CHAPITRE TRENTE-TROIS : PIÈGE MORTEL ET PETITES CONTRARIÉTÉS
Deux semaines plus tard, Harry se remettait à peine de sa fatigue et de sa contrariété. Mais il n'avait pas le choix, il devait se montrer fort, c'était un grand jour. L'ambiance était électrique dans les vestiaires du stade, juste avant le match Gryffondor contre Serdaigle. D'autant plus que l'enjeu était de taille : il s'agissait du match opposant les deux équipes en lice pour la Coupe, Serpentard et Poufsouffle étant déjà hors course. Celui qui gagnait aujourd'hui était presque assuré de remporter le championnat, ce qui expliquait le stress ambiant, pour Harry et pour le reste de l'équipe, d'autant plus que Serdaigle était toujours donné favoris.
-Voilà notre tactique pour aujourd'hui, conclut Harry. Si on s'y tient, on a de bonnes chances de remporter la victoire.
-En espérant que le temps ne va pas empirer, lança Ginny. Vous avez vu la tempête qui s'est levée dehors ?
En effet, quand ils sortirent du vestiaire pour entrer sur le terrain, le vent leur glaça les os et le tonnerre retentit alors qu'un éclair zébrait le ciel emplit de nuages noirs, une averse n'allait pas tarder à s'abattre sur le stade. Dans les tribunes, les élèves scandaient à tût tête des chansons et des encouragements pour leur équipe respective. Serpentard ainsi que Poufsouffle ayant en majorité opté pour soutenir Serdaigle, c'étaient des banderoles bleues qui ornaient les ¾ du stade.
Un nouvel éclair fendit le ciel quand les joueurs s'élancèrent sur leur balai, et dès les premiers échanges de Souaffle, la pluie commença à s'abattre sur eux. Harry, lui, avait prévu le coup en protégeant ses lunettes pour ne pas être dérangé par les gouttes, mais malgré cela, avec le tonnerre et la pluie qui s'abattait, il n'était pas en mesure de savoir comment se passait la partie. Sa tactique était de toute façon très simple en ce qui le concernait, faire entièrement confiance à son équipe sans se préoccuper du score, et se concentrer uniquement sur le vif d'or. Il restait malgré tout en alerte, et tendait l'oreille à chaque fois qu'il passait près de la tour où se trouvait le commentateur du match pour se tenir informé. Au bout d'une heure et demie, il n'y avait aucun signe du Vif d'or mais il savait que Gryffondor menait 100 à 80, le match était très serré, la victoire se jouerait à qui attraperait la petite balle dorée en premier.
À cet instant, il vit d'ailleurs des étincelles passer à quelques mètres de sa position, près de l'une des tours du stade et il fonça à la vitesse de l'éclair. Il zigzaguait à une dizaine de mètres au-dessus du sol, sans l'ombre de la présence de McKenzie près de là où il était, ne quittant pas le Vif d'or des yeux. Il tendit la main pour s'en emparer mais dû renoncer à l'attraper en agrippant le manche de son balai des deux mains au dernier moment pour éviter l'un des cognards lancés par un des batteurs de Serdaigle. Harry était légèrement en colère, et très frustré, c'était l'une des rares fois où un batteur arrivait à lui faire renoncer au Vif d'or alors qu'il était sur le point de l'attraper. Il regarda rapidement autour de lui, la petite balle avait disparut, Serdaigle avait réussi son coup. Il remonta de quelques mètres au dessus du sol, et croisa le batteur qui lui avait envoyé le cognard, un sourire satisfait illuminait son visage. Harry n'y fit pas attention, et repris sa recherche du Vif d'or. Il était totalement trempé, et frigorifié et il savait que les autres joueurs étaient dans le même cas que lui. Le score trahissait d'ailleurs l'état des deux équipes, Serdaigle et Gryffondor ayant seulement marqué deux buts chacun en l'espèce de 20 minutes.
