Je tenais d'abord à remerciez celles qui m'ont laissé des reviews, du coup, je me suis dit que même si je ne maîtrisais pas tout à fait le sujet, ça devait être quand même ps mal au vu des commentaires que j'ai eut^^ Surtout, si l'envie vous en reprends, ne vous gênez pas, d'ici là, Bonne Lecture!

Chapitre 2

Alcool & Doutes

Shinpachi ouvrit doucement les yeux. Le chant matinal des oiseaux gazouillants dans les branches basses des sakura et des arbres de soie qui prédominaient dans le jardin intérieur le fit sourire. Les rayons du soleil perçaient doucement le mur fin de sa chambre et s'il n'avait pas été certain de se faire surprendre par un frère d'arme, il serait bien sortir dehors complètement nu. Il lui sembla soudain ne pas avoir si bien dormi depuis une éternité, les deux longues semaines de marche qu'il avait du supporter avant de franchir les portes d'Aizu avait effrité non seulement son corps mais aussi son esprit. C'est avec un calme surprenant qu'il se leva silencieusement de sa couche, se rappelant au passage qu'il n'était pas seul dans la pièce et s'apprêta à réveiller son compagnon quand…

'' Sano-san…''

Le nom avait été murmuré entre la crainte et le désespoir, et pour cause, l'endroit où il avait supposé que son ami s'allongerait pour la nuit, était complètement vide. Pas une seule trace de son passage… Avait-il rêvé? Sano avait-il trouvé un autre endroit où dormir? Impossible! Il était convaincu de l'avoir entendu s'affairer dans la chambre alors qu'il sombrait lentement dans un sommeil post-orgasmique. Mais peut-être était-ce cela? Dégoûté par son attitude, Harada avait peut-être tout simplement quitté sa chambre de peur qu'il ne lui demande quelque chose…mais quoi? Certain qu'il devait y avoir une explication, Shinpachi s'habilla rapidement, ne prenant avec lui que son wakisashi, et partit à la recherche de son compagnon.

'' Bon matin Nagakura-kun, le salua un grand homme brun qui sortait d'une des chambres de l'aile qu'ils partageaient.

- Bon matin Kondo-san, lui renvoya poliment Shinpachi en s'inclinant avant que son regard ne se fasse plus insistant. Vous n'auriez pas vu San-san par hasard?

- Il s'est levé très tôt ce matin et…, dit-il avant de s'arrêter brusquement. Ne sortait-il pas justement de votre chambre?, demanda-t-il avec un léger sourire devant la soudaine rougeur qui colora les joues de l'autre.

- Ce…ce n'est pas ce que vous croyez…Kondo-san, il…

- Ce n'est pas grave Nagakura-kun, le coupa-t-il en souriant de plus belle devant son léger malaise. Je n'ai pas vu où il était allé, reprit-il un peu plus sérieusement, je suis désolé.''

Après un bref salue à son supérieur, Shinpachi reprit son chemin, se maudissant lui-même de son trouble grandissant dont il ne parvenait pas à connaître la cause. Que lui avait-il pris de bafouiller ainsi devant son Commandant? On aurait cru voir une jeune fille prise par surprise d'avoir vu en cachette son amant. Son amant? Mais qu'est-ce qu'il racontait là! Sano n'était pas son amant, ce n'était pas parce que, dans un moment de faiblesse dû à une trop grande tension sexuelle, il s'était imaginé une personne lui ressemblant qu'il le désirait lui. Et d'abord, pourquoi est-ce qu'il pensait à cela? Il était simplement partit à la recherche du frère d'arme qui aurait encore dû se trouver dans sa chambre au moment de son réveil. Et puis, Hijikata-san n'avait-il pas dit hier soir que des espions ennemis avaient été infiltrés dans la ville? Harada était peut-être au prise avec l'un d'eux à l'heure qu'il était donc son inquiétude de ne pas le trouver était fondée, du moins…pour lui en tout cas.

Plus il approchait de la partie centrale du temple, plus le sang battait à ses tempes. Pourquoi, bon sang, ne le trouvait-il pas? On ne pouvait pas, en à peine deux heures, disparaître ainsi sans laisser de trace. Un éclat de rire familier le fit s'immobiliser et rebrousser chemin; cette voix, ce velouté ne pouvait appartenir qu'à une seule personne, celle qu'il cherchait désespérément depuis plusieurs minutes déjà. Dans un coin reculé d'une pièce commune, heureusement peu bondée, Sanosuke riait aux éclats en compagnie d'Heisuke. Pas un instant, Shinpachi ne songea à regarder qui se trouvait autour et se dirigea à grands vers son ami, le visage crispé par la contrariété.

