Bonjour !
Eh bien, je crois que je ne remercierai jamais assez les auteurs des reviews..
djnoe : Merci ! Je suis contente que le dernier chapitre t'ait plu. Eh oui, Wilson est toujours là pour les aider. Heureusement, d'ailleurs. Mais bon, je pense que les torts sont partagés, sinon ce serait trop facile. Concernant la confrontation, elle viendra, ne t'en fais pas ! Un grand merci pour ta review quoiqu'il en soit et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira.
Voici la suite. J'espère qu'elle vous transportera tout autant que les chapitres la précédant.
P.S. : Je suis absente toute la semaine prochaine, alors désolée d'avance pour le prochain temps d'attente.. Bonne semaine !
Chapitre 4.
Tout le trajet fut marqué par la présence d'une puissante ambiance feutrée dont chacun s'accommoda sans broncher. Wilson fixait la route avec acharnement, le visage fermé tandis que House observait le paysage d'un regard éteint. L'esprit ailleurs, il réfléchissait, tentant d'analyser la teneur des récents évènements sans pour autant parvenir à leur donner un sens. Les différents éléments s'entrechoquaient sans jamais se lier pour tenter de former d'éventuelles réponses à ses questions. Perdu dans les limbes de ses pensées, il fut surpris de voir apparaître le visage abattu de Cuddy juste devant lui. Un sentiment relativement étranger pour lui se forma instantanément et proliféra au sein de son esprit. Une vague de culpabilité venait d'y pénétrer par une brèche apparue depuis peu, dissipant sa colère vulnérable au contact de ce sentiment douloureux.
A ce moment précis, où le regret l'étreignait sans complaisance, la tête de Wilson pivota d'un coup sec dans sa direction. Une seconde fut suffisante pour que ce dernier interprète la tenue de ses traits, révélatrice d'une faiblesse qu'il n'admettrait sûrement jamais.
« Vous devez vous expliquer. Ce n'est plus possible House, la situation a assez duré. »
Par réflexe, le diagnosticien jeta un regard moqueur en direction de l'oncologue et rit nerveusement au son de sa dernière réplique. Mais ses railleries s'estompèrent aussi vite qu'elles étaient apparues lorsqu'il se heurta à l'immense part de vérité contenue dans ces propos remplis d'une sagesse hors de sa portée. Son sourire narquois s'effaça pour laisser place à une mine prostrée concordant davantage avec l'état actuel dans lequel il se trouvait. Il dut s'avouer que son ami disait vrai, même si cela lui coûtait fortement de l'admettre. L'oncologue comprit d'ailleurs à cet instant que le médecin était sans doute enfin prêt à l'écouter sans se voiler la face et à accorder ne serait-ce qu'un minimum de crédit à ses propos. Cette évolution favorable le poussa à poursuivre vers la voie qu'il venait d'ouvrir.
« House. l'appela-t-il une nouvelle fois. Je pense que cela suffit. Cuddy a assez payé pour votre rupture prématurée. N'y vois là aucun soutien à son égard, je désapprouve autant les raisons de votre rupture que tes tentatives extrêmes et désespérées de la faire payer. Mais, maintenant qu'elle souffre autant que toi, si ce n'est plus, il serait peut-être temps de penser à faire la paix. Par-là, je n'entends pas une réconciliation ou une quelconque façon de vous faire retomber dans les bras l'un de l'autre. Je voudrais simplement que vous essayiez de ne plus être dans une guerre perpétuelle où c'est à celui qui sera le plus apte à vivre sans l'autre. »
Le concerné ne réagit pas, se contentant de fixer avec obstination le ciel gris qui s'abattait sur la ville. Il n'accorda pas même un regard pour l'oncologue qui se conforta dans l'idée qu'il s'était faite depuis bien longtemps quant à la situation qui courait entre ses deux amis.
