C'est bon, je rentre dans le game des fanfics sur Kaamelott et surtout, dans le ship Pendraniévre. Sérieusement, oscour, je vous vous casser les noises avec ça.

Une fic qui ne sera à priori pas trop longues (attention, se méfier de ma définition de « pas longue » vu le nombre de mots de mes derniers récits mdr). Cette idée m'est venue pendant que j'écoutais le morceau Merry Go Round of Life à fond les ballons dans ma voiture héhé

Attendez vous à une fic fluffy à souhait, un peu dramatique quelque part, mais sans spoil, vous ne chialerez pas de tristesse à la fin (enfin, normalement !)

Bonne lecture !

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Ode à Gueniévre

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Chapitre I

Arthur était dans les jardins de Kaamelott, du moins, ce qu'il en restait. C'était que les batailles récentes n'en avaient pas fait un aussi bel endroit qu'auparavant.

Fort de ses racines romaines, Arthur avait toujours voulu faire de cet endroit un havre de paix, mais en son absence, les lieux avaient été bien négligés. Peu lui importait après tout, car après avoir passé près de dix ans dans le désert, le moindre brin d'herbe lui suffisait au final.

Seulement cet après midi, le roi était peu enclin à admirer la météo clémente et douce comme il pouvait le faire habituellement. En effet, son attention était uniquement portée sur un morceau de parchemin, ainsi que sa plume parcourant frénétiquement les lignes de son encre.

Le roi avait la langue tirée, et meumeumait quelque chose d'incompréhensible, le regard en l'air de temps à autre, avant de reprendre son écriture aussitôt. Il n'avait jamais eu l'air aussi concentré sur le visage, et ni la pluie, ni la tempête n'auraient pu interrompre sa concentration.

« Sir ! »

Arthur, ignorant ces appels, venait de fermer les yeux en secouant sa plume dans les airs d'un air satisfait, et passablement bizarre. C'était qu'il en aurait presque sourit de béatitude. Hors, le Roi de Grande Bretagne ne souriait qu'en de très rares occasions, trop rare même pour pouvoir compter ces instants sur les doigts d'une seule main.

« Sir, entendit-il cette fois plus fort. »

Surpris de cette intrusion, le Roi réagit dans l'immédiat. Il sursauta de tout son soul et, d'instinct, jeta le morceau de papier dans l'herbe, juste derrière lui.

Bohort, qui l'avait pourtant sonné à de multiples reprises, arriva à sa hauteur en fronçant les sourcils tandis que Arthur afficha une mine faussement détaché face à son chevalier.

« Bohort, une urgence ?

_ C'est-à-dire qu'on vous attends pour la réunion.

_ Oh. Déjà. Oui, bien sûr, j'arrive de ce pas. »

Le Roi se leva en prenant une grande inspiration. Bohort le dévisagea alors, d'un drôle d'air.

« Hé bah quoi ? demanda le roi, pressant.

_ Vous ne récupérez pas votre papier ?

_ Mon papier ? bégaya Arthur, suivit d'un espèce de faux rictus gêné, un papier, mais quel papier ? Enfin, je n'avais rien de tel. »

Bohort fronça les sourcils en penchant la tête. Arthur pria alors tous les dieux, Mercure comme le dieu unique des chrétiens pour que le chevalier n'insiste pas. Et il fallait croire que ses prières avaient été entendues. Par qui ? Il n'en savait foutrement rien, mais tout ce qu'il vit fut Bohort en train de s'en aller droit devant, en espérant que le roi le suive.

Arthur se retourna néanmoins vers l'endroit où il avait bazardé son papelard. Le Roi serra la mâchoire avant d'émettre un soupir silencieux. Tant que l'autre demeuré continuait de le fixer en lui sommant de l'accompagner, il ne pourrait pas récupérer son truc sans passer pour un débile.

« Ouais ça va, ça va, j'vous suis ! »

Lorsque Arthur se retourna, il reçut une violente bourrasque de vent dans la gueule et s'arrêta brutalement avant de grimacer. Merde, il aurait mieux fait d'accepter de passer pour un idiot.

