Il soupirait, comme à chaque fois qu'il se rappelle ses conquêtes. Jules César est assis dans son trône de marbre blanc. Las, il décide de se lever pour contempler les différents conseillers de son palais.
- Quelque chose vous tracasse, Oh, grand César ? ose demander l'un d'eux.
- Oui. J'ai conquis grâce à mon intelligence et la détermination de nos soldats toutes les terres possibles. Rome resplendit de grandeur, montrant notre supériorité à tous ces barbares.
- Il est vrai, grand César, que de plus en plus de ces barbares s'acclimatent et prennent de plus en plus notre vision que leur tradition fort bien désuètes.
- L'hégémonie de Rome est prévue pour durer indéfiniment. Et tout cela, grâce à vous.
- Il est vrai qu'avec lui, la splendeur de Rome rayonne tel un soleil.
Jules César commence à parler de lui à la troisième personne comme il aime. Ses conseillers semblent ravis. Puis, le visage de leur maitre s'assombrit à nouveau.
- Notre hégémonie serait totale s'il n'y avait pas ce village gaulois qui remet en cause indéfiniment notre main mise ! médit-il avec agressivité. A cause d'eux, plusieurs autres villages dans d'autres royaumes conquis ont continué à nous résister. Si seulement nous pouvions nous en débarrasser de manière définitive. Avez-vous des idées, conseillers ?
- Nous pourrions construire des immeubles à proximité pour leur prouver notre savoir-faire et notre culture ?
- Déjà tenté et l'ingénieur en question est parti en Egypte. (1)
- Pourquoi ne pas les faire se monter les uns contre les autres ?
- Cela a déjà été tenté. Et cela s'est même retourné contre nous. D'ailleurs Detritus est toujours en cavale. (2)
- Alors, Oh grand César, ne pas juste faire disparaitre toutes traces de leur existence ? Ainsi, ils seraient effacés de l'histoire.
- Hélas non. Ils ont réussi à faire passer par leurs druides toutes mes conquêtes échouées envers eux. Bonus Promoplus paie encore son échec d'avoir fait fuiter ces informations sensibles. (3)
- On pourrait préparer une course et démontrer le savoir-faire de nos coursiers, Oh, grand César.
- Il n'en est pas question ! cri-t-il. Dois-je vous rappeler les résultats de la dernière ? J'ai dû mettre de ma propre personne pour racheter l'honneur de Rome que Bifidus avait jeté dans la boue. (4)
- Pourquoi ne pas essayer de trouver ce griffon qui pourrait détruire le village ?
- Nous n'avons plus de nouvelle du groupe parti pour le capturer, répond César, irrité d'avoir gaspillé de l'or pour une expédition perdue. (5)
Les conseillers ne font plus de propositions ouvertes et discutent entre eux, essayant de trouver une idée. Jules César redevient las. ''C'est toujours la même chose. Quoi que nous fassions, ce village arrive à se sortir de toutes les situations. Même quand nous les avions capturés, ils ont réussi à s'en sortir (6). Toujours à cause de ce trio infernal, Astérix, Obélix et Panoramix. Si seulement nous pouvions acquérir quelque chose qui dépasse l'entendement.''
Devant sa réflexion, il décide de se réinstaller sur son trône. Un silence presque totale se crée, si on excepte les discussions à basses voix des sénateurs.
Soudain, un garde arrive en courant, distrayant tout le monde, et faisant quitter sa réflexion à César. Il s'arrête devant lui.
- Salutation, Oh Grand César, s'exprime le garde.
- Qu'y-a-t-il pour nous déranger dans notre réflexion ?
Alors qu'il lui pose la question, le visage du garde est blême et il transpire à sure gouttes. Il semble même effrayer.
- Un…Un étrange individu demande à vous voir. Il aimerait vous proposer une offre que vous ne pourriez refuser.
- Tient donc…Amenez-le moi. Si cela peut être utile, je verrais. Dans le cas contraire, il ira au cirque nourrir les lions pour m'avoir fait perdre mon temps.
Le garde repart en courant. Quelques instants plus tard, le même garde revient, escortant l'homme voulant proposer son aide. Il est grand, habillé d'une robe de cérémonie violette et tient dans sa main gauche un bâton surmonté d'une tête de taureau. Il a des cheveux noir coupé court et des yeux noirs jais.
L'arrivée de l'individus impose de manière presque surnaturelle le silence. Il arrive devant Jules César. Il s'incline humblement devant lui avant de s'exprimer.
- Je vous salue, Oh Grand César, conquérant des mondes connus.
- Oui, oui, je connais la chanson, lui répond agacer César. Dis-moi qui êtes-vous et si je ne perds pas mon temps inutilement.
- Vous ne le perdrez, Oh César. Je me présente, je me nomme Hyapadcros. Je suis venu pour vous proposer mon aide pour un problème que vous trouvez insoluble.
- Je constate que même de parfait inconnu connaissent les soucis que nous posent ce village maudit. Que propose-tu, Hyapadcros pour résoudre ce problème ?
- J'ai avec moi une créature qui réduira, si je puis dire, ce village en cendre. Il se trouve devant votre palais. Il effraie vos gardes.
- Intéressant. Faite donc passer cette créature. Que nous puissions savoir si tes paroles sont vraies.
Hyapadcros sort une petite flute et souffle dedans. Aucun son n'en sort. Puis, des bruits sourds et lourds commencent à résonner dans le palais. Les bruits ressemblent à des bruits de pas. A chaque pas, le sol tremble. Finalement, ladite créature se montre. Elle est imposante. Jules César semble plus surpris qu'effrayé.
- Un dragon, s'exclame-t-il. Pourtant, ils ne sont que le fruit que de l'imagination de pauvres et ignorants sauvages.
- Il est vrai, grand César. Cette créature ne provient pas de chez nous. Je les amené. Avec elle, vous pouvez déjà oublier ce village.
- Vous arrivez à la contrôler ? Êtes-vous un druide ?
- Ne m'insulter pas, je vous prie. Je ne suis pas comme ces petits joueurs. Je suis plus que ça. Je suis un atlante.
- Atlante…Alors cela veut dire que la légendaire Atlantide relaté par Platon existe vraiment ? (*)
- Tout à fait. Est-ce que j'ai conquis votre intérêt ?
- Oui. Mes conseillers vont te donner un parchemin que tu pourras donner aux garnisons retranchées.
- Je vous remercie. Sinon, il faudrait que vos conseillers arrivent à me le donner, annonce Hyapadcros avec un soupçon d'amusement.
Jules César se rend compte que tous ses conseillers et le garde sont derrière son trône, agglutinés les uns contre les autres, totalement terrifiés.
- Je vous ordonne de cesser cette attitude déshonorante.
- Mais Oh grand…
- Silence ! Vous lui faite ce parchemin ou vous faite tous un tour aux jeux du cirque.
Cela suffit à les motiver et un parchemin officiel est remis à l'atlante. Une fois en main, il part, accompagner de sa créature. César sourit de joie.
''Enfin ce maudit village va disparaitre. En plus, avec les cendres, on pourra le transformer en une zone agricole très productive. Une pierre deux coups comme on dit.''
(1) : Voir Astérix et le domaine des dieux
(2) : Voir Astérix et la Zizanie
(3) : Voir Astérix et le Papyrus de César
(4) : Voir Astérix et la Transitalique
(5) : Voir Astérix et le Griffon
(6) : Voir le film Astérix chez les indiens
(*) : Véridique
