Voici la suite de cette fic.

Merci à Z2vy , la seule à aimer ma fic, je suis contente que ça te plaise et j'espère que ce sera le cas jusqu'à la fin.

Bonne lecture,

Sweety


Le retour du passé


Lisbon était encore sous le choc de l'apparition. Jamais elle n'avait pensé revoir cet homme, il était censé être mort en prison, des années plus tôt. Comment avait-il réussis à se faire passer pour mort? Comment avait-il réussis à sortir de cette prison sans que personne ne le remarques? Elle savait qu'elle aurait les réponses à ces questions tôt ou tard. Mais à dire vrai, elle n'était pas pressée de le savoir. La seule chose qu'elle voulait à cet instant c'était de quitter cet endroit au plus vite, partir loin de ces hommes et retrouver sa vie d'avant toute cette mission. Partir et emmener Jane avec elle, le faire soigner, l'aider à se remettre et reprendre là où ils en étaient six mois plus tôt, après le réveillon du nouvel an, après le baiser échangé. Elle voulait pouvoir lui montrer à quel point elle avait aimé partager ce moment avec lui, lui montrer à quel point elle l'aimait lui et pas Bradley.

Mais elle savait que tout ceci n'était qu'un rêve, qu'elle ne quitterait peut-etre jamais cet entrepôt vivante et que Jane allait surement mourir ici avec elle.

Comme elle s'en voulait de lui avoir infligé tant de souffrance durant les derniers mois alors que la seule chose qu'elle voulait pour lui était de le savoir heureux, avec elle ou pas, cela n'avait pas d'importance, du moment qu'il était en vie et en sécurité.

L'homme se rapprocha d'eux, la sortant de sa rêverie et l'obligeant à affronter de nouveau la dure réalité. Elle était prisonnière d'un monstre, de deux monstres et Jane était avec elle. Elle devait penser à lui et à éviter qu'il ne souffre plus. C'Était elle le flic dans l'histoire, lui n'était qu'un consultant et ce n'était certainement pas à lui de souffrir, d'être torturé, d'être blessé parce qu'un homme en avait après elle. Elle devait tout faire pour le protéger, quoi qu'il en coute, quel que soient les intentions de cet homme, quel que soit le final de l'histoire, du moment que Jane restait en vie et qu'il quittait cet endroit.

-" Ma très chère agent Lisbon," commença l'homme. "C'est un réel plaisir de vous revoir."

-" Plaisir non partagé," répondit la jeune femme sèchement.

-" Oh voyons, après toutes ces années vous me détestez encore? J'en suis attristé," fit l'homme, un faux air triste sur le visage.

Il continuait sa progression et arriva bien vite face à Lisbon qui se redressa pour lui faire face, se mettant devant Jane au passage.

Ce dernier, bien que salement amoché, tenta de se défaire de ses liens pour venir en aide à sa collègue, une mauvaise intuition lui disant que les choses allaient mal finir. Mais les cordes étaient bien trop serrées et il ne parvenait qu'à se faire encore plus de mal. Il sentit le sang couler le long de ses poignet et fini par se laissé retomber sur sa chaise, dans l'incapacité total d'agir en cas de besoin.

A présent, Lisbon et l'homme s'échangeaient des regards assassins de la part de la jeune femme et triomphant de la part de l'homme. Une tension s'était installée dans la pièce et même les hommes de main s'étaient éloignés, redoutant un mauvais coup.

Lisbon, malgré sa petite taille, avait tendance à intimider les hommes, Jane le premier. Il admettait volontiers que cette femme dégageait quelque chose qui forçait le respect, ou la crainte, selon de quelle coté de la justice on se situait. Pour lui c'était le respect, l'admiration et parfois la crainte, surtout lorsqu'il avait agit derrière son dos.

Et aujourd'hui, la jeune femme affrontait un homme qui pouvait en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la mettre au tapis, faire d'elle ce qu'il voulait, elle ne pourrait même pas se défendre. Et c'Est-ce qui faisait peur à Jane, qu'elle ne puisse rien faire. Il se fichait de ce qui pourrait lui arriver, la seule chose qui comptait était que Lisbon s'en sorte indemne, qu'elle ne soit pas blessée. Mais il voulait de préférence, qu'elle sorte d'ici avec lui.

