Chapitre 17 : Catch me
"Nous devrions nous dépêcher. Notre cible se fait mouvante." talonnant Na'ir.
Nous sommes sur ses traces. Grâce à son aura, il ne peut guère m'échapper.
Il tente de fuir via les bois.
Alors qu'il tente de percer les fourrés, Rollo se dresse soudain sur sa route.
"Comme nous nous retrouvons, mon oncle."
Il ordonne la marche arrière à sa monture mais je me trouve derrière lui avec Amédée.
"Bouge encore et je te livre immédiatement aux flammes." le menace Rollo.
"Ha ! C'est le sort qui m'attend, je présume !..." avec une pointe de détresse dans la voix. "Tu es finalement du même acabit que moi, cher neveu. Capable de tuer ta propre famille pour..."
"Ne nous compare pas, je te prie." le coupe sèchement Rollo. "Tes actes le justifient. Par contre, toi, rien ne te forçait à tuer père et mère par simple amusement." grinçant des dents.
"Tiens donc. Ne souhaites-tu point savoir ce qui est arrivé à ton brave paternel, Rollo ?"
Un éclair dangereux vient de traverser les iris émeraudes sur fond gris de l'intéressé.
"Après la mort de Moddo, il est venu me trouver. Pour me convaincre de ne pas lever la main sur toi. Il savait que tu hériterais de ce pouvoir."
"Qu'en as-tu fait, ordure ?!" craché entre ses dents serrées.
"Il possédait le pouvoir des flammes et connaissait la... particularité de ma salive. Aussi, ai-je dû procéder autrement. Te rappelles-tu du Pic de la Voûtée et de son impressionnante falaise ?..."
"Espèce de... DEGENERE !" s'emporte Rollo.
"Ses restes doivent encore y être, hahaha !"
"Descends de cheval."
"Oblige-moi."
"Descends. Immédiatement."
"Viens me chercher."
"Hellfire." appelant son sceptre qui le heurte au passage en le faisant chuter à terre.
Rollo le coince, sceptre contre son ventre.
Les flammes commencent à s'avancer lentement le long du manche, atteignant l'extrémité ornée d'une parfaite symbolique.
"Fais tes prières, mon oncle."
Lentement, les flammes commencent à gagner du terrain, rongeant son corps alors qu'il hurle de douleur.
Amédée se bouche les oreilles et ferme étroitement les paupières.
Je pose une main sur son épaule.
Rollo ne le tuera pas. Il le laissera là, atrocement brûlé.
"Messire Flamm ?... Que va-t-il arriver à..." hésitant à prononcer le terme maudit. "... votre oncle ?..."
"Il se fera secourir ou dévorer par des bêtes sauvages." fixant l'horizon d'un air détaché.
"D'accord mais..." regardant en arrière, brièvement.
"Trouves-tu ma sentence trop sévère, Malaspina ?"
"N... non, Messire."
"N'as-tu point entendu quel sort il a réservé à mon père ?"
"Si, si, bien sûr, Messire Flamm !... J'ignorai cependant... la puissance de votre magie."
"Me crains-tu, toi aussi, Malaspina ?"
"Vous avez toujours été bon avec moi, Messire Flamm !..." s'en insurgeant.
Petit sourire discret de Rollo. "Et bien que ma magie soit effectivement destructrice, il n'est aucune raison que nos rapports cordiaux changent, n'est-ce pas, Malaspina ?"
"Non. Non, Messire Flamm !..." retrouvant le sourire. "Merci d'être venu me secourir."
Rollo et moi terminons de ranger nos effets.
Je chantonne.
"Tu m'as l'air bien joyeuse, dis-moi." note-t-il.
"Tu n'as pas une petite idée de la raison de ma bonne humeur ?..."
"Contente de revenir à Noble Bell ?..."
"Pas seulement. Contente parce que... je vais me faire honorer avec ardeur par le plus beau garçon de Noble Bell."
Petit sourire à son tour.
Nous soupons pratiquement en tête-à-tête.
"Je peux te poser une question ?..."
"Oui."
"C'est avec ta première fille que tu as découvert que tu aimais ça ?..."
"Oh, bien avant ça. J'étais déjà très satisfait de mes... ahem !... explorations solitaires."
Je glousse. "Tu te lançais des défis ?... Genre... résister le plus longtemps possible à l'orgasme."
"C'était plutôt un jeu avec des matières et des sensations, ce qui me convenait le plus, ce qui m'était... le plus agréable."
"Et... conclusions ?..."
"J'aime être entre des bonnes mains, moi aussi."
