Voilà, je reviens avec trois nouveaux chapitres :)

J'espère que vous serez nombreux à les lire et, surtout, à les aimer.

Je remercie toutes les personnes qui ont laissé des commentaires sur les deux derniers chapitres: Taylor, canada02, Guest, Sarah, lapiaf8, xMama-chan et chattoncharmant.

Bonne lecture à tous! ^^

Chapitre 13

Le chasseur et le gibier

POV Edward

Une semaine. Cela faisait maintenant une semaine que ma Bella avait disparu. J'avais mal. Mal de son absence, mal de ne pas pouvoir la retrouver. Elle était ma raison de vivre et n'était plus là, arrachée à moi de la manière la plus injuste qui soit.

Alice tambourinait contre ma porte avec insistance depuis maintenant dix bonnes minutes, insistant sur le fait que je devais aller chasser. Je ne pouvais pas. Son absence m'avait coupé l'appétit.

-Edward, je t'en prie, viens !

-Laisse-moi, Alice ! Laisse-moi…

Elle s'en alla et je plongeai une nouvelle fois dans mes souvenirs. Il m'était si douloureux de penser à elle, sachant que je n'avais pas pu la protéger. Je le lui avais promis mais je n'avais pas tenu ma parole. Jamais je n'avais mérité son amour. Je l'avais toujours su.

Je passai par ma fenêtre et tombai agilement sur le sol. Il fallait que je cours, n'importe où. Je m'engageai dans la forêt, évitant soigneusement chaque arbre, chaque racine ou buisson. J'avais l'impression de voler. Je volai, effectivement, mais c'était si différent sans ma Bella.

« Bella, mon amour. Je t'aime tant. J'aimerai te voir, te le dire en face, m'excuser de la conduite si ignoble que j'ai eue envers toi. »

Elle ne devait garder en elle que le souvenir de notre dispute, de mon attitude envers elle, alors que je n'osais plus croiser son regard. Voilà à quoi elle devait penser maintenant. Dieu que je regrettais. Si j'avais su. Si j'avais su…

oOo

Le soleil se couchait petit à petit, comme tous les jours, avant la nuit. La nuit… emplie de désespoir et d'incertitude. De peur plus que de raisons. Du moins, je le croyais. Maintenant, plus rien n'avait de sens. Plus rien n'était comme il devait être. Chaque chose avait perdu sa place, était devenue insignifiante. En résumé, le météore était tombé derrière l'horizon. J'étais à nouveau le monstre qu'elle avait changé.

Elle n'était plus là.

Je vis une fine pellicule de neige se poser sur le sol et je me demandai bien où je pouvais me trouver en cet instant. Au Canada, aucun doute là-dessus. Mais où ? Très au nord. Je décidai de rebrousser chemin, voyant que la nuit était déjà bien avancée. Au passage, je croisai un cerf et je ne me métrisai pas. Je l'attaquai, le gouttai, aspirai sa vie en même temps que son sang. Une odeur soudainement plus alléchante vint éveiller mes sens. Une odeur forte, sucrée et troublante. Une odeur merveilleuse, alléchante. Laissant agir mes instincts, j'en inspirai une bouffée. Une petite chose insignifiante arriva devant moi, un fusil à la main. J'entendis un « Oh mon Dieu » et, avant qu'il n'ait eu le temps de lever son arme, je sautai contre sa jugulaire, répétant le même procédé que sur le cerf. Son sang calma de suite la brûlure de ma gorge et j'en demandai encore. Encore, toujours plus. Son corps tomba au sol. Je m'éveillai. Qu'avais-je fait ? Non ! Je n'avais pas pu… Je m'effondrai à genoux devant les deux cadavres. Autour de moi, tout tournait. Je ne voyais rien distinctement, mis à part mes victimes.

-Bella, murmurai-je.

Je voulais Bella, tout de suite, maintenant. Je voulais qu'elle me prenne dans ses bras, qu'elle me console. Je voulais qu'elle me garde près d'elle, qu'elle me dise que je n'étais pas un monstre, que ça ne changeait rien, qu'elle m'aimait et qu'elle était là pour moi.

Je voulais sentir la chaleur rassurante de son cœur, de ses mains dans mes cheveux et de ma tête contre son épaule.

-BELLAAAA, hurlai-je ! RENDEZ-LA-MOI ! JE VEUX BELLAAA !

Je me levai, hurlai au ciel mes commandements, l'exhortant à les réaliser. Puis, je retombai à genoux et murmurai, cette fois-ci.

-Pitié.

Je voulais juste la voir, lui parler, savoir si elle allait bien. Je voulais juste ma Bella.

Mon amour.

Je ne savais pas depuis combien de temps je me trouvais là, lorsque des craquements se firent entendre près de moi. Je relevai la tête, espérant que ce n'était pas un autre chasseur.

Je me mis de suite en position d'attaque.

