Bazinga !
(ma nouvelle façon de dire bonjour, cf The Big Bang Theory pour ceux qui connaissent pas ^^)
Après un mois d'absence, me revoilà, en espérant que vous êtes toujours là :p J'espère que vous avez passé de bonnes vacances, moi j'en ai pas eu xD
J'avais dit qu'après les partiels j'aurais plus de temps pour écrire mais en fait pas du tout, et ça me déprime croyez-moi. Et puis il faut dire aussi qu'en ce moment j'occupe tout mon (peu de) temps libre à mater des épisodes d'Esprits Criminels en compagnie du Dr Reid et de l'agent Derek Morgan :p D'ailleurs cette série m'a permis de découvrir Jackson Rathbone déguisé et maquillé en femme ainsi qu'Alex O'Loughlin avec des tocs et des lunettes rectangulaires, franchement ça vaut le détour !
Trêve de blabla, merci pour toutes vos reviews hallucinantes ! J'ai arrêté de les compter maintenant, tout ce que je peux vous dire c'est que je suis vraiment très heureuse de l'engouement que cette fiction suscite à chaque fois, c'est toujours extra et motivant !
/ /
Je remercie les anonymes :
Martine16, patnat, Laura, vro, lilly-rose, larsand, phelie, karima, scorpionlove09, ocenanny, izzie, julia, Marie, stephhaniie, CynthiaDL, Mana28, snow, Fanny, Coralie, une fan, Marie, Samantha, Elsa, Lisa, Joy, Shana, fana-twilight, Lisa L, Marie, ines, Ophely Smith et cmklpor
fleurnyle : Je n'ai pas tout à fait compris ton adresse mail. Est-ce que les _ après chaque lettre sont normales ? ^^
MlleEverdream : Dis-toi qu'une seule review pour toute la lecture, c'est mieux que pas de review du tout ! Surtout lorsqu'elle est longue comme la tienne ;) Je suis contente que tu trouves ma fiction originale et que tu apprécies la personnalité différentes des personnages, sache que peu importe le temps que tu devras attendre tu auras toujours une suite à cette fiction je finis toujours ce que j'ai commencé ;) Et rassure-toi, personne n'a la moindre idée de comment Edward va se sortir de ce pétrin lol Merci infiniment pour ta review, j'espère ne pas t'avoir fait trop attendre.
wendy : Très heureuse que leur première fois ait été à la hauteur de tes attentes ^^ Oui si dans ce cas tu considérais qu'elle serait intense tu ne t'es pas trompée ;) Tu vas probablement être contente puisque ce chapitre est du point de vue de Bella lol Sache que je prévois une discussion entre elle et Rosalie au prochain chapitre et cette dernière aura un avis très défini quant à la relation de Bella et Edward :p Merci partiels se sont très bien déroulés, c'est gentil à toi de t'en soucier :)
Hlne : Carrément une réserve de calepins... et bah O_o On peut pas en vouloir à Edward de sourire comme un débile, il est amoureux ^^ Cela dit je ne pense pas qu'il servira de central électrique pour la Tour Eiffel et les Champs Elysées un 25 décembre après avoir couché avec Bella, tu vas voir dans ce chapitre que sa réaction est... comment dire... plus torturée, comme lui quoi xD Bella la conquérante surprenante? J'aime encore plus ce nom ! Edward n'a pas vraiment pensé à Jasper je le reconnais, mais il va se rattraper ici :) Tu vas devoir un peu attendre pour tes réconciliations espérées, parce qu'elles sont pas encore prêtes de pointer le bout de leur nez xD Encore une fois merci pour ta review délicieusement-et-savoureusement-dégustée-par-l'auteur-en-question ! :p
/ /
J'ai eu l'agréable surprise de voir que leur première fois avait fait l'unanimité, tout le monde l'a adorée et bien c'est super, je m'y attendais vraiment pas ! Beaucoup ont remarqué que je n'avais pas parlé de contraceptifs et sachez que c'est voulu. Comme je l'avais expliqué dans une de mes fictions, je n'aime pas évoquer ça pendant un lemon car je trouve que ça casse l'ambiance et après j'ai du mal à écrire, voilà pourquoi je ne parle jamais de préservatifs dans aucune de mes fictions (sauf dans le cas de mon OS Coup d'Enfer mais ça c'est une autre histoire ^^). Cela étant dit, ça ne veut pas dire qu'ils se sont protégés. Just sayin' :p
Ce chapitre reprend là où le dernier s'est arrêté, c'est à dire le lendemain de la mort de Jacob, après que Bella et Edward aient passé la nuit ensemble (mais ais-je vraiment besoin de le rappeler ?)
Enjoy !
(P.S: Dédicace à ma petite Vidia adorée =D)
Chapitre 18 : Liberté
Pov Bella
oO "Skin" Oo – Zola Jesus
Sentiment de plénitude…
Cela devait probablement être la première fois que je me sentais autant sereine et détendue. J'avais encore les yeux fermés mais je savais que j'étais en train de sourire. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les évènements de la veille me revinrent en mémoire et je me surpris à élargir mon sourire, sans ouvrir les yeux. J'essayais d'omettre de ma mémoire l'arrivée impromptue de Jacob et de ne garder que la partie où je suis avec Edward. Si j'avais adoré le matin, ce n'était rien comparé à la nuit que nous avions passée.
D'ailleurs je n'arrive toujours pas à croire que cela est vraiment arrivé. Je n'avais jusqu'à hier encore jamais été aussi intimement proche avec un garçon, et au final je n'aurais pas pu rêver mieux, parce que ça avait été magique. Il avait vraiment été incroyable avec moi. Et il avait réussi à me faire tout oublier. Mes parents, Jacob, les meurtres, la violence, la peine, la douleur… Avec lui j'avais oublié tout ce qui constituait et représentait le monde extérieur, et c'était un sentiment véritablement apaisant. Pour la première fois depuis très longtemps j'étais paisible, je n'éprouvais aucun sentiment de crainte, aucune pensée pour me tourmenter, aucune souffrance… quant au trou béant que la mort de ma mère et de Phil ont provoqué dans ma poitrine, il s'était refermé. Je ne ressentais plus que de la quiétude et une profonde tranquillité.
Soupirant doucement, je commençai à m'étirer, les yeux toujours clos. Mon bras s'allongea pour retrouver le réconfort et la chaleur du contact avec sa peau, tandis que je soupirai en m'extirpant du sommeil. Mais lorsque mon bras retomba sur la surface molle du lit, je fronçai les sourcils. Je tapotai plusieurs fois la place du lit à coté de moi, dans le seul but de parvenir à trouver Edward.
Ne me dites pas qu'il…
Au bout de plusieurs tentatives ratées, la peur s'insuffla en moi et je me forçai à ouvrir les yeux.
« Non… » Murmurai-je d'une voix un tantinet désespérée.
J'écarquillai les yeux et regardai partout autour de moi, avant de me rendre à l'évidence et d'affronter la réalité.
J'étais seule.
Ma tête retomba sur le lit et je soufflai en me passant une main sur le front.
« Non pas encore… » Gémis-je sans pouvoir contenir ma déception.
J'avais espéré qu'après tout ce qui s'était passé il aurait au moins la décence de rester cette fois. Au moins pour me confirmer que je n'avais pas rêvé les derniers évènements. Je ne suis pas habituée à ce genre de situations mais… mais j'aurais voulu qu'il soit là à mon réveil, me réveiller dans ses bras ou au moins le sentir près de moi. Est-ce que c'est trop demandé pour lui ? Lui qui profite à chaque fois que je sois en train de dormir pour se tirer de la chambre comme un voleur. Jamais il n'était encore resté. Pas une seule minuscule petite fois. Je sentis les larmes me monter aux yeux à cette constatation et fis mon maximum pour les contenir comme je le pouvais. Après tout cela ne voulait rien dire n'est-ce pas ? Ce n'est pas parce qu'il n'est pas là qu'il a décidé de s'éloigner encore une fois. Rien que la pensée qu'il puisse oser me faire un coup pareil, mon cœur se serra à cette idée. Il n'avait pas intérêt à faire ça, j'espérais de tout cœur qu'il n'ait pas décidé de mettre un terme à une histoire qui n'avait même pas encore commencé… parce que je ne serais pas capable de l'endurer une fois de plus. J'accumulais déjà bien trop de rejets, il n'y a plus de place pour un nouveau.
Je relevai les pans de la couette pour m'assurer que je ne m'étais pas fait des illusions et soupirai de soulagement en découvrant ma nudité. Pas de doute, je n'avais rien imaginé. Tout avait été réel. Et pourtant il n'était pas là. Peut être refusait-il de l'assumer… Si tel est le cas alors je suis bonne à pleurer toute la journée, parce que moi je l'assumais et il n'avait pas le droit de regretter. Prenant la décision de ne pas me morfondre ici et d'affronter le présent, je me levai du lit et me dirigeai vers l'armoire en quête de vêtements, puis allai dans la salle de bain pour prendre une douche. Et tandis que l'eau chaude coulait et me réveillait, je fermai les yeux et me mis à réfléchir longuement.
C'est vrai qu'entre nous les choses sont enchainées un peu trop précipitamment… Mais je n'y peux pas grand-chose, cela faisait des semaines que j'en rêvais chaque nuit, et l'agression de Jacob n'aura fait qu'accélérer ce qui aurait tôt ou tard fini par arriver. Je n'aurais jamais imaginé que ma première fois puisse se dérouler comme ça, c'est-à-dire avec un homme plus âgé et beaucoup plus expérimenté que moi, qui au passage est un tueur à gages bossant pour un mafieux – ou devrais-je dire un monstre. J'ai toujours pensé que j'accepterai de coucher avec un garçon pour la première fois après au moins plusieurs mois de relation stable et après avoir tout planifié à l'avance afin de ne pas avoir de surprise regrettable. Mais jamais, non jamais je n'aurais cru que je le supplierais de coucher avec moi alors que nous n'étions même pas encore ensemble, et encore moins après avoir manqué de me faire tuer.
Quelque part je me sentais un peu honteuse de mon attitude, car entre nous tout est tellement récent, bancale et fragile, mais sur le coup cela m'avait paru juste. Et en y réfléchissant, je crois bien que je me fiche éperdument des règles, des convenances et autres conventions du genre. Je m'étais sentie prête, j'avais eu envie de lui et surtout, j'avais eu besoin de lui. Honnêtement, il n'y a pas un seul instant où je le regrette. Ma première fois n'avait peut être pas été planifiée, elle ne s'était peut être pas déroulée avec le prince charmant, et elle aurait peut être dû avoir lieu bien plus tardivement et dans de meilleures circonstances, mais il n'empêche que pour moi elle avait été parfaite. Et tout ce que j'espérais, c'était qu'Edward puisse le voir aussi.
Mettant fin à mes réflexions, je coupai l'eau et m'emmitouflai dans une serviette pour me sécher. Je pris mon temps pour m'habiller, me sécher les cheveux, me préparer, sans doute pour retarder encore plus l'échéance. Car j'étais terrifiée à l'idée de sortir de la salle de bain sans savoir comment les choses allaient se dérouler entre nous. Je décidai de retarder un peu les choses et m'inspectai dans le miroir. Malgré ma peur et le fait qu'il n'ait pas été là au moment où je me suis réveillée, j'avais toujours un sourire sur le visage. C'était étrange dans la mesure où je ne l'avais pas commandé, on aurait dit que je souriais de façon automatique, comme s'il s'agissait de quelque chose que je ne pouvais pas contrôler. J'observai mon visage dans la glace et me trouvai bizarrement reposée. Je n'avais pas la moindre cerne ni marque de fatigue, et ça c'était une grande première depuis mon arrivée dans l'Illinois. En vérité ce devait vraiment être la toute première fois où mon sommeil fut réparateur. D'habitude j'ai toujours des rêves perturbants tels que la mort de mes parents qui se rejouent encore et encore dans mon subconscient. Et quand il ne s'agit pas de rêves lugubres ou taciturnes, ce sont des rêves érotiques qui viennent me tourmenter. Entre nous, si ces derniers étaient nettement plus agréables, ils n'étaient pas du tout plus reposants pour autant.
J'entendis le claquement d'une porte et fronçai les sourcils. Est-ce qu'Edward avait décidé de s'en aller sans même penser à prévenir ? L'appréhension reprit place instantanément dans mon esprit et mon sang ne fit qu'un tour. Ne pouvant rester dans le doute une seconde de plus, je sortis de la salle de bain en trombe et me dirigeai vers la porte d'entrée, sentant la colère me monter en craignant qu'il ne soit vraiment parti.
Heureusement je fus vite rassurée lorsque je le vis au loin, en train de verrouiller la porte sur son passage. Je me figeai et réprimai un soupir de soulagement en le voyant. Il avait l'air de s'être absenté puisqu'il avait revêtu la veste en cuir noire qu'il portait toujours et que ses cheveux étaient décoiffés par le vent. D'où le bruit de la porte.
« Tu étais parti ? »
Je ne me rendis compte qu'après avoir parlé que ma voix était frémissante. Il se tourna vers moi avec étonnement, ne m'ayant sans doute pas entendu arriver. Il m'observa durant plusieurs secondes que je trouvais interminables, tandis que je soutenais son regard sans être capable de dire quoi que ce soit.
Puis il détourna les yeux.
« Je suis allé voir Jasper. » avoua-t-il finalement. « Je m'inquiétais pour lui. »
Ma bouche forma un « o » et à cet instant tout ce que j'avais tenté d'oublier depuis ce matin me revint en mémoire. L'agression de Jacob, ainsi que le fait qu'il s'en soit pris à ce pauvre Jasper pour lui voler la clé de l'appartement. Aussitôt l'inquiétude s'empara de moi.
« Comment va-t-il ? » m'empressai-je de demander en tentant de dissimuler ma culpabilité.
