Tadadam ! Qu'avons-nous déjà là ? Le premier chapitre de Memoria. :) Ici, le début de la longue histoire d'Elisabeth pour sa petite fille, qui commence avec la première « vraie rencontre » entre la gryffondor et le serpentard... Enjoy ;D !
Bonne lecture **
Memoria.
Chapitre un : Une histoire de regards ▬
1er Septembre 1942
Comme je te l'ai dis, ma petite, c'est le premier septembre de ma sixième année, que Tom et moi nous nous sommes véritablement rencontrés. C'était en 1942. Oh, bien sûr, avant cela, je connaissais bien Tom Jedusor. Qui ne le connaissait pas, au sein de Poudlard, après tout ? Lui qui était connu comme l'élève modèle parmi les élèves modèles... Et puis, pour avoir été de la même année que lui, c'est plus d'un cours que j'ai partagé avec lui. Mais, à vrai dire, à part une ou deux politesses d'usages, les rares fois où je me trouvais être en binôme avec lui, faisaient qu'il était pour moi, même si je connaissais son nom, comme un total inconnu. Mais cela me convenait bien. En fait, avant cela, je ne m'étais jamais vraiment intéressée à Tom, à l'instar de nombreuses de mes camarades. Pour moi, il n'était qu'un... Garçon parmi d'autres. Certes plus brillant, mais quelle importance ? Il m'était indifférent autant que je lui étais indifférente, et cela nous convenait bien.
Mais tout cela a changé, et ce, par un simple regard, une simple phrase de ma part. Mais quelle phrase ! J'étais connue à l'époque pour ma spontanéité sans égale, qui me faisait dire tout ce qui me passait par la tête à la seconde même, et Tom n'y a pas échappé ! Ce qui, sur le coup, l'a beaucoup surpris, je peux te le dire. Je me trouvais dans le long couloir du train, lorsque c'est arrivé, en compagnie d'Edward Willys, mon meilleur ami de l'époque, lui aussi Gryffondor de sixième année. Je ne sais pas si je t'ai déjà parlé d'Edward. C'était un beau jeune homme aux cheveux blonds et aux grands yeux noisettes. Il était gentil, taquin, drôle, et intelligent. Oh, bien sûr il avait des défauts, cet Edward. Mais vois-tu, à l'époque, je ne les voyais pas, tant je me pensais être amoureuse de lui. Je l'avais rencontré durant ma première année, le pauvre, étant un né-moldu, était perdu, dans tout ce monde sorcier qu'il découvrait pour la première fois. Je suis alors venue à sa rencontre. Et notre amitié à germée dès cet instant, pour ne faire que grandir avec le temps. Et a cause de cela, je me sentais très mal, d'être amoureuse de lui, car je ne voulais en aucun cas briser toute cette belle complicité. C'est pour cela que j'avais décidé de ne rien lui dire.
Mais revenons-donc à nos moutons. J'étais donc avec Edward, lors de... « l'incident ». Lui, marchait tout à fait normalement, mais moi, simplement pour lui faire face dans nos discutions, m'était mise à marcher à reculons, livres dans les bras, et ce, sans regarder où j'allais, bien évidemment. Dès lors qu'on sait cela, il n'est pas très difficile de deviner la suite, n'est-ce pas ? Eh oui, ma petite, tu as deviné juste : Arrivé un moment, un obstacle percuta violemment mon dos. Si violemment que tous mes livres tombèrent à mes pieds. En me retournant, tout en exclamant maladroitement des excuses, c'est à Tom que je fis face. Après m'avoir fixé une petite seconde, il se contenta de me sourire, avant de ramasser mes livres. Moi, je demeura immobile, restant là, à le fixer curieusement. Je pense qu'avant que je n'ouvre la bouche, il s'imaginait sûrement être en face d'une de ces filles si amoureuses de lui qu'elles n'osaient dire un seul mot en sa présence. Mais ce n'était pas le cas. Si je restait muette, c'était tout simplement parce que d'aussi près, un détail le concernant ne m'avait pas échappé, et autant dire qu'il m'intriguait beaucoup. Lorsque Tom se releva pour me tendre mes livres, toujours dans ce même sourire, ma seule réaction fut de murmurer des remerciements, de prendre doucement ce qu'il me tendait, tout en le scrutant toujours de la même manière curieuse. Je pense que c'est là qu'il a compris que mon comportement n'avait rien a voir avec de la timidité ou un quelconque amour. Et je crois d'ailleurs également que j'ai commencé à beaucoup l'agacer lorsqu'il a compris cela. Mais gardant toujours bonne figure, c'est dans un sourire un peu forcé qu'il m'a dit cela...
