Harry
Lorsque Dumbledore arriva chez les Potter, il tomba à sa plus grande horreur sur un chalet à moitié dévasté. Ce n'était pas possible, ce n'était pas sensé arriver de si tôt. Le gamin n'était pas encore prêt pour accomplir la prophétie. Le vieil homme courra jusqu'au salon pour tomber sur le corps évanouis de Lily. Albus la réveilla d'un sort et il se dirigea encore plus rapidement, malgré son grand âge, vers l'étage supérieur, là où il savait que dormaient les enfants. Malgré que Harry ait déjà quatre ans, il ne voulait pas se séparer de son petit frère et refusait de dormir s'il ne pouvait pas partager son lit. Si au départ la famille avait trouvé ça adorable, ils avaient rapidement changé d'avis lorsqu'elle eut réalisé que Harry ne voulait plus rien faire sans Altaïr. Lily ne tarda pas à le rejoindre.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la chambre des enfants, Lily découvrit avec horreur le corps mort de son mari devant les deux enfants. Des débris les entouraient et Harry semblait être le seul conscient de la pièce. Dans ses bras, son petit frère dormait à poing fermé, comme s'il était épuisé.
«Harry, mon garçon. Dis-moi ce qu'il s'est passé?» demanda gentiment le vieux barbu.
Cependant, il semblerait qu'il eu oublié que le gamin ne l'aimait pas et qu'en plus, il était certainement en état de choc. Pourtant Albus ne se laissa pas faire et e fois assez proche pour le toucher, Dumbledore lui souleva doucement le menton et plongea son regard dans le sien afin de pouvoir fouiller librement son esprit.
Lorsqu'il en ressorti quelques minutes plus tard, Dumbledore fut soulagé de constater que c'était Altaïr qui avait temporairement détruit le mage noir. Harry avait déjà une image bien trop négative de lui, bien qu'il ne sache pas vraiment pourquoi. Lorsqu'il se tourna vers Lily, un air grave avait pris place sur son visage.
«J'ai fouillé l'esprit de Harry et comme nous le pensions, Altaïr est l'enfant de la prophétie. Il faut les séparer. Mais le garçon doit rester avec toi, James a utilisé une protection du sang pour qu'aucun Mangemort ne puisse l'approcher. Je vais emmener Harry dans une autre famille.
- Amenez-le à Pétunia, elle est ma sœur, elle prendra soin de lui.»
Cela faisait deux ans que Harry avait été déposé chez les Dursley au plein milieu d'une nuit pluvieuse et glaciale de novembre. Deux ans de souffrance et de haine. Du haut de ses six ans, Harry avait déjà vécu plus d'horreur que n'importe quel homme de cent ans. Il se souvenait de la nuit où sa mère l'avait abandonné, son père les avaient sauvé et de la dernière fois qu'il avait pu embrasser le front de son frère. Il haïssait les Moldus, surtout les Moldus qui lui servait d'oncle et de tante.
C'était une haine mutuelle. Harry ne le disait pas, ni ne le montrait au contraire de sa famille. Surtout sa tante en réalité, c'est elle qui le frappait, qui l'affamait, qui l'esclavageait et qui le touchait intimement. Vernon était trop rebuté à cette idée pour ne serait-ce que le toucher en dehors d'une petite claque de temps en temps. Mais il allait se venger et retrouver son frère bien-aimé.
Pourtant, il ne pensait pas retrouver Altaïr aussi rapidement, qu'est-ce que faisait son frère chéri dans le salon de Pétunia? Ce n'était pas censé se passer ainsi, il était censé s'enfuir et le retrouver dans un manoir luxueux sont sa mère avait toujours rêvé. Mais il devait encore attendre avant de pouvoir mettre ses plans à exécution, il était encore trop jeune.
Alors Harry subit pour deux. A chaque fois que Pétunia ou Dudley s'énervait contre son petit-frère, il se mettait en face d'eux et prenaient les coups à sa place. Il dormait assis pour laisser plus de lace à Altaïr dans le petit placard sous l'escalier. Il acceptait toutes les tâches que sa tante lui donnait. Il donnait sa part de nourriture à son cadet. Il allait de plus en plus souvent dans la chambre de Pétunia.
