Voici un nouveau chapitre ! :)

L'histoire n'avançait plus trop, depuis que Bella a retrouvé les Cullen (il fallait quand même lui laisser le temps de souffler un minimum), mais voilà, l'action reprend !

Merci à ptite-liline, canada02, aelita48 et lapiaf8 d'avoir laissé un commentaire sur le chapitre précédent.

Chapitre 22

Au suivant

POV Edward

Bella avait relativement mal dormi, cette nuit-là. Elle ne cessait de se tourner et retourner, cherchant à se gratter les bras et, maintenant, les jambes. J'avais passé toute la nuit à essayer de l'apaiser, plaçant mes mains où ça la démangeait le plus. Puis, je lui avais passé de la crème mais rien n'y faisait. Il allait falloir que Carlisle l'emmène à l'hôpital mais une part de moi me disait que cela ne servirait à rien, que cela avait un rapport avec tout ce qu'il se passait en ce moment.

Alors que je venais de voir Carlisle, lui rapportant que les démangeaisons de Bella se faisaient de plus en plus fortes, je m'assis sur le lit. Bella avait un rictus de douleur peint sur le visage. Je passai mes mains sur ses bras, ses jambes. Alors que le soleil allait se lever, ses mains vinrent se placer sur son visage, cherchant à se débarrasser d'un mal invisible.

-Ed… ward. G… ratte !

Je plaçai mes mains sur son visage, essayant de calmer ses démangeaisons.

-M… al.

Elle avait mal. Cela me révulsait. Je passai ma main sous sa tête, l'autre dans son dos, la positionnant assise dans mes bras, essayant de couvrir le plus possible de peau, gardant sa tête dans le creux de mon cou. Elle parut se calmer et c'est ainsi que nous passâmes le reste de la nuit.

oOo

Le matin, en se réveillant, Bella avait l'air de ne pas avoir dormi du tout. Elle peinait à garder les yeux ouverts. Carlisle avait dû partir au milieu de la nuit chez un ami pouvant peut-être nous renseigner sur ce qu'il se passait. J'installai Bella dans le canapé, allai dans le congélateur, malgré ses plaintes, pour lui rammener des glaçons. Je tentai de réfléchir à ce que mon père avait dit. Une allergie. Il était vrai que le froid anesthésiait la peau mais nous ne pouvions pas la plonger dans un bain glacé. Elle serait très vite en hypothermie. Je retournai ensuite vers elle et plaçai la glace sur ses jambes et ses bras.

-Ca va mieux ?

-Non, Edward. C'est de pire en pire. Si tu savais jusqu'où ça me gratte.

« Ah » fut tout ce qui me passa par la tête.

-En effet, c'est problématique.

-Problématique ? Oui, c'est problématique, s'énerva-t-elle. C'est de la torture !

-Dès que Carlisle revient, on t'emmène passer des tests. On trouvera vite de quoi il s'agit.

La journée passa lentement. Trop lentement. C'en était presque insupportable. Je n'osai imaginer ce que c'était pour Bella. J'essayai de la distraire, de lui parler, de toujours lui garder l'esprit occupé. Nous débattions, essayant de savoir s'il s'agissait de Catherine ou Heathcliff, la cause de tous les malheurs provoqués, certes, par Heathcliff, mais à cause de Catherine, cette dernière n'ayant pensé qu'à l'argent de son mariage avec Linton. Puis, sans crier gare, Bella changea de discussion.

-Où est Démétri ?

C'était une bonne question, en effet. Nous ne l'avions revu depuis l'incident de la dernière fois. Il était sorti et n'était jamais revenu. Nous nous inquiétions énormément, ne sachant s'il était même encore en vie. Personnellement, j'en doutai. Pas après ce que j'avais vu. Son fantôme.

-Il est retourné à Volterra. Il ne devrait normalement pas revenir, du fait que son travail était terminé. Il devait simplement te retrouver.

