m'avait presque manqué. J'avais l'impression d'être redevenu celui que j'étais avant que la petite Bella ne fasse irruption dans mon insipide existence. Cela faisait peut être un moment que je n'avais pas réussi à descendre quelqu'un sans hésiter, mais si Jacob se trouvait devant moi à l'instant même, je n'aurais aucune pitié pour lui.
Je franchis en silence le seuil de l'appartement et commençai alors à paniquer. Tout était bien trop calme… Depuis combien de temps était-il là ? Bon sang faites qu'il n'est rien arrivé à Bella, c'est tout ce que je demandais. La simple idée que Jacob ait eu le temps d'accomplir son œuvre et que Bella ne soit plus qu'un pâle cadavre gisant par terre, c'était bien trop difficile à imaginer rien que l'espace d'une seconde. La colère que je contenais se renforça et ma main se resserra sur le manche du revolver avec plus de rigidité. Je savais que je devais être blanc comme un linge et que mon visage ne devait pas exprimer grand-chose mis à part mon inhumanité habituelle que j'avais eue tant de mal à retrouver ces derniers mois. Mais pour le coup j'en étais soulagé, au moins tout instinct meurtrier ne m'avait pas complètement déserté, et puis je n'aurais pas supporté de me retrouver faible face à ce salopard.
Puis un cri se fit entendre, provenant du fond de l'appartement.
Lorsque j'identifiai ce hurlement comme appartenant à Bella, je ne pus contenir la joie qui me submergeait. Au moins elle était vivante, et vue le cri qu'elle venait de pousser, elle était pas inconsciente non plus. J'entendis le bruit fracassant d'une porte qu'on défonçait et à nouveau son hurlement strident. Cette fois je reconnus l'endroit d'où il provenait, il s'agissait de mon bureau.
Sans attendre une seconde de plus, j'avançai à grandes enjambées jusqu'au couloir menant à la dite pièce en question, tâchant de faire le moins de bruit possible. Je ne préférais pas alerter Black de ma présence car à mon sens, la surprise avait toujours été la meilleure des attaques. J'ôtai le revolver de ma ceinture et m'en emparai pour le charger, puis je m'approchai du bureau, observant la porte qui avait été fracassée, tout en tenant le pistolet contre moi. Je devinais que Bella avait dû chercher à se protéger en s'enfermant ici et qu'il était parvenu à défoncer la porte juste au moment de mon arrivée. C'est pour ça que je n'avais entendu aucun bruit lorsque j'étais entré. La pauvre devait vraiment être terrorisée à l'heure qu'il est, seule et sans défense face à ce baraqué. Je ne voyais pas l'état dans lequel elle était – bien que je pouvais entendre ses faibles gémissements effrayés de là où j'étais positionné – mais j'avais réellement mal pour elle. C'était dans ces moments là que je me rendais compte à quel point je me souciais d'elle.
Mais il allait payer. J'allais saigner ce sale chien de la même manière qu'on égorge un poulet. Sans grâce, sans indulgence, sans compassion, sans gentillesse ni sans la moindre pitié.
Me positionnant à coté de l'encadrement, je pus jeter un coup d'œil à l'intérieur de la pièce. Elle était presque ravagée. Plusieurs bouquins étaient tombés par terre et la porte était allongée au sol. Cependant ce qui me peinait le plus, c'était ce que je voyais au milieu de la pièce. Bella cherchant désespérément à se défaire de toutes ses forces de la prise de cet indien baraqué qui la maintenait avec un bras juste en dessous de son menton pour l'empêcher de respirer, comme s'il cherchait à l'étrangler. Il avait l'air de jubiler et d'être fier de son comportement, alors que j'avais juste envie de le buter pour avoir osé lui faire mal.
Lorsque je vis son visage, déformé par la douleur qu'elle devait éprouver, je fus pris d'une rage irréductible et mon sang bouillonna en moi. Ne pouvant plus tenir plus longtemps, je fis irruption dans la pièce, interrompant ce qu'il était en train de lui dire d'une voix sèche.
« Jacob ! » Hurlai-je en pointant mon flingue droit devant lui.
Cela eut le don de le faire réagir et il releva la tête vers moi, un grand sourire barra ses lèvres.
« Tiens mais regardez qui voilà ! » S'exclama-t-il d'une voix forte, l'air presque… enjoué. « Edward Masen qui a décidé de venir jouer au héros, si c'est pas mignon ça. »
Je tiquai sur le mot « héros », mais me repris bien vite en voyant les yeux embués de Bella qui faisait tout pour se retenir de pleurer. Cette dernière me regardait avec la bouche presque entrouverte et me suppliait des yeux.
« Edward… je suis désolée » Murmura-t-elle d'une voix presque étouffée, brassant de l'air. « Il est arrivé comme ça et… »
« Ne dis rien Bella. » La coupai-je afin qu'elle économise son souffle.
Bon sang était-elle vraiment en train de s'excuser ? Pourquoi ? Parce qu'un malade était à ses trousses ?
Quelque chose ne tournait pas rond chez elle…
« Je m'occupe de lui. » Susurrai-je froidement en me tournant vers le concerné qui n'avait pas bronché.
« Ne fais comme si c'était toi qui avais le dessus. » Rétorqua-t-il dédaigneux.
« Ça suffit, lâche-là et barre-toi de mon appart avant d'aggraver ton cas. » Ordonnai-je sèchement en espérant bêtement qu'il accepterait aussi facilement.
Bien évidemment il était hors de question qu'il ne se barre véritablement de mon appartement en étant encore vivant, parce que dès que je me serais assuré qu'il ait bien relâché Bella, j'hésiterai pas à lui tirer dessus.
« J'ai mieux à proposer. » Ricana-t-il.
Il brandit un revolver de sa main libre et colla l'objectif sans délicatesse sur la tête de Bella, qui ferma les yeux à la sensation du contact avec le revolver.
« Et si je la tuais plutôt ? »
Ma prise sur le manche se raffermit et mes jointures se mirent à blanchir tandis que j'avais les yeux rivés sur son pistolet qui la menaçait, me retenant de ne pas bondir comme un lion prêt à sortir de sa cage. Je savais qu'au moindre geste brusque ou agressif, Jacob serait susceptible de faire un mauvais mouvement et d'appuyer sur la détente. C'était la vie de Bella qui était en jeu, je ne pouvais pas agir de façon non préméditée. Dommage, j'aurais volontiers aimé le faire à la sauvage, à savoir lui sauter dessus, le réduire à l'état d'agonie et lui tirer une balle dans les testicules, juste avant de finir par le tuer…
Mais s'il préférait le bon gros cliché hollywoodien de la fille en otage, qu'à cela ne tienne.
Un rictus se forma sur mes lèvres et je fis mine de prendre une attitude détendue.
« Pointer ton arme sur sa tête… » Dis-je en secouant la tête comme si j'étais amusé. « C'était pas très malin. En fait tu viens juste de commettre la pire erreur de toute ta vie. » Terminai-je la voix dure et le regard implacable.
« Ah bon une erreur ? Je trouve au contraire que c'est une putain de bonne idée, parce que si tu bouges je la descends. » Menaça-t-il sérieusement.
« Tu seras mort avant d'avoir eu le temps de tirer espèce de couillon. » Assurai-je sans l'ombre d'un doute.
Jacob ignorait à quel point j'étais prêt à tout pour la protéger, il ne savait pas que j'étais capable d'y laisser ma vie rien que pour sauver la sienne, ni que la seule raison qui m'empêchait de lui tirer dessus à cet instant, c'était parce qu'il tenait Bella et que je ne voulais pas prendre le risque qu'elle soit blessée. Jamais je ne pourrais accepter que lui ou que quelqu'un d'autre la touche, et je ne lui laisserai pas l'opportunité d'appuyer sur la détente.
« Couillon ? » S'écria-t-il en resserrant son bras sur le cou de Bella qui se mit à gémir de protestation.
Elle était en train de suffoquer et se débattait sans relâche alors qu'elle savait parfaitement que cela était inutile.
« C'est moi que tu traites de couillon ? » Répéta-t-il avec austérité. « C'est pas moi qui me retrouve à avoir le béguin pour une conne je te signale ! »
« Et en plus tu l'insultes… C'est bien, augmente ta dette un petit peu plus, elle est pas encore assez élevée. » Ironisai-je avec un léger rire dénué d'humour.
« Arrête de te foutre de ma gueule Masen ! » Tonna-t-il d'une voix tonitruante.
« Ou sinon quoi ? Tu vas la tuer c'est ça ? » Provoquai-je ouvertement.
Gagner du temps en le faisant parler, voilà ce qui fallait faire. Dire qu'il y a encore quelques temps j'aurais pas du tout pensé à cette façon de procéder… Qu'est-ce que cette fille m'avait fait pour que je m'assagisse à ce point ?
« Tu insinues que j'en suis pas capable ? » Demanda-t-il méchamment.
« J'insinue rien du tout. Seulement t'avais l'occasion de la liquider avant que je n'arrive et tu l'as toujours pas fait. » Répliquai-je sur le même ton.
« Je pouvais pas ! Elle s'était enfermée ici, j'ai perdu du temps à défoncer cette putain de porte ! »
Mon regard se posa sur Bella qui tentait tant bien que mal de respirer et qui me regardait d'un air craintif. Mes lèvres s'étirèrent en un léger sourire.
« Bella est une fille pleine de surprise. » Murmurai-je sans la quitter des yeux.
Cette fille ne s'était jamais comportée normalement, alors c'est pas étonnant qu'elle lui ait donné du fil à retordre. D'ailleurs j'étais même plutôt fier d'elle. Prendre la décision de fuir s'enfermer dans la seule pièce entièrement verrouillée de l'appartement, c'était probablement l'idée la plus brillante – ou plutôt la seule – qu'elle ait jamais eue.
« Te laisser attendrir par une gonzesse, comment t'as pu tomber aussi bas ? »
La voix dégoutée de Jacob me ramena au moment présent et le sourire présent sur mon visage disparut aussi sec.
« Tu ne sais pas de quoi tu parles. » Lui dis-je en reportant mon attention sur lui.
« Je vous ai vus Edward ! » S'énerva-t-il à bout de nerfs.
La main qui tenait son pistolet flancha légèrement et je me tins à l'affut du moindre mauvais mouvement, craignant qu'il dérape.
« Je vous ai vus à Noël, la manière dont vous vous comportiez, les regards que tu lui lançais… C'était écœurant. » Cracha-t-il avec répulsion.
Je fronçai les sourcils. Ainsi donc c'était lui qui nous avait espionnés ce jour là… Encore un élément à ajouter à la longue liste de ses représailles.
« Pourquoi est-ce que ça te touche à ce point ? T'es jaloux ? » Lançai-je, histoire de le foutre en rogne encore un peu plus car le rendre vulnérable me donnait l'avantage. « Parce que si c'est le cas, un conseil va te trouver une autre nana tout de suite, celle-là est à moi. »
Mes doigts se resserraient sur le manche de mon neuf millimètres et mes yeux le toisaient avec hostilité.
« Et je partage pas ce qui m'appartient. » Lâchai-je durement.
« Je t'ai dit d'arrêter de te foutre de ma gueule ! » Incendia-t-il en serrant son bras contre le cou de Bella plus fortement.
Cette dernière se mit à gémir et elle agrippa son bras pour tenter de le dégager en vain. J'eus beaucoup de mal à garder mon visage impassible face à ce spectacle des plus déplorables. Je ne supportais pas de la voir souffrir de cette manière mais d'un autre coté, je ne voulais pas non plus me montrer faible devant Jacob. S'il voyait que lui faire du mal m'atteignait plus que cela n'aurait dû, il en tirerait profit.