Jusqu'au jour où cette dernière alla trop loin. Elle était sur le point d'entraîner Altaïr dans sa chambre et ce fut ses cris qui attirèrent l'attention de Harry. Celui-ci utilisa sa magie pour la première fois depuis cinq ans et envoya valser sa tante contre un mur. Il était seulement sept heures, mais ce n'était pas un problème, l'école commencerait dans une heure et il était sûr qu'il y aurait déjà quelqu'un dans l'établissement. Il prit la main de son frère et le tira à travers les rues de la petite ville tout en lui ordonnant de courir le plus vite possible.
Les Dursley avait été jugé et Dudley vivait désormais chez ses grands-parents paternels qui était relativement jeune puisqu'ils avaient eu Vernon assez tôt. Mais alors qu'ils allaient quitter le palais de justice, les deux enfants prétextèrent devoir aller aux toilettes avant de partir. Cependant, ils ne réapparurent plus jamais, ils s'étaient comme volatilisés.
Et ce n'était pas loin de la vérité. En fait, Harry avait juste trouvé une autre sortie et avait demandé au Magicobus de les emmener jusqu'au Chaudron Baveur en échange du peu d'argent qui traînait au fond de ses poches, mais cela fut suffisant. Une fois sur le Chemin de Traverse, Harry entraîna son petit frère à sa suite jusqu'à Gringotts. Une fois que se fut leur tour, ils saluèrent respectueusement le gobelins qui se tenait de l'autre côté du guichet et cela sembla le surprendre. Cependant les deux enfants n'y firent pas attention. C'est Altaïr qui prit la parole, comme à chaque fois depuis plusieurs années.
Harry n'était pas un grand bavard, en fait il ne s'exprimait que s'il était intéressé par le sujet, quitte à ne pas répondre à ses professeurs où se faire engueuler par presque tous les adultes qu'il croisait car ils pensaient juste qu'il s'agissait d'une sorte d'insolence.
Harry était un petit garçon effacé qui laissait le devant de la scène à son jumeau. Lui il préférait endurer en silence et prendre la place de son double en cas de danger. Les douces paroles et les mensonges, il ne maîtrisait pas cela contrairement à Altaïr. Alors comme à chaque fois, il laissa son cadet gérer la situation pour eux deux.
« - Bonjour Mr, nous sommes là pour …» Altaïr se coupa et fit un signe de la tête à son frère.
Harry sembla comprendre le sous-entendu puisqu'il leva ses mains et un dôme se dressa autour d'eux. De l'intérieur, il sembla transparent, mais les personnes se trouvant autour d'eux ne pouvaient que voir une bulle de magie pure aussi noire que les abysses. Le second rôle de cette protection était d'empêcher les oreilles indiscrètes de les entendre. Altaïr reprit la parole en faignant ne pas avoir remarqué le regard intrigué du gobelin.
« - Je disais donc, que nous sommes ici pour savoir si nos parents nous ont laissé de l'argent avant de mourir. »
- À quel nom ? » demanda le petit être, ne semblant pas leur porter la moindre attention.
« - Je suis Altaïr Potter-Black et voici Harry Potter. »
À l'entente de ces noms, la créature se pencha sur son pupitre, un sourire carnassier sur le visage. Ces gamins osaient se prendre pour les gosses Potter, alors que ceci avait disparu de la circulation et de plus, la magie noire sortait par émanation du corps du faux Harry. Oui, il allait enfin pouvoir s'amuser. Tout ça grâce à ces deux petits voleurs.
« - J'imagine que vous n'avez pas votre clef ? » ricana le gobelin.
Altaïr nia. Il ne savait même pas qu'il fallait une clé pour accéder à son argent. Il haïssait ne pas savoir tout sur tout et cette situation le rendait malade. Le sourire de l'être en face de lui s'agrandit d'avantage, ses soupçons étaient ainsi presque totalement confirmé. Finalement, il se contenta de leur tendre un parchemin et de leur demander une goutte de sang; ils n'avaient qu'à se débrouiller pour se couper avec leurs dents.
Mais à la surprise du gobelin, le garçon qui était resté en retrait jusqu'ici sortit un petit couteau de sa manche et le dirigea vers son poignet et laissa le sang imbiber le parchemin. Il ne fit pas attention au sang qui continuait de couler le long de sa main et qui gouttait sur le sol marbrer de la banque. À la place, il prit délicatement la main de son frère dans la sienne et fit de même avec lui. Sauf que cette fois-ci, lorsque le rituel fut terminé, il porta la peau meurtrie à ses lèvres et embrassa la blessure du bout des lèvres. Aussitôt, la plaie se referma et il se lécha les lèvres de contentement. Son frère lui embrassa à son tour la joue pour le remercier.
