Nouvelles pistes


Les jours avaient passés et au CBI, personne ne se doutait de ce qu'il arrivait à leurs amis, personne ne pouvait imaginer qu'ils étaient tous les deux enfermés dans cet entrepôt, Lisbon se faisant torturer tout les jours tandis que Jane ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre et supplier un Dieu auquel il ne croyait pas pour que la jeune femme revienne vivante.

Au bout d'une semaine de silence, Van Pelt commença à s'inquiéter. Elle savait que pour Jane, le mariage de Lisbon avait été difficile à accepter et que justement il ne l'avait pas accepté, mais elle se demandait aussi pourquoi il n'était pas revenu. La jeune femme avait plusieurs fois tenté de l'appeler durant la semaine, tombant à chaque fois sur son répondeur et laissant un message. Mais à présent elle avait vraiment peur qu'il ait fait une bêtise. C'Était Jane après tout, il était capable de tout.

La jeune rousse se leva, marcha jusqu'au bureau de Rigsby et se planta là, attendant qu'il relève la tête.

Rigsby sentit le regard de sa collègue et leva finalement la tête pour croiser un regard plus qu'inquiet. Il posa son stylo et se leva, se retrouvant face à la jeune femme.

-" Je sais que tu te fais du souci pour Jane," commença-t-il, "mais ne t'inquiète pas, il reviendra quand il se sentira mieux."

-" Et s'il ne revenait pas?" demanda alors Grace, la peur dans la voix.

-" Il reviendra, crois moi. Il ne pourra pas se passer de ne pas voir Lisbon tout les jours, même s'il sait que c'est fini pour lui. Il tient trop à elle pour s'éloigner."

Les mots semblèrent rassurer la jeune femme et elle retourna à son bureau. Mais il restait toujours cette inquiétude au fond de son regard, celle qui lui disait que ce n'était pas normal, que Jane aurait appelé au moins une fois pour les rassurer, qu'il aurait répondu au téléphone lorsqu'elle l'avait appelé, qu'il n'aurait pas gardé le silence si longtemps. Même s'il était triste, en proie à la dépression, il avait des amis et ils ne les auraient pas laissés ainsi sans nouvelles.

La journée se passa aussi calment que le reste de la semaine et les agents finirent de remplir rapports et autres dossiers. Mais Grace était toujours inquiète et rien ne pourrait l'aider à part de savoir que Jane allait bien.

En fin d'après-midi, alors qu'elle tapait quelque chose sur son ordinateur, un bip retenti et un dossier qu'elle ne connaissait pas s'ouvrit. Curieuse, elle parcouru les lignes et peu à peu ses yeux s'agrandir de peur. Elle se leva brusquement, faisant sursauter ses collègues qui la regardèrent sans comprendre son mouvement.

-" Les gars Jane a des problèmes," leur dit-elle simplement en les invitant à se rapprocher de son bureau.

Les deux agents se levèrent et regardèrent l'écran de l'ordinateur sur lequel s'affichait une liste de nom, de crimes et de victimes. Puis, à la fin de la page, un lien apparut et Van Pelt cliqua dessus pour être orientée vers une nouvelle page. Sur celle-ci, il y avait des photos des victimes dont les noms avaient été cités plus tôt, ainsi que la photo d'un homme bien connut des trois agents.

-" Mais c'est Bradley," réalisa la jeune femme.

-" Pourquoi est-il cité sur cette page?" demanda alors Rigsby.

-" Il doit avoir un lien avec les victimes, mais lequel. Grace, cherche ce que tu peux trouver sur lui." Ordonna Cho.

-" Mais c'est le mari de Lisbon, je ne peux pas faire ça," répondit-elle, mal à l'aise avec l'idée de fouiller dans le passé du mari de sa patronne.

-" S'il apparait ici c'est qu'il a quelque chose à se reprocher et je veux savoir quoi, dis toi que tu fais ça pour Lisbon."