-" Bon agent Lisbon, j'ai été ravi de vous revoir mais à présent il faut passer aux choses sérieuses," annonça l'homme en faisant un pas de plus vers Lisbon.

-" Que voulez-vous dire?" Questionna-t-elle, tentant de masquer la peur dans sa voix.

-" Je veux dire que vous allez payer pour ma vie brisée," répondit alors l'homme.

Lisbon sembla réfléchir à cette phrase. Elle devait payer, pour l'avoir mit en prison, pour avoir fait son travail, pour avoir débarrassé la société d'un homme cruel et dangereux. Les choses n'étaient pas vraiment logiques, mais sortant de la tête d'un criminel tel que lui, les choses ne pouvaient pas l'être.

Elle savait ce qui l'attendait, elle savait à quel point il pouvait être cruel, à quel point il pouvait être sadique, c'était la raison pour laquelle elle s'était tant investie à l'époque dans cette affaire. Elle voulait protéger toutes les femmes susceptibles de devenir ses victimes et elle avait plutôt bien réussis son coup. Mais pas assez apparemment puisqu'aujourd'hui, il se tenait là, devant elle à la menacer tandis qu'elle réfléchissait à un moyen de sortir d'ici.

L'homme s'avança encore et cette fois, il se retrouva si prêt de la jeune femme qu'elle pouvait sentir son souffle chaud sur son visage. Elle se recula autant que possible mais buta sur les genoux de Jane, toujours assis et ligoté sur la chaise derrière elle. Lisbon tourna la tête pour voir le regard terrifié de Jane puis reporta son attention sur l'homme qui à présent avait posé ses mains sur ses hanches, l'attirant à lui. Elle tenta de se dégager de son emprise mais il l'en empêchant en la serrant contre lui, ce qui dégouta la jeune femme.

-" Lâchez la," tenta alors de crier Jane, mais ce ne fut qu'un murmure à peine audible qui sortit de sa bouche.

L'homme tourna le regard vers le mentaliste et ricana en relâchant Lisbon qui, instinctivement, se plaça devant Jane. Il fallait qu'il se taise, qu'il reste calme, sage et silencieux s'il ne voulait pas que l'autre s'en prenne à lui. Et il semblerait que même dans cet état il ne soit pas capable de ne rien dire. Lisbon craignait le pire pour lui s'il ne faisait pas ce qu'elle lui disait.

L'homme fit un pas vers Jane et Lisbon s'interposa mais elle fut projetée au sol par une simple pousse sur l'épaule, foutue chaussures à talons.

-" Laissez le tranquille, c'est entre vous et moi," cria alors la jeune femme.

-" C'est là que vous faites erreur agent Lisbon, il est autant concernait dans cette histoire que vous l'êtes."

-" Il n'a rien fait," continua Lisbon, tentant d'attirer l'attention sur elle pour éloigner l'homme de Jane.

-" Il a aidé à mon arrestation, il va payer tout comme vous."

Et sur ces mots, l'homme s'approcha encore de Jane et lui envoya son poing directement dans la joue. La tête du mentaliste partie en arrière sous la force du coup et Lisbon se jeta sur l'homme, attrapant son bras et le tirant en arrière. Mais l'homme se retourna alors elle la frappa à son tour, lui ouvrant la lèvre supérieur au passage. Lisbon grimaça de douleur mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle ne lui ferait pas le plaisir de se plaindre ou de se montrer faible.

Durant tout l'échange, Bradley n'avait pas esquissé un mouvement ou dit une parole. Il avait regardé la femme qu'il venait d'épouser se faire frapper par l'homme dont la colère était pour le moment contenue mais qui ne tarderait pas à être libéré, il le savait. Il se félicita alors de son association avec lui, même s'ils n'avaient pas les mêmes méthodes, ils se complétaient parfaitement. Lisbon avait voulu se jouer de lui, alors il allait lui faire comprendre qu'on ne le manipulait pas, qu'on ne se moquait pas de son intelligence.