Pendant tout ce temps, le gobelin avait suivit l'échange. Il était fasciné par ce comportement à la fois si innocent de la part d'Altaïr, mais aussi possessif et presque malsain de son aîné. Le regard du jeune Harry faisait froid dans le dos, il n'y avait aucune trace de vie dans ses yeux, pourtant ceux-ci semblaient s'illuminer lorsqu'il regardait son cadet. Mais ce n'était pas de l'amour fraternel, ça n'avait rien à voir avec cela.
Le gobelin fut sortit de ses pensées lorsque le nom des deux enfants apparurent sur le parchemin, confirmant ainsi leur identité.
« - Je vois. Veuillez suivre Balbek, Il vous mènera à votre coffre. »
À peine eut-il terminé sa phrase qu'un autre gobelin apparut derrière lui. Quelques mots dans une langue étrangère furent prononcés et le second gobelin leur fit signe de le suivre. Finalement, ils s'installèrent dans un chariot qui démarra au quart de tour.
« - Mr. Balbek, savez-vous si nos parents ont laissé un testament derrière eux ? » demanda poliment Altaïr.
« - Bien sûr que oui. Votre père était un Sang-Pur. » finit par répondre le gobelin après quelques secondes de silence. Il était choqué qu'un sorcier soit si poli avec un être de sa race. Habituellement, les sorciers étaient vaniteux et orgueilleux. Ils ne demandaient pas, mais ordonnaient. « Nous pourrons voir cela après avoir cherché votre or, si vous le voulez bien. »
Une fois dans la voûte 687, les deux frères furent bouche-bées face à la montagne d'or qui se dressait face à eux. Une fois qu'ils eurent repris leurs esprits, ils se dépêchèrent de fourrer le plus de pièces possibles dans leur cartable.
« - Si vous le souhaité, je peux vous fournir une bourse munie d'un sortilège d'agrandissement.
- Combien de place ? » demanda avidement Altaïr.
« - Cela dépend du modèle. La petite peu contenir jusqu'à 20 G, soit environ 100 £ (160). La standard va jusqu'à 60 G, soit environ 300 £ (500). La grande peux contenir jusqu'à 200 G, soit environ 1000 £ (1600). Pour finir, nous avons la bourse sans fond, vous pouvez y placer autant d'argent que vous le souhaiter puisqu'elle est directement relié à votre coffre. »
« - Combien coûte-elle ? Est-il possible d'ouvrir un coffre uniquement réservé pour la bourse sans fond ? Comment procéder en cas de vol ? Et comment retirer juste la somme dont on a besoin ? »
« - La petite coûte 3 G (25), la standard 6 G (50), la grande coûte 9 G (75) et la dernière 12 G (100). Il n'est pas nécessaire d'ouvrir un second coffre si vous avez peur de ne pas pouvoir bloquer vos retrait une fois une certaine somme de dépenses effectuer. Vous pouvez placer des alarmes sur votre bourse qui vous diront à tout moment combien il vous reste dans votre coffre ou qui le bloque une fois un palier atteint. Si vous le souhaitez, vous pouvez relier votre bourse à une ou plusieurs personnes grâce à votre magie, vous pouvez modifier ces autorisations à tout moment. Si vous la perdez ou vous la faites voler, il vous suffira de prononcer une formule suivit d'un mot de passe de votre choix, ceci aura pour conséquence de bloquer la bourse, plus aucune pièce ne pourra en sortir. Pour votre dernière question, il vous suffit de penser à la somme que vous souhaiter retirer et elle viendra à vous. »
Altaïr sembla réfléchir quelques instants avant de finalement répondre.
« - Je vais vous prendre deux grandes bourses que vous remplirez au maximum d'argent Moldu. Ainsi que deux bourses sans fond reliés à ce coffre, elles auront les sorts de protection dont vous avez parlé ainsi que des alarmes qui nous préviendront lorsqu'on aura dépensé plus de 50% de la quantité d'or actuellement présente dans ce coffre et ensuite une autre à chaque 10% de dépenser en plus. Une fois qu'il ne restera plus que 120 G (1000), on autorisera seulement 12 G (100 ) à être retiré par mois. Chacune de ces bourses sera relié à nos magie, à mon frère et moi.
- Dix petites, moitié/moitié. » continua Harry qui pendant tout ce temps, continuait d'observer avec envie les petites pièces qui remplissaient la pièce.
