"Les enfants, connaissez-vous la légende du sorcier Pezell ?"

Les enfants face à l'assistante maternelle clignèrent plusieurs fois des yeux à l'écoute du nom puis s'écouèrent avec rapidité leurs têtes de droite à gauche excités à l'idée d'écouter une histoire.

"Pezell était un sorcier fier et puissant, Il sillonnait les routes à la recherche d'un adversaire à sa mesure. Sans fois ni loi, l'homme attaquait sans retenue ni pitié qui se dressait devant lui.

Le grand merlin, déçu de voir son descendant déverser son pouvoir pour faire le mal, supplia les divinités des saisons de l'aider à ralentir la balade meurtrière du sorcier. Le printemps, l'été et l'automne écoutèrent la prière du vieux sorcier. Les saisons touchées par le discours du premier des sorciers abandonnèrent un à un leurs immortalité afin d'arrêter la soif de sang de Pezell.

Le Printemps descendit sur terre le premier, il créa une large prison de fleurs immortelles, ordonnant aux racines des arbres de maîtriser le sorcier meurtrier. Pezell ravi d'avoir provoqué les dieux pointa le mûr de fleurs de sa baguette et y mit le feu à toutes les plantes composants sa geôle. Sous la douleur incendiant son cœur, le printemps roula sur le sol avant de recevoir la grâce d'un sortilège mortel.

L'été sous le choc de voir son ami périr, se précipita sur la terre a son tour. Utilisant dans son empressement le soleil afin de se réduire en cendre son ennemi. Le mage noir ricana a s'en époumoner, il éleva entre eux un bouclier réfléchissant parrant et renvoyant la puissance des flemmes contre son propre invocateur. L'été grièvement blessé s'écroula à son tour à terre, se faisant anéantir par pezell ivre de puissance.

L'automne, abasourdi par la violence du sorcier regarda d'abord autour d'elle, réticent à descendre. Puis dans un élan de bravoure, elle détentrice du pouvoir d'anéantissement de la vie s'opposa au mage. A l'égard de ses camarades, elle décida finalement de descendre à son tour. Alors qu'elle s''apprêtait à faire pleuvoir sur le sorcier une pluie d'épines de fleurs empoisonnées, pezell lui rigola au nez. Puis hurla quelques mots déconcertant l'automne dans son incantation.

" Si je te tue, cela fera de moi le sorcier qui aura vaincue toutes les saisons !"

L'automne leva la tête interrompu, surpris par la force du sort mortelle qui filait sur elle. Elle tomba à terre, laissant derrière elle quelques cendres d'un vert bleuâtre.

Tandis que le sorcier commençait à reprendre son chemin, pensant avoir vaincu toutes les saisons envoyées par merlin. Le vieux sorcier supplia la plus distante et craintive des saisons, l'hiver, restée éloigné du champ de bataille. Elle qui avait toujours été vue par les autres saisons comme destructrice et inaccessible s'opposa à intervenir. Le désespoir du vieux sorcier la toucha, résonnant un peu sur sa propre condition solitaire. L'hiver s'énerva, voulant venger leurs créateurs.

La colère de l'hiver se révéla puissante et gela instantanément les pieds du mage noir avant même d'avoir atteind le sol . Dans son déchaînement, la tempête hivernale lancée par la saison emporta avec violence le sorcier dans les courants d'aire glaciales le givrant et le brisant en mille morceaux. L'hiver n'arriva pas à retenir sa rage et emporta définitivement le sorcier dans une tempête de givre. C'est ainsi que Pezell mourut.

L'hiver n'arrivant pas à calmer sa colère dévasta le monde sorcier et moldus d'un hiver rigoureux et long durant plusieurs longues années. Le grand Merlin peiné par l'hiver décida d'offrir aux saisons défuntes des héritiers afin de consoler le chagrin de l'hiver causé par la perte de ses amis. La saison, reconnaissante de voir ses camarades revivre, décida d'elle aussi fabriquer un héritier qui garderait en mémoire le devoir de retrouver le printemps l'été et l'automne afin de construire un équilibre durable. "

Le petit garçon au premier rang écoutait l'histoire de leurs maîtresse avec beaucoup d'attention. Tandis qu'autour de lui tous les enfants reconstituaient avec imagination le combat, lui semblait s'être perdu dans l'histoire.

" Maîtresse les sorciers ça existe vraiment ?" S'écria une fillette des étoiles nichées dans les yeux.

La femme gloussa doucement,

" Non, les sorciers n'existent pas. C'est une légende, après tout il faut bien faire rêver. "

Severus posa ses yeux sur ses mains, l'histoire avait pourtant heurté quelque chose dans son cœur. Une petite boule s'était mise à électriser sa poitrine, comme un vieux souvenir enfoui encore trop lourd à supporter. Trop petit pour comprendre, il passa rapidement a autre chose et oublia cette histoire jusqu'à ce que ses mains ne parviennent plus à se réchauffées.