Chapitre 29 : Ce qui dû arriver, arriva…
.
POV Bella :
Pour ce midi, j'avais eu envie de faire des légumes rôtis avec du poisson et une sauce au beurre blanc mais je n'avais pas ce qu'il fallait alors la petite et moi étions partis faire quelques courses au supermarché. Elle était très sage, elle restait près de moi en tenant le caddie. Pour le coup, elle avait bien mérité un petit paquet de bonbons, j'avais envie de la gâter.
-Bella, on peut aller voir les jouets ? Me demanda-t-elle.
-Bien sûr. On n'a encore le temps. Acceptai-je après avoir regardé ma montre.
Elle était tellement contente que ça me faisait plaisir de faire ça pour elle. Nous étions dans l'allée centrale quand soudainement un bruit violent, succinct et répété se fit entendre. On aurait dit le tonnerre mais à l'intérieure, c'était assourdissant. Je ne m'étais pas bien rendu compte mais ce bruit qui nous avait fait franchement sursauté avait semé la panique générale dans le magasin. C'est en voyant tout le monde se coucher au sol que je compris que c'était la seule chose à faire. Je m'empressais de bousculer Carlie sur le sol avant de me projeter moi-même à ses côtés en la protégeant sous mes bras. Elle devait être grandement effrayée parce qu'elle pleurait. Je m'apprêtai à la consoler mais en voulant tourner la tête vers elle, bien malgré moi je vis deux énormes bottes noires avançant d'un pas déterminé. J'avais bien peur de comprendre… ce qu'était le bruit de tout à l'heure. Une voix affreuse et effrayante confirma mes pensées.
-Rester couchez face contre terre. Je ne veux voir personne bouger la tête d'un millimètre.
Tout était clair maintenant, on était victime d'une prise d'otages. La voix rauque de cet individu terrorisé encore plus ma fille qui pleurait de plus en plus. Ce mec ne disait plus rien maintenant mais j'entendais ses pas, il marchait en long, en large, en travers, de plus en plus rapidement comme s'il réfléchissait. A vrai dire je ne saurais dire combien ils étaient. Carlie pressa son petit corps de plus en plus fort contre moi.
-Je suis là mon amour, tout va bien. Ne bouge pas d'accord ? Tu sais comme ce jeu, un, deux, trois, soleil, il ne faut surtout pas bouger. Tu as compris ? Lui chuchotai-je.
-Vouiii. Me répondit-elle aussi bas qu'elle le pue.
Je la serrai aussi fort contre moi, j'étais réellement terrorisée moi aussi mais je ne devais rien laisser paraitre pour rassurer Carlie. La position était plus qu'inconfortable, le bébé commençait à se faire ressentir mais interdiction formelle de bouger. Le temps défilé et nous n'avions plus entendu la voix de ce type avant qu'il nous ordonne d'aller tous nous asseoir au même endroit. J'étais dos au mur, ma Carlie assise entre mes jambes, j'entourais le reste de son petit corps de mes bras pour la protéger au maximum. De ma main, je collais la tête de la petite contre ma poitrine. Elle ne cessait de pleurer, certes elle était petite mais elle n'était pas idiote, elle savait qu'il se passait quelque chose de mal. J'observai l'environnement autour de moi. Tous les gens présents semblaient apeurés, paniqués face à l'homme cagoulé et armé qui se tenait devant nous. Cet homme était assez grand mais très mince, il tremblait énormément comme s'il hésitait. Il nous surveillait tout de même mais il avait l'air seul. Les autres clients du supermarché étaient aussi terrorisés que nous, j'avais le temps d'observer tout ce qu'il se passait autour de nous. Parmi nous, il y avait seulement deux enfants, Carlie et un autre petit garçon, un peu plus vieux qu'elle, et puis environ une dizaine de femme, à priori j'étais la seule femme enceinte, des mères au foyer, puis aussi des dames âgées, pour finir cinq hommes dont deux retraités. Personne n'osait ouvrir la bouche, ni agir et je comprenais totalement j'étais comme tout le monde. On se demandait tous ce qu'il voulait, il ne disait rien, ne demandait rien non plus. Je commençai à ressentir de vives douleurs dans le ventre, ceci devait être lié au stress, à la panique. On se regardait tous ne sachant pas quoi faire, comment réagir… L'heure tournait, on avait entendu tout un tas de grabuge à l'extérieur, il était fort probable que la police soit là maintenant mais pourquoi n'agissaient-ils pas plus rapidement alors ? Allaient-ils attendre que ce mec agisse et blesse quelqu'un ? Lui aussi avait dû les entendre puisqu'il releva la tête brusquement. Il balança un sac en toile de jute à nos pieds et nous ordonna de mettre tous nos bijoux, nos portefeuilles et nos portables à l'intérieur. Il brandissait de plus en plus son arme vers nous, on aurait dit qu'il commençait à être déstabilisé… Mon téléphone sonna, je reconnus ma sonnerie. De colère, il prit tous les téléphones un par un et les claqua violement contre le sol.
-A qui est ce téléphone ? Hurla-t-il.
-… Personne ne broncha même pas moi, la responsable.
-Je ne le répéterai pas une nouvelle fois… J'attends où je descends un otage…
-C'est le mien… Soufflai-je si bas que je crus qu'il n'avait pas entendu.
-Viens ici… M'ordonna-t-il.
-… Je n'hésitai que trop et Carlie me serrait si fort, elle ne voulait pas me lâcher.
-Viens-là, je ne veux pas avoir à le répéter. Cria-t-il sur moi une nouvelle fois.