Brad fit un pas vers Lisbon et l'aida à se relever sous les protestations de la jeune femme qui lui envoya un regard assassin. Une fois sur ses jambes, elle se dégagea de son emprise et lui fit face.

-" Tu es fou de t'être associé à lui, tu le regretteras," lui dit-elle.

-" Oh non ma belle bien au contraire, il va m'être utile pour mon business," répondit-il, un sourire mauvais sur les lèvres.

-" En quoi le trafic d'armes te nécessite la collaboration d'Adrian Downing?" Questionna alors Lisbon.

-" Tu es vraiment naïve ma pauvre Teresa, tu as vraiment cru que je trafiquais des armes?" Ricana alors Brad. "Ce n'est qu'une couverture, mon vrai trafique est bien plus grand encore que tout ce que tu peux penser, tous vos rapports sont erronés et ça grâce à une taupe dans vos rangs."

Le visage de Lisbon passa de la colère à l'incrédulité puis la rage, rage de s'être faite manipulée par l'un des leurs, même si elle ne savait pas encore de qui il s'agissait. Elle n'avait d'ailleurs toujours pas d'idées sur le trafic en question et il lui tardait de le savoir, afin de se préparer au pire.

Brad se pencha vers elle et lui souffla à l'oreille.

-" Ma plus grande réussite dans la vie fut d'avoir l'idée de trafiquer des êtres humains, l'esclavage ma douce, rien de tel que de vendre des gens pour se faire une petite fortune, si tu savais le nombre de personnes qui achètent de pauvres gens pour leurs plaisirs personnels."

Puis il se recula, admirant l'effet que ces paroles avaient sur la jeune femme. Satisfait, il la relâcha et la poussa vers Adrian qui la rattrapa avant de la jeter au sol à coté de Jane.

Les deux hommes restèrent un moment à les observer, satisfait de voir la peur dans les yeux de l'agent comme du consultant. Puis, Adrian se tourna vers ses hommes de mains.

-" Emmenez les en cellules," ordonna-t-il," j'ai encore des choses à faire avant de savoir quoi faire d'eux."

Puis il prit congé, laissant Lisbon et Jane à la merci des hommes de mains qui les attrapèrent sans ménagements pour les conduire en cellule.

Lisbon n'essaya même pas de se dégager de la main qui lui tenait le bras et qui la poussait en avant, toutes ses pensées focalisées sur ce qu'elle venait d'apprendre. Cela donnait une tout autre vision de ce qui allait lui arriver, leur arriver, et c'était loin d'être réjouissant. Brad trafiquait des humains, il se faisait de l'argent en continuant ce que la loi avait depuis bien longtemps abolie, et Adrian adorait torturer les femmes. A eux deux, ils allaient les faires souffrir bien plus que ce qu'elle s'était imaginée.

Lisbon fut jetée dans une pièce sombre et elle rattrapa Jane au moment ou les hommes en faisaient de même avec lui, puis l'aida à s'installer sur le sol froid de leur cellule. Elle le cala comme elle pût contre le mur et tenta de soigner ses blessures avec ce qu'elle avait. Par chance, il y avait un petit lavabo dans le fond de la pièce et elle arracha un bout de sa robe pour en faire une compresse.

Elle passa le bout de tissu sur le visage tuméfié de son consultant, prenant garde de ne pas lui faire mal et ce n'est que là qu'elle laissa ses larmes quitter ses yeux.

Elle sentit la main de Jane venir lui essuyer le visage et elle croisa ses yeux.

-" Ne pleurez pas Lisbon," articula difficilement Jane. "Je n'aime pas vous voir pleurer."

La jeune femme lui sourit mais les larmes continuaient leur chemin sur ses joues, elle ne parvenait pas à les stopper. Elle n'était pas triste, elle avait peur, peur pour Jane, peur qu'il ne lui arrive encore des souffrances, peur qu'il ne meurt parce qu'elle avait été manipulée par un agent véreux. Du FBI? Du CBI? Elle ne le savait même pas, mais elle avait jouait avec les sentiments d'un homme, et à présent il allait se venger.

