Chapitre 7
Je m'en veux tellement
Alors que nous arrivions à la villa, mon cœur s'emballa. Je sentais que quelque chose n'était pas normal et je savais qu'il s'agissait de ma surprise. Il y avait une étrange lumière tamisée qui sortait des fenêtres. De petits lampions avaient été installés autour de la maison, me faisant penser à des étoiles. De plus, les lieux avaient l'air d'être déserts.
-Edward, où se trouve ta famille ?
-Ils sont partis chasser en direction duCanada.
Aussi loin ? Pourquoi aussi loin ?
-Hum… Euh… Pourquoi ?
Il sourit, descendit de la voiture et vint m'ouvrir, en grand gentleman qu'il était. Il m'emmena à l'intérieur et, alors que mon cœur entamait un concert de pulsations rapides, Edward me fit l'une de ses réflexions sur la beauté de ce doux son. Nous arrivions dans la cuisine ou des mets somptueux étaient disposés sur le comptoir. Des pâtes, différentes sortes de viandes, sauces, accompagnement, légumes vapeurs ou frits. Comment allai-je pouvoir manger tout cela ?
-Edward, il y a de quoi nourrir tout un bataillon. Je serai seule à manger !
-Mange ce que tu veux et ce que tu peux. J'ai dit à Esmée de se calmer mais elle ne m'a bien sûr pas écouté.
Tous les plats avaient été faits par Esmée ? Je comprenais mieux, maintenant. Les odeurs tellement alléchantes, le raffinement des plats et, surtout… la quantité. Comme si j'allais mourir de faim ?
Edward alla m'installer dans la salle à manger où deux chandelles attendaient qu'on les allume, au centre de la table. Edward prit une allumette qu'il gratta avant de la positionner au plus près des mèches qui prirent feu, dégageant une jolie ambiance.
-Eh bien, Edward, que devons-nous fêter ?
-Ton arrivée chez nous.
Je regardais encore une fois tout autour de moi et ne pus m'empêcher de trouver les lieux magnifiques.
-Carlisle a eu l'idée de faire un petit quelque chose pour marquer l'événement. A ce moment-là, Alice était dans les parages et c'en est vite devenu… un grand quelque chose.
Alice avait donc participé à tout cela ? Et moi qui pensais qu'elle n'avait eu que l'une de ses visions. Ils avaient tous tout manigancé mais je n'arrivais pas leur en vouloir car, je me devais de l'admettre : ça me plaisait. Un diner aux chandelles avec mon vampire de fiancé était une idée merveilleuse.
Edward apporta les plats à vitesse grand V et sans rien renverser, ce dont je n'aurai pas été capable.
Il s'assit en face de moi et je cherchai le premier plat de cannelloni que j'avais vu dans la cuisine. J'en pris un, regardant Edward, qui lui-même me regardait avec amour.
-C'est bon, demanda-t-il ?
-Succulent. Esmée est une pro. Mais tu le savais déjà.
Il prit ma main qu'il garda dans la sienne.
Je piochai dans tout ce que je trouvais. Tout était merveilleux. En revanche, le fait qu'Edward ne mangeait rien me gênait. J'avais comme l'impression de manger trois fois plus. Le fait qu'il ne cessait de me regarder ne faisait qu'augmenter mon malaise.
Je vis, au centre de la table, un potage aux légumes. Du moins, il me semblait que c'était cela. Alors que je le prenais pour le poser face de moi, me levant légèrement, une mouche me tourna autour de la tête. Je tentai de l'éloigner, bougeant la tête, me donnant le tournis par la même occasion. Je me pris un pied dans l'autre et avant qu'Edward n'ait pu faire quoique ce soit, je versai le potage sur mes vêtements.
-Ah… C'est chaud ! Edward !
Il se leva rapidement, m'aida à enlever mon pull. Il m'assit sur une autre chaise, m'éloignant des dégâts. Il toucha mon ventre, cherchant des brûlures mais ne vit rien.
-Ne t'en fais pas, ce n'est pas grave. Tu ne devrais rien aovir.
Il posa sa main contre ma peau, me rafraichissant considérablement.
-Ca va ?
-Mouii, marmonnai-je, retenant mes larmes.
Non, ça n'allait pas. Je venais de me brûler, me mettant la honte devant Edward à cause d'une mouche et de ma maladresse aussi indomptable qu'impitoyable ! J'avais renversé le potage, j'étais à moitié nue devant Edward, et… J'étais à moitié nue devant Edward ?
