Bonjour,

J'arrive ici avec le dernier chapitre. Je posterai sous peu l'épilogue, en espérant que cela vous plaise :)

Merci à chatton-charmant, canada02, aelita48, virginie44410 et ptite-liline d'avoir laissé un commentaire sur les derniers chapitres.

Je vous souhaite une bonne lecture ! ^^

Chapitre 32

Les souvenirs

Lauren venait de m'embrasser. Pourtant, je n'avais rien ressenti. Je ne comprenais pas ce qu'elle faisait là, ce qu'elle me voulait. Tout n'avait aucun sens. Tout ne semblait être qu'une illusion lorsque j'aperçus brièvement la fille, dans les arbres. Mon regard avait été attiré par une lueur se répendant autour d'elle, une aura étrange. Pourtant, lorsque je pris enfin la peine de tourner la tête pour l'observer plus aisément, elle était partie. Une seconde, je voulus la suivre, l'empêcher de s'en aller, lui demander qui elle était et pourquoi je me sentais si irrésistiblement attiré par elle, par sa façon de bouger, de se mouvoir... mais je n'essayai pas de la retenir.

Le deuxième personnage étrange, l'homme blond que j'avais précédemment croisé, m'irritait grandement. Il me regarda avec dégoût et s'en alla à la poursuite de la fille.

Lauren m'emmena faire du shopping. Je portai tous ses sacs et ses cartons jusqu'à sa voiture. Nous étions à Port Angeles, qu'elle avait dit. J'espérais qu'être en sa présence m'aiderait à me souvenir. Pourtant, rien ne me revenait, comme si je n'avais jamais mis les pieds ici, comme si tout ce qu'elle me disait n'était que mensonge.

Au fil du temps, j'entendis un brouhaha diffus dans mon esprit. Je ne comprenais pas de quoi il pouvait bien s'agir mais il me semblait que c'était des paroles. Parfois, je captais un mot. « Commissions », « Angine », « Garagiste », « Idiot ». Ces mots prenaient parfois différentes intonations mais je ne m'en inquiétais pas pour autant. J'espèrai grandement qu'il s'agissait de mes souvenirs, même si je n'osais trop espérer, de peur d'être déçu. Il m'est même arrivé d'entendre une phrase, lorsque nous nous rendions dans un salon de thé. « Je veux la même poulpette que Bulle ».

Je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait signifier.

-Je prendrai un déca et une part de tarte au fruit. Mais enlevez le sucre qu'il y a dessus s'il vous plaît. Comment ? Mais débrouillez-vous ! Et toi, Edward ? Tu veux quelque chose ? Tu as faim ? Soif ?

Je me concentrai à nouveau sur elle. Nous étions dans un Tea-Room très kitch et, à première vue, très ennuyant.

L'idée de boire me paraissait être une bonne chose. Ma gorge était en feu. J'avais l'impression d'avoir traversé le désert sans une goute d'eau. De l'eau ? Etait-ce vraiment ce dont j'avais besoin ? Je regardai la veine de la jugulaire de Lauren et dus me rendre à l'évidence : son sang me paraissait bien plus tentant. Pourtant, je me refusai à même d'y toucher. Une part de moi savait que ce n'était pas bien. Je savais que lui voler ce que je convoitais était synonyme de mort, alors je ne faisais rien. Je me contentai de supporter la douleur.

-Non, rien, merci.

Nous nous installâmes à une table et restâmes une bonne demi-heure à saluer des gens que Lauren reconnaissait.

Au final, Lauren et moi revînmes à la maison avec trois nouvelles pairs de chaussures, trois jeans qu'elle avait voulu que je choisisse et au moins six pulls relevant plus ou moins sa proitrine.

Pourtant, quelque chose ne tournait pas rond et, ce, j'en étais sûr.

La nuit tomba lentement, tout comme la neige. Nous regardions un film que je ne connaissais pas, à la télévision. Lauren était posée contre mon bras et j'avais dans l'impression qu'elle ne souhaitait pas me voir m'en aller, à la façon dont elle le tenait. Les bruits dans ma tête s'étaient calmés.