Dire que j'avais passé mon temps à sourire sans me préoccuper de ce qui lui était arrivé. Même lorsque Jacob m'avait annoncé qu'il s'en était pris à lui, je n'avais pensé qu'au fait qu'Edward allait bien. Je pouvais me montrer tellement égoïste parfois…
« Il est inconscient. Ce connard l'a tabassé, j'ai dû l'emmener à l'hôpital. Il a des contusions et plusieurs ecchymoses. D'après les médecins il aura besoin de points de suture et de quelques jours en observation pour se remettre. »
J'hochai la tête, ne sachant quoi dire après ce qu'il m'avait annoncé. Dans un sens j'étais rassurée qu'il ne soit pas dans un état plus grave que ça, car je me serais sentie réellement coupable. C'est vrai après tout, ce qui est arrivé à Jasper est uniquement de ma faute, parce que j'avais fait la bêtise de les surprendre le jour de mon anniversaire, et parce que Jacob était venu pour moi.
Je remarquai qu'Edward fuyait mon regard et qu'il semblait mal à l'aise.
Voilà qui n'était pas bon signe…
Ma peur revint lorsque je compris qu'il n'avait pas l'intention de faire face à ce qui s'était passé entre nous. Sans un regard pour moi, il se détourna vers la cuisine, me laissant pantoise. Je n'arrivais pas à croire ce qui était en train d'arriver. Il y a une minute je flottais encore sur mon petit nuage, et l'instant d'après je retombe dans la réalité sombre et sinistre qui m'enveloppe depuis que j'ai fait la connaissance d'Edward. Je ne pouvais accepter que nous allions en rester là, que nous n'allions pas avoir au moins une seule explication ni la moindre confrontation.
Je ne comptais pas en rester là.
Et c'est passablement énervée et tendue que je le suivis et fis à mon tour mon entrée dans la cuisine pendant qu'il était en train de se faire chauffer un café comme si la situation était parfaitement normale.
« Edward ? » l'appelai-je avec irritation.
« Quoi ? » dit-il sans m'accorder un regard.
« Arrête de m'ignorer. »
« Je ne t'ignore pas. » Répondit-il simplement en s'emparant de sa tasse.
Je pris sur moi pour ne pas m'emporter, bien que je commençais sérieusement à être agacée par son attitude. Il entreprit de boire une gorgée de son café sans m'accorder son attention. En fait c'était simple, pour lui je n'existais tout simplement pas. J'aurais pu tout aussi bien ne pas être dans la cuisine, cela aurait été exactement la même chose. Cette constatation me blessa plus que je ne l'aurais imaginé.
Mais je ne l'entendais pas de cette oreille, c'est pourquoi je m'avançai vers lui avec un visage remonté.
« Tu as l'intention de faire comme s'il ne s'était rien passé c'est ça ? » accusai-je déplorée.
Il haussa les épaules, le regard fixé droit devant lui.
« Je ne vois pas de quoi tu veux parler. »
J'entrouvris la bouche d'incrédulité et me mis à rire nerveusement.
« Non mais je rêve ! Enfin tu n'es tout de même pas sérieux ! T'as pas le droit d'agir comme ça ! » m'exclamai-je atterrée.
Il ne répondit rien et se contenta de boire en silence. On aurait dit que je parlais à un mur. C'était même pire qu'un mur, c'était carrément une muraille, à la fois impénétrable et incassable. Je ne pus supporter ce comportement plus longtemps.
« Et après tu oses dire que tu ne m'ignores pas ? Regarde-moi au moins quand je te parle. »
Il consentit à me faire face et me regarda avec le visage impassible. Ses yeux étaient inexpressifs, si bien que j'eus envie de pleurer en le voyant agir de cette manière.
« Et qu'est-ce que tu voudrais que je te dise ? » demanda-t-il froidement.
« J'en sais rien, ce qui te passe par la tête. »
Il soupira de lassitude et je sus que je n'allais pas du tout aimer ce que j'allais entendre.
« Tu veux savoir ce que je pense ? Très bien. On a couché ensemble hier soir. Mais ce n'était… » Il secoua la tête tandis que je rougissais malgré moi. « Ça n'aurait jamais dû arriver. »
Je restai abasourdie. J'essayais tant bien que mal de ne pas craquer et de rester forte devant lui mais il était en train de réduire mon cœur en miettes avec ses paroles. Si j'avais eu pendant un instant l'espoir que tout allait être facile et que j'allais enfin avoir un semblant de vie heureuse avec lui, aucun doute qu'il s'était envolé à l'heure qu'il est. Edward ne l'entendait pas de cette oreille et n'avait apparemment pas l'intention de m'épargner.
Et voilà que je souffrais, une fois de plus…
« Tu regrettes ? » murmurai-je d'une voix chevrotante.
Il détourna à nouveau les yeux et resta silencieux, plongeant la pièce dans un mutisme incommodant. Il porta la tasse à ses lèvres et but son café alors que j'étais immobile en le regardant faire. S'il espérait que j'allais abandonner aussi facilement, il se trompait lourdement. Je n'avais pas été aussi loin avec lui pour me faire rejeter comme une malpropre la minute d'après. Il était hors de question que je ne laisse tomber rapidement sans rien faire.
Depuis le début je me battais avec Edward. Et je n'allais certainement pas arrêter maintenant.
« Je n'arrive pas à te comprendre. » déclarai-je avec des yeux déroutés. « Tu essaies de me faire croire que je ne représente rien à tes yeux, alors que tu m'as clairement prouvé le contraire. Pourquoi ? »
« Tu te fais des idées, contrairement à toi, je n'accorde aucune importance à ce qui s'est passé la nuit dernière. » dit-il en reposant sa tasse vide sur le comptoir.
Je fus prise d'une colère irrépressible.
« Et tu espères me faire croire ces balivernes ? A d'autres Edward, j'ai arrêté de croire tes mensonges depuis longtemps ! »
« C'est la vérité pourtant, tu croyais quoi ? Que toi et moi on allait finir ensemble avec une jolie maison remplie de papier peint jaune fluo ainsi qu'une petite barrière devant le porche ? On n'est pas dans un mauvais film Bella. Et je ne m'attache pas. Je t'ai voulue, je t'ai eue, mais ça s'arrête là. » annonça-t-il sans détour, fixant sa tasse de manière impassible.
J'écarquillai les yeux et me retins de rire sous le coup de l'énervement.
« Ce que tu dis est complètement ridicule. Tout d'abord, une maison peinte en jaune ne peut pas être considérée de jolie. » répondis-je en secouant la tête, tandis qu'il esquissait un sourire qui disparut aussi vite qu'il n'était venu. « Et puis regarde-toi, tu n'es même pas fichu de me dire ça en me regardant dans les yeux. » répliquai-je sarcastique.
Il fronça les sourcils et releva la tête pour me regarder droit dans les yeux.
« Je suis parfaitement capable de te dire ça en te regardant. » nia-t-il.
« Non tu ne l'es pas. »
« Bien sûr que si je le suis ! »
« Dans ce cas prouve-le-moi, vas-y dis-le ! »
« Je ne veux pas de toi Bella ! » asséna-t-il avec brutalité. « Ça te va comme ça ? »
J'essuyai une larme qui avait coulé sans mon autorisation et pris une inspiration pour garder mon sang froid afin de ne pas montrer à quel point ce que j'entendais me faisait mal.
« Je sais ce que t'es en train de faire. » bredouillai-je sans me laisser démonter, tout en secouant la tête pour empêcher d'autres larmes de couler. « Tu cherches à passer pour un type sans cœur dans l'espoir que ça va m'éloigner mais tu fais fausse route. »
« Qu'est-ce que tu sais de mes intentions et de ce que je pense ou pas ? » s'énerva-t-il.
« Parce que tu es bien des choses Edward, mais tu n'es sûrement pas un salaud. » lâchai-je durement.
Il me fixa silencieusement, les sourcils toujours froncés. Il avait l'air en plein débat avec sa conscience, tant ses traits tourmentés sur son front étaient visibles. C'était la première fois depuis le début de la journée qu'il montrait un semblant d'émotion qui ne s'apparentait pas à de l'indifférence pure et simple, et cela me rassura et m'inquiéta en même temps.
Il y a encore quelques jours, je sais que je n'aurais eu aucun mal à croire ce qu'il venait de me dire et je me serais sans aucun doute enfermée dans la chambre afin de pleurer à chaudes larmes tout en me maudissant pour avoir fait l'erreur de tomber amoureuse. Mais aujourd'hui bien trop de choses s'étaient produites pour que je puisse un instant considérer l'idée que ce qu'il disait était la vérité. Le lien qui nous unissait et qu'il essayait de repousser, il était réel, je ne l'avais pas inventé. Et je refuse de penser une seule minute que la nuit que nous avions passée ensemble n'ait pas compté pour lui.
Les secondes défilaient et il me regardait toujours avec cet air torturé qui le caractérisait si bien. Je profitai de son moment de léthargie pour me rapprocher de lui. C'est dingue comme sa présence me manque, même lorsqu'il se comporte comme un véritable idiot. Il y avait cette attraction qui me poussait vers lui de manière inexplicable, et ce peu importe que je le veuille ou non. Il ne fit aucun mouvement, ni en ma direction, ni pour s'éloigner.
« S'il te plait, » murmurai-je, « arrête de me donner des raisons de te détester. Parce que je n'y arriverai pas. Je suis incapable de te haïr, encore moins maintenant… »
Je me retins de baisser la tête, ne voulant plus paraitre hésitante ou intimidée face à lui. Tel que je le connais il en tirerait profit pour me mettre des fausses idées dans la tête comme quoi j'ai imaginé tout ce que j'ai cru qu'il ressentait pour moi. J'avais suffisamment douté de ma personne depuis ma naissance, je ne voulais plus douter de moi à présent. Je voulais de l'assurance.
Être sûre de moi.
« Pourtant tout serait plus simple. » soupira-t-il de défection. Il coupa notre connexion visuelle et fixa un point devant lui. « Sérieusement Bella, tu devrais songer à m'oublier. Il n'y a pas de place pour toi dans cette vie là. »
« Et si moi j'ai envie d'être avec toi ? » contrai-je sans me rendre compte de ce que je disais.
Je me figeai en réalisant la portée de mes mots. C'était la première fois que j'émettais à haute voix mon désir d'être avec lui. Les jours précédents étaient beaucoup plus basés sur des gestes que sur des paroles. Il cligna des yeux, lui aussi surpris et m'accorda à nouveau son attention.
J'approchai ma main de la sienne qui était posée sur le comptoir de la cuisine, à coté de sa tasse vide. Mais je n'eus pas le temps de l'effleurer qu'il retira sa main d'un geste brusque tellement vite que je faillis tressaillir.
« Edward… »
« Arrête ça. »
« Mais enfin pourquoi ? » Je commençai à élever la voix tant cette situation m'exaspérait. « Pourquoi tu refuses de voir les choses de mon point de vue ? »
« Parce que je ne peux pas ! Tu es peut être inconsciente, mais pas moi. »
« Alors pour toi vouloir être avec toi c'est faire preuve d'inconscience ? »
Je ne supportais plus son attitude, j'avais essuyé tellement de refus de sa part jusqu'à présent que je me demandais même comment je faisais pour ne pas perdre la face et garder la tête haute.
« Tu crois peut être que j'agis sans réfléchir ? »
« Je pense que c'est exactement ce que tu fais. » confirma-t-il.
« Et bien tu as tort ! Je ne suis pas inconsciente. J'ai pas arrêté de retourner ça encore et encore dans ma tête et tu auras beau dire tout ce que tu veux, ça ne changera pas ce que je ressens pour toi. Et n'essaie pas de me faire croire que je me fais des idées et que je suis là seule à éprouver ça. »
J'inspirai pour calmer mon rythme cardiaque qui ne cessait de s'accélérer à mesure que l'énervement et l'impatience s'emparaient de moi. J'étais à bout, il devait vraiment arrêter de me faire du mal comme ça en me repoussant, parce qu'il allait finir par avoir raison de moi pour de bon.
« Ce lien entre toi et moi… » murmurai-je en le regardant profondément, le corps tendu, « tu le ressens aussi n'est-ce pas ? »
Il fronça les sourcils, et pendant une minute je crus l'avoir désarçonné. J'avais peur qu'il me dise que je perdais la tête et que j'avais tout imaginé, mais d'un autre coté j'étais sûre de moi, je savais qu'il ressentait la même chose que moi car il me l'avait prouvé. Et il avait menti lorsqu'il avait dit que lui et moi avions couché ensemble la nuit dernière. Nous n'avons pas seulement couché ensemble, c'était beaucoup plus fort que ça et il en avait pleinement conscience. Il voulait juste me faire croire que ça ne le touchait pas autant que moi pour que je me sente blessée et que je veuille le détester, parce que dans son esprit tordu ça lui semblait être une bonne idée. J'étais blessée c'est vrai, son comportement distant envers moi après tout ce qui s'était passé entre nous m'atteignait plus que je ne voulais l'admettre, mais je ne le détestais pas, et je refusais de lui donner raison ou d'accorder une seule seconde de l'importance à ses paroles uniquement faites pour me repousser.
« Je… »
Il voulut dire quelque chose mais se ravisa. Sa voix était hésitante et il avait toujours le front plissé, comme s'il était en plein débat silencieux. Edward avait toujours eu tendance à se torturer l'esprit parfois même de façon inutile, alors ça ne m'étonnait pas. Il leva les yeux vers moi et me scruta intensément. Cela suffit à accélérer les battements de mon cœur et à faire grimper ma tension.
« Je ne peux pas Bella. » répéta-t-il, comme si c'était la seule phrase qu'il savait dire. « C'était une bêtise. Je me suis laissé submerger par mes émotions, j'ai eu peur pour toi, j'avais besoin de me rassurer que t'étais bien vivante alors j'ai pas réfléchi. Mais peu importe ce que je ressens ou non, ça n'a pas d'importance parce que ça ne change rien. »
Je secouai la tête, repoussant les larmes qui n'allaient pas tarder à apparaître s'il continuait.
« Une bêtise… » marmonnai-je défaite.
Malgré tout ce qui s'était produit hier, malgré le fait que Jacob soit venu pour me tuer et qu'Edward l'ait assassiné devant moi, il n'en restait pas moins que j'avais passé la meilleure nuit de toute ma jeune vie et ce uniquement grâce à lui. Et lui il la considérait comme étant une vulgaire bêtise… C'était ça qui me donnait le plus envie de pleurer, ce n'était pas parce qu'il cherchait à me faire croire que je ne compte pas, mais parce qu'il cherchait à me faire croire que cette nuit ne compte pas.
