Ce chapitre est particulièrement long... (ne partez paaas). Je l'ai divisé en trois parties, qui auraient pu former des chapitres distincts les uns des autres par ailleurs, cependant, vu que c'était prêt... vu que je ne voulais pas vous laisser sur votre faim et satisfaire à la fois ceux qui voudront lire ce "chapitre" en plusieurs fois et ceux qui vont le dévorer en une seule fois... et bien j'ai voté pour cette solution. Maintenant, il faut que je ralentisse la publication de mes chapitres, j'ai des exams à réviser XD. (réponses aux reviews et autres commentaires à la fin du chapitre, comme d'habitude).
Lucky Lady fait fureur...
Partie 1 : les « Lucky Lady »
Un poing s'abattit violemment sur la table disposée au centre de ce qui semblait être une salle souterraine.
« Imbéciles ! Je ne crois pas que vous ayez bien compris la situation ! »
L'homme de grande stature, pourvu d'un manteau de fourrure qui doublait son envergure, cigare aux lèvres, frappa plusieurs fois, furieux, le gros titre à la une du journal :
« Lucky Lady fait fureur dans les casinos ! »
« Mais Patron, c'est pas nouveau...
- Non non non ! Imbéciles, avez-vous lu l'article ?! Voilà maintenant près de huit ans que cette... cette... chienne que les médias appellent « Lucky Lady » se balade en liberté et dilapide le business des Casino. Et après des années de hargne on s'était enfin mis d'accord avec les autres parrains pour créer une alliance et se lancer à sa poursuite. Et au moment où l'on pensait mettre la main dessus, tenir enfin quelque chose... voilà que ça nous tombe dessus !
-« Ça », patron ?
-Oui, « ça ». »
Il se mit à lire le journal :
« Voilà maintenant 8 ans que la Dame la plus chanceuse du monde fait trembler l'univers de la Mafia en s'attaquant directement à la principale source de leurs revenus : les casinos, pour le plus grand bonheur du Gouvernement Mondial qui, semble-t-il, n'est pas pressé de connaître le secret de sa chance miraculeuse. Sa chance va jusqu'à la préserver de la colère des gérants puisqu'hier encore on apprenait qu'elle rassemblait des milliards de Berrys dans le casino de Water Seven, coulant dans le même temps une mafia qui finissait d'achever une ville déjà agonisante. La peur qui habitait les rues de la ville s'allégea pour ne plus laisser la place qu'à l'incertitude des lendemains ; avec une ville s'enfonçant un peu plus dans la mer et des chantiers navals menaçant de fermer, on se demande encore si le Gouvernement pourra enfin agir puisque la mafia qui gelait jusqu'à présent ses actions est partie.
D'après une source sûre, cette tenta de récupérer son argent, sans succès, voici la copie de la lettre qui nous en a informé :
« Après une bien infructueuse course poursuite où les gorilles du casino manquèrent vraisemblablement de souffle. Une armada de Yagaras préalablement détournés et chargés de billets dévalèrent les canaux à grande vitesse. Ce fut un véritable délice à regarder ! Merci. Autant que récupérer cet argent que je suis sûre de dépenser pour une cause meilleure que la vôtre. Sur ce, je vous laisse à vos jambes et m'en vais rejoindre d'autres rivages.
Lucky Lady
Ps ; j'ai appris avec étonnement une mode de « Lucky Lady », rassurez-vous, je suis bien la seule, l'unique. »
Quelle est cette cause mystérieuse ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, les milliards collectés par Lucky Lady semblent littéralement disparaître dans l'abîme, l'utilisation qu'elle en fait reste un véritable mystère.
Mais effectivement, une véritable mode de « Lucky Lady » est en marche : cette chance incroyable, miraculeuse, fit naître des rêves d'or et d'argent dans bien des esprit, de telle sorte que les bijoutiers n'ont jamais été aussi heureux depuis la publication d'un portrait atypique de Lucky Lady : cheveux bancs, teint de peau brun, yeux d'or et portant toujours sur son front un bijou orné d'une gemme jaune. Les topazes et diamants jaunes ne se sont jamais autant arrachés dans les bijouterie ! Les plus riches n'ont pas peur de proposer les prix faramineux enfin d'obtenir une « Lucky Lady », une gemme attirant les faveurs de la Déesse de la chance. »
Le patron avait tiré rageusement quelques bouffées de son cigare après sa lecture, expira avec force un nuage de fumée violâtre et tenta de se maîtriser, une veine battant follement à ses tempes :
« Vous comprenez, imbéciles ? À cause de votre incapacité cette espèce de... de... cette salope est non seulement encore en liberté, se moque ouvertement de nous, mais en plus toute une floppée de clients se pointent maintenant avec des diadèmes ornant un diamant jaune, des bracelets, des montres, des pendentifs... lui laissant toutes les chances, encore une fois, de se mêler à la foule au moment précis où on avait réussi à dresser d'elle un portrait précis. Et ce n'est pas tout ! »
Il fit les cents pas, le regard sombre, ses subordonnés restèrent silencieux, sachant parfaitement que la moindre parole de leur part attirerait les foudres de leur boss. Celui-ci s'arrêta, réfléchissant profondément.