« Ehm... Il... Il y a un problème ?
- Tes yeux... je me suis contenté de murmurer après une petite seconde de silence. Ta bouche sourit, mais pas ton regard. Ca te rend... Assez faux. »
Eh oui. Voilà donc ce que j'avais remarqué chez Tom. Les yeux sont le miroir de l'âme, et le simple manque de vie dans ses yeux lorsqu'il étirait ses zygomatiques rendait ses sourires beaucoup moins honnêtes. C'est quelque chose de très difficile à remarquer, évidemment. Aujourd'hui encore, je me demande comment j'ai pu voir cela. Je suppose que c'est d'être juste en face de lui à cet instant qui a permis cela. En tout cas, une chose est sûre ma petite : Tom ne s'attendait certainement pas à ça de ma part ! Et c'est quelque chose que j'ai pu comprendre de suite, à la vue du regard qu'il m'a lancé. Un mélange d'étonnement, de défiance, et de beaucoup d'autres choses que je n'avais pu identifier. Nous sommes restés là, à nous regarder de manières différentes, dans un mutisme sans égal, durant de bonnes secondes. Et puis, finalement, ce fut lui-même qui stoppa cet instant, souriant cette fois-ci en y incluant le regard, mais d'une manière donnant froid dans le dos, tout en déclarant doucement :
« Je ne vois pas de quoi tu parles, Thompson. »
Cette fois-ci, ce fut à mon tour d'être surprise, et pour cause ! Jamais je me serais doutée qu'il puisse se souvenir de mon nom, enfin, de mon nom de jeune fille en vue de l'époque, surtout pour les rares fois où nous avons pu nous... côtoyer, et là encore le mot est bien trop grand à mon sens. Mais en y réfléchissant, ce n'était pas très étonnant de sa part. Se tenir au courant de chaque personne, se souvenir de toutes personnes croisées, même les plus insignifiantes, voilà quelque chose qui lui ressemblait bien.
Enfin. Je ne sais pas combien de temps nous aurions été capable de nous toiser sans sourcilier de la sorte. Je ne sais pas pour lui, mais personnellement, j'attendais simplement et patiemment qu'il baisse les yeux le premier, ma fierté ne voulant pas être celle qui dévie le regard, cela pouvant être pris comme un signe de faiblesse par rapport à la personne. Eh oui, comme je te l'ai dis, j'étais une jeune fille si fier, si orgueilleuse... A l'époque, je dirais même que ce gros défaut, qui néanmoins pouvait être quelques fois une qualité, était une des principales choses qui me faisait réagir. Rares étaient les fois où ma fierté n'était pas prise en compte dans mes choix ! Et puis, son regard à la fois méfiant et perçant était si dérangeant... Mais pas forcément dérangeant dans le mauvais côté de la chose... Je ne sais pas, en fait. Mais bon. Malheureusement, et à mon plus grand malheur, je fus tout de même la première a détourner les yeux. Mais c'était un cas de force majeure, en même temps, car Edward, resté muet jusque là, venait de m'adresser la parole.
« Bon, Lizzie, je conçois parfaitement que ta libido ait besoin de satisfaction, mais les filles nous attendent, et-
- DE QUOI, ma libido ?! Je me suis exclamée en me tournant en direction d'Edward aussi vite que je le pu, rougissant à vue d'oeil. Ça va pas, j'suis pas comme ça, moi !
- Ouais, ben en attendant, on doit y aller, nous, alors tu vas me suivre, ma grande !
- Ta grande, elle t'envoie balader là où elle pense !
- C'est ça. »
Et c'est de cette manière si délicate et digne de lui-même qu'Edward parvenu à cet instant de me défaire de Tom. Eh oui, car profitant sûrement du fait d'avoir réussit à avoir toute mon attention, il m'a alors prise par le bras pour m'emmener de force là où on se dirigeait avant tout ce ramdam, à savoir dans le compartiment où se trouvait nos amies, certaines de mes colocataires depuis maintenant six ans. Durant une bonne vingtaine de mètres, j'ai pu sentir brûler dans mon dos le regard si particulier de Tom. Mais, malgré mon envie aussi irrésistible qu'inexpliquée, je me suis efforcée de ne pas me retourner. Pourquoi ? Oh, et bien... Par fierté, encore une fois, sans aucun doute...
