Hello everybody !
Voici la suite. Même si, comme je vous le disais dans le précédent chapitre, je ne suis pas sûre qu'il vous enchante.
Concernant les reviews !
Savannah : Eh bah ... *se tait*. Je ne dis rien, tu vas le découvrir bien assez tôt. J'espère que ce sera un beau cadeau de Noël tout de même ! Oh non, je tiens vraiment à garder l'idée de base que j'avais imaginée pour cette fiction. C'est important ! Je te laisse découvrir la suite, en espérant qu'elle ne te déçoive pas ! Merci pour ta review :).
sagmig : Merci beaucoup ! C'est exactement ce que je voulais faire passer ! Tu as parfaitement saisi l'esprit de ce que j'écrivais, ça fait très plaisir :). Je te remercie pour ton commentaire et j'espère que cette suite te plaira tout autant !
djnoe : Un combat, oui, c'est totalement ça. Ravie que ça te plaise et merci beaucoup pour ta review ! Que va-t-il se passer ? Je te laisse le découvrir.
Et voici donc le 7ème chapitre. L'avant dernier, déjà.. Bonne lecture !
Lorsqu'il se réveilla, il était seul. Son bras venait de retomber mollement sur une place désespérément vide et froide. Il se redressa alors, cherchant des signes symptomatiques d'une présence passée ou encore présente. Son ouïe ne détecta aucun bruit qui aurait pu montrer qu'une personne séjournait en ce moment-même dans son appartement. Seul un léger effluve qui flottait dans l'air pouvait prouver que quelqu'un s'y était attardé, en particulier dans cette pièce.
Il tendit une nouvelle fois l'oreille dans le but de percevoir une activité sonore qui lui aurait échapée. Mais il dut se résoudre à admettre qu'elle était partie durant son sommeil. Ce qui quelque part le soulageait : il n'aurait jamais su quoi lui dire à son réveil.
Il s'assit au bord du lit et jeta un rapide coup d'œil à l'heure affichée par son réveil matin. 9h20. Trop tôt pour se lever, trop tôt pour aller travailler. Mais il devait bien avouer qu'il n'avait pas vraiment envie de se recoucher : tournant à plein régime, son esprit ravivait déjà les souvenirs irréalistes de la veille passée en sa présence. Ils avaient enfin eu cette discussion que Wilson leur avait réclamée depuis ce qui semblait être une éternité, même si ce n'était certainement pas par la façon dont il l'avait imaginée. Mais peu importait le moment et les circonstances, seul le résultat comptait véritablement, et il était bien là. Leurs ébats reflétaient les non-dits autrefois condamnés à l'anonymat, ainsi que tous ces échanges qu'ils n'auraient jamais su formuler. A la suite de tout cela, la colère s'était dissipée, puis la pluie de larmes engagée depuis leur rupture avait enfin cessé. Ensemble, ils avaient réussi à aller vers un mieux inespéré. Et même si cela ne solutionnait pas tout, ils s'étaient promis de savourer ce pas en avant qu'ils pensaient hors de leur portée et qui annonçait une meilleure augure qu'une guerre sans fin passeé à s'affronter dès que l'occasion le permettait.
Ses pensées le ramenèrent soudainement à la réalité lorsqu'un tiraillement situé au niveau de sa cuisse droite lui fit comprendre qu'il s'était élevé sans même s'en rendre compte. Sa main s'y posa machinalement pour y entamer un léger mouvement de va et vient destiné à apaiser la présente douleur autant que possible. Il jaugea dans un même temps sa table de nuit sur laquelle trônait un tube de Vicodin encore rempli de moitié qu'il saisit l'instant d'après de sa main libre dans un geste qui se voulait mécanique. Le bouchon sauta prestement au moyen d'un mouvement habile tandis que l'emballage cylindrique perdait une partie de son contenu.
House balança l'ensemble sur son matelas avant de se diriger vers la salle de bain. Sa patte folle traînée jusque dans la pièce, il se posta devant le miroir et fit couler un mince filet d'eau fraîche depuis le robinet. Le liquide translucide vint s'amasser dans le creux de ses mains pour s'écraser sur ses traits encore marqués par son récent réveil.
Tandis que son corps peinait à accepter cet éveil prématuré, ses oreilles perçurent ce qui semblait être une sonnerie persistante, symbolique d'un appel passé par son meilleur ami. Il supposa que l'oncologue avait eu vent des récents événements et décida de l'ignorer superbement, peu disposé à subir un rapport aussi bien détaillé que falsifié sur l'état de sa santé mentale. Il préféra replonger dans les abysses de ses impétueuses pensées, tout en envoyant une nouvelle vague d'eau glacée sur sa figure.
