Chapitre 3:

La nuit à l'infirmerie m'a semblé affreusement longue. En plus, comme j'avais dormis pendant tout le week-end, je n'arrivais qu'à somnoler. Alors imaginez l'état dans lequel je suis ce matin. Je suis crevé et j'ai des idées noires pleins la tête. J'ai l'impression que je pourrai fondre en larmes dans l'instant. Je regrette même d'être un

homme et non une femme. Au moins, Harry me regarderait. Ce ne serait pas de l'amour mais je pourrai capter son attention le temps d'une nuit. Pourtant, c'est pas comme si je demandais grand chose. Je m'en fous si je ne suis qu'un plan cul de plus pour lui... non, c'est faux. Je voudrai être tellement plus pour lui.

Je soupire d'exaspération. Je suis lamentable. Même si j'étais une femme, il ne voudrait pas d'une larve comme moi. J'ai gardé ma beauté d'antan mais je ne suis plus que l'ombre de moi même. Et j'ai perdu du poids... beaucoup. Même s'il était gay, il ne pourrait pas s'intéresser à moi.

« Dray, on y va? »

Je sursaute et me retourne vers l'entrée. Blaise et Théo me fixent d'un air inquiet. Quoi? Qu'est-ce que j'ai fait encore?

« Tu pleures Dray. Ça va pas? »

Honteux, j'essuie rapidement les larmes sur mes joues. Je n'avais même pas remarqué qu'elles coulaient. Mais pourquoi me cacher de toutes façons? C'est pas comme si c'était une surprise pour eux!

Après m'être reprit un instant, je dis:

« C'est bon. Ça va mieux. Allons-y. »

Je passe alors devant eux et sors de l'infirmerie avec un regard hautain. Mais je sais que je n'impressionne plus que les gamins qui ne me connaissent pas. Je ne suis plus que l'ombre de moi-même.

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Les premières heures de cour se sont passées sans incident. Il faut dire que je n'étais pas très attentif. Je repense sans cesse à mon doux rêve avec Harry. Je pousse un soupir désespéré. Nous marchons dans les couloirs et Blaise et Théo me semblent encore plus protecteurs qu'avant. En plus, je remarque que Thomas et Finnigan m'encadrent avec eux. Rien d'étonnant à cela quand on sait que nos rapports se sont grandement améliorés depuis la guerre.

Le repas passe rapidement. Je ne cherche même pas à regarder Harry, de peur de fondre en larme rien qu'en voyant sa jolie bouche collée à celle de sa conquête du jour.

La vie me semble vide, sans attraits. Je suis désespéré.

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Blaise et Théo se positionnent autour de moi afin d'éloigner mes fans un peu trop collant, dont Deber fait bien évidemment partit. Perdu dans mes sombres pensées, je ne fais pas attention à l'agitation qui m'entoure. Je continue à marcher vers la salle de notre prochain cour, le visage haut et les yeux lointains.

Soudain j'entends:

« Drago! Attend! »

Ayant reconnu la voix de mon amour, je me stoppe illico et me retourne vers lui.

« Harry? Qu'y a t-il? »

« Tu me manquais, je voulais te voir. C'est normal, non? »

Les yeux écarquillés, je le vois s'approcher de moi et se glisser derrière mon dos pour me prendre dans ses bras. Il mordille mon oreille et les sensations exquises qui en découlent me persuadent que je suis bien réveillé cette fois-ci.

Blaise et Théo sont stupéfaits mais ne peuvent rien faire d'autre que nous regarder. Ils font déjà une barrière humaine avec Thomas et Finnigan pour nous séparer de mes fans et des siens qui, indignés, sont près à se jeter sur nous. Emporté par la sensation de la bouche du beau brun contre mon oreille, je ne fais même pas attention au nombre impressionnant de mes fans. Il n'existe plus que lui pour moi.

« Que se passe-t-il ici? »

Le professeur Lupin encadré de Severus me lance un regard inquiet. Analysant rapidement la situation, Lupin me dit de l'accompagner dans son bureau.