'' Non mais ça va pas la tête?, l'apostropha-t-il alors que le grand roux le regardait avec un œil suspicieux.

- Hein?, fut tout ce qu'il pu répondre avant qu'une véritable furie ne se transforme devant lui.

- Pas déjà content de me fausser compagnie au réveil, tu pars sans rien dire, sans un mot en emportant toute trace de vie avec toi!, s'énerva soudain le brun.

Un nouvel éclat de rire retentit à nouveau et fit retomber d'un coup toute la pression qui avait jusque là envahit l'homme aux yeux bleus. Il se rendit enfin compte du spectacle pitoyable qu'il donnait en adoptant une attitude si puérile. Pourquoi avait-il l'impression qu'il aurait très bien pu s'agir d'un vieux couple se disputant pour des bêtises? Heizuke se moqua bien de ces deux partenaires et au vu de la lueur d'amusement qui miroitait dans le regard du rouquin, la scène le faisait aussi bien rire.

-Vois-tu, mon cher Shinpachi, certain d'entre nous n'ont pas le loisir de dormir jusqu'à tard car il faut bien que quelqu'un s'occupe de la patrouille n'est-ce pas, le piqua un peu Harada avec un grand sourire.

- Oh la patrouille!, fit Shinpachi. C'était ce matin?

- Pour moi oui, répondit le plus grand.

- Je dois y aller après le dîné, annonça alors le plus jeune du trio.

- Et moi…je crois que je vais devoir chercher Saito-san qui garde toujours les ordres d'Hijikata-san sur lui n'est-ce pas?, demanda à nouveau Nagakura.

- Après le souper.

- Hein?, répondit très intelligemment le brun.

- Ton tour de garde sera après le souper, reprit Sano.

- Comment tu le sais, demanda alors son camarade soupçonneux.

Le silence lui répondit et Shinpachi ne s'en trouva que davantage troublé. Pourquoi Sano connaissait-il son horaire de garde? Lui portait-il un intérêt particulier? Il se serait bien frappé d'avoir eut une telle pensée si seulement il avait été seul. Par tous les diables, que lui prenait-il ce matin? D'abord insinuer que Sano était son amant devant Kondo-san et là, penser qu'il pouvait avoir un intérêt quelconque pour lui? Non mais franchement, il avait besoin d'un bon coup sur la tête ce matin.

- Puisque l'interdiction de sortie est levée, je pensais qu'on pourrait aller s'amuser un peu ce soir, non?

- AHAHAHAH, s'esclaffa soudain le brun en ne récoltant que des regards ahuris de la part des deux autres. Toute cette histoire, reprit-il plus calmement, pour m'inviter à sortir. Je suis flatté Sano-san.''

L'incompréhension qui se lisait sur leurs visages n'en était qu'encore plus drôle et Shinpachi dû se faire violence pour ne pas à nouveau éclater de rire. Au lieu de quoi, il entraîna ses amis à sa suite vers la salle commune où le repas du matin allait être servi sous peu. Chizuru seule assurait le service et ses premières attentions furent, bien entendu, pour les hauts dirigeants du groupe; Kondo et Hijikata. Voyant cela, Shinpachi ne résista pas à la tentation de charrier son supérieur.

'' Vous devriez prendre garde, Hijikata-san à ce que Kondo-san ne s'habitue pas trop à recevoir de telles attentions de la part de votre tendre moitié, il pourrait lui aussi vouloir une petite femme à ses soins, lança-t-il à la ronde en récoltant bien entendu quelques rires de la part de ceux qui étaient à portée d'oreille.

Hijikata en échappa ses baguettes alors que Sôji semblait virer au rouge sous l'insulte camouflée; qui de mieux que lui pourrait prendre son de son précieux maître? Il n'avait pas besoin d'une femme alors qu'il l'avait lui! Kondo, pour sa part, éclata d'un rire franc en tapotant affectueusement l'épaule de son ami de toujours.

- Je devrais t'interdire de manger pour un tel affront Nagakura, siffla-t-il en omettant volontairement tout suffixe, signe évident de sa colère contenu.