« Le pire... c'est que maintenant que son portrait est connu, le Gouvernement s'en mêle et prétend s'inquiéter de l'usage qu'elle pourrait faire de tout cet argent. Pourquoi un intérêt si subi... j'ai cet désagréable et insupportable impression de leur avoir mâché le travail en la démasquant...
-Faut dire, tu t'y prend mal, le vieux. »
L'interpellé, serra les dents prêt à étriper le gamin dont la voix moqueuse venait de vibrer à ses oreilles... il s'arrêta net en voyant le rouki blond lui adresser un sourire narquois, un signe de la main montrait qu'un geste de plus de la part du mafieux et il lui faisait sauter la tête.
Joker*.
Il lui avait promis une récompense s'il arrivait, lui, à attraper Lucky Lady. Mais il n'était pas dupe... il n'était pas dupe, et leur relation était électrique. De son côté, « Joker », regardait avec joie cet Empire de l'argent s'effondrer et qu'il ramasserait, à l'agonie, pour en faire son monopole ; de quoi le propulser dans les hautes sphères de cette société de merde.
Partie 2 : … une vraie Lucky Lady ?
Maintenant que son portrait était connu de tous, il lui fallait prendre quelques précautions supplémentaires, mais n'importe, la légende de Lucky Lady était née et son plan fonctionnait à merveille. Elle s'était aujourd'hui teinte les cheveux en brun sous un voile fin de soie légèrement transparente tenue par un diadème fin et de couleur cuivre cernant un légendaire diamant jaune. Habillée à la mode d'Alabasta, orientaux et fins atours enserraient sa taille, ses chevilles, son cou, ses bras et ses poignets, laissant gonfler des voiles, toute de blanc vêtue, sa peau basanée ressortait vivement, soulignant ses courbes gracieuses et harmonieuses (qui avaient mis longtemps à se développer, soit dit en passant).
Usant de ces nouvelles armes, de son charme en plus de son habileté à disparaître, elle semblait tout à la fois captiver l'attention et s'effacer aussitôt, comme un rêve. De son diadème tombait un autre voile, légèrement rosé, cachant ses yeux par pudeur, comme on l'attendrait d'une grande princesse orientale ; impossible de discerner ses pupilles jaunes. Et en l'occurrence, un tel accoutrement, un tel choix vestimentaire semblait des plus communs au milieu de tout ces enchevêtrements de tissus fins, voilés, qui dansaient sous ses yeux dans le casion de Rain Base.
« Bon jeu, Madame. »
Le croupier fut gratifié d'un léger sourire, timide, qui le fit fondre littéralement. Derrière son voile, les yeux de la jeune femme s'emplissait de malice et de satisfaction, sa ruse semblait fonctionner. Tous ces notables s'étaient arrachés des diamants jaunes et les portaient, comme elle, pour attirer la chance. La seule différence est que, en ce qui la concernait, seul son diadème était une parure, une parure pourvue d'un trou taillé pour sa gemme. Rien ne vaut une forêt pour cacher un arbre, pas vrai ? Elle se fondait littéralement dans la masse, dans cette « mode » des Lucky Lady, devenu un nom courant pour désigner les diamants jaunes et les topazes de la chance.
Elle s'assit à une partie de poker, engagea et commença par grossir son pécule, lentement, sûrement, laissant parfois gagner les autres pour ne pas éveiller les soupçons mais pour finalement quitter la table avec une petite fortune, comme un débutant pourrait en gagner avec un peu de chance. Elle se laissa oublier quelque temps, discuta avec les habitués, observa ceux assis aux machines à sous et finit par s'assoir lorsque l'une d'elles se libéra. Elle savait d'expérience que ceux du casino réagissaient tardivement lorsque l'on gagnait une fortune à ces machines. Mais... contrairement au Poker, elle ne pouvait pas feindre de perdre. Elle abaissa la levier, gagna, relança, gagna. Prit les jetons, changea de machine, qui semblait avoir porté malchance à son ancien utilisateur durant toutes ses dernières parties, lança une partie, abaissa le levier, gagna le jackpot. La musique rameuta une foule de personnes qui poussèrent des exclamations d'admiration.
