Bonjour ! Oui, je suis en vie, et oui, deux mois après mon dernier update, je suis enfin en mesure de vous proposer le chapitre final de cette fiction. Si tant est que vous vous en souvenez encore, bien évidemment..

Je n'ai pas vraiment d'excuse. Si ce n'est que des passages ne me satisfaisaient pas du tout et que je n'arrivais pas à les corriger. Et que mon béta readeur était un peu surchargé de travail, aussi.

djnoe : Ahh, il fallait qu'elle parte, c'était trop difficile :). Je ne dis rien concernant tes espoirs, et je te laisse découvrir ce dernier chapitre en espérant qu'il te plaira :). Merci beaucoup pour ta review !

Bonne lecture !


Une soudaine incertitude qui n'était pas sans lui rappeler un moment sombre de sa vie.

Il venait d'être propulsé en plein cœur de l'horreur, se heurtant à une bête noire qu'il sommait de gagner le monde de l'imaginaire.

Le bureau de Cuddy. Le lieu où toutes les prémices de l'illusion semblaient être nées.

« Non, non, ça - ça s'est passé autrement. Je vous ai dit que j'avais besoin de vous et vous vous êtes occupée de moi.
_ Ca va ? »

Tout devenait flou. En proie à une incertitude terrifiante, il glissa une main fébrile dans la poche de sa veste depuis laquelle il extirpa l'objet de sa discorde. Lorsqu'il en découvrit la nature, une peur intense s'empara de lui.

Le tube de Vicodin chuta. Un bruit sourd accueillit son heurt avec le sol sous le regard troublé de Cuddy qui observait la scène sans comprendre son malaise. Son absence de réponse décupla l'inquiétude de la doyenne qui s'élança à sa rencontre.

« Ca va ? »

Les contacts qui s'établirent le contraignirent à affronter le réel horrifiant des évènements passés. Le rêve s'envolait, tandis que le cauchemar prenait place dans la réalité. Son subconscient le happait dans quelques souvenirs de la veille dont les révélations qui en découlaient allaient bouleverser le fil son existence.

Il n'avait jamais quitté l'abîme de la Vicodin qui avait fini par avoir raison de la stabilité de son esprit. Des perceptions illusoires, contrôlées par ses opiacés, l'avaient habilement manipulé selon leur gré, faussant sa vision de la réalité.

Lorsqu'il reprit contact avec le présent, l'impact destructeur de la drogue s'affirma par une nouvelle hallucination. Amber et Kutner, apparitions symptomatiques de la gravité de son état, se tenaient debout dans la pièce.

« Alors... C'est ça l'histoire que vous aviez envie de vous inventer. C'est une belle histoire. s'amusa Amber au creux de son oreille.
_ Dommage qu'elle soit fausse. » déplora Kutner depuis l'autre bout du bureau.

Tout son monde s'écroula, entraînant dans sa chute tout l'équilibre fragile de sa vie. Ce fut à cet instant qu'il comprit que le temps était venu de rendre les armes.

« Non. Ca va pas.»

Il s'était rendu à l'évidence. La Vicodin avait eu raison de lui.

« House ? » l'interpella une voix masculine.

Il fuit l'un des souvenirs les plus noirs de sa vie.

« Elle... Elle t'a parlé de sa soirée ? se reprit le diagnosticien.
_ Sa peine s'est exprimée jusqu'à ce que la fatigue tant physique qu'émotionnelle la happe dans les méandres des bras de Morphée. conta l'oncologue sans un serrement de cœur. House, il y a quelque chose que je ne sais pas ?
_ Tu as une tache sur ton pantalon, juste là. dit-il en désignant l'endroit de son index.
_ Plus sérieusement.
_ Je suis sérieux, regarde au moins ! » s'indigna-t-il en accentuant sa désignation.

Le plus jeune comprit à regret qu'il n'en tirerait rien de plus. Il s'estimait déjà bien assez heureux de ne pas l'avoir découvert dans un bain de vomi mélangeant reflux d'alcool et trop plein de Vicodin. Une vague de satisfaction s'empara même de lui lorsqu'il considéra l'intérêt non dissimulé et la pointe d'émotion que suscitaient ces nouvelles informations aux dépens de ce que le diagnosticien voulait bien laisser paraître. Contenté par la hauteur de l'écho à sa confidence, l'oncologue prit l'initiative de ne pas imposer sa présence plus longtemps.

« Tu veux que je reste ? interrogea Wilson sans conviction.
_ J'appellerai une call girl si j'ai besoin qu'on me tienne la main, ou autre chose. »

Du House tout craché. Du sarcasme mal placé, de l'artificialité en guise d'échappatoire et une bonne dose de déni pour justifier sa démarche. C'était tout ce qu'il détestait particulièrement chez son ami : cette façon si grotesque de fuir un véritable problème. Mais il était ainsi; toujours à vouloir enfouir la source de tous ses maux, sans jamais daigner ou oser l'affronter, préférant l'ivresse éphémère à la prise de conscience intemporelle.

Devant cet éternel constat, aucun discours analytique ne trouva grâce à ses yeux. Il les jugea les uns après les autres aussi vains que délétères jusqu'à arriver à l'inévitable conclusion qu'il valait mieux se taire. L'abdication qui le répugnait apparaissait à son grand regret comme la solution la moins néfaste à son égard.

