Chapitre 2 : Jalousie
L'entraînement de Seigaku avait commencé depuis bientôt une heure déjà.
- Oishi, Oishi t'as vu ! s'écria Eiji tout en se tournant vers son partenaire de double.
- Oui, j'ai vu. Allez continues si tu ne veux pas faire encore des tours de terrains. Le prochain tournoi arrive à grand pas et…
- T'inquiètes pas, on ne perdra pas, le coupa Eiji avant de retourner à son match d'entraînement contre Kaido.
Fuji s'approcha de Tezuka.
- C'est pour bientôt.
- De quoi tu parles ? demanda le capitaine.
- Mizuki… Il sera bientôt complètement piégé.
- Qu'est-ce que tu as encore fait…
- Dis comme ça on pourrait presque croire que je suis le méchant de l'histoire, ajouta Fuji. Je ne fais pourtant rien de mal… je fais juste en sorte d'être le centre de son monde.
- Je le plains vraiment. J'espère pour lui qu'il restera concentré et ne baissera pas sa garde.
- Je l'ai embrassé hier. Tu aurais dû voir sa tête.
Tezuka soupira devant la bonne humeur de son camarade.
- Tu n'as pas peur qu'il te déteste à jouer ainsi avec lui ?
- Bien sûr que non.
Même si il disait cela Fuji n'était pas vraiment sûr de ses paroles. Bien évidemment il y avait une faible probabilité que Mizuki le déteste… Il jouait avec ses sentiments après tout. Il savait pertinemment qu'il aurait facilement pu trouver une autre forme d'approche, mais celle-ci lui paraissait la plus amusante.
Le reste de l'entraînement se passa tranquillement. Comme à leur habitude Tezuka et Ryoma partirent ensemble. Fuji avait à peine franchit le portail quand il reçut un appel. Il sorti son portable de sa poche et fut surpris de voir que c'était Yuuta. Il avait à peine décroché que Yuuta lui demanda :
- Qu'est-ce que tu as encore fait à Mizuki san ?
- De quoi tu parles, je n'ai rien fait de particulier. J'ai juste était gentil avec lui comme tu me l'as demandé. Pourquoi, il y a un problème ? demanda Syusuke attendant impatiemment la réponse de son frère.
- Il est complètement ailleurs mais quand il a entendu des élèves parler de toi, il a tout de suite rougit… jamais je n'aurai pensé le voir comme ça.
- Je vois. C'est tout ?
- Co… C'est tout ce que ça te fait ? Je ne sais pas ce que tu prépares mais j'espère que tu ne vas rien…
- Je ne lui ferai rien de mal si c'est ça que tu crains, tenta de le rassurer Syusuke.
- Mouai, rétorqua Yuuta quelque peu sceptique. J'espère bien parce que…
- Fuji Syusuke, dit alors Mizuki qui venait de s'emparer du portable de Yuuta.
- Qui est-ce ? demanda le joueur de Seigaku tout sourire.
- Que… Comment oses-tu après…
- Ah Mizuki, désolé je ne t'avais pas reconnu, se moqua gentiment Fuji.
- …
- Alors, que me veux-tu ?
- Je… commença Mizuki ne sachant pas vraiment ce qu'il devait dire. Prépares-toi à perdre ! s'écria-t-il finalement avant de raccrocher.
- Intéressant, murmura Fuji pour lui-même. J'espère bien que je ne vais pas perdre, sinon ça voudrait dire que mes sentiments ne sont qu'à sens unique…
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Le lendemain matin tous les élèves prenaient de nouveau le chemin de leur établissement scolaire. La matinée se passa rapidement. A la pause déjeuner Eiji rejoignit la salle de classe d'Oishi pour l'emmener avec lui et Fuji sur le toit, comme à leur habitude. Tezuka, Kawamura et Inui devaient déjà les y attendre.
- Il est parti il y a quelques minutes, le prévint une élève de la classe.
- Je vais voir si je le trouve, prévient les autres, demanda Eiji à son camarade de classe avant de partir en courant.
Il commença à descendre les étages quand il entendit :
- Je t'aime, dit une jeune fille.
Eiji se stoppa net, ne voulant pas déranger la confession de la jeune fille. Il attendit alors :
- Je… je suis désolé mais…
Eiji retint sa respiration : c'était la voix d'Oishi. Il resserra alors sa main sur la rampe d'escalier, le cœur battant à tout rompre.
- Tu aimes déjà quelqu'un ? demanda timidement la jeune fille faisant de son mieux pour ne pas pleurer.
- Oui. Désolé, répondit Oishi quelque peu coupable de blesser la jeune fille.
- Ne le sois pas, ce n'est pas de ta faute. Je n'ai vraiment aucune chance ? préféra demanda-t-elle demander.
- Non.
- Bien, au moins maintenant je peux essayer de passer à autre chose. Tant pis pour moi. Par contre… je connais cette personne ?
- Je pense que oui, fini par dire Oishi après réflexion.
- Et elle t'aime ?
- Je ne pense pas mais…
Oishi s'interrompit en entendant du bruit derrière lui. Voyant que personne ne venait il poursuivit.
- Tant que je peux rester avec, c'est tout ce qui compte. Par contre est-ce que tu pourrais…
- Garder ça pour moi ? Bien sûr, dit-elle alors qu'Oishi hochait la tête.
Ils se séparèrent finalement. Quand Oishi rejoignit ses camarades, Eiji était tranquillement installé aux côtés de Fuji. Il prit place comme si de rien était. Eiji, quant à lui, ne dit rien de ce qu'il avait entendu.
Il aime quelqu'un… Il aime déjà quelqu'un… pensa l'acrobate. Cette personne a volé le cœur de mon Oishi et je ne peux absolument rien y faire. Moi qui pensais qu'on resterait ensemble à tout jamais. Je pensais que tu m'aimais autant que moi je t'aime et… on dirait que je me suis trompé.
