Bien le bonsoir lecteurs de mon coeur,
Tout d'abord un grand merci pour vos reviews je suis heureuse de voir que ce Recueil vous plaît.
Merci à toi L-SK pour ta RA :)
Bon j'espère avoir été suffisamment pour vous ;)
Un grand merci à Lyly7 qui reprend du service avec cette fic' et qui est à nouveau une alliée parfaite !
Ce moment met en scène deux personnages que vous apprécierez j'espère...
Laissez-moi vous dire que vous devriez aimer le prochain également qui est presque terminé !
J'espère que la mise en page ne va pas encore me faire de caprice !
Bonne lecture.
FRAGILES
« Ça pourra sans doute t'intéresser »
Sans préambule. Comme ça. Tony Stark a lâché le dossier relié sur la table. Il est apparu sous ses yeux dans un bruit sec.
Dehors, il pleut. L'eau tâche le paysage et elle, elle sent sans y accorder d'importance la pluie glacée qui s'abat contre ses joues et les assauts du vent qui font vibrer les carreaux.
Elle se souvient de la façon dont elle lui avait demandé s'il pouvait, dans les dossiers piratés du SHIELD, retrouver la liste de ses victimes. Toute la liste.
Elle ne savait pas si elle voulait vraiment la lire. Etait-ce juste simplement possible ?
Elle fait glisser les feuilles entre ses doigts. Epais. Bien trop épais.
Son cœur résonne contre ses tempes, au coin de ses lèvres tremble un soupir d'angoisse.
- Il faudrait fermer cette fenêtre.
- Pardon ?
- La fenêtre, il faut la fermer.
Un chignon désordonné fait à la hâte, un tailleur impeccable, Miss Potts l'observe derrière ses grands cils noirs, un pli soucieux barrant son front.
Natasha cligne une fois des yeux, puis deux avant de reprendre contenance, s'éclaircissant légèrement la gorge.
- Oui. Faites.
- Agent Roumanoff ?
Mais déjà Natasha ne l'écoute plus, son regard frôle une liste de noms. Les trois premiers. Et ses yeux la brûlent, vierges de larmes qui refusent de se déverser depuis bien longtemps.
- Natasha.
Une main laiteuse se pose sur les dossiers et la jeune femme refoule lentement l'envie de tordre ce bras qui s'est immiscé entre elle et l'objet de ses pensées.
Elle darde un regard brûlant sur la femme qui lui fait face, un éclat de défi dansant dans ses prunelles.
- Miss Potts ? Demande-t-elle alors qu'elle transpire l'agacement.
Pepper se redresse lentement et remet sa chemise en place. Vieille habitude qui colle à la peau.
- Vous ne devriez pas vous infliger cela.
Elle serre les dents, elle n'a jamais aimé qu'on intervienne dans ses affaires. Lentement, comme si l'effort lui coûtait, elle referme le dossier. Plus tard.
- Mais peut-être que je devrais m'occuper de mes affaires.
Un soupir las s'échappe de ses lèvres.
- Probablement.
Le ton, sans être dur, recèle une profonde amertume.
Pepper tire une chaise de sous la table et vient s'y asseoir laissant les gouttes de pluie mouiller son superbe chemisier blanc. La jeune femme à ses côtés ravale un sifflement de désapprobation.
- Je vous envie, vous savez, déclare-t-elle subitement.
Elle baisse les yeux alors que son vis-à-vis digère l'information, attendant qu'elle poursuive.
- Vous êtes une femme d'action. Savez-vous ce que c'est d'être toujours en arrière ? D'attendre, avec la peur qui vous ronge le ventre ? On n'est jamais préparé à être seul. Ça arrive comme ça. Violent et agressif. Empoisonnant. Et on doit s'adapter, sinon on est englouti dans un gouffre sans fin.
Elle reprend sa respiration.
- C'est idiot, je le sais. Vous devez me trouver stupide. Qui a envie de risquer sa vie ?
