Bonjour !
Avant toute chose :

berenice : Merci beaucoup ! Contente que ma fiction te plaise. Partira-t-elle ? Réponse dans ce qui va suivre.

Savannah : Merci pour ton commentaire :). J'espère que la suite te ravira tout autant !

Am : Ahh, bah je suis bien contente de voir un tel enthousiasme. Ca fait vraiment plaisir ! Ils me manquent aussi, je dois dire. Heureusement qu'il y a les fictions pour les découvrir dans de nouvelles aventures. Un grand merci pour ta review !

sagmig : Arf, oui, je sais, j'ai été cruelle sur ce coup là.. Mais bon, il fallait bien ça. House réagit pas comme ça ! Comment va-t-il réagir au discours et à la décision de Cuddy ? Réponse dans ce chapitre ! J'espère que cela te plaira.

Merci encore pour toutes vos reviews, je ne me lasserai jamais de les lire :).

Alors, où en sont nos deux médecins ? Réponse maintenant :).


Chapitre 6.

Le diagnosticien accusa le coup de cette effroyable annonce, incapable de laisser transparaître la moindre émotion. Cette décision lui semblait tant irréelle qu'il se demanda s'il n'était pas en plein cauchemar ou sujet à une soudaine hallucination. La frontière entre le réel et l'imaginaire lui paraissait si mince qu'il ne sut pas comment, ni même s'il devait réagir. Il la fixa alors avec acharnement et chercha à exclure l'éventualité d'une présence fantomatique tandis qu'elle se pressait d'échapper prestement à son regard insistant, se refusant de se retrouver confrontée aux effets de sa déclaration.

En définitive, elle releva des yeux assurés vers lui, emprunte à le défier une dernière fois. Elle attendit quelques interminables secondes, mais à son grand dam, il s'obstina à la dévisager sans chercher à articuler le moindre mot. La confusion pouvait se lire dans le bleu inanimé des yeux du médecin qui se laissait envahir par une foule de réflexions en profusion. Il décida finalement de formuler celle qui lui paraissait la plus seyante, joignant ainsi les mots à la rude bataille déjà menée.

« Tu ne peux pas partir.
_ Je le peux.
_ Mais tu ne le veux pas. persista-t-il.
_ Nous n'avons pas toujours ce que nous voulons. »

Le regard affligeant accompagnant le son de la dernière sentence qu'elle lui lança trahit toute la noirceur de sa peine. Mais ce déchirement se heurta au mutisme qui s'empara une nouvelle fois du diagnosticien et qui entraîna un inexorable durcissement de l'inexpressivité déjà prononcée de son visage, l'abandonnant au plus grand des désarrois. Sa réaction, à des années lumières de tout ce qu'elle avait pu imaginer, la laissait en proie à son calvaire, au demeurant plus infect que lors de son arrivée. Comprenant que rester ici ne l'aiderait en rien à retrouver un semblant de paix intérieure, elle abdiqua sans chercher davantage l'apaisement qu'elle était venue chercher.

Elle combla la distance qui les séparait puis vint se hisser à sa hauteur pour déposer un tendre baiser sur sa joue gauche, avant de finalement se retirer comme sa raison le lui dictait. Ses pas résolus l'amenèrent en dehors du salon en dépit d'une respiration anarchique mûrissant à mesure qu'ils s'enchaînaient. Cette marche incessante cessa au-devant de l'obstacle franchi bravement quelques instants auparavant. Sa main vint se placer sur la clenche lorsqu'un mot la stoppa net dans son mouvement.

« Attends. » résonna une voix imperceptible.

Restée figée, son ouïe perçut quelques bruits qui venaient s'échoir dans sa direction, caractéristiques de la démarche si particulière du diagnosticien. Elle sut que son chemin s'achevait lorsqu'elle sentit son souffle chaud venir délicatement se poser sur son cou, y faisant frémir la peau qui le recouvrait.

Sa raison lui somma de partir sans attendre, aussi loin que cela était possible, mais la partie irrationnelle de son cerveau, lui insuffla une toute autre injonction qu'elle ne parvint à réprimer. S'inspirant de ce que lui enjoignait cette partie d'elle exempte de tout contrôle, la doyenne se retourna doucement pour faire face à la nouvelle proximité du médecin, ainsi qu'à ses imminents propos. Elle replongea dans ses yeux bleus océan, hantée par la ferme intention d'en découdre.