« Je suis désolé. » s'excusa-t-il. « Je sais que dans d'autres circonstances, les choses auraient été différentes. » Il me lança un regard insistant. « Et crois-moi Bella, j'aurais vraiment aimé que tout soit différent entre nous. »
Je reculai d'un pas, ne pouvant rester proche de lui alors qu'il était en train de me faire du mal émotionnellement. A cet instant j'avais envie de crier pour qu'il ouvre les yeux et qu'il réalise qu'il était idiot de refuser la moindre relation sous prétexte qu'il n'était pas quelqu'un de bien ou que les circonstances n'étaient pas idéales.
« Je commence à me demander si tu ne t'es pas joué de moi. » avouai-je après quelques secondes d'inertie.
Il cligna des yeux, l'air apparemment étonné.
« Excuse-moi ? »
« C'est vrai, depuis le début tu avais l'intention de me repousser et pourtant tu m'as quand même laissée espérer. Tu savais que je ne me contenterais pas d'une seule nuit avec toi alors pourquoi avoir couché avec moi ? » accusai-je.
« Parce que je le voulais autant que toi ! » s'exclama-t-il d'une voix légèrement énervée. « Je te l'ai dit j'ai pas réfléchi, j'ai pas pensé à ce qu'il pourrait advenir après ça et je le regrette, j'avais pas le droit d'être égoïste. »
« Je vois pas en quoi c'était égoïste de ta part de m'accorder ce que je désirais. » répliquai-je cinglante.
« Tu ne comprends pas… »
« C'est plutôt toi qui n'as pas l'air de saisir. » L'interrompis-je d'un ton sec. « Edward, je t'ai donné tout ce que j'avais ! Je t'ai donné ma liberté, ma confiance, mon amitié, je me suis confiée à toi comme jamais je ne m'étais confiée à qui que ce soit, j'ai même failli y laisser la vie hier et pour finir je t'ai donné ma virginité. C'était tout ce qu'il me restait, la chose la plus intime que je possédais et je te l'ai donné en sachant que je ne pourrais plus jamais la retrouver. Alors t'as pas le droit d'agir comme ça et de me repousser. Plus maintenant. »
Il ne répondit pas, se contenta de m'observer en silence avec son air torturé habituel. Il semblait être en pleine réflexion, et en même temps je pus voir que ce que je venais de dire l'avait un peu ébranlé, assez pour qu'il cesse de ressembler à un bloc de glace. Quelques secondes me suffirent à remarquer la vague de culpabilité qui prenait place sur son visage. Il s'en voulait, ça c'était certain. La question était de savoir s'il s'en voulait de me repousser, ou d'avoir couché avec moi.
Puis son visage s'illumina comme s'il venait d'avoir une révélation et il prit un air déterminé.
« Tu sais quoi ? Tu as raison. » déclara-t-il contre toute attente en se relevant du comptoir.
Je le regardai surprise tandis qu'il se détournait et s'en allai vers le salon. Je le suivis sans attendre, ne comprenant rien à son attitude.
« Edward ? »
Il m'ignora et se dirigea vers la porte. Est-ce qu'il avait réellement l'intention de s'en aller maintenant ? J'étais perdue.
« Je peux savoir ce que tu fais ? » demandai-je tandis qu'il déverrouillait la porte.
Il l'ouvrit en grand puis se retourna vers moi, le visage sombre et indéchiffrable.
« Tu n'as pas arrêté de faire des sacrifices pour moi, il est temps que je te rende la pareille. »
« Et alors où veux-tu en venir ? » m'enquis-je déroutée.
Son regard fit l'aller entre moi et la porte et il me fallut un moment avant de réaliser enfin ce qu'il avait l'intention de faire.
« Jacob est mort, et il était le seul à être au courant de ton existence. Tu ne cours plus aucun danger à présent, alors il n'y a pas de raison pour que tu restes enfermée ici. J'ai confiance en toi, je sais que tu n'iras pas voir la police, et puis même si tu le faisais au point où j'en suis j'en ai plus rien à faire. Tu peux t'en aller. » annonça-t-il d'un ton résigné.
Je restai immobile et inerte, incapable d'en croire mes yeux. Cela faisait un bon moment que j'avais abandonné tout espoir de retrouver le monde extérieur, j'en avais même oublié qu'il y avait une vie en dehors de cet appartement. Je crois que pas un seul instant depuis mon enlèvement je n'ai cru que ce jour arriverait bel et bien. Celui de ma libération.
« Tu veux dire que… je suis libre ? » articulai-je lentement comme si j'avais peur d'avoir mal entendu.
Je fus prise d'une bouffée d'espoir à mesure que je prenais conscience du symbole que représentait cette porte qu'Edward venait de déverrouiller et d'ouvrir pour moi. Il détourna les yeux, comme s'il ne supportait pas de soutenir mon regard, et finit par hocher la tête faiblement.
« Si j'avais su que tuer ce vaurien était la solution je l'aurais fait depuis longtemps. Maintenant que c'est fait, oui tu es libre. »
Ma bouche s'ouvrit mais aucun son n'en sortit. J'étais tellement abasourdie par la tournure des évènements et par cette échappatoire que je n'aurais jamais pensé possible un jour, que je n'étais pas du tout en mesure de réfléchir correctement. Edward me rendait ma liberté. Je crois qu'il n'y avait rien d'autre au monde qui aurait pu me rendre aussi heureuse que je l'étais intérieurement à ce moment là. Pour la première fois de ma vie, j'étais enfin libre de faire ce que je voulais, de prendre mes propres décisions et d'agir comme bon me semblait.
J'observai Edward et constatai qu'il n'avait pas l'air enchanté. En réalité il semblait même défait, voire presque affecté. Peut-être n'avait-il pas tant envie que ça de me voir m'en aller… mais alors dans ce cas je n'osais pas imaginer ce que cette décision devait lui coûter. Tout ce qu'il avait fait depuis le début, ça avait toujours été par rapport à mon propre intérêt, il se disait égoïste mais pourtant il n'a jamais agi en fonction de ce qu'il voulait. Les seules et uniques fois où il s'est réellement laissé aller et où il a laissé ses désirs s'exprimer furent la nuit dernière et celle d'avant, mais hormis ça il n'a pas arrêté d'agir tout en retenue. Et là encore il se retenait. Pour moi, parce qu'il pensait que c'était la meilleure chose à faire.
Peut être qu'il avait raison, que partir était ce qu'il y avait de plus sensé. Malheureusement je n'ai jamais été raisonnable. Et là où lui voyait du sens, moi je n'en voyais guère.
Je m'avançai vers lui sans un mot, tandis qu'il n'osait toujours pas lever les yeux vers moi. Il se trouvait devant la porte qui était toujours ouverte et qui me faisait de l'œil. Mon cœur débordait de joie à l'intérieur, tant la perspective d'une vie affranchie me ravissait. C'était triste à dire, mais ce qu'Edward venait de faire était probablement la meilleure chose qu'on avait jamais fait pour moi, et ça il fallait absolument qu'il le sache. Une fois à sa hauteur, il se força à tourner la tête pour me regarder et je tentai un faible sourire, afin de lui montrer à quel point je lui étais reconnaissante.
« Merci. »
Il hocha la tête sans toutefois émettre la moindre réaction montrant qu'il était satisfait ou ravi par ce dénouement. Dans un sens, cela me rassurait. J'enroulai mes bras autour de son cou et enfouis ma tête dans son épaule, fermant les yeux. À mon grand soulagement il se laissa faire et après quelques secondes, il soupira puis me rendit mon étreinte.
« Personne n'avait encore jamais autant fait pour moi, ni pris soin de moi comme tu l'as fait. » murmurai-je dans un soupir. « Et je ne compte plus le nombre de fois où tu m'as sauvé la vie. »
« C'était rien. » répondit-il d'une voix qui se voulait nonchalante.
« Non ce n'était pas rien. » contredis-je en rouvrant les yeux et en reculant ma tête pour le regarder dans les yeux. « Je ne pourrai jamais assez te remercier pour tout ce que t'as fait pour moi. » dis-je sincèrement.
Il posa l'une de ses mains sur ma joue et rapprocha son visage du mien.
« Tu l'as déjà fait. » assura-t-il.
Je me perdis dans le fond de ses yeux verts et cessai de respirer, notre proximité étant des plus déconcertantes. Puis ses lèvres se posèrent sur les miennes et mon cœur s'emballa. Je lâchai un soupir d'apaisement et de nouveaux papillons me tordirent le ventre. Si ça n'avait tenu qu'à moi, nous nous serions embrassés dès le moment où je me serais réveillée et aurais ouvert les yeux. Seulement voilà, Edward n'était pas du tout de cet avis et il avait fallu attendre une confrontation que je trouvais pour ma part inutile.
Notre baiser était à la fois doux et passionné, et je compris que c'était parce qu'il pensait que celui-là serait le dernier. Il m'embrassait comme si c'était la dernière fois et cela me fit mal. Je lui avais laissé croire que j'étais d'accord pour m'en aller d'ici. Pire, que j'en étais heureuse. Mais avais-je seulement songé une seconde à quitter cet appartement ? À quitter Edward ?
Comment réagira-t-il lorsqu'il saura que le fait qu'il m'ait rendu ma liberté avait accentué encore plus mon envie de rester ?
Ne pouvant supporter cette situation plus longtemps, je décollai mes lèvres des siennes et le regardai quelque peu déboussolée.
« Edward écoute… »
« Va-t'en Bella. » coupa-t-il le regard soudainement sérieux. « Tu ne peux plus rester là. »
J'entrouvris la bouche pour répondre mais réalisai que les paroles ne seraient pas suffisantes cette fois. Edward était sans conteste le type le plus borné de la planète, et lorsqu'il s'agissait de se disputer, il était bien plus impressionnant que moi, ce qui fait que je n'aurais pas la moindre chance si je commençais à engager le débat de cette façon. D'autant plus qu'il était bien trop proche de moi pour que je puisse réfléchir clairement et avoir toute ma concentration.
Il me fallait trouver quelque chose de plus convainquant pour me faire entendre que des mots car il n'était pas du tout enclin à accepter mon point de vue. Soupirant de lassitude, je me détachai de son emprise et m'éloignai, le cœur serré. Si seulement il pouvait voir les choses de la manière que moi je les voyais…
Je décidai de le contourner pour avancer vers la porte. Il ne fit aucun mouvement pour me retenir, ce qui ne m'étonna pas vraiment. Je posai ma main sur la poignée et sentis comme des palpitations dans mon ventre.
J'étais libre…
Je pouvais partir si je le voulais, je n'étais plus une pauvre prisonnière retenue contre son gré. J'étais juste Bella, une ado orpheline, amoureuse du mauvais garçon.
C'est d'une originalité…
Je jetai un coup d'œil derrière moi pour voir son visage. Il me regardait toujours avec cette allure sombre et torturée. Je savais qu'il ne voulait pas que je parte. Il me forçait peut être à m'en aller, mais il ne le voulait pas. Il refusait seulement de l'admettre pour moi, pour que je puisse partir sans regret. Cette constatation me conforta dans l'idée que j'étais exactement là où je devais être.
Ma main se raffermit sur la poignée de la porte et j'attendis quelques secondes pour voir s'il me retiendrait. Lorsque je compris qu'il n'avait pas l'intention de me retenir, je décidai qu'il était temps de mettre un terme à tout ce cinéma.
Sans plus attendre, je claquai la porte.
Je me tournai vers lui avec détermination tandis qu'il écarquillait les yeux et sortait de sa léthargie.
« Qu'est-ce que… Bella ? » appela-t-il déconcerté.
« Tu ne croyais tout de même pas que j'allais vraiment m'en aller ? » rétorquai-je d'une voix réprobatrice.
Il me regarda comme si j'étais le messie et je sentis qu'il était sur le point de sortir de ses gonds.
« Non mais t'es malade ? Qu'est-ce que tu fous bordel ! Barre-toi tout de suite ! » ordonna-t-il tonitruant.
Je croisai mes bras sur ma poitrine et lui lançai mon regard le plus noir.
« Non. »
« Ne me fais pas le répéter deux fois Bella ! Va-t'en d'ici tout de suite ou je te mets dehors moi même ! »
« J'ai dit non Edward ! » tranchai-je durement.
Il se passa une main dans les cheveux avec nervosité et je pris sur moi pour garder une certaine contenance et ne pas être déstabilisée par son énervement.
« Ça ne va pas… putain il faut que tu t'en ailles ! » fustigea-t-il.
Il avait l'air agité et paniqué. Est-ce que c'était parce qu'il avait peur que je refuse de partir, ou parce qu'il avait peur de ne pas pouvoir me tenir tête plus longtemps ?
Je priais pour que la deuxième supposition soit la bonne.
« Je pensais que tu l'avais compris. Je veux être avec toi. Tu m'as rendu ma liberté, et bien je suis libre de faire mes propres choix. Et j'ai décidé que je voulais rester ici. » conclus-je avec assurance.
J'avais l'impression de ressembler à une gamine capricieuse mais qu'importe, au moins j'étais honnête. Il secoua la tête comme si ce que je disais n'était que calomnie.
« C'est de la folie, il est hors de question que tu restes là. » réfuta-t-il.
« Edward écoute-moi… »
« Tu l'as dit toi même, t'as failli te faire descendre ! » incendia-t-il. « Si j'étais arrivé cinq minutes plus tard qu'est-ce qui se serait passé à ton avis ? »
« Mais tu es arrivé à temps non ? Et je ne suis pas morte, alors je ne vois pas où est le problème. » fis-je remarquer.