Harry devait se dépêcher, s'il ne voulait pas finir totalement congelé sur son balai, dans l'incapacité de bouger. Il piqua une première fois vers le milieu du terrain, fit un tour puis piqua une deuxième fois et il revit des étincelles dorées apparaître devant lui, seulement cette fois, Matthew McKenzie était également de la partie. Les deux attrapeurs s'élancèrent à toute vitesse, et une bataille s'engagea pour le Vif d'Or. Les deux étaient au coude à coude quand soudain une violente douleur transperça le crâne de Harry. Restant malgré tout concentré, il resta au même niveau que son rival mais la douleur se faisait de plus en plus pressante, il avait l'impression que sa cicatrice était en train de le brûler. Il avait les yeux fixés sur la petite balle ailée, et il comprit que quelque chose n'allait pas, elle avait été ensorcelée. Il n'arrivait pas à expliquer comment ni pourquoi, tout ce qu'il savait c'était qu'une grande quantité de magie néfaste émanait de l'objet, personne ne devait s'en approcher.
-Matthew, il ne faut pas que tu l'attrapes !
-Quoi, qu'est ce que tu racontes ?
-Je crois que le Vif d'Or a été ensorcelé, on ne doit pas y toucher !
-Sincèrement Potter, tu n'as rien trouvé de mieux ? C'est comme ça que tu gagnes tes matchs d'habitude ?
-Quoi ?
-C'est le dernier recours que tu as trouvé face à moi ? Il faut t'y faire, c'est Serdaigle qui va remporter la coupe cette année.
Matthew plongea en piquet en suivant le Vif d'Or, Harry, lui, réagit avec une demie fraction de seconde de plus et se retrouva derrière l'attrapeur de Serdaigle. Il entendait que le stade était en effervescence mais peu lui importait, il ne devait pas le laisser toucher la petite balle.
-Non, Matthew, attend !
Harry n'eut pas le choix, il sortit sa baguette de sous sa veste et immobilisa le balai de Matthew en faisant attention à ce qu'il ne chute pas. L'instant d'après, il entendit retentir dans tout le stade le bruit du sifflet de Madame Bibine, alors que dans les gradins, des sifflements et des hurlements de désapprobations s'élevaient un peu partout.
-Ça va pas, t'es dingue Potter ! lui cria McKenzie, alors que les autres joueurs des deux équipes s'approchaient des deux. Quelques secondes plus tard, c'est Madame Bibine qui arriva à leur hauteur.
-Mais enfin monsieur Potter, qu'est-ce qui vous a pris ?
-Le Vif d'Or a été ensorcelé !
-Quoi ? Qu'est ce que c'est que cette histoire ?
-Vous devez me croire, je dis la vérité.
-Il cherche juste à attirer l'attention sur lui !? lança un poursuiveur de Serdaigle. Tu ne supportes pas de perdre c'est tout, dit-il ensuite à l'attention de Harry directement.
Harry voulu se défendre, mais aucune autre parole ne sortit de sa bouche. Tout ce qu'il voyait c'était les regards furieux des joueurs de Serdaigle, et également des joueurs de son équipe qui savaient déjà que le geste de Harry leur couterait cher. Et il entendait toujours les cris et les sifflements des autres élèves installés dans les gradins.
-Bon ça suffit, tout le monde rejoint ses vestiaires.
-Mais Madame Bibine…
-Pas de mais, dit elle sèchement à McKenzie. Je dois régler cette histoire dans les formes.
Les joueurs de Serdaigle descendirent tout de suite et se rendirent dans leur vestiaire. Ceux de Gryffondor firent de même, et Harry sentit le poids de tous les regards se poser sur lui au moment où il entra. Avant que quiconque ait pu dire quoi que ce soit, le Professeur McGonagall fit son apparition, ils l'avaient rarement vu aussi en colère.
-Mais enfin qu'est ce qui vous a pris Mr Potter !? Utiliser votre baguette en plein match de Quidditch, on n'a jamais vu ça !
-Je l'ai déjà dit au Professeur Bibine, le Vif d'Or a été ensorcelé.
