Comme promis, voilà le chapitre suivant. Et surprise: il s'agit d'un chapitre du point de vue d'Edward :D
Bonne lecture!
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Chapitre 18
Te voir ainsi me fait mal
POV Edward
J'entrainai Bella dans la salle de bain. Malgré le fait qu'elle avait essayé de se montrer forte dans ses explications, il n'était pas difficile de déceler un réel tourment dans ce qu'elle racontait et c'était compréhensible. Elle avait vécu l'enfer, vu des choses que personne ne devrait jamais avoir à voir. Et même si elle essayait de le cacher, je savais qu'elle ne nous avait pas tout dit. Elle avait omis tous les détails concernant sa captivité avec Jacob. Elle n'avait pu le faire avec ce qu'il s'était passé avec Mike. Son histoire n'aurait plus été cohérente, si elle l'avait tenté. Je m'abstins de lui poser des questions, sachant très bien que cela ne ferait que la tourmenter. Je voulais qu'elle oublie, qu'elle redevienne la Bella heureuse et insouciante qu'elle était avant.
Alors qu'elle se trouvait maintenant près du lavabo, je lui passai des vêtements propres de Rosalie, espérant qu'ils ne seraient pas trop provocants. Elle laissa dériver son regard dans le vide. Je passai ma main sur son visage, espérant de tout mon cœur qu'elle plongerait ses yeux d'un brun chocolat dans les miens. Elle le fit, à mon plus grand bonheur. Elle m'avait tant manqué. J'avais tant fait d'idioties de par son absence. J'avais tué par pur désespoir. Elle ne savait pas l'influence qu'elle avait sur moi. J'avais eu tellement mal mais elle était là, maintenant. Jamais plus je ne laisserai qui que ce soit me l'arracher à nouveau.
En ce qui concernait Mike et le clébard, je ne ressentais aucune haine envers eux. Du moins, pas pour le moment. Dès que je mettrai la main sur le chiot, je le savais, ces instants calmes que je vivais actuellement allaient laisser place à la haine et à la vengeance. Je le tuerai pour avoir fait subir à Bella cet enfer dont elle nous avait si peu parlé. L'image de Démétri me revint en tête. Son dessin. Bella, son visage, ses pleures, son désespoir. Comment ce monstre de bâtard avait-il pu lui faire cela et lui dire qu'il l'aimait ? Comment ?
Je ne me détachai pas des yeux de ma Bella, son regard si doux, ne demandant que protection et amour.
-Je t'aime, lui dis-je dans un murmure.
Elle secoua légèrement la tête. Était-ce tout ce que ma déclaration lui faisait ? Avant qu'elle ne détourne la tête, je m'approchai de son visage, déposant mes lèvres sur les siennes, goutant à nouveau leur saveur, redécouvrant l'arôme si envoûtant de ma Bella. Son sang, que je n'avais pas senti depuis si longtemps m'arriva avec force au visage et je dus malheureusement mettre fin notre baiser à cet instant. Ce n'était apparemment pas de l'avis de Bella qui s'accrocha à moi de toutes ses petites forces, les larmes coulant sur son visage, ses lèvres cherchant encore et toujours les miennes désespérément. Je la laissais faire, sachant à quel point elle avait rêvé de cet instant depuis maintenant tellement longtemps mais dus finalement la stopper définitivement, ne voulant mettre sa vie en jeu.
-Bella, ne voulais-tu pas aller prendre une douche ?
Elle secoua une nouvelle fois la tête, son regard triste et perdu. Son regard confus, gêné et, par-dessus tout, meurtri.
J'allai quitter la pièce lorsqu'elle me retint timidement par le bras.
-Ne t'en vas pas, me supplia-t-elle.
J'acquiesçai, m'asseyant sur les toilettes alors qu'elle se glissait sous la douche italienne. Elle m'était cachée par un mur en marbre, digne de l'hôtel dans lequel nous nous trouvions. Je l'entendis se déshabiller calmement. Elle me tendit ses habits sales que je posai près du lavabo. Je me doutai qu'elle ne voudrait jamais plus les porter mais ne les jetai pas.
Le bruit de l'eau se répandit dans la pièce et je l'entendis soupirer. Je n'osai imaginer dans quelles conditions elle avait vécu jusqu'à maintenant. Vu la saleté qui lui collait à la peau, je me doutai bien qu'elle n'avait pas de cabine de douche, dans sa prison. J'entendis ensuite un sanglot et j'hésitai à aller la consoler. Elle était nue et je me doutai qu'elle allait avoir une réaction qui me serait déconcertante, si je tentais de l'approcher, mais nous étions fiancés et je ne pouvais la laisser ainsi. Je me levai et allai la rejoindre. Je posai mes mains sur ses épaules couvertes de savon. Elle se colla à mon corps et je ne pus que la serrer dans mes bras. Elle s'effondra à genoux, montrant enfin à quel point elle se sentait mal, à quel point il était difficile pour elle d'encaisser. Elle était si fragile, si facilement cassable.