« Relâche-là Jacob, toi et moi savons très bien que tu n'es pas capable de la tuer. » Dis-je le plus calmement que je pouvais, me retenant de lui sauter au cou.
« Tu crois vraiment que me sous-estimer maintenant est une bonne idée ? »
« Regarde les choses en face ! Si t'en étais réellement capable tu l'aurais fait depuis longtemps ! T'es venu ici dans l'idée de la buter mais t'es même pas fichu de faire quoi que ce soit ! »
« La ferme ! »
« Je sais ce que c'est, il fut un temps où j'étais à ta place, où j'étais jeune comme toi et où j'avais la trouille de me servir d'un flingue. »
« J'ai pas peur d'utiliser un flingue ! » Protesta-t-il.
« Je sais que tu n'as encore jamais tué personne, t'es juste un gamin qui suit aveuglément Aro, exactement comme moi il y a quelques années. » Renchéris-je en ignorant sa remarque. « Le premier meurtre de sang froid que tu commets, tu t'en souviendras toute ta vie, et crois-moi Jacob, tu ne voudras pas avoir la mort d'une jeune fille innocente sur la conscience pour le restant de tes jours. »
Mes propos eurent l'air de l'atteindre puisque je le vis hésiter. Sa main qui tenait le manche était en train de trembler légèrement. Ses yeux n'étaient plus remplis de colère, ils semblaient un peu perdus et troublés. À ce moment là j'eus presque pitié de lui.
Presque.
Il était en plein conflit avec lui-même, probablement à se demander s'il devait me croire ou non. Puis il sembla se raviser.
« Cette fille en a vu trop, elle doit mourir ! » Tenta-t-il d'une voix désespérée.
« Putain mais tu pouvais pas juste lâcher l'affaire ? Je t'ai dit que cette fille n'était pas ton problème, alors pourquoi a-t-il fallu que tu te ramènes à nouveau ici ? ! »
J'avais élevé la voix, ne pouvant tout simplement plus tenir. Cette conversation durait beaucoup trop longtemps, j'avais envie d'en finir avec cette vermine une bonne fois pour toutes, tirer dans le tas, me défouler, peu importe tant qu'au final il était mort. La patience et le calme n'avaient jamais été mon fort, et ce con prenait un malin plaisir à pousser mes limites à bout.
« Parce qu'elle est dangereuse pour nous ! »
« Bella ne dira jamais rien à qui que ce soit. » Affirmai-je sûr de moi.
« Et qu'est-ce que t'en sais ? » Lança-t-il avec arrogance.
Je tournai la tête vers Bella qui apparemment ne m'avait toujours pas quitté des yeux depuis que j'avais fait irruption dans la pièce. Elle manquait d'air mais elle lutait pour ne pas céder à la panique. En fait je la trouvais étonnamment calme pour une fille menacée de mort. Elle était immobile et avait arrêté de se débattre. En réalité la seule chose qu'elle se contentait de faire, c'était de m'observer, tout en me suppliant silencieusement des yeux de la sortir de là. Du moins je supposais que c'était pour ça qu'elle me suppliait, vu qu'avec elle on ne sait jamais à quoi s'attendre…
« Parce qu'elle m'aime. » Répondis-je en la regardant dans les yeux.
Elle entrouvrit la bouche, ne s'attendant sûrement pas à une telle affirmation de ma part, puis la referma et finit par baisser les yeux. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien penser à cet instant, c'était réellement frustrant de ne pas savoir.
« Qu'est-ce qui me dit qu'elle est pas en train de te manipuler ? » Accusa-t-il.
Je souris et reportai mon attention sur lui.
« Tu peux me faire confiance là-dessus, je ne suis pas quelqu'un qu'on peut se permettre de manipuler. »
Plus maintenant, aurais-je voulu ajouter.
Il me toisa sévèrement tandis que je me retenais de rire. Ce gamin était pathétique et ridicule en même temps, comme s'il espérait pouvoir m'intimider ou avoir le dessus sur moi. Pauvre Jacob.
« Si je la tue, je m'en voudrais vraiment ? » Demanda-t-il finalement avec appréhension.
« Tu n'as pas idée. » Marmonnai-je acide. « Ça te poursuivra partout, que ce soit dans ton sommeil ou pendant que t'es éveillé, tu ne seras plus jamais le même Jacob. »
« Tu parles en connaissance de cause ? »
« À ton avis ? »
Il ne répondit pas, se contentant de me fixer longuement le visage plein d'hésitations. Je devais reconnaitre que je me reconnaissais un peu en lui. Il y a plus de six ans c'était moi qu'on avait formé et conditionné pour être un type sans état d'âme. C'était moi qui m'étais retrouvé à sa place et qui avais été contraint d'abattre un pauvre gosse à peine cinq ans plus jeune que Bella. Je n'oublierai jamais ce moment là, et je savais que Jacob n'oublierait jamais cet instant non plus s'il était amené à tuer Bella.
Ce qu'il n'aura bien évidemment pas la chance de faire.
Après ce qui me sembla une éternité, son visage se dérida et il commença à céder. Il tenait son arme avec maladresse, et se mettait à l'abaisser. Je me retins de pousser un grand et profond soupir de soulagement lorsque son revolver fut le long de son corps, ce qui signifiait que la vie de Bella n'était plus menacée.
Le bras qui lui ceinturait le cou défit sa prise petit à petit, lui permettant de respirer et de s'échapper de son emprise. Bella ne se fit pas prier et repoussa son bras violemment pour se dégager. Un éclat de fureur passa dans ses prunelles, puis elle fit une chose à laquelle je ne me serais jamais attendu de sa part.
Elle se tourna vers Black et lui colla un coup de poing sur le visage.
La tête de l'indien se tourna vers la droite et il poussa un léger gémissement plaintif, avant de jurer et de se masser la joue, tandis que j'avais la bouche ouverte d'incrédulité. Et alors que je crus qu'elle allait s'arrêter là pour s'éloigner et revenir vers moi après s'être défoulée, elle n'en fit rien.
Au lieu de ça elle ne lui laissa pas le temps de digérer et lui asséna un coup de pied bien placé, en plein dans ses parties génitales. Jacob poussa un hurlement de douleur et se courba, proférant des insultes à tout va, alors que j'étais scotché. Dans d'autres circonstances j'aurais probablement ri de la situation, mais pas dans le cas présent. J'étais bien trop énervé et de plus, j'avais des comptes à régler.
Lorsque je vis que Bella s'apprêter à récidiver, je décidai de la stopper.
« C'est bon Bella, laisse-le. »
Ce connard était susceptible de vouloir se venger si elle ne s'éloignait pas tout de suite de lui. Après tout elle lui avait foutu un coup dans les couilles quand même, si ça n'avait pas été Bella et que j'avais été à la place de Jacob, j'aurais pas hésité à déglinguer l'enflure qui m'a fait ça.
Bella se retourna vers moi, l'air aussi choquée que moi de ce qu'elle venait de faire.
« Euh… désolée… » S'excusa-t-elle une nouvelle fois, à croire qu'elle savait faire que ça. « Il m'avait vraiment contrariée. »
« Je sais mais il est temps d'en finir avec lui. » Annonçai-je sérieusement.
Elle fronça les sourcils d'incompréhension.
« En finir ? Mais qu'est-ce que tu v… »
Je ne lui laissai pas le temps de finir sa phrase que je reportai mon attention sur Jacob, toujours courbé et en train de souffrir. Je jetai un coup d'œil à mon revolver qui n'avait pas dévié de sa trajectoire depuis que je l'avais sorti et brandi en face de Black. Puis sans même réfléchir, j'appuyai sur la détente.
J'entendis Bella pousser un cri mais n'y accordai pas la moindre attention. Jacob se retrouva à terre, une balle logée près de son épaule. Il poussa un long gémissement alors que je m'approchai de lui lentement, toute trace d'humanité envolée. J'arrivais à sa hauteur, le toisant de haut, et vis que son visage était déformé par la douleur, ce qui me rappela le visage que Bella avait arboré tout à l'heure, avant que je n'entre dans le bureau.
Je ressentis comme un nouvel élan de colère à l'intérieur de moi, et je savais que je n'allais pas tarder à exploser. La dynamite était allumée, je n'avais plus qu'à faire « boum ».
Jacob me regarda tandis que je dirigeai mon neuf millimètres vers le haut de son visage et que mes yeux étaient noirs et avides de vengeance.
« Tu n'as jamais eu l'intention de me laisser la vie sauve pas vrai ? » Dit-il d'une voix haletante, coupée par plusieurs respirations hachurées.
Mon visage devait probablement être un masque rempli de cruauté et d'insensibilité à l'heure qu'il est.
« T'aurais jamais dû t'en prendre à elle. » Lâchai-je d'une voix féroce. « Je t'avais dit que pointer ton arme sur elle avait été la pire erreur de ta vie. »
« Mais je l'ai pas tuée… » Murmura-t-il faiblement.
Son visage était en sueur, du sang provenant de son épaule touchée par la balle se répandit sur son teeshirt, alors qu'il avait recouvert cet endroit là par une de ses mains, appuyant comme si ça allait l'aider à avoir moins mal.
« Je t'avais prévenu Jacob. » Susurrai-je glacial et impitoyable. « Que si jamais je te voyais à nouveau à moins de vingt mètres d'elle, je te descendrais sans hésiter. »
« Edward… » Entendis-je la voix de Bella me supplier. « Arrête je t'en prie. »
« Et je tiens toujours parole. » Achevai-je violemment, l'ignorant complètement.
Je ne tins pas compte du regard implorant qu'il me lançait et tirai une deuxième fois sans ménagement, ni sans plus de cérémonie. Une balle vint se loger au-dessus de son nez, juste entre les yeux, et l'instant d'après, il était mort.
Son visage se tourna et ses yeux restèrent ouverts, sans vie, inexpressifs. Je fus vaguement conscient du hurlement d'horreur provenant de Bella. Toute mon attention était dirigée sur lui, cet enfoiré que je venais d'abattre. Pour la première fois depuis des mois, je n'avais pas hésité. Je n'avais pas sourcillé, je n'avais pas fait preuve de pitié ni de compassion, et je n'avais pas fermé les yeux. Et le pire était que je ne regrettais rien. Absolument rien.
C'est à ce moment là que je réalisai que l'influence que Bella pouvait avoir sur moi était à double tranchant.
Elle pouvait me rendre humain et inoffensif, mais à cause d'elle je pouvais également me transformer en monstre sanguinaire, dès lors que quelqu'un lui voulait du mal. C'était légèrement flippant mais ans un sens j'en étais tout de même soulagé. Parce que je venais d'avoir la preuve que je n'étais pas devenu si inutile, ni complètement faible.
« Oh mon dieu… »
La voix mortifiée de Bella me ramena à la réalité. Je me tournai vers elle et la vis qui avait les yeux au bord des larmes. Elle avait le regard rivé sur le cadavre, sa respiration était haletante et son visage bouleversé. Me rendant compte de la situation, je compris que pour elle, j'avais franchi la limite du supportable.
« Bella ? » L'appelai-je doucement.
Mon visage était redevenu normal, mon insensibilité ayant disparu dès lors où j'avais entendu sa voix. Je la regardai avec inquiétude, ne sachant pas si elle allait bien ou non, tandis qu'elle avait une main sur son cœur et qu'elle ne semblait pas se remettre du spectacle auquel elle venait d'assister.
