Chapitre 5

Une mère a toujours raison

Je fermai la porte lorsque la Volvo d'Edward quitta l'allée, me laissant seule avec mon père. Charlie était assis au salon, sur le canapé, et croquait dans une part de pizza. A le voir ainsi avachi, je n'eus soudainement plus faim. Je pris le téléphone qui se trouvait dans la cuisine et hésitai à composer le numéro de maman.

-A qui veux-tu téléphoner ?

-A Renée.

Il secoua légèrement la tête. Je remontai dans ma chambre et fermai la porte. Je tapai les chiffres les uns après les autres. J'appuyai sur le bouton vert et la tonalité se fit entendre. Il y eut un crissement dans le combiné puis j'entendis enfin la voix rassurante de ma mère.

-Allô ?

Sa voix, tout de suite, m'appaisa. Qu'il était rassurant pour moi de l'entendre. Jamais je ne m'étais rendue compte à quel point elle m'avait manqué, cette voix.

-Maman, c'est moi.

-Bella, que je suis contente de t'avoir ! Tu ne devineras jamais ce qu'il m'est arrivé aujourd'hui !

Je soufflai fortement, m'en fichant royalement. Non pas que je m'en fichais de ma mère, j'aimais qu'elle me raconte ses histoires, la plupart du temps, mais, aujourd'hui, je souhaitais surtout qu'elle m'écoute moi.

-Maman, j'ai quelque chose à te dire.

-Apparemment, ça à l'air grave, au son de ta voix. J'espère que personne n'est mort.

-Personne, non, je t'assure.

-Tant mieux, alors. Donc, dis-moi ! Pourquoi m'appelles-tu ?

-Voilà. Tu sais maman, j'aime Edward. Je l'aime, oui, plus… plus que tout… tout au monde.

Je laissai aller mes sanglots. Moi qui avais voulu lui annoncer la nouvelle de mon mariage, j'allai plutôt lui demander conseil.

-Du calme, ma chérie. Oui, je sais que tu l'aimes. Je l'ai bien vu, lorsque vous êtes venus. Pourquoi ? Il est à nouveau parti ?

-Non. Mais en fait, il m'a demandé en mariage. Et je… Je ne pouvais pas refuser, je l'aime tellement. Je sais qu'il est sincère, désormais. Je sais que jamais plus il ne me quittera. Alors j'ai accepté.

-C'est formidable ma chérie. Pourquoi pleures-tu, dans ce cas-là ?

Elle était de mon côté ? Elle était de MON côté ?

-Mais parce que personne ne me soutient. Charlie ne me regarde plus, il ne me parle que son sur un ton froid et blessant. Jacob est devenu violent, lorsqu'il l'a su.

-Jacob… Black ? Le petit indien ?

-Il n'est plus si petit, maman. Et il n'a pas supporté la nouvelle. Il m'aime, tu sais. Mais je ne ressens que de l'amitié envers lui.

Elle souffla au bout du fil, cherchant sûrement quelque chose à me répondre.

-Tu lui as fait comprendre ce que tu ressentais à son égard ?

-Oui, maman. Plus d'une fois. Crois-moi, je voudrais vraiment pouvoir l'empêcher de m'approcher. Je voudrais vraiment pouvoir l'oublier. J'aime tellement Edward. Je veux me marier avec lui. Je veux vivre avec lui, à jamais. Mais Charlie, Jake…

-Du calme, ma chérie, tout va bien aller. Je connais ton père. Il ne souhaite que ton bonheur. Il a souffert de ta rupture avec Edward et ne veut pas que tu revives le même cauchemar. Je le comprends, même si je désapprouve sa façon de faire.

-Vraiment ?

-Bien sûr, Bella. Je sais que tu aimes Edward et vous empêcher de faire vos projets est une idiotie finie. Tu es grande, maintenant, tu sais ce que tu fais. Et même si cela venait à déraper entre Edward et toi, ce dont je doute, tu ne regretteras jamais les moments de bonheur passés avec lui.

Elle avait raison, tellement raison. Elle savait tellement bien s'y prendre avec les dilemmes, lorsque j'en avais besoin. C'était une mère merveilleuse.

-Mais comment je fais, maman ? Tu es la seule à me soutenir.

-Ne t'en fais pas pou ça ! Phil bosse beaucoup ces temps. Je devrais pouvoir le laisser seul à Jacksonville un moment. Je vais venir à Forks arranger ça. Mais ce que tu peux faire, pour le moment, c'est de t'éloigner de Charlie, quelques temps.