Eiji dut prendre sur lui pour ne pas montrer à quel point il se sentait mal. Jamais il n'avait pensé que ça pourrait faire aussi mal d'avoir le cœur brisé. Personne ne sembla remarqué son mal être, pourtant, Fuji ne le quitta pas des yeux de tout le repas. Une fois la pause déjeuner finit, ils reprirent tous le chemin de leurs salles de classes respectives.
- Quelque chose ne va pas Eiji ? demanda Fuji alors qu'ils prenaient place.
- Non, pourquoi tu dis ça ? répondit Eiji tout en se forçant à sourire.
- Tu n'as pas besoin de sourire si tu n'en a pas envie. Si tu ne veux pas m'en parler ce n'est pas grave… j'attendrai que tu sois prêt à te confier à moi, ou quelqu'un d'autre.
Eiji savait pertinemment que son ami faisait référence à Oishi.
- Merci, mais tout va bien. Je n'ai rien à dire, dit-il finalement tout en détournant le regard.
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Contrairement à d'habitude, Ryoma arriva le premier, après Tezuka bien sûr, sur les courts.
- C'est bien la première fois que tu…
Il fut interrompu par les lèvres du jeune homme qui venait de s'emparer des siennes. Tezuka rapprocha le corps du jeune homme près de lui, approfondissant par la même occasion le baiser. Il glissa sa langue entre les lèvres du jeune homme à la recherche de sa consœur. Il eut ainsi le plaisir d'entendre le plus jeune gémir de satisfaction. Ils durent pourtant se séparer après plusieurs baisers s'ils ne voulaient pas être surpris par les autres.
Tezuka remonta ses lunettes, les joues encore légèrement rosés. Il ne s'était pas attendu à ce que le plus jeune l'embrasse ici, sachant que n'importe qui pouvait arriver.
- La prochaine fois je viendrais encore un peu plus tôt je crois, ajouta alors Ryoma tout en souriant à son petit ami.
Les autres membres arrivèrent finalement et Tezuka put ainsi donner les directives. Chacun prit la direction de son court. Tout se passa bien jusqu'au moment où :
- Eiji, concentres-toi un peu, dit Oishi.
- C'est bon je sais ce que je dois faire alors laisses moi tranquille, répondit le jeune homme.
- Eiji…
Tous les regards se concentrèrent alors sur la Golden Pair. Après tout il était rare que ces deux-là se disputent.
- Je te dis juste de te concentrer un peu plus, tu as l'air ailleurs et du coup tu as loupé plusieurs…
- Je sais ce que j'ai à faire ! Ah mais tu veux peut-être que je sois à tes ordres Mr le Don Juan ?! cracha Eiji le fusillant du regard.
- Mr le Don Juan ? répéta Momo. C'est quoi cette histoire ?
- Aucune idée, répondit Echizen.
Oishi s'approcha d'Eiji, posant sa main sur son épaule. Personne ne s'était attendu à ce que ce dernier repousse son coéquipier :
- Ne me touche pas !
Eiji parti alors vers les vestiaires, laissant les autres membres en plan. Il est vrai que le jeune homme pouvait être capricieux mais jamais pas colérique… en tout cas pas sans raison.
- Il s'est passé quelque chose ? demanda Tezuka alors que Oishi n'avait pas bougé d'un millimètre.
- Non. Non, pas que je sache. Ce matin encore tout allait bien.
- A la pause de midi, commença Fuji, il est parti à ta recherche mais il est revenu en disant que ça ne servait à rien de te chercher que tu finirais bien par venir…
Oishi réfléchi rapidement et comprit ce qu'il se passait.
- Tezuka, dit-il en se tournant vers le capitaine, j'aimerai partir je…
- Vas-y mais je veux que tout soit régler demain. Le tournoi approche on a pas le temps pour vos disputes.
Oishi parti à son tour au grand étonnement de tous. Tezuka se tourna vers Fuji et demanda :
- Qu'est-ce que tu as encore fait ?
- Là, je n'ai rien fait.
- Ce n'est pas toi qui as dit qu'il était tant qu'Oishi réalise les sentiments d'Eiji ?
- Si, mais là je m'occupe d'abord de mes problèmes et ensuite je comptais leurs donner un coup de main. Mais on dirait qu'ils n'auront pas eu besoin de mon aide… contrairement à certains.
Tezuka savait parfaitement à quoi Fuji faisait référence. C'est sûr que sans lui il ne sait pas si Ryoma et lui serait ensemble… sur ce coup-là il les avait plutôt bien aidé, même si il ne lui dirait jamais.
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Je ne suis qu'un idiot, pensa Eiji alors qu'il entrait dans sa chambre, s'écroulant sur le lit. Moi qui voulais faire comme si de rien était, j'ai tout loupé. Maintenant ils font tous me poser des questions et Oishi… Il attrapa son oreiller et le serra contre lui, repliant les jambes vers son torse.
- Oishi…
Il essuya rapidement une larme, essayant tant bien que mal de ne pas pleurer, chose qui n'était pas si facile.
Je t'aime tellement et toi… Si seulement tu avais remarqué mes sentiments. T'es qu'un abruti ! Maintenant à cause de toi je ne me suis jamais senti aussi mal. Comment je vais faire maintenant pour te regarder en face ? Pour continuer de jouer au tennis avec toi ? Pour te parler tout simplement ? Je ne pourrais plus jamais te toucher ou te prendre dans mes bras sans que ça ne me fasses mal… Tu ne m'aimes pas, je ne suis pas celle à qui tu penses…
Quelqu'un frappa à la porte :
- Eiji, Oishi est là.
