Chapitre 2 : Chacun sa vie

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POV Edward :

Je n'avais pas pu m'empêcher de poser mes lèvres sur les siennes. Elle était tellement jolie lorsqu'elle était en colère. Le fait qu'elle ose me répondre m'avait terriblement excité mais le pire c'est qu'elle avait raison, toute à l'heure je l'avais repoussé si froidement… mais c'était dans le seul et unique but de ne pas craquer parce que j'avais eu un véritable coup de foudre pour elle. Elle s'était installée au fond de l'amphi mais je pense que c'était plus par discrétion que par fainéantise parce qu'elle avait vraiment l'air d'une élève sérieuse. Lorsqu'elle m'avait ramené sur terre, j'étais vite parti pour ne pas craquer une nouvelle fois. Je ne le devais pas, elle était une élève et moi son prof de droit merde. Autrement dit selon la déontologie, nous étions incompatibles. J'avais embrassé ma belle brune mais je réalisais soudainement que je ne connaissais même pas son prénom…

Pour l'après-midi j'avais cours en Travaux dirigé (TD) avec deux groupes de cette classe. Sur six groupes de TD, j'en avais trois et mon collègue Mike Newton en avait trois aussi. J'avais donc 50 % de chance qu'elle soit dans un de mes groupes et que je puisse enfin connaître son prénom.

J'avais mangé très sommairement à la cafétéria en préparant mon premier TD. Par la suite, j'avais appelé ma mère. Premièrement pour la rassurer mais pas seulement… c'étais aussi dans le but d'égayer mon après-midi grâce à la douce voie mélodieuse de ma princesse.

-Maman c'est Edward. Est-ce que tout va bien pour vous ? Lui demandais-je futilement.

- Oui mon chéri et toi ? Ta première matinée ? Me reprit-elle.

-Euh … Oui pour une première, même si ma réputation de peau de vache sans scrupules me précède. Riais-je.

-C'est quoi cette histoire ? Me demanda-t-elle.

-Je te raconte ce soir. Carlie est dans les parages ? Réclamais-je mon rayon de soleil.

-Voui… Retentit sa petite voix au bout du fil.

-Bonjour ma princesse c'est papa. T'es sage avec mamie ?

-Hum… je qois (crois) oui, on a fait un cato (gâteau) au cocholat. Tu (r)ent(r)e bientôt ? Me demanda-t-elle.

-Oui, je rentre tout à l'heure après ta sieste. Lui expliquais-je.

-Moi veux tu (r)ent(r)e ti (tout de) suite. Me dit-elle sur un ton autoritaire.

-Ce n'est pas possible, je dois travailler pour ramener les sous à la maison. Lui dis-je.

-Mouais…Fut tout ce qu'elle dit et elle raccrocha. Ma petite capricieuse boudait désormais. Même si ça me faisait mal, je savais qu'elle était aussi têtue que je ne l'étais et que si je la rappelais, elle refuserait de me parler.

Je me résignais à laisser ma princesse faire la tête et partit pour mon cours de TD. J'entrais dans la salle 208 qui était pleine à craquer. Les étudiants ou plutôt devrais-je dire les étudiantes s'étaient bousculées pour être dans ce premier groupe mais il y en avait une seule que moi je voulais voire, ma jolie brune. Après un examen minutieux de la salle, je ressentie de la déception en constatant qu'elle n'était pas là. Je devais cependant assurer mon cour pour les autres élèves. Pendant une heure et demi, je leur expliquais le fait de la responsabilité personnelle et recommença à l'identique pour le groupe d'après qui n'était toujours pas marqué par la présence de ma jolie brune. Je donnais à mes étudiants une dissertation à faire pour la semaine prochaine. Il était tant que je rentre me faire pardonner auprès de ma princesse mais avant je passais à la boulangerie pour lui acheter un Kinder surprise : son pêché mignon et le pain pour ce soir.

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POV Bella :

En sortant de la fac, je me rendais à mon boulot. En parallèle, j'étais caissière dans une grande boulangerie où je faisais à peine 15 heures par semaines payés au minimum mais je prenais plaisir à travailler. Mon salaire et ma bourse ne me permettait pas de vivre aisément dans un appartement bien à moi. Parfois je dormais dans un foyer pour jeunes mais je m'y sentais très mal à l'aise donc la plupart du temps je vivais dans ma camionnette, un vieux pick-up Chevrolet rouillé. Depuis quelques années je n'avais pas vraiment d'autres choix que de survivre par mes propres moyens. J'avais pris la décision de quitter la maison quand je suis rentré en 1ère année de droit et avait coupé tous liens avec ma mère, enfin si on peut appeler ça une mère. Moi j'aurais plutôt dit une alcoolique qui se prend pour une mère. Je me souviens de mon cinquième anniversaire, on attendait que mon père rentre de sa traditionnelle partie de pêche pour que je puisse souffler les bougies et déballer mes paquets : Les bougies n'ont jamais été allumées et mes cadeaux à jamais emballés. Depuis ce jour où mon père est partit, Renée ne cessait de se saouler pour oublier sa douleur mais aussi pour oublier mon existence. Je lui avais facilité la tâche en partant et je n'avais jamais revue mon père depuis le matin de mon cinquième anniversaire. Je me posais tellement de questions sur son départ ? Qu'avais-je bien pu faire pour qu'il me laisse ? Lui qui disait m'aimer plus que tout. Je n'avais pas sentie mes larmes couler sur mes joues mais mon sweat était trempé. Je me rafraichissais vite fait à l'aide de lingettes et me recomposa un visage heureux avant d'entrer dans le commerce.