Nous n'avons pas mis longtemps, Edward et moi, à trouver le compartiment tant recherché, après ça. Et aussitôt avons-nous ouvert la porte, qu'un bon litre d'eau vint nous recevoir, eau sortant bien évidemment des baguettes de nos amies, trouvant sans doute très drôle le fait de nous asperger d'eau gelée pour nous souhaiter la bienvenue. Enfin, Edward, pour sa part, a effectivement trouvé ça très hilarant, se contentant d'éclater de son rire joyeux, avant d'aller rejoindre les troubles-faits pour les câliner, encore trempé jusqu'aux os, en guise de vengeance. Moi, pour ma part, même si je dois avouer avoir tout de même bien rit devant leur propre hilarité, ai quand même été un peu plus vexée que mon meilleur ami, les insultant allègrement de tout ce qui me passait par la tête, avant de sortir ma baguette de ma poche pour nous sécher, Edward et moi, dans un petit soupire réprobateur.
C'est seulement après cela que je me suis assise à leurs côtés, à ces trois petites pestes facétieuses que j'aimais tant. Je pense que je t'ai déjà parlé d'elles trois, mais, qu'importe, je vais te rafraîchir la mémoire. Tout d'abord, nous avions Faith. Faith Richards. Mesurant à peu près la même taille que moi à cette époque là – c'est à dire pas plus d'un mètre soixante-cinq, voire soixante-dix, Faith était une blonde bien mignonne aux yeux d'un vert si beau que j'en étais presque jalouse. C'était aussi celle dont j'étais la plus proche. J'adorais son franc-parlé et sa non-délicatesse. Bon, lorsqu'ils m'étaient destinés, je dois avouer que je les appréciais un peu moins, ces traits de caractère... Mais bon. Venait ensuite Willow Paltodd, dite Will, sûrement la plus téméraire, farceuse et insouciante de notre petite « bande ». Lorsqu'une idée pas tellement recommandable était là, nous pouvions être sûre qu'elle venait d'elle. Ainsi, je n'ai pas tardé à deviner que l'idée de cet accueil aussi, venait d'elle. D'une taille plus petite, elle était brune, aux yeux aussi noirs que pétillants. Et puis, enfin, il y avait Mary, Mary Keggan. A la base, Mary était une fille très associable, et nous avons eu du mal à devenir à ses yeux des amies. Nous n'avions d'ailleurs réussit que l'année passée, quelques heures avant nos BUSES, en l'aidant à retrouver son porte bonheur, un bracelet qu'elle tenait de sa mère décédée, qu'elle avait égaré. Nous avons d'ailleurs faillit être en retard à cause de cela, mais qu'importe, car cela a fait germé notre amitié d'un beau bouton d'or ! Avant cela, elle restait toujours toute seule, sans que nous sachions pourquoi. A ce moment-là, elle n'était pas encore très à l'aise avec nous, et restait, à notre plus grand malheur, la plus part du temps muette comme une tombe. Mais nous étions quand même ravies de partager notre temps avec cette grande brune aux cheveux presque noirs et aux yeux d'un gris acier aussi pâle que la neige salie par le temps.
Et puis bien sûr, avec toute cette petite bande, il y avait moi et Edward. A part pour Mary, nous étions tous amis depuis notre première année, et il était hors de question pour nous de se perdre de vue, et ce, même après Poudlard. Nous étions naïfs et insouciants, car évidement, la vie en a voulu autrement, pour nous tous. Mais cela n'est pas le sujet, pour l'instant, alors passons. Bien sûr, dans toutes les bandes d'amis, il y en a toujours un plus autoritaire que les autres, rappelant ses amis à l'ordre. Et là, eh bien, c'était moi. Oh, bien sûr, je n'avais rien d'une rabat-joie, et aimais m'amuser tout autant que mes amis, seulement, j'étais toujours la première à voir les limites à ne pas franchir, et était toujours la première à en parler. Mais mes amis ne m'en voulaient pas pour cela, ils s'étaient même habitués à ce que je leur crie gare, parfois même attendant mon signal, si je puis dire. Cela faisait partie de notre petit fonctionnement.
« Eh bah alors, ria alors Faith tandis que je m'asseyais aux côtés de Mary. Vous en avez mit, du temps ! On a même fini par penser que vous saviez ce qu'il vous attendait en entrant !
- C'est pas ma faute, se défendit alors Edward en me souriant malicieusement. C'est Liz, qui était trop occupée à flirter avec Monsieur-Parfait-en-Tout... »
Encore une fois, j'aurais voulu protester contre ces taquineries, mais, mes amies ont été plus rapides que moi, sur ce coup-là. Se tournant toutes vers moi avec rapidité, même Mary, tandis que Faith et Will s'exclamèrent d'un grand et bruyant « quoi ?! » qui me fit grimacer, je me sentais comme prise au piège à cause d'une simple bêtise déblatérée par Edward. Et bien sûr, les réactions suivantes ne se firent pas attendre.