-Comment ça ?
-Je ne peux pas vous l'expliquer, je l'ai ressenti en m'en approchant c'est tout.
Elle avait l'air perplexe face à ce qu'il lui annonçait, et avant qu'il ait pu ajouter quoi que ce soit d'autre, Mme Bibine entra dans les vestiaires, suivit de Rogue.
-Bon, je viens de parler à l'équipe de Serdaigle. Normalement, le match aurait dû s'arrêter là, avec la défaite annoncée de Gryffondor. Mais vos adversaires acceptent de reprendre le match si je leur octroie un avantage de 180 points ce qui donnerait un score de 120 à 280 pour Serdaigle.
-Quoi ?! lança Ron furieux.
-C'est injuste ! protesta Ginny.
-Ce qui est injuste Miss Weasley, c'est ce qui s'est produit contre eux à l'instant. Ils estiment que c'était Mr McKenzie qui était sur le point d'attraper le Vif d'Or et que c'était donc Serdaigle qui aurait du l'emporter. Mais ils ne veulent pas d'une semi victoire, ils acceptent donc de reprendre avec ces 180 points donnés, ce qui leur octroie une avance de 160 points sur votre équipe. Comme ça, même si Mr Potter attrape tout de suite le Vif d'Or, ils seront quand même gagnants.
-C'est n'importe quoi !
-C'est soit ça, soit vous déclarez forfait.
-Tout ça c'est de ta faute ! s'exclama Seamus en d'adressant à Harry. Qu'est ce qui t'as pris de faire ça, on les menait au score ?! Si tu n'es pas à la hauteur c'est de ta faute, tu n'avais pas à faire payer toute l'équipe.
-Je vous l'ai dis et je vous le répète, le Vif d'Or a été ensorcelé !
-De quel Vif d'Or parlait vous au juste ? De celui-ci ? lança Rogue de sa voix glaciale.
-Je parle de celui qu'il y avait sur le terrain.
-C'est donc bien de celui-ci qu'il s'agit, ajouta Rogue. Comme vous pouvez le constater, il est tout ce qu'il y a de plus normal.
Il le tendit à McGonagall, qui le prit dans ses mains avant de le passer à Mme Bibine, un regard sévère s'abattant sur Harry.
-À ce stade, c'est pathologique de se sentir menacé comme cela tout le temps, lança Rogue. Il faudrait penser à vous faire soigner Potter.
-Severus s'il vous plait, inutile d'en rajouter.
-Mais si je me sens menacé comme vous dites, lança Harry, c'est peut-être parce qu'on m'impose la présence au quotidien de serviteurs de celui qui essaye de me tuer.
Rogue s'approcha de Harry, le regard plein de haine, qui semblait lancer des éclairs.
-Ça suffit j'en ai plus qu'assez de vos insinuations perpétuelles. Je ne vous permets pas de me manquer de respect et encore moins de porter ce genre d'accusation. Vous ne semblez pas mesurer la gravité de vos paroles, ça pourrait vous couter cher.
-Vous ne me faîtes pas peur ! cria Harry plein de haine. Vous êtes comme tous les autres, et la seule raison pour laquelle vous êtes là c'est que vous arrivez à duper Dumbledore. Mais votre place n'est pas ici, elle ne l'a jamais été, et elle ne le sera jamais, espèce de sale Mangem…
Harry n'eut pas l'occasion de finir sa phrase, il fut soulevé dans les airs et projeté contre un mur en restant en lévitation. Il commençait à avoir du mal à respirer, Rogue avait complètement perdu la tête. Le Maître des Potions colla presque son visage au sien, en le regardant droit dans les yeux. Il semblait y chercher quelque chose.
-Severus, arrêtez ! lança McGonagall en sortant sa baguette.
Mais elle n'eut pas besoin de l'utiliser, car Rogue relâcha la pression qu'il exerçait sur le cou de Harry et celui-ci tomba lourdement sur le sol. Il reprit son souffle difficilement, puis plaqua la main sur son visage, son nez saignait abondement, alors que devant lui, Rogue, tentait tant bien que mal de se calmer.