- Le Vice-Commandant dans sa grande colère a peut-être oublié que les valeureux guerriers doivent se nourrir s'ils souhaitent mener à bien leur mission, aussi, serait-il peut-être plus judicieux de le priver de sortie, murmura sournoisement Saito, assis à sa gauche.

- Allons Hajime-kun, intervint Kondo. Je crois bien que Nagakura-kun aurait eut raison si je ne prenais pas davantage Chizuru-chan comme ma fille et si je n'avais pas eut à mon service quelqu'un d'aussi dévoué que Sôji, déclara-t-il en ne manquant pas le regard fier que lui adressa son élève. De plus, je crois que nos hommes ont bien mérité de prendre un peu de bon temps.

- Mais qu'est-ce que je deviens si tous mes ordres sont discutés de cette façon, maugréa Hijikata avant de replonger le nez dans son bol de riz.''

L'heure du repas tira à sa fin et les hommes repartirent l'un après l'autre à diverses occupations; certains partirent patrouiller alors que d'autres s'entraînaient sous l'œil vigilent de Saito. La journée se déroula sans autre incident majeur et vint l'heure du dîner qui se déroula, cette fois-ci, avec beaucoup plus de calme que le déjeuner. Il faisait bon vivre lorsqu'on avait un toit sur la tête et un plancher sec où s'asseoir, peu à peu, les tourments du long voyage effectué pour se rendre au village s'effaçaient dans l'esprit du Shinsengumi. Une fois le repas terminé, tous retournèrent à leurs précédentes occupations et Shinpachi se permit de retenir un peu plus longtemps ces deux amis.

'' Oy Sano-san, appela le brun alors que son compagnon se dirigeait vers la sortie. On amène Heizuke-kun avec nous ce soir?

- Bien sur, renchérit l'interpellé. Sur qui d'autre pourrions-nous compter pour nous casser les oreilles avec l'heure du couvre-feu.

- Qu'est-ce que tu veux dire?, réplique Heizuke. Que je ne sers qu'à vous casser les oreilles?

Les fous rires retenus de ces deux compères ne passèrent pas inaperçus et le jeune homme brun fit la moue devant leurs airs hilares.

- Tu sais bien que je ne le pense pas vraiment, répondit Sano en étreignant ces épaules en une accolade fraternelle. Ce soir, plus de privation, que du plaisir et du bon temps ça nous fera du bien, continua-t-il en lâchant prise sur le plus jeune.''

Ce dernier rejoignit quelques instants plus tard les hommes qui constituaient son équipe de patrouille et ces frères d'arme le regardèrent partirent en souriant; c'est qu'il avait rapidement grandit ce petit bout d'homme et même s'il restait le plus gamin d'entre tous, il se montrait parfois sous un jour que peu lui connaissait, celui de l'homme, le vrai. Celui-là même qui est prêt, quelque soit la situation, à se sacrifier pour le nom qu'il porte avec honneur, celui su Shinsengumi.

Décidant de surveiller les travaux de réparation de sa chambre, et d'aider si le besoin était, Sanosuke s'y dirigea, son éternel compagnon sur les talons. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir la pièce dans le même état que la veille si ce n'était l'eau du plancher qui avait disparue. Intrigués par un tel manquement à la parole de leur supérieur, les deux hommes partirent à la recherche du principal concerné, sachant très bien qu'il ne travaillerait pas encore dans sa chambre à l'heure qu'il était. Ils le trouvèrent dans un petit salon en compagnie de Kondo et Itô à qui Chizuru desservait le thé. En apercevant les nouveaux venus, l'homme sournois ne manqua pas de faire remarquer au Vice-Commandant qu'il semblait bien en demande pour le peu de reconnaissance dont il faisait preuve à ses hommes et d'éclipsa en ayant à peine salué.

'' Harada-kun, Nagakura-kun, les salua Kondo. Que nous vaut l'honneur de cette visite?

- Je souhaitais simplement demander à Hijikata-san les raisons pour lesquelles les ouvriers n'ont pu se rendre à ma chambre pour y réparer le mur endommagé par la tempête d'hier soir, répondit le roux en se relevant après l'avoir salué.

