Bonjour tout le monde !
Non non, je ne suis pas morte. Pour preuve : voici enfin la suite, un peu plus longue que les précédentes.
Je vais me répéter. Mais j'adresse encore un grand merci aux 5 personnes qui ont pris le temps de reviewer le chapitre précédent !
Guest : Hum, eh bien, merci ! Je suis également ravie d'être de retour parmi vous, qui plus est avec l'accueil que je reçois ! Effectivement, je voulais vous épargner cette scène. Dire qu'il aurait suffit que Cuddy le voit et on aurait pu avoir une fin radicalement différente.
Ah ! J'ai également souri en écrivant cette scène.. Ravie de t'avoir fait rire un instant !
Heureusement, qu'elle en a. Je n'ai pas réussi à l'imaginer réagir autrement. Une confrontation comme celle là ne pouvait que l'ébranler de la sorte. Par ailleurs, je suis d'accord. Ils doivent discuter.. Et c'est ce qu'il va se passer. Ce que cela va entraîner ? Mystère ! Et je tiens vraiment à le laisser planer.
Voici la suite ! Et surtout, merci à toi de prendre la peine de la commenter :).
sagmig : Oh ce n'est pas grave, tu t'es bien rattrapée ! Oui, j'imagine bien que tu préfères une fin comme celle-là plutôt que celle du final de la saison 7. Je suis contente de répondre à tes attentes pour l'instant ! Je pense qu'effectivement une confrontation était plus que nécessaire. On l'attendait tous. Merci ! C'est le but que je poursuis; faire en sorte que cela leur ressemble. Je suis très contente de parvenir à viser juste.
Effectivement .. L'intervention de Wilson est toujours nécessaire. Et tu as raison; elle n'est pas vaine.
Oui, j'ai vu ça comme une sorte de déclic. La conversation avec House, ajoutée aux propos tenus par Wilson l'ont amenée à voir la réalité en face. J'aurais bien aimé voir ça dans la série, aussi..
Tes hypothèses sont très intéressantes et l'une comme l'autre plausibles :). Je te laisse découvrir quelques éléments de réponse au cours de ce chapitre, qui je l'espère, te plaira tout autant que les autres ! Hum, et désolée pour l'attente.. Quoiqu'il en soit, un grand merci pour ta nouvelle review :).
Vraiment, toutes ces reviews font incroyablement plaisir !
Alors, me pardonnerez-vous ces deux semaines d'attente ?
Bonne lecture !
Chapitre 5.
Affalé dans son canapé rudimentaire, il avait pour projet de s'adonner à l'une de ses activités préférées : ingurgiter son cocktail mortel composé d'un bon bourbon et de quelques comprimés. Il en prit un, puis deux, et enfin trois en jetant quelques regards mornes en direction de la brosse à cheveux posée au bord d'un des accoudoirs.
Entamant son quatrième mélange, il prit conscience que même une quantité astronomique d'alcool combinée à ses antidouleurs coutumiers ne l'aiderait probablement pas à faire taire les voix qui résonnaient dans sa tête.
« Vous devez vous expliquer. Ce n'est plus possible House, la situation a assez duré. »
« Mais bon sang, laisse-moi m'expliquer ! »
« Je ne t'ai pas menti, House. »
« House... »
Il alla même jusqu'à se demander si cela ne les nourrissait pas.
« House… »
Le praticien eut la désagréable sensation de devenir fou. Il saisit entre ses mains cette tête qu'il sentait progressivement imploser au fur et à mesure que le temps s'écoulait et que les voix y retentissaient. Il avait beau les chasser, elles revenaient l'instant qui suivait à la charge, en prenant soin de décupler leur intensité. La dure réalité venait de s'imposer à lui : même sa béquille artificielle ne parviendrait plus à le remettre sur pied.
Il porta le verre à hauteur de son regard afin d'observer le liquide brunâtre glisser contre les parois. Incapable d'expliquer pourquoi son effet s'était évaporé, il se contenta d'en boire encore une gorgée, en quête des vertus tant recherchées. S'écoulant lentement dans son œsophage, la boisson spiritueuse délivra un puissant goût amer qui stupéfia le diagnosticien. Ecœuré, il envoya rageusement son verre valser à l'autre bout de la pièce avec toute la force dont il était capable.
Sa main désormais libre se dirigea instinctivement par un mouvement continu jusqu'à sa cuisse sujette à un certain élancement. Il mit un point d'honneur à nier l'existence d'un quelconque lien entre la teneur des récents évènements et l'accentuation de cette sensation pénible et douloureuse qui n'était selon lui que le fruit des expériences d'un chimiste fou combinées à l'utilisation abusive d'un membre en rémission. Son côté rationnel refusait d'admettre une toute autre vérité, une de celles qui auraient pu venir ébranler sa si précieuse fierté.
Vide de tout, il s'allongea péniblement sur son sofa et se laissa happer par ses pensées, à défaut de pouvoir les fuir comme il le voulait. Une malédiction fusa à l'encontre des substances qui circulaient sans but dans son organisme tandis qu'un rire jaune s'élevait au travers de la pièce. Habité par une forme de rage contenue entremêlée au désespoir, son éclat symbolisait tout ce qu'il ne parvenait pas à exprimer. Les sentiments amers qui le rongeaient l'empêchaient d'y voir clair, condamnant ses pensées à demeurer floues et incertaines.