Je me regardai, puis regardai ce dernier. J'étais à moitié nue devant Edward ! Je tentai de cacher mon corps de mes bras.
-Tu… Il n'y a pas un pull, quelque part ?
Il comprit vite où je voulais en venir, lui-aussi, et fut soudainement gêné.
-A… Attends, je reviens.
Il monta dans sa chambre et en revint avec une chemise.
-C'est l'une des tiennes, demandai-je en la mettant ?
-Hum… Oui. Nous avons tous tendance à fermer notre porte de chambre à clé. De plus, les affaires d'Alice ne t'iraient pas. Rosalie, peut-être mais elle n'accepterait jamais de te les prêter. Esmée, peut-être. Mais comme je viens de le dire, nous fermons notre porte à clé.
Je baissai la tête, inspirant l'odeur de la chemise. Je remarquai que celle-ci portait la sienne. Elle était des plus envoûtantes. Je relevai la tête et vis qu'Edward me détaillait. Il y avait dans son regard de la prudence, de l'humilité et du… désir ?
Je rougis instantanément ce qu'il ne manqua pas de remarquer. Il passa ses doigts sur mes joues, me provocant une série de frissons divins.
-Ces rougeurs sont exquises. Elles te vont si bien…
Elles s'amplifièrent d'avantage et Edward se moqua gentiment. Il y avait cependant un certain malaise que je ne définissais toujours pas. A moins que… Et si ?
-Edward, hum… Tu…
Il approcha lentement sa tête vers la mienne et je compris ce qu'il comptait faire. Il allait m'embrasser. Je ne comprenais pas pourquoi, ni maintenant. Du moins, pas de cette manière. C'était tellement différent de nos baisers quotidiens. Alors qu'il posait ses lèvres sur les miennes, mon corps s'enflamma et je passai mes bras derrière sa nuque. Ses mains passèrent délicatement sous sa chemise, remontant le long de mon ventre, atteignant sans mal ma poitrine. Moins de deux secondes plus tard, je me trouvais dans le somptueux lit qu'Edward m'avait acheté, récemment. Il déboutonna la chemise, la lançant ensuite à travers la chambre. Il embrassa chaque courbe de mon corps avant de commencer à se déshabiller lui-même.
Je n'en revenais pas de ce qu'une mouche était capable faire. Là, maintenant. J'allais enfin accéder à mon rêve le plus impossible, selon Edward. J'avais une totale confiance en lui. Il ne me ferait rien, je le savais mais il avait toujours tant douté de lui…
Il s'arrêta soudainement, plongeant son regard dans le mien. Je parlai avant qu'il ne le fasse :
-Pourquoi maintenant, demandai-je ?
-Tu ne le veux pas ?
-Si ! Ne te méprends pas ! Je le désire. Je te désire mais j'ai l'impression que tout cela est trop précipité. Pourquoi as-tu changé d'avis ? Pourquoi ne plus attendre le mariage ?
-J'ai un peu honte de t'avouer cela mais je pensais que tu allais te défiler. Maintenant, plus. Je sais que tu ne reprendras pas ta parole.
Je comprenais et je ne lui en voulais pas d'avoir douter de moi. Je ne lui avais guère donné de raisons de me faire confiance, peu avant d'annoncer au monde notre mariage.
-Bella, si je fais quoique ce soit de travers, si je te fais mal, dis-le-moi ! Prom…
-Je te le promets, Edward.
J'étais mille fois trop pressée pour attendre qu'il finisse sa phrase. Commença alors un pur moment de bonheur. Jamais je n'aurai cru être aussi comblée. Nos souffles se mêlèrent alors qu'il gardait son visage proche du mien. Accélérant ses va-et-vient, il glissa sa main dans la mienne, la serrant.
-Edward, soufflai-je…
Je le sentais venir en moi quand une douleur lancinante se propagea du bout de mes doigts à mon avant bras. Je poussai un cri alors qu'Edward stoppait tout mouvement.
-Bella ? Bella, qu'est-ce que…
-Ma… main…
J'avais l'impression qu'on me l'avait arrachée, tant j'avais mal. La douleur était trop poignante pour que je songe ne serait-ce qu'à essayer de l'ignorer, la cacher à Edward.
Edward regarda et je vis l'horreur se peindre sur son visage.
