CHAPITRE 18 : Maintenant je sais…
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POV Bella :
Le temps a passé depuis mon malaise causé par ma sous-alimentation plus ou moins volontaire dans le but détruire mon bébé. Cela fait maintenant un mois et demi que j'ai quitté Seattle suite à mon altercation violente avec Edward.
Comment aurais-je pu rester si près de l'homme que j'aime, aller à la même fac que lui, dans ses cours, où ne serait-ce que de le croiser au supermarché ? C'était au dessus de mes forces. J'avais plus que merder et je m'en mordais les doigts. En même temps comment aurais-je pu lui annoncer que j'étais enceinte suite à un viol ? Aurait-il encore voulu de moi ? Qu'aurait-il pensé ? Comment j'aurai supporté son regard ensuite ? Comment en parler quand c'est déjà si difficile pour soi même. Je n'aurais jamais pu lui dire pour le viol, j'aurai trop eu peur de son regard sur moi, peur qu'il me juge, qu'il me rejette. Le mensonge n'a pas été mieux puisque je l'ai perdu quand même et qu'il pense de moi des choses qui sont plus que fausses. C'était si douloureux d'être loin de lui, il était devenu ma drogue, j'étais réellement amoureuse de lui. Edward, mon amour me manquait énormément.
Enfin je lui avais menti, c'est vrai mais de la à s'enflammer au point de m'insulter de salope, d'allumeuse et tout autre nom d'oiseaux. Notre dispute m'avait plus que bouleversée, il m'avait littéralement blessée mais je n'étais pas mieux, il n'avait fait que rendre justice. J'avais tous les torts dans cette histoire et il avait toutes les raisons de m'en vouloir mais je ne pouvais pas croire qu'il soit capable de tant de haine. Il n'avait rien à voir avec l'Edward Cullen que je connaissais. Je savais qu'il avait dit tout ça sous le coup de la colère mais par ses paroles, il m'avait bien fait comprendre que c'était fini, qu'il était inutile de tenter de m'expliquer, que ça ne servirait à rien. S'il savait réellement qui était le père de mon bébé, m'en voudrait-il encore ?
J'avais vraiment du mal à croire que notre histoire était déjà terminée. On était si bien. Il me faisait sourire comme personne. Il me rendait heureuse dans mon malheur mais maintenant tout ça était terminé. Il ne me restait plus que ma peine et mes yeux pour pleurer.
Il me manquait comme ce n'est pas permis. J'étais folle amoureuse de lui mais il était trop tard, je l'avais perdu. J'avais perdu l'homme de ma vie mais en échange je m'étais raccrochée à la seule chose que j'avais encore. J'avais réussie à accepter mon bébé, à comprendre qu'il n'était pour rien dans ce qu'il m'était arrivé. Tout ce travail sur moi-même était dû à Edward, plus particulièrement à sa relation avec Carlie. En les voyant tous les deux, j'avais moi aussi eu envi d'avoir un enfant à aimer et qui m'aimerait en retour. Tout s'était déclenché à ce moment. J'acceptais petit à petit, au début mon vocabulaire avait évolué, je passais du mot « chose » au mot « bébé » puis du mot « bébé » à la marque de possession « mon bébé ». J'avais même vu un obstétricien et j'avais voulu pour la première fois voir mon bébé et même savoir son sexe. D'ici quelques mois, j'allais mettre au monde une petite fille, j'étais terrifiée, j'avais peur de mal faire, de mal m'occuper d'elle, de ne pas y arriver carrément. Je n'avais pas eu de véritable enfance et n'avais jamais eu d'enfant dans mon entourage mise à part récemment la petite Carlie mais qui n'était déjà plus un bébé. Je commençais sérieusement à apprécier ce petit bébé mais la véritable question est : est-ce que je serais capable de m'occuper d'elle ? Malgré l'amour qui grandissait pour mon bébé, je continuais à croire que la meilleure solution pour elle serait de la laisser à l'adoption. Pour le moment, il me restait quelques mois pour trouver une solution mais je devais me décider vite.
Ma vie n'avait pas changé pour autant. Je vivais toujours dans mon camion mais je mangeais correctement et je n'allais pas en cours. Je restais la journée bouclée dans mon camion à composer, à écrire mais à chaque fois que des airs mélancoliques, j'avais pour seule muse l'homme de ma vie, mon Edward même s'il ne voulait plus de moi. J'avais réussi à gâcher ma seule chance d'être heureuse. J'étais passée devant mon ancien chez moi pour essayer d'apercevoir ma mère en espérant qu'elle ait repris sa vie en main mais elle ne vivait plus là, j'avais été déçu au fond de moi parce qu'elle demeurait quand même ma mère malgré toute la misère qu'elle m'avait fait subir adolescente.