« Tu… tu l'as… Il est… »
« Bella. » L'interrompis-je en m'approchant d'elle.
Je posai mes mains sur ses épaules et la fixai avec sérieux. Elle détourna les yeux du corps de Jacob et me regarda affligée, la bouche à moitié ouverte.
« Tu l'as tué. » Accusa-t-elle révulsée.
« Ce type t'a agressé et a tenté de te tuer. Je pouvais pas le laisser s'en tirer. » Me justifiai-je.
« Mais tu l'as tué ! » Répéta-t-elle consternée, laissant sa panique prendre le dessus.
« Bella regarde-moi. » Exigeai-je en voyant qu'elle commençait à s'affoler et à perdre pied.
Elle secoua la tête et détourna les yeux.
« Non. » Réfuta-t-elle, la voix presque sanglotante.
« Bella… »
« Non ! »
Elle tenta de se débattre et s'agitait comme une forcenée.
« Regarde-moi ! »
Je ne voulais pas élever la voix mais c'était elle qui me forçait à le faire. Elle était en état de choc, il fallait absolument lui faire retrouver la raison. Elle se stabilisa et écarquilla les yeux, puis finit par obtempérer, relevant la tête pour me regarder, le visage apeuré. Génial… maintenant elle avait peur de moi…
Je posai une main sur sa joue et approchai mon visage du sien, la vrillant d'un regard que j'espérais assez intense pour qu'elle comprenne ce que j'essayais de lui dire.
« Il devait mourir. » Tranchai-je finalement, accentuant chaque mot.
Elle me scruta sans un mot. À cet instant j'aurais sûrement tout donné pour avoir accès à ses pensées. Je ne savais pas ce qu'elle pensait, tout ce que je présumais était qu'elle devait m'en vouloir. Je venais d'abattre un nouveau type devant ses yeux, pour qui elle devait me prendre maintenant ? Et puis merde je lui avais criée dessus ! Comment j'allais réparer ça ?
Son visage était toujours indéchiffrable, et pourtant on pouvait y voir une palette d'émotions, allant de la peur à l'effroi, en passant par l'hésitation et la peine. Je me rendis alors compte de ce qui c'était produit aujourd'hui. Bella avait failli mourir. Merde si j'étais arrivé un poil en retard elle aurait pu trépasser, comment avais-je pu laisser ça arriver ? J'aurais dû prévoir que Black chercherait à s'en prendre à elle, il m'avait paru tellement suspect ces derniers temps…
Comment avais-je pu ne rien remarquer ?
Et Bella, comment avait-elle réagi lorsqu'elle l'a vu arriver tout à l'heure ? Elle avait dû être terrifiée… Et moi qui n'avais même pas cherché à savoir si elle allait bien, trop absorbé par mes pulsions meurtrières envers ce salaud. Je faisais vraiment tout mal… Pour pas changer de d'habitude.
« Est-ce que ça va ? » Demandai-je finalement en la regardant avec inquiétude.
Elle ne me répondit pas, sa bouche s'entrouvrant faiblement sans laisser passer le moindre son. Elle donnait l'impression d'être perdue, ce que je pouvais comprendre. Après tout elle avait subi pas mal de trucs aujourd'hui. Elle devait être vidée et exténuée. La journée avait pourtant si bien commencé… ce matin j'avais eu le loisir de la voir radieuse après que je me sois enfin décidé à l'embrasser et céder à mes envies, mais ce qui s'était produit après avait été un juste retour brutal à la réalité.
Le monde dans lequel je vivais, la vie que Bella était forcée à mener à cause de moi, nos différences… tout ce que ces derniers temps, nous avons fini par oublier.
Elle finit par hocher la tête, avant d'ouvrir la bouche plusieurs fois.
« Quand je l'ai vu arriver… j'ai eu peur qu'il te soit arrivée quelque chose. » Parvint-elle enfin à avouer, d'une voix dont le timbre était fragile.
Je fronçai les sourcils.
« Bella, on venait pour te tuer et c'est pour moi que tu t'inquiétais ? Mais d'où est-ce que tu sors toi ? »
Elle esquissa un sourire et je fus heureux de la voir se dérider. J'avais l'impression de pas l'avoir vue souriante depuis des lustres alors que ça ne datait que de quelques heures. Comme quoi les choses peuvent changer tellement vite qu'on n'a même pas le temps de s'en apercevoir.
« Je lui ai demandé comment il était entré, il m'a dit qu'il avait subtilisé la clé de Jasper, et je m'en suis voulue. » Murmura-t-elle presque affolée, l'air affreusement coupable. « Parce que je me suis sentie soulagée. »
Je la fixai sans comprendre, plus soucieux par son état que par ce qu'elle me racontait.
« J'étais soulagée Edward ! » S'énerva-t-elle contre elle-même. « Soulagée qu'il s'en soit pris à Jasper plutôt qu'à toi. Bon dieu j'ai même pas cherché à savoir s'il allait bien ! »
Maintenant elle sanglotait. Apparemment le choc n'était toujours pas passé, elle était encore dans un état de pure vulnérabilité et de bouleversement. Le pire était de la voir se faire des reproches, comme si elle avait vraiment fait quelque chose de mal. Elle se sentait coupable, mais de quoi ? De ressentir tout ça pour moi ? C'était plutôt à moi de me sentir coupable pour ça. Je n'avais pas surestimé ses sentiments tout à l'heure. Bella m'aimait vraiment.
Et si au fond de moi cette nouvelle me rendait euphorique, j'étais surtout mal car je savais que cette situation était malsaine, et que seules des mauvaises choses en ressortiraient.
« Dis-moi quel genre de personnes cela fait de moi ? »
Sa voix se brisa et je ne pus tenir plus longtemps. Je fis alors la chose que j'avais envie de faire, je l'embrassai. Je n'avais pas arrêté d'y penser depuis que je l'avais quittée ce matin, et force m'était de reconnaitre que ça m'avait manqué. J'y avais pris gout, plus que je n'aurais dû.
Elle ne répondit pas, mais elle ne protesta pas. Elle se laissait faire sans pour autant montrer qu'elle était d'accord. Étrange venant d'elle, qui d'habitude était la première à souhaiter que les barrières s'amoindrissent. Peut être qu'elle n'avait toujours pas digéré le meurtre de sang froid que je venais de commettre à l'instant.
Comme pour confirmer mes soupçons, elle s'éloigna et secoua la tête, me regardant avec le visage en proie aux doutes et à l'agitation.
« Je ne suis pas comme toi Edward. » Bredouilla-t-elle. « Je ne suis pas d'accord avec la vengeance. »
« Je sais. »
« Mais toi tu es pour… »
« Oui. » Répondis-je durement.
Elle hocha la tête, les yeux baissés.
C'était probablement l'une des choses qui nous séparait le plus. Bella et moi n'avions pas la même façon de penser, ni la même manière de voir les choses. Pour moi il n'y avait rien de reprochable à vouloir se venger. J'avais tué Jacob Black pour venger Bella, même si cette dernière désapprouvait totalement, et ce n'était pas la première fois que je faisais ça. Quand la vendetta m'appelait, je fonçais sans réfléchir. Et je ne me sentais pas coupable pour ça.
Je m'étais toujours senti coupable pour un tas de chose, peut être même beaucoup trop… Mais jamais pour ça. Jamais.
Et ça je n'étais pas certain que Bella puisse un jour être capable de le comprendre.
« Viens. » Incitai-je en passant un bras autour de ses épaules pour l'attirer à moi.
À mon plus grand soulagement elle accepta et passa même ses bras autour de mon cou pour enfouir sa tête dans mon épaule. Je resserrai mes bras autour d'elle, heureux qu'elle aille bien et qu'elle ne me repousse pas. Pendant une minute j'avais eu peur qu'elle m'échappe.
« Tu n'as pas à être d'accord avec moi. Tu as tes principes et j'ai les miens. » Lui dis-je au bout d'un long moment de silence.
« De toute façon c'est pas la première fois que toi et moi ne sommes pas d'accord. »
Je devinai à sa voix qu'elle souriait. J'ignorais à quoi il ressemblait, mais je m'en contentais.
« Mais je peux respecter ça. » Continua-t-elle sérieusement. « Ton point de vue je veux dire. »
Je ne répondis pas mais raffermis ma prise sur elle. Bella acceptait tellement de trucs pour moi que ça en devenait inhumain. Comment pouvait-elle tolérer autant sans rien demander en retour ? Je ne méritais pas une fille comme elle. Et à bien y réfléchir, personne ne la méritait.
« En parlant de ça… t'y es pas allée au dos de la cuillère avec lui tout à l'heure. » Lui fis-je remarquer en faisant allusion au moment où elle l'avait frappé.
« Qu'est-ce que tu crois ? Je sais me défendre. »
« Je vois ça. » Admis-je avec un sourire au coin des lèvres. « Une vraie tigresse. »
Elle se mit à rire brièvement et ce fut sans aucun doute le plus beau son que j'aie entendu de toute la journée. Elle éloigna sa tête de mon épaule pour me regarder et je me retrouvai happé par ses yeux chocolat.
C'était triste à dire mais j'avais à nouveau envie de l'embrasser, comme si je ne parviendrais jamais à me contenter de ce que j'avais déjà eu. Il me fallait toujours plus, chose que je ne pouvais malheureusement me permettre.
« Edward ? »
Nous fûmes interrompus par la voix d'Emmett. Je tournai la tête vers lui qui se trouvait dans l'encadrement en compagnie de sa femme. Celui-ci regardait d'ailleurs la pièce avec incrédulité et étonnement.
« Rosalie est là. Qu'est-il arrivé à la porte ? » S'enquit-il choqué.
« Ce connard l'a défoncée. » Répondis-je simplement.
Bella n'osa pas les regarder et reposa sa tête contre mon torse, comme si elle souhaitait disparaitre, pendant que je lui caressais les cheveux, cherchant à l'apaiser.
« Doux jésus… » Soupira Rosalie horrifiée. « Et Bella ? » S'inquiéta-t-elle. « Comment est-ce qu'elle… »
« Elle va bien. » L'interrompis-je.
« Il faut qu'on se débarrasse de lui. » Intervint Emmett en faisant un signe de la tête en direction du mort.
J'hochai la tête.
« J'arrive dans un moment. »
« Non tout de suite. » Rectifia-t-il en me faisant les gros yeux.
Vue son expression, il ne devait pas être très content de voir la posture dans laquelle Bella et moi nous trouvions. Pas étonnant de sa part…
Je soupirai d'exaspération puis acquiesçai. Mieux valait ne pas le contrarier maintenant, en vue du travail qui nous attendait. Je me séparai d'elle à regret et elle sembla déroutée.
« Bella écoute… » Commençai-je embarrassé. « Emmett et moi on doit aller s'occuper du corps. Est-ce que tu pourrais…. »
« Non. » Se mit-elle à paniquer.
« Mais tu me laisses même pas finir. »
« Je veux pas que tu t'en ailles. » Dit-elle en s'agrippant à ma chemise.
Je me sentis mal de la voir dans cet état, j'avais déjà eu à la calmer tout à l'heure, je ne voulais pas avoir à gérer une nouvelle crise d'affolement.
« J'en ai pas pour longtemps, tu ne t'apercevras même pas que je suis parti. »
« S'il te plait Edward, reste avec moi. » Supplia-t-elle.