-Je… J'ai… le contrôle… désolé… voulais pas…
Il fallait que je le calme tout de suite, avant qu'il ne commette un acte insensé.
-Edward, c'est… rien.
Un gémissement de douleur nia ma version.
-Bella, je t'ai…. Je t'ai brisé la main. Je t'ai peut-être déchiré un muscle. Non, ce n'est pas rien, tu m'entends ?
Il se releva et passa vite quelque chose sur lui.
-Je reviens, ne bouge pas ! J'appelle Carlisle. Je vais te chercher de la glace.
Je voulus regarder l'ampleur des dégâts et remarquai avec horreur que plusieurs doigts avaient doublé de volume. Une trentaine de secondes plus tard, Edward était à nouveau là. Il m'aida à enfiler mes vêtements et posa le sac de glace sur ma main, ne la soulageant guère.
-Je suis désolé, Bella, tellement désolé.
Je me levai alors, sous l'agacement, la colère, la tristesse et le désespoir. Je quittai la chambre sous le regard anéanti d'Edward.
-Bella, pardonne-moi !
N'avait-il pas compris que je ne lui en voulais pas ? Non, je ne pouvais pas l'accuser j'étais la seule à blâmer dans cette histoire. Combien de fois m'avait-il dit ne pas être capable de cet acte ? Combien de fois m'avait-il mis en garde ? Je ne l'avais pas écouté, n'en avais fait qu'à ma tête. Il savait qu'il ne pouvait pas et je n'avais cessé de le tenter. Je méritai cette main cassée.
Je m'enfermai dans la salle de bain commune. Je m'appuyai contre le mur et retins mes larmes. J'étais méprisable. J'avais fait passer mes envies avant tout le reste. Je n'avais pas pensé au mal que cela lui ferait de me blesser.
Une larme perla sur ma joue et je finis par craquer. La soirée, qui avait si bien commencé, ressemblait maintenant à l'enfer. Edward était entrain de se flageller dans la chambre, je ne cessai de pleurer, aussi bien de tristesse que de rage et toute la famille allait être au courant de l'incapacité de mon fiancé à me faire l'amour sans me transformer en bouillie. Et tout ça à cause d'une mouche et de mon imbécillité !
J'entendis un bruit sourd contre la porte de la salle de bain. Comme si quelqu'un venait de s'asseoir contre. Edward, évidemment.
-Carlisle va arriver dans quelques heures, déclara-t-il. Ils sont partis loin et Alice n'avait pas prévu ce qui vient de se produire.
Il ne dit plus rien durant longtemps mais je savais qu'il désirait que je lui ouvre cette porte. Je ne voulais néanmoins pas lui montrer mes larmes de rage, de peur qu'il s'en veuille encore plus.
Le temps passa et je me rendis compte de quelque chose. Quelque chose à laquelle je n'avais encore jamais fait attention. Edward était fort, certes, physiquement. Il pouvait battre ses adversaires sans aucune pitié, comme pour James ou encore les nouveau-nés de Victoria. Mais émotionnellement, Edward était facilement attaquable. Il était d'une fragilité émotionnelle qui me faisait presque peur. Pour preuve, il s'était rendu à Volterra lorsqu'il m'avait crue morte. Certes, il avait toujours dit qu'il le ferait mais ça prouvait bien ma théorie, non ? Et sa façon de toujours s'en vouloir, de toujours porter la faute sur lui ? Sa façon de se fustiger ! Oui, Edward était très fragile et j'étais son plus grand point faible.
Je me levai et allai ouvrir la porte. Il se releva et je le serrai contre moi. Il me rendit mon étreinte et me murmura à l'oreille :
-Je ne mérite pas ton pardon.
Je m'assis contre le mur et il en fit de même.
-Je ne t'en ai jamais voulu, Edward. Jamais.
-Bel…
-C'est à moi que j'en veux.
Il soupira et je vis bien que l'idée que je puisse m'en vouloir ne lui plaisait pas. Il ne dit cependant rien et je préférai cela. Je n'avais pas envie de m'engager sur une bataille que j'étais sûre de perdre, au final.
Je me couchai sur ses jambes et voulus m'endormir mais la douleur lancinante parcourant ma main couverte de glace m'en empêcha.
Carlisle finit par arriver. Il ausculta ma main un bref instant, nous disant que je devais aller à l'hôpital, que les os étaient fracturés. En arrivant là-bas, je ne pus m'empêcher de retenir mon souffle face à l'odeur écœurante que dégageait le centre de soins.