- J'en suis désolé Harada-san, le message n'a pas du se rendre jusqu'aux hommes du village…peut-être était-ce parce que j'étais trop occupé avec, comment avez-vous dit Nagakura-san?, ma tendre moitié? Dans la mesure où vous avez pu convenablement dormir à deux dans une seule pièce, je ne vois pas pourquoi, pour une nuit de plus, sera serait impossible, n'est-ce pas?

- Bien entendu, Hijikata-san, répondit Sano en le saluant à nouveau, entraînant un brun rougissant à ses côtés.

Conscient qu'il était le seul et unique responsable du châtiment de son ami, Shinpachi bafouilla quelques mots en guise d'excuses alors que son compagnon éclatait de rire.

- Ne t'en fais pas, Shinpat-san, ce ne sera pas la première fois et bourré comme on risque de l'être, il n'y aura aucune différence à d'habitude, rigola-t-il en l'amenant à l'extérieur pour s'entraîner un peu avec les recrues.''

Après l'heure du souper, ce fut au tour de Shinpachi de partir en patrouille avec ces hommes et ne se fit pas prier, certain que plus tôt il partait, plus tôt il reviendrait pour sa soirée en ville. Peut-être était-ce justement pour cette raison qu'il trouva que le temps semblait s'éterniser et il fut très heureux lorsqu'il croisa la patrouille qui prenait le relais après la sienne. Il salua à peine ses hommes avant de se rendre au temple où l'attendait certainement Sano et Heizuke. Ce dernier se permit même de le charrier avec le fait qu'il se faisait vieux et que c'était pour cette raison qu'il était en retard, il n'avait plus, selon lui, la vigueur de la jeunesse.

Ils entrèrent dans un des nombreux salons de thé de l'endroit qui, à la tombé de la nuit, se transformait peu à peu en petit bordel pincé. Une table et trois chaises plus tard, ils en étaient déjà à leur deuxième bouteille de sake quand Shinpachi commença à grouiller sur sa chaise. Un coup d'œil aurait suffit à quiconque pour s'apercevoir qu'il ne semblait pas dans son assiette mais ces deux amis étaient bien trop occupés à faire la fête pour s'en rendre compte.

'' Dis-moi Sano-san, n'en auras-tu pas un jour assez de tout ça, demanda soudain Nagakura la voix un brin éraillée.

- Mais de quoi est-ce que tu me parles, demanda à son tour son ami en vidant sa coupe de sake.

- De ça, dit le brun en désignant la coupe puis avec un geste vague à l'ensemble de la salle. De tout ça.

- Quoi? Le sake? L'amusement? Les femmes?

- Précisément, insista-t-il, les femmes!

- Shinpat-san fait dans le mélodrame, rigola Heizuke déjà plus qu'éméché. Qui pourrait bien se passer de femmes?

- Si tu me demande ça c'est que tu dois t'être questionné. Toi, tu en as assez? Qu'est-ce qui ne va pas Shinpachi? Un coup qui a mal tourné?, demanda-t-il en enlaçant les épaules de son ami pour l'approcher de lui. Ou est-ce que tu as soudainement envie de te faire dominer, termina-t-il en plongeant son regard dans le sien.''

La situation était on ne peut plus étrange pour quiconque regardait et connaissait les deux hommes; Sano saisissant son compagnon par les épaules, son visage tout près du sien et leurs regards soudés l'un à l'autre. Un certain malaise semblait s'être emparé du brun au moment où son corps s'était brusquement rapproché de celui de son ami et si son visage n'avait pas déjà été rougi par l'alcool, on aurait très bien pu voir son trouble. Une bouteille renversée sur la table basse où ils se tenaient assis rapporta l'attention des deux autres sur Heizuke qui se bidonnait d'une blague qu'il semblait être le seul à avoir entendu.

Les deux hommes se séparèrent mais la chaleur qui habitait désormais les reins de Shinpachi ne semblait pas vouloir s'en aller pour autant. Ils burent une autre bouteille avant de décider de rentrer au Q.G, cette fois, pas tellement en retard sur l'heure du couvre-feu. Le trio ne fit toutefois pas dans la discrétion lorsqu'il franchit la porte du temple à rire aux éclats alors que tous s'étaient installés pour la nuit. Heizuke fut largué dans sa chambre avant que les deux autres ne poursuivent leur route jusqu'à l'aile qu'ils partageaient à six, à l'autre bout du temple. Malgré leur état d'ébriété assez avancée, une chose semblait avoir été enregistrée assez profondément dans l'esprit des deux hommes; ils dormaient dans la même chambre ce soir.