Nous nous faisons face, devant le lit. Il pose ses mains sur mes hanches, les épousant des paumes, sur un petit soupir mêlé.
"Tu m'as manqué."
"J'avais toutes les raisons de me montrer joyeuse tout à l'heure."
"Oui. Toutes." montant les mains jusqu'à mon visage qu'il enserre légèrement pour m'embrasser, renouant avec moi, partageant nos goûts, délice logé au fond des reins.
Mes doigts filent dans ses cheveux courts alors que le baiser prend une tournure plus âpre, faisant naître nos geignements ravis et délectés.
Les paupières lourdes de Rollo en papillonnent de sensations, pupilles à la dérive tant la sensation lui est exquise, lui provoquant de véritables arcs électriques dans tout le corps, partant du bassin.
Sous sa longue tunique, cela renfle si bien que je puis m'en saisir pour le caresser sur le tissu épais, me séparant un instant de sa bouche, joueuse.
"Mmm... vous aimez vraiment ça... Messire Flamm..."
Il en déglutit, corps dans un état de tension croissant, assailli de partout.
Sa paume vient cueillir mes fesses, me pressant davantage contre sa prometteuse érection.
Son sexe n'en finit plus de palpiter et de s'exalter au moindre contact, avide.
Le mien se prépare à l'accueillir avec tous les honneurs.
Nos baisers se font aussi vifs qu'avortés tant le souffle nous manque.
Nous nous défaisons, tant bien que mal, de l'essentiel, regagnant le lit, nous interrogeant un court moment sur qui prendra les rênes.
Il me laisse le dominer et je m'amuse à faire butiner son extrémité éclose contre mon sexe qui le salue comme il se doit.
Paumes en appui sur son torse, je le laisse s'enfiler, se tenant lui-même par la base, dressé de toute sa fierté, suintant comme j'aime.
Nos sensations sont immédiates et telles que j'ose à peine bouger tant nous sommes déjà dangereusement proches de l'orgasme ravageur !...
Il patiente d'être consumé sous moi ; un véritable exemple d'abnégation.
Mais moi, je veux qu'il se fâche !...
J'attrape son visage entre mes mains, souriante. "Enerve-toi, Rollo."
Il se redresse derechef, bras tendu derrière lui et nous offre de telles poussées qu'elles nous soulèvent l'un l'autre, nous faisant jouir dans la minute !...
Je caresse les traits détendus de son visage où tout est baigné par l'effet des endorphines.
"Tu es beau." souriante.
Petit sourire en retour, humble. "Je me félicite de te plaire."
"Tu sais... j'y pense aussi souvent... à ce que pourrait être la vie maritale à tes côtés."
"Je crois que... tu es dominée par les endorphines, ma belle Rachel..." peu crédule, glissant une de mes mèches derrière l'oreille.
"Pas tant. Je n'y pense pas que maintenant, je veux dire..."
"Et quelle serait... cette vie, je te prie ?..." curieux presque malgré lui.
"Simple et... heureuse." sans le lâcher visuellement.
"Ne fais pas souffler... cette flamme-là en mon cœur... s'il te plaît."
"Pourquoi, Rollo ?..."
"Cela a bien failli nous perdre." sur un soupir, m'étreignant fort pour faire fuir le frisson qui vient de ceindre ses pores.
Je caresse son flanc pour l'apaiser. "Il est vrai... que nous nous sommes faits très peur."
Je passe les doigts entre les mèches courtes de sa frange coupée droite.
"Et toi, de quelle manière te la représentes-tu, cette vie maritale ?..."
"Tiens-tu vraiment à me lancer sur le sujet ?"
Je hausse les épaules. "Nous ne faisons que discuter."
"Épanouie. Sereine. Avec quelques prises de becs à l'occasion."
"Comme actuellement, si j'ai bien compris ?"
Petit rire, sans relâcher le visuel. "A quelques détails près, oui."
"Hey." me penchant en avant, placée derrière le banc, l'embrassant alors qu'il lit tranquillement au pale soleil.
Son sourire, doux, éclot.
"Et... combien tu en voudrais, d'enfants ?..." à son oreille.
Il se couvre le bas du visage au moyen de son mouchoir. "Ce jeu m'est... cruel."
"Ce n'était pas mon intention." sincèrement désolée qu'il le prenne ainsi, m'installant à ses côtés.
"Tu me fais caresser un espoir qui jamais ne se présentera."
"Hey." posant ma main sur la sienne. "Excuse-moi. Cela n'arrivera plus."
"Je sais que mes désirs ne correspondent pas aux tiens. Mais ce n'est pas une raison pour... les fouler aux pieds."