-Merci, Edward.
-De quoi ?
-D'être là, de me prendre dans tes bras. De ne pas être comme eux.
Je me figeai légèrement face à sa dernière phrase. Non. Je ne serai jamais comme eux, jamais.
-Jamais je ne te ferai de mal volontairement, Bella. Jamais. Je t'aime tellement.
Nous restâmes ainsi bien trop longtemps. Lorsque sa peau devint fripée et l'eau froide, je lui passai un linge autour du corps et la frottai de façon à l'essuyer. Je l'aidai à s'habiller et remarquai à quel point elle était fatiguée. Ses yeux papillonnaient d'épuisement et je ne pus que la prendre dans mes bras, allant la déposer dans la chambre de notre suite. Elle ne chercha pas à m'embrasser, à mon plus grand désarroi, mais je savais qu'elle avait besoin de temps. Je le lui laisserai. Alors qu'elle s'endormait, elle me demanda de ne pas la quitter une seule seconde.
-Je suis là, Bella, ne t'en fais pas !
Elle hésita avant de parler, cacha son visage dans un coussin et derrière ses cheveux.
-Bella ?
-J'ai peur.
Ce n'était plus un chuchotement ou un murmure. Ce n'était même pas ce que l'on pouvait appeler un souffle. Oui, elle était effrayée. Il n'y avait pas besoin d'avoir fait des études en psychologie pour le savoir.
-Je suis là.
Elle s'endormit aussitôt ces paroles dites. Je déposai un baiser sur son front. Alice entra à cet instant.
-Oui ?
-Comment va-t-elle ?
Alice s'inquiétait réellement de son état, comme toutes les personnes dans la pièce d'à côté. Il suffisait de prêter un temps soit peu d'attention à leurs pensées pour le savoir.
-Elle ne va pas bien. Elle essaye de se montrer forte mais on remarque à qu'elle point elle se force, lorsqu'elle craque. Elle est si fragile, Alice.
Un silence s'installa, vite rompu par Jasper qui nous demanda de venir dans le salon. Il fallait que nous parlions.
-Je reste ici, dis-je. Ne vous en faîtes pas, je vous entends.
Alice sortit, referma la porte derrière elle. Je m'allongeai tout contre ma Bella, profitant de la chaleur se dégageant de sa peau, cette douce chaleur m'ayant tellement manqué.
La discussion débuta, sans grand intérêt. Démétri était revenu et confirmait ce que nous avait dit Bella, à propos de la transformation du bâtard. Commença alors un débat sur le pourquoi du comment. Chacun faisait part de ses propres théories, toutes plus chimériques les unes que les autres. Emmett se gardait cependant de faire des blagues pour calmer l'atmosphère et je n'oublierai pas de le remercier pour cela. Le moment était tout sauf amusant.
Carlisle pensait que cela avait peut-être un rapport avec un vampire. Un vampire ayant un don. Un mauvais don. Celui de rendre les gens fous. Il disait qu'il avait déjà rencontré un vampire ayant un pouvoir similaire mais il était mort, anéanti par les Volturis, plusieurs siècles auparavant. Carlisle n'avait plus jamais entendu parler d'un tel don, depuis, ce qui mettait à mal sa théorie.
Bella remua légèrement et parla.
-Non, Jake, arrête… T'en… supplie.
Je reportai à nouveau mon attention sur elle et vis une larme couler sur sa joue. Je l'essuyai et Bella se pelotonna contre moi, s'accrochant à ma chemise.
-Ed… ward.
Je gardai sa tête contre moi, voulant pleurer. Pleurer ma haine, ma rage, la peine et ma détresse à voir ainsi ses traits affligés. Je voulais pleurer sa tristesse. Je voulais lui épargner son chagrin et souffrir mille morts à sa place.
A cet instant plus que jamais, je voulais dormir à ses côtés. A cet instant plus que jamais, je voulais lui ressembler, pouvoir mieux comprendre sa peine. Je voulais m'endormir dans ses bras et oublier tout ce que j'étais, tout ce qui me définissait. La froideur. La dureté, la beauté hypnotique de mes traits. Le sang.
Je ne pouvais pas. J'étais un monstre.
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Voilà pour aujourd'hui. J'espère que ça vous a plu et vous dis à la prochaine!
(Je vais regarder hésitation donc je fais court xD)
