Chapitre 5
Cela faisait deux semaines que les filles étaient à l'université de Duke, plus précisément dans le bureau d'Isobel, la mère biologique d'Elena, et elles n'avaient toujours rien trouvées concernant les Petrova. La dernière fois que la jeune femme était venue ici, tout ce qui concernait la malédiction et le lien avec la famille Petrova avait été facilement trouvable, mais là, rien. Toutes les recherches qu'il y avait concernaient des légendes, des mythes, des lieux imaginaires ou réels où il est sensé s'être produit des évènements surnaturels, mais rien sur la famille Petrova. Quatorze jours exactement qu'Elena était ici, et elle ne trouvait rien. Mais elle refusait de partir sans rien. Elle ne rentrerait pas à Mystic Falls bredouille, même si chaque jour elle doutait de plus en plus. Découragée, Elena baissa les yeux et son regard se posa sur une petite trappe située sous le bureau d' Isobel. Elena la souleva et tomba une lettre lui étant adressée. Elle venait d'Isobel:
Chère Elena,
Durant mes recherches pour Katherine, j'ai retrouvé un livre appartenant, comme tu pourras le constater aux Petrova. Je ne sais pas si un jour, il te sera utile; je ne sais même pas si, pour toi, un jour signifie quelque chose. Je l'espère. C'est à cause de cet espoir - peut-être fou, irrationnel, mince, choisis l'adjectif que tu préfères - que j'ai pris ce livre et l'ai caché avant d'écrire cette lettre pour te dire où je l'ai mit. En faite, je crois que je sais qu'un jour signifie quelque chose pour toi, parce que j'ai pu constater de moi-même à quel point les frères Salvatore tiennent à toi, donc je sais qu'ils ne laisseront pas Klaus te faire du mal. Je sais que je n'ai pas été une personne parfaite, encore moins une mère parfaite; une mère tout court, mais aujourd'hui je sais ce que je dois faire. Pour les gens que j'ai aimé. Que j'aime. Mes parents. Ric. Toi.
Je sais qu'il est - rationnellement, logiquement, vraisemblablement parlant - fort probable que jamais tu ne lises cette lettre, et que, si par miracle tu la lis, tu doutes de la sincérité de mes paroles, et d'ailleurs je t'ai donné de bonnes raisons pour cela, mais sache que ce livre lui ne te mentira pas. Il contient toutes les histoires de familles des Petrova. Il révèle à la Petrova qui le détient- toi en occurrence - les secrets de cette famille, mais seulement lorsque cette personne en a de besoin, et dans la langue de son destinataire. Je ne suis pas sûre - c'est une légende que m'a raconté le brocanteur qui le détenait en Bulgarie - mais ce livre détient peut-être des détails sur l'avenir, ton avenir. S'il t'intéresse, il est dans ma chambre, chez mes parents - tes grands-parents - à Grove Hill. Je suis certaine qu'ils seront ravis de te rencontrer. Ce sont des gens biens, et si tu ne me crois pas, demande à Ric.
Sache que quoique j'ai fait c'était pour toi, parce que je t'aimais, parce que je t'aime et sache que quoique je ferai ce seras aussi parce que je t'aime et parce que, malgré ce qui je suis, ce que je parais, je t'aimerai toujours. Crois le ou non.
Tendrement.
Isobel.
PS: Ne t'inquiète pas pour Katherine, elle ne peut rien obtenir de ce livre, il t'appartient et elle à passé son heure, il aurait fallut qu'elle le consulte au quatorzième siècle. Peut-être l'a-t-elle fait, qui sait avec elle.
Elena était complètement abasourdie par le contenue de la lettre. Isobel faisant dans le sentimentalisme. Une part d'Elena refusait d'y croire car cela était douloureux, mais une autre part d'elle se souvenait des paroles de John "J'étais là quand elle t'as abandonné et j'ai vu à quel point cela lui était douloureux", alors Elena y croyait. Elle croyait Isobel quand elle disait l'aimer. Même si Isobel n'avaient jamais été là pour elle, même si elle lui avait fait du mal, sa mort - qui selon John était le seul moyen pour Isobel de protéger sa fille d'elle - lui avait causé du chagrin. Un chagrin qu'elle avait jusqu'à présent gardé secret et qui ressortait maintenant.
"Elena, qu'est-ce que tu as? S'inquiéta Caroline.
- Regarde, murmura Bonnie"
Sans dire un mot Caroline lut la lettre avant de soulever Elena et de proposer un arrêt à Grove Hill. Celle-ci, envahie par le deuil qu'elle n'avait jamais vraiment fait, n'eut la force de répondre que par un hochement de tête.