Le regard toujours perdu dans le paysage qui filait à une vitesse folle, le diagnosticien prit conscience que son silence n'aiderait pas son ami à sortir de sa démence. Si bien qu'il s'agita dans son siège, telle une personne tirée brusquement de son sommeil, entraînant la chute de son tube de Vicodin. Il feint l'ignorance et une profonde obstination.
« Hein ? Quoi ? Tu disais ? Désolé Wilson, mais tes propos m'assomment. Alors quand tu en auras fini avec tes conseils d'agent matrimonial refoulé, tu pourras me réveiller et éventuellement me ramener chez moi. J'ai une bouteille de bourbon qui m'envoie des signaux de détresse, elle en a sa claque d'être remplie de plus de moitié. » affirma-t-il avec conviction en adoptant une voix des plus convaincantes.
Fier de sa dernière répartie, il jubila intérieurement et se pencha pour ramasser ses comprimés lorsque le conducteur de la voiture décida soudainement de freiner d'un coup sec. Une tête eut alors tout le loisir de faire la rencontre éprouvante d'un tableau de bord, laissant à son propriétaire le soin de payer les frais de ce choc inopiné. House laissa s'échapper un cri de douleur avant d'être pris d'une furieuse envie d'insulter copieusement le chauffard responsable de son imminent mal de crâne.
« T'es con ou quoi ?! s'insurgea le médecin.
_ J'allais justement te poser la même question, même si la réponse paraît pour le moins évidente. répliqua furieusement l'oncologue.Si seulement ce coup sur la tête pouvait t'aider à y voir un peu plus clair ! »
House dévisagea son ami sans oser riposter en se massant machinalement la zone endolorie de son front. Il l'avait rarement vu autant en colère contre lui. Tandis que ce dernier continuait d'apprécier les conséquences de sa fureur, les deux amis se scrutèrent et Wilson s'esclaffa sans se contrôler. L'autre occupant de la voiture de tarda pas à lui-même sourire face au ridicule de la situation.
« Tu n'avais pas besoin de quasiment m'assommer pour me demander ça. reprit sarcastiquement le praticien.
_ Désolé, c'est ta capacité à mettre les gens hors d'eux qui vient encore une fois de frapper. Admets quand même que tu ne l'as pas volé. répondit son interlocuteur en étouffant ses derniers rires.
_ Parce qu'en plus je devrais te dire merci ?
_ Honnêtement et sans fausse modestie, je dirais que oui. »
Au terme de ces dernières paroles, la bonne humeur se dissipa pour de nouveau faire place à une ambiance assez pesante où chacun se laissa aspirer dans une légère torpeur. Le diagnosticien reprenait sa contemplation du temps grisaillant tandis que Wilson se trouva un soudain intérêt pour le volant de sa voiture. Après une période de silence qui leur parut durer une éternité, le conducteur reprit finalement.
« Je te ramène ? »
Une fois ses invités partis, devenue apathique, Cuddy était restée figée derrière sa porte sans pouvoir bouger ne serait-ce que le petit doigt. Sa visite inattendue l'avait mise dans un état sans pareil et avait ravivé en elle des sentiments douloureux peu propices à la guérison des plaies qui ne s'étaient pas encore refermées. Sentant ses muscles se dérober sous son poids, la doyenne se laissa glisser le long de sa porte d'entrée, évitant une chute brutale qui aurait pu la blesser plus qu'elle ne l'était déjà. Sans force pour se battre contre cette forme de défaillance, son corps était dans l'incapacité de pouvoir encore la tenir sur ses jambes.
Les paroles de son ex compagnon avaient eu l'effet à chaque fois constaté : une multitude de coups de poignard plantés au plus profond de sa chair, n'épargnant pas son cœur mis à vif une fois de trop. Son côté rationnel l'amena à la raison et lui fit prendre conscience que sa guérison serait bien plus pénible que ce qu'elle avait pu imaginer. Elle n'était même plus certaine de pouvoir y parvenir. Plus rien dans sa vie ne serait comme avant, sa rupture avec House l'avait brisée jusqu'au point de non-retour en l'affectant bien plus que ce qu'elle s'était laissée croire.