« Non mais tu t'entends parler ? On croirait que pour toi le fait d'avoir frôlé la mort c'est pas important ! »
« J'ai jamais dit ça ! Seulement au cas où tu semblerais l'oublier, je te signale que c'est pas la première fois. Si on parlait du jour de mon anniversaire par exemple ? Lorsqu'un meurtrier s'est introduit chez moi et a assassiné mes parents à coups de couteau et qu'ils se sont vidés de leur sang dans la cuisine ? » lâchai-je en tâchant d'ignorer la douleur qui me tordait l'estomac en me rappelant cet événement funeste. « Ou alors plus tard dans la soirée, lors de mon arrivée à Chicago où j'ai surpris trois hommes de main en train de faire la peau à un pauvre innocent ! »
« Justement ! » renchérit-il. « Comment tu peux oser vouloir rester avec l'un d'entre eux ? »
Si j'avais encore des doutes comme quoi il était en colère, je n'en avais plus aucun à présent. Ses yeux étaient véritablement noirs de fureur. Je ne l'avais pas vu s'énerver comme ça après moi depuis le jour de ma fuite, après qu'il ait appris que j'avais prononcé le prénom d'Alice devant Jasper. Même à Noël c'était différent.
« Tu tiens vraiment à ce que je t'explique la raison qui me donne envie de rester avec toi Edward ? » Provoquai-je en me rapprochant de lui, haussant un sourcil de défi.
Il se renfrogna et détourna les yeux, le regard à la fois peiné et douloureux. Je savais que je venais d'appuyer sur une corde sensible. Edward ne voulait pas m'entendre lui dire que je l'aime, et pourtant ce n'est pas faute d'avoir déjà essayé. Il le savait, mais il refusait de l'entendre, comme s'il refusait d'accepter cette éventualité, ou qu'il essayait de se convaincre tant bien que mal que ce n'était pas le cas.
« Je ne peux pas accepter ça. » dit-il en secouant la tête. « Bon sang ta place n'est pas ici ! »
« Ma place est où j'ai envie qu'elle soit ! Et pour ta gouverne, sache que tu as perdu le droit de décider pour moi au moment où tu m'as ouvert cette fichue porte. » déclarai-je avec aplomb.
Il se pinça le nez et plissa le front, en plein conflit. Il avait l'air épuisé et exaspéré.
« Tu n'arrives vraiment pas à comprendre… » marmonna-t-il las.
« Comprendre quoi ? »
« Que tout ce que je fais, c'est pour toi. Pour ton intérêt à toi. »
Il reporta son attention sur moi et me regarda avec gravité.
« Bella, si je tiens tant à ce que tu t'en ailles, c'est parce que j'estime que tu mérites beaucoup mieux que ce que j'aie à te proposer. Tu mérites de rencontrer un type bien, quelqu'un de gentil et attentionné, qui prendra soin de toi et avec qui tu seras en sécurité. »
Je me mordis la lèvre pour ne pas rire à sa remarque. Bien que la situation ne soit pas drôle du tout, il fallait reconnaître que ce qu'il disait était assez marrant, dans la mesure où il était en train de se décrire lui même sans en avoir conscience.
« Explique-moi un truc. » émis-je en masquant tant bien que mal mon sourire car je savais que ça l'énerverait plus qu'autre chose. « Pourquoi est-ce que je voudrais partir à la rencontre d'un type pareil, dans la mesure où je l'ai déjà trouvé ? »
Ses yeux se rétrécirent comme si ce que je venais de dire était une calomnie.
« Tu n'es pas sérieuse ! »
« Et toi tu refuses de voir la réalité en face ! » contrai-je. « Parce que si c'était le cas, tu verrais que excepté ce que tu fais et pour qui tu travailles, tu es quelqu'un de bien. Tu es gentil avec moi, sauf quand tu t'énerves et que tu joues les gros durs, tu t'occupes toujours de moi même quand ce n'est pas nécessaire et malgré tout ce que tu peux dire, je ne me suis jamais sentie aussi en sécurité que lorsque je suis avec toi. Alors explique-moi quelle est la différence avec le portrait que tu viens de me dépeindre. »
« Parce que moi je te parle de quelqu'un qui n'a rien à se reprocher ! Et tu es la mieux placée pour savoir que je suis loin d'être clean. » Susurra-t-il méchamment.
Je soupirai d'exaspération.
« D'accord, tu bosses pour un mafieux. Tu effectues des transactions illégales, tu tabasses des gens et tu es chargé d'éliminer les personnes qu'on te demande. J'ai compris que tu n'étais pas le type parfait dont rêvent toutes les filles comme moi. Et alors, est-ce que ça signifie pour autant que tu dois rester seul ? » répliquai-je, haussant les sourcils.
« Pas avec quelqu'un comme toi. » répondit-t-il sûr de lui.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? »
« Ça veut dire que tu es jeune, jolie et intelligente, tu es quelqu'un de bien alors s'il te plait, ne gâche pas ta vie avec moi. »
« Mais ma vie est déjà minable ! » m'exclamai-je d'une voix forte, si bien qu'il me regarda étonné. « Tu ne le vois donc pas ? Je n'ai pas de bagage, je n'ai pas d'argent, je n'ai pas de famille, ni même aucun ami ! Tu veux que je t'apprenne quelque chose ? Y a pas une seule personne dans ce putain de monde, qui au moment où je te parle, doit se demander où je suis et si je vais bien ! Je n'ai rien Edward ! Je n'ai rien et je ne suis rien ! La seule personne qui s'est jamais préoccupée de moi et qui tient à moi, elle est devant moi ! »
Je ne pus réprimer les larmes que je contenais et éclatai en sanglots. Je ne voulais pas pleurer, car depuis que j'étais arrivée ici je m'étais incroyablement endurcie et j'en étais fière. Même hier j'avais tout fait pour me retenir de pleurer et j'avais attendu jusqu'au dernier moment avant de lâcher prise. Je n'étais plus cette fille naïve et fragile. J'en avais vécu beaucoup et j'avais suffisamment encaissé pour devenir forte, mais là j'étais incapable de me contenir.
Quoi que j'en dise, la mort de Phil et Renée n'était toujours pas quelque chose dont j'étais parvenue à me remettre. Je souffrais toujours de leur perte, ainsi que celle de mon père. Et quand je constate que tout ce que je viens de dire est la pure vérité, qu'hormis Edward je n'ai rien ni personne, je ne peux empêcher mes larmes de couler.
Je sentis sa main sur ma joue essuyer une larme et relevai les yeux pour apercevoir Edward qui semblait soucieux.
« Ça changera. » promit-il désolé.
« Je ne veux pas que ça change. » bredouillai-je en secouant la tête. « Je veux être avec toi, même si tu as des choses horribles à te reprocher, est-ce que c'est si difficile à comprendre ? »
Il ne répondit pas et arbora un visage confus et incertain, tandis que je posai ma main sur la sienne qui était sur ma joue.
« Je… je n'en sais rien. »
Le voir hésiter me donna un élan d'espoir et je commençai enfin à entrapercevoir le bout de cet énorme tunnel.
« S'il te plait laisse-moi rester. » suppliai-je, les larmes toujours présentes. « Je sais que je n'ai pas encore dix huit ans et que ne je suis pas toujours facile à vivre mais… »
« Bella ce n'est pas – »
« Mais laisse-moi prendre mes propres décisions. » insistai-je. « Je ne veux plus qu'on décide pour moi, je veux pouvoir choisir comment mener ma vie et faire selon mes envies. »
« Tu ne seras pas heureuse. »
« Qu'est-ce que tu en sais ? »
« Parce que je le vois au quotidien, regarde Rosalie ! » s'énerva-t-il à nouveau. « Tu es son amie, ose me dire que j'aie tort et qu'elle est pleinement heureuse et épanouie. »
Je le regardai mal à l'aise, incapable de le contredire.
« Non c'est vrai. » accordai-je. « Mais pourquoi est-ce qu'elle reste à ton avis ? »
Il ouvrit la bouche pour répondre mais se ravisa. Ses sourcils se froncèrent et ses yeux s'assombrirent.
« Je ne veux pas de ça pour toi. » dit-il au bout d'un moment, ignorant complètement ma question rhétorique.
« C'est mon choix Edward. »
« Mais tu… »
Il se tut lorsqu'il vit le regard noir et implorant que je lui lançais. Je tenais absolument à ce qu'il comprenne que ce n'était pas à lui de prendre les décisions pour moi, que j'étais parfaitement capable de le faire toute seule et que j'étais également consciente de ce dans quoi j'étais prête à me lancer.
Il lâcha ma joue et se recula de moi, en proie à de sérieux doutes. Je le regardai avec appréhension mais cela ne sembla pas l'atteindre puisqu'il se détourna et me planta là. Je le suivis des yeux tandis qu'il se dirigeait vers la chambre sans un mot.
Puis il claqua la porte sur son passage, me laissant pantoise.
En résumé, Edward était pire qu'incompréhensible. Il était… en vérité il n'existait pas d'adjectif suffisant à le qualifier. Je décidais qu'il était probablement parti pour réfléchir et que la meilleure chose que j'avais à faire était d'attendre.
Soupirant, j'allai m'asseoir sur le canapé en cuir du salon. Les jambes repliées et mon menton posé sur mes genoux, je soupirai et attendis, le cœur battant et les larmes séchant petit à petit. Je me demandais vraiment ce que mes parents – surtout mon père – devaient être en train de penser de moi vue de là-haut. Non seulement j'avais couché avec mon ravisseur, mais en plus je suppliais ce dernier de me garder après qu'il m'ait libérée. Quel genre d'otage suis-je donc ? Je devais sûrement leur faire honte, mais si seulement ils pouvaient comprendre… je n'ai rien fait pour tomber amoureuse d'Edward, je ne l'ai même jamais voulu. Il n'est pas le seul à vouloir que les choses soient différentes, moi aussi j'aurais aimé. J'aurais tellement préféré qu'il ne soit pas embarqué dans ces sales histoires. Mais d'un autre coté est-ce que je l'aurais rencontré si ça n'avait pas été le cas ? Est-ce que je me serais autant dévoilée ?
Je ne le saurai jamais et on ne peut pas revenir sur le passé ni remonter le temps, Edward était tel qu'il est aujourd'hui et je l'ai accepté. Je ne sais pas ce que ça donnera pour nous par la suite, mais je voulais au moins essayer. Tout ce qu'il fallait c'était qu'il accepte de nous donner une chance, car je ne pouvais plus me faire rejeter. S'il comptait me repousser à nouveau, dans ce cas j'abandonnerai. Je ferai mon sac et partirai d'ici, à la recherche d'une vie qui ne me semblait pas du tout pour le moins palpitante ni séduisante.
Après une éternité qui n'avait pas l'air de vouloir finir, j'entendis la porte s'ouvrir et des pas revenir. Mon cœur se mit à battre plus rapidement et je sentis la crainte s'emparer de moi, mes mains étaient presque sur le point de trembler. Il réapparut dans le salon et je me levai instantanément, comme si j'avais le feu aux fesses.
Il avait les mains dans les poches, la posture désinvolte et le visage indéchiffrable. J'ouvris la bouche pour parler mais il me devança.
« Va t'habiller. » Ordonna-t-il calmement. « On sort. »
J'écarquillai les yeux, ne m'attendant certainement pas à ce qu'il me balance une chose aussi incongrue. Mais bon il s'agissait d'Edward après tout, je n'aurais pas dû en être étonnée…
« Quoi ? »
Il se passa une main dans les cheveux et soupira comme si la situation l'agaçait.
« Bah si on doit être… un truc du genre… enfin tu vois ce que je veux dire… faudrait peut être que je te sorte un peu d'ici, tu crois pas ? »
Je me mordis violemment la lèvre pour empêcher mon énorme sourire qui menaçait d'apparaître. Est-ce que c'était sa façon de me dire qu'on avait rencard ? Pas surprenant le moins du monde…
« Donc… tu es d'accord pour que je reste ici ? »
Il roula des yeux.
« C'est pas comme si je voulais pas que tu sois là. » ironisa-t-il.
« Mais tu penses que ce n'est pas une bonne idée. »
« Je sais que ce n'en est pas une. » reprit-il. « Cela dit… »
Il marqua une pause, le regard fuyant, puis s'approcha de moi et posa ses mains sur mes épaules, tandis que ma respiration s'accélérait.
« Cela dit tu as raison, je n'ai pas le droit de décider pour toi alors… je veux bien essayer. » dit-il finalement.
J'esquissai un sourire à cette annonce, submergée par l'espoir.
« Tu ne vas plus me repousser hein ? » demandai-je pour être sûre. « Parce que je ne pense pas pouvoir supporter un rejet de plus et… »
« Non. » coupa-t-il d'une voix assurée. « Crois-moi, j'ai épuisé toutes mes réserves. »
Mon sourire s'élargit et j'enlaçai sa nuque avant de l'embrasser. J'avais l'impression de me sentir plus légère, comme si on m'avait retiré une grosse épine du pied, maintenant qu'il était enfin d'accord pour entretenir une relation. Tout ce que j'espérais à présent c'était qu'il ne décide pas de changer d'avis après s'être rendu compte que je n'avais rien de spécial, parce que même si je faisais tout pour l'oublier, c'était quand même quelque chose que je redoutais. J'étais jeune, inexpérimentée et pas des plus intéressantes, sans parler du fait que j'étais une fille à problèmes. Qui voudrait s'enticher de moi, honnêtement ?
Apparemment ça n'avait pas l'air de le déranger, peut être que finalement on faisait la paire. Lui le criminel et moi la paumée. Ça pouvait le faire.
« Va enfiler un manteau, il est temps qu'on sorte de ce fichu endroit. » dit-il après s'être reculé.
J'hochai la tête et me séparai de lui, impatiente à l'idée d'enfin voir l'extérieur. Je n'étais pas ressortie depuis le réveillon de Noël et force m'était de constater que l'air frai me manquait inexorablement. J'avais tout fait pour ne pas y penser, ni le montrer, mais passer mes journées entières ici me tuait.
Je jetai un dernier regard vers lui, puis partis vers la chambre avec le sourire.
…
oO "Radio" Oo – Lana Del Rey
« C'est ça ta voiture ? » demandai-je avec étonnement une fois dehors.
« Plutôt classe pas vrai ? » fit-il fièrement.