-Severus, enfin, vous avez perdu la tête ! Vous venez de frapper un élève, lança McGonagall. Vous avez presque failli l'étouffer !
-Ce n'était pas Potter que j'avais en face de moi. Il y a quelque chose qui cloche avec lui.
-Albus sera informé de ce qui vient de se passer. Tout comme le Ministère.
Rogue se tourna vers elle, le regard toujours noir, même si sa colère était mêlée à de l'appréhension maintenant. Il savait que ce qu'il venait de faire pouvait lui coûter cher, mais cette fois il n'avait pas pu se retenir. Sans un mot, et sans un dernier regard vers Harry, il sortit de la salle. Les élèves autour affichaient des expressions différentes, comme Ginny qui avait l'air particulièrement outrée parce qu'elle venait de voir, ou bien Seamus et Katie qui donnaient l'impression d'être satisfaits, estimant peut-être que Harry avait mérité ce qui lui était arrivé. Ron lui, était devenu blême, surpris par le geste de Rogue, mais il n'avait pas bronché pour aider Harry non plus. La directrice des Gryffondor se pencha ensuite vers Harry pour stopper le saignement de son nez.
-Vous êtes allé trop loin cette fois Mr Potter.
-C'est moi qui suit allé trop loin ?
-Je parle d'abord de votre sort en plein milieu du match. Et oui, vous êtes également allé trop loin en le traitant de Mangemort.
-Alors. Qu'est ce que vous décidez pour le match ? coupa Mme Bibine, comme si rien ne s'était passé. L'autre équipe attend.
Harry se releva péniblement, en s'essuyant le nez par réflexe, car il était comme neuf.
-Je pense qu'on devrait…
-Ce n'est pas à toi de décider, lança Seamus.
-Je suis le capitaine de l'équipe, protesta Harry.
-Ça ne vaut pas grand chose maintenant. C'est à cause de toi si on en est là, alors la moindre des choses c'est que ce soit nous qui décidions et pas toi.
-Très bien, lança Harry les dents serrées.
-On veut continuer, lança Ginny. A toi de réparer tes erreurs. Tu as intérêt à nous laisser reprendre au moins un but d'avance avant d'attraper le Vif d'Or.
-Et si vous n'y arrivez pas, inutile de vous dire de ne pas utiliser votre baguette de nouveau sur Monsieur McKenzie, lança Madame Bibine.
Tous les joueurs passèrent devant Harry pour sortir du vestiaire, suivit de près par Bibine et McGonagall, le laissant un instant seul à ses réflexions. Il n'était pas fou, il savait ce qu'il avait ressenti quand il s'était approché du Vif d'Or. Mais après tout, peut-être que c'était la douleur à sa cicatrice qui lui avait donné cette impression ? Non ! La douleur était apparut parce que le Vif d'Or avait été trafiqué, ça n'était pas une coïncidence. Il sortit à son tour des vestiaires, ne sachant pas comme il allait pouvoir réagir une fois le match reprit, quand il se retrouverait devant le Vif d'Or. Quand il arriva au milieu de stade, Madame Bibine était en train d'expliquer à tous les élèves ce qui avait été décidé. Beaucoup criaient encore au scandale, annonçant que les Serdaigle devaient être annoncés vainqueur mais finalement le calme revint et le match pu reprendre. La pluie s'était arrêtée, tout comme le tonnerre et malgré le fait que le ciel était encore sombre, la visibilité était bien meilleure qu'en début de partie.