Dans la plus grande des incompréhensions où les questions du pourquoi et du comment furent soulevées sans acquérir de réponse, ses lèvres se retrouvèrent scellées à celles de son amant passé en un fervent baiser incontrôlé. Privée de toute retenue, elle y répondit ardemment sans se poser plus de questions, allant jusqu'à mordiller sa lippe aussi savoureuse que dans ses meilleurs souvenirs tandis que ses mains vinrent se joindre par un mouvement synchronique juste derrière sa nuque. Elle sut alors que même sa plus ferme volonté n'aurait jamais pu lutter contre cet élan d'humanité. En temps normal, son esprit et son corps se seraient unis et battus pour ne pas retomber dans ses bras, mais aucune force ne leur permettait aujourd'hui de réaliser cette prouesse. Se sentant vide de tout, elle s'abandonna à la seule chose qui resterait pour toujours en elle : ses sentiments surnaturels qu'elle ne comprendrait probablement jamais. Ses mains vinrent s'échouer dans ses cheveux rebelles comme si elles ne les avaient jamais vraiment quittés tandis qu'elle transformait leur fougueux baiser en un vaste ballet enflammé. Son cœur rata quelques battements, incapable de suivre le rythme effréné qui lui était progressivement imposé.

Le manque d'oxygène fit rompre le contact physique engagé au prix d'une puissante attractivité qui continuait d'opérer. Ils se jaugèrent, osant enfin se regarder dans le blanc des yeux.

Ils prirent conscience que cet échange en avait dit bien plus que tout ce qui avait été exprimé depuis leur rupture. A travers un baiser comme celui-ci, ils n'avaient pas pu se mentir comme ils avaient si bien l'habitude de le faire. La communication si difficile à acquérir qui avait enfin pu être établie apaisa le tourment avivé par leurs trop nombreuses discordes. Un sentiment d'insuffisance se manifestant vivement s'accompagna par une soudaine prise de conscience.

Leurs fronts entrèrent en contact tandis que leurs yeux se fermèrent synchroniquement.

« On ne peut pas continuer comme ça. expia la doyenne d'une voix feutrée.
_ Non, on ne peut pas. » admit enfin le médecin.

A peine avait-il fini de se confesser que leurs lèvres entraient de nouveau en contact, à la recherche de cette nouvelle approche qui venait de les aider à entreprendre un chemin vers la guérison. La rage et le désespoir qui les électrisèrent les contraignirent à ne plus se contenir et à laisser la douleur qui les rongeait exploser. Leur baiser devint frénétique à l'image des affres en profusion dans leur intérieur.

Le langage du corps opérait encore aux dépens de la volonté des deux protagonistes. Ce n'était pas de cette façon qu'ils voulaient régler leurs différends, mais il ne pouvait visiblement pas en être autrement. Chacun maudit alors la complexité de la situation, sans cesser d'interpréter les faits et gestes de l'autre.

Les premiers vêtements qui constituaient un rempart à leur libre expression volèrent sans plus de cérémonie. De nouvelles parcelles de peau se rencontrèrent, puis se fuirent, avant de finalement fusionner timidement sous l'effet d'un besoin, tout en sachant que cette action finirait par les perdre. C'était à l'image de leur relation impossible. Deux signes opposés attiraient l'un vers l'autre qui finissaient paradoxalement par toujours se repousser. Et lorsque cela arrivait, ils souffraient, au moins autant qu'ils avaient exulté.

Les mains du diagnosticien glissèrent sur la peau mise à nue de sa partenaire à une vitesse aussi lente que possible, comme s'il voulait en apprécier la plus infime partie pour pouvoir à jamais se la représenter si un jour l'envie le prenait. Par ce geste symbolique, tous deux comprirent que ce pouvait être la dernière fois qu'ils s'adonnaient à l'expression passionnelle de leurs sentiments respectifs. L'ultime étape avant l'espoir de voir apparaître l'augure d'un nouveau départ, lorsque chacun se serait déchargé de tout ce qui sommeillait au fond de son être.

En assimilant cette donnée, elle sentit sa mâchoire se refermer nerveusement sous l'effet d'une action incontrôlée sur un morceau de chair collé à la sienne dans un instant qu'elle savait éphémère. L'homme comprit sa réaction portée par le poids de sa souffrance et la laissa s'imprégner d'une réalité qu'elle aurait autrefois refoulée. Une larme perla au coin d'un de ses yeux au moment même où une goutte de sang s'échoua sur sa langue. Au contact du goût métallique, elle desserra sa prise prestement et voulut s'éloigner afin de formuler quelques excuses assez confuses. Mais la force qui vint pour la retenir mit un point d'honneur à ce qu'elle ne prononce aucun mot.

Le ballet reprit, plus osé et assuré qu'il ne l'était au moment où ils l'avaient laissé. Ses doigts fins se posèrent sur le torse musclé du médecin et le firent frémir sous le poids léger de leur toucher. Elle venait l'effleurer, sans véritablement oser le toucher davantage, ne sachant pas à quoi s'attendre. Elle ne savait pas si elle pouvait encore s'approcher sans y perdre plus que ce qu'elle avait à y gagner. Un doute informulé devenu étrangement familier que son amant ressentit au travers de ses gestes hésitants. Une forme d'émotion l'envahit lorsqu'il prit conscience que cela faisait une éternité qu'il ne l'avait pas aussi bien comprise. Il saisit sa main fermement pour l'inciter et l'aider à aller plus loin dans son entreprise.