'' Dis Shinpat-san tu étais vraiment sérieux quand tu disais ne plus vouloir de femme, demanda Sano alors qu'il se défaisait tant bien que mal de ses habits de la journée pour enfiler ses vêtements de nuit.

- Je sais pas, répondit le brun en se tournant vers son ami avant de se figer.

Le rouquin lui faisait face, simplement vêtu d'un pantalon dont les courroies avaient été desserrées, et s'approcha de lui à pas lents. Pourquoi, bon sang, son corps refusait-il de lui obéir? Il ne pouvait plus bouger, il ne pouvait rien faire si ce n'est se régaler de la vision sublime que lui offrait son partenaire. Il sentit quelque en lui s'animer brusquement et une chaleur familière l'envahit peu à peu.

- Je sais pourtant quelque chose, reprit le lancier avant de s'immobiliser à quelques pas de l'autre, plongeant son regard dans le sien. Tu dois certainement vouloir te faire dominer pour avoir murmurer mon nom la nuit dernière…

L'étincelle due au sake sembla soudain avoir disparu de son regard et Shinpachi déglutit difficilement à l'idée que son secret avait été mis à nu. Oui, la veille, en se libérant de la tension accumulée au court du trop long voyage, il s'était imaginé, volontairement ou non, une personne en tous points conformer à celle qui se trouvait désormais devant lui. Il ne pouvait plus le nier, pas plus que cette étrange envie qui le travaillait depuis quelques semaines déjà.

- J'aimerais…essayer, murmura-t-il en priant de toutes ces forces qu'il ne se souvienne de rien le lendemain.

Sano le regarda, un instant étonné, avant que ses yeux ne s'allument d'une lueur étrangement fiévreuse. Il profita de l'effet que sa petite tenue avait sur Shinpachi pour franchir le dernier pas qui les séparait et se pencha lentement sur son visage, s'arrêtant au moment où leurs nez se touchèrent.

- Tu vas avoir mal, murmura-t-il d'une voix qu'il voulut tout de même douce. Il est encore temps d'arrêter.

- Je suis un homme, répondit le brun en se demandant bien où il puisait encore la force de pouvoir parler si clairement. La douleur ne me fait pas peur et je ne reculerai pas.

- Alors embrasse-moi au lieu de causer, répliqua Sano un brin moqueur.''

Ce qu'il fit sans plus attendre. Les lèvres de Sano étaient…KamiSama qu'elles étaient délicieuses. Léger mélange de sake ingurgité plus tôt dans la soirée et d'un parfum musqué mais loin d'être désagréable, elles avaient douces et pleines et…Shinpachi cessa d'un coup de penser, une main s'était lentement glissée jusqu'à sa nuque pour y caresser la racine de ses cheveux, lui procurant ainsi un long frisson qui descendit jusqu'à ses reins. Il se détacha à regret de son compagnon, le souffle coupé, les yeux hagards et le corps en ébullition. Sanosuke devait certainement se trouver dans le même état que lui à en juger par la déformation très prononcée de son pantalon de nuit et Shinpachi se surprit à sourire bêtement en se disant que ce serait sa première fois…avec un homme du moins.

'' Tu pourrais commencer par te déshabiller Shinpachi, déclara l'autre qui avait sans doute sentit son trouble face à la situation.

- C'est que…je sais pas trop comment faire, répondit le brun.''

Il parlait bien entendu des méthodes à adopter face à une telle situation mais il sembla le seul à comprendre le sens de sa phrase car Sano eut un fou rire mal camouflé avant d'ouvrir en grand les pans de sa veste sans manche pour l'en débarrasser. Ses mains coururent un instant sur la peau frissonnante des bras de son ami pour finalement lui retirer son fameux chandail mauve ouvert jusqu'au nombril. Cette fois, il s'attarda plus longtemps sur le torse de Shinpachi en se demandant bien comment il avait fait, tous ces mois durant pour ignorer une telle beauté. Il n'avait rien d'accrocheur comme Saito et ces grands airs ou encore Sôji et sa délicatesse non…c'était quelque chose, oui quelque chose de sauvage dans son regard. La façon même dont lui parlait son corps à cet instant précis relevait davantage de la bestialité que de toute autre chose et ce regard le brûlait, oui il le consumait littéralement sur place. Surtout, continuer ce qu'il faisait, ne pas trop s'attarder à ce regard d'un bleu profond qui lui faisait perdre la tête.

