Voici une petite suite pour cette fic, parce que John et Greg le méritait ;) J'espère que cela vous plaira, et que vous m'en voudrez moins de cette façon^^
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Assis au bord de lit, Greg regardait son compagnon, qui dormait paisiblement à ses côtés. Lui n'avait plus eu de nuit tranquille depuis des mois. En vérité le sommeil le fuyait depuis des années, bien trop de choses en tête à cause du boulot, mais depuis la fameuse nuit où il s'était déchiré avec John quand celui-ci lui avait avoué son incartade, c'était pire que jamais. A cette période il s'était noyé dans le travail, quitte à mettre sa santé en jeu, ne voulant plus vivre sa vie désormais qu'il était seul. La douleur de la trahison avait été intense, tellement forte qu'il avait craint pendant longtemps de ne pas y survivre. Il s'était senti sali et avait détesté John pour cela.
Le soir en question, sans réfléchir plus avant, il était parti en claquant la porte. Errant dans les rues froides, il avait finalement échoué dans un hôtel miteux qu'il n'avait pas quitté pendant deux jours, ne donnant signe de vie à qui que ce soit. Cette coupure avec le monde lui avait permis de faire le point, de réfléchir à la façon dont il envisageait l'avenir. Une part de lui aurait préféré que John ne lui dise rien. Rester dans l'ignorance aurait été certainement plus simple à vivre. Pourtant il avait comprit la franchise de son compagnon, la preuve que le respect au moins avait toujours fait parti de leur relation. A défaut de la fidélité. Néanmoins il n'envisageait pas le lui pardonner. Il y avait beaucoup réfléchi, passé des heures à peser le pour et le contre, à envisager sa vie loin de Watson… Cela avait été difficile de se concevoir à nouveau célibataire après avoir été aussi amoureux, en l'étant toujours. Pourtant c'était inéluctable, il ne pouvait plus rester avec John, n'éprouvant plus la moindre considération pour lui. Si l'amour demeurait, la haine avait fait son apparition, ruinant tout sur son passage.
Trahi, humilié, abattu, il avait finalement regagné son appartement, pour y trouver un John angoissé, malheureux, qui se rongeait les sangs depuis deux jours. Cette vision du désespoir avait fait du bien au policier, ainsi il n'était pas le seul à souffrir, c'était réconfortant d'une certaine manière. Il avait eu de cette façon la preuve que cette histoire qui tombait en lambeaux n'avait pas comptée que pour lui, comme il l'avait craint un moment. Le médecin avait supplié, pleuré, s'était traîné à ses pieds, lui demandant de réfléchir encore, de lui pardonner. Spectacle pitoyable devant lequel Greg n'avait pu rester indifférent. Il en était ainsi venu à reconsidérer sa décision parce que voir John comme ça, malgré le mal qui lui avait fait, lui brisait le cœur, si tant est qu'il y avait encore quelque chose à briser étant donné les dégâts qu'il y avait déjà dans cette zone sinistrée. Mais alors qu'il s'apprêtait à prendre son compagnon dans ses bras, à lui promettre que rien ne les séparerait jamais, une vision s'était imposée à lui. Celle de deux corps nus en osmose, deux êtres au fait de leur plaisir, gémissant et grognant sous les caresses et les baisers. John et Mycroft qui faisaient l'amour… C'était trop pour Lestrade, qui avait secoué vivement la tête tandis que ses yeux se remplissaient de larmes. Il ne pouvait pas vivre avec cette vision, il ne pouvait pas pardonner en sachant ce qu'il s'était passé. John était à lui, du moins l'avait-il cru jusque-là. Qu'un autre ait pris sa place, même pour un bref instant, était plus qu'il ne pouvait en supporter.
Il avait compris alors que quelque soit l'amour qu'il éprouvait encore, la rancœur était la plus forte, durcissant son cœur, diluant son chagrin… Une rancœur telle qu'un bref instant elle lui avait donné envie de frapper l'homme suppliant, pitoyable loque qui ne méritait nul pardon. Pourtant Greg n'était pas homme à se laisser gagner par ce genre de pulsions. Retrouvant son calme, il avait décidé de ne pas faire plus de mal que nécessaire. C'est donc d'un ton froid mais sans méchanceté inutile qu'il avait expliqué au médecin qu'il ne voulait plus de lui dans sa vie, qu'il ne pouvait plus l'aimer. Encore un intsant le blond avait tenté de l'émouvoir avant de sembler accepter enfin l'inéluctable, comme si quelque part il s'y était préparé pendant ces quarante-huit heures d'incertitude. Sans un mot de plus, essuyant ses larmes, il avait quitté la pièce pour faire sa valise, rassemblant les quelques effets personnels qu'il avait peu à peu emmené au fil de ses séjours ici. Greg était resté immobile pendant ce temps, débout devant la porte d'entrée, le regard dans le vide, essayant de toutes ses forces de ne pas penser.
