Hello :)

Voilà, après une longue attente, je vous poste enfin deux nouveaux chapitres :D

Je remercie les personnes qui m'ont laissé un commentaire sur le précédents chapitre qui sont : aelita48, canada02, Haylin-eant-25, Taylor, chattoncharmant, lapiaf8, ptite-liline-AB, ainsi que tous mes fidèles lecteurs !

Bonne lecture !

Chapitre 19

Reprendre les choses en main

Je me réveillai, hurlant de peur face à ce que je venais de voire. Il me fallut quelques secondes pour revenir à la réalité et me rendre compte que je me trouvais dans la Mercedes de Carlisle. Visiblement, nous nous éloignions de Olympia.

J'étais couchée sur la banquette arrière, la tête posée sur l'une des jambes d'Edward. Ce dernier me murmurait des choses réconfortantes, calmant considérablement mes nerfs. Alors, je soufflai ; il ne s'agissait que d'un cauchemar.

Je me souvenais de mon mauvais rêve, me le repassant devant les yeux. La grand-mère de Mike Newton se relevait de ses cendres et me persécutait, prétextant que c'était de ma faute, que j'avais tué son petit garçon. Elle hurlait que j'avais détruit sa famille. Elle venait de me mettre la main dessus, avait sorti un énorme couteau de sous son chemisier et me poignardait comme l'avait fait Mike avec elle, comme l'avait fait Jake avec Mike.

Edward était là. Là ? Que faisions-nous là ? Et, surtout, où étions-nous ?

-Edward, demandai-je d'une voix encore endormie ? Que faisons-nous dans la voiture ? Où allons-nous ?

La dernière chose dont je me souvenais était de m'être endormie dans ses bras.

-Nous allons te mettre en sécurité, dans un endroit où Jacob ne risque pas de te trouver. Du moins, pas facilement.

-Et s'il y arrive ?

Il détourna le regard.

-Edward, s'il y arrive ?

-Je le tuerai, me répondit-il dans un souffle.

Je fus soulagée par cette réponse. Edward ne manqua pas de le remarquer mais ne fit pas de remarques. Je ne savais pas vraiment si je voulais voir Jake mort. Je savais seulement que je ne voulais jamais plus qu'il m'approche, quitte à ce qu'il doive mourir pour cela.

Je m'appuyai contre Edward qui me pressa délicatement contre lui.

-Que va-t-il se passer, ensuite ?

J'avais envisagé plusieurs options, chacune plus terrifiantes les unes que les autres. J'étais bien décidée à ce qu'aucune ne se réalise.

-Que veux-tu dire ?

-Tu le sais. Une fois que l'on sera sûrs que Jake n'est plus une menace, que je serai à nouveau en sécurité. Que va-t-il se passer ?

Il inspira, puis expira.

-Je ne sais pas, Bella. Si des Quileutes autres que Jake sont impliqués dans ton enlèvement, nous serons bien obligés de leur déclarer la guerre. Si, par chance, ce n'est pas le cas, une guerre ne sera tout de même pas à exclure.

Je n'avais pas la force de débattre maintenant sur oui ou non cela devait arriver. Pour le moment, je ne faisais rien d'autre que d'écouter ses paroles d'une oreille et de les laisser ressortir par une autre.

-Tu n'as pas l'air d'être contre. Souhaites-tu à ce point leur mort ?

Je secouai la tête de droite à gauche, signe que ce n'était pas le cas.

-Je suis trop fatiguée pour t'empêcher de dire des idioties tout de suite. Demain. Demain je te contredirai.

Ma remarque lui tira un faible sourire, un sourire coupable, contrit, puis ajouta :

-Dors, ma Bella. Je suis là.

Je lui tendis mes lèvres qu'il s'empressa d'embrasser. J'espérai, en fermant les yeux, voir autre chose que les horribles rictus de haine de la grand-mère à Mike, mais je ne me faisais pas d'illusion.

Je m'éveillai une nouvelle fois. Il faisait maintenant jour, ce qui n'avait pas été le cas lors de mon premier réveil. Je me trouvais dans le lit le plus confortable dans lequel je n'avais jamais dormi. La pièce était très claire malgré un mauvais temps soutenu. Cela était sûrement dû aux grandes fenêtres, aux murs blancs et l'étendue de neige, dehors, reflétant le peu de lumière traversant les nuages.

Le lit dans lequel je me trouvais était à baldaquin, aux draps aussi blancs que les murs et dont la structure était en bois d'ébène. Ce lit, aux vues de sa splendeur, devait tout simplement coûter une fortune.