Il se saisit alors de la ceinture qui retenait fermement le pantalon de son futur amant et fit lentement descendre le tout au sol. Le petit sourire qui corna alors les lèvres de Sanosuke montra à Nagakura qu'il devait apprécier ce qu'il voyait, par conséquent, lui, nu…ou était-ce son érection douloureuse qui pointait fièrement vers le ciel? Il opta pour le deuxième choix lorsqu'il vit son compagnon s'agenouiller devant lui et avancer une main légèrement tremblante vers cette zone particulière de son corps. Une chose toutefois lui parut très clair, au vu du nombre indéterminable de verre de sake qu'il avait avalé ce soir, il se doutait bien que dans moins d'une heure il lui serait désormais incapable de se tenir debout et encore moins éveillé. Aussi, c'est avec regret et appréhension qu'il arrêta l'élan du rouquin.

'' Pas de ça, dit-il en agrippant doucement son poignet et en l'incitant à se relever. Fais-le maintenant.

- Tu es sur?, demanda l'autre visiblement incertain de vouloir continuer.

- Oui. Sano prends-moi…je peux plus attendre, supplia-t-il avant d'embrasser goulûment les lèvres du lancier en se pressant contre son corps.''

Celui-ci poussa gentiment le brun jusqu'à la couche, leurs lèvres toujours scellées, et s'accroupit en même temps que lui pour finalement s'allonger à ses côtés. Il tenta une dernière fois de prendre en main le membre de Shinpachi mais le regard impatient et suppliant qu'il rencontra l'en dissuada. Il lui ferait mal c'était assuré mais aussi douloureuse soit-elle, il devait respecter sa parole et donc abréger les préliminaires. Une chose lui semblait pourtant inévitable pour minimiser les souffrances de son camarade, il détourna donc son attention en l'embrassant fougueusement alors que sa main glissait lentement mais sûrement jusqu'à ses fesses. Un gémissement lui parvint lorsque sa main frôla le sexe tendu et il ne pu s'empêcher de sourire à l'idée que c'était lui et lui seul qui lui procurait un tel effet.

Le rouquin fit jouer un moment ses doigts le long de la verge avant de descendre plus bas pour y titiller l'entrée de son intimité. Sous les grognements de Shinpachi, il accéléra la chose et le pénétra lentement du bout du doigt mais alors qu'il s'apprêtait à l'enfoncer un peu plus, une main saisit la sienne pour la retirer. Les yeux bleus rencontrèrent les siens.

'' T'es malade!, s'exclama Sano. Si tu refuses ça tu auras vraiment mal!, insista-t-il.

- À toi de me couvrir pour demain. Trouve une excuse pour Hijikata-san, rigola le brun avant de se redresser un peu pour caresser l'entrejambe de son partenaire à travers le tissu de son pantalon de nuit. Pour l'instant, reprit-il d'une voix enrouée par le désir, tout ce que je veux c'est toi.''

Était-ce la voix, le regard brûlant de désir, le corps nu à ses côtés ou le fait que ce soit bien Shinpachi Nagakura qui venait de lui dire qu'il ne désirait que lui… Sanosuke eut un frissonnement d'excitation et retira sans plus attendre son dernier vêtement. Une fois fait, il s'allongea doucement sur le corps de son ami, prenant bien soin de ne pas le faire suffoquer sous son poids et entama un simple roulement de bassin qui fit se frotter leur membre respectif. De gémissements de plus en plus prononcés fusaient maintenant de la bouche entrouverte du brun qui du, une fois de plus, prendre son mal en patience. Pourquoi le faisait-il languir de la sorte? Ne voyait-il pas qu'il était complètement sous l'effet du sake et qu'il risquait d'un moment à l'autre de plonger dans un sommeil forcé? Et pourquoi, bon sang!, était-ce si bon de le sentir tout contre lui?

Il bougea lui aussi des hanches, faisant se rencontrer encore plus leur érection alors qu'il relevait ses jambes d'instinct pour mieux se présenter à son amant. Ce dernier eut un petit sourire devant l'impatience de Shinpachi et ne désirant pas le torturer plus longtemps, mouilla excessivement ses doigts pour s'assurer d'avoir un minimum de lubrification lors de la pénétration. Il se présenta là où il le fallait et respira profondément, scrutant les traits anxieux du visage sous lui avant de pousser doucement. Nagakura se raidit; il n'était pas encore entré mais le simple fait de le sentir appuyer contre lui était en soit assez déplaisant mais il était un homme non? Il l'avait dit alors il devait le faire, un samouraï ne revenait pas sur sa parole et la respectait coûte que coûte.

