Chapitre 30 : Tout perdre…
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Je venais de me faire tirer dessus pour protéger la vie de ma fille, non pas que je regrettai, ah ça non, bien au contraire mais ça faisait un mal de chien, j'avais tellement mal au ventre que je ne saurais dire où la balle avait pénétré mais j'étais sûr d'être blessée. Je m'inquiétai énormément pour le bébé mais pour moi aussi, je risquai de perdre le bébé mais j'étais sûre également que j'allais mourir, je me sentais si faible, j'avais tant sommeil, je me sentais partir, je sentais que la vie me quittait… Ma tête reposait sur les genoux de ma petite chipie, elle me regardait dans les yeux, les siens pleins de larmes. Elle me caressait les cheveux, elle avait l'air si inquiète…
-T'as bobo ? Me demanda-t-elle.
-A peine…ne t'inquiète… pas de ça. Mon cœur, écoutes-moi… Je suis très fière de toi… Tu n'as pas à t'en vouloir de quoi que ce soit… Tu as fait tout ce qu'il fallait… N'oublie pas que je t'aime très fort mon bébé… Lui dis-je d'une manière que je voulais assez banale alors qu'en réalité dans mon esprit, ça sonnait plutôt comme un adieu.
-Ze t'aime ma… ma Bella. Me répondit-elle en frottant son petit nez sur le mien.
Les paroles de ma fille me firent pleurer parce que je me rendais compte que c'était sans doute la dernière fois que j'entendais sa délicieuse voix de fillette, la dernière fois qu'elle me faisait un câlin de la sorte. Comme si la perdre ne suffisait pas, je pensai à mon amour, ce matin avait été notre dernier au revoir… Ils allaient beaucoup me manquer… Je n'eue pas le temps de penser plus aux êtres que j'aimais, il était trop tard, je partais….
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POV Edward :
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L'attente, l'attente la plus longue de toute ma vie avait lieu maintenant. On était assis sur ces chaises inconfortables depuis près d'une heure, toute ma vie se jouait maintenant…
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Flash-back
Un coup de feu avait retenti là-dedans depuis près de quinze minutes maintenant, le FBI échafaudait enfin un plan pour entrer de force à l'intérieur, les snipers se plaçaient tout autour du bâtiment. Il était temps que ce cauchemar se finisse bientôt, j'étais à bout de nerfs. Un groupe d'une quinzaine d'hommes partirent à l'assaut en direction de la porte mais ils ne s'attendaient pas à ce que la porte s'ouvre d'elle-même et laisse apparaitre deux petits êtres, deux enfants, une fillette et un garçon, ma Carlie, c'était ma fille… Oui j'en étais sûr c'était bien elle. Que ce soit mes parents, mon frère, ma sœur ou moi nous étions soulagés de voir ma fille dans les bras de l'un des agents du FBI. Il la ramenait vers les ambulanciers. On se précipita pour la rejoindre. J'arrivai sur eux…
-Carlie, mon cœur ça va ? M'empressai-je en l'attrapant.
-Vous êtes son père ? Me demanda l'agent.
Je la serrai si fort contre moi, tellement fort, j'étais tellement soulagé qu'elle n'ait rien, du moins physiquement. Je lui couvrais le visage de baisers, respirer son parfum pour me convaincre qu'elle était belle et bien en sécurité avec moi. J'avais eu tellement peur de la perdre, j'ai cru devenir fou. La serrer contre moi me permettait de me calmer légèrement même si ma Bella n'était pas là pour le moment.
-Oui, oui, je suis son père mais ma femme est encore là-dedans. Paniquai-je en serrant ma fille contre moi.
-On s'occupe de ce qu'il se passe là-dedans, les ambulanciers vont examiner votre fille, tout va bien se passer. Tenta-t-il de me rassurer.
L'ambulancier vint nous rejoindre en courant, il voulut prendre Carlie dans ses bras mais elle refusa et me serra plus fort, elle pleurait beaucoup également et moi aussi mais de soulagement pour ma princesse.