J'avais alors décidé de longer la côte Est mais la vérité c'est que j'en avais marre de conduire sans savoir où aller. Marre de n'avoir aucun but dans la vie. D'errer sans rien attendre. Je regrettais tellement d'avoir menti à Edward. Lui avait réussi à me donner un but dans la vie, il était devenu ma raison de vivre mais désormais tout est fini, il me reste plus que ce petit être qui grandit en moi. Celui que je commence à accepter grâce à Edward mais la vérité c'est que je l'aurai plus facilement accepté si Edward était le père de mon bébé, ce qui n'est pas le cas à mon plus grand regret. Cela nous aurait épargné bien des soucis et surtout d'être séparés. Je m'étais alors arrêté à New-York pour me poser dans un starbuck et réfléchir à ma vie, à mon avenir.
Sans m'en rendre compte, je caressais doucement mon ventre qui était désormais proéminent à 6 mois et demi de grossesse. J'avais pris un chocolat bien crémeux et des donuts. Je mangeais bien désormais et je reprenais peu à peu du poids. Ma fille se portait de mieux en mieux également. Désormais je mangeais pour moi mais aussi pour mon bébé et surtout par gourmandise.
Voilà près d'une heure que j'étais assise là et j'en revenais toujours au même point. J'ai perdu l'amour de ma vie mais je vais avoir un bébé. Bébé dont je ne saurais sans doute pas m'occuper mais pour qui je commence à avoir de l'affection. Très peu d'argent récupéré par des vols que j'ai commis et je n'ai pas de papier d'identité. En effet, mon sac est resté dans la voiture d'Edward. Je n'avais donc pu non plus de téléphone ou quoi que ce soit d'autre pour joindre mes amis aussi. J'étais seule sans rien, sans but et extrêmement malheureuse. Edward me manquait, mes amis me manquaient… Je ne voyais pas quinze solutions. Une seule était évidente.
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POV Edward :
J'avais eu une explication avec Rosalie et elle était sure de ne pas s'être trompée. Elle était allée elle-même à cette adresse et l'avait également constaté. Bella ne vivait pas et n'avait jamais vécu à cette adresse. Que signifiais tout cela ?
Rosalie et moi, nous étions rendus à l'hôpital dans l'espoir qu'elle y soit encore mais rien du tout. Une infirmière nous avait informé que Bella était sortit le matin même. Sa voiture étant restait normalement à la fac, nous y sommes retournés mais le parking était vide. La voiture de Bella avait disparu mais où avait-elle pu aller ? Pourquoi avait-elle donné une fausse adresse à Rosalie également ? Qu'elle me mente c'est une chose mais sa meilleure amie qu'elle connait depuis des années ? Elle devait avoir ses raisons mais ça devenait vraiment trop grave.
Je voulais la retrouver pour qu'on s'explique, elle m'a menti et je lui ai dit des horreurs mais merde je l'aime. Pour la première fois depuis Vic j'étais amoureux d'une fille, je voulais vraiment une explication maintenant que j'étais plus calme. Je voulais une chance de rester avec celle que j'aime. J'étais prêt à affronter la réalité mais pour ça je devais la retrouver.
J'avais terrassé la ville pendant plusieurs jours et je n'avais rien trouvé, le néant total. Je commençais sérieusement à désespérer et je m'étais rendu vite compte après près de deux semaines que Bella avait quitté la ville. Elle n'était jamais revenu en cours et ses amis n'avaient plus aucune nouvelle d'elle ni même Rosalie.
J'étais triste et malheureux mais je le montrais peu devant ma fille, je ne voulais pas qu'elle voit à quel point la disparition de Bella me bouleversait mais Carlie était plutôt contente, elle avait retrouvé son papa rien que pour elle comme elle l'avait dit.
Cela faisait un mois et demi que Bella avait déserté et j'avais réfléchi depuis. Je ne pouvais plus gâcher ma vie pour une menteuse qui n'avait pas envi qu'on la retrouve malgré l'amour que j'avais eu pour elle. Je devais oublier cette fille et ma petite amie actuelle allait m'y aider. Depuis quelques semaines maintenant je fréquentais une collègue de travail. Une chercheuse à la faculté et c'est en travaillant ensemble, un soir très tard que notre relation avait débuté.
Tanya et Carlie s'entendait à merveilles, ma princesse n'agissait pas comme avec Bella, je ne comprenais pas trop mais bon pour moi l'essentiel c'était que ma fille soit heureuse.