Sano du lire la détermination dans ces yeux car il continua doucement sa poussée jusqu'à sentir le bout de son membre en lui. Si étroit…si chaud…si seulement il pouvait se détendre un peu se serait plus agréable pour leur deux. Agissant par réflexe, le roux parcourut le corps offert à lui du bout des doigts, tentant par la même occasion de détourner l'attention de sa victime sur ses caresses et non sur la douleur. Il du toutefois se rendre à l'évidence, la souffrance qui déformait les traits de Shinpachi ne semblait pas diminuer avec le temps au contraire… Il n'y avait plus qu'une option.

'' Vas-y…d'un coup, murmura Nagakura qui avait lu dans ces pensées.

- Je ne veux pas te faire de mal, répondit tout aussi doucement son amant en caressant sa joue.

- C'est trop tard maintenant…fais-le Sano!''

Sans réfléchir davantage, il s'exécuta, poussant d'un long et seul mouvement jusqu'à ce qu'il s'ouvre pour lui. Le cri de douleur qui franchit alors les lèvres de Shinpachi le fit frissonner d'horreur à l'idée que ce soit lui le responsable d'un tel mal. Haletant, il resta immobile un long moment, ses yeux cherchant ceux brûlants de larmes du brun qui ne cacha rien de son état. Le temps parut s'arrêter; la douleur de l'intrusion, la présence dérangeante, le corps de Sano contre le sien, sa peau, son souffle sur ses lèvres, ces mains caressantes et ces yeux. Deux ambres dorés où se reflétaient ce miroitement cette étrange chose dans laquelle il se perdit un instant qui lui sembla éternité, qui l'apaisa lentement jusqu'à lui faire reprendre le contrôle de ses sens. Il devait bouger, maintenant!

Alors, dans un effort surhumain pour combattre la douleur, la fatigue et l'alcool qui voyageait encore dans son sang, Shinpachi replia ses jambes sur lui, rapprochant à l'aide d'une pression le corps qui le dominait, et souleva lentement ses hanches pour approfondir un peu plus le contact. Un cri fusa de sa gorge au moment où son corps se cambrait pour encore mieux ressentir…quoi? Le brun ignorait ce que c'était mais cette simple sensation parvenait à lui faire oublier la douleur, ce point enfouit en lui…c'était tout simplement divin. Sano se mit en mouvement, d'abord très lentement pour que le corps de son amant puisse s'habituer à lui puis, au bout de quelques minutes, un peu plus vite. Les gémissements qui lui répondirent alors l'encouragèrent à continuer son va-et-vient et ses mains s'emmêlèrent dans les mèches courtes de celui à qui il faisait découvrir ces plaisirs.

L'ondulation de ses hanches se fit de plus en plus prononcée tout comme les plaintes à mi-chemin entre le plaisir et la douleur de Shinpachi qui ne cessait pourtant pas de l'embrasser. Ces mains avaient depuis longtemps trouvé le chemin de son dos qui subissait courageusement les empoignades et les griffures alors que les siennes se contentaient de lui caresser le visage, doucement, passionnément comme il aurait aimé lui faire l'amour ce soir-là. Au lieux de quoi, il le baisait, tout simplement et malgré le terme pour le moins sale, il n'en était pas autrement car on ne pouvait vraiment faire l'acte que lorsque les deux personnes étaient consentantes et pas à moitié morte par l'alcool. Sanosuke accéléra la cadence, il n'en pouvait plus de cette tension dans son membre et il devait écourter la chose pour ne pas non plus que les gémissements trop sonores de son amant ne viennent à réveiller tout le Q.G.

Il plongea une dernière fois, accompagnant sa poussée d'un râle crispé avant qu'il ne se vide en même temps que Shinpachi. Celui-ci jouit violemment, pas le moins du monde ébranlé par le fait que c'était un homme, un frère d'arme de surcroît, qui lui avait permis un telle jouissance et c'est le regard brumeux et les yeux mi-clos qu'il embrassa une dernière fois Sano avant de sombrer dans un profond sommeil.