« - Pardon ? » demanda Balbek.
« - Ce qu'il veut dire, c'est qu'il voudrait dix petites bourses qui seront toutes remplies au maximum. La moitié sera de l'argent Moldu et l'autre de l'argent sorcier. »
Finalement, les deux garçons gardèrent l'argent qu'ils avaient déjà prit dans leur sac et se dirigèrent vers le bureau de Gripsec, le gestionnaire des comptes Potter et Black, la famille du parrain de Harry. Une fois là-bas, Balbek s'adressa à son supérieur dans la même langue étrange qu'un peu plus tôt, puis il les quitta.
« - J'ai cru comprendre, Messrs Potter (nda: il me semble que Messrs est le pluriel de Mr (monsieur en anglais). Si ce n'est pas le cas, merci de me le dire en review ) que vous souhaitez écouter les testaments de vos parents. »
Le gobelin ne les laissa pas le temps répondre qu'il leur tendait déjà une petite sphère rouge. Harry comprit qu'il fallait l'ouvrir et la prit donc des mains de son frère. À peine la boule divisée en deux, qu'une voix s'éleva dans les airs.
« Moi, James Fleamont Potter, Chef de la Noble et Ancienne famille des Potter, saint de corps et d'esprit souhaite qu'à ma mort, mes biens soient répartis se de la façon suivante :
À ma femme, Lily Potter née Evans, je lègue les demeures de la famille Potter ainsi que la totalité de mon or et de mes biens matériels personnels.
À mon fils Altaïr Sirius Potter-Black, je lègue la somme de 10 000 G (80 800) et l'appartement n25 du Chemin de Traverse.
À mon fils Harry James Potter, je lègue le titre de Lord Potter. Il devient ainsi le chef de la famille Potter. Il aura donc en sa possession la totalité des biens de la famille Potter. Dans le cas où il n'est pas encore majeur et qu'il n'a pas encore atteint l'âge de onze ans, ce titre sera vaquant et il sera donc simple héritier au titre de Lord. S'il a plus de onze ans, il pourra être émancipé et accéder au titre de Lord Potter.
À mon ami Remus Lyall Lupin, je lègue le cottage d'Écosse, l'appartement n10 de Pré-au-Lard et la somme de 1850 G (15 000).
À mon ami Sirius Orion Black, je lègue le manoir Potter de Londres dans lequel il vit déjà.
À Severus Tobias Snape, je lègue la somme de 1000 G (8 000 ) et le coffre n267.
Si l'une de ces personnes ne peut accéder à mon héritage, il sera légué à mes fils qui se le répartiront selon leur souhait.
Dans le cas où ma femme Lily Potter née Evans, se trouve dans l'incapacité physique ou mentale de conserver la garde de mon fils aîné et que celui-ci n'a pas encore onze ans, je lègue sa garde par ordre d'importance à Sirius Orion Black, Remus Lyall Lupin ou Frank Algie Londubat. S'il a plus de onze ans, où qu'il se trouve qu'aucune des personnes citées ci-dessus ne peut obtenir sa garde, alors mon fils sera émancipé magiquement. C'est à dire qu'il n'aura plus de tuteur magique, mais il lui faudra tout de même un tuteur civil, il pourra choisir ce dernier.
Pour la garde de mon benjamin, je la lègue par ordre de priorité à Harry James Potter, Sirius Orion Black, Remus Lyall Lupin, Frank Algie Londubat ou Bellatrix Lestrange. Sa garde ne pourra être récupéré par Lily Potter. S'il a plus de quatorze ans, où qu'il se trouve qu'aucune des personnes citées ci-dessus ne peut obtenir sa garde, alors mon fils pourra être émancipé magiquement. C'est à dire qu'il n'aura plus de tuteur magique, mais il lui faudra tout de même un tuteur civil, il pourra choisir ce dernier. »
Avant même qu'il ne puisse reprendre leur calme et assimiler ces toutes nouvelles informations, Gripsec analysa ce qu'il venait d'être dit.
« - Votre mère et Peter Pettigrow étant décédé et Sirius Black en prison, vous pouvez vous répartir librement leur bien.
- Je prends l'appartement de Pré-au-Lard et 3000 G. Tu peux garder le reste. » Commença Harry.
« - Merci, mais pourquoi ne pas vouloir l'or. Habituellement tu ne penses qu'à ça?