« Ça tu peux le dire. J'arrive pas à croire que c'est la première fois que je la voie. »
J'avais été rapide pour mettre des chaussures et le manteau qu'il m'avait acheté la dernière fois – encore un cadeau même s'il refusait de l'admettre – car je ne voulais pas perdre une minute du temps que je pouvais passer dehors. Cependant j'étais plutôt surprise de me rendre compte que la sensation d'être à l'extérieur n'était pas aussi satisfaisante ni agréable que la sensation d'Edward me tenant la main. J'avais toujours ce petit doute à savoir s'il le faisait par précaution ou par envie, ce qui me perturbait un peu. Mais je m'efforçais de chasser ces pensées de mon esprit afin de profiter de cette sortie, comme si nous étions un couple tout à fait normal.
Il m'avait amené devant une grande Volvo noire aux vitres teintées, et suffisamment spacieuse pour faire des jaloux. Je me demandai l'espace d'un instant si ça lui était déjà arrivé de transporter des cadavres dans cette voiture. Quelle idiote, évidemment qu'il l'a déjà fait, il a probablement même foutu Jacob Black dans le coffre la nuit dernière pour le transporter. Cette idée me tordit le ventre et je réprimai mon envie de déguerpir loin de cette Volvo qui me semblait tout d'un coup beaucoup moins belle, voire même affreuse.
« T'es déjà montée dedans une fois tu sais. » rappela-t-il, m'arrachant à la contemplation de la voiture.
« Ah oui quand t'as demandé à Emmett de m'assommer. » répondis-je sarcastique.
Mieux valait en rire à présent… non ?
« Allez monte. »
Il déverrouilla les portières et en contourna la voiture vers le siège conducteur.
« Et où est-ce qu'on va ? »
« J'en sais rien. » dit-il en claquant la portière.
Je soupirai en réalisant qu'il n'avait pas fait comme dans les films, c'est à dire m'ouvrir la porte galamment. Oh et puis qu'est-ce que j'en avais à faire ? Je sortais pas avec lui pour son romantisme, sinon ça se saurait. J'ouvris la portière coté passager et m'engouffrai dans l'habitacle. Les sièges étaient en cuir et le tableau de bord était joliment marbré.
Rien avoir avec la petite Fiat de Phil… Songeai-je.
J'attachai ma ceinture de sécurité tandis qu'il faisait démarrer la voiture. Le moteur était tellement silencieux que si je n'avais pas vu la Volvo se déplacer, j'aurais pu croire que le contact n'était pas encore enclenché.
« Si tu ne sais pas où on va alors pourquoi est-ce qu'on est en train de rouler ? » rétorquai-je après un moment.
Il haussa les épaules.
« On va dans un autre quartier du centre-ville. » apprit-il sans détourner son attention de la route. « Vue l'heure qu'il est je pense que je devrais t'emmener manger quelque part. »
« Donc c'est bel et bien un rancard… » murmurai-je pour moi même, réprimant un sourire face à ce constat.
« Quoi ? »
« Euh rien. » répondis-je alors qu'il avait la tête tournée vers moi.
Mieux valait que j'évite d'évoquer ce genre de mots avec lui, parce que je n'étais pas certaine de sa réaction. Tel que je le connais il se renfrognerait ou monterait probablement sur ses grands chevaux. Il se concentra à nouveau sur la route et roula sans un mot. Je profitais de ce silence pour l'observer. Ses mains étaient serrées sur le volant et ses jointures contractées, son visage était fermé et ses yeux reflétaient un étrange sentiment de malaise. Il n'avait pas l'air dans son assiette. Est-ce que c'était parce qu'il n'était pas habitué à ce genre de rendez-vous qu'il était aussi tendu ? Ou était-ce pour une autre raison que j'ignorais ?
Ce silence de plomb dans l'habitacle commença à devenir gênant et je me retrouvai à triturer mes doigts avec embarras, la tête baissée. Je ne pensais pas que j'aurais pu être de nouveau gênée avec lui, pas après tout ce qui s'était déjà produit entre nous, mais apparemment c'était le cas, sans doute parce que je ne savais pas du tout ce qui allait se passer à partir de maintenant et que j'étais tout autant novice que lui dans ce genre de relations.
Je finis par tourner la tête vers la vitre et admirer le paysage qui défilait. Ça me faisait tellement de bien d'être à l'air libre, même si techniquement j'étais enfermée dans une voiture… mais qu'importe, au moins je voyais du pays, je voyais la lumière du jour, chose que je n'avais pas vue depuis quatre mois puisque même le soir de Noël il faisait nuit. D'ailleurs j'étais étonnée de constater qu'Edward habitait dans un quartier vraiment, vraiment friqué. Quand je regardais par la fenêtre, tout ce que je voyais c'était des boutiques telles que Giorgio Armani, Louis Vuitton, Ralph Lauren ou encore Cartier. Toutes les voitures étaient des Lamborghini, des Bentley et des Porsche.
« Ôte-moi d'un doute, t'habites quand même pas à Hollywood ? » m'exclamai-je soufflée.
Il eut un sourire au coin de la bouche.
« Non mais presque. Je vis à Gold Coast, c'est probablement le quartier le plus huppé de tout Chicago. »
« J'en ai entendu parler. » répondis-je encore sous le choc.
Dire que depuis quatre mois je vis dans le quartier des super riches et que je n'en avais pas la moindre idée… comme quoi se faire kidnapper a ses avantages parfois. En arrivant ici j'étais pauvre et je n'avais aucune idée d'où aller, et à présent je roulais dans une Volvo tout en admirant une boutique Jimmy Choo. Ma mère en aurait été folle si elle avait pu voir ça.
Le ciel était nuageux, ce qui me fit regretter le soleil et la chaleur de Phoenix. Je n'arrivais pas à comprendre ce qui m'avait pris d'acheter un billet pour Chicago… J'aurais dû prendre un avion pour la Californie, la Louisiane ou encore le Texas, mais sur le coup je n'ai pas réfléchi, j'étais trop bouleversée par la mort de ma mère et de mon beau père pour avoir les idées claires, tout ce que je voulais à ce moment là était de m'éloigner le plus vite possible. Cependant à bien y réfléchir, je ne pense pas que j'aurais pu rester dans un État du sud, cela aurait été beaucoup trop proche de Phoenix, trop proche de cette scène sanglante que je m'évertuais à fuir. J'aurais pu aller en Floride, c'est assez loin et au moins il fait un temps magnifique… mais les tarifs étaient bien trop chers. Puis finalement j'aurais rencontré Edward dans l'Illinois, c'est pas si terrible… d'un certain coté. Il y avait une question que je me posais depuis plusieurs jours et dont j'avais peur de la réponse. Si j'avais su ce qui allait m'arriver en venant ici et qu'aujourd'hui je pouvais tout recommencer depuis l'aéroport, aurais-je fait les choses de manière différente ? Aurais-je pris un autre avion ?
« Bella ? »
La voix d'Edward m'interrompit de mes réflexions et je laissai momentanément cette question en suspend puis tournai la tête vers lui, étonnée qu'il se soit décidé à prendre la parole.
« Oui ? »
Il semblait hésitant mais était étrangement calme.
« Ça ne me plait pas de remettre ça sur le tapis mais… on n'a pas vraiment parlé de ce qui s'était passé hier. »
Mon cœur rata un battement et je me mis à rougir, mon esprit dérivant sur les récents évènements.
Lui, moi, le lit…
« Je parle de l'attaque de Jacob. » précisa-t-il d'un air amusé.
Je secouai la tête pour chasser les pensées qui me venaient à l'esprit, me traitant mentalement de tous les noms.
« Oh, oui bien sûr… » bafouillai-je piteusement.
Je tentai de me concentrer afin de me rappeler de l'agression, de la tentative de meurtre, du meurtre, de tout ce que j'avais essayer d'omettre volontairement de ma mémoire. Le regard meurtrier d'Edward à ce moment là… c'était quelque chose que je voulais absolument oublier, je l'avais trouvé tellement effrayant à ce moment là, même si je savais que sa colère n'était pas dirigée envers moi et qu'il ne me ferait pas le moindre mal, le voir ainsi, aussi froid et cruel, je ne voulais pas avoir à revivre ça.
Je n'aurais jamais cru qu'il allait vraiment tuer Jacob après que ce dernier m'ait relâché, mais il l'avait fait. Et savoir qu'il ne s'en voulait pas une seule seconde pour ça était assez difficile à digérer.
« Y a pas grand chose à dire, il est arrivé en fin d'après midi… j'ai cru que c'était toi qui revenais comme t'as dit que tu rentrerais tôt. Je reconnais que sur le moment j'ai eu la peur de ma vie. » marmonnai-je avec amertume.
« Mais il a rien fait de spécial ? » insista-t-il.
« Non il… il en a pas eu le temps. Quand je l'ai vu je lui ai demandé comment il était entré. Il m'a raconté qu'il te suivait depuis un moment, qu'il avait cherché un moyen de se venger pour la façon dont tu l'as humilié… et il a dit aussi que l'avantage d'avoir un ivrogne pour meilleur ami était qu'il avait pu s'infiltrer chez lui et le défoncer pour lui subtiliser tes clés sans qu'il puisse se rendre compte de quoi que ce soit. »
Son visage se durcit et ses doigts se refermèrent sur le volant comme s'il était prêt à le broyer.
« J'arrive pas à croire qu'il s'en soit pris à Jasper. » fulmina-t-il.
« Je croyais que tu ne lui parlais plus ? » fis-je remarquer avec un léger sourire.
Il secoua la tête.
« Peu importe. » éluda-t-il. « Que s'est-il passé ensuite ? »
Je soupirai, n'étant pas du tout confortable avec le fait de reparler de ça.
« Pas grand chose, j'ai tenté de le fuir, il m'a suivie et j'ai couru le plus vite possible dans ton bureau. »
« Tu es sûre qu'il ne t'a vraiment rien fait ? »
« Je te dis que non ! Il n'a pas pu faire quoi que ce soit je te jure… il s'est seulement contenté de dire des choses. »
« Quel genre de choses ? » s'enquit-il.
« Comme quoi il nous avait vus toi et moi, qu'il ne s'était pas juste contenté de nous espionner mais qu'il avait été aux premières loges, qu'il avait tout observé. Ça ressemblait plus à des paroles provenant d'un détraqué que d'un assassin. En fait on aurait dit une sorte de psychopathe. »
« T'as bien fait d'aller t'enfermer, c'était la meilleure chose à faire. » remarqua-t-il.
« Si tu le dis… »
J'en avais un gout amer dans la bouche en repensant au fait que je m'étais trouvée complètement faible et impuissante. J'aurais voulu me montrer plus utile que ça, pouvoir me défendre toute seule et lui rendre la monnaie de sa pièce au lieu de fuir comme je le faisais toujours.
« T'es certaine que ça va ? » s'enquit-il en voyant mon air contrarié.
J'hochai la tête pour toute réponse avant de tourner la tête vers lui et de le regarder dans les yeux.
« Est-ce qu'on pourrait ne plus reparler de ça à l'avenir ? » demandai-je avec insistance.
Il parut étonné mais consentit en hochant la tête.
« Ouais excuse-moi. J'avais seulement besoin d'être sûr qu'il n'avait pas fait quelque chose dont je n'étais pas au courant. » dit-il sans pouvoir contenir l'énervement dans sa voix.
La voiture s'arrêta et je me rendis compte qu'il venait de se garer. -
« On est arrivé ? » m'informai-je en regardant autour de moi.
« Tu crois que je me serais arrêté si c'était pas le cas ? »
J'inspectai les environs et remarquai que nous n'étions plus du tout dans le même quartier. Celui-ci semblait beaucoup plus populaire, il y avait plusieurs gratte-ciels, des petites boutiques simples et un fast-food sur le coté. J'ouvris la bouche d'incrédulité.
« Tu m'emmènes dans un fast-food ? » m'exclamai-je ahurie.
Il fronça les sourcils.
« Quoi, ça te dérange ? » répliqua-t-il peu amène.
Je me mis à rire, véritablement amusée par la situation. On était vraiment loin du super rendez vous dans un resto cinq étoiles… Soit Edward ne connaissait absolument rien aux rendez-vous, soit il faisait tout pour que cette sortie n'en soit pas un. À mon avis c'était sûrement un mélange des deux.
« Pas du tout. » assurai-je après m'être arrêtée de rire. « Je suis cent pour cent américaine, l'oublie pas. »
« Tu me rassures, parce que sinon je crois que toi et moi on aurait eu un vrai problème. » répondit-il sur un ton faussement menaçant.
Je secouai la tête et défit ma ceinture, n'attendant pas qu'il sorte pour m'ouvrir la portière lui même. Je savais qu'il n'aurait jamais l'initiative de le faire, il n'était pas assez gentleman pour ça. Je crois qu'il ignorait même que ce mot existait.
Il sortit de la voiture en même temps que moi et verrouilla les portes tandis que je faisais le tour du véhicule pour le rejoindre. Il fit alors une chose à laquelle je ne me serais jamais attendue de sa part, il passa un bras autour de mes épaules, déclenchant ainsi une foule de picotement dans le bas de mon ventre ainsi qu'un sourire sur mon visage. Il nous conduisit à l'intérieur et commença à me parler mais je ne pus me concentrer sur ce qu'il disait étant donné que la seule chose que j'étais capable d'enregistrer était qu'il avait son bras autour de mes épaules, comme deux personnes ordinaires.
Comme un couple…
Est-ce que c'était ce qu'on était ? J'osais espérer que oui, mais je n'allais certainement pas prendre le risque de lui poser la question. Mieux valait ne pas l'énerver.
Je retombai toutefois bien vite de mon nuage lorsque l'ambiance retomba dans un silence de mort. Edward n'avait pas décoché un seul mot durant tout le moment où nous avons fait la queue, et même maintenant, alors que nous étions assis dans un coin assez isolé, il refusait de dire quoi que ce soit. Il avait toujours ce petit air embarrassé et tracassé par quelque chose, ce qui m'inquiétait. Quant à sa posture, elle était droite et rigide, n'importe qui pouvait voir qu'il était tendu comme un piquet.
J'ignorais si je devais le laisser dans son mutisme mais ce que je savais c'est que ce silence inconfortable ne me plaisait pas vraiment. Finalement je décidais de le laisser à ses réflexions et son embarras et commençai à manger.
Rien de tel qu'un bon cheeseburger avec la dose de frites !