-Comment ça ?

-Eh bien… Laisse-lui le temps d'encaisser ça. Ce qui serait bien, c'est que tu puisses emménager quelques jours chez Edward. Je ne sais pas si cela sera possible. Il faut montrer à ton père que tu es prête à t'engager. Tu comprends ?

Je secouai la tête de haut en bas avant de comprendre l'ampleur de l'idiotie de ce geste.

-Oui.

-C'est bien. Maintenant, si tu le veux bien, passe-moi ton père.

-Tout de suite, oui.

Je descendis les escaliers. Charlie se trouvait devant un match de baseball. Je lui tendis le téléphone qu'il me prit des mains.

-C'est Renée.

Charlie leva les yeux au ciel. Je montai dans ma chambre, mis le CD qu'Edward m'avait offert et écoutai en boucle ma berceuse. J'allai me plonger dans mon lit et dus finir par m'endormir car un souffle froid vint se poser contre moi sans que je ne m'en rende vraiment compte. Des lèvres se posèrent sur les miennes et je tentai de dissimuler mon sourire, histoire de faire durer le plaisir.

-Je sais que tu es réveillée, mon amour.

Je me collai contre son torse, refusant d'ouvrir les yeux tant la fatigue me tenaillait. J'étais littéralement exténuée.

-Alors, comment s'est passée la discussion avec ta mère ?

-Elle me soutient.

Il resserra son étreinte autour de moi.

-Elle pense qu'il faudrait que je vienne habiter chez vous, le temps que Charlie comprenne que je m'engage dans ce mariage. Tu penses que ce serait possible ?

J'ouvris les yeux, embués de fatigue.

-J'en serais très heureux, Bella.

Je n'en doutais pas une seule seconde mais la question .

-Mais ta famille, Edward ?

-Et bien, j'ai vu Alice sautiller partout avant que je parte de la villa. Je pense savoir pourquoi, maintenant. Ca ne gênera personne, crois-moi ! Ils en seront tous très heureux. Ils t'adorent.

Je sentis ses lèvres contre les miennes. Il m'embrassa fougueusement, me coupant la respiration. Je fus de suite pleinement réveillée. Il se détacha cependant rapidement de moi, me laissant reprendre mon souffle. Ses lèvres, néanmoins, n'avaient pas fini de me torturer. Elles se déplacèrent sur ma mâchoire, descendant progressivement contre le creux de mon cou. Ma respiration se fit vite saccadée. Je sentis son souffle contre mon oreille.

-Je serai très heureux que tu t'installes chez nous, ne serait-ce que pour quelques jours.

J'en étais heureuse, moi aussi. Nous allions passer tout notre temps ensemble. Du moins… si Alice nous laissait cette chance.

-Il faudra encore que j'en parle à mon père. Je ne crois pas qu'il soit déjà au courant.

-Non, en effet. Il se remémore en boucle ce que lui a dit Renée et ce point n'y figure pas.

Je remontai ses lèvres jusqu'aux miennes.

-Quand est-ce que je viens m'installer ?

-Et pourquoi pas demain ?

Demain ? Mais ça ne me laissait que peu de temps pour parler à Charlie. J'avais l'impression que ce départ allait signifier pour lui une nouvelle trahison de ma part mais je me fiai aveuglément au jugement de ma mère.

-Il faut que j'y aille, Edward.

Il ne cessa pas ses baisers, collant son corps contre le mien. Il transgressait lui-même les règles idiotes qu'il nous avait imposées. J'aimais terriblement ça mais il fallait que je parle à mon père.

-Edward…

Je passai ma main dans ses cheveux, d'abord pour essayer de le retirer de moi, puis, alors que je faiblissais, pour l'attirer à moi, demandant plus. Je gémis sous ses caresses et collai ma tête contre la sienne, la bouche légèrement entrouverte.

Il se retira finalement et je pus reprendre un rythme de respiration normale.

-Désolé de te donner de faux espoirs, s'excusa-t-il.

Je ris.

-Au risque de me répéter, j'aime que tu m'en donnes.

Je le regardai avec tout l'amour que j'étais capable de mettre dans un regard. Il était merveilleux. Je ne devais plus douter de lui.

-Je vais voir mon père. Reste-là !

