Bonjour tout le monde !
Avant toute chose, un grand merci aux 7 personnes qui ont pris du temps pour poster une review sur le 2ème chapitre. C'est énorme, ça fait véritablement chaud au coeur :).
Ensuite ! Pour les personnes non joignables sur FF.

djnoe : Je te remercie pour ton commentaire ! Je voulais qu'on la ressente pleinement, justement, la douleur de House. Concernant Wilson, je l'ai imaginé les laisser essayer d'établir un dialogue. Son intervention arrive lorsqu'il se résout à comprendre que ce n'est qu'un nouvel échec, un nouveau carnage. Mis à part cela, ils s'expliqueront ne t'en fais pas, c'est d'ailleurs le but principal de cette fiction ! Merci pour ton avis concernant les dialogues en VO. Comme tu l'as peut-être vu, je les ai mis en VF pour ne gêner personne. N'hésite pas à me dire si cela rend tout aussi bien :). En espérant par ailleurs que cette suite de plaira.

sagmig : Merci beaucoup ! Envoûtant ? J'aime ce terme :). Eh bien ! J'espère vraiment satisfaire la faim que j'avais laissée avec le précédent chapitre.

Marine : Merci à toi pour cette review. Je suis vraiment ravie de voir que l'histoire et mon style te plaisent. En espérant que cette tendance va se poursuivre :).

Voilà pour les remerciements que je tenais à adresser. Sur ce, je vous laisse en compagnie de ce nouveau chapitre.


Chapitre 3.

Il se traîna péniblement jusqu'à la voiture, perdu dans des pensées sombres et peu propices à sa guérison, avec sa brosse à cheveux et l'amorce de l'évolution qu'elle avait portée. Il sentait la trahison venir se mêler lentement à la renaissance de tous ses autres ressentiments, moteurs de sa destruction. Elle émanait d'une contrevérité qu'il n'aurait jamais soupçonnée, révélée par un aveu involontaire qui brisait le crédit d'une parole qu'il avait toujours respectée. Sa volonté d'appréhender la situation autrement s'était envolée en même temps que la confiance à l'égard de son ex compagne.

Wilson sentit son cœur se serrer en voyant son ami s'éloigner, boitant bien plus qu'à l'accoutumée. Il jeta ensuite un regard lourd de sens à la doyenne, renvoyant une multitude d'accusations.

« Ne me regardez pas ainsi Wilson. Je vous défends de rejeter tous les torts sur moi. répondit-elle au blâme inaudible de l'oncologue.
_ J'aimerais simplement savoir un peu à quoi vous jouez. quémanda-t-il en se passant une main fatiguée sur le visage.
_ Je ne joue pas. J'essaie simplement de me reconstruire.
_ Vous ne pouvez pas le faire à ses dépens. rétorqua-t-il, non sans une pointe de dépit. Il va mal et il n'y a que vous qui puissiez faire quelque chose pour y remédier. Si vous ne l'aidez pas maintenant, il ne se remettra jamais.
_ Ce n'est plus à moi de tenir ce rôle. se défendit-elle.
_ Il n'y a que vous qui puissiez le tenir.
_ House n'a pas besoin que quelqu'un lui tienne la main. Il survivra, ne vous en faites pas. Il survit toujours. tenta-t-elle de dédramatiser, essayant de se convaincre elle-même.
_ Vous savez tout autant que moi que House n'est pas infaillible.
_ Moi non plus. Je dois avant tout penser à moi et m'occuper de ma famille.
_ Vous fuyez. se contenta-t-il de répondre.
_ Appelez ça comme vous voulez. Le fait est que je n'ai plus la force ni le courage ou même encore le pouvoir de me battre pour lui. Je ne veux plus mener ce combat vain et inutile. C'est une guerre perdue d'avance à laquelle je suis fatiguée de participer. Je suis à bout. avoua-t-elle en expiant tout ce qu'elle avait sur le cœur.
_ Vous ne pouvez pas choisir de le laisser tomber. Pas après ce que vous avez vécu. protesta violemment le cancérologue.
_ Vous avez raison. Je ne choisis pas de le laisser tomber, mais simplement de me préserver. Essayez un peu de comprendre Wilson.
_ Je vais vous dire ce que je comprends. annonça-t-il solennellement. En réalité, aucun de vous n'est vraiment remis de votre rupture. Vous êtes tous les deux hantés et rongés par les lourds dégâts que cette dernière a provoqués. Vous devez trouver un moyen de mettre un terme à ce supplice.
_ Wilson, je vous suis très reconnaissante de vous inquiéter pour nous; surtout pour lui; mais cessez de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas. Je sais que vos intentions sont tout à fait louables, mais c'est une affaire qui ne regarde que House et moi. Répondit-elle assez sèchement.
_ Très bien, comme vous voudrez. » capitula finalement le cancérologue.

Il comprit que tous ses efforts resteraient vains. Le déni qui l'aveuglait voilait cette réalité qu'elle ne voulait pas affronter et l'empêchait de mettre un terme à cette situation qui avait pourtant bien assez duré.