Une nouvelle vague d'amertume se propagea, amorcée par un sentiment devenu coutumier qu'il parvint à reconnaître avec aisance. Celui d'avoir été trahi. Cette profonde rancœur fit naître chez lui une puissante animosité qui ne semblait pas être encline à le quitter dans les jours qui suivraient. C'est en cet instant de mépris que sa sonnette se manifesta, annonçant la visite d'un individu pour le moins indésirable. Il en ignora superbement le retentissement, avide de ne laisser personne interférer dans sa déchéance. Obstiné dans sa quête de déclin, il saisit par un geste habile la bouteille de Jack Daniel 's qui trônait sur sa table basse puis en but deux gorgées enivrantes directement au goulot. Il en apprécia d'autant plus la saveur qu'aucun arrière-goût ne lui vint cette fois ci en bouche.
Un nouveau tintement parvint jusqu'à ses oreilles, compromettant ce tête-à-tête avec son ami de toujours.
« Foutez-moi la paix. » se contenta-t-il d'exiger.
En réponse à son injonction, des coups retentirent contre sa porte, suivis d'une voix qu'il aurait reconnue entre mille.
« House, s'il te plait, ouvre-moi. Il faut que nous parlions. le conjura une femme.
_ Fiche le camp d'ici. »
Son ton sec et froid était sans équivoque. Cuddy accusa le coup de cet accueil glacial auquel elle s'était préparée. Peu impressionnée par son aigreur, elle insista sans attendre, revêche à l'idée d'être venue en vain. Son poing se retrouva projeté contre le battant suite à un nouveau coup asséné, singulièrement plus abrupt que celui qui venait de lui précéder.
« House … » l'appela-t-elle par une voix devenue tremblante.
Le concerné ne cilla pas, refusant catégoriquement d'entamer la moindre discussion avec la doyenne. Déterminé à ne jamais cesser de l'ignorer, il alla jusqu'à se délecter de la pointe de faiblesse qu'il parvint à discerner dans la voix qui continuait à résonner. Un sourire narquois naquît progressivement sur ses lèvres à l'idée d'avoir réveillé en elle une peine finalement plus grande que toutes ses espérances. Il jubila lorsqu'il prit conscience de l'ampleur du pouvoir qu'il pouvait aujourd'hui encore mettre en œuvre contre elle.
Absorbé par un trop plein de satisfaction, il n'entendit pas le mécanisme d'ouverture de sa porte d'entrée se déclencher pour laisser pénétrer la visiteuse qui n'y avait pourtant pas été invitée. Son cerveau embrumé par l'alcool assimila l'information lorsqu'il reçut un signal électrique provoqué par le bruit de ce qui devait être un claquement de porte éthéré. Ses yeux se fermèrent tandis qu'il prit le soin de se qualifier mentalement d'imbécile.
Nouvelle perception. Des pas retentissaient dans sa direction, à une allure bien trop vive à son goût. Les injures dirigées contre lui-même redoublèrent d'intensité au fur et à mesure que leur but se rapprochait. Lorsqu'ils cessèrent, leur responsable se manifesta, sans octroyer le temps au propriétaire des lieux d'émettre la moindre réprobation.
« Nous devons parler House, que tu le veuilles ou non.
_ Sors de chez moi. ordonnança le médecin d'une voix sépulcrale.
_ Non. » objecta fermement la doyenne.
Il se retourna à une vitesse déconcertante pour joindre à son intimation un regard méprisant visant à lui faire prendre conscience de l'inconvenance de sa visite. Il réitéra l'ordre formel qu'il venait vainement de délivrer.
« Sors de chez moi.
_ Non. » se contenta-t-elle de répondre.
S'en était trop. Peu disposé à la laisser empiéter comme elle le voulait sur son territoire, il se leva aussi vite que cela lui était permis, soudainement libéré par les effets de la quantité d'alcool qu'il venait d'ingérer. Si elle pouvait reconstruire sa vie comme bon lui semblait, il refusait catégoriquement de la laisser contrôler celle qu'il projetait de mener.
Il se présenta face à elle, l'haleine chargée par un trop plein d'alcool et l'affligea d'un regard noirci par une colère intense. Aussi loin que ses souvenirs la portaient, elle ne se rappelait pas avoir déjà eu l'occasion de voir une lueur si sombre traverser le bleu devenu terne de ses yeux.
Le temps s'était figé à l'instant même où le contact visuel s'était établi. Dès lors, leurs pensées et ressentiments respectifs passèrent par ce lien invisible, accompagnés par la ferme volonté d'interpréter avec justesse la tenue des traits de l'autre.
La situation lui paraissait étrangement familière. Ce n'était pas la première fois qu'il l'affrontait sous un air alcoolisé, emprunt à lui délivrer quelques sentiments.
« J'ai pris une décision.»