Grace capitula et commença ses recherches pendant que Rigsby cherchait des infos sur les victimes et que Cho se rendait dans le bureau de Laroche en vu d'avoir des explications. Quelque chose lui disait que le mari de Lisbon avait des choses à cacher et il voulait savoir quoi. Il avait un mauvais présentement concernant l'homme et voulait se rassurer, s'entendre dire que ce n'était rien, que Bradley n'avait rien à voir avec tout ça.

Apres plusieurs minutes de discussion avec son supérieur, Cho ressortit du bureau avec une mine affreuse. Il rejoignit ses collègues et leur fit part de ses découvertes.

-" Le mariage de Lisbon était faux," commença-t-il. "Elle enquêtait sur Bradley et ne devait pas vraiment se marier. Laroche attend toujours de ses nouvelles mais il semblerait qu'elle soit injoignable."

-" Tu pense qu'elle a des problèmes, comme Jane?" Questionna timidement Van Pelt, comme si elle avait peur de la réponse.

-" Je le pense en effet," répondit l'asiatique. "Qu'as-tu trouvé sur lui?"

-" Et bien justement, pas grand-chose," avoua la jeune femme en soupirant. "C'est un type sans histoire, rien à lui reprocher et c'est justement ça qui m'inquiète. Ça n'existe pas quelqu'un comme ça, on dirait une identité inventé pour se cacher, se protéger."

Cho laissa les mots envahirent son esprit, réfléchissant en même temps qu'il se rappelait de ce que lui avait apprit Laroche. Il se tourna ensuite vers Rigsby.

-" Les victimes ont toutes disparues au court des deux années précédentes, toutes des femmes et toutes sans attaches. Un jour elles ont disparues et personne n'a plus jamais entendu parler d'elles avant que leurs corps ne soient retrouvées."

-" Des précisions sur les causes de la mort? Des infos sur l'endroit où elles auraient pût avoir été retenues?"

-" Rien sur le lieu de détention, par contre elles ont toutes été brutalisées, toutes frappées et battues, mais aucune traces de viols."

-" C'est déjà ça," souffla Cho, un peu rassuré. "Et tu as trouvé un lien entre Bradley et les victimes?"

-" Il semblerait qu'il les ait toutes croisés un peu avant leur disparitions, mais rien ne prouve qu'il soit impliqué là dedans."

-" Il est impliqué, sinon Lisbon n'aurait pas enquêté sur lui. Cherche encore et tiens moi au courant, je vais voir ce que je peux trouver chez Lisbon. Grave, va chez Jane et vois ce que tu trouve, un indice qui pourrait nous dire où il se cache."

Les trois agents se séparent pour exécuter leur tache. Ils étaient de plus en plus inquiets pour Lisbon, ainsi que Jane. Même si rien ne prouvait qu'il soit lui aussi impliqué dans cette histoire, Cho y pensait sérieusement. Ce n'était pas une coïncidence si Jane et Lisbon ne donnaient plus de nouvelles et étaient tout les deux injoignable depuis le mariage.

Plusieurs heures plus tard, les agents revinrent au QG bredouille, ils n'avaient rien trouvé, ni chez l'un ni chez l'autre. Comme il faisait déjà nuit depuis longtemps, ils décidèrent de rentrer chez eus se reposer et avoir les idées clairs pour reprendre les investigations le lendemain. Et le lendemain, ils retrouvèrent tous leur place derrière les ordinateurs, cherchant encore et encore des infos sur Bradley, des signes de vies de Jane et Lisbon, tout ce qui pourrait les aider.

Vers midi, Cho reçu l'appel d'un agent du FBI. Intrigué, il écouta ce que la femme avait à lui dire puis donna son accord pour une collaboration entre les services, ne prenant pas la peine de demander son avis à Laroche. Il informa ensuite ses collègues et ils continuèrent leurs recherches jusqu'à l'arrivée des fameux agents, tout droit débarqué de Washington.