C'était le mensonge que nous devions tous lui donner, si elle venait à poser des questions. Nous-mêmes ne connaissions pas la vérité. Il avait simplement disparu.

-Dommage, je n'ai pas vraiment eu le temps de le remercier. S'il n'avait pas été là…

Elle s'arrêta et s'enferma dans un mutisme qui dura bien une heure. Elle avait l'air prise dans un débat intérieur et je n'osai pas la déranger.

oOo

La porte s'ouvrit et Alice, Jasper et Emmett entrèrent. Ils étaient partis chasser. Esmée et Rosalie s'occupaient des voitures, anticipant un départ précipité. Ce n'était plus qu'une question de temps, avant que Jacob nous retrouve et nous devions être prêts à toute éventualité.

Alice m'appela depuis le premier et me demanda de laisser Bella seule, un moment. Je déposai un baiser sur les lèvres de cette dernière et montai.

-Oui, fis-je, alors que tous, excepté Carlisle, venaient de se réunir dans la chambre d'Alice et Jasper ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Alice avait l'air très anxieux.

-Tu as eu une vision ?

-Non, déclara-t-elle, très énervée. Je n'ai pas eu de visions. Mais je sais qu'il va se passer quelque chose d'ici peu. Quelque chose de grave mais je ne saurais dire quoi. Et c'est vraiment pour bientôt.

-Ce n'a pas à voir avec un éventuel retour de Jake ?

-Non, ce n'est pas ça, j'en suis sûre.

Nous entendîmes alors un bruit de verre brisé. Nous nous précipitâmes dans le salon. Bella ne s'y trouvait plus. Il y avait un vase, en morceaux, au pied d'une commode. Des pas rapides, bien trop rapides pour être ceux d'un humain, s'éloignaient de la villa. Je courus, à la recherche de ma Bella. On était entrain de me l'enlever. Encore ! Une seconde fois ! Jasper avait déjà élaboré un plan et nous en fit tout de suite part, alors que nous courrions côtes à côtes.

-Ils se trouvent devant nous. Esmée et Rosalie, vous les prenez par la gauche, Alice et moi par la droite. Edward, tu pars en avant, tu leur coupes le passage. Emmett, reste en arrière. On les encercle.

Je dépassai rapidement les autres et, bien vite, Bella et son kidnappeur. Il était vampire, il n'y avait aucun doute. Puis, je m'arrêtai, une centaine de mètres devant eux, me plaçant en position de combat. Deux corps sortirent des arbustes. Bella était inconsciente, tenue fermement par Démétri. Démétri ? Pourquoi ? Que faisait-il ? Pourquoi se retournait-il contre nous ? Il fut surpris de me voir déjà là. Il s'était arrêté et le reste de la famille l'avait encerclé. Je tentai la manière douce. Je ne voulais pas qu'il arrive quelque chose à Bella. Il pouvait lui faire tout le mal du monde avant que je ne puisse l'atteindre.

-Démétri. Qu'est-ce que tu fais ? Lâche Bella. Donne-la-moi !

Il rit. Un rire mauvais. Il me regarda dans les yeux et ce que je lus dans les siens étaient sans doute pire que ce que Bella nous avait décrit. J'eus un sursaut. La folie. Il était fou, il n'y avait aucun doute. Cette lueur était si intense qu'il était impossible de ne pas la voir, de l'ignorer. Démétri était devenu un nouveau Jake, un nouveau Mike. Je comprenais enfin ce que Bella voulait nous dire. Je comprenais enfin le sens du mot folie.

Démétri s'arrêta de rire et me regarda profondément alors que Jasper, Emmett et Esmée s'approchaient furtivement de lui.

-Démétri, donne-la-moi ! Ne lui fais pas de mal !

Je tendis les mains en avant, espérant, au mieux, qu'il me la donnerait, au pire, qu'il me la lancerait, faisant diversion pour s'enfuir. Il n'en fit rien.

-Je ne te la rendrai pas, Edward. Jamais, tu m'entends ? Elle est à moi, maintenant.