Et John s'était présenté devant lui une toute dernière fois, excusé à nouveau puis avait indiqué qu'il retournait à Baker Street. L'aîné avait hoché la tête, incapable à ce stade de seulement prononcer un mot. Et la porte s'était refermée sur l'homme qui avait tant compté. Désormais seul dans cet appartement décidément bien trop grand pour lui, il s'était finalement effondré.
Les quelques semaines suivantes avaient été difficiles. Les regards de pitié étaient exaspérants, surtout que très peu étaient sincères, la plupart provenant plutôt d'individus qui ne s'étaient jamais gênés pour critiquer sa relation avec le médecin. Greg dans le même temps s'était noyé dans le travail, s'acharnant sur certaines enquêtes comme il ne s'était jamais acharné, et sans l'aide de Sherlock encore. Il n'avait pas recontacté le consultant pendant un bon moment effectivement. Pas le courage de soutenir son regard inquisiteur. Et certainement pas davantage la force de côtoyer le meilleur ami de John et le frère de celui qui lui avait tout pris.
Puis la vie avait repris son cours peu à peu. Un matin il avait constaté qu'il abordait la journée à venir sereinement, sans cette envie de pleurer qui l'avait étreint si longtemps. Les jours suivants avaient été dans la même veine. Il avait recommencé à faire appel à Sherlock sans que cela ne lui en coûte. Et il avait rencontré Harry. Médecin légiste, celui-ci venait tout juste de débarqué à Londres. Bisexuel assumé, avec une assurance hors du commun, il respirait la joie de vivre… Bref, l'opposé du policier usé. Pourtant, et malgré une certaine différence d'âge non négligeable, c'était Harry qui avait fait le premier pas. Flatté, bien rapidement attiré, Greg n'avait pas mis longtemps à succomber. Se convaincre depuis lors qu'il ne pensait plus à John était aisé et fonctionnait presque, la plupart du temps.
Sherlock, pas plus que Mrs. Hudson qu'il allait voir de temps en temps, ne lui parlaient jamais de John et il leur en savait gré. C'était plus facile ainsi. Mycroft l'avait contacté quelques mois après l'évènement. Un simple mail dans lequel il exprimait sa volonté de s'excuser en personne si seulement le policer acceptait de le rencontrer. Lestrade n'avait pas donné suite. A quoi bon entendre des excuses absurdes et hypocrites ? Cet homme avait ruiné sa vie en lui prenant ce qu'il avait de plus cher. S'il se retrouvait en face de lui, il était bien capable de lui coller une balle dans la tête. Mieux valait donc éviter la tentation.
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Sans le moindre souvenir de s'être endormi à un quelconque moment, Greg émergea d'un sommeil agité tandis qu'une odeur agréable de café flattait ses narines. La nuit avait été courte pourtant il ne se sentait pas plus mal qu'un autre jour. Il était fatigué, avait un mal de tête persistant et envie de fumer, la routine en somme. Pourtant quand il arriva dans la cuisine, où son compagnon préparait le petit-déjeuner, il se sentit un peu mieux. Il appréciait sa vie avec Harry, il avait l'impression d'avoir retrouvé une existence à peu près normale. Harry leva les yeux vers lui, un beau sourire sur les lèvres.
« Hey, salut toi ! Café ?
- Je tuerais pour une tasse », confirma le policer en s'approchant pour l'embrasser.
Ils mangèrent en silence, Greg savourant cette relation simple qui s'était peu à peu développée entre eux.
« Tu finis à quelque heure ce soir ? s'enquit-t-il ensuite tandis qu'il déposait sa vaisselle dans l'évier. On pourrait retourner dans ce petit bistro français qu'on a découvert le mois dernier. Ça te tente ?
- Greg attends, assieds-toi. Il faut qu'on parle. Ça fait quelques temps que ça me trotte dans la tête, je cherchais le bon moment. Celui-là est aussi bien qu'un autre je suppose. »
Lestrade reprit donc place à table, un mauvais pressentiment lui vrillant la poitrine, faisant battre son cœur un peu trop vite. Son compagnon prit sa main dans la sienne en lui adressant un sourire tendre.