La jeune femme s'installa à son tour contre le mur, prenant la main de Jane dans la sienne, profitant du calme de l'instant avant que les hommes ne reviennent et ne les séparés. Elle savait que bientôt, elle ou Jane serait emmené pour être torturé et que peut-etre l'un des deux ne survivrait pas. Jane était si faible qu'il risquait de ne pas tenir longtemps, et elle ne voulait pas le voir mourir ainsi, il ne méritait pas de mourir ainsi.

Lisbon plaça sa tête sur l'épaule de son collègue, prenant garde de ne pas appuyer sur ses blessures et entoura son torse de ses bras. Ce dernier posa la sienne contre celle de la jeune femme avec difficulté, étouffant un juron face à la douleur qu'il ressentait à chaque mouvement.

-" Je suis désolée," souffla Lisbon avant de fermer les yeux et de s'endormir.

Jane déposa alors un tendre baiser sur le haut de la tête de la jeune femme, prit une grande inspiration, autant que son corps meurtris le lui permettait et finit par s'endormir aussi, priant pour se réveiller le lendemain dans son lit. Il priait pour que tout ceci ne soit qu'un cauchemar, un horrible cauchemar même s'il savait que c'était espérer pour rien.

Le sommeil l'attira lui aussi et il s'endormit contre Lisbon, serrant sa main dans la sienne.


Derrière un écran d'ordinateur, une jeune femme pianotait frénétiquement, l'expression de son visage ne laissant aucun doute sur ce qu'elle pensait. Elle était à la fois apeurée et inquiète, stressée et déterminée. La jeune femme continua de taper, ouvrant et fermant des fenêtres, cherchant des informations que personne d'autre qu'elle ne parvenait à trouver. Elle connaissait son travail et le faisait bien, c'était surement la raison pour laquelle ses collègues faisaient toujours appel à elle.

La jeune femme tapa encore quelque nombre et quelques mots puis stoppa tout, elle avait enfin trouvé ce qu'elle cherchait. Elle imprima le tout, se leva et partit en courant dans les couloirs, ne faisant même pas attention aux personnes se trouvant sur son passage.

Elle traversa une salle ou plusieurs têtes se levèrent en la voyant, intrigués par son comportement, et monta un petit escalier avant de s'arrêter devant une porte, le souffle court, les jambes et les mains quelque peu tremblante. Une fois sa respiration retrouvée, elle toqua à la porte et attendit qu'on lui permette d'entrée. Elle entendit alors la voix de son supérieur lui autoriser l'accès et elle entra, allant se planter devant le bureau où son chef releva la tête, surprit de la voir dans cet état.

-" Que se passe-t-il Garcia?" demanda l'homme.

-" Il est de retour," articula-t-elle.

-" Qui est de retour?" Lui redemanda alors son chef, intrigué.

-" L'esclavagiste est de retour."

Aaron Hotchner resta un moment sans voix, réalisant peu à peu ce que venait de lui dire sa subordonnée. L'esclavagiste était de retour, l'homme le plus dangereux qu'il connaisse depuis bien longtemps avait refait surface. Les choses allaient changés et cela ne le rassura pas. Il connaissait bien cet homme pour avoir tenté de l'attraper des années plus tôt, sans jamais y parvenir, comme si l'homme savait toujours à l'avance ce que les agents du FBI allaient faire, anticipant leurs gestes. Mais cette fois il ne le laisserait pas s'en tirer.

-" Réunis les autres, j'arrive," ordonna-t-il, la mine sombre.

-" Bien monsieur."

La jeune femme quitta le bureau et appela ses collègues, toujours intrigués par son comportement.

Ils se réunirent tous dans une salle et attendirent l'arrivée de leur patron qui ne tarda pas à les rejoindre. Le regard de Hotch passa sur chacun de ses collègues, puis il prit une inspiration et se lança.

-" L'esclavagiste est de retour."


TBC…