"Oui, pardon, c'était... maladroit de ma part."
Il m'offre un petit sourire de réconciliation, marquant sa page avant de fermer son livre. "Les bois doivent être bien agréables en cette fin de matinée. Que dirais-tu d'aller y faire un tour à cheval ?"
"Volontiers."
Nous cheminons, côte-à-côte, profitant du renouveau offert par la nature.
Puis nous libérons nos montures pour nous installer sur un vieux tronc mort, à la lisière d'une clairière.
Il a emporté avec lui un petit recueil de poésie latine qu'il me lit d'une très belle voix, le tenant d'une main tandis que l'autre enserre la mienne, l'entourant de la douce chaleur de la sienne.
O quantum sollicitor
et curis suppeditor,
dum corde transmeditor
presens et futurum.
Praesens et praeteritum
vergunt in interitum,
talem habet exitum
humana natura.
O qui intellegeret mortem, quam sit dura,
et finem prospiceret, in timore viveret,
voveret et redderet deo sua iura.
Vae vobis presbyteris,
qui estis [in] literis
testamenti veteris
et novi doctores,
praestatuti ceteris,
obstructores aetheris.
indiscreti oneris
estis iniunctores.
O qui intellegeret mortem, quam sit dura,
et finem prospiceret, in timore viveret,
voveret et redderet deo sua iura.
Quid de vulgo proferam?
Nunquam eius sufferam,
ita quod non efferam
miras falsitates.
Cuius lingua florida,
acta vero sordida
et corda sunt perfida
per subtilitates...
O qui intellegeret mortem, quam sit dura,
et finem prospiceret, in timore viveret,
voveret et redderet deo sua iura.(*)
Le vol incessant d'un couple de mésanges nous fait découvrir son nid et nous les observons dans leur rôle de parents nourriciers.
Plus loin, nous distinguons les silhouettes d'une biche et de son faon.
Puis nous rappelons nos montures pour rentrer.
"Vos cours se sont bien passés, Malaspina ?" dépliant élégamment la serviette pour la pose sur ses cuisses.
"Parfaitement, Messire Flamm. Je vous en remercie." souriant.
"Bien." attrapant le saladier pour se servir. "Vous devriez sortir Victoris dans les bois. Tout y respire le renouveau."
"Je le ferai après le repas, Seigneur Flamm."
"Tu as des cours, cet après-midi ?" questionnais-je alors que nous traversons la coursive abritée.
"Musique et latin."
"J'aimerai retourner me promener du côté des moulins, à l'extérieur de la cité."
"Ma foi." souriant, bras passant dans mon dos, tendre.
Nous cheminons à droite de ce chemin pour le moins confortable, soleil semblant accompagner notre course.
Les ailes des moulins tournent mollement du fait de la brise légère.
Nous nous arrêtons au bord d'un petit canal, prenant place sur le banc de bois près de l'écluse.
Je commence à l'embrasser et il y répond - bien plus hardiment que je ne l'avais pensé.
Mes mains remontent le long de son pantalon sombre, paumes en caresses sur ses cuisses.
Il en bloque la remontée qu'il juge trop compromettante en extérieur, m'offrant un sourire qui confirme qu'il ne manquera guère de me gâter à notre retour.
Aux écuries, nous débarrassons nos montures, nettoyons les brides et filets puis leur offrons une douche bien méritée avant de les bouchonner énergiquement.
Nous passons par les boîtes aux lettres et j'y découvre un courrier de mon père.
"Ah cool !..." le lisant en chemin. "Il va se trouver dans le secteur prochainement avec le manège familial."
"Le... manège familial ?..." fronçant, glissant les doigts dans ma nuque, sous mes cheveux, caressant.
"Oui, nous possédons un carrousel en bois dont l'ouvrage tient de l'œuvre d'art. Papa est en train de parcourir le pays et sera prochainement ici, dans la Cité."
"Sur la place du Lys, j'imagine ? Là où se tient habituellement le festival ?"
"Je pense. Il ne le précise pas."
"J'ignorais que ton père était... forain."
"A ses heures perdues, oui. J'imagine que le métier ne trouve guère grâce à tes yeux."
"Ces gens ne tiennent généralement pas en place, hors de tout système."
"Irritants, en somme." peu étonnée par son jugement.
Il camoufle une grimace bien sentie derrière son mouchoir.
Je ne m'en formalise pas ; il s'agit de Rollo après tout !...
"Cela heurte-t-il ta logique ? Tu es sans doute en train de te demander comment la fille d'un tel homme a pu triompher des tests d'entrée à Noble Bell."