J'évitais de croiser son regard et il semblait faire de même, tandis que je me jetais littéralement sur la nourriture posée sur mon plateau. J'avais l'impression de ne pas avoir mangé depuis des lustres, il faut dire que pour moi le fast-food, y a que ça de vrai dans la vie. Edward sembla m'accorder son attention puisqu'il me regarda les yeux écarquillés pendant que je dévorais mes frites et mon sandwich.
« Et ben… à part Emmett j'avais encore jamais vu quelqu'un s'empiffrer autant que toi. Je vais finir par croire que je te nourris pas assez. » songea-t-il.
Le fait qu'il daigne enfin à m'adresser la parole me surprit et me soulagea. Même s'il paraissait toujours aussi mal à l'aise, au moins il parlait.
« J'ai toujours été comme ça, ma mère n'arrêtait pas de me dire que j'allais finir obèse à me goinfrer comme je le fais. » dis-je avec un pincement au cœur en songeant à Renée, que je n'aurai jamais la chance de revoir.
« En tout cas c'est bien de voir quelqu'un qui n'est pas focalisé sur sa ligne et qui ne passe pas son temps à manger des salades vertes. »
Je ris faiblement.
« De toute façon si je passais mon temps à manger des salades vertes ça n'aurait jamais pu être compatible avec toi qui es abonné à la malbouffe et les traiteurs. » fis-je remarquer.
Il me fit les gros yeux.
« Eh, je te ferais remarquer que depuis que t'es là je mange beaucoup plus équilibré. » se renfrogna-t-il.
« C'est normal, c'est parce que je suis là pour cuisiner. » rappelai-je en haussant un sourcil.
« Et alors ? Le résultat est le même. »
« Un jour je t'apprendrai à faire la cuisine. » déclarai-je solennellement avant de m'emparer d'une ou deux frites qui étaient sur son plateau.
Il étouffa un rire sarcastique.
« Crois-moi Bella, ce jour est pas prêt d'arriver et puis… qu'est-ce que tu fais ? » s'exclama-t-il subitement en montrant des yeux les frites que je lui avais prises.
Je me figeai en me rendant de compte de ce que je venais de faire.
« Oh… désolée c'est une vieille habitude. » m'excusai-je penaude. Il ne broncha pas. « Disons que ma mère en laissait toujours un tas alors j'avais pour habitude de… »
Je me tus devant son air réprimandant et me mordis la lèvre en me renfonçant dans la banquette, ayant du mal à soutenir son regard dur.
Il soupira de lassitude et sans que je ne le voie venir, il prit une poignée de mes frites puis les posa sur son plateau, le tout sous mon regard incrédule.
« Attends une minute… c'est beaucoup trop là, moi je t'en ai piqué que deux ! » protestai-je outrée.
« Ouais mais tu oublies les intérêts. » dit-il innocemment comme si c'était tout à fait normal.
« Les intérêts ? Non mais tu te fiches de moi ? On parle de frites Edward ! »
« Je vois pas ce que ça change. » rétorqua-t-il en me narguant volontairement tandis qu'il avalait une de mes frites avec un sourire au coin des lèvres.
À ce moment là je vis rouge. Personne, non personne ne touchait à mes frites, c'était une règle à ne surtout pas transgresser. Fulminant intérieurement, je décidai de ne pas me laisser dérober sans riposter et m'y pris à deux mains pour lui piquer la moitié de son plateau.
« Eh ! » grogna-t-il.
« Fallait pas me piquer mes frites et me narguer avec. » me défendis-je fièrement.
« Tu veux rire ? C'est toi qui as commencé ! » contra-t-il en tâchant de m'en voler à son tour, sans que je puisse l'arrêter.
« Sauf que moi je l'avais pas fait exprès ! »
« Peut être mais t'as commencé quand même alors maintenant t'assumes. »
« Mais enfin c'est injuste, t'as des plus grosses mains que moi. » me plaignis-je.
« Ça j'y peux rien. » railla-t-il.
Je le lorgnai d'un regard noir qui ne fit qu'accentuer son air moqueur.
« Edward rends-moi mes frites ! » incendiai-je en voyant qu'il ne me restait quasiment plus rien.
Il ne répondit pas et mangea sans une once de culpabilité. Je compris alors que si je voulais obtenir gain de cause, j'allais devoir me montrer plus intelligente que ça.
Faisant mine d'être énervée, je croisai les bras et détournai la tête. Je le connaissais mieux qu'il ne le pensait, et je savais qu'il ne pourrait pas supporter de me voir bouder, à chaque fois il revenait à la charge. En fin de compte je l'avais dans ma botte et il n'en avait même pas conscience.
Je dus attendre une bonne minute avant que je ne l'entende soupirer et rendre les armes.
« C'est bon vas-y sers-toi. » marmonna-t-il maussade.
Je tournai la tête pour le regarder et esquissai un sourire en voyant son visage contrarié, signe qu'il détestait capituler.
« T'aimes pas quand je fais la tête, avoue-le. » murmurai-je en saisissant plusieurs frites sans attendre.
Il leva les yeux au ciel.
« Et toi tu peux pas accepter un geste de courtoisie sans la ramener. » maugréa-t-il.
« Un geste de courtoisie ? Venant de toi ? » ricanai-je. « Dans une dimension parallèle, pourquoi pas. »
Je crus qu'il allait riposter et se défendre mais au lieu de ça il secoua la tête avec un sourire amusé. Le genre de sourire qui faisait accélérer les battements de mon cœur.
« Que veux-tu que je te dise ? Il me faut bien un défaut. »
Je souris à mon tour et ne répondis pas, continuant simplement à manger tout en l'observant. J'étais contente de voir qu'il avait fini par se dérider et se détendre. C'était peut être gamin de se bagarrer pour des frites mais au moins il n'était plus mal à l'aise et moi non plus. Le plus étonnant était de voir que l'on pouvait faire abstraction de toute notre situation et de passer un moment normal. On aurait presque pu être parfaitement ordinaires à ce moment là. Et j'appréciais, parce que j'aimais être ordinaire, et j'aimais encore plus le fait que lui le soit. Même s'il ne l'était pas, c'était apaisant de l'oublier un petit peu.
« Y a un truc que je comprends pas. » fis-je après un moment. « T'as une superbe cuisine équipée digne d'un magasine de décoration et pourtant tu ne t'en es jamais servi. Pourquoi avoir acheté un truc pareil ? »
Il haussa les épaules.
« C'était compris dans l'appart et puis pour les équipements… j'avais de l'argent alors je me suis pas posé de questions. »
« Ça t'arrive souvent de jeter de l'argent par les fenêtres ? » demandai-je sur un ton presque réprimandant.
« Au cas où tu l'aurais pas déjà remarqué, je suis blindé de tunes. » dit-il comme si ça justifiait tout.
Je soupirai d'exaspération. J'ignorais comment je devais me sentir, moi qui avais essuyé tous les problèmes d'argent de Phil, qui avais connu la pauvreté, la saisie sur maison, ainsi que tous les regards au lycée de la part des gens qui étaient au courant. Même dans une ville aussi grande que Phoenix, tout se savait, surtout lorsque quelqu'un avait de gros problèmes comme Phil, qui ne se cachait pas pour s'envoyer en l'air avec une maitresse ayant l'âge d'être sa fille.
« Ton appartement, est-ce que tu le loues ou est-ce que t'en es propriétaire ? » m'enquis-je.
« Je l'ai acheté, ainsi que celui de Jasper quand on a emménagé. »
J'hochai la tête soulagée. Je n'aurais pas aimé savoir qu'il payait un loyer chaque mois et que je vive dedans sans payer la moindre charge.
« Et tu as toujours été ainsi ? Je veux dire tes parents… »
« Mon père était un chirurgien de renom et ma mère possédait sa propre agence d'immobilier, donc oui on a toujours été aisé. » répondit-il simplement. « On vivait même dans un super appartement d'un gratte-ciel de Streeterville. Nos parents nous payaient des cours ultra chers au conservatoire, elle faisait du chant et de la danse et moi c'était le piano. » dit-il en faisant référence à Alice.
Je baissai la tête, me sentant véritablement minable par rapport à lui qui comme il le disait lui même, avait toujours été aisé et n'avait jamais manqué de rien. Voilà encore une des choses qui creusait un immense fossé entre nous, parce que nous n'aurons jamais les mêmes valeurs. Edward n'arrêtait pas de dire qu'il n'avait rien pour moi, mais moi non plus je n'avais rien à lui offrir, rien qui n'en vaille réellement la peine.
« Tu ne sais pas ce qu'ils sont devenus aujourd'hui ? »
« Non. » répondit-il plus durement que je ne l'aurais cru.
Je cessai de lui poser des questions, voyant que ce sujet n'était pas des plus confortables. Je ne voulais pas que l'ambiance redevienne comme elle était tout à l'heure, c'est à dire lourde et gênante, et je me rendais compte que j'étais beaucoup trop curieuse. Parfois quand je sentais qu'Edward était enclin à répondre, je commençais alors à m'emballer et à le bombarder sans réfléchir.
Ce à quoi je ne m'attendis pas en revanche, c'est qu'il reprit la parole pour développer sans même que j'eus à lui demander quoi que ce soit.
« Mais j'y pense quelque fois. »
Je le regardai silencieusement. Il avait le regard un peu lointain, comme s'il était à mille lieux d'ici.
« Tu as fini de manger ? » demanda-t-il soudainement en tournant la tête vers moi.
« Euh… oui je crois, pourquoi ? » fis-je déroutée par son soudain changement de sujet.
« J'ai envie de te montrer un endroit. » dit-il en se levant.
Je fronçai les sourcils et le regardai rapporter les plateaux. J'aurais dû être habituée à ses changements constants de comportements et sa spontanéité déconcertante, mais à chaque fois j'étais prise de court avec lui, je crois qu'au fond je ne m'y habituerai jamais.
Quelques minutes plus tard, nous étions en train de marcher main dans la main sans que je n'aie aucune idée à propos de l'endroit où il nous conduisait. Je n'osais pas le lui demander car il n'avait pas l'air très sûr de lui, comme s'il hésitait à m'emmener là où il était actuellement en train de m'amener. Quelque chose me disait que ce qu'il faisait était inhabituel. Le silence entre nous était revenu mais contrairement à tout à l'heure il n'était pas gênant. Au contraire je le trouvais même plutôt agréable. D'une certaine manière le fait de ne rien dire me permettait de profiter de sa présence sans avoir à me concentrer sur des bavardages inutiles.
Toutefois mes interrogations revinrent. Le fait qu'il me tienne la main, même si j'adorais ça – peut être même un peu trop – je ne pouvais m'empêcher de me demander si c'était pas parce qu'il voulait s'assurer que je ne m'en aille pas. Je sais que c'est idiot, après tout je suis libre à présent… pas vrai ?
« Je peux te demander quelque chose ? » finis-je par demander après de longues délibérations avec ma conscience qui me criait de ne pas tenter le diable.
« Je t'écoute. »
« En fait euh… » je commençai à bafouiller, ne sachant pas du tout comment dire ça. « Ça fait un moment que je me pose la question et que j'ai envie de te le demander mais… »
« Crache le morceau Bella. » s'impatienta-t-il.
Je me mordis la lèvre d'embarras.
« J'aimerais savoir, le soir de noël est-ce que tu me tenais la main par simple mesure de sécurité ou est-ce que c'était parce que t'en avais envie ? »
Il s'arrêta de marcher et fit volte-face pour me regarder, le visage étonné.
« C'est ça ta question ? »
Je me fis violence pour ne pas baisser les yeux et hochai la tête.
« C'est juste que tout s'est enchainé très vite entre toi et moi ces derniers temps et y a encore pas mal de choses que je capte pas et beaucoup d'interrogations… »
Il leva les yeux au ciel et se renfrogna.
« Je suis obligé de répondre ? » maugréa-t-il mécontent.
« S'il te plait. » dis-je en souriant innocemment.
« Et si j'en ai pas envie ? D'ailleurs pourquoi faut-il que tu poses toujours des questions embarrassantes ? » râla-t-il.
« Désolée. » répondis-je amusée.
Il soupira en se passant une main dans les cheveux et marmonna dans sa barbe avant de répondre.
« Je le faisais parce que j'en avais envie, ça te va ? »
Je l'observai avec incrédulité. Ainsi donc il m'avait tenu la main par envie et non parce qu'il tenait à m'empêcher de m'échapper… mon cœur s'emballa.
« C'est vrai ? » murmurai-je sans pouvoir contenir mon sourire.
« Ouais. » marmonna-t-il.
J'enlaçai son cou et l'embrassai sans lui laisser le temps d'analyser. Ainsi donc il ne m'a jamais tenu la main par précaution et il avait déjà des sentiments pour moi à ce moment là… En était-il seulement conscient ou l'a-t-il réalisé bien plus tard ? Je ne voulais pas tenter le diable en posant une nouvelle question susceptible de l'embarrasser. C'était déjà un miracle qu'il ait répondu la première fois et j'étais soulagée de savoir que j'étais toujours aussi libre. J'allais avoir du mal à m'habituer à cette liberté retrouvée.
Il finit par poser ses mains sur ma taille afin de me repousser, ce qui gagna presque à me vexer.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Son regard dériva au loin derrière moi et ses yeux se voilèrent.
« C'est là. » annonça-t-il.
Je tournai la tête dans la direction qu'il me montrait et fus choquée de constater que je me trouvais devant un cimetière. Je me tournai vers lui tout en me retenant de rire.
« D'abord un fast-food et ensuite un cimetière ? T'as vraiment une étrange conception de la définition d'un rancard. » dis-je d'un ton moqueur.
« J'ai jamais dit que j'étais doué pour ces trucs là. » remarqua-t-il amusé.
« Encore heureux, parce que c'est probablement le pire rendez-vous qui puisse exister. » répliquai-je sans pouvoir contenir mon rire.
« En même temps toi et moi on fait jamais rien comme il faut, alors autant continuer. »
« Pourquoi tu m'as amenée ici Edward ? » demandai-je plus sérieusement.
Il haussa les épaules, toute trace d'humour envolée.