Elle feignit la surprise mais étrécit les yeux : c'était terminé pour aujourd'hui, gagner davantage serait dangereux. Si encore il n'y avait pas eu une foule rassemblée autour d'elle, elle aurait continué, mais l'affaire « Lucky Lady » était trop présente dans les esprits, inutile d'alimenter leurs superstitions ou leurs soupçons... elle quitta les lieux en prétextant ne pas vouloir forcer sa chance. Elle remarqua que les croupiers parurent déçus, elle sut pourquoi ; c'était souvent en se laissant emporter par la fièvre du jeu et des gains que les clients perdaient leur fortune.
Il tentèrent de la retarder : elle vit le danger, en acceptant pour gagner davantage elle finirait par se compromettre mais refuser... refuser pourrait être une preuve qu'elle cachait quelque chose. Elle sourit : Bien... voilà ce qu'elle attendait... engageons la prochaine phase du plan !
« Très bien, mais voyez-vous..., elle fit la moue, sa belle bouche légèrement entrouverte souffla ses quelques mots aériens à l'employé qui ne manqua pas de profiter de son parfum enivrant, « j'ai peur que quelqu'un me vole mes jetons, vous comprenez ?
-P-pas de problème madame, je vais vous assigner une escorte. »
Elle se redressa gracieusement, les voiles effleurant sa peau dans un léger froissement qu'il nota sans la moindre pudeur.
Pauvre fille, pensèrent les gardes qui la rejoignirent ; elle serait immanquablement la proie du Casino. Avoir une escorte signifiait avoir à sa disposition une brochette de croupiers, parlant entre eux par codes, donnant à leur collègue attablé au poker toutes les informations concernant la main du client, les codes pour truquer les machines... bref, elle allait être dépouillée là où elle espérait tant remplir ses poches. Elle alla au poker, tira les cartes et... l'homme de l'escorte derrière elle manqua de s'étouffer ; elle avait tiré un full du premier coup ! Impossible !
… impossible.
Elle joua pour une broutille, les mains tremblantes, elle semblait ne pas connaître la valeur de ses cartes, en jetait une de temps en temps, rompant sa main, en tirait une nouvelle. Commettant des énormités. Bon, elle allait se faire plumer. Un joueur l'avait remarqué et faisait tout pour la pousser dans ses derniers retranchements, il ne lésinait pas sur les moyens. La mise s'élevait déjà à près de cinq millions. Elle, naïve, une combinaison de cartes décousue entre ses doigts, elle continuait, répondant aux piques de son adversaire par le silence et demandant de nouvelles cartes, au hasard, semblait-t-il. Au dernier tour, on augmenta la mise, elle demanda une nouvelle carte, abandonna un roi et reçut un dix.
…
Au fil des tours, les mains incomplètes s'étaient enchainées, le garde derrière elle, déconcerté par ses gestes insignifiants, désordonnés, comme hypnotisé par son manque évident d'expérience, regardait les cartes qu'elle tenait et qu'elle n'avait même pas pris la peine de classer. Elle mit le reste de sa fortune au centre dans un geste, semble-t-il, de désespoir... puis rangea ses cartes. Une sueur froide apparut sur le front du garde. Impossible... impossible ! Une quinte flush royale ! Comment ne l'avait-il pas vue ? La Main la plus puissante ! Elle abattit ses cartes, écrasa celles de son adversaire, sembla alors seulement comprendre qu'elle avait gagné, récupéra la mise qui avait triplé et alla à la roulette avant que son « escorte » n'est eu le temps de dire « ouf ». Ils commençaient à avoir des doutes, des soupçons, et si cette femme avait mis la main sur une véritable « Lucky Lady » ? une véritable pierre de Chance ?
Ils ne savaient pas, oh non ils ne savaient pas qu'elle les surveillait du coin de l'oeil, que la jeune et naïve cliente n'était qu'une façade joyeuse qu'elle se plaisait à jouer.
« Faites vos jeux » fit le croupier en lançant la bille.