« Je ne te lâcherai pas. » certifiât-il en le pointant d'un doigt intransigeant.

House haussa les épaules en signe de détachement, sans prendre la peine de formuler une réplique cinglante. Wilson s'en satisfit et s'éclipsa dans le plus infini silence.

Lorsqu'enfin la porte se referma, la neutralité du visage du médecin s'effaça pour laisser place à une profonde incompréhension. L'esquisse d'un cauchemar déjà vécu se profilait alors dans son horizon.

Il préféra supposer qu'elle ne lui avait rien dit, craignant que le psychanalyste improvisé ne parvienne à la retenir. Ou peu importe quelle qu'en soit la raison. Il avait juste besoin d'étayer cette théorie afin de s'assurer qu'il n'était pas encore en train de devenir fou.

Emporté par sa réflexion, il laissa glisser sa langue le long de sa lèvre inférieure marquée par une plaie superficielle, survivance du tourment grandissant de la jeune femme. Ou symbole insoupçonné de l'éclat de sa démence.

Il avait conscience que chercher des réponses tout en sachant qu'elles ne pourraient être que le fruit nourri de sa folie en quête de satiété était pernicieux, mais aucune autre solution ne semblait proposer de meilleurs effets.

Il huma à plein poumons les légères flagrances qui flottaient dans la pièce. Quelques effluves de vanille bien distincts et identifiables entre mille stimulèrent un peu plus son odorat. Mais il ne prit pas cela comme une preuve acquise évinçant l'éventualité d'une nouvelle perception illusoire fondée par son esprit manipulé par ses opiacés. Il parcourra des yeux son environnement, à la recherche de quelques indices éloquents. Son regard croisa une bouteille échouée au pied de sa table basse, puis un verre, brisé dans un coin de la pièce. Il retomba finalement sur le bras de son canapé, marqué par l'absence de la brosse encore présente la veille. Rien de singulier qui pouvait laisser paraître un bon présage. Ou bien au contraire, une rechute brutale dans les enfers.

Il claudiqua à travers son couloir, profitant du court trajet pour fixer brièvement sa salle d'eau. Son regard dévia rapidement lorsque le souvenir tangible rallié à cette époque vécue sans Vicodin lui revint à l'esprit. Il se surprit alors à regretter ce temps où les faits n'avaient pas besoin d'être fondés. Réprimant cette nostalgie qu'il s'interdit, son attention se reporta sur la recherche d'irrégularités présentes dans son milieu environnant. Son regard tomba ci et là, sans être retenu par un élément étranger. L'unique particularité qu'il perçut fut la senteur vanillée plus prononcée dont ses sens en éveil ne tardèrent pas à s'imprégner.

Ces recherches quasi vaines l'entraînèrent vers sa chambre à coucher, le lieu qui était supposé l'avoir temporairement coupé de la réalité. L'émanation du parfum y atteint sans conteste son paroxysme, délivrant toute la puissance de ses composants aromatiques. Il voulut alors se détacher de cet enivrement mais se heurta au refus de son inconscient qui s'éprit définitivement de cette odeur significative.

Guidé par son envie d'en atteindre le point d'origine, il contourna son lit et s'assit au bord de la partie où son corps avait pu laisser son emprunte. Il saisit l'oreiller échoué à ses côtés afin d'apprécier les vestiges des effluves laissés par son passage apparent. Mais aucune réjouissance ne se manifesta puisque rien ne lui permettait d'affirmer qu'il n'était pas en proie à quelques hallucinations sensitives.

Tandis qu'il délaissait ce témoignage incertain, son pied entra en contact avec une matière singulière qu'il identifia comme étant un morceau de papier. Il se pencha pour le ramasser avant de distinguer une écriture qu'il aurait reconnue parmi mille sans une once de difficulté.

On dit que le temps guérit toutes les blessures. En réalité, il nous aide simplement à vivre avec elles. Et depuis ce jour où je t'ai trouvé baignant dans ton propre sang, j'ai compris qu'il ne sera jamais suffisant.

Je suis sûre que nous nous reverrons. En des temps meilleurs. Souviens-toi; c'est toi et ce le sera toujours. Ca a toujours été ainsi.

Lisa.

House relut plusieurs fois ces quelques lignes inespérées, se demandant un instant si elles appartenaient au monde réel ou si elle n'était au contraire qu'une simple divagation de son subconscient. En proie en doute, il ne put qu'espérer qu'elles n'étaient pas le fruit de son imagination.

Mais ce qu'il ne sut pas, c'est qu'une brosse à cheveux reposait dans les tréfonds de son armoire, refermant avec elle le secret du véritable déroulement de la soirée.

FIN.


Et voici donc le résultat final auquel je souhaitais parvenir. C'était mon idée de base, finir de cette façon. Je voulais créer une intrigue pour la saison 8 ET proposer une sortie plus digne et réussie pour Cuddy. L'idée était aussi de rendre possible une saison 8 sans Cuddy ... Même durant une grande partie. Mais bon, ma fiction supposait qu'elle revenait au moins en fin de saison..

J'espère que vous aurez compris ma démarche et que cette fiction vous aura plu ! N'hésitez pas à laisser vos impressions concernant ce final :).

Et encore un énorme merci à tous les revieweurs ! A bientôt dans une prochaine fiction ! (je ne sais pas quand, mais bon..)