« C'est ici qu'elle est enterrée. »
J'ouvris la bouche, puis la refermai. Dans un sens je m'attendais à cette réponse, ça m'avait paru évident… mais l'entendre c'était autre chose. Ça donnait un sens particulier à son passé qui était bien réel, et dont j'ignorais toujours presque la totalité. C'était assez ahurissant de voir qu'il connaissait tout de moi et que moi j'avais en retour l'impression de ne rien connaître du tout.
« Tu aurais dû me le dire qu'on venait ici, je t'aurais dit d'aller acheter des fleurs. » réprimandai-je.
« J'avais pas l'intention de t'amener ici au départ. Je sais même pas pourquoi je l'ai fait à vrai dire. » avoua-t-il confus.
Sans cesser de l'observer, j'étudiai ses traits. Il avait le visage plein d'amertume et on aurait dit qu'il était dans ses pensées, qui n'avaient pas l'air d'être très joyeuses. Le contraire venant de lui m'aurait étonné. Voyant qu'il n'avait pas l'air décidé à émettre le moindre mouvement, je me postai devant lui et le tirai par la main vers l'entrée du cimetière.
« Bon bah alors ? On y va ? » incitai-je.
Il refusa de bouger et détourna les yeux.
« Edward ? » appelai-je en voyant qu'il était toujours immobile.
« Bah c'est à dire que… je suis encore jamais venu ici. »
Je fronçai les sourcils.
« Tu veux dire depuis l'enterrement ? »
« Non depuis toujours. » rectifia-t-il d'un ton amer.
J'entrouvris la bouche sous le coup de la surprise. Edward n'était jamais venu se recueillir sur la tombe de sa sœur jumelle. Ce n'était pas ça qui m'étonnait, car je m'en étais doutée. Mais s'il affirme que c'est la première fois qu'il vient ici, alors ça voudrait dire…
« Tu n'es pas allé à son enterrement ? »
Il reporta son attention sur moi et secoua la tête tandis que j'étais incapable de réagir.
« Non. »
« Est-ce que je peux te demander pourquoi ? »
Son visage se durcit et ses yeux se voilèrent.
« Disons que j'avais quelque chose à faire. »
« Plus important que l'enterrement de ta sœur ? » émis-je sceptique.
Il ouvrit la bouche pour répondre mais se ravisa à la dernière minute. Il se passa une main dans les cheveux avec embarras.
« C'est compliqué. Sur le moment ça m'avait paru plus important. » bredouilla-t-il avec un air coupable.
« Et aujourd'hui tu le regrettes ? » demandai-je faiblement.
J'espérais qu'il me dise que oui, car pour moi c'était inconcevable qu'il n'ait pas assisté à l'enterrement d'Alice. Il devait forcément regretter ce choix…
« Ouais mais… » il secoua la tête dépité. « Tu sais le plus drôle c'est que même si je déplore ce que j'ai fait et de ne pas y être allé, je sais que si je pouvais je referai les choses exactement de la même manière. »
Il y avait quelque chose dans le fond de ses yeux, quelque chose de sombre, quelque chose d'effrayant que je n'avais entraperçu que très rarement, mais que j'avais pu voir dans ses prunelles la veille, lorsqu'il s'en était pris à Jacob.
Je fis mon maximum pour oublier ce sentiment d'angoisse que je ressentais en le voyant aussi sinistre et inquiétant, puis lui lançai un regard insistant.
« Dans ce cas y a une première fois à tout. Viens. » lui dis-je en faisant un signe de tête vers l'entrée du cimetière.
Il fixa l'endroit derrière moi avec dubitation.
« Je sais pas… maintenant qu'on est là je crois que c'était pas une bonne idée. »
« Tu penses que je vais te laisser te dégonfler ? » provoquai-je en haussant un sourcil.
« Je suis pas en train de me dégonfler. » nia-t-il vexé.
« Alors prouve-le. »
Il me fit un regard noir et rendit les armes, à mon plus grand soulagement. Il nous conduisit vers le cimetière et une fois entrée, nous emmena vers la tombe d'Alice. Pour un type qui n'était jamais venu, il en connaissait toutefois le chemin. Je n'osais cependant pas lui demander comment il le connaissait. C'était déjà un gros effort venant de lui d'accepter de venir ici. Il était tendu et tentait de cacher son angoisse. J'avais de la peine de le voir comme ça, mais je me disais que c'était un mal pour un bien. N'est-ce pas ?
Lorsqu'il la trouva enfin, il s'arrêta et scruta la tombe sans un mot. Je tournai la tête dans la direction qu'il regardai et découvris une pierre tombale simple, avec pour uniques inscriptions :
« Mary Alice Cullen
20 Juin 1986 – 31 Décembre 2004
Une fille, une sœur et une amie que nous n'oublierons jamais. »
J'étais plutôt étonnée qu'ils aient écrit quelque chose d'aussi impersonnel, mais d'un autre coté, je trouvais que le plus simple était le mieux, surtout pour ce genre de situations. Je n'ai jamais compris les gens qui faisaient de la pierre tombale une chose extravagante. Je veux dire, à quoi cela sert-il ? La personne est morte donc elle ne le verra jamais, et puis là où elle est, je suis pas certaine qu'elle s'en soucie. C'était une bonne chose de voir que les Cullen, malgré leurs moyens très élevés et le fait qu'ils auraient pu lui faire une immense tombe clinquante, ont préféré en prendre une petite et sommaire.
Mon attention se porta sur la photo qui trônait en haut de la pierre. Ma bouche s'ouvrit et je me figeai. Pour la toute première fois, je voyais enfin à quoi cette fameuse fille ressemblait. Celle à qui j'avais si souvent pensé ces derniers mois, celle que je n'avais pas été en droit d'évoquer, celle qui a laissé deux hommes détruits derrière elle. En jetant un coup d'œil à Edward, je remarquai qu'il avait les yeux rivés sur la photo justement, son poing était serré et sa mâchoire contracté. Je serrai sa main pour lui faire savoir que j'étais là, mais je n'étais même pas certaine qu'il en ait conscience, il était ailleurs, isolé avec des pensées douloureuses plein la tête. J'aurais voulu faire plus pour lui, afin de l'aider à surmonter cette étape, mais il n'y avait rien à faire. Comment pouvais-je l'aider à faire son deuil si moi même, je n'avais toujours pas fait le mien ?
Je regardai à nouveau la photo d'Alice, laissant Edward à son silence et à ses réflexions. Il s'agissait d'une petite photo ovale où on la voyait souriante, le genre de photos habituel qu'on peut retrouver sur une pierre tombale. C'était dingue de voir à quel point elle lui ressemblait et en même temps pas du tout. Les yeux et les cheveux n'étaient pas du tout les mêmes, elle avait les cheveux brun, un peu plus foncés que les miens, ainsi que des yeux marron. Et pourtant, son visage, ses traits, la façon dont elle souriait… c'était Edward tout craché.
« Elle était vraiment belle. » ne pus-je m'empêcher de commenter.
Une lueur mélancolique passa dans ses prunelles, semblable à de l'acrimonie.
« Ouais elle l'était. » soupira-t-il.
« Je ne savais pas qu'Alice était son deuxième prénom. »
Il haussa les épaules.
« On l'a toujours appelée Alice, même ses profs le faisaient. Elle trouvait que c'était plus joli. »
« Quelqu'un lui a apporté des fleurs ? » remarquai-je en voyant qu'un bouquet de fleurs était déposé.
« Elle était très appréciée, ça m'étonne pas que certaines personnes pensent encore à venir la voir de temps en temps. »
« Jasper n'y va pas ? »
Il eut un rire sans joie.
« Pour ça faudrait d'abord qu'il sorte de chez lui. » répondit-t-il cynique. « Jasper est encore pire que moi pour tout ce qui concerne Alice de près ou de loin.
« C'est compréhensible… s'il n'a cessé de l'aimer depuis près de vingt ans. » fis-je tristement.
« J'ai toujours trouvé qu'il prenait les choses trop à cœur jusqu'à ce que… »
Il s'arrêta de parler et fronça les sourcils, comme s'il se fustigeait lui même pour ce qu'il s'apprêtait à dire.
« Rien oublie. »
J'aurais voulu lui demander d'aller jusqu'au bout et de dire ce qu'il avait envie de dire mais je savais que c'était peine perdue. Je le connaissais suffisamment pour savoir quand il fallait et quand il ne fallait pas insister.
« J'aurais aimé assister à l'enterrement de ma mère et Phil. » avouai-je en espérant que cela l'aiderait à se dévoiler un peu plus.
Il tourna la tête vers moi avec curiosité.
« Tu as déjà vécu ça une première fois avec la mort de ton père, tu penses que t'aurais été capable de revivre ça une seconde fois ? »
« C'est pas comme si j'avais le choix. » marmonnai-je acide. « Et toi non plus tu n'as pas le choix. T'aurais dû aller à son enterrement. »
Edward détourna les yeux, cherchant à éviter mon regard. Son visage s'assombrit de nouveau et je vis de la haine passer dans ses pupilles. J'eus alors la réponse à ma question. Je compris pourquoi il n'était pas allé à l'enterrement de sa jumelle, ce qu'il avait fait, la décision qu'il avait prise ce jour là. C'était comme si les mêmes pièces d'un puzzle s'assemblaient dans mon esprit.
« Tu es allé rendre justice toi même. » conclus-je fermement.
Il releva la tête et me regarda avec étonnement.
« Comment tu… »
« Oh je t'en prie Edward, comme si je ne te connaissais pas après tout ce temps ! » m'exclamai-je. « Tu crois que je n'ai aucune idée de qui tu es ni de la seule chose qui selon toi est plus importante que l'enterrement de ta propre sœur ? »
La vengeance.
Contrairement à moi, Edward avait toujours eu l'esprit vengeur. J'aurais dû me douter qu'il était allé venger sa sœur dès lors où il m'a annoncé qu'elle avait été tuée par quelqu'un qu'il connaissait. Edward était comme ça. Lorsque quelqu'un s'en prenait à une personne à laquelle il tient, il ne le laissait pas s'en tirer. J'avais été idiote de penser que ce trait de caractère là n'était présent que chez le Edward Masen créé par Aro Volturi. Ça avait toujours été en lui, ce salaud de mafieux n'avait fait que l'amplifier et le cultiver.
« Je sais que j'aie pas toujours pris les meilleures décisions, mais ça c'est une chose que je ne regrette pas. » dit-il sérieusement, le visage dur et implacable. « Ce salaud ne l'a pas seulement tuée Bella. Il l'a aussi violée. »
Il me regarda avec désolation.
« Elle était ce que j'avais de plus cher au monde. Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes. »
« J'ai jamais dit que je ne comprenais pas. » répondis-je doucement.
« Tu voulais savoir pourquoi mes parents m'ont abandonné ? Bah voilà, tu le sais maintenant. »
J'écarquillai les yeux.
« Tu veux dire qu'ils ont appris que… »
« Je me suis rendu au cimetière après ça. L'enterrement était déjà fini, mes parents étaient en train de sortir et quand ils m'ont vu… y a eu une énorme dispute parce que j'ai manqué l'enterrement. Ma mère était dans un état de folie pas possible et je ne pouvais pas garder ça pour moi. Je leur ai dit que j'avais tué ce… » Il souffla pour contrôler son énervement. « Ils n'ont pas supporté. T'imagine l'état dans lequel ils étaient ? Ils venaient de perdre leur fille et ils apprennent que le seul fils qui leur reste est un meurtrier. » lâcha-t-il sarcastique. « De l'enfant parfait, studieux et musicien, je deviens la honte de la famille. C'est à ce moment là que ma mère m'a ordonné de partir et a dit qu'elle ne voulait plus jamais me revoir. Le lendemain ils quittaient Chicago pour aller s'installer dans l'État de Washington. »
« Edward je… » je me mis à bafouiller, incapable de formuler une phrase cohérente. « Je sais pas quoi te dire. »
J'aurais voulu lui dire que j'étais désolée mais à quoi bon ? J'étais la mieux placée pour savoir que cette phrase était stupide et ne réconfortait pas du tout. D'autant plus qu'il n'avait pas l'air d'être désolé, il n'avait pas de remords sur ce qu'il avait fait, il l'assumait. Quant à ses parents… pouvait-on vraiment les blâmer pour leur réaction ?
Il aura suffit de la mort d'une seule personne pour que la famille Cullen soit complètement détruite.
« Y a rien à dire, ils ont fait leur choix et j'ai fait les miens. » trancha-t-il avec fermeté.
« Et ça ne te fait rien ? » m'enquis-je affligée. « De savoir qu'ils sont là quelque part et que… »
« Ils m'ont renié il y a des années, que veux-tu que ça me fasse aujourd'hui ? »
« Je l'ignore… » murmurai-je tout bas.
D'un certain coté, j'étais énervée après eux car tout ce qu'Edward avait fait était de venger la mort de sa sœur, prendre la décision de l'abandonner, je trouvais ça un peu radical, et pour moi si Edward a mal tourné, ils en étaient en partie responsables.
« Je ne leur en veux pas tu sais. Après tout je l'ai mérité. Même si je ne me sens pas coupable pour ce que j'ai fait, je sais que ce n'était pas la bonne solution et que c'était mal. » déclara-t-il avec amertume.
Je baissai les yeux, et après avoir pris une inspiration, prononçai la phrase la plus détestable et la plus inutile au monde, tant je me sentais impuissante face à la situation.
« Je suis désolée. »
Il soupira.
« Je sais. »
Je m'autorisai un regard dans sa direction. Il regardait la tombe d'Alice avec déploration et à cet instant, je ne pus supporter de le voir comme ça une minute de plus.
« Si on rentrait ? » proposai-je doucement.
Il tourna la tête vers moi et ses lèvres s'étirèrent légèrement.
« J'osais pas le demander. »
Je souris faiblement et il passa un bras autour de mes épaules avant de nous conduire vers la sortie.
Mon regard fut attiré par une ombre au loin et lorsque je tournai la tête, je me rendis compte que quelqu'un nous regardait. Vu de loin je n'arrivai pas vraiment à voir à quoi il ressemblait, mais je pouvais remarquer qu'il était blond, qu'il portait un jean avec un blouson en cuir marron et que son visage n'inspirait aucune confiance.
« Edward… » appelai-je d'une voix inquiète en agrippant sa veste. « Y a un type qui nous observe. »
Il se tendit et s'arrêta de marcher.