-Pourquoi ? Pourquoi fais-tu cela ?

-Je n'en ai aucune idée, Edward. Mais il faut que je le fasse. Je… Depuis que je l'ai sauvée, je ne peux penser à autre chose qu'à elle. Elle est dans mes pensées, toujours. Je… Aussi incroyable que cela soit, je… Je l'aime. J'ai envie de rester près d'elle. J'ai envie de l'avoir rien que pour moi. Je…

-Tu ne vas pas bien, le coupai-je. Tu n'es pas le premier, tu le sais. Dès que nous saurons ce qu'il t'arrive, nous te débarrasserons de ce sortilège. Tu redeviendras toi-même. D'ici là, rends-nous Bella !

Il rit une nouvelle fois.

-Oh non, Edward. Jamais je ne veux redevenir celui que j'étais avant. Je veux Bella. Je la veux. Je l'aurai. Je préfère la savoir morte plutôt qu'avec toi, tu m'entends ? Approche-toi d'elle, Edward, et je la tue sur le champ.

Il la mit en position debout, contre son corps, son cou près de sa bouche.

-Non, murmurai-je. Ne fais pas ça, repris-je plus fort. Ne la touche pas, je t'en prie. On va trouver un terrain d'entente. Ne lui fais pas de mal ! Si tu l'aimes, ne lui fais pas de mal.

Il la laissa dans cette même position, qui ne nous laissait aucun moyen de l'attaquer. Il fallait à tout prix que nous fassions quelque chose. Et vite. Cela en devenait impératif.

Alors que nous cherchions que faire depuis au moins une minute maintenant, un bruit feutré se rapprocha de nous. Un animal qui court. Démétri se retourna et nous aussi. Le bruit devint de plus en plus distinct. Une sorte de galop. Une sorte de cheval. Non, l'odeur n'y ressemblait pas. Cette odeur était pestilentielle. Je l'aurai reconnue entre mille. L'odeur du clébard. Jacob. Je grondai lorsqu'il sauta à travers les fourrées et sauta sur Démétri.

-NON, hurlai-je.

Il allait tuer Bella. Démétri n'hésiterait pas à lui retirer la vie. Il était pris par la folie dont nous avait parlé Bella. Mais, contre toute attente, il lâcha son corps qui tomba lourdement au sol et se défendit contre l'animal. Alice avait réagi plus vite que moi et détenait déjà Bella qui gémit. De douleur ? Possible. Elle avait l'air d'avoir tellement mal.

Je regardai le combat et les vis se battre comme des déchaînés. J'étais incapable de dire qui avait l'avantage sur qui. Jacob faisait bien attention à ne pas se laisser mordre.

Esmée me tira par le bras et je remarquai que tous étaient partis, profitant de cette diversion pour s'en aller. Essayer d'échapper au vampire. Et au loup-garou, maintenant.

Nous ne retournâmes pas à la villa. Nous courûmes loin, toujours plus loin, ne nous arrêtant jamais. Il fallait que l'on s'éloigne, au plus vite.

oOo

Après quatre heures de course folle, Bella remua et nous dûmes nous arrêter. Il y avait un motel en face de nous et nous allâmes prendre une chambre. Il fallait que Bella reprenne conscience. Il fallait que nous lui expliquions, du moins, une partie de ce qu'il se passait en ce moment.

oOo

Je déposai Bella sur le lit. Lorsque sa tête toucha le coussin, elle émit un gémissement et je contrôlai ne pas lui avoir tiré les cheveux ou l'avoir mise dans une mauvaise position. Elle avait l'air d'aller bien mais lorsque je lui remis une mèche folle derrière son oreille, je pus percevoir un bleu de la taille d'un poing, légèrement plus haut que sa tempe, à moitié dans son cuir chevelu.

-Il l'a assommée, dis-je froidement. Il faut l'emmener voir un médecin. Il n'a peut-être pas mesuré sa force. Elle risque d'avoir une commotion cérébrale.

