Bonjour bonjour !
et me revoilà avec le chapitre 3 ! Un peu plus long que les autres !
Merci beaucoup pour vos visites, même si elles sont fantômes
CloudeFran : Merci pour ta review ! (la première de mon histoire !) Je suis contente que ce début te plaise ! Eh oui Thomas aime bien ce genre de fille x) il aime les petites choses brisées que veux-tu x) Vous en saurez plus sur la voix d'ici le chapitre 4 et 5 ainsi que sur l'histoire de Lou et de la famille Morritson qui cache bien des secrets héhéhéhé ! Mais je me tais ! Faut pas que je spoil c'est pas drôle sinon mdr ! J'espère que la suite te plaira ! Bisous !
Bonne lecture !
- Chapitre 3 -
- Hanna -
Le voyage dura un peu plus de quatre heures. Je me trouvais à l'arrière du 4x4 de mon assistante sociale, une femme dans la trentaine habillée comme une femme d'affaire. Le trajet se passa dans un silence de mort, si une mouche c'était trouvée dans l'habitacle, on l'aurait entendu voler. La conductrice gardait son attention rivée sur la route et moi je regardai le paysage défilé, écouteurs sur les oreilles, du rock passant en boucle.
Il y avait du brouillard, beaucoup de brouillard même, trop à mon avis, mais il ne semblait pas encore pleuvoir, heureusement, il n'aurait manqué plus que ça ! Je déteste la pluie, elle me rappelle trop de mauvais souvenirs. Une musique de Liking Park se lança sur mon ipod, emplissant mes oreilles d'une musique où la voix grave du chanteur se mêlait aux sons des guitares et de la batterie dans une mélodie ensorcelante.
Je ne savais presque rien de l'endroit où l'on m'envoyait. Tout ce que je savais était juste que cette famille d'accueil qui porte le nom de Morritson, se compose d'un père étant le shérif de la ville et de son fils de dix-sept ans. Je ne savais pas non plus pour combien de temps j'y resterais, cela dépendra de ces deux personnes. Je n'avais pas à donner mon avis, ça on me l'avait bien fait comprendre en douze ans. Tu te tais et tu obéis. Voilà ce que l'on me disait toujours. Ces paroles, je les déteste, elle me rappelait celles que me portait mon père, maintenant décédé.
Je passai ma main sur le cordon de cuir usé à force de passer la main dessus qui entourait mon cou et en sortit un pendentif que je me mis à tripoter. C'était un petit morceau de verre poli opaque aussi bleu qu'un ciel d'été sans nuages. Un cadeau. Le seul souvenir heureux de mes années nomades. Le seul souvenir qu'il me restait du petit garçon qui était dans la même famille d'accueil que moi, Lance qu'il s'appelait, mon seul ami, mon frère de cœur. Mais nous fûmes séparés au bout d'un an. Depuis, cela faisait sept ans que je n'avais plus de nouvelles. Je n'ai d'ailleurs aucune idée de où il pourrait se trouver. Mon dernier souvenir de lui étant ce petit bout de verre qu'on avait trouvé près du petit ruisseau qui coulait près de notre maison. C'était notre trésor. A force de le tripoter, le verre était devenu chaud sous mes doigts, je posais mes lèvres sur les bords lisses de la pierre en un baiser nostalgique.
Quelque part sur cette planète, Lance se souvenait-t-il de moi ? J'avais cessé d'espérer mais de temps en temps son souvenir refaisait surface. Comme aujourd'hui, dans cette voiture, calée dans un coin, je ne me sentis jamais aussi seule. Je n'avais aucunes attaches, aucuns piliers. Ces piliers, je me les créerais quand je serai majeur et que je pourrais vivre comme je l'entendrai, oui c'est ça, comme je l'entendrai…
J'entendis l'assistante me parler, j'enlevais mes écouteurs pour l'entendre.
_ « Nous somme presque arrivés, dans cinq minutes nous y serons ».