« Ecoute, je t'aime vraiment beaucoup, commença Harry, et j'aime le temps que nous passons ensemble. Mais je crois qu'il est clair que nous n'avons pas d'avenir ensemble.
- Harry…
- Laisse-moi finir. On est trois dans ce couple et ça fait un de trop. J'y ai beaucoup réfléchi et je ne vois qu'une solution, c'est à moi de m'effacer. Tu es encore amoureux de ton ex, même si tu essaies de te convaincre du contraire.
- Bien sûr que non ! Comment pourrais-je encore l'aimer après le mal qu'il m'a fait !
- Oui il a fait une erreur. Mais qui n'en a pas fait ? De toute façon tu sembles incapable de vivre sans lui. Rien que pour cette raison tu ne crois pas que ça voudrait le coup de lui pardonner ?
- Je ne me sens pas prêt pour ça.
- Soit. Mais il est évident que tu n'es pas davantage prêt pour vivre autre chose. »
L'aîné baissa les yeux en soupirant. C'était la vérité, aussi douloureuse soit-elle à admettre. Il se sentait bien avec cet homme, à nouveau vivant, pourtant il n'était plus capable d'envisager sereinement son avenir comme il le faisait quand il était avec John. Pour la toute première fois il comprit qu'il avait peut-être fait une erreur finalement en se montrant si intransigeant en laissant le médecin partir. Pour autant il n'était pas sûr de savoir ce qu'il devait faire à présent.
« C'est peut-être cliché, reprit le légiste, mais je ne peux que te conseiller d'écouter ton cœur.
- Et toi ? s'inquiéta Greg.
- Moi ? Je ne me sens pas encore de me caser. Je ne dis pas que je n'aurais pas voulu le faire avec toi, mais les conditions ne sont certainement pas idéales.
- Je suis désolé.
- Arrête. Je sais bien que c'est pas de ta faute. Quand on s'est rencontrés je savais que tu traînais de sacrés casseroles. J'ai quand même voulu tenter le coup et je ne regrette rien. Ces quelques mois étaient géniaux. T'es un type bien, Watson a de la chance. Et je suis certain qu'il ne répètera pas son erreur.
- Je n'ai pas encore dit que j'allais effectivement lui pardonner.
- Tu oublies que je te connais par cœur », sourit Harry.
Ils restèrent quelques instants à se fixer, les doigts du plus jeune caressant tranquillement la paume de Greg.
« Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? ne put s'empêcher d'insister celui-ci.
- C'est ce qu'il y a de mieux pour tous les deux, crois-moi. »
Le policer hocha lentement la tête, ne pouvant qu'abdiquer. Après tout l'autre homme était totalement dans le vrai et cette séparation apparaissait comme la seule chose à faire. Un sourire triste éclaira ses lèvres.
« Je suis désolé », répéta-t-il.
Harry acquiesça à son tour avant de se lever. Il se rapprocha de Greg et l'embrassa doucement. L'échange était agréable, même s'il avait déjà douloureusement un goût de nostalgie.
« Je repasserai dans la soirée récupérer mes affaires. J'imagine que je peux espérer que nous restions amis, étant donné que nous nous reverrons souvent…
- Bien sûr, s'écria Greg. Je n'imaginais pas autre chose. »
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Moins d'une semaine plus tard, alors que le soleil déclinait à l'horizon, Lestrade était planté, raide comme un piquet, la gorge sèche et le cœur cognant dans sa poitrine, devant une petite maison élégante. Alors que le moment fatidique était arrivé il n'était toujours pas certain d'avoir bien fait de venir.
Retrouver John n'avait pas été bien difficile, il était flic après tout, pas davantage que prendre quelques jours de congés, les premiers depuis une éternité. Sans en comprendre la raison, il avait même pris la peine d'informer Sherlock de son projet. Celui-ci, habituellement si froid et peu enclin à montrer ses sentiments, n'avait pas caché sa satisfaction cette fois. Il avait avoué être enchanté que par cette démarche Mycroft n'ai pas gagné, puisque ses actes seraient réparés, quoi que pas par lui. Puis le détective avait enjoint Greg de ramener John avec lui. C'est à cet instant que l'aîné avait réalisé qu'il n'était pas le seul à avoir tout perdu. Sherlock aussi était seul depuis des mois, abandonné par la seule personne qu'il estimait vraiment, qu'il aimait même. A ce constat le policier avait agi à l'instinct, serrant d'un geste gauche le plus jeune dans ses bras. Holmes n'avait rien dit mais avait semblé décontenancé par un tel acte. Rétrospectivement Greg lui-même se demandait pourquoi il avait fait cela. Peut-être parce que pour la toute première fois il s'était senti tout à fait proche de ce jeune homme qui se déclarait résolument sans attache.