-B…el…la… Pleura-t-elle.
-Chut ma princesse, je sais, la police s'en occupe ma puce, ces messieurs vont regarder si tu vas bien, d'accord ?... Lui expliquai-je.
-Papi va rester près de toi… Lui répondit mon père après s'être présenté aux ambulanciers.
-… Elle pleurait de plus en plus fort maintenant.
-Je sais que tu as eue très peur mon amour et je le comprends tout à fait. Maintenant tu es en sécurité bébé, essaies de te calmer, papi va te prendre maintenant et on se revoit tout de suite après… M'inquiétai-je pour elle.
Elle eue du mal à se détacher de moi mais partie tout de même avec Carlisle. Pendant nos retrouvailles, j'avais légèrement oublié ce qu'il se passait pour la suite des évènements. Apparemment, ils étaient entrés et ressortaient avec le ravisseur menotté mais aucune trace des autres otages. J'entendis un des policiers crier :
-On a une femme blessée par balle, une civière…
Une femme blessait par balle, oh mon dieu. C'était horrible mais là, je priai si fort pour qu'il ne s'agisse pas de ma Bella. Par pitié, n'importe qui mais pas elle. C'est en regardant successivement ma mère, mon frère et ma sœur que je sus qu'ils pensaient tout trois à la même chose que moi. Ma mère vint se mettre dans mes bras et Alice dans ceux d'Emmett, on croisait fort les doigts en attendant, en attendant que la victime soit dévoilée. Les ambulanciers qui étaient allés à l'intérieur, ressortaient en courant rapidement le long du brancard qui roulait. Cette femme avait l'air d'être plutôt ronde, brune, avec de long cheveux… plus ils approchaient des véhicules, plus c'était claire… finalement cette femme, n'était peut-être pas ronde, plutôt enceinte je dirais… Mon père vint également nous rejoindre mais seul.
-Edward, Carlie a dit qu'il avait tiré sur Bella… Annonça-t-il tristement.
La douleur me tirailla dans la poitrine, si fort que je crus qu'on m'avait arraché le cœur. Je crus m'écrouler mais les bras fort de mon frère me rattrapèrent… Les larmes avaient ravagé mes joues. Je ne pouvais pas le croire, je ne pouvais pas y croire. Il était impossible qu'il s'agisse de ma Bella, de l'amour de ma vie… Non impossible. Je fus sous le choc quelques secondes mais mon père me secoua en me disant que l'ambulance allait bientôt partir si je voulais monter avec elle et que lui et ma mère s'occuperaient de notre fille. Il était évident que je devais aller avec mon amour. Ni une, ni deux on repartie en courant en direction des ambulances.
Le mec avait compris parce qu'il ne m'avait rien dit mais m'avait fait signe de monter. Ma Bella était très mal au point, elle était inconsciente même, une perfusion avec plusieurs poches était branché dans son bras et on lui avait mis un masque à oxygène sur la bouche et le nez. Ma pauvre chérie était encore plus pâle que d'habitude. J'étais complétement lacéré de la voir ainsi, tous leurs appareils sonnaient et du peu que je savais, les constantes de mon amour n'étaient pas bonnes du tout. J'attrapais sa main pour lui signifier ma présence…
-Accroche-toi mon amour, je t'en prie, ne me laisses pas… Lui dis-je.
L'électrocardiogramme se mit à sonner urgemment et afficha un trait plat. Un ambulancier me repoussa loin d'elle avant de demander de l'aide aux ambulanciers dans la cabine avant.
-On la perd, il faut faire vite…
Le gars qui était déjà en place, découpa le peu de tissus qui recouvraient la poitrine de ma compagne et déposa des électrochocs sur elle avant de lui lancer une décharge électrique. Apparemment ça n'avait pas marché… Je restai reclus dans le fond du camion à voir mon amour perdre la vie, j'étais là impuissant, je ne pouvais rien faire, à part pleurer, encore et encore, pourquoi pas essayer de prier pour elle et le bébé et la regarder partir. Au bout de plusieurs tentatives, j'entendis un des secouristes dirent qu'ils avaient un pouls mais qu'il fallait vite arriver à l'hôpital pour qu'elle subisse rapidement une intervention chirurgicale.