Bien sûr tout se passait bien entre Tanya et moi et je l'aimais bien mais il m'arrivait parfois de penser à Bella et dans ces moments-là j'aimais mieux m'isoler pour ne pas blesser Tanya. Lorsque je pensais à Bella ce n'était pas tant sur le fait qu'elle me manquait mais surtout parce que je n'arrivais pas à comprendre. A comprendre pourquoi elle avait tant menti et surtout qu'elle était la vérité…
Ce soir était un de ces soirs alors j'avais envoyé ma fille chez mes parents, j'avais besoin de réfléchir, de me retrouver avec moi-même. Depuis ce dernier mois, j'avais pris de mauvaises habitudes, je m'étais préparé un sandwich et j'avais pris mon pack de bière pour me mettre comme une larve devant la télé. J'en ouvris d'abord une et la bu pratiquement d'une traite, puis deux, puis trois… puis neuf. Je n'arrivais pas à me concentrer sur la télé. Je prenais alors mon téléphone et fis défiler toutes les photos de Bella et moi ou même certaine de Bella et Carlie, celles-ci étaient les plus jolies. Sans que je ne m'en rende compte, je laissais échapper quelques larmes quand on frappa à la porte. Je n'avais pas l'intention d'aller ouvrir mais au vue de l'insistance de cette personne, je me doutais qu'elle ne s'en irait pas avant que je lui ai ouvert. Je m'extirpais douloureusement du canapé et me dirigea vers la porte.
-Alice ? Qu'est-ce que tu veux ? Lui demandais-je.
-Je voulais voir à quel point mon grand frère péter la forme. Me dit-elle sur un ton narquois.
-Eh bien t'as vu. Lui dis-je en essayant de lui fermer la porte au nez.
-Tu fais pitié Edward. Tu sais que tu peux tout me dire, je suis ta sœur. Et tu me connais, je suis bien assez chiante pour ne pas lâcher l'affaire. S'esclaffa-t-elle en poussant la porte pour entrer.
-De toute façon je n'ai pas le choix. Soupirais-je.
-Exactement. Ramène tes fesses près de ta petite sœur chérie et raconte-moi tout. M'exaspéra-t-elle.
-Y a pas grand-chose à dire. Dis-je de mauvaise volonté.
-C'est Bella c'est ça ? Demanda-t-elle perspicace.
-Ouais, elle me manque un peu et je suis lasse de ne pas comprendre. Avouais-je.
-Edward, assis-toi. Me demanda ma sœur.
-Je lui ai dis des choses horribles Lili, je comprends qu'elle soit parti, je l'ai insulté de tous les noms, de salope, de menteuse… Elle est enceinte d'un autre… Débitais-je en sanglotant.
-Edward elle avait de bonnes raisons. Lâcha ma sœur.
-Qu'est-ce que t'en sais toi ? Lui crachais-je.
-Arrêtes d'être con, je sors avec Jasper. Me répondit-elle en me tirant la langue.
-Alors vas-y, je t'écoute. L'invitais sinistrement.
-Assis-toi pour commencer. C'est pas facile à entendre. Me dit-elle doucement.
-Alice accouches. M'énervais-je.
-Elle s'est confié à Jasper sur sa grossesse…et maman sait des choses, elle m'en a parlé. Commença-t-elle.
-Ne tourne pas autour du pot. Criais-je.
-Maman l'a vu plusieurs fois dans son centre pour adolescents en difficultés, elle n'avait rien Edward, si tu n'avais pas la bonne adresse c'est qu'elle était sans domicile à mon avis. Je pense qu'elle a eu honte de te le dire, elle a du avoir peur que tu la juges, que tu l'accuses de vouloir ton argent, de profiter de toi… Enfin ce n'est que mon avis.
J'étais choqué d'entendre ces choses, je ne pouvais pas le croire. Alors que je croyais qu'Alice avait fini, elle enchaîna et j'étais encore bien moins préparé à ce qu'elle allait annoncer.
-… Il n'y a pas que ça Edward. Elle s'est faite violée et est tombée enceinte. Elle n'a jamais accepté, ni voulu ce bébé. Elle s'est confiée à Jasper car il était le seul à pouvoir l'aider, il lui a donné des papiers pour mettre son enfant à l'adoption. Elle est allé avec Jasper au commissariat pour porter plainte mais ils ne pouvaient rien faire. Il était trop tard.