« Où ça ? » demanda-t-il en regardant autour de lui avec hostilité.
« Là bas. »
Je montrai la direction du type d'un signe de tête. Ce dernier n'avait toujours pas bougé, ils nous regardait toujours, et quand j'entendis Edward marmonner dans sa barbe et étouffer un juron, je commençai à devenir anxieuse.
« Merde… »
« Qu'y a-t-il ? »
« Je le connais. » dit-il énervé avec des yeux assombris.
J'écarquillai les yeux.
« Comment ça tu le connais ? »
à ce moment là l'homme qui m'était inconnu esquissa un mouvement et commença à marcher dans notre direction.
« Edward il vient vers nous. » annonçai-je d'une voix presque paniquée.
Son bras qui était sur mes épaules se déplaça et vint se poser sur ma taille qu'il maintint fermement, la serrant même un peu trop fort, comme lors de la fois où j'avais tenté de m'échapper et que nous avions été surpris par sa vieille voisine.
« Surtout tu ne dis rien. » ordonna-t-il dans mon oreille, la voix et le visage inflexibles.
Ma respiration s'accéléra et je lui fis un regard alarmé.
« Pourquoi est-ce que tu… »
« Edward Masen. » Interrompit sans gêne, une voix masculine qui était bizarrement… douce.
Je m'étais attendue à une voix bourrue du genre de celle d'Emmett ou encore Jacob, mais non cet homme avait parlé calmement, peut être un peu trop pour que cela n'attise pas mon inquiétude. Il avait les cheveux très courts, d'un blond assez foncé, voire même châtain. Ses yeux étaient bleu clairs, il avait un peu de barbe et ce qui attira mon regard, fût son sourire qui faisait vraiment froid dans le dos.
Edward tourna la tête vers lui et lui fit un sourire forcé, le corps tendu de la tête aux pieds.
« James. » salua-t-il presque froidement. « J'aurais jamais pensé te croiser ici. »
Le dit James se mit à rire, la voix toujours aussi fluette.
« Et bien il faut croire que tu n'es pas le seul à rendre visite à des personnes regrettées. »
« Non en effet. »
J'avais l'impression d'assister à une sorte de duel silencieux, à savoir qui serait le plus froid des deux. Au premier abord ils étaient polis et courtois, mais au second ils parlaient comme deux personnes se méprisant. C'était assez déroutant pour moi, qui était un complètement étrangère à tout ça. Je commençais à me sentir mal à l'aise et à avoir envie de déguerpir. Je remarquai la croix religieuse qu'il portait autour du cou, elle était un peu rouillée, signe qu'il l'avait depuis longtemps.
L'homme tourna sa tête vers moi et me regarda avec une curiosité non dissimulée et je reportai mon attention sur Edward afin de ne pas avoir à le regarder plus longtemps. Edward quant à lui soupira de mécontentement avant de faire les présentations de manière obligée.
« James je te présente Bella. Bella voici… James. »
Il avait marmonné le dernier mot, visiblement contrarié. James en revanche avait un air satisfait.
« Bella c'est un joli nom. Je suis ravi de faire ta connaissance. »
Il ne me tendit pas sa main et c'était tant mieux, parce que je n'avais pas du tout envie de l'approcher. Rien qu'à voir son sourire j'en avais la chaire de poule.
« Euh, moi aussi. » bredouillai-je décontenancée.
« James est un de mes collègues. » précisa Edward.
Je me figeai en réalisant le sens de ses paroles. Mon visage s'illumina de compréhension et je me fis violence pour ne pas prendre la fuite ou dire quoi que ce soit de déplacé, en vain.
« Un collègue hein ? » répliquai-je faiblement d'une voix cynique sans pouvoir m'en rendre compte ni m'en empêcher. « C'est dôle, moi j'aurais pas appelé ça comme ça. »
Je sentis une horrible pression sur ma taille et compris que c'était sa manière à lui de me dire de la fermer, tandis que le blond n'avait apparemment rien entendu.
« Je dois reconnaître que tu nous l'as bien cachée. » commença James l'air de rien. « Les autres vont pas en revenir lorsque je vais leur raconter ça. »
« À vrai dire on était sur le point partir alors si tu veux bien nous excuser… » répliqua Edward avec austérité.
Un coup d'œil sur son visage m'indiqua qu'il était blême et livide.
« Oh je ne vais pas vous retenir plus longtemps. » assura James avec toujours ce même sourire mystérieux sur les lèvres.
Edward n'attendit pas et commença à marcher, serrant ma taille jusqu'à m'en faire mal.
« Je te dis à bientôt ! N'est-ce pas ? » lança le blond d'un air satisfait.
Je vis la mâchoire d'Edward se contracter avant qu'il ne consente à se retourner vers lui avec dureté.
« Assurément. » susurra-t-il entre ses dents.
Puis sans attendre de réponse, il accéléra le pas sans s'arrêter jusqu'à ce qu'on soit hors du cimetière. J'avais du mal à suivre son rythme mais je me forçais car je savais que si je lui demandais de ralentir, il me répondrait méchamment et passerait sa colère sur moi. Parce que oui, il était en colère, ça se voyait à des kilomètres.
Je sentais déjà les prochaines minutes devenir interminables et le trajet en voiture insoutenable.
Au bout d'un long moment de marche intensive, il s'arrêta et se tourna vers moi l'air remonté.
« Je t'avais dit de ne rien dire. » réprimanda-t-il.
Je fronçai les sourcils.
« Ça va, je me suis permise qu'une seule remarque. » me défendis-je.
« C'était une de trop. Bella si tu veux faire des réflexions, garde-les pour quand t'es avec moi parce qu'au cas où tu le saurais pas, c'est loin d'être un jeu. »
« Comme si je ne prenais pas tout ça au sérieux » ironisai-je.
« Sois gentille, la prochaine fois tu gardes ta bouche fermée et tu l'ouvres que quand on te pose une question, c'est clair ? ! » ordonna-t-il avec fureur.
« Ah parce que y aura une prochaine fois ? » m'exclamai-je horrifiée.
Il se décomposa et son visage devint blafard. Apparemment cette idée ne l'enchantait pas plus que moi.
« Putain de merde ! » jura-t-il en passant une main sur son visage. « Viens il faut qu'on rentre. »
Il reprit son allure pressée et me tira par le bras sans ménagement pour retourner à la voiture. J'avais l'impression d'être revenue au soir de noël, lorsqu'il avait cru que je voulais m'échapper et qu'il avait piqué une crise, me tirant pour me faire rentrer à l'appart comme si j'étais une gamine punie. La seule différence était que cette fois je pouvais un peu comprendre son énervement et que j'étais aussi pressée que lui de rentrer et de m'éloigner le plus loin possible de l'homme que nous avions rencontré au cimetière.
Quelques minutes plus tard, nous étions dans la voiture en train de faire le chemin inverse. Edward ne décolérait pas, ses mains étaient crispées et j'avais de la peine pour ce pauvre volant. Je ne disais rien mais cette situation commençait légèrement à me faire peur. Connaissant Edward, il était parfaitement capable de revenir sur sa décision et de s'éloigner de moi une nouvelle fois. Quant à moi, j'étais tout aussi perdue. Me retrouver une nouvelle fois confrontée indirectement à la vie qu'il mène me faisait me questionner à propos du choix que j'avais prix. Est-ce que rester avec lui était vraiment une bonne idée ?
Non sans aucun doute.
Mais ça je l'avais toujours su.
Je vis les boutiques prestigieuses et fus rassurée d'être revenue à Gold Coast, là où Edward habitait. Je n'étais pas étonnée de voir qu'il roulait plus vite que la vitesse autorisée, en fait le contraire aurait été surprenant venant de lui. Surtout qu'il n'était pas tout à fait dans son état normal… En même temps quand on y réfléchit à deux fois, je ne suis pas certaine qu'il y ait réellement un coté normal chez lui. Ou alors il se cache très bien depuis mon arrivée.
Il se gara en bas de l'immeuble et coupa le moteur, sans toutefois sortir du véhicule. Je me tournai vers lui et m'humidifiai les lèvres avec anxiété.
« Est-ce que maintenant qu'on est de retour, tu vas arrêter d'être énervé ? » m'enquis-je avec un mince espoir.
Il me regarda et soupira pour contenir ses nerfs.
« Je crois que t'as pas conscience de ce qui vient de se passer. » répliqua-t-il.
« Explique-moi dans ce cas. »
Il détourna les yeux, l'air défait.
« Personne à part Black n'était au courant de ton existence. Tu ne risquais plus rien, tu aurais pu partir là où ça te chante. »
« Et maintenant ? » demandai-je avec appréhension, le cœur battant.
« Maintenant l'un des hommes d'Aro t'a vue avec moi et la première chose qu'il va faire, c'est le rapporter au patron. Tu peux pas t'imaginer ce que ça représente, le fait que je sois avec quelqu'un alors que j'ai la réputation de ne m'attacher à rien ni personne. Tout le monde va être au courant et j'aurai pas fini d'en entendre parler. Quant à Aro, il s'est toujours intéressé à ma vie, pour lui je suis un genre de fils ou de neveu. Il va forcément me poser des questions et peut être même vouloir te rencontrer… Je ne peux pas tolérer qu'un truc pareil se produise. » asséna-t-il durement.
Je frissonnai en comprenant où il voulait en venir. Le fait qu'on ait croisé ce type au cimetière, ça signifiait qu'Aro Volturi allait apprendre mon existence, il allait savoir quels liens j'avais et quelle relation j'entretenais avec l'un de ses hommes de main.
Ainsi donc n'y aura-t-il jamais un seul moment de répit ?
À chaque fois que je me laissais enfin aller avec Edward il fallait que quelque chose arrive, comme si le destin s'évertuait sans cesse à trouver un moyen et une bonne raison pour que l'on se tienne éloignés l'un de l'autre.
« Est-ce que je risque quelque chose ? » paniquai-je. « Et toi ? »
Il souffla et secoua la tête.
« Non. Tant qu'il ignore que tu es au courant de tout, tu ne risques rien. Mais Bella, » il se tourna vers moi et me regarda avec insistance, « jamais, et je dis bien jamais, Aro ne doit apprendre que tu en sais plus que tu ne le devrais. Parce que même avec tous les efforts du monde, je ne pourrai pas être en mesure de te protéger, ni de me protéger moi même. C'est pour cette raison que tu ne peux plus te permettre de faire la moindre réflexion ni la moindre parole douteuse devant quelqu'un de ce milieu. James n'a peut être pas entendu ta remarque mais on n'aura peut être pas cette chance la prochaine fois. Même si crois-moi, j'espère vraiment qu'il n'y aura pas de prochaine fois. »
J'hochai la tête en déglutissant.
« J'ai compris, je ne le referai plus. » rassurai-je.
Il me sonda comme s'il cherchait à voir si je mentais ou s'il pouvait me faire confiance. Au bout de plusieurs secondes à me contempler, il abandonna et sortit de la voiture sans un mot. Je l'observai faire le tour de la voiture avec incertitudes. Je me demandais si j'étais vraiment capable d'endurer et d'assumer une relation avec lui car tout me semblait tellement instable, que ce soit entre nous ou par rapport à la situation dans laquelle il était…
Malheureusement – ou heureusement – j'étais incapable de m'éloigner de lui, m'en aller et l'oublier. Alors je restais.
Je sortis de la voiture à mon tour et m'approchai de lui tandis qu'il verrouillait les portières. Il baissa la tête vers moi, sans doute pour un inspecter mes émotions et fit une chose à laquelle je ne m'attendis pas. Il prit mon visage en coupe et me regarda avec intensité.
« T'as pas à t'inquiéter. » affirma-t-il sûr de lui. « T'es avec moi, je laisserai jamais rien t'arriver. »
Je ne pus me retenir de sourire en réalisant le fait qu'il ait dit que j'étais avec lui. Ça voulait dire qu'on était ensemble ? Du genre pour de vrai ? J'aurais bien volontiers voulu lui poser la question mais il ne me laissa pas répliquer car il embrassa mes lèvres. Mon cœur s'emballa à nouveau, comme à chaque fois qu'il m'approchait, ma respiration se coupa et je retins mon souffle le plus longtemps que je pouvais.
Je compris à ce moment là que toutes mes précédentes interrogations n'avaient pas lieu d'être, parce que jamais je ne pourrai me passer de ça, de lui et de cette proximité. Il n'était peut être pas prêt à entendre ça, mais la vérité était que je lui appartenais. Et je savais que peu importe ce qui pouvait arriver, je n'avais pas à m'inquiéter car il était avec moi, et tant que ce serait le cas, alors je me permettrai de vivre et d'être heureuse même dans la situation la plus critique.
Cependant, tandis qu'il nous entrainait vers l'entrée de l'immeuble, un bras autour de mes épaules, je ne pus m'empêcher d'avoir une étrange appréhension me tenailler le ventre, ni de jeter un dernier coup d'œil derrière moi…
Les choses sérieuses reprennent mes amis !
Vous pensiez pas que j'allais les laisser roucouler quand même? Il faut bien un peu d'action et sachez par ailleurs qu'Aro Volturi fera son grand retour dans le prochain chapitre. Pourquoi, ou, comment ? A vous de me le dire, en tout cas je vous laisse réfléchir quant à ce que cette rencontre dans le cimetière peut bien vouloir signifier pour la suite ;)
Pour ceux qui se poseraient la question, effectivement j'ai changé la description de James par rapport à celui de Twilight. En fait je me suis inspirée du vrai Cam Gigandet parce que je trouve qu'avec les cheveux courts et ses yeux bleus, ça le rend plus méchant... bon d'accord, c'est aussi parce que comme ça il est beaucoup plus sexy :p D'ailleurs si ça n'avait tenu qu'à moi je l'aurais fait apparaitre torse nu, mais je suis pas sûre que ce soit très cohérent avec le fait qu'il soit dans un cimetière... ^-^"
N'oubliez pas de laisser une review avant de partir, je tâcherai de vous envoyer un teaser dès que le prochain chapitre sera écrit ;)
On se retrouve d'ici peu, avec un nouveau chapitre !
Votre Dévouée Popolove
