Bonsoir à toutes :)
Comme petit cadeau pour les fêtes, voici deux petits chapitres qui n'attendent que votre lecture.
Merci à chattoncharmant, Jenny56, Taylor, virginie, canada02 et TiiteNanouu d'avoir laissé un commentaire sur le chapitre précédent.
Bonne lecture !
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Chapitre 23
Le monde se porterait mieux sans moi
Je me trouvais sur le dos d'Edward. Nous courrions depuis maintenant deux bonnes heures et le froid commençait à se faire ressentir. J'essayais de ne pas y faire attention, plongée dans mes pensées.
Je me souvenais de mon réveil. Je me souvenais de ce qu'Edward m'avait dit. J'allai devenir folle, complètement folle. Les gens le devenaient autour de moi et ce phénomène s'aggravait de minute en minute il y avait un nouveau contaminé. Démétri.
Au fond de moi, je savais que tout était de ma faute, que j'étais la responsable de tout ce qu'il se passait en ce moment même. Je n'aurai cependant su dire à quel point j'étais impliquée et de quelle manière. Je savais juste que c'était moi, sinon pourquoi tous rechercheraient-ils à m'enlever ? Cela n'avait absolument aucun sens. Aucun ! Il fallait que je réfléchisse à tout. Depuis le début. Mais pas maintenant. Plus tard. Pas tout de suite. En ce moment, la seule chose à laquelle je pouvais réfléchir, la seule chose qui m'obligeait à ne penser à rien d'autre était ces grattements incessants. N'allaient-ils donc jamais cesser ? Je n'en pouvais plus. Je gigotai en tout sens. Edward lançait parfois des coups d'œil vers moi, interrogateur. Je passai ma main sous mon pull, me grattant le ventre, ne tenant que peu Edward.
-Bella, accroche-toi, si tu ne veux pas tomber.
-J'aimerai bien, figure-toi, lui murmurai-je.
Alice s'approcha de moi, voulant sûrement me faire la conversation.
-Alors, demanda-t-elle ? Qu'as-tu l'intention de faire après ça ?
-Après ça ?
-Eh bien, dès que nous n'aurons plus de problèmes, que tout sera redevenu le plus paisible dans le plus calme des mondes.
Je pouffai légèrement. Le plus calme des mondes. Durant une seconde, je pensais que j'aurai aimé être une pierre sur la planète Pluton. Au moins, là-bas, c'était calme. Personne n'y avait encore mis les pieds. En ce qui concernait la question d'Alice – Qu'est-ce que j'allai faire ? – je n'en avais absolument aucune idée.
-Je ne sais pas, Alice.
Je le lui dis sur un ton qui laissait deviner que je ne voulais plus parler. Elle le comprit, fit une tête peinée à Edward et retourna auprès de Jasper.
-Bella, commença l'homme que j'aimais le plus au monde. Je m'inquiète de ton comportement. Ta réaction, lorsque je t'ai dit ce qu'il s'était passé, me préoccupe vraiment beaucoup.
Ma réaction. Je savais qu'il n'allait pas passer à côté. J'avais mis un moment à me rendre compte de ce qu'il avait dit, lorsqu'il m'avait avoué ce qu'il s'était récemment passé avec Démétri. Je n'avais que difficilement assimilé l'information. Une voix, dans ma tête, avait murmuré que tout était de ma faute. J'avais voulu pleurer, puis hurler, briser les vitres, saccager la pièce mais, par un effort de contrôle sur moi-même hors du commun, j'avais su me retenir. J'avais réussi à me refouler ces sentiments mais je n'osais pas relâcher ma lutte maintenant, sachant que je ferais très certainement un carnage.
Edward avait remarqué de quelle façon j'avais repris le contrôle de moi-même, d'une manière si peu naturelle. Jasper était soudainement devenu méfiant, plus encore que le reste de la famille, mais personne, jusqu'à maintenant, ne m'avait fait de commentaire.
-Alors, demanda Edward ?
-Ne t'en fais pas. Je vais bien.
Il tourna faiblement la tête à gauche, soupira et se tut. J'en fus rassurée mais il n'allait pas lâcher l'affaire. Je savais que ce n'était que partie remise.
oOo
Le temps passa et mes grattements se firent moins présents, bien que toujours là.
-Tu vas mieux, demanda Edward, qui était sensible au moindre changement de comportement de ma part ?
-Il me semble, oui.
Il ne dit rien de plus. Nous nous trouvions bientôt devant une immense étendue enneigée. Nous nous trouvions très haut dans le pays canadien et je devinai que le manteau couvrant le sol était permanente. Alors que nous nous apprêtions à traverser l'immense parcelle, Edward et toute la famille tournèrent précipitamment la tête sur la droite.
-Merde, cracha Emmett !
Je tentai de voir ce qu'ils voyaient mais n'y parvint pas. La nuit commençait à tomber et mon champ de vision était considérablement réduit.
-Edward, murmurai-je ?
-COURS, cria Jasper !
Edward s'exécuta, resserrant mes jambes autour de lui. Je savais qu'on nous suivait, que Jake ou Démétri nous avait rattrapé. Il nous coupa la route. Il. Démétri. Jake était-il, par conséquent, mort ? Une part de moi le désirait, alors qu'une autre était révulsée à même l'idée.
Alors qu'Edward était sensé m'emmener loin du champ de bataille, il s'arrêta soudainement, me posa au sol fortement et se jeta sur lui. Que faisait-il ?
-Edward, hurla Esmée !
Edward et Démétri se battaient comme deux fous. Edward avait l'air d'avoir l'avantage mais je n'en étais pas sûre. Contre toute attente, Alice vint me prendre dans ses bras.