- Puis-je vous demander un service, Maître Gobelin ? » Demanda Harry en ignorant son frère, tout en essayant de se souvenir du titre honorifique que Balbek avait utilisé un peu plus tôt pour qualifié son supérieur. Un hochement de tête de la créature l'incita à continuer.
« - J'aimerai que cet appartement, si besoin, soit rénové, en même temps que celui du Chemin de Traverse que père a légué à Altaïr et que vous les fassiez louer à un prix légèrement inférieur au prix du marché. Je voudrai qu'il soit constamment habité. Bien sûr, vous serez payé. »
Pendant que son frère s'arrangeait avec le gobelin, Altaïr en profita pour se plonger dans ses pensées. Harry ne parlait pas beaucoup et surtout pas pour ne rien dire. En fait, la seule chose qui motivait Harry était l'argent et son cadet. Il avait grandi trop rapidement pour penser aux jeux et à vivre comme un enfant de son âge le devrait. Tout ce qui l'intéressait, c'était le pouvoir. C'était d'ailleurs ce qu'il lui répétait tous les soirs après lui avoir dit bonne nuit «Un jour, on sera immortel et riche». C'était sa vision de la liberté et de la puissance.
Harry pensait pouvoir dominer les autres grâce à l'or et à la force brute. Alors il ne s'embêtait pas à lire les livres d'histoire ou de sciences. C'est pour cette raison était légèrement plus musclé que son frère, bien qu'il mangeait seulement la moitié de ce que Altaïr ingurgitait. Il ne parlait que peu et n'interagissait pas vraiment avec son entourage. Harry s'ennuyait, tout autour de lui était inutile ou nuisible. Il avait perdu tout intérêt à sa vie, la seule chose qui importait encore était son petit-frère. Son précieux petit prince.
Altaïr était bien plus cultivé que son aîné. Il savait qu'il était bien moins fort que lui et qu'il fatiguait sa magie plus rapidement, alors il s'était plongé corps et âme dans la quête du savoir. À l'école, il lisait déjà les livres des dernières années, il possédait un esprit critique supérieur à ceux des adultes qu'il connaissait et tout le monde l'aimait. Mais le plus amusant pour lui, c'était de manipuler les autres. Il n'était pas inhumain et estimait plus ou moins l'espèce humaine, mais il trouvait fascinant de constater à quel point il était facile de briser quelqu'un. Grâce à quelques belles paroles, on pouvait obtenir ce que l'on souhaite. Il suffit de savoir dans quel sens brosser son interlocuteur ; une flatterie, une insulte, une démonstration de savoir, jouer un rôle, un sourire. Tout le monde était naïf à ses yeux.
Pourtant, il restait une seule énigme qu'Altaïr n'arrivait pas à déchiffrer : son frère. Harry obéissait au moindre de ses désirs, il le chouchoutait. Mais quel intérêt pouvait donc voir Harry à s'occuper ainsi de lui, ce n'était pas dans le genre du garçon. Ils savaient tous deux que Harry pourrait tuer un homme si cela pouvait lui être profitable, même s'ils faisaient partis de la même famille, alors pourquoi s'encombrer de Altaïr? Pourtant le cadet savait que ce n'était pas parce qu'il l'avait manipuler, c'était parce que son frère l'aimait. Mais Harry n'avait pas de sentiment, il le savait. Alors comment pouvait-il lui témoigner tant d'amour. Ce n'était pas fraternel, ça n'avait jamais été ainsi entre eux. Mais ce n'était pas non plus une amitié, c'était plus profond. Ce n'était pas de l'amour, pas assez malsain. Alors qu'est-ce que c'était?
La seule chose qui les reliait, c'était leur sens accru de l'observation. L'un par ennuis, l'autre pour trouver un faiblesse. Dans un sens, ils étaient tous les deux des génies, l'un pour briller en société, et l'autre pour mettre en pratique tout ce qu'il voyait. Pourtant, Altaïr restait un enfant, il était conscient que tout n'était pas noir ou blanc, les adultes peuvent être mauvais et que la vie était une chienne. Mais malgré tout ça, il restait optimiste et innocent, parce que ce n'était pas lui qui avait souffert, il n'avait jamais été agressé physiquement ou sexuellement, même psychologiquement il n'avait pas vécu autant que son frère. Parce que Harry était son ange gardien.
« - Bien, maintenant que ceci est terminé, j'imagine que vous avez des questions. »
Très bien, c'était au tour de parole d'Altaïr. Ses sujets n'intéressaient pas vraiment Harry. Alors celui-ci se leva et commença à faire un tour de la pièce tout en gardant une oreille attentive sur la conversation.