« Je n'ai pas le choix. Emmett a raison, on doit se débarrasser de lui au plus vite. Et puis tu ne seras pas toute seule, Rosalie va rester avec toi. »
Son front se plissa et elle me toisa avec méfiance.
« Mais… tu reviens ? »
Je souris.
« Dès qu'on se sera occupé de lui. » Assurai-je.
« Tu promets ? »
« Je te le jure. »
Elle finit par céder mais je voyais que ça ne l'enchantait pas. Je n'aurais pas dû être heureux de sa réaction. Non vraiment pas. Et pourtant je l'étais, j'en étais même satisfait. Quel égoïsme…
Je pris son visage en coupe et après un dernier regard insistant, je posai mes lèvres sur les siennes. Contrairement à tout à l'heure elle fut réceptive et s'accrocha à moi, sans doute pour ne pas me laisser partir. J'avais conscience des regards de Rosalie et Emmett présents dans la pièce, mais pour le coup je m'en fichais. Ils pouvaient penser ce qu'ils voulaient, ça m'était complètement égal.
J'aurais bien voulu que ce baiser dure plus longtemps, mais je savais qu'Emmett bouillait intérieurement et que je perdais du temps bêtement. Je me reculai à regret et tentai un regard rassurant.
« J'en ai seulement pour un petit moment. »
Elle hocha la tête et me relâcha, ses yeux baissés vers le sol pour ne pas affronter mon regard. J'en profitai pour embrasser son front avant de me détourner. J'avançai vers le couple qui ne pipait mot, et me tournai vers Rosalie.
« Occupe-toi d'elle. » Dis-je sans détour.
Elle me dévisagea la bouche entrouverte et le regard à la fois choqué et courroucé. Apparemment me voir embrasser Bella n'était pas une chose à laquelle elle s'était attendue. Cela dit elle avait raison, qui aurait pu prévoir ça ? Même moi j'étais paumé.
Rosalie finit par secouer la tête et m'accorda un regard dédaigneux avant de se diriger vers Bella sans prendre la peine de me répondre quoi que ce soit. Elle prit cette dernière dans ses bras, faisant comme si je n'existais pas. J'observai Bella qui se laissait faire et fus content de voir qu'elles se réconciliaient. La dernière fois qu'elles s'étaient parlées remontait à la fois où Bella l'avait chassée de mon appart, chose que pour le coup, j'avais vraiment adorée.
Reportant mon attention sur Emmett, ce dernier avait cet air sur le visage qui voulait clairement dire qu'on allait devoir discuter.
« Plus tard Emmett, on s'occupe de lui d'abord. »
…
« C'est bon là ? ».
« Encore un peu et ça ira. » Répondis-je.
Emmett rabattit encore un peu la terre afin de rendre le sol plat et entièrement dénué de tout soupçon. Voilà bien deux heures que lui et moi nous étions rendus à Oak Lawn, un village situé près de la banlieue de Chicago afin d'aller enterrer le corps dans un endroit où nul viendrait le chercher. Nous avions passé notre temps à creuser dans un parc pour foutre le corps au fond d'un trou. Par chance il n'y avait pas un chat et donc personne pour nous voir.
« T'es sûr qu'on remontera pas jusqu'à nous ? » S'enquit Emmett anxieux.
« Y a pas de raisons ! On n'est même pas à Chicago, et puis on n'a aucun lien avec Jacob Black. La police mettra des années à retrouver le corps, faut pas t'en faire avec ça. » Assurai-je.
« Pour un type qui était incapable de buter quelqu'un encore ce matin, je te trouve bien détendu. » Cingla-t-il.
J'haussai les épaules.
« Je suis content qu'il soit mort et alors ? Est-ce que c'est un crime ? »
« Le fait que tu l'aies tué est un crime. » Fit-il remarquer.
« J'en ai rien à foutre, ce gars méritait de crever et si j'avais l'occasion de le refaire, je recommencerai sans hésiter. » Lâchai-je cinglant.
« Très bien. » Soupira-t-il. « Tirons-nous de là tu veux ? J'ai pas envie de pourrir ici. »
« Bonne idée. »
Nous retournâmes à la Volvo qui était garée à quelques mètres. Après avoir remis les pelles dans le coffre de la voiture, nous reprîmes la route en direction de Chicago.
« Tu veux une bière ? » Proposai-je en désignant de la tête la boite à gants.
« Tu oublies que je ne bois plus. » Rappela-t-il de mauvais poil.
« C'est une bière sans alcool. »
« Sans alcool ? Non mais tu te fous de ma gueule ? Je préfère encore un bon vieux whisky à une boisson pour gonzesses ! »
« Du calme, c'était pour déconner ! Tu m'as déjà vu avec du zéro pourcent ? »
Il éclata de rire et je fus soulagé de le voir se dérider un peu. Il n'avait pas arrêté de tirer la tronche depuis qu'on était partis, probablement à cause de moi.
« Est-ce que maintenant on peut en parler ? » Demanda-t-il soudainement d'un air impatient après plusieurs minutes.
Je soupirai de déception. Putain le trajet aurait pas pu être plus rapide ? J'avais l'impression de rouler à deux à l'heure…
« Tu tiens vraiment à ce qu'on en parle ? »
« C'est important Edward ! » Insista-t-il. « Tu l'as embrassée quand même ! Et me dis pas que c'est pas vrai parce que cette fois j'étais là et j'ai tout vu. »
« J'allais pas le nier. » Mentis-je irrité.
« La dernière fois tu m'as dit que tu ferais tout pour qu'il ne se passe jamais rien entre Bella et toi. Je peux savoir où est passée cette résolution ? »
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Elle habite avec moi Emmett, elle est constamment près de moi et puis… et puis merde elle a failli crever ! »
« Ne mets pas ça sous le coup de l'impulsion et de l'adrénaline, je sais très bien que c'est pas la première fois que tu l'as embrassée. Tu souriais comme un con tout à l'heure, dis-moi combien de fois c'est arrivé ? »
« J'en sais rien… quatre ou cinq fois. » Répondis-je de façon détachée.
Comme si je n'étais pas au courant de chaque baiser qu'elle et moi avions échangé… j'étais vraiment pathétique.
« T'as couché avec elle ? »
« Bien sûr que non ! » M'exclamai-je incrédule. « Et puis d'abord pourquoi ça t'intéresse ? T'es pas une nana à ce que je sache. »
« J'essaie juste de te comprendre Edward. Un coup tu dis qu'entre elle et toi y aura jamais rien, et l'instant d'après je te surprends en train de l'embrasser à pleine bouche. Faudrait savoir ce que tu veux. »
« Écoute est-ce qu'on pourrait en parler une autre fois ? » Abrégeai-je à bout de nerfs. « Je suis fatigué et j'ai pas envie de parler de Bella maintenant. »
« Ouais… dis surtout que t'es pressé de la retrouver. » Cracha-t-il.
Je fronçai les sourcils.
« Ça n'a rien avoir ! » Me défendis-je.
En réalité il n'avait pas tout à fait tort… J'avais laissé Bella il y a des heures alors qu'elle avait failli se faire tuer par ce taré, tout ce que je voulais à présent c'était m'assurer qu'elle allait bien et qu'elle était en sécurité.
Nous arrivâmes en bas de mon immeuble et je me retins de soupirer de soulagement sachant qu'Emmett ne laisserait pas passer ça. Je garai la voiture à son emplacement habituel, défis ma ceinture et attendis qu'Emmett veuille bien descendre. Apparemment il n'avait pas l'air d'en démordre et ce qu'il n'avait pas l'air de saisir, c'est que ce n'était pas du tout le moment pour ça.
« T'es en train de toucher le fond mec, mais alors bien profond ! »
« Parce que tu crois que je suis pas déjà au courant ? » Rétorquai-je acide.
« On dirait que tu t'en fous complètement ! T'arrêtes pas de faire des conneries à cause d'elle et ça te passe au-dessus ! »
Je pris une profonde inspiration pour contenir ma colère. Je commençais à en avoir ras le cul de lui et de ses réprimandes à la con. Tout ce que je voulais c'était voir Bella, pourquoi refusait-on de me laisser en paix ?
« Je croyais que t'avais décidé d'accepter le fait que j'aie des sentiments pour elle ? » Signalai-je avec agacement.
« Parce que tu m'as dit qu'il arriverait rien ! »
« Alors toi t'as le droit d'avoir une femme et moi je peux crever tout seul, c'est ça ? »
« J'ai pas dit ça ! » Contra-t-il.
« Bien sûr que si c'est ce que t'as dit ! Et tu sais quoi ? Va te faire foutre si t'es pas content ! Je t'ai dit que j'aimais cette fille et toi t'as toujours rien capté ! J'en ai rien à cirer de ce que tu penses Emmett. Si j'ai envie de la protéger c'est mon problème, et si j'ai envie de m'envoyer en l'air avec elle ça regarde que moi, point barre. Maintenant tire-toi, tu me les brises. »
Il me dévisagea pendant un moment et je fis pareil, lui montrant que je voulais clairement qu'il dégage au plus vite. Au bout de quelques secondes il secoua la tête de défection et m'accorda un regard dédaigneux avant d'ouvrir la portière.
« Démerde-toi tout seul dorénavant. » Trancha-t-il en claquant la porte avec force.
Je lâchai enfin le soupir que je contenais et m'appuyai contre l'appuie-tête, les pensées plein la cervelle. Je venais tout juste de me brouiller avec le type qui m'a servi de meilleur ami ces dernières années, et tout ça pour une femme.
Et est-ce que je le regrettais ?
Même pas.
…
oO "Breathe Me" Oo – Sia
Lorsqu'enfin je fus de retour chez moi, je ne pus m'empêcher de constater deux choses. Que d'une part, cette journée m'avait carrément lessivé, et qu'en même temps, je n'arrivais pas à penser à autre chose que de retrouver Bella. J'espérais qu'elle se soit calmée et remise de ses émotions, les derniers évènements avaient dû être très éprouvants pour elle, ça ne m'étonnerait même pas qu'elle se soit endormie.
Après avoir retiré ma veste et m'être déchaussé, je pris la direction de la chambre, dont la porte était entrebâillée. Bella était allongée sur le lit, les yeux fermés, vêtue d'un short et d'un débardeur. Rosalie se trouvait à coté d'elle et avait une main sur son bras en guise de bienveillance. Elle se tourna vers moi quand elle me vit, cependant que je ne cessais de contempler Bella qui avait les traits légèrement tirés et qui n'avait pas l'air de vouloir ouvrir les yeux.
« Merci d'avoir veillé sur elle. » Gratifiai-je d'une voix basse.
Je vis le visage de Bella réagir au son de ma voix et comprit qu'elle ne dormait pas du tout.
« Pas de quoi. » Répondit Rosalie avec une méfiance non dissimulée.
Son ton légèrement hostile m'interpella et je reportai mon attention sur elle qui me fixait d'un œil mauvais. Cela augmenta mon irritation.
« Tu peux partir, je prends le relais. » La congédiai-je sans prendre la peine de me montrer courtois.
Elle continua de me toiser durant une bonne minute et je soutins son regard. Inutile de dire que Rosalie et moi n'étions pas les meilleurs amis du monde. Elle se contentait simplement de me tolérer et je faisais pareil. Si j'avais demandé à ce qu'elle vienne aujourd'hui, c'était uniquement pour le bien de Bella, rien d'autre. Parce que si j'avais pu me passer d'elle, je l'aurais fait. Et ça Rosalie avait l'air d'en avoir parfaitement conscience.