-Salut toi. Me salua ma patronne Emilie en me lançant un tablier.

-Bonjour, ça va Em ? Lui demandais-je.

-Oui et toi ? Me demanda ma patronne et amie.

-Ça va. Alors on a de grosses commandes aujourd'hui ? Me tenais-je au courant du travail à faire.

-Oui, Sam t'attends derrière pour l'emballage des pâtisseries. Me dit-elle.

J'allais donc à l'encontre de mon patron pour le saluer et prendre enfin mon service. Je préparais les quatre commandes que l'on m'avait demandées et en guise de récompense j'avais eu le droit à un cours accéléré sur la fabrication des tartes au citron meringué ainsi qu'à la dégustation. Il était près de 17h15 quand Emilie me sollicita pour la remplacer à la caisse parce qu'elle devait se rendre à la banque avant la fermeture. Je m'apprêtais alors à servir mon premier client de la journée.

-Bonsoir, vous désirez ? Lui demandais-je machinalement sans le regarder.

-Bonsoir, je voudrais une baguette, une tarte aux fraises et un Kinder surprise. S'il te plait. Me demanda cette jolie vois sexy que j'avais pris plaisir à écouter ce matin durant trois heures.

Il devait avoir une âme d'enfant pour aimer les Kinder surprise tout comme moi. Je ne sais pas pourquoi je me sentais gênée qu'il me voie en train de travailler ici. Je pris une boîte en carton pour emballer sa tarte, emballa sa baguette et lui tendit l'œuf. Il me souriait gentiment.

-Ça vous fera 9.78 $, s'il vous plait. Lui annonçais-je le prix très professionnellement tout en répondant à son sourire.

-Voilà. Il me tendit un billet de 10$. Je suis désolé pour tout à l'heure, j'aimerais t'inviter à prendre un café pour qu'on… discute. M'invita-t-il pendant que je préparais sa monnaie.

Je ne savais pas quoi lui répondre, j'avais tellement envie d'aller boire un café avec lui mais en même temps j'avais peur de ne pas réussir à me contrôler… Je lui répondis sans réfléchir plus.

-Il ne vaudrait mieux pas. Je suis désolé mais je dois travailler. M'excusais-je en lui désignant la file de personnes derrière lui.

-Tu as raison. Au revoir. Me salua-t-il.

Mon cœur se serra à cette plainte silencieuse qu'il m'envoya. Déjà au sein du campus j'avais du mal à lui résister alors imaginez un peu en dehors. J'avais passé le reste de mon service à rêvasser à mon bel inconnu, enfin non ce n'était plus mon bel inconnu mais sexy prof comme l'avait appelé Rose. J'avais repensais à la douceur de ses lèvres sur les miennes, à sa délicieuse haleine dans ma bouche… Bon dieu, je n'avais pas le droit de penser à lui, c'était mon prof de droit… mais en même temps jamais je n'avais eu le coup de foudre pour personne mis à part lui…sexy prof, Edward Cullen. C'était indéniable, il était hors de question qu'il se passe quoi que ce soit entre nous. J'avais vraiment eu envie de répondre oui pour son café mais j'aurai craqué et de plus j'avais peur… peur de son opinion envers moi quand il saurait…

J'avais salué mes patrons et étais retournée dans ma voiture, mon chez moi. Comme tous les soirs je mangeais quelque chose de rapide qui ne nécessite pas de cuisson ni de chauffage et pris mon journal intime. Comme chaque soir je laissais ma plume glisser sur le papier et écrire grâce au sang qui coulait de mon cœur.

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Le 17 janvier 2010

Journal,

Aujourd'hui, j'ai fait la rencontre la plus merveilleuse de ma vie. J'ai eu un coup de foudre pour Edward Cullen. Il est assez grand et plutôt musclé pour un prof de droit. Quand je le regarde je me perds dans l'océan de ses yeux. Il est tellement craquant. Nous nous sommes embrassés et c'était waouh, il n'y a vraiment pas d'autres mots. Je meurs d'envi de recommencer mais malheureusement c'est mon prof de droit. Mais mon cher journal, comme tu me connais si bien tu sais que ce n'est pas la seule chose qui m'arrête pour être avec lui... J'ai peur de ce qu'il pourrait penser de moi… de ce monstre qui grandit en moi… Ce monstre oui car ce n'est pas mon bébé…et ce ne le sera jamais. Jamais je ne pourrais le considérer comme tel, il n'est pas le fruit de l'amour et n'a jamais été désiré… A cause de lui, j'ai peur de m'approcher d'Edward. Cher Journal, voilà c'est tout ce que j'ai à te dire pour aujourd'hui, je te retrouve demain.

Bella. S

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Après avoir remballé mon confident, je me mis sérieusement sur mon devoir d'algèbres pour le cours de Monsieur Volturi.

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