Ce contact refit jaillir en elle ce besoin obsessionnel de tout solutionner. Elle chercha de nouveau à placer des mots sur ce qu'elle ressentait et comprendre ce qui la poussait toujours à vouloir s'accrocher. Elle qui aurait pourtant préféré fuir cette passion dévorante. Totalement perdue, ses yeux finirent par se mouvoir et vinrent se poser sur la main qui pressait toujours la sienne contre sa poitrine, sentant les battements de son cœur s'accroître au fur et à mesure que les secondes défilaient. La situation le mettait assurément mal à l'aise mais il semblait prêt à laisser s'exprimer tout ce qu'il avait jusque-là réprimé.

Leurs regards s'accrochèrent, l'incertitude s'invita pour y inscrire quelques lignes destinées à les interroger sur leur devenir dans ce qui devrait être des chemins respectifs. L'évidence d'un fait qu'ils avaient vainement tenté d'ignorer : la vie ensemble était un échec, la cohabitation qui avait suivi, elle, n'était qu'un calvaire. Plus rien ne tournait rond depuis qu'ils avaient rompu. Mais malgré la haine, la colère ou même la douleur, le sentiment d'un puissant attachement continuait d'opérer et en cet instant, une attraction surnaturelle persistait contre toute attente. Envers et contre tout, ils se désiraient mutuellement sans vraiment connaître la raison de cette envie incomprise. Ils auraient pourtant simplement voulu se détester, au moins autant qu'ils s'étaient aimés. Mais le sort qui s'acharnait contre eux en avait visiblement décidé autrement et les amena à de nouveau s'éprendre du fruit défendu. Peau contre peau, âme contre âme. Amour invincible contre haine impossible. Sentiments destructeurs contre ressentis salvateurs.

Ce qu'ils virent dans les yeux de l'autre les entraînèrent vers un nouveau baiser plus passionnel, comme pour tenter d'apaiser les maux qui durablement s'étaient installés. Aussi bien les leurs que ceux qu'ils avaient eux-mêmes provoqués chez le responsable de leur propre malheur. Emportés par cet élan, ils s'effeuillèrent un peu plus, sans savoir si ce comportement irait en leur faveur. De nouveaux vêtements tombèrent rapidement de leurs corps en fusion, venant ainsi rejoindre le bordel déjà présent sur le sol abrupt du salon.

Les mains de la doyenne retrouvèrent leur place derrière la nuque du médecin et son regard perçant se planta droit dans le sien. Elle voulait l'interroger, encore et encore, jusqu'à percer sa carapace épaisse pour pouvoir lui arracher cette vérité qu'il voulait à tout prix dissimuler. Même si son désir pour lui la brûlait de l'intérieur, tout savoir maintenant et sans attendre était devenu une nécessité car elle ne savait pas si l'occasion allait un jour se représenter. Dans le plus grand du silence, ses yeux le supplièrent d'accepter de se dévoiler.

C'est à ce moment qu'elle les vit. Au travers des contacts visuels et tactiles établis, elle put ressentir de la peur, de la peine et peut-être même quelques regrets égarés. C'était léger, mais elle était presque certaine de ne pas s'être trompée dans son interprétation.

« Viens. » murmura-t-elle entre ses lèvres.

Il la sentit saisir sa main qu'elle tira vers elle pour qu'il la suive, sans jamais quitter le bleu envoutant de ses yeux. Il se laissa guider sans résister jusqu'à l'endroit où elle avait voulu les mener : la pièce où elle aurait voulu vivre, s'éterniser, se réveiller à ses côtés pendant encore des années.

« Et maintenant, on fait quoi ? demanda House, incertain.
_ On vit. » répondit Cuddy, sans réfléchir.

Il se surprit à sourire, avant qu'elle ne vienne reprendre possession de ses lèvres. Epuisée par son acharnement à vouloir coûte que coûte lui résister, la doyenne décida de lâcher prise et de s'abandonner au plaisir de pouvoir l'avoir en cet instant à ses côtés. Rien que pour cette fois. Rien que pour cette nuit.

TBC..

Alors ? Vous aimez ? :) Hum. Par contre, je ne suis pas sûre que la suite vous enchante.. C'est que je m'étais fixée un objectif en commençant à écrire cette fiction et j'ai, Ô miracle, réussi à m'y tenir. Enfin, je n'en dis pas plus, et vous dis à la semaine prochaine !