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Mevanwi ne sortait pas souvent de sa cachette. Depuis le retour du roi Arthur, il fallait dire qu'elle faisait plutôt profil bas. En vérité, elle cherchait surtout un moyen d'arranger toute cette merde.

Tout ça dans le fond, était de la faute d'une seule et unique personne : Guenièvre. Oh, il y avait aussi son abruti d'ancien mari, Karadoc, mais lui, encore, n'était qu'un crétin sans cervelle. Lui en vouloir reviendrait à blâmer le caillou d'être entrer dans sa chaussure durant sa promenade tandis que la reine, elle… Enfin, l'ex-reine, se corrigea-t-elle. Mevanwi la soupçonnait de savoir exactement ce qu'elle faisait. Oh, elle avait eu à faire à elle depuis l'arrivée de Lancelot au pouvoir, une fois, avant qu'il ne la transfère Dieu sait où. Heureusement d'ailleurs, car vu l'attachement maladif que lui portait Lancelot, elle aurait été capable de lui en faire voir de toutes les couleurs.

Car dame Mevanwi avait deviné, dans les yeux de l'ancienne reine de Bretagne, que la jeune femme n'était pas si bête qu'elle n'y paraissait. Depuis, elle avait nourri envers elle, une rancoeur tenace. Si elle était assez maligne pour tout comprendre, il était évident que tout ce foutoir soit de sa faute.

Arthur et elle filait le parfait amour avant que, sur un coup de tête, l'homme ne décide de récupérer son ex épouse. Au départ, elle lui en avait voulu terriblement. Puis, elle s'était dit qu'avec Lancelot, ce serait différent, qu'ils se réuniraient dans cette haine commune contre la reine. Elle avait fait bien fausse route… Alors, elle avait beaucoup réfléchi sur la situation, et en avait conclu que Guenièvre était une excellente stratège. La femme avait tout fait pour récupérer son mari une fois qu'elle s'était rendu compte de l'inutilité de Lancelot. Comment avait-elle fait ? Là était tout le mystère, mais elle avait bien réussi son coup.

Alors, son désir de vengeance n'avait fait que gonfler depuis, en particulier lorsque Arthur avait reprit le pouvoir, et qu'elle s'était retrouvée traquée, humiliée, comme une pure paria.

Guenièvre avait réussi là où elle avait lamentablement échoué, même si Dame Mevanwi s'estimait plus intelligence, plus jolie, avec une maîtrise parfaite des hommes et de la politique. LMalgré toutes ces qualités, l'ancienne reine n'avait eu de cesse d'habiter l'esprit de Lancelot, mais avait aussi réussi ce tour de passe passe de récupérer son statut, le trône, son mari et tout le reste. Arthur ne l'aimait pourtant pas, c'était évident, cela l'avait toujours été !

C'est ainsi qu'elle en était venu à l'étrange conclusion que Guenièvre avait eu à faire avec la magie, une forme de magie noire… Alors elle s'y était mise, elle aussi. Désormais, il n'y avait qu'ainsi, qu'elle pourrait l'atteindre, raisonner Arthur, lui dont le coeur battait auparavant, pour elle. Mevanwi n'était pas dupe, elle savait dire lorsqu'elle plaisait à un homme et le roi Arthur, lui, crevait d'envie pour elle !

La jeune femme prit son bol d'air frais dominical, avant de froncer les sourcils devant un morceau de parchemin trainant là, juste devant l'entrée de la tour dans laquelle elle se terrait. Alors, elle s'avança et s'y pencha.

Lorsqu'elle en parcourut les lignes, son sang ne fit qu'un tour. Comment était-ce possible ?

Mais, alors qu'elle serrait le papier entre ses mains de rage, prête à partir dans une colère aussi noire que folle, Mevanwi se reprit dans la seconde en fermant les yeux afin de mieux se contrôler. Qu'importe ce sur quoi elle venait de tomber, car elle avait à présent, la preuve que Guenièvre, cette sorcière, avait tout manigancé depuis le début, que ce n'était pas dans sa tête. Alors, elle sut exactement ce qu'elle devait faire : ouvrir les yeux d'Arthur, de force s'il le fallait. Et, elle en était certaine, il le faudrait.