Harry prit de l'altitude, et il commença à faire plusieurs tours en scrutant autour de lui. Gryffondor venait de marquer un autre but, s'il attrapait la petite balle dorée, se serait un match nul. Les trois poursuiveurs de Serdaigle s'approchèrent des buts de Gryffondor mais Ron fit un arrêt spectaculaire. Le souvenir lui revint en tête qu'il ne l'avait pas cru non plus quand Harry avait parlé du Vif d'Or ensorcelé et il en voulu à Ron de ne pas avoir pris sa défense. Il pensa ensuite à Hermione, est ce qu'elle le croyait ? Est ce qu'elle lui en voulait d'avoir jeté un sort sur son petit ami ? Il n'en savait rien. Gryffondor marqua un nouveau but, c'était le moment ou jamais de trouver le Vif d'Or. Harry passa près des tribunes où étaient installés les professeurs, et il lança un regard noir à Rogue. Dumbledore lui n'était pas là, comment aurait-il réagit en voyant son petit protégé s'en prendre à lui comme il l'avait fait ? Il ne le savait pas non plus.
Il chassa tous ces questionnements de son esprit, et c'est à ce moment là qu'il vit le Vif d'Or. Sans une seconde d'hésitation, il fonça droit dessus mais c'était sans compter sur Matthew qui arriva à sa hauteur en un rien de temps.
-Tu ne l'auras pas Potter !
Harry ne répondit rien, sa cicatrice recommençait à lui faire mal, et la même sensation que précédemment apparut au creux de son estomac.
-Tu devrais abandonner, tu sais très bien que se ne sera pas une véritable victoire pour Gryffondor ! Si vous gagnez la coupe sur un match pareil, personne ne l'acceptera.
Le stade était en effervescence, tout le monde avait les yeux figeaient sur les deux attrapeurs.
-Tu ne mérites pas cette victoire ! Et encore moins comme capitaine de l'équipe !
Le Vif d'Or changea brusquement de direction, et Matthew, trop occupé à critiquer Harry loupa le coche et se prit un des gradins presque de plein fouet alors que Harry lui continuait sa course. Il était presque arrivé à une distance suffisante pour attraper le Vif d'Or quand celui ci s'arrêta net. Harry, surpris, fit de même, et il se retrouva à un mètre de la petite balle dorée. Il était assis sur son balais, sans avancer, et le Vif d'Or volait tranquillement autour de lui, sans jamais s'éloigner, restant toujours à portée de main. C'était la première fois qu'il voyait ça. Il n'y avait plus de doute possible, quelqu'un avait piégé l'objet, qui se laissait volontairement attrapé pour refermer le piège sur Harry.
Après cela, c'est comme si tout se passait au ralenti autour d'Harry, comme si quelqu'un avait presque arrêté le temps autour de lui. Il voyait le Vif d'Or battre doucement des ailes devant lui, il croisa le visage de McGonagall puis de Rogue dans la Tribune des Professeurs, un peu plus loin il voyait bien que les membres de son équipe criaient à son attention, sans qu'aucun son ne sortent de leur bouche, en tout cas il était incapable d'entendre quoi que ce soit, à part le scintillement des ailes de la petite balle. Juste à côté, Madame Bibine avait son sifflet à sa bouche, près à attendre la fin du match.
Avant de faire quoi que ce soit, Harry se retourna. Matthew, légèrement sonné, n'était pas tombé de son balai et il se dirigeait vers sa direction. Il n'avait plus le choix, il devait s'emparer du Vif d'Or ou bien c'est le Serdaigle qui le ferait. Son cœur se mit à battre, il le sentait dans sa poitrine, et des perles de sueur coulèrent le long de sa tempe droite. Il savait que quelque chose d'horrible allait se produire, et il ne pouvait rien faire pour l'en empêcher.
Après une légère hésitation, il ouvrit la main, et eu à peine le temps de tendre le bras le Vif d'Or vint lui même se loger dans la paume de Harry et pour la première fois depuis qu'il avait commencé le Quidditch, il ne sentit aucunement le petit objet se débattre dans sa main. Il n'avait même pas besoin de refermer ses doigts dessus, le Vif d'Or resta collé à son gant. Juste après il y eu un immense silence dans le stade, comme si l'espace d'une seconde, tout s'était arrêté, puis Harry ressentit une douleur fulgurante au niveau du crâne et il ne put s'empêcher de hurler. Une onde de choc balaya ensuite tout le stade, une onde qui semblait provenir du Vif d'Or que Harry tenait toujours, incapable de desserrer l'étreinte de ses doigts.