« - Qu'y a t-il dans le coffre 267 ?
- Des grimoires et ingrédients de potion. Severus Snape est un grand potionniste, en échange de cet or, la famille Potter recevra certainement quelques faveurs de sa part, comme des réductions.
- Bien. Maintenant, qu'en est-il de notre garde ?
- Et bien, Black et Lestrange sont en prison, votre garde à déjà été refusé à Mr. Lupin et Londubat est actuellement en hôpital psychiatrique. Je suppose donc que selon le testament de votre père, vous êtes officiellement majeurs magiquement. Bien sûr, il reste quelques papiers à régler. En plus de cela, vous devez choisir un tuteur civil.
- Qu'en est-il de la garde civil évoqué dans le testament ? Quelle est la différence avec le tuteur magique ?
- Habituellement, les deux statuts sont pris en charge par les parents. Le tuteur magique se différencie généralement du tuteur civil pour les Nés-Moldus ou chez les Sang-Purs orphelin. Dans le cas des Nés-Moldus, il a pour rôle d'accompagner les élèves dans leur scolarité, de les emmener à Gringotts en cas de problème financier, il les aide à s'instruire sur notre monde. Il est comme une sorte de représentant ou de gardien qu'un enfant peu voir un cas de problème, la plupart du temps ce rôle est endossé par un professeur. Dans votre cas, il s'agirait plutôt d'une personne qui occupe votre poste politique et gère les finances de votre famille jusqu'à ce que vous aillez quatorze ans pour vous émanciper totalement.
- Je vois, nous sommes donc nos propres tuteurs magiques grâce au testament. Qu'en est-il des tuteurs civils ?
- Dans votre cas, il s'agit d'une personne qui doit s'assurer de votre bien. Elle représente l'autorité et doit s'occuper de vous. Si cette personne pense que vous n'êtes pas suffisamment mature pour devenir votre propre tuteur magique, elle peut déposer un dossier vous concernant au Ministère et celui-ci fera une enquête pour constater de leurs yeux si vous êtes apte à être autonome.
- Sommes-nous obligés de vivre avec lui ?
- C'est votre tuteur qui décidera de cela.
- Très bien. Voulez-vous être notre tuteur civil ? »
Une fois que Gripsec sortit de son état de choc, Altaïr mit plus d'une heure à le convaincre d'accepter son offre. Ainsi, les deux frères seraient presque entièrement libre et le gobelin pourrait s'enrichir en percevant des allocations sans avoir besoin de débourser un seul sou puisqu'ils sont déjà multi-millionnaires.
«Ah oui, pourquoi est-ce que j'ai aussi le nom de Black et pas Harry?
- Sirius Black avait besoin d'un héritier, mais ne voulait pas se marier, il a donc demandé à son meilleur ami, James Potter, de lui permettre de devenir le parrain de son second fils et ainsi le nomme héritier de la Maison Black. Cependant, le Lord Black étant actuellement en prison, le titre restera vaquant jusqu'à ce que vous aillez quatorze ans.»
Altaïr et Gripsec parlèrent toute la journée de paperasse et d'arrangement. Pendant ce temps, Harry avait récupéré les dix petites bourses qu'il avait demandé un peu plus tôt et c'était éclipsé discrètement, sans qu'aucun des deux autres occupants du bureau ne le remarque. Il se rendit tout d'abord dans le bureau d'un autre gobelin pour créer un nouveau coffre au nom de Lyall Dursley. Il y déposa seulement une bourse et s'arrangea pour que seule lui et son frère puisse accéder à ce coffre grâce à leur sang.
Ensuite, il se rendit dans une librairie du Chemin de Traverse et chercha un moyen de transport un eu plus discret et rapide que le Magicobus. Il finit par trouver ce qu'il souhaitait; le transplanage. Les risques étaient élevés, mais cela valait la peine. En pensant fort au 4, Privet Drive, il atterrit dans le jardin de la maison. Harry ouvrit la porte du cabanon où Vernon rangeait son matériel de bricolage et décolla magiquement du sol une latte du vieux parquet. Il n'aimait pas ce lieu, mais il le fallait. Il fallait qu'ils aient une échappatoire en cas de problèmes.