Je me levai, regardai autour de moi. Les meubles étaient recouverts de draps. La maison devait être restée inhabitée durant un moment. Je sortis de la chambre mais n'entendis rien. Je marchais maintenant dans un couloir. Le sol, contrairement à la chambre, qui était en parquet, était en marbre. J'arrivais en dessus du salon se trouvant un étage en dessous, sur lequel j'avais une vue imprenable. Le feu brûlait dans la cheminée. Je descendis et allai m'asseoir en face. Il ne faisait guère chaud, dans cette maison, mais je n'avais pas à me plaindre. La cave à Rebecca était plus froide encore.

Un bruit me fit me retourner. Devant moi se trouvait le vampire qui m'avait sauvée des mains de Jake.

-Désolé, s'excusa-t-il. Je ne voulais pas vous faire peur.

-Il n'y a pas de mal.

Il sourit et resta debout derrière moi. Je sentais son regard pesant sur mes épaules.

-Edward et sa famille sont partis chasser. Ils espéraient être de retour avant votre réveil donc ils ne devraient plus tarder.

J'acquiesçai d'un signe de tête. Ce vampire (qui d'ailleurs n'était même pas végétarien) ne m'inspirait pas confiance et je dus avoir recours à tout mon self-control pour ne pas hurler à l'instant. Je ne bougeai pas d'un millimètre, sachant que bouger faisait du vent et qu'il pourrait sentir mon odeur plus fortement encore que maintenant.

-J'ai entendu parler de ce qu'il vous est arrivé. J'en suis désolé.

-Moi aussi.

A quoi bon essayer d'affirmer le contraire ? J'étais désolée que Jake en soit arrivé là, que Mike ait suivi son exemple. Oui, j'étais désolée.

-Je tenais à vous remercier.

Bien que ce vampire m'effrayait, je lui devais une fière chandelle.

-Sans vous, je serai très certainement encore entre les mains de Jake.

-On m'avait donné l'ordre de vous retrouver. Je n'ai fait que les suivre.

Les ordres ? De qui ? Je me rendis compte que je ne savais pas comment tous m'avaient retrouvée et ce point m'intéressait tout particulièrement.

-Comment avez-vous fait ? Ca n'a pas du être facile. Vous avez mis tant de temps.

Ce n'était pas un reproche, seulement une constatation. Avec, certes, peut-être, une pointe d'amertume.

-Je suis Démétri.

Je me figeai et me retournai soudainement, les yeux écarquillés.

-Un Volturi ?

-Tu me connais ?

-Edward m'a parlé de vous. Il m'a dit que vous étiez un excellent traqueur. Sans doute le meilleur. Un don.

-C'est exact. Retrouver les gens m'est très simple. Il me suffit d'avoir leur image ou leur odeur en tête. C'est Carlisle qui a demandé à Aro de lui venir en aide. Aro m'a envoyé. Il a toujours dans l'espoir qu'Edward te transformera et que tu développeras un don qui lui serait avantageux. Lorsque tu étais enfermée dans cette cave, il n'était pas pour moi possible de te retrouver mais, à l'instant où tu en es sortie, j'ai pu te localiser. Nous avons accouru au plus vite.

-Merci.

Il ne dit plus rien et j'en fis de même. Je me rapprochai un peu plus du feu, quand bien même je me sentais moins bien, face à lui, depuis quelques minutes. Certes, sa chaleur me rassurait elle signifiait que je ne me trouvais plus dans la cave de Rebecca. Malgré tout, elle me faisait trop penser à la chaleur que dégageait le corps de Jake.

Une bonne heure passa, avant que quiconque rentre, une heure durant laquelle je ne fis rien. Lorsque la porte s'ouvrit, j'étais à deux doigts de m'endormir. Edward ne me vit pas dans mon meilleur jour. J'étais molle. Il s'approcha de moi et me demanda comment j'allai. Ensuite, il voulut m'emmener voir Carlisle, désirant que ce dernier m'ausculte. Il avait les sourcils froncés, comme si quelque chose le tracassait, mais je n'aurai su dire quoi.

Nous traversâmes une partie de la maison et Edward en profita pour m'expliquer où se trouvait chaque pièce. J'en profitai aussi pour lui demander où nous nous trouvions.

-En Alaska. C'est… C'est ici que nous sommes venus avec ma famille, lorsque je t'ai… quittée. Ce, bien sûr, avant que je ne me mette à traquer Victoria.

Les lieux étaient spectaculaires. Rien à voir avec la villa de Forks. Ici, tout était plus grand, plus majestueux. Le blanc et l'ébène étaient maîtres des lieux, donnant un aspect sobre et sophistiqué à la fois.