Elle plaça toute sa mise, quinze millions, sur le « Double zéros ». On s'était rassemblé devant ce phénomène. La bille s'arrêta : double-zéros. Le visage du croupier se déconfit à vue d'oeil. Mais... que pouvaient-ils dire tous ? Elle avait seulement... beaucoup de chance. Il l'invita à réessayer, elle fit mine d'hésiter, céda, plaça sa mise, l'intégral de son argent, et lança :
« Quatre, rouge »
Tandis que la bille tournait, le croupier appuya à l'aide de son pied sur une pédale, sentit le mécanisme s'enclencher à travers sa semelle et attendit. La bille, appelée par un aimant tomberait n'importe où sauf... sur le quatre rouge. Tout le monde retint son souffle, la bille s'arrêta : quatre, rouge. Le croupier, atterré, ne comprit pas, chercha désespérément une explication, puis se souvint ; l'aimant était justement placé sur le quatre rouge ! Mais quel idiot ! Conscient de son erreur, il regarda les trois gardes derrière la cliente et, en récupérant la bille d'une certaine manière, leur fit comprendre qu'il y avait eu une mauvaise manoeuvre de sa part.
« Madame ! On ne tourne pas le dos à une telle chance ! Placez un de vos millions encore une fois, vous n'avez rien à perdre, vous en avez encore bien d'autres.
- Bien... pourquoi pas ? Je mise encore une fois sur le quatre rouge. »
Le croupier sourit. Ignorante ! Comme si ce chiffre allait sortir une seconde fois ! Elle s'imaginait sans doute que c'était son numéro fétiche ?
Sans doute... car elle plaça une nouvelle fois toute sa fortune sur le quatre rouge... si elle gagnait, le Casino ne s'en relèverait pas... mais aucune raison qu'elle gagne : la partie serait truquée.
Une endettée de plus.
Il lança la roulette, appuya une fois sur la pédale puis une seconde fois pour que l'aimant se décale du quatre rouge. Il ne le put ; la pédale resta bloquée. Malgré des années en tant que croupier, en tant que menteur professionnel, magicien des cartes et des tours, malgré ses années d'acteur où il faisait miroiter bonheur et richesse aux clients pour mieux les envoyer dans la fange... malgré tout cela, malgré son masque, son poker face... il ne put empêcher ses yeux de s'agrandir d'horreur : Le casino allait subir sa plus grosse perte historique durant cette seule seconde fatidique où le trucage monté pour justement éviter cela s'était bloqué. La bille s'arrêta sur le quatre rouge.
En plaçant 15 000 000 de Berrys la première fois, elle avait gagné 35 fois sa mise, soit 525 000 000 de Berrys, en plaçant ces derniers elle venait de gagner 18 375 000 000 Berrys !
Il la dévisagea ; cheveux bruns, et non blancs... cheveux bruns et non blancs... mais, on pouvait se teindre les cheveux. Il savait bien qu'il était le seul responsable, que c'était lui qui avait activé une nouvelle fois l'aimant mais... avoir une telle chance...
Le nom de « Lucky Lady » ne cessait de hanter son esprit à cet instant précis.
Les clients alentour étaient surexcités, persuadés que sa chance venait de son diamant. D'autres, plus pratiques, se dépêchèrent de changer leurs jetons en argent, tant que le casino avait de quoi les payer. Ils eurent raison, cette dernière ressemblait déjà ses gains et se demandait comment elle allait les transporter lorsqu'un homme à l'air sympathique de grande stature, blond à lunette, poussa un chariot dans sa direction, lui sourit et lui fit signe de la main, l'invitant visiblement à y déposer ses jetons.
Les gardes autour d'elle s'étaient resserrés, la tension était palpable.
Son calme était pourtant imperturbable : était-ce de la naïveté ? En tout cas elle n'y réfléchit pas à deux fois et plaça tout ses gains sur le chariot. À vrai dire, elle pensait que le blond faisait parti du casino et qu'ils allaient être à tout moment conduits, elle et ses jetons, auprès du directeur du casino. Si cela se passait ainsi, elle savait quoi faire. Pourtant, à son grand étonnement, « le blond » fut écarté par ses gorilles qui prirent tout de même le chariot et la poussèrent devant eux, avec toute la politesse apparente, mais avec aussi une poigne de fer. Elle ne fit aucune résistance mais, intriguée, sentit dans son dos l'étrange bonhomme qui avait amené le chariot s'éclipser.
Bonjour les embrouilles.
Partie 3 : Non, c'est LA Lucky Lady !