Etant perdue dans mes pensées, je n'avais pas remarqué qu'on venait de rentrer dans une ville. Assez petite d'ailleurs, ne devant sûrement pas excéder les cinq milles habitants. Une ville de province quoi. Il n'y avait pas beaucoup de monde dans les rues, dû surement au temps qui s'était dégradé. Le ciel était devenu gris foncé et le brouillard s'était épaissi. Ça donnait vraiment envie d'habiter ici moi je vous le dis…
Ayant sûrement compris mes pensées, la femme au volant me lança :
_ « Je t'assure que cette ville et sa région sont magnifiques ! Tu arrives juste un jour où la météo n'est pas clémente.
_ Hmm… »
Je ne pris pas la peine de répondre. Je n'avais rien à dire. Elle essayait peut être de se montrer gentille mais cela se sentait plus comme de l'hypocrisie, elle s'auto-excusait. Elle ne s'adressait pas directement à moi. Voyant que j'avais clos le dialogue, elle se concentra de nouveau sur la route.
On était maintenant dans un quartier, qui, sûrement dans d'autres conditions climatiques, devait être accueillant. Le 4x4 se gara dans l'allée d'une maison au profil typique d'une maison familial américaine. J'eus instantanément un rejet à vue de cette habitation, me rappelant ce que je n'avais jamais pu posséder. L'assistante sociale m'ouvrit la portière pour m'indiquer de sortir, ce que je fis d'un geste lasse.
Il faisait assez froid, je passais donc mes bras autour de mon corps pour me réchauffer. La porte d'entrée s'ouvrit soudain et un jeune homme de grande taille apparut à l'encadrement. Celui-ci courut jusqu'à nous avec un grand sourire. Je le détestais d'emblé. Je n'aimais pas les personnes joyeuses et excitée. Il nous proposa de rentrer au chaud et prit mes affaires pour les mettre à l'intérieur. Je le suivis donc dans ma nouvelle ''maison''.
Son intérieur était cosy. On sentait la bonne humeur familiale qui me mit tout de suite mal à l'aise. L'intérieur semblait avoir été rangé en vitesse juste avant mon arrivée, ce qui me fit sourire malgré moi. Le jeune homme déposa mes sacs dans l'entrée au pied d'un escalier et nous fit nous asseoir dans le salon.
_ « Je m'appelle Thomas Morritson, le fils du shérif, se présenta-t-il en souriant de toutes ses dents. Veuillez excuser mon père, il n'a pas pu se libérer. Il ne sera pas là avant midi.
_ Il n'y a pas de problème. Ma mission était d'amener Hanna ici, et la voici, lui répondit l'assistante sociale en parlant de moi comme si je n'étais pas là, un simple objet qu'on venait de livrer en somme. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, dites à votre père que je l'appellerai ce soir pour régler les derniers papiers.
_ Ok, pas de problème, je vous raccompagne, lança le jeune homme du nom de Thomas ».
Juste avant de partir, la femme se retourna vers moi, me regarda d'un air triste et me dit :
_ « Bonne chance Hanna, à bientôt.
Je ne lui répondis pas. La pitié que j'avais vu dans son regard me mis en colère. Je laissai Thomas la ramener à la porte tandis que moi, je restais gentiment assise dans le canapé. Je tirai sur les manches de mon haut pour cacher mes mains, un geste que je faisais souvent quand j'étais mal à l'aise, un tic. Cette atmosphère m'était inconnue, j'étais l'intruse ici.
En tournant la tête sur la droite, je vis un immense panneau en bois où était accroché pleins de photos d'adolescents. Je me levai et allai voir ça de plus près. Il devait bien y avoir une trentaine de photos, où sous chacune d'elle se trouvait le nom de la personne y figurant.
_ « Toi aussi tu auras bientôt ta photo sur ce panneau », me dit une voix derrière mon dos.
Je sursautai et me retournai pour faire face à Thomas. Je ne l'avais pas entendu venir, celui-ci me sourit gentiment.
_ « Bienvenue chez toi Hanna.
_ Ce n'est pas chez moi, et ça ne le sera jamais, dis-je d'une voix cassante et froide. Mon chez moi est mort depuis longtemps ».
Un silence s'installa. J'avais été un peu trop agressive, il ne cherchait qu'à me mettre à l'aise après tout. Mais ce que j'avais dit était sincère et je ne le nierais pas. Mon chez-moi était mort avec mon père.
