Chapitre 1

Levant le bras maladroitement vers le tintement sonore de mon radio réveil, j'éteins cette affreuse machine qui me brise les tympans. L'horloge indiquait exactement 8h30 et je devais me préparer à mon RDV de 9 heures 30. Les yeux à peines ouverts et le corps allongé sur mon lit, je fixais le plafond de ma chambre avec lassitude.

Voilà maintenant plusieurs jours que je viens d'être diplômée en droit et ai décidée d'un commun accord avec mon père qu'après un mois de vacances bien mérités, je chercherais du travail pour commencer ma nouvelle carrière d'avocate. Mon père étant lui-même shérif, j'ai voulu lui rendre hommage en suivant cette voie.

A peine levée que j'attrapais mollement une serviette de bain afin de prendre une douche bien chaude qui me réveillera doucement de mon sommeil léthargique. La soirée d'hier soir avait eu raison de moi à enfiler bière sur bière, je ne tenais décidément pas l'alcool… Pourquoi m'entêtais-je à défier Emmett qui lui supportais très bien cette liqueur amère qui me donnait la nausée. Un mal de crane vint tambourinait mon pauvre cerveau trop déconnecté de la réalité pour réfléchir correctement. On était samedi matin et je devais rejoindre Edouard à un bar à dix minutes de mon appartement pour qu'on puisse discuter de notre relation qui depuis quelques temps s'était dégradée. Malgré tout l'amour que je lui portais, je ne supportais plus sa possessivité devenu presque maladif. Il m'empêchait de sortir avec mes amis sans qu'il n'y soit convié, pas que je ne veuille pas qu'il soit en ma compagnie mais il m'arrivait de temps en temps, d'avoir envie de passe une soirée entre filles auquel lui ne comprenait pas le pourquoi. La dernière dispute datent d'hier matin, je m'étais incrustée le soir même à une fête improvisée chez mon amie Angela et qui à ma grande surprise, mon très cher Emmett était présent. Celui-ci s'était littéralement jeté sur moi, me serrant de ses bras d'acier et finit par me relâcher lorsqu'il vit que j'étais au bord de l'asphyxie.

J'enfilais rapidement après ma douche un vieux jean et un chemisier blanc et m'apprêtais à sortir en trombe de mon appartement lorsque je fis tomber par inadvertance un objet de la table de mon chevet. Tournant la tête par simple réflexe, je me retrouvai à tenir le cadre d'une photo vieille de plusieurs années. Cette photographie me fit un pincement au cœur rien que de repenser à cette époque. Laissant glissais mon doigt sur les six personnes photographiés, mes yeux dérivèrent inexorablement sur la petite brune au air enjoué et je sentis comme une boule se former au creux de mon ventre. Alice me manquait plus que de raisons et je maudissais Rosalie et Emmett de s'être si soudainement séparés sans donner d'explications valables. Mais le temps me manquait alors sans plus de cérémonie, je reposais à la va vite le cadre sur la table et filais comme une flèche.

En moins d'une minute je me retrouvais dans ma vieille voiture auquel je n'avais pas eu le cœur de me séparer depuis mon lycée malgré les moqueries perpétuelles de mes amies. Elle était peut-être vieille et cabossée mais c'était une antiquité qui me tenait à cœur, un cadeau de mon père qui m'avait fait chaud au cœur. Enfonçant ma clé dans le contact, je démarrais au bout d'une dizaine de minutes, grommelant des injures envers mon pauvre tacos.

En peu de temps, j'arrivai sur les lieux et constatais qu'Edouard n'était pas encore arrivé. Je décidais donc de commander un café en attendant et m'avançais vers le comptoir auquel le barman m'accueillit avec un de ses sourires à faire fondre le pôle nord.

« Salut ma belle, qu'est-ce que je te sers ? » Celui là alors, il ne pouvait pas s'en empêcher... Jack était un très bon ami à moi, coureur de jupons certes mais un bon ami quand même qui savait être à l'écoute.

« Un café s'il te plaît ». Je le remerciais et me tournais pour trouver une place libre lorsque ma tasse butta contre un corps. Moi et ma maladresse légendaire je ne m'y ferais jamais.

« Excusez-moi mais je ne vous avez pas vu ! » M'excusez à la hâte en inclinant la tête. La personne en face de moi portait également un chemisier mais de couleur bleu indigo bleu qui maintenant arborait une immense et affreuse tâche en plein et ceux sur toute le chemisier. Je n'osais relever la tête, trop honteuse de ma maladresse.

« Ce n'est rien… » Me répondis gentiment une voix plus que familière qui me fit tiquer. Relevant le regard, je faillis tomber à la renverse en croisant des yeux couleur topaze et un sourire éblouissant. Mon cœur manqua un battement et les yeux de mon vis-à-vis qui au début avait un air rieur se changea vite en une expression choquée. La bouche entrouverte, j'étais incapable d'émettre le moindre son de ma bouche. Littéralement subjuguée par son regard, je restais immobile ne sachant comment réagir. Des années que je n'avais pas revue Alice et maintenant qu'elle se trouvait à moins d'un mètre de moi, je ne savais pas quel comportement adoptais.

Un silence pesant se fit sentir…

« Bella, tous va bien ? » intervint Jack qui nous fîmes sursauter toute deux.

« Euh… Oui, ce n'est rien » Répondis-je pas très convaincue. Et avant même que je ne m'en aperçoive Alice venait de s'échappée bousculant Edouard par la même occasion qui venait de franchir la porte du bar en me faisant un signe de la main.

Sans plus réfléchir, je m'avançais vers lui et m'assis à la première table libre à moitié déboussolée et il ne tarda pas à venir me rejoindre, l'expression irrité.