- Non je… A vrai dire, je comprends.
Pepper relève les yeux, un instant interloquée.
- Je préfère ma place à la vôtre, fait-elle avec un sourire discret.
Et puis alors que leurs regards se rencontrent, un rire. Un rire un peu fou, un peu branlant qui traverse leurs lèvres, secouant leurs épaules. C'est si léger et ça fait du bien, à tel point que ça finit par faire mal.
- Il y a Tony, aussi.
Le rire cesse, brutal, comme si l'atmosphère s'était soudainement refroidie.
- Tony ?
- Je sais bien comment il vous regarde.
Natasha ouvre la bouche, pour protester, mais Pepper est plus rapide, les mots ont fusés, très vite, de peur qu'elle ne puisse pas les dire après.
- Il ne le dit pas, pas plus qu'il ne le montre, mais il vous admire, il y a cet espèce de respect mêlé de fascination lorsqu'il s'adresse à vous depuis cette première fois, peut être que... Si je n'étais pas là...
- Oui, mais vous y êtes, claque Natasha d'une voix un peu dure pour fuir la conversation.
- Comme Barton.
Laconiques, les mots coutumiers de Natasha se pressent contre ses lèvres mais lorsqu'elle rencontre le regard suppliant de la jeune femme qui lui fait face, elle se ravise.
- Comme Barton… Souffle-t-elle à demi-mots, comme si avouer ses faiblesses était quelque chose de particulièrement désagréable.
- Vous l'aimez, affirme l'autre avec des accents de pitié qui donne la nausée à Natasha.
- Je ne sais pas aimer, répond-elle sur la défensive.
- Tout le monde sait, vous avez juste oublié comment on fait.
Un silence s'installe. Il n'a rien de gênant, il est de ces silences qui permettent de voir plus loin, d'organiser ses pensées.
- Je l'ignore... Finit-elle par souffler. Je suis abîmée et j'ai juste… besoin de lui. Je n'imagine pas un monde où il ne marcherait pas à mes côtés pour soutenir mes pas hasardeux. Est-ce que c'est ça ?
Pepper fronce les sourcils, semblant peser ses mots.
- Je ne sais pas. J'imagine.
- Vous, qu'est-ce que ça vous fait ?
- Je… Réfléchit-elle. C'est simplement un combat permanent contre moi-même. Chaque jour, lorsqu'Iron Man est en mission, la peur me coupe le souffle et je me dis que c'est la dernière fois, qu'il faut que j'arrête ça, que je vais finir par me consumer lentement, engloutie par des sentiments qui me ballottent comme si je n'étais qu'une poupée de chiffon. Et puis, quand il est là, j'oublie tout cela et je sais que je pourrais recommencer mille fois, juste pour le sentir vivant et près de moi.
L'expression dure de la Veuve Noire la déstabilise quelque peu, jusqu'à ce qu'elle aperçoive l'éclat de ses yeux, brillants.
- Je vois, dit-elle en se raclant la gorge, mal à l'aise.
Et Pepper sait qu'il est temps de changer de conversation. Il n'est pas bon de s'éterniser sur des sujets douloureux, la vérité est parfois blessante, fourbe.
- Vivez au présent, Natasha.
Elle pointe les dossiers d'un revers de la main, nonchalant, comme si cela pouvait atténuer l'impact des mots.
- On ne fait rien avec des regrets dans ses bagages.
Si longtemps que Pepper a l'impression que cela dure des heures, la jeune femme semble hésiter.
Depuis toujours, elle se sent conditionnée. Peut-elle réellement passer sa vie à n'être qu'un pantin dont on agite les ficelles ?
Et puis soudain, ils la secouent, ils la secouent, violemment, ces sanglots silencieux qui se massent contre son palais. Alors, d'une voix blanche, alors que le dossier chute dans la poubelle, les pages éparses, elle murmure, un sourire amer accroché aux lèvres :
- Pepper, je pense qu'il faudrait fermer cette fenêtre…