Instinctivement je portais mes mains tremblantes devant ma bouche qui s'était grande ouverte. Non, c'est impossible, non. Pas elle. Pas ma puce. Comment avais-je pu être aussi con ? Je m'en voulais énormément d'avoir agît de la sorte mais j'étais aussi extrêmement en colère. J'attrapais tout ce qui me tombait sous la main et envoyais chaque chose s'éclatait contre le sol ou le mur. J'étais pire que dans une rage noire. Alice essayait de me calmer mais je lui conseillais plutôt de rentrer chez nos parents. Lorsqu'elle vit que je ne me calmais pas, elle ne se fit pas prier.
Après avoir saccagé en grande partie mon salon, je m'effondrais au milieu des débris. Comment avais-je pu être aussi salaud avec elle ? Comment avais-je pu l'insulter de la sorte alors qu'elle n'avait en rien voulu ce qui lui était arrivée ? Je m'en voulais à mort putain. Le mot « regrets » n'était pas assez fort pour décrire ce que je ressentais. J'étais la pire des ordures de lui avoir dit tout ça. Maintenant tout se plaçait dans ma tête. Le fait qu'elle ne voulait pas qu'on aille chez elle, qu'elle avait peur d'avoir des relations sexuelles, qu'elle trouvait toujours tout un tas de prétextes. Mon amour avait toutes les raisons de me mentir et de m'en vouloir maintenant.
Je dus m'endormir à même le sol, lasse de me tourmenter et de pleurer car les cris de ma fille et ma mère me sortir de mon sommeil. Ma fille faisant abstraction du verre brisé sur le sol, se précipita vers moi en courant.
-Papa… Papa… Pleura-t-elle.
-Edward, mon dieu. Carlisle, Emmett… Hurla ma mère pour faire descendre mon père et mon frère.
-Je vais bien. Leur dis-je en me redressant alors que ma puce me sautait dans les bras.
-Pou(r)quoi tout est cassé ? Demanda-t-elle.
-Ce n'est rien mon ange, ne bouge surtout pas. Papa va te porter en dehors des débris, d'accord ? Lui dis-je en la voyant en chaussettes entre les morceaux de verres.
Je me levais douloureusement et je pus apercevoir les nombreuses coupures qui jonchaient mon corps. Ca me faisait un mal de chien mais je devais faire attention pour ne pas que ma Carlie se blesse.
Une fois déposée plus loin, ma fille se jeta encore une fois dans mes bras et à ce moment-là, j'explosai encore une fois. La crise de sanglots effraya un peu ma fille mais elle me laissa l'étreindre comme si ma vie en dépendait. Je la serrais si fort en pleurant que mon frère du me faire relâcher ma prise sur elle.
Mon père m'installa dans la cuisine pour me soigner, tandis que mon frère était partie jouer avec Carlie dans sa chambre. Ma mère revint avec la mallette du grand-manitou et vint se placer à côté de moi avant de m'embrasser sur le front. Je devais m'expliquer avec elle. Je me sentais trahi par ma propre mère.
-Tu le savais et tu ne m'as rien dit. Pourquoi ? Lui dis-je agacé mais calmement.
-Edward, ce n'était pas à moi de t'en parler. Bella avait prévu de le faire, elle me l'a dit et m'a demandé de ne rien te dire. Elle allait le faire quand elle serait prête. M'expliqua ma mère.
-Merde, je suis ton fils. T'avais pas à me cacher ce genre de choses. Des choses graves comme celles-ci. Putain si j'avais su, j'aurai pu l'aider et tout ça ne serait pas arrivé, merde. Tout ça est de ta faute. Lui hurlais-je dessus en pleurant.
-Je te défends de parler comme ça à ta mère Edward. La tristesse n'excuse pas tout. Me rappela mon père.
-Merci de m'avoir soigné papa. Rentrez chez vous au revoir. Les mettais-je à la porte poliment.
-Edward… Commença ma mère en pleurant.
-Non, j'ai besoin de temps. Je dois digérer ta trahison. Au revoir. Répétais-je après m'être expliqué.
Je vis la douleur passer dans les yeux de ma mère et de la colère dans ceux de mon père avant qu'ils ne se tournent tous les deux et se dirigent vers la porte. Je les aimais mais j'étais bien trop en colère pour le moment. En réalité, je l'étais surtout contre moi et ce n'était vraiment pas prêt de s'arranger. J'avais perdu Bella et je l'avais blessée plus qu'il ne l'aurait fallu, une fois de trop de ce qu'elle avait déjà dû supporter. Je m'en voudrais toute ma vie, plus jamais je ne pourrais me regarder dans un miroir sans penser au monstre répugnant que je suis.