« T'as flirté avec Jedusor ?! S'est effaré dans un souffle et un rictus dégoûté Will, tandis que Faith faisait mine de prendre ma température.
- Mais non, roh, ai-je répondu tout en éloignant la main de mon amie de mon front. Vous allez pas croire ce que ce crétin vous raconte, on s'est juste bousculés et puis voilà.
- Dit-elle alors qu'ils se sont fixé une bonne vingtaine de secondes sans rien dire...
- Même pas vrai ! Pis t'exagère, c'étaient pas une vingtaine de secondes, c'étaient juste... Trois ou quatre...
- Même si c'étaient trois ou quatre, fit Faith, c'étaient trois ou quatre secondes de trop, ma p'tite. Il est louche, le Jedusor, trop parfait pour être honnête.
- Ca, c'est bien vrai !
- Vous partez bien vite en besogne, les filles, ai-je alors soupiré. C'est pas comme si on s'était soudainement embrassés avec passion, hein, c'était juste un regard échangé. Et puis vu ce que je lui ai sortit, il m'a très probablement prise pour une folle.
- HAHA ! S'est exclamée Will, victorieuse, en se levant pour me pointer du doigt. Ainsi donc, il n'y a pas eu qu'un regard, il y a aussi eut une parole ! Coupable, tu es coupable ! Qu'on lui coupe la tête, qu'on lui coupe la tête, qu'on lui coupe la tête !
- Pourquoi on lui couperait la tête ? S'effara Faith, sans comprendre.
- C'est tiré d'une histoire pour enfants Moldue, rigola Edward. Tu pourrais pas comprendre.
- Une histoire où on coupe la tête des gens ? Et vous lisiez ça, quand vous étiez petits ? Eh ben, ça explique pourquoi vous êtes si bizarres, vous deux... »
Devant un échange si rocambolesque et pourtant si quotidien pour nous, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Il fallait dire qu'entre Will et Edward, les deux né-moldus, et Faith, issue d'une famille de sang-purs, le choc des cultures était presque constant, mais si amusant pour moi, sang-mêlée, qui n'avait donc aucun problème de compréhension d'un des deux mondes. En ce qui concernait Mary, son ascendance était encore un mystère, pour nous, mais nous nous en fichions bien, aucun de nous ne portant grande importance au sang. Nous ne reviendrons pas sur le sujet Tom Jedusor de tout le trajet. Il faut dire que personne ne devait souhaiter en parler, Faith et Will ne le portant pas dans leur cœur, le trouvant beaucoup trop parfait pour qu'il soit blanc comme neige. Et puis, le fait qu'il soit celui ayant accusé Rubeus Hagrid, un de nos amis, d'être celui ayant ouvert la chambre des secrets – histoire que je t'ai déjà raconté beaucoup de fois, ce qui a conduit à son renvoi, leur est resté au travers de la gorge. Edward, lui, était comme moi, indifférent à Tom, s'amusant simplement quelque fois à lui trouver de petits surnoms, tel que « Monsieur-Parfait-en-tout » et autre chose. Quant à Mary, et bien encore une fois, mystère. C'était une jeune fille qui ne parlais pas beaucoup, et oh grand jamais d'elle même. Elle était très secrète, et assez mystérieuse à cause de cela. Il était donc très difficile de savoir ce qu'elle pensait de tel ou tel sujet. Mais de nouveau, nous ne lui tenions pas rigueur, et nous l'aimions aussi pour cela. Et puis, nous estimions qu'elle se confierait très certainement lorsqu'elle le voudrait, et nous ne voulions pas la brusquer.
Très vite, arriva le moment où le Poudlard Express stoppa sa course. Impatients d'arriver dans ce lieu qui était pour nous tous comme une seconde maison, nous nous sommes dépêchés de sortir, et comptions vite rejoindre les calèches, lorsqu'Edward remarqua quelque chose qu'il ne nous tarda pas à nous faire voir... Rubeus ! Eh oui, Rubeus, c'était bien lui qui appelait les nouveaux élèves à le rejoindre. Ainsi donc, il avait définitivement réussit à ne pas se faire renvoyer totalement de l'école ! Heureux et surpris de le voir, nous nous sommes alors dépêchés d'aller à sa rencontre pour le saluer et évidemment, en savoir plus sur sa présence.
« Rubé-nounet ! S'était exclamée Will en se dépêchant de le câliner, ignorant la gêne du demi-géant face à ce geste. Qu'est-ce que je suis content de te voir ! Alors c'est toi qui fait l'accueil, t'as la classe !
