Bonjour, bonjour… ^^
Voici donc venu le chapitre 2 de cette troisième fiction. :)
Je vous souhaite une bonne lecture !
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Chapitre 2
Je ne veux pas te perdre
Le jour se leva et j'eus une sorte de nausée en ne voyant pas Edward à mes côtés. Je devinai qu'il n'était pas revenu de la nuit. La fenêtre était toujours ouverte, ce qui expliquait pourquoi j'avais aussi froid. J'étais gelée, glacée, même. De plus, si Edward était passé, il m'aurait laissé un message sur la table de nuit. Il n'y avait néanmoins aucun mot. J'aurai aimé, pourtant, tellement aimé qu'il vienne sécher mes larmes.
Je me levai calmement, légèrement mal, pas très à l'aise. Alors que je sortais de ma chambre, un haut-le-cœur me prit et je fus obligée de courir aux toilettes. Je déversai le petit déjeuner que je n'avais pas encore avalé, me rendant compte que j'avais dû attraper un virus.
On frappa à la porte et je me retournai. Charlie se trouvait dans l'embrasure et me regardait, peiné, inquiet, colérique. Il n'était pas prêt à me pardonner mon écart de conduite, je le savais.
-Bella, tout va bien, demanda-t-il ?
Je secouai la tête de haut en bas, ne souhaitant aucunement l'inquiéter. Ce n'était rien, en plus, mon malaise allait bientôt passer.
-Ne t'en fais pas, c'est passager.
Il me regarda une seconde, perplexe. Lui qui n'avait jamais été très doué avec moi semblait maintenant plus malhabile que jamais.
-Très bien. Je t'attends en bas pour le déjeuner.
Pourquoi n'était-il pas parti plus tôt, ce matin, me demandai-je ? Pourquoi était-il encore là ? N'avait-il pas de travail en retard, au poste ? Ou veillait-il à ce qu'Edward ne vienne pas me rendre visite ?
Je me rinçai la bouche et retournai dans ma chambre, enfiler des vêtements propres. Je descendis ensuite lamentablement les escaliers, ne voyant pas où je mettais les pieds. J'allai m'asseoir sur une chaise, commençant le bol de céréales que Charlie m'avait préparé. Les flocons étaient pâteux, signe qu'il avait mis le lait dans le bol au moins cinq minutes auparavant. Ca tombait bien, je n'aimais pas les céréales trop croustillantes.
Charlie était assis en face, comme hier, et il me regardait manger sans rien dire. Personnellement, j'avalai deux bouchées avec peine, avant de m'arrêter. Je n'avais pas faim et l'odeur du lait me retournait l'estomac.
-Tu devrais manger, m'indiqua Charlie.
-Je sais.
Je n'arrivais cependant pas. La nourriture restait coincée, comme lorsque l'on est malade. Véritablement malade. Je n'aurai sans doute pas dû laisser ma fenêtre ouverte avant de m'endormir. Il ne faisait pas chaud, la nuit, à Forks, et il ne serait pas étonnant que j'aie attrapé une bonne grippe.
-Je… Je ne peux pas.
Je gardai les yeux baissés, n'osant regarder celui qui m'avait surprise chevauchant Edward. Mon père.
Il se leva de sa chaise et tourna autour de la table. Je sentis une main chaude s'appuyer contre mon front. Elle me parut cependant glacée.
-Tu as de la fièvre. Tu ne vas pas en cours, aujourd'hui, retourne te coucher !
Il l'avait dit avec un ton froid, cassant, que je ne lui connaissais pas. Comme si me voir malade était le cadet de ses soucis. Je me levai, les larmes aux yeux, et retournai me coucher, comme il me l'avait ordonné. Ce ne fut pas long avant que le sommeil me regagne. J'avais froid, je me sentais mal. Je transpirai et grelottai à la fois, me demandant comment cela était possible.
Mon sommeil était parsemé de rêves incompréhensibles. D'un fauve tuant des humains effrayés, de licornes volantes et de montagnes qui chantaient. Je me tassai inconsciemment sous mes couvertures, cherchant une chaleur réconfortante, en vain. Je me réveillai tardivement. Un bruit se faisait entendre, dans la maison, mais je n'arrivais pas l'identifier. Il revenait, s'arrêtait, reprenait, s'arrêtait à nouveau. Je compris tardivement qu'il s'agissait du téléphone et me levai, voulant aller répondre. Alors que j'arrivais aux escaliers, la sonnerie s'arrêta. Je descendis tout de même et allai me coucher dans le canapé, près du radiateur. Je m'endormis une seconde fois, juste après avoir aperçu l'heure sur l'horloge murale, indiquant dix heures.
Je me réveillai une nouvelle fois, entendant un bruit qui ne me paraissait pas normal. Alors que je me relevai, me tenant à ce que je trouvais sous ma main, je compris que quelqu'un frappait énergiquement à la porte. Je pris la couverture, m'y envellopant, et allai ouvrir. Je tournai le loquet puis tirai sur la poignée. Il s'agissait d'Edward, sur le perron. Il avait l'air inquiet et torturé.
-Bella ?