Edward se trouvait avec moi alors que tout le reste de la famille, excepté Carlisle, étaient restés à la villa. En rentrant, Emmett n'avait pas fait de blagues douteuses et je ne manquerai pas de le remercier. Peut-être avait-il quand même des manières ?
oOo
J'eus droit à un plâtre pour deux phalanges fracturées et, je cite, un métacarpe déchiré. Edward s'en voulait et n'osait plus me regarder dans les yeux. Cela me blessait. J'allai devoir lui faire comprendre que je ne lui en voulais pas. Et, même après cela, je n'étais pas sûre que ça change quelque chose.
Carlisle m'avait donné un antidouleur pour le moins puissant qui m'assomma quelque peu. Je m'appuyai contre Edward, lorsque nous retournâmes à la voiture. Je baillai plusieurs fois et Edward m'aida à m'attacher.
-Laisse, je peux le faire !
Je pris la ceinture par la main gauche, tirait dessus et arrivai avec mal à viser. J'y arrivais cependant et nous pûmes partir.
Carlisle avait décidé de faire des heures supplémentaires et nous laissait repartir avec la voiture, prétextant qu'il demanderait à un collègue de travail de le raccompagner. Edward n'avait pas discuté. Pour preuve, il ne parlait plus.
-Edward, s'il te plaît… Dis quelque chose !
Le silence me répondit. Un silence pesant, gênant. L'atmosphère était lourde et je ne savais que faire pour arranger la situation. Je pouvais toujours le supplier, certes, mais ce n'était pas des plus honnêtes.
-Edward… N'importe quoi, m'énervai-je ! Ta dernière chasse, la dernière blague d'Emmett, s'il te plaît…
Un soupir, rien d'autre. C'en était trop.
-Edward, laisse-moi descendre !
Il me regarda enfin. Encore mieux, un mot sortit de sa bouche.
-Quoi ?
-Je t'ai dit de me laisser descendre.
-Bella, nous sommes à plus de trois kilomètres de la villa. Tu ne vas pas les faire à pied ?
-Si, Edward. Parce que je ne supporte pas ton silence. Je ne peux pas, tu comprends ? Je sais que tu t'en veux et je te répète qu'il ne faut pas. Je connaissais les risques, tu m'entends ? Je savais ce que j'encourrais. Et tu veux que je te dise ? Jusqu'à cet incident, c'était le plus beau moment de ma vie. Et je refuse que tu viennes gâcher cela par des remords inutiles, alors laisse-moi descendre, nous ne sommes plus qu'à deux kilomètres de la maison.
Il verrouilla les portières, à mon plus grand agacement, et accéléra. Comme si j'allais essayer de sauter de la voiture ! Je me taisais, sachant que je n'arriverai pas à tirer quoique ce soit de positif, ce soir, de lui.
En arrivant à la maison, toute la famille nous attendait. Alice était plongée dans ses pensées et avait l'air très mal. Rosalie regardait Emmett avec un regard à vous glacer le sang, tandis qu'Esmée et Jasper tentaient de fuir notre regard.
-Je vais me coucher, prévins-je Edward qui acquiesça faiblement.
En montant dans la chambre, pour la première fois, j'eus des doutes sur les capacités qu'avait Edward face à mon sang, face à mon corps. Je l'avais idéalisé au point d'être aveuglée par mes idéaux. Comment avais-je pu négliger à ce point ses recommandations ?
En m'endormant, j'eus envie de parler à quelqu'un. J'avais le cœur gros. Je me promis de téléphoner à Angela, demain. Elle seule pourrait me conseiller sans juger, sans mettre son propre intérêt en avant.
Angela...
–
Alors, alors… Que pensez-vous de cela ? Edward n'a pas su retenir sa force, pauvre Bella…
Ce n'est néanmoins pas fini parce que… vous vous souvenez du prologue de cette fiction ? Moi je m'en souviens et si ce n'est pas votre cas, allez vite le lire ! Une fois ça fait, dites-vous, bah… que l'enlèvement, c'est pour le prochain chapitre :D
Et oui ! On passe enfin à la vitesse supérieure ! Et à partir de maintenant, tout va s'enchainer, rien ne pourra détourner l'inévitable ! P
Un petit review ? (C'est aussi fun qu'une journée entière dans les bras d'Edward )