Nous arrivâmes devant une porte. Edward ne prit pas la peine de frapper et nous fit entrer. Carlisle était debout près d'une bibliothèque aussi majestueuse qu'ancienne. Il posa ce qu'il avait dans les mains et s'assit derrière un bureau.

-Vous voilà. Bella, je t'en prie, installe-toi !

Je m'exécutai, m'asseyant sur l'une des deux chaises face au bureau. Je n'étais pas rassurée, ne sachant pas ce que Carlisle me voulait, exactement. Aussi, je gardai la main d'Edward dans la mienne, bien qu'il ne se soit pas installé, lui.

-Bella, j'aimerai m'entretenir avec toi. Edward n'est pas obligé d'être présent. Si tu souhaites qu'il s'en aille, il s'en ira.

-De quoi voulez-vous me parler ?

-Bella, je ne vais pas mâcher mes mots. Tu ne vas pas bien, c'est indéniable. Tu es faible et cela est dû à ta récente captivité. J'aimerai t'ausculter avant de te poser quelques questions.

Donc, si Edward restait, il allait entendre ce qui m'était arrivé plus en détail ? Je le regardai et me rendis compte, quand bien même il essayait de ne pas le montrer, qu'il voulait savoir. Il voulait savoir de telle sorte à ne pas faire d'erreur, à ne pas dire ou faire quelque chose qui pourrait me mettre dans un état d'angoisse prononcé. Mais qu'il sache…

Il fallait bien que je me rende à l'évidence ! Malgré le fait que nous soyons restés éloignés l'un de l'autre deux mois, nous étions fiancés. Nous allions nous marier. Il avait le droit de connaître certaines choses. De plus… s'il fallait que je me replonge dans mes souvenirs, j'allai avoir besoin de son soutient.

-Edward peut rester.

Les mots étaient sortis avec peine de ma bouche, je devais le reconnaitre. Mon fiancé vint s'asseoir sur la chaise à côté de la mienne, en face de Carlisle, sans pour autant lâcher ma main. Une fois qu'il fut installé, Carlisle reprit la parole :

-Bella, tu devras être sincère avec moi. Si tu ne l'es pas, je ferai sortir Edward.

Je secouai légèrement la tête.

-Très bien, commençons ! Première question : t'es-tu suffisamment alimentée durant ta captivité ? Avais-tu de quoi te nourrir, garder une alimentation appropriée ?

Je regardai Edward, me demandant si je voulais vraiment qu'il soit là, avant de répondre, mesurant mes mots :

-Non. Il… Il m'est arrivé de ne rien manger durant plus d'une semaine. Je n'avais aucune notion du temps mais, lorsque Jake revenait, il me disait à peu près depuis combien de temps je me trouvais enfermée. Ca me donnait quelques renseignements.

Carlisle prit des notes rapidement. Il posa ensuite son stylo.

-Le problème à cela est la sous-alimentation. Elle peut entrainer toute sorte de conséquences. Qu'avais-tu à manger ?

-Des crackers, la plupart du temps. Tout le temps, en fait.

Carlisle soupira.

-Les carences en vitamines sont aussi une conséquence habituelle de la sous-nutrition. Elles entraînent des maladies mortelles. Les individus sous-alimentés deviennent irritables, fatigués et souffrent de léthargie, ce qui peut mener à l'inanition. Certes, nous n'en sommes pas encore à ces derniers points. Si tel était le cas, je t'aurai immédiatement faite hospitaliser.

Je sentis Edward se tendre. Je resserrai l'emprise que j'avais sur sa main, autant pour le soulager un tant soit peu que pour me donner du courage.

-Je vais cependant te prescrire des vitamines et du calcium. Je demanderai aussi à Esmée de te faire des repas nourrissant, tous les jours, et très variés. Je suppose que tu n'avais pas tout le temps de quoi t'hydrater, non plus ?

Je secouai la tête de droite à gauche.

-La déshydratation prolongée peut entrainer des troubles très graves. Des dysfonctionnements des organes vitaux. C'est ce qui arrive lorsque l'on ne s'hydrate pas. Sais-tu combien de jours…

-Non. Longtemps mais je ne sais pas. Je ne me sentais pas bien. J'avais des vertiges et constamment l'impression de perdre conscience.

-Ce sont des symptômes de la déshydratation, en effet. Je vais te prescrire un mélange de sodium, de potassium et de chlorure. Et je veux que tu boives au moins trois litres d'eau par jour. Edward, tu feras bien attention à cela.

Il acquiesça faiblement.

-Bella, en ce qui concerne les troubles physiques, il peut y en avoir d'autres, mais je ne les soupçonne guère pour le moment. Si tu as des impressions, des symptômes que tu ne m'as pas dit…

-Non, je vous ai tout dit.