Elena venait de sonner chez les Flemming se demandant comment elle allait pouvoir leur annoncer la nouvelle. Elle ne pouvait pas être trop brutale, les Flemming étaient déjà d'un certain âge et elle ne voulait pas leur faire prendre une crise cardiaque, mais elle ne souhaitait pas les affoler non plus en tournant deux heures autour du pot. Elle fut tirée de ses réflexions par une femme, la soixantaine, brune aux yeux marrons, qui venait de lui ouvrir la porte.
" Que puis-je faire pour vous? demanda-t-elle gentiment, malgré l'heure tardive à laquelle Elena arrivait.
- Bonsoir Madame Flemming. Je... s'interompit Elena. Je m'appelle Elena, Elena Gilbert. Je sais qu'il est tard, et qu'en général ce n'est pas une heure pour venir sonner chez les gens, mais je crois que ça fait assez longtemps que j'ai attendu. Je sais que vous ne me connaissez pas, mais je dois vous parler. A vous et à votre mari. Puis-je rentrer?
- Oui, bafouilla la femme manifestement interloquée."
Après s'être présentée à Monsieur Flemming, comme elle l'avait fait avec sa femme, et après que celle-ci lui ait offert un café, Elena inspira un grand coup puis prit la parole:
" Je me doute que ce que je vais vous dire va vous un choc, et je m'en excuse d'avance, j'aurais préféré que les choses soient différentes, dit-t-elle en retenant une larme car elle pensait à Isobel. Je suis la fille d'Isobel. Elle et John, mon père biologique, ce sont rencontré lorsqu'ils avaient seize ans. Comme ils étaient trop jeunes, ils m'ont fait adopter par le frère et la belle-sœur de John.
- Oui je me souviens de John, murmura Madame Flemming malgré l'émotion. Mais j'ignorais que lui et Isobel étaient si proche. C'était un brave garçon, toujours prêt à aider! A l'époque, mon mari voyageait beaucoup pour son travail dans la publicité, et John venait souvent à la maison; il se proposait toujours pour m'aider. Quand il fallait faire une réparation dans la maison ou qu'il fallait rentrer le bois, quoique ce soit, John m'aidait. D'ailleurs comment va-t-il? Dis lui qu'il est le bienvenu ici!
- Il... Toute... balbutia Elena qui ne contrôlait plus ses larmes et son chagrin. John est mort il y a un peu plus d'un an. Lui et ma tante ont eu un accident de voiture. (En fait, ils sont morts à cause de moi, parce que je suis le sosie de la première Petrova, le sosie qui a brisé la malédiction d'un vampire/loup-garou psychopathe, mais bon, il faut mieux que vous ne sachiez rien à propos du surnaturel, songea Elena).
- Et le frère de John et sa femme? Hasarda son grand-père"
C'est ainsi qu'Elena raconta une énième fois l'histoire de sa vie avant de conclure:
"... Puis j'ai fait le rapprochement avec la femme d'Alaric, et John a tout confirmé. Je savais qu'Isobel avait encore de la famille, et je comptais venir plus tôt, mais l'accident de Jenna et de John m'en a empêché.
- Nous comprenons, dit sa grand-mère. L'important c'est qu'aujourd'hui tu sois là. Tu comptes rester quelques jours, n'est-ce pas?
- Oh, je n'avais pas prévue... Comme je vous l'ai dit, mes amies et moi étions parties en voyage, et ce n'est que sur le chemin du retour en voyant le panneau Grove Hill que j'ai décidé de venir vous voir. J'ai envoyé un texto à mon frère pour qu'il m'apporte ma voiture, et il m'a répondu il y a une heure qu'il l'a déposé juste devant chez vous et qu'il était déjà à Mystic Falls avec Caroline et Bonnie où ils m'attendent.
- Mais Elena reste au moins pour cette nuit, insista sa grand-mère.
- Il est tard, renchérit son grand-père. Trop tard pour prendre la route!
- Aller, reste. Toi qui voulais voir la chambre de ta maman, tu peux même y dormir. S'il te plaît Elena. Je ne serais pas rassurée de te savoir sur la route à cette heure ci!
- D'accord, accepta Elena vaincue."
Installée dans la chambre d'Isobel, Elena chercha le livre des Petrova. Elle ne tarda pas à la trouver, caché au fond de la commode sous une pile de vieux pull-over. Il s'intitulait The Secrets of Petrova. A l'intérieur, un cartonavec l'écriture d'Isobel: Pour toi et toute ta descendance. Je t'aime. Isobel. Et aussi irrationnellement que précédemment, Elena se remit à pleurer.