Le voyage en train lui avait paru durer une éternité. Certes il avait mis ce temps à profit pour organiser ses idées, répéter inlassablement un petit discours qu'il préparait déjà depuis un bon moment dans sa tête, mais tandis que la confrontation se profilait, l'angoisse montait, devenant difficilement supportable. A chaque arrêt en gare, il avait été à deux doigts de descendre sur le quai pour simplement faire demi-tour, rependre du même coup sa petite vie simple et sans prise de tête. Mais c'était justement la perspective de cette monotonie quotidienne qui le retenait systématiquement. Quoi que pas vraiment de gaieté de cœur, il était donc arrivé à bon port.
Réunissant tout son courage, il se décida à appuyer sur la sonnette. Une dernière fois il fut tenté de prendre ses jambes à son cou après cet acte de bravoure. Mais ces mêmes jambes lui faisaient l'impression d'être coulées dans du béton, envisager seulement de les mettre en mouvement était impensable. Alors il attendit. Il s'écoula plusieurs minutes, le poussant à songer avec soulagement que John était peut-être tout simplement absent. Ainsi il aurait plus de temps pour préparer cette conversation, ce qui ne serait pas un luxe finalement. Ou alors John avait refait sa vie, comme lui s'y était essayé, et passait la soirée avec cette personne. A cette idée il paniqua totalement. Venir jusqu'ici sans s'annoncer avait été absurde et naïf. Il aurait dû se contenter plutôt d'un simple coup de fil. Ainsi la déception aurait été moindre.
La porte d'entrée s'ouvrit à cet instant, coupant court à toutes ses réflexions, sur un John qui venait manifestement de se réveiller. Il était pourtant tôt, Greg avait fait en sorte de venir en tout début de soirée. Le médecin le fixa en écarquillant les yeux.
« Greg ?
- John.
- Je rêve ? Qu'est-ce que tu fais là ? Et pourquoi ?
- A la vérité je n'en sais rien », souffla Lestrade en baissant les yeux.
Gênés autant l'un que l'autre, ils restèrent un moment silencieux, tentant d'appréhender la situation. Greg s'était préparé à cela depuis des jours, mais il n'avait pas prévu toutes ces émotions qui étaient en train de remonter à la surface. Retrouver un John toujours aussi séduisant, et cet air désespéré qu'il avait pu lire dans ses yeux… C'était trop pour lui. Toute cette tristesse, cette culpabilité, cette inquiétude… Il ne pouvait pas gérer tout cela.
Quoi que surpris, Watson fut le premier à se ressaisir. Il parvint même à esquisser un petit sourire avant de reprendre la parole.
« Entrons », proposa-t-il doucement.
Toujours sans un mot Lestrade le suivit à l'intérieur, jetant des coups d'œil partout pour noter tout ce qui l'entourait. Pas grand-chose à la vérité. Des murs blancs désespérément vides, pas le moindre bibelot, la moindre photo… Le peu qu'il y avait ici ne l'était que pour des raisons fonctionnelles. L'intérieur typique d'une habitation provisoire, ce qui réjouit le policier. Ainsi ramener le propriétaire de ces lieux à Londres ne serait peut-être pas si difficile. Dans le salon il remarqua un plaid en boule sur un coin du canapé et la télévision allumée avec le son très faible, voilà probablement où John dormait à son arrivée.
« Assieds-toi », invita le blond en indiquant le divan.
Greg obtempéra tandis que l'autre homme s'installait dans le fauteuil, maintenant volontairement une certaine distance entre eux.
« Tu veux boire quelque chose ?
- Non. Non, ça va, merci. Je ne te dérange pas au moins ?
- Tu plaisantes ? J'ai mangé un reste froid de pizza, debout au-dessus de l'évier, avant de m'endormir devant un jeu débile à même pas dix-neuf heures. J'ai une vie sociale particulièrement active comme tu peux le voir. »
Lestrade lâcha un petit rire qui termina de le détendre tout à fait.
