Cet "AU" est la version longue de mon OS "Mon âme-soeur" que vous pouvez retrouver dans mon recueil d'OS "Appelez-moi Buddie".

Merci à Neal_Glitter_Vampire pour l'idée de base. C'est cadeau pour toi ;)

Cette version longue m'a été demandée sur AO3 par Lylyth86.

🔞 Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité des plus jeunes 🔞

9-1-1 est une série télévisée américaine créée par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Tim Minear. L'histoire et les personnages de bases ne m'appartiennent pas et je ne fais que les réutiliser sans en tirer bénéfice.

La légende de base est celle de Perséphone et Hadès, que j'ai modifiée pour les besoin de la fic.

Playlist que j'ai écouté en écrivant la fic sur spotify (le lien sur mon profil) : si vous l'aimez abonnez-vous!

English version on AO3 : My Soulmate by 911_by_Jane

...

Buck aimait la nature.

Après tout, il était le fils de Déméter, la déesse de la nature, des moissons et des récoltes. Celle qui faisait naitre et pousser les plantes et les fruits pour nourrir les humains et faire prospérer leur monde.

Buck apprenait vite et sa mère, bien qu'exigeante, était très patiente.

Il avait appris à faire pousser toutes sortes de choses, des plantes magnifiques qui semblaient s'épanouir à chacun de ses sourires. Sa vie n'était faite que de beauté et de douces odeurs.

Buck n'avait toujours connu que sa mère.

Il savait qu'elle l'avait façonné et que Zeus lui-même lui avait donné son étincelle de vie mais le roi des Dieux ne s'intéressait pas à lui. Buck ne s'en préoccupait pas vraiment, il avait assez à faire pour aider à rendre la terre fertile.

Il avait fait de la culture du blé sa spécialité.

– Perséphon, l'appela soudain sa mère.

Buck soupira.

Il détestait son prénom. Il ne comprenait pas pourquoi elle l'avait appelé comme ça. Il préférait son surnom, qui le représentait mieux. Bien sûr sa mère le détestait, comme à chaque fois qu'il essayait de devenir lui-même, à chaque fois qu'il faisait quelque chose qu'elle ne voulait pas qu'il fasse.

– Mère ? s'enquit-il en venant la rejoindre.

– Je dois m'absenter, Perséphon.

– Puis-je venir ? s'enquit-il plein d'espoir.

– Pas encore, mon fils, lui sourit-elle.

– Mais je suis prêt, Mère.

– Tu viendras en temps voulu, Perséphon.

– Mère, bouda-t-il. Je t'ai déjà dit que je préfère qu'on m'appelle Buck.

Déméter plissa les yeux et Buck recula d'un pas.

Sa mère pouvait facilement se mettre en colère et même si Buck essayait de lui tenir tête, elle finissait invariablement par gagner le combat.

En réalité, elle pouvait même être terrifiante.

– Désolé, Mère.

– Tu es encore jeune, Perséphon. Un jour viendra où tu comprendras à quel point j'ai eu raison de bien te préparer à la mission qui sera la tienne.

– Je sais, Mère. Quand pars-tu ?

– Demain, répondit-elle.

– Pouvons-nous faire une balade avant votre départ ?

– Evidemment, sourit-elle.

Buck aimait sa mère autant qu'elle l'aimait.

Il avait conscience qu'il ne valait pas mieux qu'un caneton en voulant la suivre partout mais la mission de sa mère, celle qui serait la sienne, le fascinait et il voulait en apprendre plus, jour après jour.

Elle lui manquait terriblement lorsqu'elle était absente et Buck détestait la solitude. Mais sa mère était une déesse de premier ordre. Et malgré sa place dans la hiérarchie des dieux, elle prenait beaucoup de temps pour lui, il ne pouvait pas lui en prendre plus qu'elle ne lui en accordait.

Il devait se contenter de ce qu'il avait.

Alors, il profita de l'après-midi, malgré le temps morose. Le soleil revint timidement alors qu'il faisait pousser toutes sortes de fleurs colorées et qui sentait divinement bon pour les offrir à sa mère.

C'était sa façon de lui dire qu'il l'aimait.

En tout début de soirée, ils découvrirent une ferme brûlée, en des ruines encore fumantes. Buck se précipita malgré les cris de sa mère. Il devait essayer de sauver les occupants mais il les découvrit tous morts et lorsque Déméter le rejoignit, il pleurait de chaudes larmes en tenant un petit corps d'enfant carbonisé.

– Qui a fait ça ? hoqueta-t-il.

– Oh, mon fils, souffla-t-elle. Les hommes sont parfois cruels entre eux.

– Pourquoi ?

– Je ne sais pas.

– Je leur donne l'abondance, du blé pour nourrir leurs ventres affamés et des fleurs aux jolies couleurs pour décorer leurs maisons et ils tuent des enfants. Je ne comprends pas.