Elle parcourra des yeux sa maison dépourvue d'une agitation rassurante qui pouvait l'empêcher de se torturer l'esprit sans limite apparente. Elle dut se résoudre au fait qu'elle était condamnée à affronter les démons intouchables qui la pourchassaient. Elle trouva la force de se lever péniblement, les yeux sensibles aux larmes qui menaçaient de s'écouler à tout moment. La lutte contre cette marque de désespoir qui donnerait une nouvelle fois vie à une souffrance intérieure intense s'annonçait rude et sans espoir. C'était un combat vain perdu d'avance qu'elle voulut quand même essayer de mener. Elle posa une main sur sa poitrine et tenta de calmer les battements de son cœur dont le nombre s'acharnait à croître. Mais rien n'y fit, pas même les forces durement consacrées à cette tâche.
Les pleurs de Rachel retentirent, affolant sa respiration déjà mise à mal. Consciente que son rythme cardiaque ne faiblirait pas, elle se dirigea à pas de course vers la cuisine où Rachel avait été abandonnée à son triste sort. Elle la prit dans ses bras pour calmer la montée de larmes de son enfant tandis qu'elle tentait d'apaiser celles qui s'écoulaient dans le fond de son être.
La doyenne serra sa fille contre sa poitrine, comme si désormais sa vie ne dépendait plus que d'elle. Ses efforts déployés rassurèrent Rachel dont le chagrin s'effaça docilement sans opposer de résistance. Sa simple présence suffit à mettre un terme provisoire au calvaire de sa mère qui ne sentait désormais plus son cœur pulser contre sa poitrine. Rapidement, elle sentit la petite bailler et tomber sous le poids de la fatigue. Attendrie, elle sourit franchement en observant sa fille poser sa tête au creux de son épaule, jusqu'à en oublier l'espace d'un instant tous les problèmes qui ne cessaient de la tirailler.
La doyenne l'emmena dans sa chambre et la posa délicatement dans son lit avant de déposer un tendre baiser sur son front en guise de bonne nuit. Elle se vit offrir en retour un sourire enfantin qui eut ce don tout particulier pour lui redonner du baume au cœur. La petite roula sur le côté et se laissa progressivement bercer par les doux bras de Morphée, sous le regard protecteur de sa mère. Lorsqu'elle dormit à poings fermés, Cuddy sortit de la pièce sur la pointe des pieds, laissant son enfant s'émerveiller au pays des rêves, loin de tous ses problèmes.
A nouveau seule, ses démons revinrent aussitôt la hanter, sans lui accorder ne serait-ce qu'une seconde de répit. Son cœur se mourra encore, peu apte à supporter une peine devenue trop grande. Les limites qui venaient d'être atteintes l'obligèrent à avouer l'inavouable : elle n'était plus en mesure de supporter la situation. Sa force était grande, mais comme toute chose elle possédait une ligne imperceptible à ne jamais franchir. A bout, la doyenne se dirigea vers le rez-de-chaussée tel un automate afin de se munir de son cellulaire depuis lequel elle composa machinalement un numéro qu'elle avait pris l'habitude de bien connaître. Portant l'appareil à son oreille, son interlocutrice décrocha presque immédiatement.
« Allô ?
_ Marina, je suis navrée de vous importuner, mais pourriez-vous venir garder Rachel ?
_ Bien sûr, j'arrive dès que possible. approuva la jeune femme d'un air enthousiaste.
_ Très bien, merci. »
Elle raccrocha par un geste fébrile ponctué par quelques tremblements. En prenant une profonde inspiration, elle maudit avec haine ces manifestations physiques de son calvaire.
Ses poumons remplis d'air suffoquant, elle soupira longuement et attendit, patiemment.
TBC..