Je lui lançai un dernier regard avant de quitter la chambre. Ce que j'allai dire à Charlie n'allait pas lui plaire, je le savais. Mais que vouliez-vous… il fallait qu'il comprenne.

oOo

Il se trouvait assis sur une chaise, le regard dans le vide, triste. Je ne l'avais jamais vu ainsi. J'eus envie de remonter, de désobéir à ma mère, mais je savais qu'elle le découvrirait et qu'elle m'en voudrait de ne pas l'avoir écoutée.

-Papa, il faut que je te parle.

Il sursauta et me regarda avec une certaine tendresse que je ne lui connaissais pas.

-Moi aussi, Bella. Assieds-toi !

Je pris place en face de lui et décidai de le laisser commencer.

-Pourquoi, Bella ? Pourquoi maintenant ? Ne peux-tu pas attendre encore deux ans ? Juste deux ans ! Si votre couple surpasse l'épreuve de ces deux ans, j'accepterai avoir eu tort.

-Non, papa.

Je ne pouvais pas attendre deux ans. Vingt et un ans. Edward n'accepterait pas de me transformer avant que nous soyons mariés. Je ne voulais pas être aussi vieille je ne le supporterai pas.

-Bella…

-Maman veut que j'aille vivre quelques temps chez les Cullen, histoire de te prouver que je ne m'engage pas à la légère, que je sais ce que je fais.

-Chez les Cullen ?

Je savais que même s'il n'était en rien d'accord avec cette idée, le fait que Carlisle et Esmée vivent dans la même maison que nous le rassurait.

-Oui, papa. Renée a dit qu'elle allait venir.

-Elle me l'a dit aussi.

-Et je compte partir demain.

Son teint devint livide.

-Si tôt ?

-Oui.

J'avais pitié de lui. Je ne voulais pas le voir souffrir et moi-même je n'aurai pas aimé perdre mon enfant de cette manière. Laisser quelqu'un en qui je n'avais pas pleinement confiance me le prendre.

-Très bien, Bella. J'espère que toute cette histoire s'arrangera. Les Cullen sont d'accords avec le fait que tu t'incrustes ainsi chez eux ?

-Oui.

Il secoua la tête de haut en bas. J'aurai aimé le prendre dans mes bras et je me rendis compte que rien ne m'en empêchait. J'allai m'asseoir à côté de lui et le serrai fort. Il me rendit mon étreinte et je crus voir une larme perler sur sa joue.

Il se leva sans un mot de plus et quitta la pièce. Puis, il revint, alors que j'allai moi-même rejoindre Edward, à l'étage.

-Tu as besoin de cartons pour ton déménagement, demanda-t-il ?

-Non. Je n'ai presque rien à prendre. C'est bon.

Quelques vêtements. Juste de quoi tenir jusqu'à ce qu'Alice m'emmène faire du shopping. Une trousse de toilette, quelques livres, quelques CD, un ou deux souvenirs. Rien de bien important. Ce qui comptait le plus pour moi se trouvait déjà à ma destination.

Edward.

J'étais heureuse que mon père accepte aussi vite. Edward, qui se trouvait en haut, devait attendre mon retour avec impatience. Je me levai à mon tour et regardai par la fenêtre. Un orage éclatait. Un coup de tonnerre et plusieurs éclairs se succédèrent. Je n'avais jamais été superstitieuse mais j'eus l'impression qu'ils étaient là pour m'avertir. Me dire que tout n'allait pas se passer comme prévu, que je n'allai pas vivre le bonheur que je souhaitais plus que tout au monde.

L'orage résonnait dans mon esprit comme un mauvais présage.

Ta-ta-tada-ta-tada-tada-tada (petite musique dark vadorienne xD)

O Bella

Que souffrances s'abattent sur toi

Et dans la nuit sombre de l'enfer

Rappelle-toi que je suis là !

Euhhh… Des fois faudrait que je me calme ^^' Ca doit être mes cours de littérature qui prennent le dessus, là xD, j'en ai marre d'étudier de la poésie.

Sinon, que va-t-il donc se passer pour que le ciel décide de mettre Bella en garde ? Une idée, pas d'idée ? Très bien, visons plus restreint ! Qu'est-ce qu'il va arriver à Bella chez les Cullen ?

A vous de trouver ! Les choses sérieuses vont bientôt commencer…

Ta-ta-tada-ta-tada-tada-tada -'