Un femme vint à la rencontre de Cho et lui serra la main.

-" Agent Cho bonjour," salua-t-elle. "Je suis l'agent Jarreau du FBI, c'est moi qui vous ais appelé ce matin.

-" Bonjour agent Jarreau," salua-t-il en retour. "Vous avez été rapide."

-" Nous avons un Jet toujours prêt à décoller en ca de besoin. Je vous présente mes collègues, voici l'agent Hotchner, c'est lui qui dirige cette équipe."

Puis, la jeune femme présenta la totalité de l'équipe, un homme de couleur, Derek Morgan, une femme brune au sourire charmant, Emily Prentiss, un homme un peu plus âgé que ses collègues, l'agent David Rossi, puis un jeune homme qui aurait eu sa place plus dans une université que dans une équipe du FBI, le docteur Spencer Reid.

Après les présentations, Hotch prit la parole, expliquant pourquoi il se trouvait ici.

-" L'homme que vous connaissez sous le nom de Bradley Carter s'appel en réalité Thomas Felton et est à la tête d'un trafic très développé d'esclave si je puis dire," commença-t-il. "Il s'en prend aux femmes en particulier, même s'il lui arrive de s'en prendre à des hommes. Il les enlève, les séquestre une période pour le moment indéterminée afin de les rendre docile puis les vends à de riches personnes où ces pauvres femmes deviennent des esclaves de leurs acheteurs."

-" Mais c'est horrible," s'indigna Van Pelt, horrifié de ce qu'elle venait d'apprendre.

-" Comment se fait-il que rien de tout cela n'apparaisse sur les dossiers que nous avons trouvé?" Questionna Cho, ne se laissant pas distraire par ses émotions.

-" Il y à une taupe dans nos rangs," annonça Rossi. "Nous venons de l'apprendre il n'y à que quelques jours et lorsque vous avez commencé les recherches sur lui, notre informaticienne, Penelope Garcia, nous a prévenu et nous voilà. Nous sommes ici pour vous aider à le retrouver."

-" Comment?" Encore une question de Cho, le seul à parvenir à se contrôler, tandis que ses collègues étaient pour le moment trop chamboulés pour intervenir, et aussi intimidé par la nouvelle équipe.

-" Nous avons établie un profil de cet homme et nous avons récemment apprit qu'il projette une nouvelle vente aux enchères à Sacramento."

-" Mais ce n'est pas tout," intervint Morgan, "il s'est associé à un homme encore plus dangereux que lui, un homme que tout le monde croyait mort il y à longtemps et qui en a directement après votre patronne, l'agent Lisbon."

-" De qui s'agit-il?" Questionna cette fois Van Pelt, prête à lancer des recherches.

-" Adrian Downing," répondit Prentiss. "Cet homme est un monstre de la pire espèce, il s'en prend lui aussi aux femmes, mais il est bien pire que Felton, les dix dernières photos que vous avez sur votre tableau sont le résultat de Downing depuis son association avec Felton."

Les trois agents du CBI se lancèrent des regards horrifiés avant de reporter leur attention aux agents du FBI. Cette affaire allait plus loin qu'ils ne le pensaient et cette collaboration entre les services allait grandement les aider.


Jane n'en pouvait plus, il ne supportait plus de rester là, dans cette cellule en attendant que Lisbon revienne après chaque séance de torture, il devait faire quelque chose et vite.

La porte s'ouvrit de nouveau et Lisbon fut encore une fois jetée au sol avec force, mais cette fois Jane s'était levé pour la rattraper avant qu'elle ne tombe et elle lui atterrit dans les bras, se cramponnant à lui aussi fort que possible.

Jane l'aida à s'allonger sur le sol et lui plaça sa veste sous la tête pour lui faire un oreiller tandis qu'il la recouvrait avec des couvertures que leurs geôliers avaient eu la gentillesse de leur donner. Il s'installa ensuite à ses cotés et lui caressa les cheveux pour l'apaiser et l'aider à s'endormir.