Harry fut propulsé contre la Tribune des Professeurs mais avant que McGonagall ou n'importe qui d'autre puisse l'attraper, il fut projeté contre une autre Tribune, une fois, deux fois puis trois fois. C'était comme si un géant invisible avait agrippé Harry et le balançait de droite à gauche. Il avait mal au crâne, il avait mal à son genou gauche, il avait mal aux côtes, il ne voulait d'ailleurs même pas penser à tout ce qu'il avait de casser. Son corps était couvert d'hématomes et d'éraflures, et son visage était couvert de sang. Il entendant dans le stade de nombreux cris mais en réalité il s'en fichait. La seule chose à laquelle il pouvait penser, c'était sa douleur. Après avoir encore été trainé dans les airs, il se retrouva par terre, sur la pelouse du stade, près du but Gryffondor. Il avait le visage dans l'herbe et il ne pouvait pas bouger. Il avait espéré que quelqu'un vienne le secourir, Ron, Madame Bibine ou quelqu'un d'autre mais non. Le Vif d'Or s'emballa de nouveau et il fut trainé, bras droit en avant sur toute la pelouse du stage, jusqu'au but adverse des Serdaigles. Juste après il s'envola dans les airs avant de s'arrêter au niveau du haut des tribunes, son corps flottant dans les airs.
Une étrange fumée noire se dégagea ensuite du petit objet doré, le bras de Harry commençait à le brûler mais il ne pouvait rien faire pour lâcher prise. La fumée se propagea dans le ciel, au milieu du stade puis le visage de Voldemort apparût, souriant.
-Harry Potter, tu es à moi.
Une autre détonation retentit, celle-ci projetant Harry par terre, la violence du choc le faisant rouler sur plusieurs dizaines de mètres dans la boue. Il sentit sa jambe craquer sous son poids, son genou était certainement cassé, il ne pouvait plus se relever. Il regarda autour de lui, et vit l'horreur qui s'était abattu sur le stade au moment de la détonation. Plusieurs tours de gradins avaient été détruites en partie, d'autres étaient en feu. Les élèves couraient dans tous les sens et criaient mais Harry n'y fit pas attention plus longtemps, son regard se reportant sur le visage de Voldemort qui s'élevait au dessus de lui. La fumée dans laquelle le visage était apparut commençait à s'avancer vers lui, Harry comprit qu'elle était reliée au Vif d'Or qu'il tenait toujours dans sa main et avant qu'il ait pu faire quoi que ce soit, il se retrouva engloutit à l'intérieur d'un épais nuage, au milieu des ténèbres, et c'est seulement à ce moment là qu'il pu lâcher le Vif d'Or.
Il n'entendait plus rien, il ne voyait plus rien. Il n'avait d'ailleurs plus aucune pensée en tête ni aucune sensation, si ce n'est sa douleur à la tête et au genou. Le visage de Voldemort apparut dans les ténèbres, ce dernier souriait puis se mit à rire avant de s'embraser dans des flammes immenses. Le visage disparut, mais les flammes étaient toujours là, Harry avait même l'impression qu'elles devenaient plus grandes, et qu'elles commençaient à bruler son visage et ses bras, mais il ne pouvait pas bouger. Il entendit au loin un son qui lui semblait familier mais qu'il avait encore du mal à distinguer convenablement. La mélodie se rapprocha, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il s'agissait du chant de Fumseck. Il était sur le point de perdre connaissance, quand il sentit deux pressions au niveau de ses épaules, le phénix avait plongé au milieu du nuage de fumée où il se trouvait pour planter ses serres dans son corps et l'en extraire. Harry sentait qu'il avait du mal à l'en extirper, il pensa d'ailleurs un instant qu'il ne réussirait pas mais ensuite, les ténèbres disparurent et le stade de Quidditch apparut devant ses yeux.