-Très bien. J'aimerai maintenant te parler de certains troubles mentaux qui pourraient survenir dans le futur. Les cauchemars, tu t'en doutes bien, seront présents durant un certain temps. Tu peux aussi avoir de fréquentes crises de larmes, se manifestant par des larmes coulant sans aucune raison et de manière incontrôlable. Des crises de nerfs. Je donnerai quelques recommandations pour ce genre de problèmes à Edward. Les crises d'angoisse ne sont pas à écarter mais les crises de larmes sont les plus à craindre. La prochaine question que je vais te poser Bella, d'un intérêt purement médical, devra m'être répondue avec la plus grande sincérité. Dans le cas d'une réponse positive, nous te ferons tout de suite passer des tests. Voilà. Bella… L'un d'entre eux a-t-il abusé de toi ?

Mike avait essayé mais n'y était pas arrivé. En ce qui concernait Jacob, non. Il était normal que Carlisle me pose la question, sachant que je n'arriverai jamais à l'aborder seule. Elle me mettait mal à l'aise, il fallait le dire. Je me tassai sur moi-même. Edward se méprit. Il se leva et j'eus peur pour le vase se trouvant près de la bibliothèque.

-Non, Jake ne m'a pas touchée.

Edward s'approcha, se plaçant à ma hauteur, le visage torturé.

-Bella s'il te plaît, le mensonge ne nous aidera en rien. Le déni n'est pas une solution.

-Il ne m'a pas touchée, non. Il… Il disait que je dégageai une odeur qui n'était pas la mienne. Il disait que maintenant je t'appartenais, que maintenant que tu m'avais eue, j'avais changé d'odeur et que ça le répugnait.

Edward fronça les sourcils, ainsi que Carlisle. Il est vrai qu'il me semblait impossible de changer d'odeur mais Jake avait un odorat très développé. Identique, voire supérieur de celui des vampires.

-C'est possible, demandai-je ? De changer ainsi d'odeur ?

Carlisle et Edward avaient l'air de réfléchir mais ils n'avaient pas l'air surpris.

-Vous savez quelque chose à ce sujet ?

-Eh bien, commença Edward, nous avons eu un problème avec Démétri. Et nous avons eu très peur. Démétri, pour te retrouver, avait besoin de sentir ton odeur. Nous lui avons passé tes vêtements pour qu'il puisse te sentir mais il ne voyait rien. Nous avons, durant un moment, pensé que tu étais morte ou que tu faisais une résistance à son don mais Démétri a été attiré par l'odeur de nos draps. Ceux dans lesquels nous avons…

Je rougis.

-Hum, oui, fis-je gênée. Je vois lesquels.

-Il a prétendu que l'odeur qui s'y trouvait était différente. Et c'est grâce à cette odeur qu'il t'a retrouvée.

Je secouai la tête de haut en bas mais ne voyait pas comment cela était possible. Et si cela avait d'autres conséquences, sur moi ?

-Qu'est-ce que cela implique ?

-Nous l'ignorons encore. Nous restons vigilants. Maintenant, Edward, j'aimerai que tu sortes une minute, que tu ailles chasser, que tu t'éloignes.

Il acquiesça puis sortit de la pièce, non sans avoir déposé un baiser sur mon front. Carlisle attendit un moment et finit par reprendre la parole.

-Bella, je ne doute pas une seule seconde que ce que tu as vécu t'a profondément marquée.

-En effet, murmurai-je.

-Et je ne te demanderai pas d'oublier, ça ne servirait à rien. Tu n'y arriverais pas. Mais, pour Edward, essaye de tenir bon. Je ne te demande pas de refouler ce que tu as sur le cœur. Si tu dois pleurer, pleure. Hurle, si tu en as envie. Mais il y a un moment où il faudra dire stop et reprendre ta vie en main. Ne laisse pas Jacob Black te détruire. Ne le laisse pas détruire ce que tu as mis tant de temps à construire, ta vie avec Edward. Ne le laisse pas te détruire comme il voulait le faire. Tu le laisserais gagner et ce ne serait pas sain pour toi. Maintenant, tu peux y aller. J'irai te chercher ce dont tu as besoin dans la journée. N'oublie pas de beaucoup t'hydrater.

Je me levai et quittai la pièce. Je me sentais terriblement fragile, comme si un coup de vent pouvait me balayer de la terre. J'avais l'impression de bouger au ralenti et de trainer les pieds. Je n'arrivais que mal à sourire, quand Edward ne se trouvait pas à mes côtés et j'avais constamment peur. Non, je n'allai pas bien. Mais Carlisle avait raison. Un jour, il faudrait que je me reprenne.

Pour Edward.

Et le second chapitre arrive :)