Le temps passa mais Lisbon ne trouvait pas le sommeil. Elle souffrait de ses différents blessures et savait que si elle continuait de résister elle risquait de mourir, mais elle n'y pouvait rien, elle ne parvenait pas à faire ce qu'on lui disait, c'était au dessus de ses forces. Elle se sentait humiliée chaque jour un peu plus mais elle ne voulait pas céder à ce genre de chose.

Jusqu'à présent, Jane ne lui avait jamais posé de question sur ce que ces hommes lui faisaient subir et elle l'en remerciait, mais elle savait qu'elle allait devoir lui parler, elle ne pourrait pas lui cacher bien longtemps la vérité et elle se sentait honteuse d'avance.

Le mentaliste laissa sa main retomber sur ses jambes et Lisbon se redressa difficilement pour venir s'installer contre lui. Et lui attrapa la main et entrelaça leurs doigts, ce qui arracha un sourire au consultant qui resserra ses doigts sur ceux de la jeune femme.

-" Jane que se passe-t-il?" Questionna Lisbon.

-" Je ne supporte plus tout ça, de vous voir disparaitre le matin et revenir le soir dans un état de pire en pire, je vous vois souffrir et je ne peux rien faire."

-" Vous êtes là pour m'aider, me réconforter, me soulager, je trouve que c'est déjà beaucoup." lui répondit-elle en lui souriant.

Mais Jane ne parvint pas à lui répondre et il tourna la tête de l'autre coté, fixant son regard sur un point imaginaire sur le mur. Il ne parvenait pas à regarder la jeune femme dans les yeux, il ne pouvait pas voir ce qu'elle tenait de lui cacher, car il savait bien qu'elle ne lui disait pas toute la vérité. Elle ne voulait pas lui parler, mais rien qu'en la regardant dans les yeux il savait qu'elle avait honte, et cela ne le rassurait pas, au contraire, il se doutait que ces hommes ne se contentaient pas de la battre mais qu'ils lui faisaient subir bien d'autre tortures. Il savait qu'elle ne voulait rien lui dire, pour le protéger, mais il ne voulait pas être protégé, il voulait qu'elle soit honnête avec lui, qu'elle lui dise tout.

Lisbon sentit que Jane s'éloignait d'elle, pas physiquement mais émotionnellement il n'était plus vraiment là. Elle savait que de lui cacher ça y était pour beaucoup, mais elle ne pouvait pas se résoudre à lui dire, il ne la regarderait plus comme avant si jamais elle faisait ça et c'est justement ce qu'elle voulait éviter.

Mais elle voulait aussi retrouver la chaleur de ses bras, la douceur de ses caresses sur sa joue, dans ses cheveux. Elle voulait pouvoir de nouveau gouter à ses lèvres, comme plus de six mois plus tôt. Il fallait qu'elle prenne sur elle et qu'elle lui dise tout si elle voulait pouvoir de nouveau profiter de la sécurité du contact avec son consultant. Même si cela n'empêchait pas ces hommes de venir la prendre tout les matins pour la ramener tout les soirs, au moins, elle savait qu'en revenant elle pourrait se blottir contre lui et se détendre.

Lisbon se redressa donc, attrapa le menton de Jane avec sa main et le regarda dans les yeux, même s'il tenait d'éviter son regard. Elle se rapprocha de son visage sans le quitter des yeux et déposa ses lèvres sur les siennes. Puis elle s'éloigna et prit une grande inspiration, sous le regard encore surprit du mentaliste.

-" Je vais tout vous dire Jane, mais je ne veux pas que vous changiez par rapport à moi, je ne veux pas de pitié."

-"Je vous le promets."

Lisbon lia de nouveau leurs mains, se serra contre l'homme et commença son explication.


TBC…