Au bout d'un moment elle consentit à se lever et se dirigea vers moi. Lorsqu'elle fut à ma hauteur, elle me lança un regard qui se voulait sans aucun doute menaçant.
« Je te préviens Edward, t'as pas intérêt à lui faire du mal. »
« Ton mari t'attend. » Répliquai-je froidement.
Je voyais bien que Rosalie n'avait pas du tout apprécié de me voir l'embrasser tout à l'heure, elle avait dû se rendre compte que mes sentiments pour Bella étaient plus ambigus qu'ils ne le paraissaient. Mais autant l'avouer, ce que Rosalie pensait m'indifférait totalement. Elle avait pris soin de Bella pendant mon absence et j'en étais content, mais ça s'arrêtait là.
Elle passa devant moi pour sortir de la chambre et s'en alla sans un mot. Je ne pris même pas la peine de l'accompagner jusqu'à la porte pour la verrouiller sur son passage. Vu l'état dans lequel Bella se trouvait, chercher à s'enfuir était probablement la dernière chose à laquelle elle devait penser. Et puis maintenant que Jacob était mort, elle ne risquait plus grand-chose… n'est-ce pas ?
J'allai m'asseoir sur le lit, tandis qu'elle clignait des paupières et ouvrait doucement les yeux. Apparemment elle avait préféré attendre qu'on soit seuls pour se manifester.
« Bella ? » Appelai-je inquiet.
Elle se releva lentement et plusieurs mèches de ses cheveux tombèrent sur son visage. Je ne pus retenir mon sourire en voyant son allure. Elle était vraiment adorable. Me regardant comme si j'étais une hallucination, elle s'approcha de moi et ses yeux s'illuminèrent.
« T'es revenu. »
Sa voix était un peu rocailleuse, je supposais qu'elle n'avait pas dû prononcer un seul mot depuis un bout de temps, peut être même depuis que j'étais parti. L'une de mes mains vint caresser sa joue.
« Je te l'avais dit. »
Elle me fixa d'un air soulagé et avant que je ne pus dire quoi que ce soit, elle se précipita dans mes bras, s'agrippant à moi avec force. On aurait dit qu'elle m'avait pas vu depuis longtemps, c'était quelque peu déroutant… et attendrissant en même temps.
« T'avais dit un petit moment. » Murmura-t-elle sur un ton de réprimande.
Je resserrai mes bras autour d'elle et posai mon menton sur son épaule.
« Désolé. » Répondis-je doucement.
Elle s'écarta après une longue minute et me regarda intensément. Sa bouche s'ouvrit plusieurs fois pour se refermer, et elle avait cet air timide qui la caractérisait à chaque fois qu'elle voulait m'avouer un truc personnel.
« Tu… tu me manques quand t'es pas avec moi. » Bredouilla-t-elle finalement en baissant la tête.
Je restai immobile le temps d'intégrer l'information. Je ne voulais pas en éprouver de la jubilation d'entendre une telle chose aussi improbable soit-elle, mais mes sentiments ainsi que mon cœur me trahissaient. Même ma conscience jubilait, à croire que j'étais le seul à trouver que quelque chose dans cette situation n'était pas normal.
« C'est vrai ? » Demandai-je sans parvenir à masquer mon sourire.
Apparemment je ne contrôlais plus mes émotions puisque je réagissais sans le vouloir. De toute façon ça faisait un bon bout de temps que je ne contrôlais plus rien. Bella hocha la tête puis releva les yeux pour me regarder.
« C'est flippant. » Marmonna-t-elle en faisant la moue.
Mon sourire s'élargit et je caressai sa joue à nouveau, ne pouvant m'en empêcher.
« Un petit peu. »
Elle ne répondit pas et se contenta de me regarder longuement et silencieusement. Je soutenais son regard, incapable de détourner les yeux tant les siens me saisissaient. Mes doigts effleurèrent sa bouche et tracèrent le contour de ses lèvres avec lenteur. Bella ne bougeait pas d'un pouce. Je sentais que toute ma volonté à me tenir éloigné d'elle était en train de me quitter car je n'arrivais pas à résister à l'attirance que j'avais pour elle. Plus je la contemplais, et plus je me sentais fondre comme neige au soleil.
J'étais en train de céder, toutes mes barrières flanchaient, et le pire était que je n'avais pas l'air d'être motivé pour arrêter cette calomnie. Au contraire, je me trouvais là, à caresser son visage tout en étant happé par ses yeux qui semblaient refléter le même désir que celui qui devait se trouver dans les miens. Je sentais sa peau se réchauffer là où je passai mes doigts, et si j'avais allumé la lumière, je l'aurais probablement retrouvée les joues complètement empourprées. Mais même malgré sa gêne constante, elle ne cessait de me regarder les yeux grands ouverts, éveillés, avec ce regard désireux au fond de ses prunelles. Ce regard qui, je le savais, venait de briser les faibles réserves de résistance que je possédais encore.
N'y tenant plus, je me jetais sur ses lèvres que j'avais tout juste quittées en début de soirée. Et comme à chaque fois, ce contact m'enveloppa dans un tourbillon d'émotions que j'étais incapable de définir. Bella avait ce pouvoir sur moi, que nulle autre n'avait eu auparavant.
C'est parce qu'elle est différente…
Ça pour être différente, elle l'est. J'ai jamais rencontré de fille plus barges et timbrée qu'elle. Et pourtant j'étais là à l'embrasser avec intensité, comme si j'avais besoin de me raccrocher à un semblant d'humanité et qu'elle seule était capable de me le donner.
Le pire je crois était la façon dont elle réagissait. À croire que son corps était fait pour réagir dès que je la touchais. Rien que le fait que je sois en train de l'embrasser, son corps y répondait et je n'étais pas certain que Bella s'en apercevait. Ses doigts agrippèrent ma chemise et elle se rapprochait de moi comme si notre proximité ne lui suffisait pas. Cela tombait bien car… elle ne me suffisait pas non plus. Je passai une main derrière sa tête, tirant son visage vers le mien sans ménagement tout en caressant ses cheveux. Mon autre main s'activait à glisser lentement le long de sa silhouette, à travers son débardeur, ce qui eut le don de la faire frissonner. Je sentais la tension entre nous qui s'intensifiait à mesure que notre baiser prenait une ampleur plus conséquente. Plus mes lèvres s'emparaient des siennes, plus j'en désirais.
Alors je mordis sa lèvre inférieure, la forçant à ouvrir la bouche pour m'y faufiler. Ma langue rencontra la sienne et commença à la posséder. J'entendis un gémissement qu'elle s'empressa d'étouffer et je commençais à prendre conscience de ce qui était en train de se dérouler. Tout allait trop loin, les choses dérapaient et alors qu'une petite voix à l'intérieur de moi me soufflait d'arrêter cette bêtise, je me rendais vite compte que j'en étais tout bonnement incapable. Bella n'était pas la seule à émettre des réactions incontrôlables, même mon propre corps se mettait à réagir et je savais que si nous ne nous arrêtions pas maintenant, quelque chose de terrible allait se produire. Mais d'un autre coté j'avais envie d'elle, j'avais envie d'être proche d'elle… je n'étais pas honnête, elle aussi m'avait manqué, plus que de raison. Et puis pendant un instant, j'avais vraiment craint de l'avoir perdue. Je ne voulais pas éprouver ce sentiment à nouveau.
Les doigts de Bella qui étaient accrochés à ma chemise depuis le début se mirent à trembler, puis entreprirent de défaire les premiers boutons de ma chemise. Lorsque je compris ce que cela signifiait, je me tendis. Incroyable… Bella voulait vraiment qu'on aille plus loin ? Comment pouvait-elle ne serait-ce qu'une minute songer à ça avec moi, surtout quand je venais tout juste d'abattre un type sous ses propres yeux ? Elle ne pouvait pas souhaiter une chose pareille, elle ne le pouvait pas… Et néanmoins elle était quand même là, à répondre avidement au baiser que je lui donnais, à défaire maladroitement les boutons de ma chemise, tout en se rapprochant de moi de façon purement indécente.
Il fallait absolument stopper tout ça. Maintenant avant que je ne sois plus en mesure de penser encore de façon raisonnable. Ma main se posa sur sa taille et l'emprisonna fermement, la maintenant pour l'immobiliser. Je rompis notre connexion et éloignai mon visage, faisant tout pour ne pas laisser paraitre ma frustration. Bella me regardait la bouche entrouverte, les sourcils froncés et le regard perdu.
« Edward ? » Appela-t-elle d'une voix essoufflée.
J'essayais d'arborer un visage normal, mais je n'y parvenais pas des masses. J'étais certain que mon appréhension et mon envie devaient être bien visibles. Je secouai la tête, tentant de remettre de l'ordre dans mon cerveau.
« Je suis désolé… on ne peut pas faire ça. »
Son regard devint paniqué.
« Pourquoi ? » Murmura-t-elle d'une voix presque brisée. « Tu n'en as pas envie ? »
J'écarquillai les yeux d'incrédulité.
« Quoi ? Mais non c'est… ça n'a rien avoir avec ce que je veux ou pas ! »
« Alors je ne te suis pas… »
Je soupirai, luttant intérieurement pour ne pas céder en voyant son air déboussolé et triste à la fois. J'aurais sincèrement voulu faire disparaitre cette peine sur son visage et lui accorder ce qu'elle désirait. Mais ce n'était pas la bonne chose à faire… en tout cas pas pour elle.
« Bella tu… » Mon irritation prit le dessus et je n'arrivai pas à garder mon calme. « Merde ! Tu te rends compte de ce que tu veux ? J'ai descendu un gars devant toi et au lieu de me fuir, toi tu t'offres à moi. C'est pas normal. »
À mesure que les mots sortaient de ma bouche, je me rendis compte de ce que cela représentait. Bon sang c'était vrai ! Elle s'offrait à moi, et moi comme un crétin je la repoussais. Je devais vraiment être sadomaso pour refuser, c'était pas possible autrement.
« Je sais que ce n'est pas normal. » Souffla-t-elle en baissant les yeux pour éviter de me regarder. « Mais tu ne comprends pas. »
« Qu'est-ce que je ne comprends pas ? »
« Que ça… ce qu'il y a entre nous, » dit-elle en nous désignant tour à tour, « j'en ai besoin. »
Je la regardai déconcerté tandis qu'elle relevait la tête pour affronter mon regard. Elle avait cet air déterminé qui la caractérisait à chaque fois qu'elle était certaine d'une chose qu'elle affirmait.
« Je n'arrête pas de me rejouer la scène dans ma tête, ce qui s'est passé tout à l'heure… et j'ai beau me dire que c'est fini, je n'arrive pas à m'ôter de la tête l'image de toi en train de… »
Elle ne termina pas sa phrase mais je compris sans mal ce qu'elle voulait dire et une boule se forma dans ma gorge.
« Bella… »
« Tu étais terrifiant Edward… » Me coupa-t-elle avec des yeux qui reflétaient de l'affolement. « Quand tu lui parlais ou que tu me regardais, je voyais que quelque chose en toi était déjà en train de changer, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Et puis tu lui as tiré dessus et à ce moment là tu n'avais plus rien de celui que j'ai appris à connaitre, excepté ton désir de me protéger. »
Je n'arrivais pas à croire ce qu'elle me disait, elle trouvait que j'avais été monstrueux aujourd'hui alors qu'au contraire, moi je trouvais que je m'étais plutôt bien retenu, j'avais même été soft avec Jacob. Je n'avais fait que penser à elle et à sa sécurité, me contentant d'agir en conséquence et de ne pas perdre le contrôle de moi-même, et elle elle pensait le contraire ?