« Et si tu me disais ce que tu fais là ? reprit la cadet.
- J'avais besoin de te voir. La façon dont on s'est quittés… Je sais pas, j'ai juste pas mal de regrets. Pas toi ?
- Pas moi ? Tu plaisantes ? Greg, depuis qu'on s'est quittés… J'en crève ! J'ai espéré plus d'une fois qu'on se revoit et je me suis toujours promis de jouer à ce moment-là les fiers, de préserver ma dignité. Mais finalement je me fiche bien de ce que tu peux penser de moi. Tu me manques !
- Tu me manques aussi, pourtant je ne peux pas pardonner. Tu m'as fait si mal.
- Je sais. Je te l'ai déjà dit, je suis terriblement désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris, même après tout ce temps. L'idée de nous marier, même si j'en avais envie, me terrifiait. Et Mycroft était tellement… Mycroft. C'est pas des excuses valables bien sûr. Ce que j'ai fait… Je comprendrais que tu me détestes. Mais le fait est que moi je t'aime. Toute cette année loin de toi, j'ai jamais cessé de t'aimer. Je sais que je ne suis pas digne de toi ni de cette amour… »
Greg hocha lentement la tête, prenant le temps d'intégrer autant chacun de ces mots que les réactions qu'il provoquait chez lui. Puis il se pencha en avant, se rapprochant du même coup de John, qui demeurait comme pétrifié à ce geste, et prit sa main dans la sienne, nouant tendrement ses doigts aux siens.
« Je ne te déteste pas John. Dieu sait si j'ai essayé pourtant. Je déteste Mycroft et serais bien capable de vider le chargeur de mon arme sur lui si d'aventure je devais le recroiser un jour. Mais toi… non. Je me suis haï pour ne pas avoir su te retenir, par moment j'en ai même voulu à Sherlock pour avoir un frère pareil… Te concernant c'est plus flou. J'avoue ne pas savoir où j'en suis.
- Mais tu es là.
- J'ai agi sous l'impulsion du moment. Pas sûr d'avoir fait le bon choix.
- Moi j'en suis certain au contraire. »
Se fixant du regard, les deux hommes gardèrent alors le silence, faisant le point. Le moment était fragile, tout pouvait encore basculer, et là plus aucune chance de sauver les meubles. Il fallait faire les bons choix, prononcer les bons mots. Aucun des deux pourtant ne semblait capable de prendre cette responsabilité.
Le cœur battant la chamade, une boule dans la gorge, John réalisa finalement que c'était à lui de faire l'ultime pas. N'était-ce pas lui après tout qui un jour avait tout gâché ? C'était donc à lui de réparer, ou du moins de tout tenter pour cela.
« Greg, est-ce que je peux espérer une seconde chance ? Est-ce que toi et moi on peut reprendre cette relation qui a tant compté ?
- Non. »
Un mot. Un seul mot et John crut mourir. Un seul mot et plus d'espoir. La mort dans l'âme, le cœur au bord des lèvres, il tenta de retirer sa main de cette étreinte qui soudainement ne voulait plus rien dire, mais le policier le retint.
« Tu ne m'as pas compris John. Je ne veux pas reprendre là où on en était, je veux redémarrer à zéro. Plus de fiançailles, plus de vie à deux pépère, on fait table rase du passé et on recommence tout. Premier rendez-vous, premier baiser, premier flirt, première fois, premier "Je t'aime"… Et on verra où tout ça pourra nous mener. J'ai besoin de réapprendre à t'aimer.
- Et je peux te promettre que tu ne seras pas déçu, plus jamais, dit le blond avec un petit rire. Oh Greg, je t'aim…
- Non, ne le dis pas. Pas maintenant, l'interrompit vivement Lestrade en se levant. Dis, y a un restaurant sympa ouvert à cette heure-ci dans ce bled ?
- Premier rendez-vous ?
- Premier rendez-vous.
- Je connais l'endroit parfait », confirma John.
Le regard échangé cette fois était empreint de tendresse, et d'espoir. Ce même espoir qui leur avait si cruellement manqué durant de longs mois. Greg sut à cet instant qu'il n'avait plus de raison de douter. John ne le trahirait plus, il pouvait le lire dans ces prunelles claires qui ne le lâchaient pas. Sans se lâcher la main, ils se mirent en route, ravis de cet avenir prometteur qui se profilait.
THE END.