Alors que je me décolle de lui pour partir, Harry m'attrape le poignet et me chuchote:

« J'espère que ce ne sera pas trop long. Tu me manques déjà, mon ange. »

Il me caresse le bas du dos en me poussant doucement vers son « oncle ». Je sais que je rougis fortement mais je n'y fais pas vraiment attention. Je suis tellement heureux que je me retiens de pleurer d'émotion.

Mais mon bonheur est de courte durée. Une fois entrés dans son bureau, Lupin nous invite à nous assoir et nous offre un thé. Il ne pousse pas le vice à nous proposer un bonbon au citron mais une assiette de gâteaux au chocolat apparait devant nous.

« Je vous laisse seuls quelques instants. Je vais appeler Madame Pompresh pour que cette histoire soit mise au clair. »

Severus et moi dégustons alors les délicieux gâteaux. Son air sombre et inquiet devrait m'interpeller, mais je suis encore sur mon petit nuage. Il m'a appelé « mon ange ». Il m'a serré dans ses bras...

Puis le cauchemars commence. Lupin et Pompresh entrent dans le bureau. L'infirmière semble mal-à-l'aise et inquiète. Et je me rends enfin compte que Lupin et Severus sont soucieux également. Une chaise apparait magiquement à mes côtés et Pompresh s'y installe. Lupin prend place derrière le bureau directorial. Son air sérieux me fait me tenir sur mes gardes.

« Drago... hum.. Je pense que tu t'en ai rendu compte... enfin.. »

Il inspire doucement et regarde son amant pour se donner courage. Puis, il plonge son regard dans le mien.

« Bien. Les gens agissent différemment autour de toi. »

La surprise doit se voir sur mon visage car Seveus me demande, les yeux écarquillés:

« Ne me dis pas que tu n'as pas remarqué l'émeute que tu as provoqué dans le couloir? »

Je rougis fortement alors que je chuchote, gêné :

« Non. Il y avait Harry .. »

M'ayant entendu, les trois adultes me regardent tristement. Lupin reprend:

« Drago, depuis ce matin tu attires une grande partie des élèves. Un peu comme un aimant, tu vois? D'ailleurs, tu attires même certains professeurs. »

Mon cerveau a du mal à analyser la nouvelle. Devant mon air perdu, Severus précise:

« En fait, on s'est rendu compte que ce phénomène ne touchait que les personnes qui n'étaient pas déjà amoureuse. Mais, pas une petite amourette. Le grand amour. »

Il jette alors un regard à Lupin qui rougit fortement sous le regard tendre de Pompresh.

Mais moi, je ne vois plus rien. Je retiens difficilement mes larmes. Quel idiot. Dire que je pensais sincèrement que je pouvais lui plaire. La gorge nouée, je demande faiblement:

« Qu'est-ce que j'ai? »

Pompresh me regarde avec pitié et me dit:

« Pour le moment, nous n'en avons aucune idée. Il faut que tu réintègre l'infirmerie pour que je te fasse différents examens. Dans notre monde, tant de phénomènes peuvent changer ainsi l'environnement d'une personne. Ça peut être une allergie, une maladie, une piqure d'insecte magique... ou tant d'autres choses! »

Devant ma détresse, Lupin et Pompresh s'éclipsent pour me laisser seul avec mon parrain. Je me réfugie alors dans ses bras pour fondre en larmes.

« Il m'avait appeler son ange. Et il m'avait prit dans ses bras. Il m'a dit que je lui avais manqué. Et tout ça, c'est à cause de cette saleté de truc. Je suis un imbécile. J'y ai vraiment cru en plus. C'est pas juste. J'ai pas le droit d'être heureux, c'est ça? »

Severus me berce en silence, me caressant les cheveux, comme si je suis un enfant. Et moi, je continue à pleurer toutes les larmes de mon corps à cause de ce faux-espoir et de cet amour qui ne sera jamais réciproque. Je m'endors au bout d'un moment, trop épuisé d'avoir pleurer. Pourtant, je commence à avoir l'habitude de pleurer à cause de Harry.