Il savait qu'il était paranoïaque, mais tant de chose avaient déjà foiré dans leur vie, et Harry n'était pas près de laisser son frère sombrer parce qu'un simple petit coffre remplie d'argent n'avait pas suffit pour combler ses projets de grandeurs. Il leur fallait une seconde option, et tout cela passe par l'argent. S'il avait demander à faire louer ses nouveaux appartements, c'était pour avoir une rentrée d'argents régulière, au cas où ce qu'ils avaient pour l'instant venait à disparaître.
Une fois la bourse déposée, il transplana jusqu'au zoo qu'ils avaient eu la chance de visiter un jour où Mrs Fig n'avait pas pu s'occuper d'eux et que les Dursley avait été obligés de les emmener avec eux. Se dirigea rapidement vers les vivarium et il créa un trou dans le mur pour y cacher un paquet et le referma magiquement. Il ne savait pas encore où cacher les autres bourses, alors il tenta d'appeler l'elfe de maison qui s'occupait parfois de lui dans le passé.
«Roby .»
A sa grande surprise, le petit elfe apparu devant lui et le reconnu immédiatement comme étant son jeune maître. Harry lui demanda de l'emmener dans le manoir Potter le mieux protéger et y cacha une de ses bourses. La demeure se situait juste à côté d'une falaise donnant vu sur la manche, il y avait une crique un peu plus loin et Harry savait qu'Altaïr allait adorer vivre ici. Roby lui fit une visite rapide du manoir et le garçon découvrit avec dégoût que seule quatre pièce était encore habitable. Il ordonna donc aux autres elfes appartenant aux Potter de rénover la bâtisse pour qu'il puisse s'y installer avec son frère dans moins d'un mois.
Puis, il demanda à Roby de le faire transplaner dans les deux appartements dont il avait hérité et y cacha à nouveau de l'argent. Pour finir sa promenade, il se rendit sur la tombe de ses parents et Roby l'ouvrit pour lui, une fois l'argent déposé, il décida de retourner à Gringotts. Mais juste avant de quitter la petite créature, il lui donna une bourse en lui demandant de la cacher quelque part dans Poudlard, lui il ne pouvait pas pénétrer le château, mais un elfe en avait la capacité.
Lorsque Harry retourna chez les gobelins, il constata avec horreur que son frère discutait encore avec Gripsec. Apparemment, ils essayaient de racheter des parts d'un quelconque journal. Déprimant… En attenant qu'ils finissent, Harry retourna auprès de Balbek et lui donna la dernière bourse.
« - Je te fais confiance pour la cacher. Tu écriras sur ce papier où tu l'as mise lorsque ce sera fait. »
Les yeux du gobelin sembla briller de malice quelques instants, puis il disparut à travers les couloirs. Harry eut juste le temps de retourner auprès de son frère et d'écrire sa propre liste contenant les cachettes avant de revoir apparaître Balbek. Celui-ci lui tandis le petit papier et il put ainsi compléter la sienne. Apparemment, le gobelin avait cacher l'argent dans une animalerie de l'Allée des Embrumes qui travaillait en étroite collaboration avec Gringotts.
Lorsque Harry fut de retour dans le bureau de Gripsec, il donna la liste des cachettes à son frère et lui demanda de la mémoriser avant de la brûler.
Une fois que le gobelin eut terminer de leur expliquer les bases sur le monde sorcier, il fut décider que les jumeaux suivraient un emploi du temps pendant les années qui les attendaient jusqu'à pouvoir se rendre à Poudlard.
Rapidement, ils avaient totalement adopté leur nouvelle vit dans le manoir Potter. Altaïr dévalisait la bibliothèque familiale depuis plus d'un an et il ne semblait toujours pas rassasié. De son côté, Harry avait passé plus de temps en compagnie des gobelins qui étaient de très bon professeur dans l'art du duel. Il avait également fait de nombreuses recherches sur son but: devenir immortel. A l'opposé, Altaïr avait rapidement montré son intérêt pour les magies de soins, de sortilège, de métamorphose et de potions. Aussi, il aimait beaucoup l'histoire de la magie et s'intéressait grandement aux lois et coutumes sorcières. Gripsec lui apprenaient leur langue, tout comme à Harry, mais aussi à gérer les comptes de son aîné qui n'était pas vraiment intéressé pas cela.
À côté de tout ça, Altaïr avait enfin put grandir comme un enfant de son âge et il regagnait peu à peu l'innocence qu'il avait perdu au temps de leur vie chez les Dursley. Cependant, il gardait son côté espiègle et manipulateur, sauf que maintenant ce n'était plus pour escroquer les gens et être méchant avec eux, mais juste pour satisfaire ses désirs de gosses.