"Tu débusques... la moindre de mes pensées." reniflant, incapable de se camoufler.
"Être itinérants n'empêche pas d'être cultivés, tu sais."
"Je..." à court d'arguments, petit rire. "Touché."
"Papa n'est pas sur les routes à longueur d'année. C'est simplement sa façon à lui de s'oxygéner."
"Curieuse façon de... prendre l'air." m'offrant d'entrer dans sa chambre, refermant derrière nous. "Et tu... l'informeras pour nous ?..." se défaisant de sa dague.
"Je peux le faire. Ou non. Selon ce que tu préfères. Sache cependant que mon père est très observateur et que même si nous prenons le soin de nous cacher, il finira par nous débusquer."
"Aussi avisé que sa fille ?..." souriant, m'attrapant pour me défaire, lentement, pièce après pièce.
"Les chiens ne font pas de chats, Seigneur Flamm." chatouillant son menton.
"A quelle espèce estimes-tu appartenir, petite fée ?" posant sa joue sur mon épaule, visage tourné vers mon cou. "J'ai très envie de te... remplir."
Coup de fouet à mes reins qu'il vient d'animer.
J'en souris. "Me... remplir, uh ?..."
"M'en laisseras-tu l'honneur ?..."
"C'est si gentiment demandé." sans me départir de mon sourire, caressant ses bras et ses épaules. "Et comment... comptes-tu t'y prendre ?..." tandis qu'il masse lentement mes hanches, doigts glissant plus en arrière, allant cueillir mes fesses sur un soupir épris.
"Je te laisserai jouir de ma personne... sans réclamer les rênes."
"Vraiment ?... A aucun moment ?..."
"Non." souriant, m'adressant un regard brillant de convoitise, se renflant à l'avant, attisé par le défi.
J'y abaisse la paume, allant le cueillir tout entier, sans rien négliger de lui, faisant trébucher son souffle.
L'instant d'après nous jette sur le lit, nous embrassant à pleines bouches, retirant le peu qu'il nous reste pour enfin jouir du peau-à-peau incomparable.
Il est déjà terriblement haut, sur le point de suinter.
Son corps entier n'est plus qu'une bouffée de pur plaisir, sensible au moindre attouchement.
Je lui propose de s'allonger et prends place au bord du lit, main partant à la conquête de sa peau, tout en caresses et en effleurements.
J'évite évidemment tout contact avec la jolie dressée qui doit contenir son impatience.
Où que je passe la main, le frisson se fait, granulant sa peau, le tendant tout entier selon la zone - l'intérieur des cuisses, les aines notamment - lui dessinant de jolis boutons en relief sur le mamelon clair.
La salve vocale qui accompagne chaque mouvement de ma main ou de mon revers flatte mon ouïe.
OK. Ce jeu n'était vraiment pas prévu à son programme mais il savoure ce long moment durant lequel je m'accorde de caresser tout de son corps, exceptée la partie qui précipiterait sa chute.
Mon revers dans l'aine le fait crisper les doigts sur mon bras, l'autre agrippant les draps, exclamation forte lui échappant, sexe vivement réagissant dans un spasme répété, laissant échapper quelques sucs translucides qui maculent son ventre.
Je glisse le même revers tout du long, lui arrachant un rauque remarquable, sexe demandant grâce.
Puis je me hisse sur lui, avançant sur les genoux avant de l'attraper pour l'inviter là où il est avidement attendu.
Je m'attends évidemment à ce qu'il jouisse dans la minute tant je l'ai attisé mais il n'en est rien, au contraire, il me résiste bien plus que d'ordinaire, si bien que je m'en inquiète.
"Ça va ?..." caressant son visage lorsqu'il papillonne des paupières, pupilles déviant haut.
"O... oui, oui... conti... nue... petite fée..."
"Sûr ?..."
"Oui."
La sensation s'est enfouie si loin dans sa chair que mes mouvements font battre vigoureusement ses tempes si bien qu'il a l'impression d'y avoir logé deux cœurs qui frappent à l'unisson.
Lorsqu'il cède enfin à l'orgasme, il est violemment secoué contre le matelas, sans en dire beaucoup, laissant la part belle à l'expression corporelle qui marque chaque trait et chaque muscle.
Je le rejoins et nous nous embrassons, reposant l'un contre l'autre, sa main caressant ma nuque. J'attends mon explication.
"J'ai beaucoup pris sur moi pendant tes caresses... du coup, ça a un peu retardé les choses." souriant. "Mais je ne le regrette pas."
(*) "O quantum sollicitor"