- Wi-Willow, je suis content moi aussi de te revoir... Tout comme vous tous ! J'espère que vous avez passé de bonnes vacances !
- Oh oui, ça, elles étaient bonnes, c'est sûr qu'après les BUSES, ça fait du bien... souffla Edward.
- Oh, c'est vrai que c'était votre année ! Et alors, vous les avez réussis, j'espère ?
- BIEN SUR QUE OUI, s'exclama Faith. Tu sais bien que c'est nous les plus forts, HAHA !
- Oh, eh bien tant mieux, je suis ravi pour vous !
- Et moi en tout cas, je fis alors, c'est de te voir si souriant, qui me rends heureuse. Après tout ce qui a pu se passer pour toi l'année dernière, si tu savais comme ça me fait plaisir ! »
A cet instant précis, alors que je disais à Rubeus cette phrase, la même sensation d'être regardée, épiée, arriva à moi. Tu sais, celle que j'ai pu ressentir lorsque Tom me regardait partir, dans le train. Étonnée, je me suis alors retournée à la seconde, mais rien. Ni Tom, ni personne d'autre ne me regardait. Et pour avoir été sûre d'avoir bel et bien sentit ce regard tout aussi brûlant que le dernier sur moi, autant dire que je fus un peu septique, sur le coup, continuant à regarder autour de moi quelques petites secondes avant de reporter mon attention sur mes amis.
Finalement, nous qui voulions être les premiers à monter dans les calèches, avons finalement finis les derniers, quelle ironie, n'est-ce pas ? Mais nous ne le regrettions pas, nous aimions tant notre cher petit – si je puis me le permettre – Rubeus... Un garçon en or, qui n'avait pas mérité toutes ces accusations à tort. A tort, oui, car jamais nous avons douté de son innocence. Après tout, voilà le rôle des amis, n'est-ce pas ? Enfin. Bien vite, nous sommes arrivés à la Grande Salle, cette fois-ci pressés d'apprécier le dîner qui promettait, comme toutes les années, d'être délicieux.
Et puis, alors que j'étais en pleine conversation avec Edward, riant aux éclats à chacune de ses blagues et taquineries, de nouveau, et alors que mon ami commençait à discuter avec Faith, je me sentie observée, fixée, encore de cette même manière. De nouveau sans attendre, j'ai levé mes yeux. Et cette fois, c'est bien sur un regard, je suis tombée. Sur son regard, bien évidemment. Tom. Il était là, de l'autre côté de la salle, assis à sa table, pile en face de moi. Doigts entrelacés devant lui, coudes posés sur la table, je pouvais, malgré la distance, distinguer parfaitement la noirceur de son regard. Mais il ne semblait pas sombre de méchanceté. Il semblait plus... En pleine réflexion. Oui, voilà. Comme s'il réfléchissait. Mais ce n'était pas pour ça que je n'allais pas le soutenir, ce regard. Surtout que je pouvais sentir qu'il n'avait pas simplement les yeux dans le vague, tant la pression de son regard me pesait. De nouveau, notre affrontement visuel dura de longues secondes que j'aurais pu définir comme des heures. Parce que cette fois-ci, il était hors de question pour moi d'être la première à faiblir, et ainsi à détourner les yeux. Une bataille, voilà comment je voyais cela, et mon orgueil faisait que je voulais absolument gagner, même si je devais pour cela ignorer mes amis.
Mais heureusement pour moi, je ne du pas avoir recourt à cela, car cette fois-ci, ce fut Tom le premier à détourner le regard. En effet, un élève semblant plus jeune, sûrement de première année, venait d'arriver à sa rencontre, sûrement pour demander quelque chose à son cher préfet. Toujours est-il qu'il a dès lors été obligé de porter son attention sur ce garçon pour garder bonne figure. Et je peux te dire, ma petite, que j'ai aussitôt pris cela comme une grande victoire, et j'en étais fière, de cette victoire ! D'ailleurs, je n'ai pas pu m'empêcher de continuer à le regarder, petit air fier, presque hautain sur le visage, sans oublier le petit sourire suffisant. A force de le regarder de la sorte, il a sûrement du se sentir observé. Toujours est-il qu'il lança un nouveau coup d'oeil sur moi. Et si au début ce coup d'oeil était certainement destiné a n'être que furtif, je peux te dire que lorsqu'il a vu la manière dont je le fixais, cela a bien changé. Et c'est là, en voyant son sourcil se hausser, tandis qu'il me regardait toujours de cette manière à la fois sombre et indifférente, que j'ai compris quelque chose.
Si nous avions tout deux gagné une bataille, je venais néanmoins à l'instant d'enclencher la guerre.