De son côté, Harry s'était dédié corps et âme dans la magie noire. Il s'était d'ailleurs trouvé un partenaire de duel en la compagnie de Balbek. Il était encore jeune pour un gobelin, seulement cinquante ans, mais ses connaissances en magie interdite dépassaient celles de beaucoup de ses aînés. La créature avait fini par apprécier l'humain et lui avait même offert un kit de trois dagues pour le lui prouver. Deux se glissaient dans ses bottes et la dernière pouvait soit être accroché à sa ceinture ou au bras qui ne tenait pas sa baguette. De plus, Balbek était le seul qui arrivait à faire lire un livre entier à Harry, en plus d'Altaïr évidement. L'aîné des Potter pouvait resté plongé pendant des heures dans les livres que lui prêtait le gobelin. Les ouvrages rédigés en Gobelbabil était bien plus enrichissant selon l'enfant.
Trois fois par semaine, Harry s'asseyait à ses côtés derrière son comptoir dans le hall de la banque et entamait sa lecture. Par moment, il le questionnait sur un sujet ou mot qu'il ne comprenait pas. Au départ, les sorciers étaient surpris de voir ce gamin discuter dans une langue bizarre avec un gobelin, mais ils avaient fini par s'y habituer.
Au bout de quelques mois, Harry en eut marre de ne pouvoir seulement lire les sortilèges, sans pouvoirs les pratiquer, en dehors des plus simples. Alors il s'était rendu sur l'Allée des Embrumes sous les conseils de Balbek. Là, il trouva rapidement la boutique dont on lui avait parlé. Il s'agissait du magasin de baguettes de la sœur cadette d'Ollivander. Bien que le Ministère ne le sache pas, la boutique d'Ollivander présente sur le Chemin de Traverse et celle de l'Allée des Embrumes n'étaient séparées que par la réserve et l'atelier commun aux deux magasins. La seule particularité des baguettes vendues du côté sombre, c'était qu'elle ne portait pas la trace du Ministère qui empêchait les mineurs d'utiliser la magie.
Lorsqu'il sortit de la boutique, Harry était plus qu'heureux. Il ne comprenait vraiment pas son frère. Altaïr avait préféré se plonger dans les livres et semblaient ne pas vraiment porter d'importance à la pratique. Mais ça avait toujours été ainsi, Harry la brute et Altaïr le cerveau.
Sur le chemin du retour, Harry tomba sur une odeur particulièrement alléchante. Ce n'était pas humain, ou en tout cas, pas totalement. Un sentiment de puissance et de force pure s'échappait de cet homme. Le garçon se glissa dans une ruelle et le siffla, espérant attirer son attention, ce qui marcha rapidement.
« - J'ai entendu dire qu'être mordu par un loup-garou sous sa forme humaine décuple sa puissance physique.
- Et qui te dit que je vais te mordre ? Qu'est-ce que tu me donneras en échange ? »
Harry baissa la tête afin de réprimer le dégoût qu'il ressentait envers lui-même qui l'envahissait petit à petit. Il voulait devenir fort, mais était il près à sacrifier cela. Était-il près à perdre le peu d'honneur qu'il avait encore pour son frère. Oui, il était prêt à tout pour ses beaux yeux.
Alors il se rapprocha de l'autre homme et utilisa sa magie pour l'aguicher, il glissa ses mains sur le torse de l'homme jusqu'à atteindre le bouton de son pantalon.
« - Je suis près à beaucoup. »
Il se haïssait. Après tout ce que sa tante lui avait fait, il arrivait encore à en redemander. Harry ne pleura pas, il cria, beaucoup, mais il ne voulait pas s'abaisser à pleurer. Il avait mal, l'autre était violent, c'était bestial, il souffrait, il se haïssait d'aimer cette douleur. Harry savait qu'il était un monstre, même parmi les sorciers, il était un anormal.
Il était anormal parce qu'il avait vendu son corps, comme une prostitué. Parce qu'il aimait la douleur. Parce qu'il n'était plus assez humain pour ressentir de la culpabilité. Parce qu'il utilisait son frère comme excuse pour justifier chacun de ses agissements. Parce qu'il venait de se faire prendre par un loup-garou et qu'il était content. Parce qu'une morsure marquait désormais son bras. Parce qu'il voulait encore plus de puissance. Parce qu'il était fou.
Cicatrice Harry œil gauche
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