Pris d'envie de savoir qui j'étais, je commençai à poser des questions à Lauren.

-Depuis quand sortons-nous ensemble ?

Elle tourna rapidement la tête et lâcha précipitemment :

-Plus d'un an.

Elle se reconcentra sur le film et je sus qu'elle mentait. Je le sentais. Ses mains étaient devenues moites et son cœur s'était emballé. Ses gestes étaient devenus fébriles, durant un court instant. Je me pris à son jeu.

-Je crois que je me souviens. C'était en hiver, peu après Noël, non ? Ne… Ne m'avais-tu pas offert une gourmette ?

Elle me regarda plus longtemps, cette fois-ci, cherchant quelque chose sur mon visage. Je restai impassible, attendant sa réponse.

-Avec ton nom, oui.

Elle prit mon poignet.

-Mais je suppose que tu as dû la perdre dans l'accident.

-Quel accident ?

-Celui dans lequel tu as perdu la mémoire. Après ton accident, je me sentais vraiment mal, Edward. Nous nous étions disputés et même si la raison était stupide, je m'en voulais et je voulais te voir, pour que nous puissions en parler. Quand on m'a annoncé que ta voiture accidentée avait été retrouvée vide… Enfin… te revoilà. Je ne sais pas pourquoi ni comment tu as perdu la mémoire, mais, au moins, tu es là. C'est sans doute le plus important.

Elle reporta une nouvelle fois son attention sur le film. Un sourire naquit sur son visage et je compris. Je compris qu'elle s'amusait.

-Pourquoi mens-tu ? Qu'est-ce que cela t'apporte ? Je suis perdu. Je ne sais plus qui je suis et tu joues avec moi. Pourquoi ?

Son regard changea du tout au tout. Elle alla éteindre le poste télévisé et se positionna face à moi.

-Pourquoi, Edward ? Mais parce que tu m'as humiliée. J'ai toujours eu tout ce que je désirais et toi ? Toi, non ! Tu as préféré rester avec la petite conne, la moche. J'étais là, tout le temps, mais tu ne faisais que me rembarer. Combien de fois me suis-je sentie mal devant mes amies et mes amis ?

Je n'en croyais pas mes oreilles.

-Alors tout cela n'est qu'une vengeance ? Une simple vengeance de gamine pourrie gâtée ?

-C'est moi que tu traites de pourrie gâtée ? Dois-je te rappeler que c'est ta famille qui est richissime ? T'es qu'un con, Edward. Tu n'es même pas capable de te souvenir de la personne que tu aimes. Si elle est toujours vivante, évidemment. Depuis qu'elle s'est faîte enlevée, personne n'a eu de nouvelles. Ah… si, j'oubliais. Elle est passée près du cadavre de Mike Newton. Il est mort, lui, en tout cas, mais ce n'est pas une grande perte, de toute façon.

-Tu es monstrueuse, répliquai-je.

-Et toi donc. Toi et ta famille sous cellophane. Toujours beaux, bien conservés au point que cela en devient écœurant. T'as qu'à aller les rejoindre. Tu suis la route et tourne à droite sur le chemin privé. Peut-être qu ça te fera remonter des souvenirs.

L'envie de la tuer était plus présente que jamais. Son comportement était puéril et enfantin. Elle n'avait aucun scrupule, se fichait du mal qu'elle faisait.

Je me levai et m'en allai, refusant de rester une seconde de plus dans la même pièce qu'elle. Je regagnai la forêt qui me semblait être un lieu réconfortant. La nuit l'était et je me sentis chez moi, lorsque je fus attiré par une odeur. Je la suivis instinctivement et me jetai contre un cerf. Ma soif depuis si longtemps refoulée était maintenant libérée, appaisée.