Harry pensait que Fumseck allait le déposer par terre, et que quelqu'un viendrait s'occuper de lui mais le phénix prit un peu plus d'altitude, il se dirigeait vers le château. Bercé par le vol gracieux de l'oiseau, et le vent frais, Harry ne put lutter plus longtemps et il plongea dans un profond sommeil.
Quand il rouvrit les yeux, il se retrouva dans la pièce qu'il ne connaissait que trop bien, l'infirmerie. Il y avait passé énormément de temps depuis le début de l'année, et une fois encore il eut beaucoup de chance de s'en sortir avec une simple blessure au genou. Il tendit d'ailleurs sa jambe, heureux de voir qu'il ne ressentait plus aucune douleur. Par contre, sa main droite et son avant bras étaient toujours couverts de bandage, et la sensation de brûlure qu'il avait ressentie en attrapant le Vif d'Or n'avait toujours pas disparut. Il tenta de se relever mais il était toujours affaibli alors il y renonça, trop bien installé dans sa couverture. Il entendit du bruit à quelques mètres de son lit, et l'instant d'après Madame Pomfresh ouvrit l'un des rideaux qui était tiré autour de lui.
-Ah Mr Potter, vous êtes réveillé.
-Quel jour somme nous ?
-Dimanche. Vous avez dormi près de 24h.
-Seulement ? J'étais tellement épuisé, j'ai cru que je mettrai des jours à me réveiller.
-Oui, c'est ce à quoi je m'attendais aussi. Il faut croire que les nombreuses épreuves que vous avez traversées vous ont fortifié. Faites moi voir votre bras.
-Je veux voir le Professeur Dumbledore, lança Harry sans faire attention à sa demande.
-Il n'est pas là.
-Mais…
-Il n'y a pas de mais. Personne ne sait où il est. On va devoir attendre qu'il réapparaisse, quand il l'aura décidé. En attendant, vous allez rester tranquillement allongé, et pour le moment vous allez me montrer votre bras.
Résigné, Harry tendit son bras et Madame Pomfresh enleva ses bandages. De la pointe de ses doigts, à son coude, on pouvait voir que sa peau était brûlée à vif, malgré la présence d'une étrange pâte grise que l'infirmière avait appliqué sans que cela n'ai aucun effet. D'un coup de baguette magique, elle fit disparaître cette pâte puis elle soupira.
-Je ne sais vraiment plus quoi faire Mr Potter. C'est la première fois que je n'arrive pas à guérir une blessure. Il faudrait montrer ça au professeur Rogue.
-C'est hors de question ! lança Harry furieux.
-Oui je m'attendais à cette réaction de votre part, on m'a raconté ce qui s'est passé pendant le match. Mais c'est le seul à pouvoir vous guérir.
-Non ce n'est pas le seul. Je suis sûr que Dumbledore pourra arranger ça.
-Ce n'est pas sûr. Et puis on ne sait pas quand il va revenir.
-Peu importe, j'attendrai. Vous n'avez qu'à me remettre des bandages en attendant.
-Mais…
-Je vous ai dis qu'il était hors de question que Rogue m'examine !
-Très bien comme vous voulez.
Elle agita sa baguette, et de nouveaux bandages apparurent sur sa main et son bras.
-Vous devriez vous reposer. Le directeur viendra vous voir dès qu'il sera de retour. En attendant, je doute que vous puissiez utiliser votre baguette ou bien prendre des notes avec votre main dans cet état. Inutile que vous alliez en cours avant d'être soigné. En espérant que votre état ne va pas empirer.
-Parfait. Je n'ai envie de voir personne de toute façon.
-Très bien. Je ne laisse donc entrer personne si des gens viennent vous rendre visite ? demanda-t-elle en prenant le rideau dans ses main, prête à le tirer pour le laisser se rendormir.
-Laissez juste entrer Hermione Granger. Les autres je ne veux pas en entendre parler.