Une décision mûrie qui faisait suite à une profonde réflexion, servie par quelques verres de Bourbon. Il s'était livré à une introspection ébauchée par la mort de son dernier patient.
« Depuis que j'suis heureux et depuis que j'suis amoureux de toi ... J'suis une vraie tâche comme médecin. »
Le fait était là. Sa relation avec Cuddy l'empêchait d'être ce médecin jadis si performant.
Elle accaparait sans relâche son esprit, au détriment de pensées diagnostiques très précieuses lorsque des vies étaient en jeu. Il en avait fait l'amère expérience aujourd'hui même. L'expérience d'un amour abrutissant qui faisait obstacle à la pleine expression de son talent.
« Je ne t'écoute pas. Tu as trop bu pour discuter de rompre. »
Elle se trompait. Sa vision était floue, sa démarche bancale et sa voix pâteuse sous les effets de l'ivresse, mais s'il est une fonction que le liquide volatile n'avait jamais altérée, c'était bien sa capacité à penser avec cohérence. L'alcool ne l'écartait pas de ses sentiments, il l'aidait au contraire à s'en rapprocher. Cependant, il devait lui accorder une chose. Elle avait raison, il était ivre. Ivre d'amour.
« J'suis bourré. Mais c'est la vérité. T'as fait de moi un mauvais médecin. Et les patients vont mourir maintenant. Et... Tu... En vaux vraiment la peine. »
C'était la conclusion qui s'était imposée. Pour une des rares fois dans son existence, il choisissait d'être heureux. Parce qu'elle embellissait sa vie. Parce qu'il ne s'était jamais senti autant en paix avec lui-même. Parce qu'elle était sa nouvelle Vicodin. Simplement parce qu'elle était sienne et qu'il voulait plus que tout qu'elle le reste.
« Si j'devais choisir entre... Sauver tout le monde ou t'aimer encore et être heureux... J'te choisis toi. Je choisis d'être heureux avec toi. J'te choisirai toujours. »
Le diagnosticien salua les bienfaits de l'alcool sur sa personne. La boisson vertueuse avait rendu possible une déclaration chimérique en cas de sobriété. Ne sachant pas si la doyenne en mesurait la portée, il se contenta d'espérer qu'elle avait compris qu'elle était son équilibre. Un équilibre qui n'avait pas de prix et méritait tous les sacrifices.
La doyenne n'aurait pas su dire depuis combien de temps durait cet affrontement muet où chacun semblait finalement trouver son compte. Les non-dits offraient une situation plus que confortable dans laquelle ils aimaient se complaire.
Ce fut finalement elle qui brisa le fastueux silence qui avait laissé le diagnosticien plonger dans un nouveau souvenir.
« Maintenant, tu vas m'écouter. imposa la doyenne avec une infinie détermination. Je suis à bout, House. Je ne supporte plus cette situation qui chaque jour durant me brise un peu plus. Tu penses que ta souffrance est éternelle, que la mienne n'a été qu'éphémère et c'est ce qui t'a poussé à t'investir d'une mission. Celle qui devait veiller à ne jamais me laisser m'en sortir indemne. Tu as cru que la douloureuse flamme qui brûlait en moi devait être attisée pour que jamais elle ne s'éteigne, mais sache qu'avec ou sans toi, elle sera nourrie le restant de mes jours. La douleur sera toujours présente, ténue ses jours de clémence, déchirante le reste du temps. C'était déjà bien assez, tu n'avais pas besoin d'alimenter à ton tour le brasier. »
Elle s'arrêta un moment, le temps d'une pénible déglutition. Durant ce temps de répit, il ne dit mot, disposé à simplement l'écouter comme elle le lui avait demandé.
« Les blâmes, la haine, la vengeance, le besoin de tout détruire… Tous ces sentiments qui t'animent retournés contre moi ont eu raison de la femme forte que j'étais. Je suis arrivée à un point où le simple fait de te savoir près de moi me met horriblement mal à l'aise. Lorsque je te vois, je ne peux m'empêcher de me sentir coupable, torturée, vulnérable. Alors, oui, je vois quelques personnes pour essayer d'aller mieux car contrairement à toi, l'alcool et la Vicodin ne sont pas ma bouée de sauvetage. Mais ce n'est plus suffisant, et aujourd'hui je me dois de trouver une solution durable afin de nous préserver, moi et ma fille. »
Il buvait ses paroles sans savoir quoi répondre, passif devant un tel éclat de son malaise. Les informations qu'elle lui transmettait fusaient à bride abattue dans son esprit déjà sillonné par quelques vapeurs d'alcool récalcitrantes. A mesure que les mots s'enchaînaient, une profonde empathie mûrissait au fond de lui, en dépit de tout contrôle qu'il pouvait exercer. Pourtant, ce n'était pas la première sensation qui aurait dû découler de ce qu'il estimait être une victoire personnelle.
Echoué dans un trouble grandissant, il avait perdu le fil de sa confession sans s'en rendre compte et s'y retrouva brutalement plongé contre son gré lorsqu'elle articula des mots à fortes retombées.
« C'est terminé, j'abandonne. Je vais partir, House. »
TBC..