L'animal ne bougea bientôt plus et c'est avec un certain regret que je me rendis compte que je l'avais vidé. J'étais un monstre Lauren avait raison. Seul un monstre pouvait faire cela.

Alors il y eut une autre odeur. Je pensai d'abord à un autre animal que je pourrai tuer mais je me rendis vite compte qu'il n'en était rien. L'odeur était douce et fleurie. Elle apaisa ma crispation et m'embruma l'esprit d'une douce torpeur. Je la suivis, sans précipitation, savourant ce moment étrange. Alors, des sanglots se firent entendre et j'accélérai le pas.

Face à moi se tenait une femme, le dos tourné. Elle peurait, je m'en rendais bien compte. Elle me parla :

-Tu sais où nous sommes, Edward ?

Je regardai autour de moi. Dans la forêt. Pourtant, ce n'était certainement pas aussi simple que cela. Si c'était effectivement la réponse, elle ne m'aurait jamais posé la question.

-Non.

-Nous sommes à la frontière. Si j'avance encore de deux pas, je me retrouverais sur le territoire Quileutes et si je fais cela, je mourrai.

Cette éventualité me traversa l'esprit et je me sentis soudainement mal, comme si l'on essayait de m'arracher le cœur.

-J'ai réussi à me débarrasser du reste de la famille. J'ai détourné leur attention. Ce n'est qu'un coup de chance. Alors… Alors dis-leur que je les aime et que ce n'est pas leur faute.

-Pourquoi fais-tu cela ? demandai-je, voulant gagner du temps.

Je ne voulais pas la voir mourir mais elle avait déjà levé un pied.

-Parce que ça fait mal, Edward. Va retrouver Lauren, si tu le désires, si c'est ton choix. Elle est plus belle que moi, il n'y a aucun doute. J'espère que tu n'oublieras juste pas que je t'ai aimé.

Alors qu'elle allait avancer, je me ruai sur elle et la plaquai au sol, à plus de dix mètres. Elle me propulsa en arrière et vint se positionner sur moi, me prenant les cheveux et murmurant près de ma bouche :

-Ne rends pas les choses plus difficiles, Edward, je t'en prie. Tu ne m'aimes plus, c'est normal. Je suis un monstre. A cause de moi, des gens sont morts. J'ai mis ta vie et celle de notre famille en danger et…

Je posai une main sur sa bouche. Lauren avait dit que j'étais un monstre. Si elle était aussi un monstre, n'étions-nous pas fait pour être ensemble ? Ne devrais-je pas vouloir rester avec elle ? Elle avait dit m'aimer. Me disait-elle la vérité, elle ?

-Qui es-tu, demandai-je ?

Un sanglot s'échappa de ses lèvres et je regrettai tout de suite mes paroles. Alors que faire pleurer Lauren m'aurait sûrement apporté de la satisfaction – à cause de ce qu'elle avait eu le cran de me faire – voir cette fille verser une larme me répugnait au plus haut point. Pourtant, aucune goutte salée ne se répendit sur ses joues.

-Pardonne-moi, fis-je. Chuut, chuuuuut. Voilà.

Elle se calma peu à peu et me remercia.

-De quoi ?

-De me réconforter, encore.

Alors elle approcha ses lèvres des miennes et les effleura. D'abord un frôlement, puis plus prononcé, plus langoureux. Je laissais place à la passion, mettant mes appréhensions de côté. Alors, l'inimaingable se produit. Je fermai les yeux et les briques de verres que s'étaient brisées, lorsque j'étais arrivé en ville se reformèrent. Je posai une main sur ma tête et fixai le vide, à la recherche d'un point de repère, lorsque Bella passa sa main sur ma joue, ses yeux dans les miens.

Bella.

Elle s'appelait Bella.

Et je l'aimais.

J'espère que ce chapitre vous a plu car c'était le dernier.

Je vais poster tout soudain l'épilogue et ce sera la fin de cette fiction. T_T

Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? J'ai adoré décrire cette horrible Lauren, personnellement ;)

A tout bientôt pour la fin !