Je levai la tête, voulant l'embrasser, mais je reculai, lorsque je me rendis compte que je risquai de le contaminer. Puis, je me traitai d'idiote ! Les vampires ne tombaient pas malades, eux, contrairement aux faibles humains comme moi. En même temps, les vampires n'étaient pas sensés tomber amoureux des humains, je préférai donc garder mes distances, ce qui n'était pas le cas de mon vampire de fiancé. Il entra, ferma la porte derrière lui et prit ma tête entre ses mains, tout en m'obligeant à le regarder.
-Bella, qu'est-ce que tu as ?
-Je vais bien, ne t'en fais pas. C'est une simple grippe.
Cela ne rassura pas Edward, au contraire. Lui-même avait failli mourir de grippe. Alors, certes, c'était de la grippe espagnole mais il n'en restait pas moins qu'il devait prendre mon état au sérieux.
-Bella…
-Je t'assure que ce n'est rien.
Il me prit par le bras et me conduisit jusqu'au canapé, dans lequel il me força à m'installer à nouveau.
-Tu es malade. Reste couchée !
Il m'entoura de la couverture, avant d'aller dans la cuisine. Il revint avec une serviette mouillée à l'eau froide qu'il posa sur mon front. Tout de suite, je me sentis un peu mieux, même si j'avais toujours la tête qui tournait.
Edward s'assit à mes côtés et me regarda une bonne minute, avant de me demander :
-Comment ça s'est passé avec ton père ? Je m'en veux de ne pas l'avoir entendu approcher.
-Il… Il me regarde froidement. Il se sent trahi. Je le comprends. J'ai l'impression que… que ce n'est pas mon père.
Je tournai la tête, remarquant que les larmes me montaient à nouveau aux yeux.
-Je suis désolé, Bella.
Il serra ma main glacée et la lâcha lorsqu'il remarqua que je grelottais à nouveau.
-Tu ne vas vraiment pas bien. Tu devrais peut-être venir voir Carlisle. Il pourrait te préscrire quelque chose qui te remettrais rapidement en état.
-Non, c'est bon. J'ai une grippe, pas la mort. Il suffit que je me repose, que tu retournes au lycée et, après-demain, je pourrais te rejoindre en biologie.
Il sourit tristement.
-Je n'aime pas te voir ainsi. Je vais rester avec toi.
Je ris.
-Parce que tu crois que je vais réussir à me reposer, si tu restes à mes côtés ? Non, Edward, retourne au lycée. D'ailleurs, qu'est-ce que tu fais là ?
-Je ne t'ai pas vue, ce matin. J'ai téléphoné mais tu n'as pas répondu. Alice n'a plus perçu ton avenir, durant un court instant. Je me suis inquiété et suis venu voir ce qu'il se passait. Je ne te pense pas à l'article de la mort, alors le fait qu'Alice n'ait plus eu aucune vision de toi signifie sans doute qu'un Quileute trainait dans le coin. Tu n'aurais pas croisé Jacob ?
Je lui fis signe que non, il n'était pas venu et, Edward, me croyant sur parole, reprit :
-Quand je suis arrivé ici, Alice m'a téléphoné pour me dire que tout allait bien. Morale de l'histoire : ne jamais croire Alice quand elle dit que tout va bien. Ton état est loin de ce que l'on peut qualifier bien. Si tu ne vas pas mieux d'ici demain, je t'emmène voir Carlisle. Je vais repartir, vu que tu ne veux pas de moi à tes côtés. Là, maintenant, tu as encore besoin de quelque chose ?
Je réfléchis une seconde et finis par lui répondre que oui, que j'avais bel et bien besoin de quelque chose, en cet instant.
-De quoi donc ?
-Eh bien… si je te demande de m'embrasser, tu ne vas pas tomber malade, n'est-ce pas ? Je ne voudrais surtout pas te contaminer, tu sais ?
Edward rit faiblement et vint poser ses lèvres contre les miennes dans un léger baiser.
-Voilà qui devrait vite te faire remonter la pente.
Je souris et il s'en alla. Je n'entendis pas tout de suite le bruit que faisait la Volvo, lors du démarrage. Il restait devant la maison, se demandant si cela était une bonne idée de me laisser seule, dans mon état. Il finit cependant par enclencher le moteur et s'en alla.
Mon père, lui, allait rentrer dans quelques heures, j'avais aperçu un post-it sur le frigo, qui indiquait qu'il rentrerait tôt. D'ici là, je n'avais rien de plus à faire que de laisser couler le temps et me forcer à aller mieux. Je m'affalai donc dans le canapé et me rendormis très rapidement.
Pour la combientième fois, déjà ?
oOo
Je pris une aspirine, cherchant à diminuer le mal de crâne qui me dominait. Charlie me regardait du coin de l'œil et j'imaginai ce qu'il pouvait bien penser de moi. Ce n'était jamais très réjouissant. J'allai me placer devant lui, bien décidée à ne pas laisser cette petite histoire détruire la complicité née entre nous depuis mon arrivée à Forks.
-Papa, je voudrais te parler.
Il releva la tête, l'air de dire « Bah parle ! Déballe tes conneries, gamine ingrate. »
-Je suis désolée pour ce qu'il s'est passé.