– Tous les hommes ne sont pas de bonnes personnes, Perséphon. Certains ne vénèrent pas non plus les bons Dieux.

– Mais à quoi bon leur permettre de manger pour vivre s'ils s'entretuent ?

– Parce que c'est notre devoir, mon fils.

– Je ne veux pas nourrir les gens qui commettent de telles horreurs.

L'une de ses larmes tomba sur le sol en terre battu de la maison en ruine et Buck vit sa mère pâlir, avant de s'accroupir et de le forcer à la regarder dans les yeux.

Le ciel s'était assombrit et le soleil avait entièrement disparu.

– Ton amertume est compréhensible, Perséphon, affirma-t-elle d'une voix douce. Mais ne punit pas tous les humains pour les erreurs de quelques-uns.

Buck serra le corps de l'enfant contre lui avant de le redéposer respectueusement sur le sol. Il se redressa ensuite et suivit sa mère jusqu'à chez eux. Il ne put s'empêcher de repenser encore et encore au petit corps sans vie de l'enfant.

Il se roula en boule sur son lit et pleura encore et encore, toute la nuit.

Sa mère partie mais il ne bougea pas d'un pouce jusqu'à son retour. Il n'arrivait pas à comprendre et ça le rendait malade de laisser des hommes tuer des enfants. Ils étaient des dieux mais ils n'avaient pas le droit d'intervenir pour empêcher ça.

A quoi servaient-ils donc ?

Inquiète, Déméter le fit venir au palais de Zeus mais Buck n'était obsédé que par une seule chose, la réponse à une simple question : pourquoi ?

Zeus lui posa des questions auxquelles il répondit d'un air absent et il pouvait sentir de sa place l'anxiété grandissante de sa mère mais il était impuissant à la soulager, il n'arrivait pas à se sortir de son marasme.

L'image de l'enfant mort continuait de le hanter.

– Perséphon, tonna Zeus. Cesse de faire l'enfant à présent. Les humains sont quantité négligeable et leur sacrifice est souvent nécessaire. Je suis désolé que tu aies dû assister à cela malgré ton manque d'expérience mais tu dois accepter leur destiné.

– Ce n'était qu'un enfant, plaida-t-il. Tout comme j'en suis un. Suis-je quantité négligeable également ?

– Non ! s'écria Déméter.

– Tu es un Dieu, répondit Zeus. Tu es important comme tous les dieux. Tu es le fils de Déméter, déesse primordiale, tu es promis à un grand avenir parmi les dieux. Tu vas devoir travailler sur ta sensibilité, jeune Perséphon. Peut-être que Ares…

– Non, gronda-t-il. S'il a permis à cela de se produire, je ne veux rien avoir à faire avec ce meurtrier.

– Très bien, acquiesça Zeus. Ma fille, Athéna, pourrait…

– Sauf votre respect, Père, le provoqua-t-il. Je ne suis pas fait pour la guerre et les combats. Je veux seulement comprendre pourquoi un enfant a dû mourir de façon aussi cruelle.

Buck avait vu les yeux de Zeus s'illuminer de colère contenue.

Il savait qu'il n'était pas vraiment son père mais il vivait grâce à lui alors il le considérait comme tel. N'en déplaise à Zeus qu'il rencontrait pour la première fois de sa vie.

– Tu ne peux rien faire contre ça, alors accepte-le, lui ordonna-t-il. Cet enfant a vécu un malheur mais il est dans un monde meilleur à présent.

– Et qu'en savez-vous ? hurla-t-il alors que tous les autres dieux présents le regardait en silence. Vous ne savez rien de ce que deviennent les âmes aux enfers. Les humains parlent et disent que le Tartare est un endroit horrible.

– Les humains ne peuvent pas le savoir avant de mourir, lui rappela-t-il visiblement en colère. Comment peuvent-ils se targuer d'en savoir autant à ce sujet ?

Buck se mordilla la lèvre.

Il devait admettre qu'il avait raison mais il ne l'avouerait jamais à haute voix. Il voyait sa mère terrorisée par son aplomb et les autres dieux présent dans la pièce semblaient attendre la décision fatidique de Zeus.

– Mais tu as raison, Perséphon, conclu Zeus. Je ne suis pas le mieux placé pour te parler des enfers. Mais je peux faire venir le spécialiste.

– Non, cria Déméter.

– Silence ! cria-t-il à son intention. Cette décision n'appartient qu'à Perséphon et à lui seul.

Buck jeta un œil à sa mère.

Elle le suppliait de refuser mais il était si curieux et puis il savait que s'il ne comprenait pas ce qu'était devenu cet enfant, jamais il ne pourrait oublier sa fin tragique.

Il redressa la tête et fit face au roi des dieux, celui qui lui avait donné la vie, son père.

– Je veux savoir, lâcha-t-il.