« Bien, mademoiselle, vous êtes consciente de la fortune que notre casino vous doit...
-Évidemment » dit-elle comme si elle attendait justement qu'il la lui donne au plus vite.
-Voyez-vous... j'ai quelques scrupules à ce sujet, vous n'ignorez sans doute pas la rumeur concernant une certaine « Lucky Lady » recherchée d'ailleurs par nos service... ? Non ? Bien... voyez-vous... vous auriez toute ma confiance si vous me prouviez que vous n'êtes pas cette personne.
-Et comment suis-je sensée faire cela ? » fit-elle avec le plus grand étonnement.
Le voile empêchait le directeur de discerner la partie haute de son visage ce qui l'exaspérait au plus haut point. N'importe, il allait y remédier puisque la vérification de l'identité de cette femelle passait par là :
« Eh bien, je vous demanderai par commencer en relevant votre voile. »
À sa grande surprise, elle obtempéra sur le champ, laissant voir ses pupilles d'un doré rieur qui le transpercèrent avec effronterie, sans peur et même avec une pointe de défi qui ne manqua pas de l'atteindre.
« Toi !
-Moi, toujours moi, Monsieur ! Qui voulez-vous que ce soit d'autre ?
-Attrapez-la vous autres ! »
Mais à ce moment précis, des hurlements se répercutèrent dans les couloirs et, à la grande stupeur de tous ceux qui se tenaient debouts dans la salle VIP debout autour d'une table disparaissant sous une pyramide de jeton et, accessoirement, autour de LA Lucky Lady, la seule, l'unique, une énorme mâchoire défonça le mur.
« Que... »
La directeur regarda d'un air effaré Lucky Lady qui était parfaitement calme tandis qu'une véritable horde de Banana-Crocos qui pullulaient dans la rivière près de Rain Base entraient dans la place, balayant les gardes sans trop de peine, détruisant la casino. L'un d'eux attrapa le directeur, celui-ci décolla du sol et hurla sans ménagement. Une main effleura sa joue, il ouvrit les yeux. Le croco venait de délicatement le placer en face de Lucky Lady. Toute la chaleur amusée de ces infernales pupilles pénétra dans les siennes, mais derrière cette amusement il vit une lueur inextinguible, une flamme qui le dévorait doucement de l'intérieur. Il pria pour que le Banana-Croco qui l'avait si délicatement épargner pour le mettre en face de cette créature à la peau brune le mange... le tue, vite.
Car il voyait une haine sourde dans ces yeux d'or. Une haine contre tous ceux de son espèce... qui sentaient la pourriture. Sans ménagement elle planta un couteau dans son ventre et lui murmura :
« Allons, un Gentleman comme vous ne devrait par traiter ainsi une Lady... »
Une mort lente l'attendait. Le Croco le regarda avec tristesse. Elle lâcha :
« Fais-en ce que tu veux une fois qu'il sera mort... »
Elle se dirigea vers la porte du bureau du directeur, suivie d'un autre Banana-Croco, une fois qu'elle eut passé la porte, celui-ci défonça la mur.
« Ah ! Vous en avez mis du temps, princesse !
-Ne m'appelez pas comme ça... où en êtes-vous ? »
La petite bande de révolutionnaires balaya de la main l'ensemble des coffres qu'ils avaient remplis de billets pendant qu'elle divertissait la galerie en haut.
« Bien, dépêchez-vous de les attacher aux Crocos... on décolle. »
Le plan était simple, elle devait comme d'habitude être la seule à se montrer en compagnie de l'argent, afin d'alimenter son image de Lucky Lady, insaisissable et ennemie des casinos, tandis que les révolutionnaires s'éclipsaient avant de récupérer l'argent plus tard, à l'abri des regards, afin qu'aucun rapprochement ne soit fait entre eux. Avec les bras de la vingtaine de révolutionnaires à son service, certains arborant le diamant jaune à la mode de Lucky Lady, le chargement fut rapide. L'un d'eux, un rouquin, demanda par curiosité :
« Alors, vous avez gagné combien cette fois ?
-Un peu plus de dix-huit milliards... »
L'autre siffla d'admiration, d'autres éclatèrent de rire, malgré les façons quelques peu illégales de récupérer l'argent que l'on lui devait, sa chance, elle, était bien réelle, et en soit, elle ne faisait que récupérer son dû ; même si la totalité des ressources du casino ne suffisait pas à égaler ce qu'elle avait théoriquement gagné.