Charlie ne dit rien tout de suite. J'essayai de relancer la conversation mais, après une seconde tentative infructueuse, je me levai. C'est à ce moment-là que Charlie se décida enfin à parler.
-Je sais, Bella, que tu es désolée. Et tu peux l'être, mais… Ce n'est pas après toi que j'en veux. Tu es jeune, insouciante et j'oublie souvent que l'on en apprend plus par ses propres expériences que par les conseils de ses parents. Non, c'est à moi que j'en veux, Bella. J'aurai dû m'y attendre. Cela m'a juste surpris de comprendre que tu n'étais plus ma petite fille mais une jeune femme pleine de ressources. Tu sors depuis longtemps avec Edward et je devrai être plus tolérant avec vous.
Malgré ses mots, il fuyait encore mon regard, me laissant deviner qu'il me cachait quelque chose, qu'il ne m'avait pas encore tout dit.
-Et, tentai-je ?
Il soupira et reprit_
-Ecoute, Bella. Je suis ton père. Je viens de dire que je devrais être plus tolérant, mais je ne peux pas te laisser te marier.
Je tournai la tête, soudainement énervée. C'était une décision mûrement réfléchie.
-Je ne changerai pas d'avis !
-Bella, tu es jeune. Tu crois que c'est l'amour fou, et c'est peut-être le cas mais je sais comment l'histoire va évoluer.
-Non, tu ne sais rien, m'exclamai-je, peut-être trop fortement !
Il ne savait rien, non. Edward et moi étions différents. Nous n'avions rien à voir avec lui et maman. Jamais je ne serai capable d'abandonner Edward comme Renée l'avait fait avec Charlie. Je me rendis soudainement compte qu'Edward l'avait fait, lui, avec moi.
-Bella, vous vous aimez, certes. Mais votre envie l'un de l'autre finira par retomber. Vous essayerez de sauver les apparences, vous continuerez à y croire jusqu'au moment où vous vous rendrez compte que c'est fini. L'un de vous partira et je ne doute aucunement sur l'identité de celui qui le fera.
Insinuait-il qu'Edward ferait le premier pas vers notre fin ? Cette idée me donna des frissons dans le dos et je ne pus m'empêcher de réprimer un sanglot.
-Je ne veux que ton bonheur, ma fille, crois-le ! Edward n'est pas digne de confiance. Pas digne de ta confiance !
-Arrête, murmurai-je.
-Bella, je ne veux que ton bien.
Il s'était relevé et me faisait maintenant face.
-Alors laisse-moi tenter mes erreurs ! Si ça ne marche pas, ce dont je doute fort, tu ne m'entendras pas me plaindre.
-Te plaindre pas, Bella, mais tes pleures ne sont pas discrètes. Je ne suis pas prêt à revivre l'enfer qu'Edward nous a fait subir.
Il avait insisté sur le nous. Il avait autant souffert que moi de la situation que nous avions vécue, lorsqu'Edward m'avait quittée, dans le but de me protéger. Une larme perla sur le coin de mon œil, coulant sur ma joue, lorsque je me rappelai la douleur, le déchirement, la sensation de panique, de perte, dont j'avais été victime, à cette époque-là. C'était justement pour ne plus ressentir cette douleur que je voulais me marier, rendre les choses officielles entre Edward et moi.
-Tu me remercieras un jour, Bella, que Charlie pensa utile d'ajouter.
Il s'en alla de la pièce alors que je me repliai sur moi-même, contre le mur. J'avais mal au cœur, mal au ventre. Mal à la tête, parce que les antalgiques n'avaient pas fait effet.
Je restai dans mon coin, repensant à ce qu'avait dit mon père. Sur ce qu'avait dit et fait Edward. Je doutai. Je doutai comme jamais je n'avais encore douté. J'avais peur que mon père ait raison. J'avais peur qu'Edward m'abandonne à nouveau. De devoir rester seule jusqu'au fin fond de l'éternité. J'avais peur. J'étais terrifiée.
Alors que la nuit commençait à tomber, je me hâtai de préparer le souper. Charlie avait essayé de m'en dissuader mais je ne pouvais le laisser s'intoxiquer avec sa cuisine. Je préparai alors quelque chose de rapide et de simple. Steak et pâtes au beurre. Je ne mangeai presque rien, fuyant le regard de Charlie qui fuyait le mien.
Alors que je montais dans ma chambre, je crus entendre Charlie se parler à lui-même. En tendant l'oreille, je compris. Je répétai inlassablement les mots dans ma tête.
« Pardonne-moi, ma fille. »
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Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Je sais, ce n'est sans doute pas le plus important, ni maintenant, ni pour la suite, mais je n'en attends pas moins votre avis ! :)
A vos claviers, donc, et merci à lapiaf8, qui a laissé un commentaire, la seule personne sur 94 lecteurs. ^^'
PS: Si mes chapitres vous décoivent, vous pouvez me le dire, je ne me vexe pas. Au contaire, cela m'aide à m'améliorer et à vous pondre des chapitres de meilleure qualité. :)
A bientôt !