Oui, elle redeviendrait reine, une bonne fois pour tout, et elle était bien décidé à ce que son prochain enfant prenne le trône, lui aussi.

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Huit jours, huit longs jours que le Roi arpentait les jardins de son château, du levé au couché du soleil. Oh, tout le monde aurait préféré qu'il le fasse dans le but de commander de nouvelles pivoines, refaire une belle allée de camélias, un tunnel de glycines ou alors, une place centrale d'oeillets et de tulipes. Rien de tout cela ne semblait d'actualité, malheureusement.

Le Roi scrutait chaque millimètres carrés de l'herbe de sa cour à la pince à épiler depuis tous ce temps, grognant ici et là avant de manquer d'hurler de frustration environ toutes les deux heures. C'était toujours le même manège.

La dernière fois qu'il avait été si à cran datait d'une décennie en arrière, et cela n'augurait franchement rien de bon au regard de ses proches.

C'était que son comportement suspect en alertait plus d'un et ses chevaliers commençaient à de nouveau, avoir peur pour sa santé mentale. Alors, ils filaient droit, évoquant de nouveau la quête du Graal avec grand interêt. Mais rien à faire : le roi continuait de fouiller chaque brindille de ce foutu jardin. Il en avait même oublié la présence des burgondes qui ne semblaient pas prêts de décarrer de ses terres ainsi que des factions de rebelles. Or, vu le bordel qu'ils étaient en train de mettre, il serait plus que temps qu'ils s'en aillent !

Foutu pour foutu, les chevaliers s'étaient tournés vers nulle autre que Guenièvre pour raisonner son mari.

Elle avait bien essayé, mais à défaut d'y parvenir, elle avait proposé un repas de départ afin de faire comprendre aux burgondes l'urgence de rentrer dans leurs terres. L'idée avait été fort bien accueilli, et tout le monde bénie alors ses capacités politiques.

Mais les préparatifs avançant, rien ne changeait l'humeur massacrante d'Arthur. La fête avait été organisée à une vitesse record, et c'est ainsi qu'elle se porta volontaire pour sortir son époux de ses jardins ce soir-là, afin d'au moins, présider cette dernière soirée annonçant le départ des burgondes. Il ne fallait pas risquer l'incidence diplomatique, ce n'était pas le moment.

Et même si Arthur refusa de décrire exactement l'objet qu'il cherchait frénétiquement depuis plus d'une semaine, il se laissa enfin convaincre par Guenièvre de lâcher l'affaire afin de s'occuper du royaume.

Il avait appris de ses erreurs, comprenant bien qu'il fallait qu'il l'écoute… parfois. Et même si sa femme restait telle qu'elle était, il devait bien admettre qu'elle n'était pas si conne concernant la politique du pays et qu'il fallait rester un temps soit peu terre à terre.

Alors, il se laissa entraîner par ses chevaliers, faisant des burgondes de fidèles alliés des terres de Kaamelott, leur promettant de les aider à affirmer leur politique contre un peu de tranquillité et leur départ prochain, qui se ferait juste après la signature d'un traité digne de ce nom et surtout, après cette dernière fête, l'espérait-il.

C'était ainsi qu'étaient les Burgondes, et Arthur avait du s'y faire. Alors, lorsqu'on lui présenta un alcool local ce soir-là, il ne se méfia pas.

Tout le monde était un peu rond, et tous ces années à vivre en autarcie en bouffant que des dattes ne pouvaient que lui donner plus encore gout aux choses nouvelles.

Il avait accepté ce dernier verre avec joie, ne se méfiant, ni de l'allure de l'homme qui le lui avait apporté et qui ne parlait pas avec une once d'accent burgonde, ni de cette sensation étrange qui l'avait pris en finissant son verre d'une lampée.

Un peu raide, c'était peut-être le verre de trop, surtout quand le serveur lui avait glissé avec une voix qu'on aurait pu confondre avec celle d'une femme :

« Si seulement vous m'aviez donné une chance, Sir. Vous ne savez pas ce que vous avez raté. »

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