À croire qu'elle n'a strictement aucune idée de celui que j'étais avant de la rencontrer, parce que si ça avait été le cas elle n'aurait pas eu cette réaction. Peut être valait-il mieux la laisser dans l'ignorance, après tout je l'effrayais suffisamment comme ça, c'était pas le moment d'en rajouter une couche.
« Je n'arrive pas à oublier la peur que j'aie ressenti en te voyant et je veux l'oublier parce que je ne veux pas me souvenir ni penser à toi de cette façon là. »
Elle prit mon visage en coupe alors que j'étais incapable de bouger ni d'émettre un son.
« J'ai besoin que tu me fasses oublier ce coté inhumain de ta personne et que tu me montres que celui pour qui j'ai fini par avoir des sentiments n'était pas qu'une illusion. »
« Il y a d'autres moyens pour ça… » Refusai-je en secouant la tête, le cœur serré.
« S'il te plait Edward. » Insista-t-elle en approchant son visage près du mien, les yeux implorants comme si c'était une question de vie ou de mort. « J'ai besoin de toi. »
Je compris ce qu'elle voulait me transmettre avec ses yeux, et je compris aussi que j'allais lui céder. J'allais lui céder parce que j'étais faible et que ce besoin qui l'habitait, je l'avais également. Ce n'était plus une question d'envie, de désir ou de satisfaction, et je crois qu'au fond de moi ça ne l'a jamais vraiment été. C'était un besoin, un besoin viscéral qui était impossible à contrôler.
Bella était celle qui allait causer ma perte. Et le pire était que je ne pouvais pas la stopper.
« Je t'en prie… » Supplia-t-elle en voyant que je ne répondais pas, sa bouche à quelques centimètres de la mienne.
C'est à cet instant que je me rendis compte de ma stupidité. Je perdais un temps fou pour une chose qu'au final je souhaitais aussi ardemment qu'elle, voire même plus. Et tout ça pourquoi ? Parce que ma raison me poussait à le faire mais si Bella elle-même se fichait des conséquences, alors à quoi cela servait ?
Elle voulait cette proximité avec moi, elle en avait besoin et elle me la réclamait. Qui étais-je pour la lui refuser ?
Après avoir une dernière fois contemplé ses yeux suppliants, j'abandonnai toutes mes résolutions et écrasai mes lèvres sur les siennes sans ménagement. Bella poussa un soupir d'aise et entoura ses bras autour de mon cou tandis que les miens passèrent dans son dos, ramenant son corps vers moi.
Elle fit mine de s'allonger et tira mon visage pour me pousser à m'allonger sur elle, ce que je fis sans me faire prier. Je sentais mon excitation se réveiller et sus que plus rien n'était susceptible de nous arrêter à présent. En tout cas moi je ne pourrai pas m'arrêter, et vu le comportement de Bella, elle n'avait pas l'air de vouloir faire machine arrière.
« On est en train de faire une erreur. » Murmurai-je contre sa bouche.
« En même temps toi et moi ça a toujours été une erreur depuis le début. » Fit-elle remarquer dans un souffle en me regardant profondément.
Un sourire étira mes lèvres.
« C'est juste. » Dis-je avant de l'embrasser à nouveau, avec un empressement non dissimulé.
Elle ouvrit la bouche pour laisser passer un gémissement et j'en profitai pour y introduire ma langue et maitriser la sienne, lui imposant mon rythme et ma cadence. J'avais ce besoin de posséder Bella, elle et son corps tout entier, afin d'avoir au moins le contrôle sur quelque chose dans ma foutue vie.
Je sentis ses doigts se glisser dans ma chevelure et sa poitrine se bomber, signe qu'elle voulait plus de contact. Je finis par m'allonger complètement sur elle en espérant ne pas trop l'écraser. À cet instant Bella était parfaitement capable de sentir mon désir pour elle, visible à travers mon jean. Et lorsque je la sentis sourire et que ses mains fourragèrent dans mes cheveux avec plus d'empressement, je compris qu'elle venait d'en avoir conscience. Ma main fit l'aller de sa taille jusqu'à sa cuisse que j'empoignai afin de replier sa jambe. J'essayais de ne pas brusquer les choses, sachant que Bella était en train de vivre ça pour la première fois, mais j'avais du mal à garder la tête froide. Notre baiser était devenu de plus en plus violent. Violent et passionnel à la fois. Ma langue la dominait avec une telle ferveur que c'en était exaltant. Et ce qui était encore mieux était que Bella ne se plaignait pas, au contraire elle avait l'air d'en tirer un certain plaisir.
Elle a envie que tu la possèdes. Fais-le.
Pour une fois, j'étais entièrement d'accord pour écouter ma conscience. Posséder Bella, la faire mienne, c'était ce que je souhaitais le plus. Elle avait fait naître en moi cette passion revigorante qui me tenaillait le ventre. Mais je ne voulais pas y aller brusquement avec elle, je ne voulais pas que ce soit violent ni trop rapide. Non en fait, je voulais…
Je voulais faire l'amour avec elle.
Mon corps s'immobilisa et je cessai toute activité à mesure que cette information se frayait un chemin dans mon subconscient. J'avais toujours su que c'était ce que je désirais au fond de moi mais c'était la première fois que je m'accordais de le penser. C'est là que je me rends compte à quel point cette fille m'a complètement retourné le cerveau, parce que c'était la première fois que je pensais à vraiment faire l'amour avec une femme. La première fois depuis… depuis toujours en fait.
Rompant notre baiser, je sus que c'était ce que j'allais faire. J'allais être doux avec elle, attentionné et toutes ces choses débiles qui ne m'avaient encore jamais traversées l'esprit jusqu'à aujourd'hui. Bella me regardait étonnée en reprenant sa respiration, tandis que je me perdais dans ses yeux. Ses beaux yeux chocolat qui avaient capté mon attention dès le moment où j'ai posé pour la première fois mon regard sur elle. Mes mains s'emparèrent des pans de son débardeur et je commençai à le remonter doucement, sans jamais briser notre connexion visuelle. J'entendais la respiration de Bella qui était bruyante et rapide, pendant que je remontais son haut avec lenteur, effleurant son corps avec mes paumes volontairement. Elle allongea les bras et je fis passer le vêtement par-dessus sa tête, avant de l'envoyer par terre, rendant ainsi Bella découverte, sa poitrine uniquement cachée par son soutien-gorge.
Je pris un moment pour la détailler, caressant son ventre, remontant lentement jusqu'à sa poitrine, le tout sans un mot. Elle n'en avait peut être pas conscience, mais elle était la définition même de la sensualité. On aurait dit que son corps était celui d'une sirène, il m'appelait. Il m'appelait et moi, comme ces imbéciles de marins, je tombais dans ses filets. Ma main effleura le contour de son soutien-gorge et j'entendis le souffle de Bella, plus fort qu'à l'accoutumé. Je finis par poser ma main sur le haut de sa poitrine, là où battait son cœur. Et force m'était de constater qu'il battait vite. Il battait même extrêmement vite, cognant comme s'il voulait sortir de sa cage thoracique. Cela me fit sourire car j'essayais de me dire que son cœur battait pour moi et même si cela n'aurait jamais dû se produire, je ne pouvais m'empêcher d'en éprouver une certaine satisfaction.
Je reportai mon attention sur Bella qui ne m'avait pas lâché des yeux durant tout ce temps, le visage plein d'appréhension qu'elle essayait de cacher. Ses mains vinrent défaire les boutons encore fermés de ma chemise à l'aide de ses doigts tremblotants. Elle n'avait pas confiance en ce qu'elle faisait, ça se voyait à des kilomètres, et pourtant elle n'en était pas moins déterminée. Elle savait exactement ce qu'elle voulait, c'est juste qu'elle n'était pas habituée. J'aurais bien voulu trouver un moyen de la rassurer et de lui insuffler une confiance dans ses mouvements, mais je ne voyais pas du tout ce que je pouvais faire, je suppose qu'elle avait seulement besoin de temps.
Une fois qu'elle eut fini d'ôter chaque bouton, elle fit glisser la chemise pour me l'enlever tout en ancrant son regard dans le mien, exactement comme j'avais fait pour elle précédemment. Puis elle posa ses mains à plat sur mon torse, d'abord prudemment, jusqu'à ce qu'elle finisse par gagner de l'assurance. Sentir ses mains sur moi, ça avait quelque chose d'exaltant. On aurait dit que son contact m'insufflait une sorte de chaleur intense, c'en était totalement déroutant. Elle traçait des formes indéchiffrables avec ses paumes de main, le tout avec lenteur, tandis que nous avions toujours cette connexion visuelle, je la regardais et elle me regardait. J'ignorais comment elle s'y prenait mais toutes les émotions qu'elle me faisait ressentir rien qu'en me touchant, c'était assez incroyable. Je sentais mon visage s'assombrir de plus en plus, mes yeux devaient uniquement refléter du désir noir à présent. Il fallait que j'arrête de la regarder car si je continuais j'allais craquer et je ne serai pas tendre comme je le voulais. C'était si dur de se retenir quand elle était allongée sous moi avec le haut du corps dévêtue, alors qu'elle caressait mon torse silencieusement, faisant grimper la tension qui résidait entre nous à son paroxysme.
Voulant à tout prix m'arracher à son regard avant de ne plus me contrôler, j'enfouis ma tête dans son cou et commençai à l'embrasser, m'allongeant pleinement sur elle. Je l'entendais soupirer et elle s'agrippait à mes épaules comme si elle avait peur que je m'en aille, ce qui était totalement dépourvu de sens et impossible à l'heure qu'il est. Je continuai de l'embrasser à cet endroit, sans jamais décoller ma bouche de son cou qui avait une sorte d'effet magnétique sur moi, et laissant courir ma langue sur sa peau. Son corps avait l'air de répondre positivement puisqu'il se détendait petit à petit, sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration et ses paumes de main s'enfonçaient dans mon dos. J'effleurai sa peau découverte, faisant des allers-retours entre sa taille et son soutien-gorge qui commençait d'ailleurs à m'énerver. Au bout de ce qui me semblait bien trop long pour ma survie, je décidai de prendre les choses en main et passai une main dans son dos pour défaire son agrafe. Elle décolla légèrement son dos pour m'aider et une fois son sous-vêtement dégrafé, je le fis glisser le long de ses bras pour le lui enlever.
Bella me regardait avec gêne et cet air timide qui la caractérisait. Je voyais qu'elle avait du mal à soutenir mon regard, et je jurais avoir pu remarquer les rougeurs sur ses joues à travers la pénombre qui emplissait la pièce. Et pourtant elle n'aurait jamais dû être embarrassée, parce qu'elle avait vraiment un corps magnifique, et si quelqu'un a de la chance ici, c'est bien moi. Bon sang j'aurais pu passer des heures à l'admirer, si je n'étais pas aussi dur et tendu. Ce devait bien être la première fois que je prenais vraiment le temps de contempler le corps d'une femme, comme quoi Bella aura bel et bien réussi à me faire devenir une toute autre personne. Mais apparemment ça ne lui convenait pas puisqu'elle tira ma tête vers elle pour reprendre là où je m'étais arrêté. Mes lèvres allèrent à la rencontre des siennes et je l'embrassai avec fièvre. Je ne pus m'empêcher de la toucher, son corps était bien trop attirant pour que je puisse résister. Je caressai sa silhouette puis remontai vers sa poitrine doucement. Bella se mettait à frissonner à chaque parcelle de peau que je frôlais, c'était assez fascinant. Mes doigts effleurèrent délicatement l'un de ses seins et un gémissement s'échappa de sa bouche. Elle replia les jambes et me coinça entre elles deux, m'empêchant ainsi de m'éloigner, ce qui me fit sourire.