Le problème était que nous ne pouvions pas nous montrer n'importe où, n'importe comment. Il fallait avant tout que nous nous éloignions du lieu de bataille, en espérant qu'au moins l'un de nos deux ennemis ait péri dans le combat qu'ils s'étaient lancés. Il ne fallait pas trop espérer non plus. Démétri était beaucoup plus résistant que Mike. Et Jacob connaissait nos techniques de combat. Oui, cela allait être difficile. Il fallait que nous partions. Mais ce bleu m'inquiétait sérieusement.

Esmée avait appelé Carlisle pour lui faire part de la situation. Elle revint vers nous, nous informant de ce que nous devions faire.

-Carlisle nous rejoint à Sisimiut. Nous devons nous y rendre en nous arrêtant le moins possible et il ne faudra jamais laisser Bella seule.

Sisimiut se trouvait au Groenland. Nous y possédions une petite maison nous servant de refuge dans ce genre de situation. Rien de bien grand. Très bon marché. La voiture d'Alice avait dû me couter plus cher. La maison ne comportait que deux chambres, un tout petit salon où se trouvait aussi la cuisine ainsi que la salle à manger. Une salle de bain d'à peine deux mètres carrés, avec douche, toilette et lavabo finissait de remplir le cube que nous appelions refuge. A la portée de n'importe quel américain moyen.

Alors que nous réfléchissions à l'itinéraire le plus rapide à prendre jusqu'à Sisimiut, Bella ouvrit les yeux, alors que je passai ma main – pour la énième fois – sur son visage.

-Edward, murmura-t-elle ?

-Chut, c'est moi, je suis là. Reste calme.

Elle sourit puis son regard se perdit dans le vague. Inconsciemment, sa main droite alla gratter son bras gauche. Elle reprit la parole, regardant autour d'elle.

-Que s'est-il passé ? Où suis-je ?

N'avait-elle réellement rien vu venir ? Était-ce possible ? Bien sûr, que ça l'était. Si Démétri ne s'était pas annoncé avant de l'assommer, il était normal qu'elle ne sache pas ce qu'il se passait.

-Démétri est devenu fou, lui annonçai-je d'une voix que je voulais rassurante, malgré le fait que la situation ne l'était pas.

Ce n'était pas le moment de l'effrayer plus qu'elle devait déjà l'être.

-Il… Il a voulu t'enlever. Nous avons réussi à te récupérer.

Elle hoqueta de stupeur et je crus qu'elle allait se mettre à hurler mais elle n'en fit rien. Ses lèvres bougèrent mais aucun son n'en sortit. Le silence était bien pire que tous les cris du monde. Bella, ma Bella. J'aurai tellement aimé savoir ce qu'il se passait dans sa tête en cet instant. Mais rien. Toujours ce vide, ce mur. Était-il possible d'avoir autant d'animosité envers quelque chose de non-visible, non-tangible ? Non… descriptible ? Oui, sûrement. Je me serais damné pour entendre que quelques minutes de ses précieuses pensées. Surtout en cet instant.

-Bella ?

Elle ferma la bouche. Elle me regarda comme si de rien n'était et parla d'une voix presque égale.

-Et qu'allons-nous faire ?

Je ne fis pas de commentaires sur son comportement, même si celui-ci me déplaisait fortement. Elle essayait de se cacher derrière son ton calme. Elle refusait de montrer ses sentiments. Je n'aimais vraiment pas cela. Et, de par ce fait, j'haïssais plus encore le mur invisible me bloquant les précieuses informations de son esprit, que je convoitais tant.

-Nous partons pour le Groenland. Jacob est intervenu mais personne n'est resté voir si l'un d'entre eux survivait.

Elle réfléchit quelque seconde et reprit une nouvelle fois sur sa voix égale.

-Alors, allons-y !

Voilà pour aujourd'hui.

Comme vous l'avez remarqué, la situation n'est pas prête de s'arranger.

A vos claviers et à bientôt pour la suite :)