Finalement, environ sept minutes après, on descendait à l'entrée de l'hôpital, je n'eue pas le droit de passer les portes accédant aux urgences. Une infirmière me conduisit sagement jusqu'à la salle d'attente où le reste de ma famille ne tarda pas à me rejoindre.
Fin de Flash-Back
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Ma fille s'était endormie dans mes bras, tout ça était loin d'être fini, mais ça avait été tout autant éprouvant pour elle, après son examen médical, la police l'avait interrogée et elle avait dû revivre encore et encore cet évènement traumatisant, en plus de la peur de cette prise d'otage ma fille avait vu sa mère se sacrifier pour lui sauver la vie. Elle avait d'abord cru que tout était sa faute, il avait fallu qu'une psychologue et Carlisle lui parle durant un moment pour qu'elle comprenne, qu'elle n'y était pour rien et que Bella avait fait ce choix pour lui sauver la vie parce qu'elle l'aimait très fort.
Au bout d'un moment, un docteur couvert de sang sortie des urgences et demanda le mari de la femme enceinte blessée par balle. Bien sûr qu'on n'était pas marié mais elle était ma compagne et c'était la mère de mes filles.
-C'est moi…
-C'est lui…
Me désigna également ma famille. Il voulut me parler à part mais au vue de mon état je préférai que mon père soit là. Emmett pris Carlie tandis que mon père et moi allions rejoindre le docteur. J'étais tellement stressé et apeuré que j'en avais envie de vomir, j'allai sans doute savoir si ma femme était sauvée … En tout cas je l'espérais sincèrement… Je ne saurais pas le supporter autrement…
-Voilà, ce que je vais vous dire n'est pas évident… Une femme enceinte blessée par balle ce n'est pas banale. La balle s'est logée dans la cage thoracique et à sectionner la veine cave. Ceci a provoqué une hémorragie interne très importante. Expliqua-t-il.
-Mais vous pouvez la sauver ? M'empressai-je.
-Ce qu'il y a Monsieur, c'est qu'il y a un problème avec le fœtus, le cordon ombilical est entouré autour de son cou, et il est en train d'étouffer. Pour le sauver, il faudrait lui faire une césarienne très rapidement mais votre femme est bien trop faible pour le moment. Fin vous savez à cause de l'hémorragie interne… On a peur qu'elle n'y survive pas. M'annonça-t-il.
-J'y crois pas… Non mais je rêve, vous n'êtes quand même pas en train de me demander de choisir entre ma femme et ma fille…. M'énervai-je en pleurs.
-C'est qu'il faudrait… Commença-t-il.
-Il faudrait rien du tout, vous n'avez pas le droit de me demander ça… Continuai-je en hurlant.
-Edward, il faut faire vite, je sais que ce n'est pas facile mais vous pourrez avoir d'autres bébés avec Bella… Me rappela mon père.
-Sauvez ma femme… Soufflai-je avant de m'écrouler dans les bras de mon père.
Il me ramena pour me déposer sur une des chaises de la salle d'attente. Ma sœur et ma fille pleuraient également. Mon père leur annonça qu'on n'en savait pas plus quant à la survie de Bella. Ma petite princesse vint pour me prendre dans ses bras, je la serrai comme un désespéré contre moi. Elle était sans doute tout ce qu'il me restait.
Je dû finir par m'endormir parce que ce fut mon frère qui me réveilla lorsque le médecin vint nous voir de nouveau… Je m'étais préparé à l'annonce du décès du bébé mais étais-je vraiment près à ce qu'il m'annonce le reste puisque tuer le bébé ne voulait pas forcément dire sauver ma Bella…