_ « Tu le penses vraiment ? »
Je fus surprise d'entendre cette question. D'habitude on m'ignorait, et l'on ne faisait pas attention à moi. Je me retournais pour lui faire face.
_ « Oui », répondis-je avec un peu de tristesse dans la voix.
Je levai le regard sur lui. Il me dépassait d'au moins vingt bons centimètres, je me sentis ridiculement petite. Il avait un visage légèrement carré, des cheveux très cours châtain, des yeux noisettes et un visage parsemé de grains de beauté, cinq à vue de nez. On pourrait le qualifié de mignon, sans plus, normal quoi. Il portait une chemise à carreaux trop large pour lui sur un t-shirt noir à l'effigie de Batman avec un jean délavé.
Il me regardait, un sourire triste sur les lèvres.
_ « Si c'est ce que tu penses vraiment alors je ferais tout mon possible pour contredire cette affirmation que tu t'es forgée ».
J'ouvris la bouche de surprise. Ses paroles me déstabilisèrent. C'était quoi ce mec ?! Il se moquait de moi ?! On ne s'intéressait jamais à ce que je pensais, où à ce que je pouvais penser, et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer ! Surtout si genre je ne connais cette personne que depuis cinq minutes. Pourtant Thomas me lança un sourire amical et comme s'il avait oublié notre conversation, me proposa une visite des lieux.
_ « Et là c'est la salle de bain, me dit-il en ouvrant une porte. Il faudra qu'on s'organise pour le temps d'occupation de cette pièce, histoire d'éviter les embrouilles et les embouteillages.
_ Je prends rarement beaucoup de temps dans la salle de bain, il n'y aura de problème, répondis-je en tirant mes manches.
_ Ok ».
Cela faisait environ dix minutes que Thomas me faisait visiter sa maison, me détaillant chaque détail et chaque anecdote des pièces. Je me surpris même à répondre à ses questions, certes de façon simple et courte, mais je lui répondais quand même, chose que je ne faisais jamais, au grand jamais. D'habitude je me contentais de répondre que par un simple signe de tête. Je trottinais derrière lui, il ne tenait pas en place, toujours à faire de grands gestes et à faire des mimiques étranges sur son visage et à parler. Ça pour parler, il parlait ! Allant d'une idée à une autre sans aucune suite logique ! Il me parlait comme si on était des amis de longue date qui venait de se retrouver, me parlant de tout et de rien, de son lycée qui sera bientôt le mien, du dernier match de football où son équipe avait gagné, c'était très déstabilisant pour une asociale comme moi, qui préférait la solitude à la compagnie.
Je le laissais parler. On comprenait quand on l'écoutait qu'il était intelligent, très intelligent j'irai même jusqu'à dire. Je le laissais donc s'exprimer. En tournant la tête je vis à travers une fenêtre qu'il s'était mis à pleuvoir, génial…
_ « Tu n'es pas très bavarde ».
Je me tournais vers lui. Il avait arrêté de parler et me regardait ave un regard indescriptible. Je haussais les épaules, c'est vrai, je n'étais pas une grande bavarde. J'avais grandi dans un monde où l'on se foutait bien de ce que je pouvais dire ou penser, j'avais donc pris l'habitude de ne parler que quand c'était important et nécessaire.
_ « Comme tu veux », me lança-t-il.
Il finit de me faire la visite de la maison en me montrant la chambre où j'allais dormir, ma chambre. Celle-ci était assez grande avec des murs beiges et un parquet en bouleau. Elle se composait d'un lit double collé à gauche dans un coin avec une table de nuit d'une armoire; où une fois mes vêtements dedans ne serait rempli que d'un quart et d'un bureau avec des étagères.
_ «Mon père et moi on a essayé de rendre le chambre un peu plus féminine en rajoutant quelques décorations de-ci de-là ».
Les dites décorations étaient des rideaux blancs frangés aux fenêtres, des jolis tableaux sur les murs représentant des paysages de forêts dans des cadres eux aussi blancs. Mais aussi une lampe de table avec de motifs type arabesques et un joli édredon en patchwork. Je fus touchée par les attentions du père et du fils.
_ « Merci, c'est très beau », dis-je timidement.