Je finis par empoigner son sein complètement, d'une façon peut être un peu plus forte que je ne l'aurais voulue. Je le sentais se durcir sous mes doigts à mesure que je le palpais, tandis que Bella avait une respiration de plus en plus erratique et semblait manquer d'air. Je quittai ses lèvres pour embrasser sa mâchoire, sillonnant la distance restante jusqu'à son cou, sans jamais décoller ma bouche de sa peau. Je descendis vers sa poitrine, puis déposai un baiser au milieu de cette dernière. Je pouvais entendre son cœur cogner fort là où j'étais, et ses bras m'avaient relâché et étaient retombés sur le lit. Elle était en train de se laisser aller et honnêtement, c'était vraiment beau à voir.
Je pris l'un de ses mamelons en bouche, tout en continuant à malaxer le premier. Son dos s'arqua sous mes mains et elle poussa un profond soupir. Mes mouvements devenaient de plus en plus intenses sans que je ne puisse contrôler quoi que ce soit, Bella était en train de me pousser à l'extrême si bien que je ne calculais plus mes gestes. Je suçais et mordillais la pointe de ses seins, passant de l'un à l'autre pour leur administrer le même traitement. Elle n'arrivait pas à retenir les gémissements qui sortaient de sa bouche, et néanmoins je l'entendais quand même serrer les dents, comme si elle souhaiter rester silencieuse. Du coin de l'œil je vis que l'une de ses mains serrait les draps dans son poing et je supposais qu'il en était de même pour son autre main.
Au bout d'un long moment qui semblait me coûter tous mes efforts, je fus incapable de tenir plus longtemps. Remontant vers son visage, je fondis sur ses lèvres comme un besoin d'oxygène. Elle répondit avec un enthousiasme plutôt inhabituel et je compris qu'elle était dans le même état que moi. Impatiente.
Ma langue vint trouver la sienne pour ne plus la lâcher, pendant que ma main descendait plus bas, caressant son ventre plat avec convoitise. J'effleurai l'élastique de son short qui lui servait de bas de pyjama – pas étonnant de la part d'une fille qui vient de Phoenix – et entrepris de le faire glisser le long de ses jambes, emmenant avec lui son dernier sous-vêtement. Autant faire d'une pierre deux coups, au moins ça ira plus vite. Elle se retrouva enfin entièrement nue et je fus incapable de réfréner mon envie de la toucher à son endroit le plus intime. Lorsque je posai pour la première fois mes doigts sur son duvet, ce fut tout le corps de Bella qui frissonna. Et vue l'humidité qui découlait de ses lèvres intimes, j'étais prêt à parier que ce n'était pas à cause du froid. Bon sang elle était trempée. Cette constatation me fit émettre un large sourire qui barra mes lèvres. Cette fois il n'y avait pas que mon excitation à moi qui était visible, il y avait aussi la sienne. Elle me désirait, elle était prête à m'accueillir et si elle n'osait pas me le dire, son corps parlait pour elle.
« Pourquoi est-ce que tu souris ? » Interrompit-elle en éloignant légèrement la tête pour me regarder avec suspicion.
Cela ne fit qu'élargir mon sourire satisfait et je secouai la tête avant de replonger vers ses lèvres.
Parce que je te fais de l'effet.
« Pour rien. » Fis-je sans mettre fin à notre connexion.
Je la sentais qui fronçait les sourcils mais elle abandonna bien vite et répondit à mon baiser avec empressement, agrippant mon cou et passant ses doigts dans mes cheveux. Et tandis que je m'évertuais à dévorer ses lèvres comme un animal affamé, je défis rapidement le bouton de mon pantalon afin de pouvoir l'enlever complètement. Je finis par par me débarrasser de mon boxer, libérant enfin mon sexe confiné qui n'attendait que ça.
Bella avait l'air tellement absorbée par notre baiser qu'elle ne sembla pas se rendre compte que je m'étais déshabillé puisque lorsque je me positionnai entre ses jambes, elle lâcha un cri de surprise essoufflé. Je reculai ma tête pour l'observer avec appréhension, redoutant d'être allé trop loin et qu'elle veuille finalement se rétracter. Elle avait la respiration hachurée et les yeux grands ouverts, me regardant à la fois avec crainte et concupiscence.
« Tu as peur ? » Demandai-je soucieux.
Son front se plissa légèrement et elle secoua la tête.
« Non. »
« Menteuse. » Dis-je avec un sourire au coin des lèvres.
Elle sourit à son tour, peut être plus par anxiété qu'autre chose.
« Ce n'est pas à cause de toi. » Précisa-t-elle comme si elle craignait que je lui en veuille.
« Je sais. »
« C'est juste que… c'est la première fois que je… »
« Ça aussi je le sais. » Coupai-je amusé.
Elle fronça les sourcils d'étonnement.
« Ah bon ? Comment tu peux le savoir ? Je ne me rappelle pas avoir un jour parlé de ça avec toi… »
Je me figeai, abasourdi. Putain c'était vrai, elle m'avait jamais dit qu'elle était vierge, d'ailleurs je lui ai jamais demandée un truc pareil, je m'en serai souvenu sinon… Alors pourquoi est-ce que dans ma tête cela avait été une évidence ?
« Je l'ai seulement supposé. » Répondis-je finalement avec embarras.
Je connaissais la vérité. C'est parce que je n'imaginais pas Bella dans les bras de quelqu'un d'autre, et surtout pas d'un ado obsédé, con et sans expérience. J'avais toujours supposé qu'elle était vierge parce que dans ma tête cela ne pouvait pas en être autrement, je ne voulais pas accepter une autre alternative, je voulais qu'elle le soit et j'ignore quelle aurait été ma réaction si elle m'avait annoncé qu'elle ne l'était plus. J'aurais probablement buté le type responsable. Je savais que je n'avais pas le droit de penser à elle de cette manière ni être possessif avec elle, parce que ce serait être égoïste dans la mesure où elle et moi ne pouvions pas être ensemble… et malgré tout j'étais incapable de m'en empêcher. Dans mon esprit je la voyais déjà comme étant à moi, je voulais qu'elle m'appartienne, à moi seul et à personne d'autre.
« C'est si visible que ça ? » Marmonna-t-elle dépitée et mal à l'aise.
« Ne fais pas cette tête là, moi ça me plait si tu veux tout savoir. » Consolai-je avec un franc sourire.
Elle entrouvrit la bouche.
« Vraiment ? »
Je faillis rire à son interrogation. Sérieusement, j'étais le premier homme sur Terre à mettre la main sur son corps et elle me demandait si ça me plaisait ? Elle était décidément bien trop naïve pour son propre bien…
J'hochai la tête et avançai mon visage près du sien.
« Ne te préoccupe pas de ça. » Soufflai-je avant de capturer ses lèvres farouchement.
Elle laissa tomber et soupira contre ma bouche, puis entoura mon visage avec ses mains. Nos dents s'entrechoquaient et nos langues se mélangeaient, rendant mon désir pour elle encore plus violent. Il fallait que je la possède maintenant, ça en devenait carrément douloureux à ce rythme là. Plus j'attendais et plus j'agonisais. Il était temps de mettre fin à cette attente interminable.
Je fis descendre ma main de sa taille vers sa cuisse et écartai ses jambes, me positionnant à son entrée, tandis que Bella avait cessé de bouger, attendant avec appréhension et anticipation en même temps.
« Ça va faire un peu mal. » La prévins-je en posant mon front contre le sien.
Je ne savais pas ce qu'était une première fois pour les filles, et honnêtement je n'osais pas y penser, tout ce que j'espérais était que ça se passerait bien. Elle resserra ses bras derrière ma nuque et me fit un mince sourire encourageant, qui n'atteignit pas ses joues cependant.
« J'ai confiance en toi. »
« C'est bien là ton erreur. » Soupirai-je en l'embrassant.
Puis doucement, le plus lentement que je pus dans la mesure du possible, je m'immisçai à l'intérieur de son antre humide. Le corps de Bella eut un sursaut brusque, et lorsque mon sexe déchira son hymen, elle rompit notre baiser pour émettre un cri qu'elle s'efforçait à retenir en serrant les dents.
Je cessai alors de bouger et la regardai avec désarroi, tandis qu'elle avait les yeux fermés et que son visage était déformé par une douleur qui n'appartenait qu'à elle seule. J'aurais cru qu'une fois que je l'aurais pénétrée je serais soulagé, mais en réalité ce n'était pas du tout le cas. La voir en train de se démener pour résister à la douleur sans pour autant y parvenir, ça ne me soulageait pas du tout, j'avais même mal pour elle. Encore une fois elle souffrait par ma faute, à croire que je ne savais faire que ça, lui faire du mal et la blesser.
Quelques larmes s'échappèrent de ses yeux clos et je fus incapable de supporter ce spectacle plus longtemps. Je l'embrassai au-dessus des joues, recueillant ses larmes sur mes lèvres.
« Pardon. » Murmurai-je profondément désolé, alors que son visage était toujours aussi crispé et tout son être tendu. « Je te demande pardon Bella. »
« Non. »
Elle renifla en secouant la tête, avant de rouvrir les yeux en clignant plusieurs fois, sûrement pour faire sécher ses larmes, puis elle me fit un regard qui se voulait rassurant.
« C'est rien. » Ajouta-t-elle comme si elle cherchait à m'en persuader, ce auquel je ne crus pas un seul instant.
J'ouvris la bouche pour protester mais elle ne me laissa pas le temps d'encaisser car elle posa ses lèvres sur les miennes, me priant silencieusement d'oublier et de continuer. Du moins c'était l'impression que son baiser renvoyait. Elle voulait que j'oublie la douleur qu'elle venait d'éprouver, mais comment pouvais-je ne pas y faire attention ? J'étais vraiment une belle ordure de lui infliger autant de souffrances depuis qu'elle était arrivée ici, alors que tout ce qu'elle méritait était du bonheur à l'état pur.
En même temps toi ou un autre ça aurait été pareil, elle aurait souffert quand même.
C'est ce que ma conscience essayait de me dire pour relativiser, mais je ne voyais pas les choses dans ce sens. De toute façon je ne lui apportais que tu malheur, je ne comprenais même pas comment elle pouvait encore chercher un tel rapprochement avec moi. D'ailleurs je crois bien que je ne la comprendrai jamais…
Elle voyait bien que j'avais du mal à me détendre après ça et que je n'étais plus réactif, alors quand elle redoubla d'énergie contre mes lèvres, qu'elle commença à se tortiller et passa une main dans mon dos pour me pousser à m'allonger sur elle, je sentis toutes incertitudes et mes tourments s'effriter. J'avais l'impression d'avoir le diable en personne en face de moi, parce que c'est vrai, elle est diabolique quand elle s'y met. Elle a toujours su obtenir de moi ce qu'elle voulait, et apparemment ce soir n'allait pas déroger à la règle vu l'état d'excitation qu'elle provoquait chez moi. Bella n'était pas totalement aveugle, elle avait une très bonne idée des atouts qu'elle possédait et de comment les exploiter. Elle jouait les ingénues mais en réalité ce n'était qu'une façade, elle était seulement timide et douce… quoi qu'avec moi je ne l'ai jamais trouvée timide, au contraire elle n'hésitait pas à ramener son sale caractère de chieuse ambulante dès que j'étais dans les parages. Et dans la situation présente, elle n'avait d'ailleurs absolument rien d'une prude.