Une eau passée dans ses cheveux leur avait rendu leur couleur naturelle, d'un blanc immaculé, délaissant le voile sur sa tête, tous purent constater que Lucky Lady était passée, avait gagnée, était repartie, et le fait que l'argent était attaché à de féroces reptiles ralentirent les ardeurs des plus envieux. Ce cortège étonnant, cette façon dont les reptiles obéissaient sans broncher et emportaient l'argent... tout... tout semblait irréel, sortir d'un autre monde. Tous étaient conscients qu'une légende était en marche devant eux et tous n'expliquaient un tel phénomène que d'une seule façon ; cette femme n'était pas seulement chanceuse, mais du sang divin coulait dans ses veines. Ainsi, là où l'on pensait que Lucky Lady avait montré tout ce dont elle était capable, son mystère au contraire s'épaississait.
Les reptiles regagnèrent la rivière, et disparurent sous sa surface, laissant derrière eux la carcasse du casino. Ses clients épargnés, mais ses gérants disparus... sans doute dans leur ventre. Il n'y eut plus de casino à Rain Base jusqu'à ce que, des années plus tard, un certain Shichibukai érige sur la rivière-même des Banana-croco un nouveau casino qui connaîtra à son tour une fin explosive.
Tandis qu'elle descendait le cours d'eau afin de rejoindre la mer, le point de rendez-vous pour transférer l'argent, en restant cachée sous l'eau, elle sentit quelque chose venir droit vers elle ; elle dévia de son couteau armé de haki le souffle d'une lame, un coup tranchant qui aurait séparé sa tête de son corps et aurait sans doute un peu abimé le croco sur lequel elle se tenait. Ce dernier l'expulsa hors de l'eau sous son ordre silencieux, la faisant atterrir sur la rive, elle s'élança alors avec sa vitesse légendaire sur la silhouette sombre qui lui faisait face, s'effaçant de l'espace en passant dans son angle mort et voulut le plaquer au sol, le manqua de peu. Les iris acérées, elle lorgna son adversaire qui s'était dégagé avec une vivacité qui démontrait une grande expérience au combat. Qu'il ait pu esquiver ce coup... piqua sa curiosité. Tentant de le sonder sous ses habits amples du désert, elle reconnut très bien son aura, une aura bien plus acérée que lors de leur première rencontre.
Le type au chariot.
* Joker : il s'agit d'un personnage d'Eiishiro Oda, mais à moins d'avoir lu jusqu'au 673ème chapitre du manga (non paru encore en animé) vous ne pouvez pas savoir qui est désigné sous le nom de « Joker », cependant on le rencontre auparavant sous un autre nom. Cela peut donc être une léger spoil pour certains, je n'ai donc volontairement pas fait de description physique poussée. Je ne peux pas faire autrement... « Joker » est son nom pour le « monde du business », le « monde souterrain », et suis obligée de l'appeler comme ça.
Je sais... c'est particulièrement long... j'espère cependant que ce ne sera pas trop répétitif XD ; j'ai essayé de faire rentrer de le plus d'infos possible et de bien faire passer le phénomène "Lucky Lady" qui s'est levé. Ce fut un chapitre fastidieux à l'écriture (d'abord parce que je n'ai jamais mis les pieds dans un casino XD !), j'espère cependant qu'il vous plaira ^^.
Eh oui, Pyu, tu as bien deviné, elle fait ses classes dans les casinos ;p ! Les revenus pour monter une armée révolutionnaire n'est plus un problème. C'est la méthode que j'ai chois pour expliquer comment cette dernière a pu se créer efficacement, et même créer une parfaite planque qu'après des décennies le Gouvernement Mondial n'a toujours pas trouvé.
Récapitulatif
Mira a 25 ans, est allée pour la première fois dans un casino à l'âge de 17 ans, il y a donc 8 ans, avant cela elle s'est manifestement entrainée et a éveillé certaines "capacités". Dragon en a 27, pour l'instant le monde n'a pas encore entendu parler de l'armée révolutionnaire (sinon le lien entre les deux serait trop évident... et puis une révolution d'aussi grande envergure demande une sacrée organisation avant de frapper pour la première fois).
Mira semble posséder un certain pouvoir avec les reptiles, nyu ~
Encore une fois un grand merci pour vos encouragements, j'espère que la longueur de ce chapitre ne vous aura pas fait fuir XD.
Pauline : Mira, la mère de Luffy ? qui sait huhuhu^^... (je suis sadique...) Je suis cependant ravie que cela te donne envie de la dessiner ~