-Edward, fit une voix que je ne connaissais que trop.

Je me laissai à nouveau tomber au sol. Alice s'approcha de moi et me prit dans ses bras. Je m'affalai contre son épaule, bien que je savais que ce n'était pas celle de ma Bella. J'essayai seulement de m'en convaincre, l'espace d'une seconde.

Ma sœur regarda le carnage autour de moi. Elle l'avait certainement déjà vu dans une vision. Elle avait sûrement espéré se tromper. Que savaient les autres ? Que savait ma famille de tout cela ?

-Tu as dit…

-Non, Edward. J'espérai pouvoir arriver à temps. Je n'ai pas pu. Je suis désolée.

Alice était comme ma Bella. Se fustiger alors que ce n'était en rien sa faute.

-Non, tu ne dois pas. Je suis le seul monstre dans cette histoire.

-Tu ne vas pas bien, Edward. Ce n'est pas ta faute. On t'a enlevée celle que tu aimes.

Quelle bien piètre excuse.

-Était-ce une raison pour moi d'arracher un père, un mari, un frère à une famille heureuse ?

Elle ne répondit rien.

-Il faut que tu reviennes à la villa.

Oui, il le fallait. J'allais devoir affronter les regards de ma famille. Celui de Carlisle, l'homme qui avait tant donné pour moi. Ils allaient tous pouvoir distinguer la culpabilité de mon regard. Je me haïssais tant en cet instant. Et il y avait de quoi. Je venais de briser des vies, de tuer un innocent.

-Edward, c'était un accident. N'y pense plus !

Comment voulait-elle que je n'y pense plus ? Comment pouvait-elle croire que j'y arriverai ?

-Il s'est retrouvé au milieu de ta chasse, Edward.

Oui, bien sûr, dis comme cela…

-J'ai une autre version, Alice. J'ai tué cet homme pour calmer mon mal. Je l'ai fait pour chasser la douleur que m'insufflait l'absence de Bella. J'ai agi comme un homme qui chasse ses problèmes par la drogue.

Alice ne démordit pas sur le sujet. Il s'était retrouvé au centre de ma chasse. Elle me prit la main et nous rentrâmes. Je me laissais mollement guider, sans force, sans vie.

Arrivés à la villa je ne pus que baisser la tête. Alice me traina jusqu'à l'entrée. Elle ouvrit la porte, nous fit entrer. Tous se trouvaient dans le salon.

-Enfin, soupira Carlisle qui s'avança.

Je relevai la tête, laissant apparaître ma culpabilité aux yeux de ma famille. Carlisle recula d'un pas.

-Mon fils, qu'as-tu fait ?

Alice prit tout de suite la parole.

-Un chasseur s'est retrouvé au centre de sa chasse.

Elle savait tellement que ce n'était pas le cas.

-Tu sais très bien que non.

Carlisle se retourna en ma direction et je devinai qu'il avait déjà gobé le mensonge d'Alice, que cela ne servirait sans doute à rien que je défende mon point de vue.

-Pourquoi l'aurais-tu tué, si ce n'était pas le cas ?

-Edward s'en veut, reprit Alice. Edward, dit-elle en s'adressant maintenant à moi, tu n'y es pour rien.

-Ah non ? Tu es sûre ?

Je la fixai dans les yeux, l'obligeant à soutenir mon regard d'assassin, mon regard rougi par le sang de ma victime humaine.

-Oui, Edward.

-Tu ne devrais pas. J'ai voulu le tuer.

-Je ne te crois pas.

-Crois-le, Alice ! Je… Je l'avais entendu arriver. J'aurai pu partir, m'en aller. Je me suis juste dit : « à quoi bon » ?! J'aurai pu partir mais je ne l'ai pas fait. Une part de moi voulait le tuer. Je suis monstrueux. Si Bella…

-Si Bella quoi, Edward ? Si Bella te voyait, elle te haïrait ? Si Bella t'avait vu comme ça dès le début elle ne t'aurait jamais approché ?

-Si Bella avait été là, jamais je n'aurai tué cet homme. J'ai seulement été égoïste au point de faire payer ma peine à la première personne qui a croisé mon chemin. Je suis juste méprisable.

Sans laisser le temps à qui que ce soit de me contredire, je montai dans ma chambre. Je m'effondrai sur le lit, notre lit, celui de Bella. Son odeur imprégnait les lieux et je me sentis vaguement apaisé. J'avais l'impression de sa présence.

Je passai ma main sur le coussin où aurait dû se trouver son visage. Il ne s'y trouvait pas.

-Je t'aime, Bella. Je te retrouverai.

Je laissai ma main posée. Alice entra dans ma chambre. Elle se coucha derrière moi et me prit dans ses bras. Je pleurai silencieusement la non-présence de mon trésor. Ma Bella.

« Je t'aime, mon amour. Je te retrouverai. »