Il me regarda, surpris, et me sourit de toutes ses dents. A force de sourire n'allait-il pas se coincer la mâchoire à force ? Il me monta mes sacs dans ma chambre et les posa sur mon lit. Thomas me proposa ensuite de descendre à la cuisine pour attendre l'arrivée de son père qui ne devait pas tardé.
Je me retrouvais donc assise à la table de la cuisine, une tasse de thé à la camomille dans les mains, regardant le fils faire le repas. Je voyais d'ailleurs qu'il ne se débrouillait pas trop mal. Je m'étais timidement proposée d'aider mais il s'était estomaqué et avait commencé à agiter les bras dans tous les sens pour me dire qu'aujourd'hui j'étais l'invitée d'honneur et qu'il fallait que je me laisse servir. Il était vraiment très étrange comme mec, ça ne m'étonnerais pas si on me disait qu'il était hyperactif, il ne tenait pas en place, mais c'était surtout que depuis qu'on était rentrés dans la cuisine, c'est-à-dire environ vingt minutes, il avait déjà dévoré, deux barres chocolatés et une pomme, il n'aura jamais faim pour le déjeuné !
J'étais donc docilement assise à boire mon thé, quand soudain la porte d'entrée s'ouvrit, laissant passer un homme en uniforme, Monsieur Morritson, le père de Thomas, et donc mon tuteur pour une période indéterminée.
Celui-ci se débarrassa de sa veste de shérif et de son arme de service qu'il mit sur un portant et vint vers nous dans la cuisine. C'était un homme grand et imposant, environ un mètre quatre-vingt à vu de nez, mais un peu plus petit que son fils de quelques centimètres. Il avait le visage carré, des cheveux court poivre et sel et des yeux gris où brillait une lueur bienveillante. Il avait des rides aux coins des yeux et possédait la ride du lion. Malgré son imposant physique qui pouvait rappeler celui d'un boxeur, il respirait la bonté et la gentillesse, j'en fus tout de suite déstabilisée, il avait la même aura que son fils.
Il vint ébouriffer les cheveux de Thomas et piqua un bout de carotte que celui-ci était en train de couper et le mangea sous les critiques de l'adolescent qui le critiquait sur le manque de manière qu'avait le shérif. Quelle étrange famille !
Il prit soudain conscience de ma présence et se retourna vers moi avec un sourire amical et paternel. Je me levai pour le saluer.
_ « Ravi de te rencontrer Hanna ! Me dit-il en me tendant une main épaisse que je serrais maladroitement. Bienvenue dans notre maison !
_ Merci ».
Le repas se passa dans une ambiance joyeuse et familiale dont je n'étais pas habituée. Le shérif tenta de me faire la discussion mais je ne répondais que par des réponses courtes et vagues, surtout quand il se mit à aborder mon enfance, un sujet qui m'était tabou. Voyant surement que je m'enfermais dans mon mutisme, ils comprirent que c'était un sujet à éviter. Les conversations divaguèrent donc sur divers sujets comme les vacances qui avaient débuté depuis quelques jours.
Je trouvai cette atmosphère étrangement rassurante. Les entendre rigoler à table pendant un repas me changeait des autres repas que je passais dans les familles d'accueil, où soit je mangeais seul soit le repas se passait dans un silence de mort. J'allais tout compte fait peut être apprécié cet endroit.
Les jours passèrent. Thomas me fit visiter la ville et les alentours. Je commençais à prendre un peu mes marques. Le temps n'était toujours pas clément, à mon plus grand malheur, car je préférai de loin la chaleur du soleil. Je passais mes journées à lire ou à regarder la télé en compagnie de Thomas qui ne me lâchait pas d'une semelle. Je m'habituais petit à petit à ma nouvelle vie ici. Dans quelques jours se serai la rentrée. Je rentrerai en milieu d'année de première. Autant vous dire que je n'étais pas pressé que cela arrive.
Mais comme tout le reste, j'allais lever haut le menton et enduré en silence. C'était la seule chose que je savais faire, et cela n'allait pas s'arrêter maintenant.
Et voila ! J'espère que ce chapitre vous a plu !
N'hésitez pas à laisser une petite review !
Passez de Joyeuses Pâques et faites attention aux crises de foie !
Bisous !