Leur rapprochement de la veille n'était pas une fin en soi, ce n'était qu'un tremplin qui les propulsait vers une nouvelle étape. Il ne symbolisait pas la reconstruction d'un couple qui aurait décidé de se laisser une seconde chance pour conjurer le sort qui les avait amenés une première fois à la séparation. Les anciens amants avaient simplement joué cartes sur table, déballant sans concession leur état d'esprit respectif au travers de gestes simples et pour beaucoup anodins. Leur frénésie avait dépeint toute la rage que chacun contenait encore en lui. Quelques effleurements sur le visage, les yeux rivés dans ceux de l'autre, avaient matérialisé la peine, l'affection et plus largement les séquelles toujours présentes au détriment de tout autre sentiment. Leurs baisers, leurs caresses avaient mis en évidence leur incapacité à tourner la page. Quant à l'acte en lui-même, il avait concrétisé les idées qu'ils s'étaient tout récemment faites. Ils avaient d'une certaine façon besoin l'un de l'autre, mais ce besoin omniprésent devenu si oppressant les avait conduits vers la situation complexe connue de tous aujourd'hui et qui les détruisait à petit feu.
Et lorsque chacun était retombé d'un côté du lit, ils ne s'étaient pas calés dans les bras l'un de l'autre comme ils auraient pu le faire par le passé, se contentant de se regarder droit dans les yeux. Ils s'étaient retrouvés l'un comme l'autre perdus, quelque peu dépassés face à ce qui venait d'avoir lieu. Leur cerveau avait tenté d'assimiler, non sans difficulté, la quantité d'informations délivrée en un rien de temps. Finalement, la main de la doyenne était venue se poser sur la joue rugueuse du médecin qui n'avait pas trouvé la force, ni l'envie de retirer et ils s'étaient endormis ainsi, en présence d'une certaine distance devenue nécessaire, et d'un attachement muet et certain, présent à jamais quoiqu'il advienne.
Il n'en était pas certain, mais pensait comprendre et accepter enfin le phénomène qui les avait frappés : l'inachèvement d'un deuil dont ils ne soupçonnaient pas nécessairement l'existence. De son côté, il n'avait jamais dépassé les premières étapes, manipulé habilement par les préceptes de la colère. Il avait tout tenté, tout expérimenté, excepté la laisser vivre sa vie comme elle le voulait. Le résultat n'en était que peu glorieux aujourd'hui.
Sa réflexion fut de nouveau mise à mal lorsque la sonnerie de son téléphone fixe se déclencha à son tour. Il n'accorda pas plus d'importance à cet appel qu'au précédent et n'eut qu'un cours laps de temps à attendre avant d'entendre son répondeur se déclencher, suivi d'une voix s'élevant au travers de l'appartement après le traditionnel bip sonore.
« House, je sais que tu es là. déclara un certain oncologue. Si tu ne décroches pas, écoute au moins ce message, c'est important. House, je ne sais pas comment t'annoncer ça mais... Cuddy est partie. Définitivement, ce matin. Elle avait visiblement pris certaines dispositions sans nous mettre au courant et bien qu'elle m'ait sommé de ne pas t'en parler pour l'instant, je n'ai pas pu rester sans te l'annoncer. Il faut qu'on en parle House. Je passerai chez toi dès que possible si tu n'es pas arrivé à l'hôpital d'ici là."
Le message qui se termina laissa au diagnosticien devenu apathique le soin d'assimiler au mieux l'information brutale qui venait de lui être délivrée. Son monde s'effrita et oscilla dangereusement, menaçant de s'effondrer à tout moment comme un vulgaire château de cartes et de l'entraîner dans une chute qui se voudrait pour le moins brutale.
Rien de tout cela ne pouvait être réel. Le diagnosticien refusait de croire en la mise en application d'une décision insensée qu'il pensait avoir évincé. Il ne pouvait simplement pas s'empêcher de réfuter l'éventualité d'un départ qu'il n'avait pas su planifier alors qu'il aimait pouvoir tout anticiper.
Il voulait à tout prix comprendre. Avoir des réponses, quoiqu'il en coûterait. Il avait besoin de savoir ce qu'il s'était réellement passé et connaître les raisons de son départ précipité.
Son regard perdu sur un point imaginaire se reporta sur l'eau qui continuait de s'écouler, à l'image du temps qu'il croyait figé et dont il n'aurait jamais su dénombrer les minutes qui venaient de filer. Il la toucha du bout des doigts et sentit alors cet étrange froid qui se répandait dans ses entrailles.
