Je n'y vois plus rien. Mes mains sont pleines de verres, mes yeux pleins de larmes. J'ai un cri coincé en travers de la gorge et je sens l'odeur du sang. J'ai mal, j'ai l'impression d'être en monstre sans savoir ce qu'il se passe. J'entends la voix de mes frères affolés, tristes. Ai-je encore détruit quelque chose qui leur était cher ?

« Albus, ai-je détruit ma couronne ? Demandais-je d'une voix tremblante, étouffée par mes larmes.

_ Non Ariana, tu n'as pas détruit ta couronne. »

Des bras chaleureux m'entourèrent et ce fut le néant, le noir total. Ils disent que j'ai dormi pendant plusieurs jours, j'ai l'impression d'avoir dormi pendant des mois. A chaque fois que j'ouvre les yeux je suis envahie pas un silence de mort, et je pèse mes mots. Je ne saurais dire quand est-ce que c'est arrivé, ni qu'est-ce qu'il s'est réellement passé. Je me souviens seulement du sang, du bruit, de la douleur. Chacun de mes réveils me force à faire face à la dure réalité, j'ai tué ma mère d'un accès de colère, d'un accès de folie. Je me suis tuée moi-même. J'ai beau essuyer mes larmes rien ne change.

J'ai beau descendre les escaliers aussi rapidement que je peux, elle n'est plus là en bas, elle n'y sera plus jamais. Je suis obligée de croiser le regards de mes frères qui se retrouvent avec un nouveau fardeau. Tout les lundis je ne suis plus la même, c'est un lundi qu'elle est partie, un lundi que je ne peux oublier. J'ai l'impression d'être maudite, de ne pouvoir faire un pas dans cette maison sans être blâmée. Même les meubles me détestent.

C'est lors d'un nouveau lundi que tout a changé. J'avais l'impression de vivre dans une autre dimension, je me tenais face à mon miroir, mes pieds au milieu des morceaux de verres brisés. J'avais brisé ma couronne, Albus m'avait abandonné pour ses rêve de grandeur, ne revenant que parce qu'il en été obligé. Et Abelforth, j'entends sa voix d'ici. Il est obligé de se battre avec ses amis pour moi. J'ai tout gâché, comme toujours. Comme dans un songe, comme dans un rêve j'avance lentement sans faire attention à ce qui m'entoure. Je passe entre mon frère et son ami comme s'ils n'étaient pas là, je passe derrière Albus comme s'il n'était qu'un fantôme. Je suis un monstre, je n'ai pas besoin de son regard plein de reproches pour le comprendre. Jamais il ne me pardonnera, jamais je ne me pardonnerais. Sans que j'ai vraiment compris, ma main est sur la poignée, la porte du jardin est ouverte. Comme une enfant en mal de liberté je claque la porte et je cours, je cours.

« S'il te plait .. »

Mon cri s'étouffe dans mes larmes et je me laisse tomber à genoux, l'herbe caresse mes jambes avec douceur. S'il te plait. Je n'ai même plus la force de murmurer pour moi même.

« Tu m'as promis que tu m'emmènerais loin, si loin que les problèmes ne pourrais plus m'atteindre. Si loin que .. je ne pourrais plus faire de mal à personne. »

Mon cœur se compresse dans ma cage thoracique, je sais qu'il est là, qu'il est derrière moi et qu'il attends en silence. Je veux juste qu'il tienne sa promesse.

« Tu m'as promis .. Tu m'as promis. »

C'est à ce moment là que j'ai sentit ses bras m'entourer, avant de m'allonger sur l'herbe fleurie. Il caressait mes cheveux, me chantant quelques paroles de chansons qu'il trouvait apaisante. Je savais qu'il tiendrais sa promesse, alors il me serra dans ses bras, extirpant mes souvenirs du bout de sa baguette. Il y eu un éclair vert, si vif que je n'eu même pas le temps de l'entendre me dire..

« Tu es si belle quand tu dors. »