-Non… Bella. Pleura-t-elle en me cramponnant.
-Chérie, va avec cette gentille dame, je reviens vite. Je l'embrassai sur le front et la confia a la personne à côté de moi.
Je me levai toute tremblante et plus terrorisée que jamais face à ce mec. Je me demandai ce qu'il allait bien pouvoir me faire… Cette fois c'était vraiment trop, mes larmes avaient débordées de mes yeux, j'avais trop résisté pour ma fille mais je n'y arrivai plus. De plus, les douleurs au ventre ce faisaient de plus en plus insupportables. J'avais vraiment du mal à avancer vers lui, c'était la première fois que je ressentai cette douleur, encore pire que lorsqu'elle m'avait paralysé dans la cuisine l'autre fois.
-Ramène ton cul, merde… Hurla-t-il de nouveau.
Une vieille dame intervint en ma faveur.
-Vous ne voyez pas qu'elle est enceinte et sur le point d'accoucher, non ? Lui dit-elle outrée.
Quoi ? Sur le point d'accoucher ? Non je ne crois pas, je n'ai pas l'air de perdre les eaux, ni d'avoir de contractions puis il est encore trop tôt, il reste près d'un mois avant le terme normalement. Après tout, je n'avais jamais eu d'enfants alors comment saurais-je si c'était cela ou non ?
-Très bien, va t'asseoir la grosse et toi la vieille viens là ? Enchaîna-t-il en me poussant violement sur le sol.
-Mais qu'est-ce que vous voulez à la fin ? Le gronda la personne âgée.
-Prends-ça et appelle la police, dis leur que je veux qu'il fasse venir le directeur du magasin, qu'il entre et je laisse ressortir les deux enfants. Lui répondit-il assez nerveusement.
La dame s'exécuta alors que Carlie vint me rejoindre, elle me sauta dans les bras en pleurs. J'espère sincèrement que la police répondrait rapidement à ses attentes pour que ma fille soit en sécurité, ce serait au moins ça.
-Z'ai peur… Me dit-elle.
-Je sais mon amour mais ça va aller hein, je te jure que ça va aller, je ne le laisserai pas te faire de mal… La rassurai-je.
-… Elle pleurait toujours aussi fort.
-Toi, la mioche ferme-là… Cria-t-il sur Carlie.
Instinctivement, je la plaçai derrière moi mais elle ne pouvait pas se calmer comme ça, de plus il la terrifiait plus encore.
-Fais la taire où je m'en charge. Me lança-t-il.
-Non, non je vous en prie, elle va se calmer, je vous le promets. M'empressai-je.
Je me tournai vers elle en surveillant tout de même par-dessus mon épaule.
-Mon cœur, je t'en prie arrêtes de pleurer, tu es courageuse ma puce, si on fait tout ce que ce monsieur dit, tout ira bien, ça ne sera pas long avant que tu ne sortes d'ici bébé, pour le moment, tu dois juste réussir à ne pas pleurer, d'accord ? Je reste près de toi mon ange… Tentai-je de la rassurer.
-Humm… Elle secoua la tête et même si ses larmes restaient présentes sur ses joues, elle ne faisait plus de bruit.
-C'est bien chérie, je suis très fière de toi. L'encourageai-je.
Je la repris dans mes bras à l'instar de tout à l'heure. La conversation de la dame avec la police avait l'air d'être terminée. L'heure continuait à tourner et ce fichu directeur de magasin n'avait pas l'air de venir pourtant je serais déjà bien soulagée si Carlie était en sécurité. Les douleurs ne diminuaient pas et j'avais tellement mal que j'avais envie d'hurler mais je me retenais difficilement. Au bout d'un moment quand même, un grand type brun, un peu âgé à lunettes entra, il avança doucement, les deux mains en l'air.
-Je suis M. Barry, le directeur du magasin. Annonça-t-il.
-Je sais qui vous êtes. Trancha notre kidnappeur.
-Laissez sortir les enfants maintenant, on a fait tout ce que vous vouliez. Lui rappela le directeur.
-C'est moi qui décide. Claqua-t-il.
Oh mon dieu, il avait changé d'avis ou alors c'était un bluffeur, il n'avait jamais eu l'intention de laisser partir les enfants. Ce mec devait être complétement cinglé, non pire un sadique pour garder prisonniers des enfants dont ma toute petite puce, la plus innocente des petites filles qui soit et ce taré aller lui voler son innocence. Je lui en voulais tellement pour ça.
-Vous pouvez laisser partir les enfants et la femme enceinte, vous nous avez encore tous ici et je suis là comme vous l'avez demandé, ça vous apportera quoi de plus ? Au moins ce sera signe de votre bonne fois. Tenta le directeur.
-Ferme-là tu n'as pas à me dire ce que je dois faire, t'as pas le pouvoir ici, c'est moi qui tient le flingue. S'énerva le coupable en tremblant férocement.
-…
Ils se disputaient tous deux, de plus en plus fort, leurs cris accompagnés de leurs gestes vifs et brutaux effrayés tout le monde, le ravisseur avait le doigt sur la gâchette et la peur qu'il tire au hasard nous avait tous gagnée. Je ne m'étais pas beaucoup trompée sur ces intentions de se battre avec le directeur et quand ils saisirent tous les deux le pistolet qui alla se pointer sur ma fille, il ne me fallut pas longtemps pour réagir et me jeter devant elle au moment où le bruit d'un coup de feu résonna dans l'enceinte du magasin.