Sa position demeura ainsi jusqu'à ce que des coups contre sa porte ne le sortent de la torpeur dans laquelle il s'était plongé. La voix accompagnée par quelques coups affolés suffit à révéler l'identité de la personne inopportune.
« House, je sais que tu es là !
_ Je vais bien merci, tu peux retourner tenir la main à tes petits cancéreux. s'empressa d'annoncer le diagnosticien.
_ Non, tu ne vas pas bien. La femme que tu aimes depuis plus de 20 ans et dont le départ t'a écorché plus que tu ne l'as jamais été vient de sortir de ta vie. Il faut qu'on en parle.
_ Dégage Wilson. » ordonnança le médecin qui n'avait que faire d'une oreille à son écoute.
Il n'avait pas besoin de lui, au même titre que Cuddy n'était pas nécessaire à sa vie. Bien qu'elle soit la femme d'envergure présente depuis tant d'années qui l'avait chamboulé dans sa façon de considérer autrui et amené à composer sa vie autrement que par l'excès et le rejet des personnes qui l'entouraient. Sa fuite l'affligerait quelque peu, mais son quotidien reprendrait le pas sur ce qu'il ne voulait être qu'un départ parmi tant d'autres.
Il n'avait pas besoin de réapprendre à vivre sans sa présence.
La porte de son appartement s'ouvrit alors pour la seconde fois, toujours contre sa plus ferme volonté. L'oncologue pénétra dans l'habitat sans se soucier de la réitération de l'injonction qui venait précédemment de lui être formulée. Le médecin alla à sa rencontre jusque dans le salon et prit soin de lui adresser un regard plus noir qu'il ne devrait être.
« Je... Je suis désolé House.
_ De quoi ? De faire profiter un autre hôpital de ton cul magistral et de ton décolleté outrageant ? Ah non, tu n'es pas Cuddy. Tu n'as donc pas à te dire désolé. Elle-même n'a pas à le faire. déblatéra le diagnosticien en maintenant un regard haineux.
_ Tu...
_ Vas bien et n'as pas de tendances suicidaires. Ma peine de cœur va se panser et tout va rentrer dans l'ordre. tenta-t-il pour se débarrasser du son bon samaritain. Rentre chez toi.
_ Bon sang House, cesse de te voiler la face, ce n'est pas qu'une simple petite égratignure !
_ C'est malsain la vie par procuration, tu sais ?
_ T'es vraiment qu'un imbécile. s'emporta un peu plus l'oncologue.
_ Doucement ! Y'a des mots qui blessent. s'insurgea faussement le concerné en adoptant une mine outragée.
_ Quoiqu'il en soit, je voulais que tu saches que je désapprouve son départ précipité...
_ C'est bien, mon fils. Dieu te remercie pour cette confession spontanée et afin de t'encourager dans ta quête de salut, t'offre un aller simple jusque chez toi.
_ Et que cela me désole que vos rapports se soient achevés sur une note si amère. » poursuivit l'oncologue en ignorant la pointe de sarcasme.
Il dévisagea son ami sans comprendre où il voulait en venir.
« Elle n'était pas vraiment amère.. se souvint-il à voix haute.
_ Non tu as raison, plutôt destructrice.
_ Tu dramatises.
_ Non, je ne pense pas. Je doute que votre altercation d'hier ait contribué à ne serait-ce qu'assainir vos rapports conflictuels, bien au contraire.
_ Nous avons parlé, de quoi te plains-tu ?
_ Si par parler tu entends donner libre cours à une énième querelle destinée à mettre Cuddy dans tous ses états, jusqu'à la pousser à congédier ses invités, alors oui, vous avez parlé.
_ Attends attends, de quoi tu parles ? Elle t'a dit quoi au juste ? reprit le médecin soudainement interloqué.
_ Que c'était un échange houleux de trop et qu'elle ne vivait plus en te sachant chaque jour si près d'elle, en train de te détruire et de l'entraîner dans ta chute, en le voulant ou non. Etre à ton contact est devenu trop pénible, elle n'est plus en mesure de le supporter. Pas après ce que vous avez vécu. »
Le diagnosticien accusa le coup de ces révélations. Faire face aux ressentis de son ex compagne verbalisés au travers de propos qu'elle avait tenus contrecarrait l'indifférence dans laquelle il aimait se complaire et que par-dessus tout il aurait voulu laisser paraître. Mais cette singularité n'était rien comparée à l'effroyable doute qui l'assaillit, façonné par les dernières paroles de son ami.
TBC..