-Qu'est-ce que tu fais, demandai-je ?
-Je t'emmène. Nous ne pouvons pas rester là. Esmée, Emmett et Rose vont aider Edward. Jasper nous accompagne.
Avant que je n'aie pu objecter, je me retrouvai dans les airs, le vent battant sur ma figure, Alice me portant au loin et Jasper nous suivant.
-Alice, Edward…
-Edward va bien, ne t'en fais pas ! Esmée, Emmett et Rose se trouvent avec lui. Ils nous rejoindront au point de rendez-vous.
Je n'entendis bientôt plus les bruits du combat, les seuls sons parvenant à mes oreilles étant ceux du vent dans les arbres, les pas d'Alice et Jasper sur le sol et ma respiration. Puis, je remarquai enfin qu'il faisait froid. J'étais gelée, mes membres étaient engourdis. Était-ce pour cela que les démangeaisons s'étaient amoindries ? Cela faisait du bien, malgré que le froid en lui-même ne soit pas agréable. Il était tranchant, écransant. Et Edward… Edward. Il était entrain de se battre contre Démétri. J'avais mal. Oui, j'avais mal, tellement mal. Mal au corps, mal au cœur. J'avais peur, j'étais terrifiée, à l'idée qu'il ne revienne jamais. Je voulais hurler à Alice de retourner sur les lieux du combat mais à quoi cela aurait-il servi ? A rien, absolument à rien. Elle ne se serait même pas retournée.
Je me tus et m'enfermai dans un mutisme profond. Je ne fis plus attention à ce qui m'entourait. Je ne faisais plus attention aux secondes, aux minutes, aux heures qui défilaient. Je restais dans les bras d'Alice, les larmes coulant difficilement sur mes joues. Je n'arrivais plus pleurer. Ou si peu. Pourquoi ? Le froid ? Le…
-Bella !
Je regardai Alice qui m'avait posée au sol.
-Quoi, murmurai-je ?
Malgré le fait que je ne parlai guère fort, Alice avait dû ressentir la rancœur que je lui portais en raison du ton que je venais d'employer. Je lui en voulais d'avoir laissé Edward seul. Certes, il était aux côtés d'Emmett, Rosalie et Esmée. Dans mon vocabulaire « seul » voulait dire « sans moi ». Puis, je me rendis compte que ce n'était pas parce qu'Alice l'avait laissé « seul », que je lui en voulais, mais parce qu'elle m'avait arraché à lui et que je ne savais pas comment il allait, en ce moment. J'étais dans le doute. Démétri était-il bon combattant ? Démétri arriverait-il à lui faire du mal avant de se faire tuer ?
-Bella ! As-tu écouté un traître mot de ce que je viens de te dire ?
-Non, avouai-je sans honte. Non, je ne t'écoutais pas.
-Et bien, écoute, cette fois. Nous allons arriver au port. Nous allons prendre le bateau. Il faut que tu te reprennes, nous ne pouvons te porter au milieu de la ville portuaire.
Je me fichais bien de prendre ce bateau. Je ne cessais de regarder derrière elle, espérant voir arriver Edward, espérant qu'il me ferait son sourire de coin, le regard soulagé. Qu'il me dise que ce problème était réglé, qu'il ne restait plus qu'à nous débarrasser de Jake.
« Débarrasser. » Ce mot sonna de manière étrange. Ou plutôt, trop normalement. Comme si c'était la suite logique des choses et que je m'étais faite à cette idée. Je dus me rendre à l'évidence c'était cela. J'acceptais la mort de Jake, si cela offrait la sécurité à Edward.
Ma tête fut violemment projetée sur le côté et j'eus terriblement mal. Je relevai les yeux et aperçus le visage lutin d'Alice. Elle m'avait giflée ?
-Qu'est-ce qu'il t'a pris ? Ca fait mal !
-Tu ne m'écoutais à nouveau plus. On ne peut pas s'arrêter pour le moment, tu m'entends ? Il faut que l'on continue.
-Alors pars, Alice !
Elle leva les yeux au ciel.
-Bon, nous allons faire autrement. Jasper, trouve-nous un bateau ! Quitte le port et viens nous chercher, Bella et moi, plus loin, sur la berge. On t'attend.
Jasper s'en alla et nous laissa seules, Alice et moi. Je regardai toujours le même point, face à moi, priant pour qu'Edward se matérialise. Alice, elle, me fixait, et son regard se fit soudainement inquiet.
-Quoi, soupirai-je ?
-Bella, tu n'as pas mis de veste. Tu… Tu dois être gelée !
Elle toucha ma peau.
-Oh mon Dieu, tiens ! Enfile ça !
Elle enleva la sienne qu'elle passa sur mes épaules. Je la remerciai, sachant que ma peau devait avoir pris une vilaine couleur bleutée.
Au bout d'un certain temps, Alice m'obligea à me lever. Nous n'avions pas échangé une seule parole depuis qu'elle m'avait donné son vêtement mais elle tenait à ce que je monte moi-même sur le bateau afin de ne pas attirer l'attention du vieux pêcheur conduisant la carlingue sur nous.
Alice me poussa devant elle et me fis entrer dans une petite pièce où Jasper se trouvait assis. Il y avait un poêle, au fond de la pièce, et Alice m'obligea à me positionner devant, frottant le tissu de mes habits contre ma peau. Je finis par m'endormir, les paroles d'Alice dans les oreilles.
-Mais regarde-toi ! Tu es gelée.
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Alors, c'était comment ?
La suite tout de suite :)