Il salua la doyenne d'un bref signe de la tête, un sourire triste étiré sur les lèvres et s'en retourna sans un mot de plus. Quand il eut le dos tourné, elle laissa s'échapper sans le vouloir un vaste soupir de soulagement : le souffle de la délivrance pour son cœur au bord de l'agonie. Elle s'appuya contre sa porte, laissant retomber la trop grande pression accumulée en fermant convulsivement les yeux.

« Cuddy ? » l'interpella Wilson sans se retourner.

La concernée se crispa au son de la voix; doutant de sa capacité à supporter un nouvel échange sans fléchir. Son poing se serra machinalement avec force pour l'aider à lutter contre sa soudaine fragilité.

« Sachez que vous ne pourrez pas éternellement vous voiler la face. » reprit l'oncologue en fixant tristement le diagnosticien du regard.

Elle savait pertinemment bien que ces paroles incarnaient une vérité vainement ignorée. Elles étaient la réponse sensée à ce profond déni dans lequel ils avaient plongé.

Cuddy voulut réfuter l'irréfutable et continuer de se persuader que ce fait n'était qu'une simple divagation, fruit de l'imagination d'un homme soucieux de préserver le bien-être de son ami. Mais elle en fut incapable. Au lieu de cela, ses glandes lacrymales mises à rude épreuve l'obligèrent à relever un regard trouble vers le ciel. Une perle salée roula le long de sa joue et disparut quelque part dans son cou, laissant sur son passage une marque matérialisant son tourment. Sa main vint à la rencontre de ce qu'elle ne croyait être qu'un signe de faiblesse.

« Vous n'êtes pas faible, mais désespérément liée à un homme que vous estimez hors de portée. L'inachèvement de votre relation passée vous a laissé un pénible goût amer que vous ne pouvez plus supporter. Et... Contrairement à ce que vous semblez penser, ce n'est pas en reprenant une vie normale que vous parviendez à le surmonter. »

Pour simple réponse, une seconde larme perla au coin de son œil. Elle céda sous son poids, pour venir s'écraser lourdement contre le sol, emportant avec elle sa force de lutter contre l'évidence.

Wilson se tut, considérant que sa pensée avait été entendue. Il reprit d'un pas inaudible sa marche vers son véhicule, laissant à un vaste silence le soin d'opérer. Son règne fut achevé lorsqu'une porte s'ouvrit à la volée, laissant paraître une femme.

« Lisa ? Qu'est-ce que tu fais ? s'enquit une voix féminine. Tes invités s'impa ... »

Julia s'arrêta net en croisant le visage déconfit de sa sœur. Ses yeux embués révélaient une souffrance indisciplinée qui donnait vie à ces ressentis trop longtemps dissimulés. Leur visage apposé sur ses traits trahissait toute la noirceur de sa peine.

Désemparée, Julia peinait à comprendre ce qui avait pu la mettre dans un état sans pareil. Jusqu'au moment où elle aperçut House au loin, dans la voiture qui lui faisait face. En une fraction de seconde, son incompréhension se transforma en une soudaine certitude : il avait toujours été le cœur de son problème. Le seul à pouvoir faire faillir la femme forte qu'elle était.

« Qu'est-ce qu'il t'a encore fait ? questionna Julia sur un ton réprobateur.
_ Rien. répondit la concernée assez sèchement.
_ Il te fait souffrir, c'est évident. Ce n'est pas rien. surenchérit-elle face au manque de réponse de sa sœur.
_ Ne parle pas de lui comme ça.
_ Cesse de le défendre. Ça ne peut plus du...
_ Ferme la ! » cracha-t-elle avec toute la hargne qui l'habitait.

Julia resta interdite devant cette réaction à mille lieux de son comportement ordinaire. Les yeux injectés de sang qui s'acharnaient à la fixer avec insistance semblaient être hantés par un trop plein de rancœur et de mépris. Elle blêmit face à ce regard haineux persistant.

« Laissez-moi seule. » somma simplement Cuddy.

Aucun des concernés n'osa protester, sachant que toute tentative de réplique était vaine et inutile. Julia se contenta d'abdiquer face à cette femme qu'elle ne parvenait plus à reconnaître tandis que Wilson finit de regagner sa voiture en quelques enjambées. Il monta côté conducteur et reporta son attention sur la doyenne, sans adresser un regard ou un mot à son passager.

Trois personnes défilèrent devant la jeune femme, un air grave peint sur le visage. L'un des deux hommes qui s'arrêta devant elle s'apprêtait à lui adresser la parole lorsqu'il fut coupé dans son élan, réduit au silence par un simple geste de la main l'invitant à ne dire mot. Il n'insista pas et rejoignit les deux autres.

« Elle culpabilise. jubila le diagnosticien.
_ House, s'il te plaît. »

Le médecin dévisagea son ami, attendant la suite de sa requête.

« Ferme la. »

Le médecin resta bouche bée devant ce ton sec et froid qu'il ne lui connaissait pas. L'injonction était neutre, exempte de la moindre émotion et n'acceptait aucune opposition. Ce n'était que le reflet d'une lassitude générale, l'abrégé d'une nécessité dont chacun tirerait partie.

House condescendit à se taire. Seul le ronflement du moteur vint perturber ce silence consenti.

TBC..