Je finis par lâcher prise et retombai sur elle, la pénétrant cette fois entièrement, sans que quoi que ce soit ne vienne me barrer la route à nouveau. Cette fois j'entendis Bella émettre un son étouffé et je me surpris à constater qu'il n'avait rien de douloureux ni de plaintif. Je ne pus m'empêcher de soupirer de soulagement que le mal était passé car bien que me sois senti coupable, mon désir était loin d'être assouvi et le fait d'être à l'intérieur de Bella me procurait des sensations extrêmes. Son antre était humide et chaude, on aurait dit qu'elle était faite rien que pour moi. Je commençai à effectuer plusieurs poussées au fond d'elle, d'abord doucement avec un rythme plutôt soutenu, bien que je sois à mon niveau maximum de tolérance et que si je ne voulais pas y rester, il allait vite falloir que je passe à la vitesse supérieure.
Bella n'avait aucun mal à suivre, elle ondulait son bassin sous moi pendant que je ne cessai de la pénétrer, à chaque fois de façon plus forte sans m'en rendre compte. Je crois bien que j'avais eu mon trop plein de douceur pour une nuit car plus les secondes passaient, et plus mes coups de reins devenaient durs et violents. J'entendais ses gémissements qu'elle avait arrêté de retenir, et je m'en délectais. Je m'étonnai moi-même lorsque je m'aperçus que je gémissais aussi, chaque fois que je butais en elle et que j'en ressentais les effluves du plaisir qui montait progressivement. Elle planta ses ongles dans mon dos, se collant à moi encore plus si c'était possible, ce qui ne fit qu'intensifier le moment présent. Sa poitrine était entièrement plaquée contre mon torse et sentir ses seins durcis me fit accélérer le mouvement. C'est à cet instant que je pris conscience d'une chose. Une chose dont je n'avais jusqu'à maintenant que peu trop songée.
J'avais failli la perdre aujourd'hui.
Bordel, j'aurais très bien pu la retrouver morte si j'étais arrivé trop tard, et à mesure que je me fondais en elle, m'enfonçant toujours plus profondément pour la posséder pleinement, je sus que si jamais il lui était arrivé quelque chose, je ne m'en serais pas remis. Bella était tout ce qui me raccrochait un tant soit peu à la vie à l'heure actuelle. Je n'aurais pas pu supporter l'idée qu'elle ne soit plus là, ni que je doive retomber dans mon ancienne vie, celle sans joie, sans humanité, sans insouciance… je savais que je ne pouvais plus replonger là dedans, cette fille avait eu raison de moi et de ma personne.
Et si je l'avais réellement perdue… alors je n'aurais jamais pu connaitre le plaisir intense que j'éprouvais maintenant, en étant plus proche d'elle qu'aucun homme ne l'a jamais été. J'avais besoin de me rassurer et de me prouver qu'elle était bel et bien là, et que tout ça n'était pas tiré d'un rêve purement destiné à me faire croire à une réalité trop belle pour exister.
Je m'emparai de ses bras et les allongeai sur le lit au-dessus de sa tête, alors qu'elle s'acharnait sur mes lèvres tout comme je m'acharnais au fond d'elle. Mes mains glissèrent le long de ses bras lentement, jusqu'à arriver à ses poignets, puis à ses propres mains qui étaient tournées paumes vers le ciel. J'entremêlai nos doigts, l'embrassant fougueusement sans pouvoir m'arrêter. Bella entoura ses jambes autour de ma taille et me ramena contre elle, m'arrachant un grondement au passage. Je perdis le contrôle et accélérai mes poussés, ne pouvant plus tenir très longtemps. Si j'avais eu peur au départ de la pénétrer brutalement et hâtivement – dans la mesure où elle vivait sa première fois et qu'elle avait probablement besoin de douceur et de tendresse – je fus vite rassuré lorsque je vis qu'elle adorait ça. Ses gémissements étaient forts et son vagin était de plus en plus serré, si bien que je finissais par me sentir gravement à l'étroit. C'était tellement bon de la voir se lâcher et s'abandonner complètement, comme si rien d'autre ne comptait, comme si le monde extérieur n'avait plus d'importance… et dans mon fort intérieur je ressentis la même chose. Tout ce qu'il y avait autour de nous était oublié, la seule chose que je voyais c'était elle, j'avais pour la première fois l'impression qu'un futur entre elle et moi était possible, et bien que je sois conscient que ce sentiment n'allait pas durer, il me fit énormément de bien et je l'accueillais avec une grande satisfaction.
Alors que le nombre de mes pénétrations ne cessait d'augmenter, toujours plus vifs et enfiévrés, je sentis que j'étais sur le point d'atteindre la jouissance sous peu. Mais il fallait qu'elle vienne avant moi, j'avais besoin de ça, parce que son plaisir passait avant le mien, parce que… parce qu'elle-même passait avant moi. Relevant la tête pour la regarder, elle se mit à haleter tant elle manquait d'air. Ses yeux étaient fermés et son visage déformé par le plaisir, elle était réellement magnifique. Elle rouvrit les yeux et plongea son regard dans le mien, l'air fasciné. Sans la quitter des yeux, nos mains toujours accrochées et liées, je donnai le coup de grâce.
Ses parois se resserrèrent, les muscles de son bassin se contractèrent et son corps fut pris de tremblements. Elle poussa un long gémissement et la voir atteindre son apogée m'amena jusqu'à mon propre orgasme. Je me déversai en elle, relâchant la pression en soupirant de soulagement. Ils se passèrent de longues minutes sans qu'aucun de nous ne bougent. Le corps de Bella s'arrêta de trembler après plusieurs secondes et sa respiration était bruyante tout en étant coupée. Il me fallut un moment pour reprendre mon souffle à mon tour, ma tête dissimulée dans son cou et mon corps reposant entièrement sur le sien.
Après plusieurs minutes d'inaction, je remontai ma tête pour la regarder. Elle avait encore du mal à respirer mais son visage semblait complètement apaisé. Je posai mon front contre le sien et respirai à grands poumons.
« Pendant un moment j'ai eu peur de t'avoir perdue. » Avouai-je finalement d'une voix presque inaudible.
Elle écarquilla les yeux et un sourire s'étira sur son visage.
« Edward… » Murmura-t-elle avec un profond sérieux. « Il faut que tu saches que… »
« Non. » La coupai-je en comprenant avec effroi ce qu'elle s'apprêtait à dire. « Ne le dis pas Bella. »
Cette dernière me regarda étonnée et le visage plein d'incompréhension.
« Mais j'ai besoin de te le dire… je… »
Je ne lui laissai pas le temps de terminer car je m'emparai de ses lèvres avec avidité, souhaitant lui faire oublier son aveu. Je connaissais déjà l'issue de cette situation. Bella s'apprêtait à me dire qu'elle m'aime et cela aurait donné un sens bien trop réel à tout ça. Même si j'avais déjà conscience de ses sentiments pour moi, je ne voulais pas entendre ces mots sortant de sa bouche afin d'avoir la confirmation que ce que je pensais était exacte. Elle ne devait pas m'aimer, je ne supporterais pas l'idée qu'elle me soit dévouée à ce point, bien que moi aussi je sois fou d'elle et que l'espace d'une nuit, elle m'avait appartenu. Si seulement je pouvais avoir la prétention de la faire mienne chaque nuit qui suivrait, je n'hésiterais pas une seconde… Mais malheureusement la vie n'était pas un conte de fée et je ne vivais pas dans un rêve. Bella ne pouvait pas être à moi, peu importe que je le veuille ou non, peu importe qu'elle le veuille aussi.
Elle tenta de se débattre pour pouvoir parler mais j'accentuai la pression sur ses lèvres, et bien vite elle lâcha prise et oublia. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire de toute façon. Oublier.
Je délaissai ses mains pour m'emparer de son visage afin de m'assurer qu'elle était bien là et que ce qui s'était passé ce soir était bien réel. Puis je finis par décoller mes lèvres des siennes et m'éloigner. Je retombai à coté d'elle sur le lit, la tête tournée vers le plafond tout en l'attirant vers moi. Elle se blottit contre moi et me serra contre elle comme si sa vie en dépendait. Je rabattis la couette sur nous et l'enlaçai avec mes bras, voulant croire encore l'espace d'une minute à ce rêve qu'elle m'avait laissé entrapercevoir tout à l'heure, ce rêve où elle et moi avions un avenir ensemble, un futur heureux que je n'avais jamais vu jusqu'à aujourd'hui.
Elle soupira de bien être, la tête posée sur mon torse. Je tournai la tête vers elle et constatai qu'elle s'endormait. Ses yeux étaient clos et sa respiration lente et régulière. Ce qui me bluffa fut le sourire qu'elle arborait sur son visage. Il s'agissait d'un sourire heureux, apaisé et satisfait. Elle était heureuse… c'est probablement la première fois qu'elle l'est véritablement depuis son enlèvement. La voir sourire comme ça me fit sourire à mon tour, comme un automatisme. Je resserrai ma prise sur elle tout en déposant un baiser dans ses cheveux. Elle gigota légèrement et l'une de ses jambes se retrouva enchevêtrée aux miennes.
Je me laissai alors emporter dans le monde du sommeil avec la certitude que, si j'étais destiné à la rendre malheureuse, cette nuit en tout cas, je l'avais rendue heureuse.
Ah que c'est beau...
Après 17 chapitres j'ai ENFIN trouvé une utilité à ce rating M, qui l'eut cru ?
J'aimerais revenir un petit peu sur la scène de fin. Je sais que ça a dû étonner certains que leur première fois arrive aussi vite vue l'avancée de leur relation mais il faut que vous sachiez que depuis le début de la fiction j'avais prévu qu'ils coucheraient ensemble avant qu'ils ne soient véritablement ensemble et après la mort de Jacob. Dans beaucoup de fictions où Bella est vierge, ils attendent pas mal de temps avant de passer à l'acte, il s'agit d'un moment romantique et tout le tralala... Je ne critique pas loin de là, seulement ça ne pouvait pas se passer ainsi dans cette fiction. Vous avez pu voir qu'Edward était complètement différent et atypique de celui auquel on est habitué, de plus il est plus âgé et n'a rien de romantique, il avait besoin de se rassurer que Bella était vivante quant à elle elle avait besoin de se rassurer qu'il était toujours celui qu'elle connaissait, certains penseront qu'il s'agit de mauvaises raisons, et peut être que c'est le cas, mais si vous vous attendiez à une première fois parfaite c'est pas en cliquant sur cette fiction que vous allez la trouver car ça n'a jamais été mon intention ;)
J'espère cela dit en avoir ravi certaines qui attendaient ce moment avec impatience, que vous aurez apprécié ce lemon qui est de loin le plus long que j'ai jamais écrit et que j'aurais réussi à vous faire passer les sentiments et émotions que je voulais.
À votre avis comment va se dérouler le lendemain matin ? Vous pensez qu'Edward va se raviser ?
N'hésitez pas à me dire vos impressions de ce chapitre ainsi que vos pronostics pour la suite en laissant une review !
Je rappelle que pour chaque review = un teaser
En attendant je vous dis à la prochaine, maintenant que mes partiels sont terminés je devrais être un petit peu tranquille jusqu'au mois de mai ;)
D'ici là couvrez-vous bien !
Votre Dévouée Popolove
